Kakashi: Et dire qu'il y en a qui me font une crise pour un retard matinal de quelques heures! Et que pendant ce temps on fait attendre de pauvres lecteurs impatients indéfiniment dans l'espoir d'un nouveau chapitre. Il y en a qui n'ont pas de honte tout de même!!

Regards méprisants vers l'auteur avant de se replonger le nez derrière la couverture de son livre.

Le dit auteur: Un grand merci à tous mes lecteurs et reviewers pour leur patience qui a été mise à rude épreuve.

Rappel du chapitre précédent:

Ses doigts rendus lourds par le froid exécutèrent les signes d'un jutsu de prédilection de l'un de ses élèves. Il emplit ses poumons d'air glacial avant de le recracher violemment en flammes ardentes. Un claquement retentit alors que le métal glacé entrait dans le processus de fusion.

Mais au bout de quelques longues secondes, les flammes se dispersèrent et se répercutèrent sur les parois à demi dégelées.

La lumière du sortilège de protection irradiait de nouveau sous la pellicule glacée, et la fine vapeur d'eau qui emplissait à présent le cachot se para de tous les dégradés des sept couleurs de l'arc en ciel. Des écailles métalliques tombèrent au sol, ainsi que des débris de pierre.

Génial ... Peut-être qu'à ce rythme, dans un mois, je serais venu à bout de la moitié des barreaux...

Il passa un doigt le long du col de sa veste, dont le bord roussi s'était recroquevillé sous les flammèches qui avaient léché le tissu et effleuré sa peau. La vapeur et la chaleur avaient rendu l'atmosphère irrespirable.

A moins que je ne me sois auto-rôti avant. Il faut que je sorte d'ici à tout prix. Je ne peux pas ...

« CHAUD DEVANT ! ON DEGAGE LA DESSOUS ! »

Le hurlement retentit en même temps qu'un fracas de roche et d'éboulis s'écrasa à ses pieds.

Il sauta sur le côté juste à temps pour esquiver les plus imposants projectiles, les plus fines pierres ricochant sur lui sans lui causer de réels dommages. Simplement quelques égratignures de plus.

Perché au milieu des éboulis, un espèce de grand hurluberlu le fixait avec un énorme sourire planté en travers du visage, entouré des volutes de vapeur multicolores qui s'échappaient en direction de la plaie béante du plafond.

« TROUVE ! ... HE LA HAUT, QUI DE VOUS TROIS NOUS FAIT LA COURTE ECHELLE ? »

S'il avait été plus sensible, il en aurait presque pleuré de joie. Il se contenta de marmonner du bout des dents un « Tu aurais pu arriver plus tôt, ça m'aurait évité d'attendre » ... Et de saisir de bonne grâce la main que Gaï lui tendait pour l'aider à se relever.

Chapitre 10: Rejoindre Konoha

Une fois à l'air libre, Kakashi n'avait pas été très étonné de trouver un Sasuke muet, un Naruto qui essayait de mesurer le taille du trou en nombre de mains de nabot, et une Sakura qui avait manqué de l'étrangler. Étrangement, elle avait stoppé net son élan lorsqu'il l'avait serrée dans ses bras sans explication autre qu'un « C'est bon de te voir debout » un brin ému, chose qui avait toujours paru aussi impossible à sa jeune élève que de percevoir une lueur d'enthousiasme dans l'oeil de Shikamaru.

La nécessité des mises au point stratégiques et les échanges d'informations avaient coupé court aux retrouvailles, au grand soulagement de Kakashi qui préférait éviter les grandes effusions. C'était étrange de voir comment quelques heures écoulées pouvaient avoir semblé des journées entières.

Balladé entre le rêve de son passé, et l'anticipation de son avenir, Sasuke n'avait produit que quelques sons d'approbation et deux ou trois hochements de tête, contrastant avec le flot de paroles qui était sorti de la bouche de Naruto. Le stress avait toujours eu tendance à rendre Uzumaki bavard.

