Coucou ! Désolée justelaura et Noooo Aime, mais trop crevée par la convention pour faire des ràr ce soir !
Si les collines tombent, je me rallierai à toi
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Résumé : Dain arrive à Erebor, et amène avec lui plus que de simples exigences ridicules : il amène avec lui une forte volonté qui pourrait, au final, déchirer une famille. Surtout quand il vise les habitants d'Erebor qui ne sont pas des nains.
Ce qu'il ne sait pas c'est que ceux qu'il est prêt à piétiner pour son ambition ne se laisseront pas écraser facilement.
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Chapitre 1 : Division
La montagne était recouverte de couleurs vives, à moitié avec le symbole d'Erebor, à moitié avec celui des Collines de Fer. Des bannières ondulaient dans la brise, agréable dans la chaleur d'été, et Kili était juste content d'être au-dessus des portes au lieu d'en bas avec les autres. La chaleur était pire en bas. De toutes les périodes de l'année que Dain aurait pu choisir pour rendre visite, ce devait être le pire mois. Kili aurait juste pu s'arrêter à 'Dain en visite' comme le pire moment de n'importe quoi, mais il avait tenu sa langue jusqu'ici, et il continuerait de le faire.
Une présence à ses côtés le fit se retourner pour trouver Hril au garde-à-vous.
« Des nouvelles ? Demanda Kili.
- Un corbeau est arrivé : ils seront là aujourd'hui, lui dit Hril. Je n'ai rien entendu de plus. Tauriel et Legolas n'ont encore rien vu, et je fais plus confiance à leurs yeux qu'aux miens. »
Kili aussi. Encore maintenant, il se demandait où était son mari : Legolas était censé être là pour l'aider à guetter l'arrivée de Dain. Les yeux des elfes seraient toujours meilleurs que les siens.
Alors même qu'il pensait cela, il sentit une autre présence à ses côtés, et il sourit sans regarder.
« Tu es en retard, dit-il. »
Legolas eut un petit rire.
« Je ne suis pas en retard. C'est toi qui étais en avance.
- On était d'accord pour se retrouver ici après le petit déjeuner. C'est presque l'heure du déjeuner.
- Techniquement, c'est encore après le petit déjeuner.
- Oh, eh bien dans ce cas, commença Kili. »
Puis Legolas l'entraîna dans un rapide baiser. À moitié pour le faire taire, Kili en était certain, mais à moitié simplement pour l'embrasser. Kili n'allait pas se plaindre, dans tous les cas. Pas quand ça signifiait qu'il pouvait dérober un moment avec son mari.
Legolas s'écarta brusquement pour regarder le champ, faisant presque bouder Kili.
« Vraiment, c'est comme ça que tu t'arrêtes ? Marmonna Kili.
- Ils approchent de l'est, dit Legolas. »
Kili plissa les yeux vers la gauche, essayant de voir ce que voyait Legolas. Tout ce qu'il vit fut le flanc de la montagne et les champs et collines vides.
« Tu ne les vois pas ?
- Oh, je les vois maintenant, dit Hril. »
Cela fit sursauter Kili. Avec encore plus de détermination il chercha, mais rien ne bougeait. Étaient-ils si loin ?
« Où ça ? Demanda Kili. »
Legolas pouvait les voir, ça il le comprenait, pas que Hril arrive à les voir l'embêtait un peu. Il avait de bons yeux, par Mahal, il était un archer, il était censé avoir les meilleurs yeux de tous...
Puis il enregistra le sourire narquois sous la barbe touffue de Hril et l'étincelle dans les yeux de son mari.
« Vous êtes deux horribles personnes, dit fermement Kili. Je suis le pire de nous tous, parce que je vous ai crus.
- Je peux vraiment les voir, dit Legolas. »
Il glissa un doigt le long du nez de Kili, sa manière de le taquiner, et Kili fit de son mieux pour ne pas sourire.
« Ils sont loin, cela dit. Encore une demi-heure, au moins. Ils montent des poneys, pas des chevaux.
- Je ne peux pas les voir, admit Hril. Mais c'était bien de voir votre visage tout rouge.
