Hello les Oncers!
J'espère que vous passer un bon réveillon de Noël avec les personnes que vous aimer.
Merci encore énormément à toutes les personnes qui ont pris le temps de commenter les chapitres précédents.
Le matin se lève sur le château et le roi vient s'assurer que Belle a filé toute la paille en or. Aura-t-elle réussi? Avonlea sera-t-elle sauvée? Tiendra-t-il parole? On entre déjà dans la dernière ligne droite avec un changement radical de rythme. Je n'en dis pas plus et vous laisse savourer.
Bonne lecture!


Chapitre 10 : Toujours plus

- Princesse Belle ! la voix derrière la porte résonna. C'est votre roi. Ai-je la permission d'entrer et de voir ce que vous avez accompli ? Allez-vous vivre ou mourir ?

Paniqués par son arrivée précoce, Rumplestiltskin tenta de faire entrer le deuxième rouet par le trou. Mais ce dernier était trop étroit ! Il donna un coup de pied mais l'outil ne bougea pas. Ils entendirent frapper à nouveau.

- Princesse Belle ? Etes-vous là ? Ne me dites pas que vous avez été assez stupide pour sauter par la fenêtre.

La fenêtre ! Belle et Rumple approuvèrent l'idée et transportèrent le rouet jusqu'à la fenêtre. D'un geste rapide, le malheureux outil fit un vol plané et s'écrasa contre les rochers protégeant le bas de la tour, puis coula dans l'eau trouble et malodorante des douves. Rumplestiltskin se rua dans le trou.

- Sauve-toi, insista Belle en voyant qu'il la regardait depuis le fond de son trou. Et merci pour tout ce que tu as fait.

- Je te souhaite tout le bonheur du monde, dit-il avec une petite larme à l'œil. Au revoir princesse.

- Non, je te promets qu'on va se revoir.

- Je ne pense pas. Merci de m'avoir fait me sentir vivant.

Belle se pencha dans le trou, lui attrapa la chemise et attira son visage près du sien. Elle l'embrassa délicatement sur les lèvres et il répondit.

- Au revoir Belle.

- A bientôt, Rumplestiltskin.

Belle l'aida à refermer la dalle et sécha rapidement la larme qui coulait sur sa joue.

- Oui, oui, je suis là, répondit-t-elle en époussetant sa robe très froissée et poussiéreuse.

Le roi tourna la clé et ouvrit brutalement la porte. Sa mâchoire se décrocha lorsque son regard parcourut la pièce. Il cligna trois fois des yeux afin de s'assurer qu'il ne rêvait pas. A la place de la paille, il ne restait que de grosses pelotes bien enroulées de fils d'or étincellent alignées contre le mur. La princesse se tenait au centre de la pièce, les mains jointes et la tête baissée. Sa coiffure était presque entièrement défaite et sa robe avait besoin d'être rafraîchie tout comme la princesse elle-même qui n'avait pas chômé.

Il fit quelques pas et prit entre ses mains une pelote. Cette dernière était plutôt lourde. Il caressa le fil du bout des doigts. Ses yeux pétillaient en imaginant ce qu'il allait en faire. Enfin, il pourrait lancer son plan de conquête du monde. Il allait être l'homme le plus prospère et le plus puissant de tous les royaumes.

- C'est si beau, si parfait, murmura-t-il, toujours en caressant l'or. Vous êtes incroyable ! Vous avez réussi !

- Etes-vous satisfait ?

- Satisfait ? répéta-t-il avec hilarité. Je suis plus qu'heureux ! Je suis l'homme le plus comblé du royaume !

- Dois-je en déduire que je ne vais pas mourir ce matin ?

- Pourquoi le ferai-je alors que vous avez respecté notre accord ?

Il lui tourna autour, intrigué par ses talents. Il lui prit les mains et observa ses doigts fins. En retournant ses mains, il vit que celles-ci étaient cloquées par le passage répété du fil. Il les embrassa afin de les bénir et qu'elles guérissent vite. Belle ne savait que dire, ni comment réagir. Elle était heureuse de savoir qu'elle n'allait pas mourir, mais elle appréhendait ce qui allait se passer. Son cœur rata un battement lorsqu'il se mit à genoux et lui prit la main.