Au moins, pour le moment, ils ne songent plus à s'entretuer. Donc on peut dire qu'il y a du mieux en quelque sorte.

Accompagnés de leur nouvelle recrue de fortune, l'équipe sept se mit en route vers l'entrée de la forêt.

Il n'y avait pas à dire, les bois paraissaient moins effrayants sans une bonne dose de poison hallucinatoire dans les veines.

Le sol était toujours détrempé et couvert de débris végétaux de toutes sortes. Le vent mugissait toujours dans un noir de ténèbres. Tous les animaux un brin censés devaient être blottis au fond de leurs nids, terriers, tanières, fourmilières, ou quoi que ce soit qui pouvait correspondre aux mots douillet et étanche.

Mais cependant, ils avaient à présent l'esprit plus clair, et ils se dirigeaient tous ensemble en silence vers l'orée de la forêt. Les fantômes qui avaient hantés leurs pas étaient de nouveau clos quelque part, dans les tiroirs de leur inconscient.

Ils étaient arrivés à mi-chemin de la sortie lorsque l'équipe lancée par Kinomoto à la recherche des disciples de Kakashi , et revenue sur ses pas, bredouille, croisa leur route au tournant du sentier.

Les ninjas de la feuille les avaient sentis arriver depuis quelques instants, et s'étaient immédiatement fondus dans le décor végétal.

Dès que les sbires de Kinomoto arrivèrent à leur portée, l'attaque fut lancée simultanément par Kakashi et Gaï. La petite bande de ninjas se séparèrent pour affronter leur adversaire.

Trois hommes avaient été envoyés à leur poursuite. Les deux jounins expérimentés affrontèrent chacun un des mercenaires en corps à corps. Le dernier avait été laissé à la charge de la marmaille.

Les deux compères ayant rapidement achevé leur amuse-gueule, ils se tournèrent d'un même mouvement vers le combat restant . Les trois élèves de Kakashi s'étaient investis intensément dans le combat.

Bien qu'étant pour l'instant aussi blessés que leur ennemi, il était très clair que la situation n'allait pas tarder à tourner en leur faveur.

Sakura concentrait son chakra pour préparer une attaque, tandis que les deux autres occupaient l'espace terrestre et aérien et rivalisaient d'inventivité. Leur concurrence avait pour une fois du bon. L'ennemi était débordé par ces deux adversaires. A la place de se retrouver face à un travail d'équipe coordonné, certes redoutable, mais également prévisible, il était face à deux électrons libres dont il ne pouvait prévoir les réactions . Il en avait même oublié l'existence de la troisième qui lui déboita quelques vertèbres d'un grand coup de tibia, le laissant immobile cloué sur le sol.

Bien joué songea son professeur, une lueur de fierté non dissimulée flottant dans le regard. Ils ont tous les trois accompli un long chemin pour en arriver là. J'ai eu raison de les choisir comme élèves. Ils sont arrivés très loin et en peu de temps. Je pourrais peut-être en tirer quelque chose. S'ils ne s'entretuent pas d'ici là bien sûr.

Jamais il n'aurait cru que l'enseignement aurait pu lui apporter de tels moments de joie. Ni de telles prises de tête et prises de bec d'ailleurs. Tout au plus, il avait pensé à cela comme à un boulet dont il valait mieux s'occuper une bonne fois pour toutes pour en être enfin débarrassé. C'était une des raisons pour lesquelles il avait accepté ces trois lurons qui ne s'étaient pas trop mal dépêtrés de son examen de passage.

Mais il devait s'avouer à lui-même qu'il y prenait beaucoup de plaisir, et qu'il était vraiment heureux que l'autre sadique ne les ait pas assassinés.

