Ian Bohen x Fem!reader / Commande Wattpad


Tu poussais un léger soupir, reposant le sac de pommes de terre que tu venais de transporter d'un bout à l'autre du sous-sol de la maison de Monsieur Bonhen. Enfin, maison, maison… Toi, t'appelais pas ça une maison, mais plutôt une baraque.

Mais passons. C'était donc dans cette maison que tu travaillais depuis bientôt une semaine, et il fallait avouer que c'était un des boulots les plus compliqués que tu n'aies jamais fait. Et dire que tu n'étais qu'une employée en formation… Ça allait promettre, si jamais tu réussissais à te faire réellement embaucher en tant que cuisinière. Mais bon, tu ne rechignais pas à travailler, et tu aimais tout de même ce que tu faisais même si ce n'était pas totalement le boulot de tes rêves, alors tu baissas la tête, remonta tes manches, et te remis à faire des aller-retours entre les deux parties du sous-sol pour mettre ce qui devait être à sa place à sa place ; pour que la cuisinière en service n'ait pas à se casser le dos ou à aller chercher à l'autre bout de la maison quelque chose alors qu'elle était en train de faire le repas.

L'avantage, c'était qu'en dehors des employés de la maison, et vous étiez six, personne ne venait jamais dans le sous-sol. Il y avait quatre escaliers pour y accéder, mais non, tu n'y avais jamais croisé ni Monsieur Bohen, ni sa femme, Holland Bohen. À vrai dire, c'était tout juste si tu les avais vus : ce n'étaient pas eux qui t'avaient embauchée, mais le majordome, alors les seules fois où ton chemin avait croisé le leur, tu avais baissé la tête, les joues brûlantes, et tu t'étais faite aussi silencieuse qu'une ombre.

Enfin… Ce n'était pas non plus comme si tu n'avais rien d'autre à faire que de te balader dans la maison pour les croiser, donc cela ne devait pas être si étonnant que ça.

En attendant, ton boulot n'allait pas se faire tout seul, alors tu te remis à travailler rapidement.

Ou du moins, si tu le fis, ce fut pendant un bon quart d'heure, avant qu'un bruit se fasse entendre à peut-être deux mètres de toi. Tu fronças les sourcils, regardant ce que tu tenais dans les mains, mais non, tu n'avais fait tomber aucun fruit. Tu fus un peu plus inquiète et revint légèrement ne arrière, avant de te figer, te sentant brutalement rougir.

Merde.

Pourquoi ces choses-là devaient t'arriver ?

Devant toi, Monsieur et Madame Bohen étaient en train de… Et bien, ils étaient littéralement en train de se rouler le patin du siècle. Bon sang, ils étaient certes les propriétaires de la baraque, mais merde, elle était assez grande pour qu'ils fassent ça dans une de leur chambre, au moins, pas en haut des escaliers qui menaient au sous-sol, exactement là où tu étais ! Pendant une bonne dizaine de secondes, tu restas immobile, la bouche entrouverte, incapable de ne pas noter comment le corps de corps de ta patronne se coulait contre le corps de ton patron, et comment les mains de celui-ci avaient l'air fermes, puissantes, et sûres.

Merde merde merde merde.

Trébuchant à moitié sur tes pattes, tu tentas de partir sans te faire voir, parce qu'à vrai dire, tu n'étais pas sûre de vouloir savoir si « voir ses patrons à deux doigts de baiser » était un motif suffisant pour être virée. Seulement, ce fut exactement à ce moment-là qu'une pomme tomba, faisant un boucan d'enfer, et tes patrons se séparèrent, un air surpris sur le visage, et tu te baissas vivement, rattrapant la pomme coupable.

Tu ne voulus pas relever les yeux tout de suite, mais la curiosité fut plus forte que toi, et en remontant tes yeux, tu te fis transpercer par un regard bleu. Genre, vraiment vraiment bleu. Et ton souffle se coupa douloureusement.

Putain.

Ian Bohen était vraiment, vraiment, vraiment canon.

Et sa femme te regardait comme si elle savait vraiment, vraiment, vraiment ce que tu venais de penser.