- Princesse Belle, me feriez-vous la faveur de devenir ma femme ?

- Majesté, articula-t-elle avec difficulté. Vous aviez promis d'aider mon peuple si je réussissais. Avonlea a besoin de votre aide. Chaque heure compte.

Il se releva, contrarié. Comment cette petite dinde osait-elle refuser sa main ? Pourquoi se souciait-elle d'une poignée de péquenauds alors que bientôt, elle aurait tout un peuple à gouverner ? Elle deviendrait la femme la plus riche et la plus puissante de tout le royaume.

- Vous osez refuser la main de votre roi ?

- Et vous osez ne pas respecter notre accord ? rappela-t-elle. J'ai fait ce que vous m'aviez demandé au risque de ma vie. A vous d'honorer votre parole.

Il jeta un œil glouton à l'or entreposé dans le coin de la pièce. Un petit sourire mauvais se dessina sur son visage.

- Il n'y en a pas assez.

- Je vous demande pardon ? interrogea Belle, complètement abasourdie. Il y a assez d'or pour nourrir toute la population d'Avonlea pour les dix prochaines années.

- Nous ne parlons pas de nourrir votre peuple mais d'armer et de déplacer des centaines de soldats, de chevaux et de catapultes sur une très grande distance. Les ogres ne sont pas une bande de pirates avinés. Ils sont très forts, sans pitié et nombreux. Ce n'est pas une bataille que nous allons livrer, mais une guerre. Et comme vous l'ignorez certainement, la guerre coûte très chère. Vos petites bobines vont rapidement disparaître. Belle, vous êtes intelligente. Vous savez que je ne peux pas sacrifier toutes les ressources du royaume pour Avonlea.

- Votre orgueil vous perdra ! lui cracha-t-elle au visage en serrant les poings. Laissez-moi rentrer à Avonlea.

- Et annoncer à votre père que vous avez lamentablement échoué ?

- Ce n'est pas moi qui ai échoué mais vous. Si j'avais su à quel point vous étiez cupide, je n'aurai pas quémandé votre aide.

Belle serra ses poings encore plus fort afin de retenir sa colère. Son visage devenait de plus en plus rouge et son regard s'assombrit. Mais sa colère se mélangea à de la peur. Elle avait franchi une limite. Jamais elle n'aurait dû parler ainsi au roi.

- Je vous conseille de m'obéir, dit-il prêt à fermer la porte. Acceptez ma main et filez pour moi. C'est seulement de cette façon qu'Avonlea sera sauvée. Pas en faisant votre princesse capricieuse. Vous me remercierez.

- Et si je refuse ? demanda-t-elle en mettant ses mains sur ses hanches.

- Je vous emmènerai sur la Colline aux Fées d'où vous aurez une vue imprenable sur Avonlea. Je vous laisserai voir votre cité se faire détruire par les ogres.

- Vous êtes cruel ! Vous n'avez pas de cœur !

- Attention ma chère, prévint-il calmement en levant son indexe. N'oubliez pas que je suis le roi et que je peux faire ce que je veux de mes sujets. Vous êtes audacieuse et n'avez pas froid aux yeux, mais ne me manquez pas de respect.

Il s'avança et lui tapota la joue, comme pour appuyer ses paroles. Elle recula sa tête d'un mouvement rapide.

- Je vous laisse réfléchir, dit-il avant de refermer la porte et de la verrouiller.