Ca me fera moins de paperasse à remplir au retour. Qui plus est, avec une bonne brouettée de chance, si on arrive à sauver les jolies petites fesses de notre nouvelle patronne, elle ne sera pas trop regardante sur la qualité de la marchandise ramenée et sur l'heure de livraison.

Avec un soupir de soulagement, il fixa Sakura qui était en train de ligoter leur opposant, pendant que ses deux camarades se bouffaient le nez en essayant de déterminer lequel d'entre eux lui avait occasionné les blessures les plus sérieuses.

La jeune kunoishi ne perdait pas une miette de la conversation, un pli soucieux barrant son front. C'était bon de la voir en vie, et de savoir que tout le reste n'était qu'un stupide cauchemar.

Sentant son regard fixé sur elle, elle se retourna et lui sourit doucement.

Ou là là!! Des signaux d'alerte sonores et lumineux s'allumèrent dans un coin de sa tête.

Ce n'était pas bon de commencer à être sentimental comme cela... vraiment pas bon ... Et puis d'ordinaire, elle lui aurait hurlé dessus en l'accusant d'en profiter pour observer ses charmes féminins à la dérobée.

Il faut croire que la crise qui secouait leur équipe avait fragilisé leur tornade rose.

« FEELIIIICIIITAAATIONN !!!!!!!!! »

Le beuglement hystérique était à peine sorti des lèvres de Gaï que les quatre kunaïs de ses coéquipiers particulièrement nerveux et sur le qui-vive étaient déjà pointés dans sa direction. Kakashi se maudit d'avoir retenu son geste au moment précis ou il avait remarqué qu'il ne s'agissait que du ninja vert. Une bonne dizaines de centimètres plus tard, son problème perpétuel de rivalité collante et excessive aurait été définitivement réglé.

« TU AS VRAIMENT DES DISCIPLES FORMIDABLES KAKASHI ! EXTRAORDINAIRES ! ENERGIQUES ! PLEIN DE VIE ET DE VIGUEUR ! »

Soit Gaï n'avait vraiment rien remarqué de ce qui venait de se passer à l'instant, emporté par son élan, soit il faisait très bien semblant. Mais les étoiles luisant devant ses yeux l'avaient peut-être empêché d'y voir bien clair.

Naruto et Sakura rangèrent précipitamment leur arme en rougissant sous le compliment, et en balbutiant, tandis que Sasuke ne paraissait pas étonné d'un pouce par cette appréciation louangeuse. Il était de plus en plus déçu par « l'élite » de Konoha, et il y avait de quoi. Il fallut toute l'expérience de leur maître pour parvenir à faire retourner Gaï dans un état qui convenait à un déplacement discret et efficace.

Ils devaient se montrer prudents... la lisière de la forêt était en vue.

Cela faisait à présent deux bonnes heures que l'hokage du village des feuilles était installée sur la chaise faisant face à la pile de formulaires et de lettres qui s'était entassée depuis le décès de son prédécesseur. Cet abruti de Jiraya s'était bien gardé de lui rappeler qu'une bonne partie du boulot se constituait de formalités du genre : autoriser l'ouverture des commerces de Ramens les jours de cérémonie, choisir les nouveaux jutsus de protection des bains publics de la ville suite à la récente destruction des anciens, envoyer ses voeux de bonheur les plus « sincères » lorsqu'un mariage ou une naissance se produisait dans la famille dirigeante d'un pays allié, ou bien botter les fesses à des dizaines de citoyens lambda qui se permettaient de lui adresser des lettres pour se plaindre de fantômes dans leur forêt.

Un hokage n'est-il pas censé être un chef de guerre ?

Elle laissa dignement s'écraser son front sur le dossier le plus proche, avant de se reprocher à elle même d'avoir viré Shizune une heure auparavant pour vider son trop plein de frustration. D'ordinaire, la jeune fille revenait toujours au bout d'un petit moment après avoir laissé passer l'orage, mais apparemment, elle avait été trop loin avec elle aujourd'hui.

Chacun a ses limites après tout.