- Traîtres, marmonna Kili. »
Mais il était difficile d'être vraiment fâché quand Legolas enroula un bras autour de lui et déposa le plus doux des baisers sur son oreille. Même si Hril ricanait à ses dépens. La brute. Ils restèrent au sommet des portes jusqu'à ce qu'enfin Kili puisse voir l'entourage par lui-même – et pas Hril, ce qui rendit le moment encore plus doux – et que ses deux oncles lui demandent de descendre. Kili y alla donc, Legolas à ses côtés, et Hril descendit aussi pour se tenir du côté opposé à son cousin. Un groupe fort et indivisible, uni contre quoi que Dain ait prévu. Il avait demandé la réunion, c'était donc un atout dans sa manche. Ce qui ne voulait pas dire qu'ils ne fourniraient pas à Thorin le meilleur avantage possible.
Parce que quoi que Dain prépare, Kili avait le pressentiment que ça finirait mal.
Puis ça n'eut plus d'importance car Dain était là, avec tout un entourage. Il souriait et glissa de son poney avec un rire, venant prendre Thorin dans ses bras.
« C'est bon de te voir, cousin, salua-t-il. »
Thorin rendit prudemment l'étreinte avec un sourire rapide approprié à son rang et sa position. C'était amusant, pensa Kili, parce que Thorin était l'un des nains les plus gentils et tactiles qu'il connaissait. Il ne l'avait pas été, pendant longtemps, du moins pas en public. Bilbon avait en quelque sorte changé ça. Bilbon avait changé beaucoup de choses.
Justement, Dain se tournait vers Bilbon, debout directement à la droite de Thorin.
« Vous devez être le grand et puissant Bilbon Sacquet, dit-il, toujours avec ce grand sourire sur le visage. J'ai entendu beaucoup de grandes choses à votre sujet.
- La dernière chose qu'il a entendue était que Bilbon avait été kidnappé, marmonna Fili dans l'oreille de Kili. »
Ce dernier sursauta et lança un regard noir à son frère, qui était arrivé avec Dernwyn.
« C'est vrai.
- Je sais que c'est vrai, mais la prochaine fois, préviens-moi ! Ne te glisse pas dans mon dos !
- Chut, gronda Dernwyn dans sa barbe. »
Tous deux se calmèrent. Bilbon adressa à Dain un signe de tête formel.
« Je suis heureux de pouvoir enfin mettre un visage sur un nom, dit-il. »
Son sourire était doux et sincère, pour autant que Kili puisse en juger.
« Et je suis particulièrement heureux de vous avoir ici, à Erebor. Sans vous, nous aurions pu gagner la guerre contre Sauron et ne pas avoir de royaume dans lequel revenir. Il n'est que juste que vous veniez voir à quel point il a changé depuis votre dernière visite. »
Politiquement parfait jusqu'au dernier mot. Dwalin ravalait un sourire, et celui de Thorin s'épanouit enfin quand il regarda son époux. Bilbon ne trahit rien, se contenta de continuer de sourire à Dain. Le sourire de Dain diminua un peu faute d'avoir quelque chose à répondre, mais quand il revint, le sourire était contrit.
« Vous êtes très aimable, lui dit Dain. Et je vois maintenant que les histoires que j'ai entendues à votre sujet sont très vraies. »
Son entourage commença à descendre des poneys, et Dain déplaça ses attentions ailleurs. Son regard tomba sur Fili et Kili, et il se réjouit visiblement.
« Les jeunes héritiers eux-mêmes, dit-il. J'ai eu le plaisir de rencontrer Fili, mais pas Kili. C'est un plaisir de vous voir tous les deux ici.
- Et nous sommes contents de t'avoir ici, dit Fili. »
Il se tint plus droit, et Kili l'imita instinctivement.
« Bienvenue à Erebor, cousin. Permets-moi de te présenter d'autres membres de la famille. Voici mon épouse, la Princesse Dernwyn. »
Dernwyn hocha la tête avec une semi-révérence pour Dain. Dain hocha brièvement la tête à son tour – pas tout à fait la réponse formelle qu'elle méritait, mais c'était assez proche.
« Et voici mon époux, Legolas de Vertbois, dit Kili. »
Legolas s'avança et exécuta une révérence parfaite, bien plus qu'il n'avait besoin de donner à Dain. C'était une démonstration de respect, cependant, et parfait pour la situation. Kili sourit, incapable de s'en empêcher.
« Mes salutations, Seigneur Dain, dit Legolas en se relevant avec un sourire. Il y a longtemps que nous attendons votre arrivée.