De rage, Belle prit une bobine et la jeta contre le mur. Puis, elle en jeta une autre par la fenêtre. A bout, fatiguée, vidée, désespérée, Belle s'écroula sur le sol de pierre et se mit à sangloter comme une petite fille. Cette histoire était sans fin. Jamais elle ne sortirait de cette tour et son peuple serait massacrer. Quelle idiote elle pouvait être ? Pourquoi ne s'était-elle pas enfuie quand Rumplestiltskin lui en avait offert la possibilité ? Jamais Marcus ne viendrait en aide à Avonlea pour une raison qu'elle ignorait. Était-ce par rapport à son père ? Qu'avait-il bien pu faire ? Toutes ses questions la submergeaient et sa tête la faisait souffrir. Elle s'allongea et releva ses genoux contre sa poitrine, froissant son jupon et l'utilisant comme oreiller. Elle ferma les yeux et laissa les larmes couler en silence. Rapidement le sommeil la gagna.

Un son monotone la tira de son sommeil agité. Combien de temps avait-elle dormi ? Belle n'avait pas vraiment dormi depuis qu'elle avait été enfermée dans cette tour et ses paupières étaient toujours lourdes. Sa tête la faisait souffrir comme si elle avait été comprimée dans un étau. Quand sa vue devint nette, elle crut être prise dans un cauchemar : la pièce était remplie de bottes de paille ! Elle se leva d'un bon et découvrit Rumplestiltskin, penchée en avant sur le rouet en train de transformer la paille en or à un rythme effréné.

- Mais que fais-tu là ? demanda-t-elle d'une voix encore endormie.

- Je t'aide à sauver ton royaume.

Elle s'assit dans la paille près de lui, bâilla et s'étira. Elle l'observa silencieusement pendant de longues minutes.

- Pourquoi ne veux-tu pas me dire ton nom ?

- Qu'est-ce que ça changerait ? demanda-t-il sans détourner son regard.

- J'aurai l'impression de te connaître un petit peu mieux. S'il te plaît. Comment t'appelles-tu ?

- Moins tu en sauras et mieux ce sera.

Sa réponse l'intrigua. Belle ne pouvait pas se contenter de cela. Après avoir découvert qu'il appartenait à une grande famille et qu'il avait du sang de sorcier dans les veines, elle devait découvrir son nom. Sa curiosité ne demandait qu'à être comblée. Elle prit une grande inspiration et se lança.

- Richard ?

- Non.

- David ? Daniel ? Joshua ? Adam ? Robert ?

- Arrête, s'il te plaît.

- Bernard ? Colin ? Thibaud ? Gaston ? Eric ? Albert ? Joeffrey ? George ? Robin ?

- Je t'ai demandé d'arrêter ! hurla-t-il en se levant, la lèvre supérieure retroussée et les cheveux en avant. Arrête immédiatement !

- Je… je suis désolée. Pardonne-moi.

Belle était choquée. Jamais elle ne l'avait vu dans une telle colère. Comment une question aussi simple pouvait-elle le mettre dans un tel état ? Il se rassit en silence et continua de filer. Un silence pensant s'installa dans la pièce et seul le grincement du rouet leur rappelait le temps qui passait.

- Je me demande si l'avidité du roi sera comblée cette fois-ci, dit-elle en regardant toute la paille entassée dans la pièce.

- J'en doute, répondit Rumplestiltskin en remettant de la paille dans son rouet. Il est comme son père et son grand-père. Il en veut toujours plus.

- Tu as l'air de bien les connaître. Depuis combien de temps travailles-tu dans ce château ? demanda-t-elle en s'approchant de lui.

- Depuis toujours… enfin, depuis mes huit ans.

- Tu n'as connu qu'une vie de servitude entre ces murs ? s'étonna-t-elle.

- Je n'ai pas à me plaindre. Dehors, qui voudrait de moi ? Je suis un monstre.

- Tu n'es pas un monstre. Tes parents travaillent-ils aussi ici ?

- Non, répondit-il en tournant la roue.

- Ils t'ont abandonnés ?

- Pire.

- Pire ? répéta la princesse, choquée par cet aveu.

- Es-tu vraiment sûre de vouloir savoir ?

- J'aimerai mieux te connaître, avoua-t-elle.