C'est alors qu'elle entendit ses pas résonner faiblement dans le couloir. Se redressant à la hâte, elle ouvrit au hasard le dossier qui lui servait d'oreiller et saisit l'une des pages au vol, se munissant d'un crayon dans l'autre main.

La porte s'ouvrit alors sur Shizune et un visiteur.

Le dit visiteur n'était pas particulièrement mignon malheureusement. Plutôt le genre à rapporter du boulot supplémentaire qu'à venir vous inviter à l'improviste à un dîner aux chandelles.

« Que se passe-t-il Shizune ? »

Le ton de la voix de Tsunade était irrité et impatient, comme si les nouveaux venus venaient de la déranger au beau milieu d'un travail de la plus haute importance, mais à en juger par la marque rouge sur son front, sa position précédente était facile à deviner.

Shizune étouffa un petit rire en imaginant les marques de feuilles et d'encre qui auraient constellé son visage si son visiteur s'était présenté seulement 30 minutes plus tard et que l'Hokage avait succombé au sommeil dans cette position.

« Voici Kamiho Hyushi, un cousin par alliance du clan des Tanada de Konoha. »

« Enchantée ... et ? »

« Il semble que son village vienne d'être exterminé par une attaque destructrice et meurtrière d'Orochimaru, en début de journée. Il vient tout juste de se réfugier au village avec son fils, et Tanada a pensé que cela pouvait vous intéresser. »

La légendaire sannin rassembla d'un geste brusque la pile de courriers inutiles et la casa dans l'un des tiroirs du bureau avec une joie non dissimulée. Elle renvoya Shizune d'un geste de la main. Malgré l'inquiétude et la menace qu'apportait cette nouvelle, elle se félicita de voir enfin arriver un problème qui méritait la peine de faire une nuit blanche pour y remédier.

Son visiteur se fendit d'un sourire cérémonial qui lui parût certes faux, mais, les circonstances étant ce qu'elles étaient, l'Hokage ne pouvait pas vraiment lui en vouloir pour cela. Il avait très certainement vu au cours des dix dernières heures qui venaient de s'écouler un bon nombre de ses amis et compagnons les plus précieux, voir également des membres de sa famille, périr de la main même de celui qui avait été pour elle un compagnon d'armes. Cette pensée lui arracha malgré elle une moue de dégoût et de répulsion. Même avec le temps, les souvenirs les plus atroces gardaient un souvenir très vivace.

Raison de plus pour entendre ce que leur hôte avait à dire. Elle n'était pas inconsciente, et les talents incroyables de son reptilien ennemi la terrifiaient de la même façon que le regard acéré du serpent aux aguets fige sur place le moindre rongeur qui s'aventure par inadvertance à portée de ses crocs. Mais la haine et la soif de vengeance l'emportaient aisément sur toute ses craintes. La certitude que la prochaine fois qu'il croiserait son chemin, il ne s'en sortirait pas vivant. Quoi qu'il lui en coûte personnellement.

Le seul bémol à sa détermination était le nombre limité d'hommes à sa diposition pour lancer une attaque en règle. Mis à part les blessés ou les ninjas envoyés en mission en bordure de Konoha, bien peu étaient disponibles.

L'étranger avait respecté le silence de l'Hokage. Il se tenait immobile, debout, face au bureau de l'opulente dirigeante, les yeux baissés. A sa posture, on devinait un homme bien entraîné et prêt à se battre. Avec un peu de chance, s'il était encore en état, il pourrait compter comme un membre à part entière de l'équipe qu'elle enverrait demain sur les lieux. Il devait être doué pour avoir survécu au conflit avec Orochimaru sans autre blessure que des plaies superficielles quoiqu'impressionnantes.

