-1Chapitre 10 :

- Miss Sumisu, puis-je savoir ce que vous venez faire ici en pleine nuit ?!

- Professeur Rogues, c'est vous ?

- Je vois mal qui d'autre pourrait se trouver ici, à près de trois heures du matin, de surcroît durant les vacances de Noël. Fit l'homme plus qu'agacé.

La jeune fille regarda autour d'elle d'un air désorienté. Elle ne portait qu'un ample t-shirt jaune canari avec le nom d'un festival de rock à moitié effacé et une sorte de bermuda en coton gris bleu. Il s'agissait visiblement de sa tenue de nuit.

- Et c'est où précisément ici ?

Le distingué professeur de potion passa une main devant son visage. Il était quant à lui vêtu d'un pyjama d'homme tout à fait standard, couleur lie de vin. Cette couleur un peu plus chaude que le noir, ses cheveux en bataille et son air mal réveillé lui donnait l'air plus humain qu'à l'ordinaire.

- Vous êtes dans les donjons. Plus précisément devant la porte de mes appartement contre laquelle vous venez de tambouriner en hurlant quelque chose au sujet « d'abeilles ».

- Des abeilles ? J'ai une peur bleue de ces satanées bêtes. Je ne pardonnerai pas de sitôt à Lupin de m'avoir mis devant cet épouvantard. Mais comment je suis arrivé ici ? Je suis somnambule ?

- Je crois que vous êtes mieux placée que moi pour le savoir.

- Oh ! Faut pas croire ! Bon sang, il fait froid ! Je suis totalement gelée !

- Dans ce cas, dépêchez-vous de retourner dans votre lit.

Lyna adressa un regard suppliant à l'homme, qui la regardait depuis l'encadrement de la porte de ses quartiers privés, essayant de voir derrière lui. Il mit quelque instant à comprendre.

- Il en est absolument hors de question !

- Allez, soyez sympas. Laissez-moi entrer ! J'ai un besoin urgent.

- Il a des toilettes sur votre chemin.

- Je ne tiendrais pas jusque là.

Il poussa un profond soupir de lassitude et de consternation et s'écarta pour la laisser passer. Il lui indiqua la salle de bain où se trouvaient également les W.C. Pendant qu'elle soulageait sa vessie, il eut un élan de sollicitude et entreprit de fouiller dans son placard à la recherche des charentaise ridicule que lui avait offert le Professeur Dumbledore quelques années plus tôt, afin que la jeune fille ne soit pas obligée de refaire le trajet pied nus.

Alors qu'il avait mis la main sur la première des deux pantoufles ( Lyna : Mais c'est qu'il est aussi bordélique que moi ! Rogue : Dix point de moins pour Gryffondor), la porte de la salle de bain se rouvrit et la jeune fille en sortit. Elle poussa un soupir de soulagement qui exprimait bien l'ampleur de l'urgence qu'il y avait eu, aussitôt suivi d'un bâillement tonitruant. Il lui fit distraitement signe d'attendre là.

Geste qui dû être mal interpréter car lorsqu'il se releva, les charentaises entre les mains, la jeune fille avait disparu. Il jeta un coup d'œil dans le couloir. Rien. Il haussa les épaules et décida d'aller se recoucher mais alors qu'il refermait sa porte, des ronflements sonores commencèrent à se faire entendre. Oh, non ! Quand même pas ! Eh, ben, si !

- Mademoiselle Sumisu, réveillez-vous sur le champs !

A ce cri, que dis-je ce hurlement de rage, la jeune endormie n'eut d'autre réaction que de se retourner, s'enroulant dans la couverture et d'éteindre plus fort encore l'oreiller, commençant d'ailleurs à en mâchonner un coin. Il tenta de l'arracher proprement du lit mais n'y récolta qu'un coup de pied dans l'estomac et un « fous-moi la paix, 'spèce de taré » endormi.

Il cria à nouveau et récolta l'indifférence la plus totale, la secoua et n'obtient rien d'autre que de la fit rire comme un bébé, la pinça et se fit à nouveau cogner . Finalement, il tenta le coup du ver d'eau. A croire qu'elle avait l'habitude de dormir sous l'averse. Toutes les autres manières de la réveillé auxquels il pouvaient songer pour l'instant n'aurait malheureusement reçue qu'un assentiment très limité du directeur de l'école, qui n'appréciait généralement pas qu'on brûle ou blesse de quelque façon que ce soit ses élèves.

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- Vous ne trouvez pas que le professeur Rogues fait une drôle de tête ? Demanda Hermione.

- Hum ? Ouais. Fit Ron. il a l'air d'avoir un os de poulet coincé au travers de la gorge…encore plus que d'habitude, je veux dire.