- Aussi fin que Bilbon, marmonna Fili dans l'oreille de Kili. »
Eh bien, cela se déroulerait beaucoup mieux, avec Legolas et Bilbon ici pour maintenir la paix. Le sourire de Dain se tordit sur une rapide grimace, mais il s'inclina en retour. La main de Dwalin se resserra sur sa lame.
« Enchanté, fils de Thranduil, dit-il. »
Kili sentit son époux se tendre à côté de lui, bien qu'il ne le montre certainement pas. La tension de Thorin était bien plus palpable, et le malaise qui descendit sur le groupe donna envie à Kili d'être n'importe où ailleurs. L'un des nains de l'entourage toussa, brisant le silence.
« On nous a informés qu'il y a une autre... elfe ? Prendra-t-elle part aux négociations ? »
Bilbon prit la parole avant que Kili ne puisse le faire.
« Tauriel est un membre estimé de la Garde et une amie loyale d'Erebor. Elle est vitale au royaume, alors oui, elle sera là.
- Et je dois admettre que je suis perdu quant à ce que nous négocions, dit Thorin. »
Il fixa longuement et durement Dain. Dain croisa son regard un instant avant d'être contraint de détourner les yeux.
« Ah, oui, tout sera expliqué, Votre Majesté, dit un autre nain de l'entourage. Si ce n'est pas trop demander, cependant, la chaleur dehors est insupportable. Pourrions-nous nous déplacer vers les parties plus fraîches ? »
En guise de réponse, Dwalin tendit le bras vers les couloirs plus loin. Legolas s'écarta rapidement du chemin quand les nains s'avancèrent, et bien qu'il ne semble pas perturbé, Kili l'était certainement. Il prit la main de son époux dans la sienne et la serra fort. Legolas la serra à son tour, et il réussit même à afficher un bref sourire. Kili se força à prendre une profonde inspiration avant de suivre Dain.
Quoi que les prochains jours leur réservent, il savait que ça finirait mal.
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« Je ne l'aime pas. »
Legolas ne dit rien. Maintenant toujours son regard sur les nains à table, Tauriel essaya à nouveau.
« Tu ne peux pas lui faire confiance, dit-elle. Il n'a rien fait sinon rendre les vies de Thorin, Bilbon, Fili et Kili difficiles. Dwalin aussi est plus tendu, et Dain est en partie de sa famille. Comment peux-tu rester ici si calme-
- Parce que je le dois, répondit Legolas d'une voix douce mais ferme. »
Son regard ne changea jamais de son expression paisible.
« Parce que je crains ce que Dain pourrait faire à la Lignée de Durin ici à Erebor si je ne le fais pas. »
Tauriel s'immobilisa.
« Crois-tu que l'un d'eux soit un traître ? Demanda-t-elle. Crois-tu que l'un d'entre eux se retournerait contre nous ?
- Peut-être. Mais je crains plutôt une révolution, une chance de continuer ce que Dekir et Rutar ont commencé. »
Si les nains à table avaient pu comprendre ce qu'ils disaient, peut-être auraient-ils été insultés. C'est pourquoi Tauriel s'était tournée vers sa langue natale, dont elle savait que peu la comprenaient. Elle avait aidé Legolas à apprendre à Thorin davantage que le simple Sindarin de conversation, au fil des années, et Bilbon également. Kili avait été rapide à comprendre, et Fili avait réussi quelques phrases avant de laisser cela à son frère. Thorin n'était pas aussi versé dedans que Bilbon, qui le parlait presque comme un second dialecte, maintenant. Cependant Thorin avait quand même tendu métaphoriquement la main, avait essayé de les rejoindre dans leur langue, et cette action lui avait gagné encore davantage le respect de Tauriel.
Elle ne le verrait pas abandonné maintenant. Même si Legolas et Tauriel étaient des cibles, elle ne l'abandonnerait pas maintenant.
Ils avaient choisi de se tenir debout le long du mur, offrant les sièges d'honneur aux nains en visite. Ils avaient reçu quelques hochements de tête pour cela, puis avaient pratiquement été oubliés. Quelques-uns avaient jeté un regard en coin à Bilbon quand il avait pris le siège de pouvoir à côté de Thorin, mais personne n'avait commenté, et la plupart d'entre eux l'avaient ignoré après cela à moins qu'il parle. Bilbon n'avait vraiment pas eu d'importance dans la réunion, cependant.