Ta patronne fronça les sourcils – et tu te rappelas vivement ce que tu avais vaguement lu dans la presse avant d'être engagée chez eux : Madame Bohen était quelqu'un de… Possessive. En même temps, vu le… Physique avantageux de son mari…

En tout cas, « Voir ses patrons à deux doigts de baiser » devait définitivement être un motif suffisant pour être virée.

- Ex-excusez moi, bégayas-tu, te redressant totalement avant de partir à toute vitesse avant que l'un d'entre eux n'ait le temps de te jeter à la porte.

Il n'empêchait que du coin de l'œil, tu avais vu Monsieur Bohen sourire, mais sourire… Pas comme d'habitude, lorsqu'il souriait pour dire bonjour quand il croisait un employé. Non, un sourire vraiment étrange, et cela te fit frissonner de la pointe des orteils au bout de tes cheveux.

Tu arrivas toute déboussolée dans la cuisine, posant enfin tes fruits sur la table alors que la cuisinière arrivait comme une tornade. Il fallait dire que Crystal avait un tempérament de feu, et qu'elle détestait le retard.

- Nom d'un chien, Sarah, où étais-tu passée ? J'avais absolument besoin des pommes et -

Remarquant soudainement tes joues rouges et ton souffle court, Crystal se stoppa, fronçant les sourcils.

- Il y a un problème ?

- Je – non, je crois pas, mais je suis tombée sur Monsieur et Madame Bohen dans les couloirs, mais ils – enfin, ils étaient en train de s'embrasser, et je suis un petit peu restée stupéfaite, alors ils m'ont un peu vu et -

- Nom d'un chien, répéta Crystal, secouant la tête, avant de poser les poings sur ses hanches. Écoute, Sarah. Tu n'es là que depuis quelques jours, mais tu bosses bien, et tu n'as pas l'air de te mettre sérieusement au boulot que les premiers jours pour te relâcher ensuite. Par conséquent, j'apprécierais bien que tu restes. Seulement, ici, il y a une seule règle d'or : ne jamais, mais jamais, porter d'intérêt aux patrons. Ils vivent leur vie, et nous, on est là pour travailler, et puis c'est tout. Aussi agréable et sympathique que puisse être Madame Bohen, si jamais il y a quelqu'un qui ose s'approcher de son mari, elle se battra bec et ongles. Alors, nom d'un chien, Sarah, reste au loin des patrons, d'accord ?

- Ok-okay, répondis-tu, un peu stupéfaite.

Seulement… Quelque part, tu sentais que tout cela n'était pas des paroles en l'air, et tu déglutis difficilement. Okay. Peut-être que ce job allait être réellement compliqué.

Mais en tout cas, désormais, c'était bien inscrit dans ta tête : ne pas regarder Ian Bohen, peu importe les circonstances.


Seulement, évidemment, les choses ne pouvaient pas être simples. À vrai dire, elles étaient même rudement compliquées. Dans les mois qui suivirent ta première… Altercation avec tes patrons, ce fut comme si à chaque couloir que tu prenais, tu rencontrais Monsieur Bohen.

Et pas seulement le rencontrer au sens de le croiser, non, à chaque fois, il t'adressait un mot. Au début, c'était simplement un « bonjour » , puis c'était devenu un « comment allez-vous ? » , et sans que tu comprennes comment, il en était arrivé à te tutoyer et à te demander d'en faire de même – alors que l'on t'avait bien dit, au début, que les marques de familiarité avec les patrons étaient interdites.

Simplement, Monsieur – Enfin, Ian, semblait s'en moquer éperdument, et t'appelais Sarah, et te parlais comme si vous étiez au même rang hiérarchique.

Et toi, tu te retrouvais stupidement à tomber chaque jour un petit peu plus amoureuse de lui. C'était idiot, vraiment, parce qu'il était évident que cela ne pouvait t'apporter que des problèmes, mais c'était plus fort que toi. Ian était juste… Incroyable. Pas parfait – parfois, tu avais l'impression qu'il était plus marié à son travail qu'à Madame Holland, il était tête en l'air, écoutait de la musique à un volume absolument pas recommandé, prévenait toujours au dernier moment lorsqu'il y avait des invité ou s'il n'était pas là, bref, c'était terriblement sportif de faire partie de ses employés.