- Vous êtes méchants avec lui. Marmonna Lyna.

La grande salle était pratiquement déserte en cette heure matinale et il y régnait donc une relative tranquillité. Seul le directeur, Mcgonagall et le maître de potion adoré de tout ses élèves se trouvait à la table des professeur. Rogue était particulièrement crispé et semblait fixé un point bien précis. Ron s'offusqua de la remarque de la sorcière japonaise.

- Méchant, nous ! Si tu ne le connaissais depuis aussi longtemps que nous…Dis, j'ai l'impression que c'est toi qu'il regarde comme ça…

- Tiens, c'est vrai.

- Il s'est passé un truc ?

- J'ai passé la nuit dans son lit.

Lyna s'arrêta de beurrer ses tartines pour regarder leur expressions estomaquées. Ils étaient statufié ou quoi ? Elle agita sa main devant leur yeux. Ils semblèrent reprendre vie mais restèrent muet. La pièce tomba quelque part au fin fond de l'esprit de la Sumisu. Celle-ci peu habituée à ce bruit chercha d'abord d'où il venait, avant de devenir écarlate.

Quelques fractions de seconde plus tard, Poudlard menaçait de s'effondrer comme un château de carte sous l'effet d'un retentissent hurlement, dont le propos tenait à peu près en « Mais qu'est-ce que vous avez dans la tête, espèce de pervers dégénérés ». Une fois qu'ils eurent parvenu à la calmer et qu'ils se soient platement excusé, elle leur raconta succinctement l'épisode de la nuit passée.

- Ben, il a été plutôt cool sur ce coup, en fait.

- Oui,je trouve aussi ! Ce qui m'étonne surtout c'est qu'il n'ait même pas chercher à me réveiller ( sic).

Depuis son siège, Dumbledore semblait suivre leur conversation d'un air hilare, bien qu'il soit hautement improbable qu'il puisse en entendre un traître mot, à part évidemment le hurlement qui était sûrement parvenu jusqu'au oreille des camarades japonais de Lyna…mais avec ce vieux filou, comment savoir ? Ils finirent rapidement de déjeuner.

Hermione voulait aller à la bibliothèque chercher la documentation nécessaire pour leur devoir de botanique et de potions. Les deux garçons se résignèrent à la suivre et Lyna ne voyait aucun inconvénient à les accompagner. Elle n'avait rien à faire avant son rattrapage de métamorphose, l'après-midi.

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- Moi, je suis sûre que cette souris était très heureuse d'être ce qu'elle était et qu'elle n'avait aucune envie de devenir un verre à pied…Quoi ? C'est nul d'être un verre à pied, non ?!

Ça s'était Lyna qui grommelait au sortir de la classe où le professeur Mcgonagall avait essayé de la remettre un peu à niveau ou au moins d'évaluer l'ampleur de ses lacunes. Tout s'était relativement bien passé, pour quelqu'un qui n'avait jamais suivit de cours auparavant, jusqu'à ce qu'elles abordent le sujet des métamorphose animal. Apparemment la baguette de Lyna s'opposait violement à la cruauté envers les animaux.

- Lyna !

- Professeur Lupin ? Qu'est-ce que vous faites là ?

Il eut un petit rire, en comprenant, au regard méfiant de la jeune fille, qu'elle n'avait pas oublié l'épouvantard/essaim d'abeilles. Elle s'était avérée relativement douée en défense contre les forces du mal, même si son succès tenait plus à l'extraordinaire brutalité de ses sortilèges qu'à une réelle maîtrise.

- Le directeur voudrait te voir.

- Bien. C'est quoi le mot de passe ce coup-ci ?

- Caramel au piment.

- Euh…et le chemin ?

- Je t'accompagne.

- Oui, vaut mieux.

Ils se mirent en route. Remus Lupin se demandait s'il pouvait la questionner le sujet et si oui, comment faire. Il se posait des questions. Le directeur n'avait toujours rien révélé sur l'identité et l'importance exacte de Lyna Sumisu. Mcgonagall savait mais refusait de parler, disant qu'il relevait de la liberté personnelle de l'adolescente de révéler ses secrets à qui elle le désirait.

Il pouvait respecter ça mais d'un autre côté, il se doutait bien que Harry et ses amis se questionnaient sans doute sur leur nouvelle camarade et il voyait mal comment il pourrait veiller sur eux dans l'ombre, si lui-même ne connaissait rien à l'affaire.

- Lyna, qui es-tu exactement ?

- Je suis la fille de Tom Elvis Jedusor.

- Pardon ?