Non, il ne s'agissait que de Thorin à un bout de la table et Dain à l'autre bout, et tout le monde savait que leur propre présence était simplement une convenance politique, pour s'assurer que seuls les mots, et non les lames, étaient lancés. Et c'était ce dernier point qui rendait Tauriel si nerveuse.
D'Erebor, seuls Thorin, Bilbon, Fili, Kili, Legolas, Tauriel, et Dwalin avaient été autorisés à entrer. Dain avait neuf conseillers à ses côtés, lui donnant clairement l'avantage en ce qui concernait le nombre de personnes autour de la table. L'espace d'un bref instant, Tauriel souhaita que Dis soit là. Dis avait poliment décliné, disant qu'elle aurait besoin de ses forces pour 'le second tour' des débats. Elle souhaita de toutes ses forces qu'elle soit là : avec Dis, Tauriel avait le sentiment que la réunion serait rapidement terminée. C'était probablement pour ça que Thorin avait accepté qu'elle arrive plus tard.
Elle souhaita aussi que Gimli ait été autorisé à entrer, mais en même temps, elle était reconnaissante que cette réunion lui ait été épargnée. Elle avait le sentiment que Dain était en chasse, prêt à frapper, et elle voulait ceux à qui elle tenait aussi loin de ses griffes que possible. Legolas avait été nécessaire pour la réunion, mais Gimli non.
Et si sa compagnie lui manquait, c'était son affaire et celle de personne d'autre.
Kili marmonna en Sindarin devant eux.
« Ils ne peuvent pas s'y mettre ? »
Tauriel eut un sourire narquois tandis que quelques-uns des nains devant eux montraient une confusion évidente devant le dialecte venant de l'un des héritiers d'Erebor. Jusqu'ici, la discussion de la table avait porté sur les récoltes autour d'Erebor, autour des Collines de Fer, la population et le voyage entre les deux royaumes. Tauriel savait de quoi il s'agissait : des bavardages. Ces paroles n'avaient vraiment aucun rapport avec la raison de leur venue. C'était simplement un échauffement pour le vrai débat.
Dain prit une gorgée de son vin et reposa la coupe, et Tauriel se redressa. C'était certainement le moment. Thorin, aussi, sembla tendu, attendant que la joute verbale commence.
« Mon Roi et cousin, tu as été plus que généreux avec ton temps, ton royaume, et ton bon vin, dit Dain. »
Il y eut une approbation générale autour de la longue table.
« Je te remercie pour ton hospitalité : il n'y a pas de meilleur endroit pour des négociations qu'ici, à Erebor, le plus grand royaume nain de toute la Terre du Milieu. »
Il y avait quelque chose d'amer dans la façon dont il disait 'plus grand', qui donna envie à Tauriel de pointer une flèche vers lui.
« Je me demande pourquoi tu as besoin du terme 'négociations', cousin, quand 'accords' nous conviendrait mieux, dit Thorin. »
C'était à la fois une invitation et un avertissement. Tauriel hocha brièvement la tête avec approbation devant le choix des mots et attendit. Dain haussa les épaules.
« Ce serait vrai, d'habitude. Mais ces temps ne sont pas habituels.
- Nous préférons les temps inhabituels, dit finement Bilbon. Sentez-vous libre de parler ouvertement avec nous. Vous êtes en famille. »
Toujours diplomatique, il permettait à Dain de parler mais épinglait davantage ses propres mots sur lui. Les hobbits, Tauriel le découvrait rapidement, étaient des créatures tempérées jusqu'à ce que vous placier une épée dans leurs mains ou une situation politique à leurs pieds. Ils devenaient alors très vicieux, mais en restant très subtil. Elle approuvait.
« Pas entièrement, dit Dain. »
Il éloigna son long regard de Bilbon pour le poser sur Legolas et Tauriel. Legolas resta toujours calme et posé à côté d'elle, mais elle pouvait la sentir maintenant, la tension vibrant à travers son être. Elle avait l'impression d'être une corde d'arc tirée au maximum, attendant le tir de la flèche ou le claquement quand elle se briserait. Thorin, apparemment, en avait assez des tentatives réticentes de Dain de dire ce qu'il avait en tête, et plaça soigneusement les deux mains sur la table devant lui.
« Parle directement, cousin. Tu n'es pas du genre à traîner.