Mais à côté, il était adorable, toujours à se préoccuper de votre bien-être – étrangement, le tiens revenait souvent -, incroyablement cultivé, l'esprit ouvert, et mince, il était canon, aussi.

Bref.

Tu étais bien dans la merde, quand même. Alors tu avais beau tenter de limiter vos interactions, ce qui donnait toujours des moments assez gênants, c'était comme si cela ne servait à rien : c'était comme s'il y avait un… Lien, entre Ian et toi, qui vous rameniez toujours l'un face à l'autre.

Christ.

Ton souffle se coupa alors que tu rangeais les courses dans la cuisine des patrons – ni Madame Bohen ni Ian ne le faisaient eux-mêmes. Mais il y avait ce dernier qui venait d'entrer dans la cuisine, torse nu, une serviette autour du cou et de la sueur sur le front, faisant briller la peau de son cou et de son torse. Merde merde merde. Tu te détournas vivement, les joues rouges, et les mains tremblantes, tu tentas de finir rapidement ce que tu faisais, mais tu étais terriblement consciente de ton patron qui s'approchait par-derrière.

- Bonjour, Sarah, dit-il tranquillement, son torse effleurant ton dos alors qu'il allait récupérer une boisson énergisante dans le frigo.

- Bonjour Mons – Ian, te rattrapas-tu, tentant de calmer les battements de ton cœur.

Mince, cet homme allait te rendre folle. Ian se mit à te parler tranquillement, comme si tout était normal, et lentement, ton pouls ralentit, retrouvant un rythme de croisière, et tu te retrouvas à rire légèrement à ses remarques, plaçant les tiennes de temps en temps. Les mises en garde de Crystal, que tu te répétais depuis des semaines, s'effacèrent peu à peu de ta tête alors que tu finissais par te laisser aller, parlant librement avec Ian.

C'était de sa faute aussi, à la fin ! Comment pouvait-on attendre que tu sois froide et détachée et soumise quand tu voyais clairement les yeux de Ian pétiller en t'entendant t'indigner sur une chose et sur une autre, ou quand tu le voyais sourire en t'entendant parler de ta famille ? C'était impossible.

Mais soudainement, l'heure te rattrapa, et la panique t'envahit lorsque tu te rendis compte que ça faisait une demi-heure que tu discutais au lieu de travailler – enfin, tu avais finis ce que tu faisais dans la pièce, mais tu ne faisais pas le reste de ta liste, quoi.

- Merde – désolée, Ian, mais je dois absolument y aller, dis-tu à toute vitesse, récupérant le sac où avaient été les marchandises, j'ai un tas de choses à aire encore et – Ian ?

Ton patron était à quelques centimètres de toi à peine, les sourcils froncés, et avant que tu n'aies le temps d'analyser la situation, ses lèvres étaient contre les tiennes, et il t'embrassait.

Lentement, comme s'il cherchait à goûter tes lèvres, et il pressa doucement ses grandes mains autour de ta taille, te ramenant contre lui. Tu ne pus que fondre sous ce mouvement, incapable de simplement penser à le rejeter, et une de tes mains passa derrière sa nuque alors que l'autre allait se poser contre son pectoral droit.

C'était comme si un courant électrique traversait ton corps, te laissant frémissante et à bout de souffle contre Ian. Tu aurais pu rester des heures, comme ça, à le laisser t'embrasser et à y répondre de toutes tes forces, mais la porte d'entrée claqua, te ramenant brutalement sur Terre.

Putain. Tu n'étais pas dans tes rêves, là, c'était la vraie vie. Terrifiée, tu rouvris brusquement les yeux, repoussant Ian, et tu récupéras ton sac avant de t'enfuir aux sous-sols.