L'homme sourit étrangement, mais ne pris pas la parole immédiatement. Il se dirigea tout d'abord vers la porte et l'ouvrit, comme pour vérifier que personne ne les espionnait. Une fois cette précaution prise, il glissa la main dans le sac qu'il portait en bandouillière. Shizune avait du le fouiller, conformément à la procédure, avant de le conduire ici, mais Tsunade se raidit. Quelque chose n'allait pas.

En une fraction de secondes, l'Hokage mis la main sur son arme et se tendit, prête à riposter, et son regard se durcit. Puis, subitement, ses yeux se mirent à briller d'une étrange fièvre tandis qu'elle apercevait ce que l'homme lui tendait.

Dans sa main droite, l'étranger brandissait un deuxième sac plus petit qui fermait à peine. Par l'ouverture, on apercevait des perles et des bracelets d'or luisant fortement à la lumière. Tsunade ouvrit la bouche pour le questionner, mais l'homme continua son mouvement sans la laisser parler, et renversa le précieux contenu sous ses yeux sur la surface libre de son bureau.

Le bruit des perles s'entrechoquant rompit le silence, et laissa la ninja sans voix.

« Souvenir de famille », se justifia-t-il brièvement.

La nouvelle Hokage se sentit subitement passer en position d'infériorité. Et elle n'aimait vraiment pas ça. Elle s'apprêtait à sommer l'individu de s'expliquer sur son comportement incohérent, mais cette fois encore, il la devança.

« Considérons ceci comme ma mise! Et nous considérerons votre place d'Hokage comme la votre... Une petite partie de poker vous tenterait-elle? »

La partie du cerveau de Tsunade qui aurait dû la pousser à refuser était plongée en plein brouillard à ce moment précis. Ses yeux alternaient entre le butin étalé devant elle et les cartes que son vis à vis lui montrait ostensiblement. La fièvre du jeu avait déjà envahit ses pupilles. Sa main empoigna celle de l'homme pour sceller leur accord, puis elle attrapa l'une des bouteilles de saké qui s'étaient égarées dans l'un des tiroirs de son bureau. Elle n'avait jamais su refuser une partie...

... et puis, ce n'était pas comme si elle comptait la perdre...

Depuis qu'il avait été nommé baby-sitter à temps plein par le précédent Hokage, Kakashi n'avait plus eu l'auguste privilège de faire équipe avec Gaï. Beaucoup auraient tué pour avoir sa chance, mais là où le commun des mortels ressentait une exaspération destructrice et sanglante, sire Hatake, dans sa forteresse impassible, ressentait une simple impatience, rarement agrémentée d'un léger courroux. Mais ce dernier ne survenait que lors des cas exceptionnels où son rival auto-proclamé se récriait le droit de coller ses salles pattes maladroites au milieu du gigantesque foutoir de sa vie privée.

Tout ça pour dire que cette pointe d'impatience qui l'aiguillonnait actuellement, alors qu'il regardait son coéquipier ramper sur le sol pour approcher silencieusement les mercenaires postés à l'orée de la forêt, évoquait en lui un curieux sentiment de nostalgie.

Ceux-ci faisaient le guet, leur regard tourné vers l'extérieur pour ne pas manquer un éventuel intrus s'introduisant dans leur repaire. L'un d'eux tapotait nerveusement sa sarbacane contre sa jambe gauche, impatient que la nuit se termine. Ils n'étaient que trois. De telles factions devaient être postées à intervalles réguliers à l'orée du bois pour que personnes ne leur échappe. Gaï avait eu de la chance de ne pas s'être fait prendre tout à l'heure, et d'éviter la flêchette empoisonnée en utilisant la technique de substitution avec le sanglier.

Mais de toute manière leur sort allait bientôt être réglé.