Elle lui adressa un petit sourire et haussa les épaules. Ils étaient arrivés devant la gargouille, qui s'écarta obligeamment lorsqu'elle prononça le mot de passe. Dumbledore les attendait derrière son bureau, comme à l'accoutumée. Severus Rogue se tenait dans un coin, l'air renfrogné. Le directeur tenait une petite fiole entre ses longs doigts. Lyna su intuitivement qu'il s'agissait de ce qu'elle avait demandé à son professeur de potion.

- Lyna, je veux que tu réfléchisse bien avant de boire ceci. On ne sait pas ce dont tu pourrais te souvenir et l'effet que cela pourrait te faire.

Lupin assistait à la scène sans vraiment comprendre mais puisque personne ne lui demandait de sortir, il décida de rester pour essayer de glaner quelques renseignements. Il lui sembla un instant que Dumbledore venait de lui adresser un clin d'œil malicieux. Lyna franchit la distance qui la séparait du bureau, prit la potion des mains du vénérable vieillard et l'avala d'une traite sans hésiter. Quelque instant s'écoulèrent sans que rien ne se passent.

- Il faudra sans doute quelques temps…Commença Rogue.

- Lyna, comment te sens-tu ?

La jeune fille flageola sur ses jambes et se laissa tomber dans le confortable fauteuil que Dumbledore avait fait surgir juste derrière elle. Elle ferma les yeux. Lorsqu'elle les rouvrit, le sol du bureau s'était recouvert de gazon et les murs étaient devenu de hautes haies touffues qui bordaient un vaste jardin. C'était comme si les choses faisaient pression depuis longtemps pour franchir le seuil de sa conscience et qu'on leur ouvrait brusquement la porte, les laissant ses déverser à leur guise.

Elle tenait un ballon jaune entre ses mains. Ses doigts étaient minuscule et un peu boudinés et le sol lui semblait étrangement proche. Un gamin de six ou sept ans lui criait de le lui lancer, tandis qu'une autre fillette placée entre eux deux, essayait de l'intercepter.

Le garçon avait les cheveux brun, le teint un peu blafard et des yeux bleu très pâle un peu délavés, dont elle se souvint qu'il pouvait exprimer toute la mélancolie de l'univers, mais pour l'instant il s'amusait. La fille était plus grande d'une ou deux années, avec une longue chevelure d'acajou qui lui tombait jusqu'à rein. Son regard vif laissait transparaître son caractère intransigeant et autoritaire.

- Eliandra !

Une femme de haute taille arriva, suivie de près par celle qui était de tout évidence sa jumelle. La première la souleva par en dessous des bras, tandis que sa sœur attrapait le garçon. La fille plus âgée rejoint, elle, une femme qui se tenait un peu en retrait.

Le décor changea brusquement. Du jardin, elle passa à un corridor sombre. Elle était assise par terre, près d'une porte entrebâillée et elle écoutait ce que les deux jumelles et leur amie,qui semblait particulièrement énervée, se disaient.

- Ça ne peut plus durer ! Il y a des rumeurs qui court. Des traîtres menace de parler à notre sujet. Nous ne pourrons plus cacher les enfants éternellement et nous ne pourrons plus faire celles qui n'ont jamais eu aucun rapport avec le seigneurs des ténèbres.

- Il reviendra et à ce moment là…

- A ce moment là , nous serons peut-être déjà condamnée ! Je ne veux pas aller à Azkaban !

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- Non…je ne veux pas y aller…

- Lyna ! Lyna !

Elle était allongée sur un lit dans l'infirmerie. Pan était sur l'oreiller à côté d'elle. En la voyant réveillée, il poussa une sorte de hululement joyeux et se mit à s'agiter, attirant l'attention de celle à qui Lyna l'avait confié. Hermione semblait soucieuse et lui adressa un regard passablement étrange.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- C'est plutôt à moi de te poser la question. Neville a vu les professeur Rogue et Lupin te sortir évanouie du bureau du directeur.

- Ce n'est rien, je vais très bien.

Hermione sembla se retenir de lancer une réplique cinglante et finit par parler sur un ton prudent.

- Lyna, durant ton sommeil, tu as marmonné des choses étranges.

- Quel genre ?

- Au sujet d'enfants, de rumeurs, d'Azkaban et…du seigneurs des ténèbres.

Lyna eut un drôle de sourire et lui fit signe de s'approcher. Elle colla presque sa bouche à son oreille. Madame Pomfresh choisit ce moment là pour arriver. La seule chose que l'infirmière capta de l'échange, avant de mettre dehors une Hermione trop abasourdie pour protester, fut une bride de phrase.

« …et tu sais quoi , je ne suis pas seule… »