- Quelques heures après avoir été maudit, ils m'ont déclaré mort. J'ai été chassé de chez moi et ensuite, j'ai été recueilli par Ella, une des servantes de la reine. Elle m'a sauvé, offert un toit et élevé comme son fils. Grace à elle, j'ai survécu. Je lui suis tellement reconnaissant pour tout ce qu'elle a fait au péril de sa vie. Elle m'aimait et était la seule qui ne me traitait pas comme un monstre.

- Où est-elle ? Laquelle des servantes est-ce ?

- Elle est morte il y a quelques jours.

Son visage se ferma, ses dents se serrèrent et la roue tourna de plus belle. La princesse pouvait lire dans ses yeux tout ce que ces terribles souvenirs évoquaient : toutes les misères, les railleries, la souffrance. Elle était complètement abasourdie. Comment des parents pouvaient-ils déclarer leur enfant mort et le chasser alors qu'il n'avait que huit ans et était vulnérable ? Elle s'approcha de lui et posa sa main sur son épaule.

- Je suis vraiment désolée… ça doit être tellement difficile pour toi.

- Ne le sois pas, répondit-il sans émotion. Bien au contraire.

- Comment cela ? demanda-t-elle sans comprendre.

- Si je suis en vie, c'est grâce à toi. J'avais prévu de mourir la nuit du bal. Mais je t'ai vue.

- Et tu as soudainement voulu m'aider ?

- S'il y a bien quelque chose que je déteste, ce sont les injustices, avoua-t-il. Je ne pouvais pas laisser Jones et le roi te condamner à mort pour un défi irréalisable. Il fallait que je tente de te sauver.

- Jamais je ne pourrais te remercier assez pour tout ce que tu as fait. Rumple, je te dois la vie. Tu es mon sauveur.

Il sourit, mais continua de filer. Elle regarda la montagne de paille dans la pièce et se sentit bafouée.

- Arrête, exigea-t-elle en lui faisant face.

- Mais…

- Le roi se moque de nous. Si nous transformons toute cette paille en or, il en voudra encore plus. Jamais il ne sera rassasié et jamais il n'aidera Avonlea. Il n'est pas un homme de parole.

- Nous n'avons pas le choix, murmura-t-il en remettant nerveusement de la paille dans le rouet.

- On a toujours le choix, dit-elle en lui bloquant le poignet. Il suffit de faire le bon.

- Le roi te tuera.

- Je ne crois pas. Tant qu'il croira que je peux lui appartenir et produire de l'or, j'aurai la vie sauve.

- Que vas-tu faire ? demanda-t-il avec appréhension.

- Retourner à Avonlea.

- Sans armée ?

- Avec toi.

- Moi ? s'étonna-t-il, ne comprenant plus rien.

- Imagine ce que nous pouvons faire tous les deux après ce que tu m'as montré dans la bibliothèque.

- Belle, je suis peut-être le descendant d'un lointain sorcier mais je ne pratique pas la magie ! Et toi non plus !

- Je suis sûre que si nous avons confiance en nous, nous allons y arriver. Ensemble, nous pouvons faire des miracles.

Il ne partageait pas son enthousiasme. Belle ne se rendait pas compte que de se battre contre une invasion d'ogres n'avait rien à voir avec une trentaine de bottes de paille à transformer en fil d'or. De plus, la princesse ne réalisait pas l'ampleur de la tâche qui les attendait. Surtout que dès qu'ils quitteraient le château, ils n'auraient plus accès à la bibliothèque et ses précieux ouvrages magiques, ni au laboratoire de l'enchanteur pour lui emprunter des herbes et autres objets magiques.

- Il nous faut de l'aide, dit-il.

- Avonlea ne dispose pas d'alliés suffisamment entraînés et puissants.

- Je pense que le royaume du Sud pourrait te fournir l'aide militaire dont tu as besoin.

- Le roi ne sera pas d'accord, rappela-t-elle.

- Nous n'avons pas besoin de l'accord du roi. La reine douairière a encore assez de pouvoir pour fournir une armée.