- J'ai une fille, dit Dain sur-le-champ. Elle est d'âge à se marier. Il y a bien des jeunes filles qui ne sont pas encore mariées, et je vais les encourager à venir ici et fonder un foyer à Erebor. Car les Collines de Fer n'ont pas les moyens convenable pour élever une famille, plus maintenant. Je voudrais que nos deux royaumes s'allient. »
Quand personne ne sembla capable de trouver les mots, Fili déclara :
« Il y a plusieurs nains à Erebor qui sont membres de la noblesse. Plusieurs membres de notre compagnie ne sont pas mariés, et je sais qu'ils seraient honorés de trouver une épouse chez quelqu'un d'aussi estimé que votre fille. »
Bilbon, curieusement, fut celui qui sursauta légèrement aux paroles de Fili, et Tauriel rangea cette idée à l'arrière de son esprit pour plus tard. Dain secouait déjà la tête.
« Non, pas la noblesse, jeune prince. Car une femme doit toujours se marier au-dessus de sa position. Et il faut toujours regarder vers sa famille, comme Sa Majesté Bilbon Sacquet l'a si bien dit il y a quelques minutes. Je suis donc venu, en tant que son père, pour demander de promettre sa main à votre plus jeune héritier. »
Legolas s'immobilisa à tel point que Tauriel se demanda s'il respirait encore. Thorin agrippait la table assez fort pour laisser des empreintes dans le bois, et Bilbon se leva rapidement pour prendre le contrôle de la situation.
« Notre plus jeune héritier n'a que quelques années, fit-il remarquer. Baldrin n'est certainement pas d'âge à se marier. Holdred n'a pas tout à fait douze ans. C'est également loin d'être un âge pour discuter d'un mariage.
- Un mariage arrangé, dit l'un des nains, parlant pour la première fois. »
Il tripota sa barbe tressée en trois nattes un peu nerveusement.
« Ce qui est une chose très commune.
- Pas ici, dit fermement Bilbon. »
Il y avait une nuance de colère dans sa voix qu'il semblait désespérément essayer de contrôler, à en juger par la façon dont ses orteils ne cessaient de se recroqueviller. Cela étonna Tauriel, étant donné qu'elle savait que sa sœur d'âme, Esmeralda, avait été dans un mariage arrangé avec Saradoc. Quelle était l'objection de Bilbon ?
« Les hobbits ont certainement des mariages arrangés-
- Pas avec des enfants qui sont trop jeunes pour parler pour eux-mêmes. »
Cela faisait plus de sens.
« Bien sûr je n'arrangerais jamais un mariage pour un simple enfant, dit Dain. »
On aurait dit que Bilbon venait de lui donner les clés du royaume.
« Non, je parle plutôt de vos héritiers adultes, qui sont assis à cette table.
- Et sont tous les deux mariés, dit Dwalin depuis la porte. »
On aurait dit qu'il ne pouvait plus se retenir. Tauriel approuvait.
« Et l'un d'eux a des enfants, fit remarquer Bilbon. Ou leurs mariages sont-ils considérés comme indignes à vos yeux ? Parce que si vous considérez leurs mariages comme si aisément invalidés, je ne pourrais que me demander quel genre de mariage vous espéreriez offrir à votre fille. Aucun avec du mérite ou de la longévité, j'imagine. »
Ses paroles étaient calmes mais acérées, et Dain avait l'air d'avoir été poignardé par sa propre épée. Oui, Dain regrettait probablement d'avoir demandé à Bilbon de faire partie des 'négociations'. La prise de Thorin sur la table commençait à se détendre, les paroles de Bilbon ayant suffi à le faire respirer un peu plus facilement. Mais Dain n'avait pas fini.
« Je voudrais offrir à ma fille le plus grand mariage qu'un père puisse offrir à son enfant, dit-il en se levant. Un qui soit rempli de prospérité avec un membre de sa propre race. Il est évident que je ne souhaiterais pas séparer un père de ses enfants, même s'ils sont de sang humain et nain. Mais il y a un mariage ici qui n'offre pas d'enfant, et n'est pas entre deux nains.
- Et qu'en est-il de mon mariage, Dain ? Dit Thorin. »
Il interprétait délibérément de travers les paroles de son cousin afin de l'éloigner de Kili et Legolas un moment de plus. C'était aussi un excellent rappel que le mariage de Thorin à Bilbon rentrait dans la catégorie nommée par Dain. Le visage de ce dernier sembla perdre un peu de couleur, à la grande satisfaction de Tauriel.