Bon sang, mais à quoi tu avais bien pu penser ? Pourquoi l'avais-tu laissé faire ça ? Il était marié, non d'un chien, et tu étais son employé ! Mais le pire, c'était que tu avais senti l'espèce de magie du moment, l'instant précis où Ian était passé du « je dois vérifier ce qu'il se passe » au « je ne peux pas la laisser partir ». Merde, tu l'avais senti comme si c'était toi qui l'avait pensé. Tu essuyas rageusement les larmes qui coulaient sur ton visage. Que tu aies l'impression que Ian était l'homme de ta vie ne valait rien : vous ne pouviez pas avoir une relation, un point c'est tout.

Et ce fut ce que tu te répétas, encore et encore.

Tu te le répétas lorsqu'il t'embrassa une nouvelle fois, et lorsque tu l'embrassas quelques jours plus tard après, incapable de rester de marbre face à lui.

Tu te le répétas aussi la première fois qu'il te fit l'amour, et les fois suivantes où tu eus l'impression de toucher le ciel.

Tu te le répétas beaucoup de fois, mais cela ne changeait pas le fait que tu étais éperdument amoureuse de Ian Bohen, homme marié et ton patron, et qu'il était tout autant raide dingue de toi, et que cela se voyait dans les plus petits de ses regards et le plus léger de ses touchers, et dans ses mots. Combien de fois par jour t'appelait-il « mon ange » ? Combien de fois descendait-il au sous-sol simplement pour te voir ? Combien de fois ses deux effleuraient les tiens, s'y entrelaçant s'il n'y avait personne autour ?

Vous étiez dans une merde noire.


Et finalement, tu choisis d'accepter cela. Ni toi ni Ian n'étiez capable de briser cette relation. Il aurait pu te virer, tout simplement, ou tu aurais pu démissionner, mais vous en étiez incapables. Tu le voyais se déchirer à mentir à Holland en permanence, mais il ne pouvait pas faire autrement ; pas alors qu'ils tournaient ensemble dans la même série. Cela aurait eut des conséquences catastrophiques.

Seulement, tout était en train de devenir encore plus compliqué.

Mais genre…

Encore vraiment, vraiment plus compliqué. Parce que tu avais découvert que tu étais enceinte de six semaines, et que merde, ta situation devenait encore plus impossible qu'avant. Comment étais-tu censé annoncer cela à Ian ? Merde, étais-tu censée lui annoncer ? Ne serait-il pas mieux d'avorter tout de suite, maintenant, sans rien lui dire, comme ça, il n'y aurait pas de problème ?

Mais bon sang, tu voulais un enfant tellement fort, et tu savais que Ian aussi, contrairement à Holland. Mais tu savais aussi que tu ne pouvais définitivement pas avoir l'enfant de Ian pour toutes les mêmes raisons que tu n'étais pas censé être avec lui, et tu savais aussi que cela vous briserait le cœur, l'un comme l'autre, si tu partais pour élever votre enfant toute seule.

Merde, tu ne savais absolument pas quoi faire, et tu ne pouvais en parler à personne. Crystal, qui était devenue comme une sœur, était partie à l'autre bout du monde pour rejoindre son petit-ami, et tu ne pouvais définitivement pas l'emmerder avec tes problèmes alors qu'elle faisait le tour du monde. Les autres employés étaient des amis, mais pas des amis à qui tu pouvais confier ça. Il en était de même avec ta famille, parce que bon sang, qu'est-ce qu'ils en penseraient ?

Alors les mois passaient, et tu nouais avec difficulté aux problèmes de la grossesse. La nausée le matin était horrible, les crampes d'estomac étaient une galère, mais plus le temps avançaient, moins tu trouvais le moyen d'en parler avec Ian. Et si ton ventre grossissait, ce n'était rien par rapport à la boule de culpabilité qui se coinçait dans ta gorge chaque fois que tu voyais Ian ou sa femme, et que tu te disais que si jamais tu n'avortais pas, il y avait de forte chance pour que leur couple se brise.

Merde.

Et Ian qui te regardait, de plus en plus inquiet, ne comprenant pas pourquoi tu n'arrivais pas à lui parler de tes problèmes. Il en avait des cernes, et tu te trouvais encore plus égoïste, parce que tout était de ta faute. Si seulement tu n'avais pas oublié de prendre cette foutue pilule… Tu avais dit à Ian que tout était bon, que tu gérais pour ne pas être enceinte, et te voilà, maintenant, enceinte de deux mois et demis, à t'esquiver lorsque Ian te touchait pour pas qu'il ne remarque ton ventre.