- Crois-tu vraiment qu'elle acceptera d'aider un si petit royaume ?

- Je la connais mieux que tu ne peux l'imaginer.

Il se leva et prit Belle par la main. Les deux se glissèrent dans le trou, refermèrent la dalle et parcoururent un véritable labyrinthe de galeries. La princesse n'avait aucune idée d'où ils se trouvaient. Après avoir une fois de plus changé de couloir, Rumplestiltskin poussant une porte très lentement et jeta un coup d'œil dans le couloir. Il n'y avait personne. Il prit Belle par la main et la conduisit jusqu'à la chambre des servantes de la reine.

Les cinq femmes présentes se retournèrent et les dévisagèrent. Rumplestiltskin apporta son indexe à ses lèvres afin que personne ne brise le silence. Belle le suivit jusqu'à la cheminée qui était éteinte.

- De là, je vais parler à la reine sans qu'elle me voit, expliqua-t-il. Je lui expliquerai la situation d'Avonlea et aussi la tienne. Elle doit savoir ce que Marcus est en train de faire.

- Tu crois qu'elle va accepter ?

- La reine a un cœur. Je doute qu'elle refuse d'aider un peuple en souffrance. Ensuite je te ferai signe et tu entreras par la porte de service. Mais tu dois me promettre une chose.

- Tout ce que tu voudras, dit-elle.

- N'espionne pas la conversation. C'est très important.

- Je te le promets.

Avant de se glisser dans la cheminée, il déposa un tendre baiser sur sa joue. Il ferma les yeux et s'imprégna de son doux parfum. Il en profita car il savait que c'était la dernière fois qu'il serait si près d'elle. Il bloqua sa respiration, espérant garder ses larmes à l'intérieur. Il ne voulait pas la voir paniquer ou s'intéresser à son sort. Non, elle devait s'occuper de son peuple, pas d'un misérable serviteur de l'ombre.

Sans lui demander la permission, Belle l'embrassa à pleine bouche, le prenant par surprise. Il resta figé, puis répondit tendrement à son baiser. Une larme s'échappa et glissa le long de son nez. Les servantes n'en croyaient pas leurs yeux. Le petit monstre avait embrassé une femme ! Elles se rapprochèrent l'une de l'autre et commentèrent ce qu'elles voyaient.

Rumplestiltskin s'étira sur la pointe des pieds et se glissa dans le passage étroit entre les cheminées. Ses habits frottèrent les pierres noires et abrasives. Il écorcha sa main droite mais ne gémit pas. Une fois de l'autre côté, Belle attendit patiemment vers la porte accédant à la chambre de la reine.

La reine tout de noir vêtue lisait un livre dans son fauteuil face à la cheminée. La dernière bûche était presque entièrement consumée. Rumplestiltskin mit sa main dans sa poche et attrapa trois petites pommes de pin qu'il avait prises dans la cuisine, puis les jeta dans les cendres. En arrivant dans le feu mourant, elles le ravivèrent instantanément. Isabella leva le nez de son livre se demandant ce qui se passait dans la cheminée.

- Mère ?

- Aaron ? demanda-t-elle en se levant et en approchant des flammes.

- Mère, j'ai besoin de ton aide.

- Tu… tu es vraiment là ?

Elle se pencha vers les flammes et se demandait bien d'où la voix venait. De son côté, Rumplestiltskin espérait que les flammes ne diminuent pas trop vite et qu'elle ne s'aventurerait pas dans la cheminée car il ne savait pas comment se passerait un face-à-face. Il recula de quelques centimètres, préparant sa fuite en cas de problème.

- Chaque minute compte, continua-t-il. Ton aide est très précieuse.

- Que puis-je faire pour toi mon enfant ?

- Avonlea est attaquée par les ogres, expliqua-t-il. Les soldats ne sont pas assez nombreux pour protéger la population. Ils ont besoin d'aide.

- Avonlea ? Pourquoi le seigneur Maurice n'a-t-il pas demandé de l'aide à Marcus ?