« Eh bien, cousin ? Demanda Thorin.
- Tu sais très bien que je ne parle pas de ton propre mariage, répliqua Dain. Je ne te contrarierais pas-
- Tu m'as déjà contrarié, dit Thorin d'une voix basse et dangereuse. Et tu continues de le faire.
- Kili ne devrait pas être marié à un elfe ! Cria Dain. »
La voilà, la vérité étalée devant tout le monde. Tauriel sentit ses mains se serrer en poings.
« Pas même n'importe quel elfe, mais le fils de ton ennemi !
- C'est mon époux que vous dévalorisez, dit Kili en se levant également. »
Il semblait plus dangereux que Tauriel ne l'avait jamais entendu auparavant.
« Prenez garde à ce que vous dites.
- Et pourtant il ne prend pas la parole pour lui-même, dit Dain. »
Il renifla avec mépris dans la direction de Legolas.
« Quelle aide politique, quelle richesse, un être tel que lui peut-il vous offrir ? »
Thorin ne regarda pas dans leur direction, mais Bilbon et lui s'écartèrent un peu sur le côté, laissant assez de place physique pour quelqu'un d'autre. L'offre était claire, et Legolas la saisit, bien qu'il reste au même endroit.
« Erebor a l'intégralité de Vertbois au bout de ses doigts, à tout moment si elle le désire, dit Legolas. Si c'est avec de la richesse que vous souhaitez 'aider' Erebor, vous ne trouveriez pas un meilleur cadeau que celui de nourriture, de bois, de chemins sûrs entre Erebor et la Moria. Cela, je le lui ai offert librement, avant même que Kili et moi n'ayons été mariés par la main de Thorin. »
Un rappel prudent que leur mariage avait été béni par le cousin de Dain lui-même. Tauriel tint sa langue, ne serait-ce que parce que Legolas était le meilleur diplomate. Elle avait le sentiment que c'était pour ça que Dwalin tenait de nouveau sa langue également. Tous deux pouvaient être aussi diplomates, s'ils le désiraient. Ils n'en avaient... juste pas envie.
Gimli n'aurait même pas essayé d'être diplomate, et cette idée fit se retrousser ses lèvres.
« Peuvent-ils offrir de la richesse en terme de mithril ? Demanda Dain. »
Thorin le fixa.
« Tu n'as pas de mithril.
- Si. Nous en avons découvert des mines, plus que tu ne pourrais jamais en désirer. Nous avons également une route de commerce directe établie avec la mer orientale. Tu es coincé à terre, et très loin de la Mer de Rhûn. Nous avons commencé à y construire des avant-postes, et je t'offrirais le meilleur de ce que nous ramènerions. Les Collines de Fer seront bientôt le royaume nain le plus riche, à la fois en mithril et en produits de la mer tels que la nourriture et les perles. Des choses que tu n'as pas. »
Ils avaient du mithril. Les mines de la Moria en étaient pleines. Il fallait simplement du temps pour les miner, car les mines n'avaient pas encore été pleinement fournies en nains. La mer, cependant, était la seule véritable tentation. Mais ils avaient des rivières, des rivières qui coulaient directement à travers Vertbois. Ils n'avaient pas besoin de la mer.
« Je ne désavouerai pas le mariage de Kili et Legolas, dit fermement Thorin. Legolas est de la famille, et ce depuis bien des années. C'est lui qui s'est tenu à mes côtés quand j'ai affronté la Port Noire, c'est lui qui a failli mourir en sauvant la vie de Kili il y a trois ans. Il est un allié et parent plus précieux que tu ne pourrais l'imaginer. »
Plus que toi, ne fut pas prononcé, mais le visage de Dain s'endurcit quand même. Le message avait été clair.
« Alors tu laisses Erebor entre les mains d'un elfe. »
Legolas prit de nouveau la parole.
« Le trône ne sera jamais entre mes mains. Il ira à Fili, puis aux enfants de Fili.
- Et nous sommes censés croire que Kili ne voudra jamais du trône ? Demanda un autre nain en haussant des sourcils touffus et dorés.