La panthère de Jade n'était plus qu'à quelques mètres lorsque Kakashi sentit Sasuke soupirer puis se raidir à côté de lui. Sans prévenir, son élève s'élança vers l'avant, faisant se retourner simultanément les trois guetteurs qui saisirent rapidement la situation. Un kunaï que le jeune Uchiwa avait lancé au début de sa course se planta dans la trachée du rouquin qui portait un talkie-walkie à sa bouche, pendant que le deuxième garde envoyait une lame mortelle en direction de Gaï, toujours au sol, qui fit un roulé-boulé sur sa gauche pour éviter de justesse d'être embroché vivant.

Sasuke atterrit sur la branche les surplombant, se retint par les mains à l'écorce de la branche et enserra avec ses jambes le cou du troisième qui n'eut pas le temps de réagir alors que ses vertèbres cervicales se tassaient impitoyablement les unes contre les autres, en même temps que sa trachée se rétrécissait et qu'il se sente étouffer les quelques millièmes de secondes précédant son décès.

Son corps chuta vers le sol.

Sasuke sauta prestement sur la place que sa victime venait de libérer pour s'occuper de son complice, mais une gifle violente le cueillit au passage, et le projeta au pied de l'arbre, son agresseur fondant sur lui et l'immobilisant d'un pied posé souplement mais fermement sur sa gorge.

Kakashi jeta le corps du dernier mercenaire à terre aux côté de son disciple, et le transperça d'un regard glacial.

« Il ne me semble pas t'avoir appris à réfléchir ainsi gamin. Tu te fais honte devant l'un des ninjas les plus puissants de Konoha. Tu as mis en péril la vie de celui qui avait été désigné pour les neutraliser par ta conduite inconsidérée. Et tu as mis en danger le village en risquant de nous faire repérer. Même si nous les dépassons en nombre et en force, ils auraient pu alerter les autres équipes qui surveillent à coup sûr l'entrée de cette forêt. »

Les épaules du jeune ninja se raidirent et ses yeux se rétrécirent haineusement.

« Vous auriez du me confier cette tâche comme je vous l'avais demandé et je n'aurais pas eu besoin de prendre cette initiative. Et vous me sous-estimez si vous pensez que je n'avais pas envisagé tous les risques encourus et jugé que je pouvais agir sans risque. Les jounins se gardent les meilleures missions et refilent le reste aux jeunes. C'est bien connu. »

Sa gorge oppressée par la pression exercée par son aîné sur ses cordes vocales, sa voix n'était qu'un sifflement.

« Suffit. Ne fais pas la même erreur que ton frère, Sasuke. Ne laisse pas la haine t'aveugler. La force seule n'est rien. Tu devrais le savoir. Il y a des choses et des personnes plus importantes que ta vengeance. »

Il ajouta ensuite, d'un ton nettement moins indulgent.

« Mais si tu me refais encore un coup comme celui-ci, je te jure que dès que nous avons sauvé l'hokage, je lui rapporte immédiatement tes agissement. Et cette fois-ci tu ne t'en sortiras pas avec une gifle et une leçon de morale. »

De toutes les manières, même une seule petite gifle, de la part d'une Hokage furieuse, était à craindre. L'argument servirait sans doute à calmer le jeune homme pour cette fois.

Kakashi tendit la main au jeune homme qui la saisit à contre coeur et se redressa, son regard évitant soigneusement celui de son aîné.

Dire qu'il aurait été fier de lui aurait été mentir, mais une rage sans nom s'agitait à l'intérieur de ses veines et il avait toutes les peines du monde à la contenir. Les raisonnements qu'il émettait lui paraissaient tous plus stupides les uns que les autres au fur et à mesure qu'ils sortaient de sa propre bouche, mais à force de se les répéter, il trouvait de plus en plus de signes infimes autour de lui pour les confirmer.

Je dois progresser. Je dois m'affranchir de tout ce qui me limite. Je dois devenir fort.

Peu importera le prix à payer. Peu importera ce que je dois laisser derrière.

Peu importeront les sacrifices qu'il me faudra faire.

Effondrée, atterrée, effarée...

... aucun de ces mots n'auraient été assez forts pour exprimer l'inertie qui clouait l'Hokage sur sa chaise au vu du résultat de la partie.