- Marcus a refusé.

- Mais pourquoi ? s'interrogea la reine.

- Parce que Maurice a refusé d'étrangler son peuple avec les taxes du roi. Et en représailles, Marcus n'apportera pas son aide.

- Comment mon fils peut-il être aussi cruel avec son peuple ?

Isabella se rassit dans son fauteuil, écœurée par cette révélation. Elle ne reconnaissait plus le fils qu'elle avait élevé. Jamais elle n'aurait imaginé que le pouvoir le rende si cruel.

- La princesse Belle a été enfermée dans une tour afin de transformer de la paille en or.

- C'est absurde. Pourquoi Marcus exigeait cela ?

- C'est Jones qui a inventé cette histoire. Il a piégé la princesse qui, si elle ne réussissait pas, serait exécutée.

- C'est pour cela que l'échafaud a été monté ! Quelle horreur. Marcus devient fou.

- C'est pour cela que c'est à toi que je demande de l'aide.

- Que veux-tu que je fasse ? Je n'ai aucun pouvoir !

- Je suis sûr qu'oncle Framerico du royaume du Sud t'écoutera.

- Mon frère ?

- Il est à la tête d'une grande armée et Avonlea n'est qu'à une demi-journée de cheval.

- Et la princesse ?

- Elle est saine et sauve, confia Rumplestiltskin avec un petit sourire. Elle est juste là, derrière la porte.

- Es-tu d'accord de t'entretenir avec elle et d'essayer de sauver son peuple ?

- Aaron, dit-elle en se levant. Où es-tu ? Pourquoi n'apparais-tu pas ?

Son regard parcourut les flammes, cherchant désespérément un signe de sa présence. Les flammes se mourant, elle se pencha et souffla sur les braises.

- Reste avec moi, tu me manques tellement…

- Mère, es-tu prête à venir en aide à la princesse Belle ? insista-t-il.

- Oui mon trésor.

Le feu resta silencieux. Son fils n'était plus là. A ce moment-là, Belle ouvrit la porte.

- Aaron ! Reste avec moi !

- Votre Majesté, dit Belle en faisant une révérence respectueuse.

- Princesse… je…

La reine était encore bouleversée par l'échange et s'essuya une larme avec un mouchoir brodé.

- Toutes mes excuses princesse Belle. Votre peuple souffre et je pleure en entendant une voix familière.

- Vous n'avez pas à vous excuser, Madame.

- Il n'est point le moment de pleurer, se reprit la souveraine. Vous avez besoin d'aide pour combattre les ogres.

- Exactement votre Altesse. Vous êtes la dernière personne vers qui je peux me tourner. Si vous acceptez, le peuple d'Avonlea vous sera éternellement reconnaissant.

- J'ai trop longtemps fermé les yeux sur la souffrance du peuple. Allons voir mon frère. Martha !

La servante fit irruption dans la pièce moins d'une seconde après que la reine l'ait appelée comme si elle se tenait juste derrière la porte.

- Apportez une tenue de servante à notre invitée et demander aux autres de m'aider à m'habiller.

- Bien, votre Altesse, répondit la petite brune en faisant une révérence.

- Sophie ! demanda la reine et la servante apparut. Demandez à Roger de préparer la voiture immédiatement.

- Bien, Madame.

Pendant que la reine se préparait pour l'expédition, Belle retourna dans la chambre des domestiques. Elle enfila la robe bleue au corset bien étroit qui comprimait sa poitrine que Martha lui avait donnée. Elle espérait qu'elle serait capable de respirer en toute circonstance car elle ne pouvait pas se permettre de tomber dans les pommes.

Il y avait une petite blonde qui recousait une paire de gants dans un fauteuil près de la fenêtre. Elle était tellement concentrée qu'elle ne leva pas les yeux sur Belle qui enfilait une paire de bottines.

- Excusez-moi, savez-vous où est passé Rumplestiltskin ? demanda-t-elle paniquée en ne le voyant pas.