Christ. Tu espérais un miracle tellement fort. Et s'il arriva, ce ne fut définitivement pas sous cette forme.

Tu étais à ce moment-là, tranquillement installée dans ton appartement, allongée sur le canapé en tentant de calmer les crampes d'estomac qui ne t'avaient pas lâchée de la journée. Heureusement qu'aujourd'hui était ton jour de congé, parce que sinon, tu n'aurais définitivement pas été capable de tenir en cuisine. Avec un grognement, tu te décidas à allumer la télé pour essayer de penser à autre chose, et pendant un long moment, tu te contentas de zapper sur les chaînes, sans réellement les voir, avant de te figer, et de faire machine arrière.

Un léger sourire s'afficha sur tes lèvres sans que tu ne le veuilles réellement, mais… Mais tu sentis ton cœur battre un petit peu plus vite. S'il y avait une chose qui n'avait pas changé depuis les deux ans que tu travaillais chez Ian, c'était ta réaction à chaque fois que tu le voyais : ton cœur était pris d'un galop furieux, avant de se calmer, et une vague d'amour se répandait dans ton organisme.

T'installant un peu plus confortablement, tu te mis à regarder le meeting, intéressée. Ian te parlait souvent de son travail, et c'était juste adorable de voir à quel point il était passionné par celui-ci. Certes, il ne jouait pas un des rôles principaux, mais cela n'avait pas réellement d'importance. Toi, tu ne l'avais jamais vu, après tout, alors tu ne pouvais pas réellement juger.

Et alors que petit à petit, tes crampes d'estomac se calmaient, te laissant somnolente sur le canapé tandis que la convention se finissait, la dernière question attira brutalement ton attention, et ton sang se figea littéralement dans tes veines.

« Qui est cette jeune femme avec qui on vu a vu, il y a trois jours ? » avait demandé un journaliste, brandissant une photo.

Et sur celle-ci, il y avait Ian, qui embrassait une jeune femme, tenant amoureusement son visage entre ses mains – et ton souffle se coupa lorsque tu te rendis compte que même si on ne voyait pas le visage de la fille, c'était bien toi – parce que tu étais habillée comme ça, il y a trois jours, lorsque Ian t'avait amené dans un restaurant où vous aviez l'habitude d'aller, parce qu'il était perdu dans une allée, et que c'était l'endroit le plus discret au monde.

À ce moment-là, l'information arriva enfin à ton cerveau. Putain de merde. Ian et toi aviez été pris en photo. En train de vous embrasser. Putain de merde. Après un instant de flottement, Holland, à côté de lui, se tourna brusquement, des larmes au coin des yeux, et la claque qui suivit retentit dans la grande salle du meeting. Ta patronne quitta la salle vivement, alors que tu étais figé devant ton écran, la respiration bloquée.

Et Ian semblait être dans le même état – seulement, ce n'était pas pour les mêmes raisons. Ses yeux s'écarquillèrent, fixés sur la photo, et à ce moment-là, même si tu ne pouvais pas voir celle-ci, tu devinas parfaitement que Ian regardait ton ventre.

Et ton ventre, parce que tu étais sur la pointe des pieds, affichait clairement tes mois de grossesse que tu avais tant pris le soin de cacher. Dieu. Tu n'allais jamais pouvoir retourner à ton travail.