Ce n'était... pas... possible...

Elle s'était pourtant sentie en veine comme jamais tout au long du jeu. Elle était certaine de vaincre cet espèce de prétentieux arriviste qui était parvenu à son bureau à cette heure de la nuit sous un prétexte bidon pour tenter de la détrôner de sa nouvelle fonction. Dire qu'elle avait pensé s'être débarrassée de tous ses points faibles qui auraient pu la faire perdre contre un ennemi de Konoha en surpassant sa peur du sang, mais voilà qu'elle venait de se faire clouer au pilori par un arriviste.

Comment aurait-elle pu imaginer...

Le conseil, ou plus précisément cette vieille bique de Koharu Utatane, allait s'en donner à coeur joie pour saper son autorité. Mais au moins elle trouverait certainement un moyen pour arranger la situation.

Elle avala sans cérémonie une longue gorgée de saké pour aider l'information à atteindre son cerveau et se donner du courage pour foutre ce semeur de trouble à la porte. L'autre la fixait d'un regard narquois et imbu de lui même, lui sortant elle ne savait pas quelles absurdités de sa voix rauque.

Cela faisait un moment qu'elle ne percevait plus les mots derrière le brouhaha des sons qui parvenaient à ses oreilles. Tout lui semblait flou, déformé... Elle se sentait... étrangement lourde... et fatiguée...

Avec un hoquet sonore et grotesque, elle s'écroula sur son bureau à côté des cadavres de bouteilles qui le jonchaient.

Elle devina la présence de plusieurs personnes qui s'affairaient autour d'elle et se sentit soulevée et trimballée sans ménagement. Ses yeux attrapèrent quelques images au long des couloirs qui se succédaient et des tressautement cadencés qui rythmèrent le mouvement saccadés de ses bras lorsque ses kidnappeurs la descendirent vers les quartiers de sécurité et franchirent les portes après avoir échangé quelques plaisanteries avec les ninjas de garde.

Mais tout ceci était tout bonnement impossible. Ce ne pouvait être que les hallucinations provoquées par l'absorption massive d'un alcool de trop bonne qualité. Elle devait délirer.

Son hypothèse se confirma lorsqu'elle aperçut la ridée Koharu Utatane évanouie dans la cellule mitoyenne de celle où elle était elle même balancée et enchaînée contre le mur.

Mais son cauchemar aurait pu être pire.

La vieille Koharu aurait pu être consciente.

Bon gré, mal gré, entre les exclamations de joie et les ronchonnements de rébellion, l'équipe des cinq avait fait route vers le centre de la ville. La nuit et la lune baignaient les rues alentours. Les tavernes les plus tardives venaient tout juste de fermer leurs portes.

Le chemin jusqu'au palais de l'Hokage s'était déroulé sans encombres et la troupe dissipée des shinobis avait repris son calme au fur et à mesure qu'ils s'en étaient rapprochés.

« La garde du palais est toujours en place, murmura Sakura. On dirait que nous les avons pris de vitesse. »

Gaï remua lentement la tête de gauche à droite avant de répondre:

« Là, le type en haut des marches... il a été le coéquipier de Kinomoto sur de nombreuses missions de rang A, et celui sur sa gauche était son colocataire lorsqu'il bossait au sein des anbus. Ils ont tous les deux été convoqués par le troisième puis blanchis, car il n'y avait aucune preuve qu'ils étaient au courant de ses projets. Ils semblaient sincères. »

« Mais apparemment, absence de preuve ne veut pas dire absence de culpabilité, continua Kakashi. Je ne pense pas que leur présence simultanée à ce poste de garde ici, ce soir, soit une coïncidence. Après toutes ces années, qui se souviendrait de ces soupçons. Nous arrivons trop tard. Ils sont déjà en place. Nous allons avancer en terrain miné. »

A suivre.