- Parti.

- Parti où ?

La servante haussa les épaules. Belle se rua dans le couloir à la recherche de la porte secrète. Elle était tellement bien dissimulée qu'elle ne la voyait pas ! Dans la panique, elle frappa toutes les pierres espérant entendre un son creux.

S'apprêtant à sortir d'une portée dérobée à l'autre bout du château, Rumplestiltskin la referma immédiatement lorsqu'il entendit des bruits de pas rapides. Dès qu'ils s'éloignèrent, il poussa la porte et sortit le bout de son nez. Killian Jones se dirigeait à grands pas à la salle de guerre où le roi planifiait toutes ses batailles. Il le suivit aussi silencieusement que possible et profita que la porte de la pièce ne soit pas complètement refermée pour espionner la conversation.

Marcus venait de déplacer un soldat en bois sur sa grande carte et affichait un large sourire de satisfaction.

- Votre Majesté, salua Jones. Quand pourrais-je m'installer à Avonlea ?

Le sang de Rumplestiltskin ne fit qu'un tour.

- Un peu de patience, très cher. Attendez encore un peu que les ogres affaiblissent leurs remparts. Les corbeaux m'ont rapporté que les habitants se sont joints aux soldats et que jusqu'à présent, ils résistent bien aux monstres.

- Comment ? Avec des bouts de bois et des cailloux ?

- Avec les réserves d'huile qu'ils étaient sensés livrer au palais la semaine prochaine, avoua le roi en serrant les mâchoires. Quel gaspillage.

- Je vois que vos troupes sont massées tout près d'Avonlea, remarqua Jones en voyant le soldat de bois dans la grande clairière tout près de la cité attaquée.

Rumplestltskin se sentit soulagé. Finalement, Marcus allait apporter de l'aide au peuple de Belle. Il l'avait sans doute menacée uniquement pour qu'elle lui fournisse plus d'or.

- Jones, vous allez rejoindre l'armée. Dès que vous constaterez que les ogres passent les remparts, lancez une attaque et tuez-moi ces monstres jusqu'au dernier.

- Avec plaisir, votre Majesté.

- Vous n'avez pas intérêt à échouer. Car si un seul ogre se balade dans mon royaume, je vous couperais la tête moi-même.

- Je n'échouerai pas, promit le commandant en baissant la tête. Et que ferai-je du seigneur Maurice ?

- Je ne veux plus voir un seul French sur le trône d'Avonlea.

- Très bien. Je me chargerai moi-même de son exécution.

- Non, ne le tuez pas, exigea le roi. Montrez son incapacité à les protéger au peuple. Montrez-leur qu'ils ont besoin d'une personne forte, intelligente et courageuse pour les gouverner. Tous ses biens seront confisqués et personne ne s'opposera à son bannissement. Laissez-le s'installer où il le souhaitera.

- Je me ferai un plaisir de le chasser. Et sa fille ?

- Ne vous inquiétez pas pour elle, dit le roi en caressant son menton. Elle ne sera jamais une menace pour vous.

Killian Jones sourit tel un requin assoiffé de sang.

- Avant que vous ne partiez, j'aimerai faire de vous le Duc des Contrées Inexplorées et ministre de guerre. Votre frère Liam vous remplacera à la tête de la flotte royale.

Marcus dégaina son épée alors que Jones s'agenouilla sur le sol dallé. En quelques gestes précis et en quelques paroles échangées, Killian Jones fut adoubé.

- Je promets de vous servir, d'être loyal, fidèle et de vous protéger, votre Majesté.

- Partez maintenant. Avonlea est à trois jours de cheval.

Le nouveau Duc fit une révérence et retourna en direction du couloir. Rumplestiltskin prit ses jambes à son cou et se précipita dans le couloir secret, hors d'haleine, le cœur battant à cent à l'heure et la peur au ventre. Il devait prévenir Belle.


Voilà, j'espère que ce lancement de l'action finale vous a plu. N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre dans un petit commentaire :)