Sans savoir pourquoi, tu éteins d'un geste la télé, avant d'éclater en sanglots. Merde, c'était évident que cela allait être découvert avant que tu ne réussisses à lui en parler ! Pourquoi n'avais-tu pas été assez courageuse pour lui parler ? Pourquoi avais-tu laissé cela couler ? Pourquoi n'avais-tu pas franchi le pas ? Merde, tu avais tellement honte, et tu te sentais tellement coupable ! Cela n'aurait pas dû arriver comme ça, bon sang, cela n'aurait même jamais dû arriver. Maintenant, la vie de Ian allait être ruinée totalement, et c'était presque entièrement de ta faute et -

Ton téléphone sonna brusquement, te faisant sursauter, et ton cœur s'arrêta une nouvelle fois lorsque tu vis le numéro de Ian. Putain. Est-ce que tu devais décrocher ? Est-ce que tu devais faire l'autruche ? Encore une fois ? Penser cela te fit l'effet d'un électrochoc. Non d'un chien, tu ne pouvais pas encore te cacher – pas alors que cela venait de probablement ruiner la vie de l'homme que tu aimais. Te raclant la gorge, tu séchas rapidement tes larmes avant de prendre ton téléphone et de décrocher, les mains tremblantes.

- Ian ?

- Sarah, Angel ?

Ton souffle se coupa au téléphone. Bon sang, comment Ian pouvait-il encore t'appeler comme ça, après ce qu'il venait de se passer ?

- Sarah, tu es là ?

- Ou-ouii, bégayas-tu, tentant vainement de te recomposer – tu étais une adulte, merde, à la fin ! Écoutes, Ian, je suis -

- Est-ce que c'est vrai ?

- Pardon ? Demandas-tu, confuse.

- Est-ce que tu es enceinte, explicita Ian, et ton cœur manqua un battement.

- Je… Oui, murmuras-tu. Je suis désolé, j'aurais tellement dû te le dire plus tôt, mais je n'arrivais pas, et je suis désolé et -

- Angel, te coupa Ian, et merde, sa voix était tellement douce. C'est bon, okay ? C'est moi qui suis désolé de ne pas avoir compris, de ne pas avoir vu les symptômes alors qu'ils étaient là. Je suis désolé. Je ne te ferrais plus faux-bond, à partir de maintenant, et -

Le reste de la phase de Ian se perdit dans un brouillard alors que tu entendais ton cœur battre à cent à l'heure à tes oreilles.

Ian ne t'en voulait pas.

Ian ne t'en voulait pas.

Ian s'excusait de ne pas avoir été capable de voir que tu étais enceinte. Putain.

- … Mais on va y arriver, Angel, je te le promets.

- Mais… et Holland ? Réussis-tu à bégayer, et Ian eut un léger soupir au bout du téléphone.

- Je ne t'en avais pas encore parlé, parce que je n'étais sûr de rien, mais nous avions commencer à nous éloigner, et… ce n'était plus qu'une question de temps.

Bon sang.

- À vrai dire, ce n'était même pas plus qu'une question de temps, fit Ian. Elle avait déjà acheté un appartement à Los Angeles, alors… Je pense juste qu'Holland n'a pas tellement apprécié de te reconnaître sur la photo. Mais…

Putain.

- Écoutes, Angel, je… Je ne compte pas t'abandonner, okay ? On travaille depuis trop de temps pour tout laisser tomber comme ça.

- Et la presse ? Protestas-tu. Tu vas te faire incendier, et je ne veux pas que tout -

- Sarah, depuis quand je me pré-occupe de la presse ? Elle ne m'a jamais intéressé. Je veux juste que tout aille bien désormais, et que l'on s'occupe de cet enfant – à moins que tu ne le veuilles pas ? Merde, je suis désolé, je n'ai même pas pensé à te demander si tu le voulais et -

- C'est bon, Ian, souris-tu, ayant l'impression qu'une chape de plomb s'enlevait de tes épaules. Je le veux.

Un soupir de soulagement te répondit au téléphone, avant que l'acteur reprenne.

- Je vais passer te chercher, si tu es d'accord ? Je souhaiterais vraiment que tu t'installes pour de bon à la maison, et que l'on puisse voir tout ce qui va se passer ensemble.

- Ensemble ?

- Ensemble.


Et vous le fîtes, ensemble.

Et contrairement à ce que tu pensais, la presse fut enchantée de te voir.

Et les fans aussi.

Et même Holland te salua avec un grand sourire un an plus tard, à une convention, alors que tu étais au bras de Ian et qu'elle était au bras d'un autre.

Et tu ne compris pas vraiment comment, mais tout le reste de ta vie fut comme un rêve.