- J'ai un trône, dit Kili, les yeux fixés sur Dain. À Vertbois, aux côtés de mon époux. Ma place ici sera un jour celle de conseiller de mon frère. Je n'ai jamais éprouvé de désir pour le trône moi-même. Il ira à Holdred, comme il le devrait.
- Pourtant un elfe est quand même en ligne pour le trône, argumenta Dain. Si Erebor était attaquée, et que seuls les enfants de Fili et lui restaient, à quel point serait-il facile pour lui d'en disposer et de saisir le trône ?
- En disposer ? Explosa Tauriel. »
Elle fumait et était incapable de se retenir plus longtemps, mais Legolas parla plus fort qu'elle.
« Les enfants de Fili et Dernwyn sont mes neveux et ma nièce. Je donnerais ma propre vie avant de voir du mal arriver à aucun d'entre eux. Je vous le répète, je ne veux pas du trône d'Erebor. Il ira à mon neveu-
- Ils ne sont pas votre famille ! Tonna Dain. Votre propre famille vous a laissé ici en arrière ! Vous êtes un orphelin, vous êtes abandonné ! Vous n'avez pas votre place ici ! »
Legolas donna l'impressiond'avoir reçu une gifle. Le silence s'abattit sur la pièce comme un brouillard, lourd et dense et si oppressif qu'il était douloureux de respirer. Tauriel avait l'impression de ne pas pouvoir trouver assez d'air dans ses poumons pour penser, encore moins pour respirer. Son esprit tourbillonnait, incapable de décider ce qu'elle devait faire en premier, tant elle était outragée.
Le choix lui fut enlevé quand Legolas fit une révérence raide vers la table et quitta promptement la pièce. Kili ne fit aucune révérence et lui courut après. Il serait d'un plus grand réconfort pour Legolas en ce moment que Tauriel. D'ailleurs, elle avait encore le visage de Dain à creuser.
Dain, pour sa part, semblait quelque peu stupéfait de ses propres paroles, comme si elles avaient quitté sa bouche sans sa permission. Quand il jeta un regard de l'autre côté de la table et vit Thorin en train de l'incendier furieusement du regard, il déglutit et commença à parler.
« Cousin-
- Thorin, sors, dit Bilbon à voix basse. »
Thorin hocha brièvement la tête. Puis il se dirigea à son tour vers la porte, que Dwalin lui tint ouverte avant de promptement la fermer derrière lui. Bilbon se redressa de toute sa taille, et d'une façon mystérieuse il sembla presque plus grand que Tauriel elle-même, et dans ses yeux se trouvait une lueur dangereuse.
« Jusqu'à ce que le moment vienne où vous pourrez trouver une langue civile dans votre tête pour activement reconnaître tous les membres de la famille royale avec la dignité, la loyauté, et la simple décence qu'ils méritent, cette réunion sera ajournée. Je peux vous assurer à tous, cependant, que Thorin Écu-de-Chêne n'apprécie ni n'approuve ceux qui attaquent visiblement sa famille. »
Il épingla Dain du regard, et Dain sembla lutter pour ne pas faire un pas en arrière.
« J'aivu Thorin agir rapidement contre ceux qui voulaient menacer sa famille, et ses actions sont typiquement impitoyables et définitives. »
La ligne n'aurait pas pu être plus claire à moins que Bilbon n'ait physiquement peint une ligne sur la table entre eux. Ce n'était pas Dain que Thorin était déterminé à protéger. Ce n'était pas Dain qui était considéré comme la famille. C'était Legolas. Et Bilbon rendait cela infiniment clair.
Jamais auparavant Tauriel n'avait été aussi reconnaissante de connaître Bilbon, de le considérer comme un membre de sa propre famille. Elle se demanda ce qu'Esméralda aurait fait, ou dit, si la petite hobbit avait été là. Elle aurait probablement jeté ses propres paroles à Dain sans marquer de pause et lui aurait fait tourner la tête. L'idée rendit Tauriel joyeuse, en dépit du fait que son prince se promenait à travers Erebor, probablement déjà en direction de Vertbois. Elle ne pouvait qu'espérer que Kili le trouverait d'abord.
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Voilà ! Je l'avais bien dit que vous alliez pas aimer Dain dans cet épisode xD
Alors est-ce que ma promesse d'un épisode intéressant est tenue jusqu'ici ? Est-ce que Bilbon n'a pas été totalement badass sur la fin? Je suis toute fière de lui !
