Chapitre 8
Ron
M. Georges Weasley
Croyez bien en notre volonté de traiter avec vous sur ce projet, mais nous vous saurions gré de bien vouloir nous laisser nous entretenir avec votre frère pour l'audience préliminaire.
Avec l'espoir de ne pas créer d'autres désagréments.
Koichi Aoe
Ron sentit qu'il émergeait.
Oh, merde. Encore une journée.
Il était seul dans son lit. Bien sûr. Il descendit de celui-ci et se frotta un peu les yeux.
Les rideaux étaient tirés mes quelques rayons un peu fous avaient réussi à courir de l'horizon jusque sur son visage endormi. Il les maudit copieusement.
Hermione dormait de plus en plus mal on dirait. Mais là, c'était les vacances, il n'y avait pas de paquet de copies ou de Peeves a fait des conneries, qui justifiaient habituellement son absence à cette heure-là. Ron prit son peignoir et se dirigea vers la salle de bain. Il passa un peu d'eau sur son visage et se fixa longuement.
-Tu es canon mec ! Même le matin, tu sais que je ne dis pas ça à grand monde, mais bon sang, t'es sex.
Et bon sang qu'il le savait. Il se décoiffa un peu plus et soupira. Petit-déj, douche, passer voir Harry, surveiller Hermione, surveiller Hugo, surveiller Georges, aller voir maman déjeuner, surveiller Hermione, laisser Hugo chez Luna, aller voir Charlie. Aller voir Harry. Surveiller Hermione.
Encore et encore. Parce que s'il flanchait, ils flanchaient tous.
Et surtout, ne pas se faire prendre. Avoir l'air d'un simple mec qui s'en fiche totalement, pas un flic.
Je suis sex.
Hermione était en bas, bien sûr. Les yeux dans le vide elle regardait dehors.
- Bonjour chérie.
Elle tourna les yeux. Vagues. Bon. Il était habitué de toute façon.
- S…salut Ron.
Il s'approcha et l'embrassa. Comme d'habitude, elle sentait normalement. Elle devait avoir mis au point une technique d'enfer pour cacher les preuves de sa faiblesse. Ça durait depuis un moment déjà. Il rendait visite à l'improviste à Hogwarts et la trouvait ivre morte dans son lit, une bouteille de Scotch vide au pied du lit, une potion anti gueule de bois sur la table de chevet.
Elle n'avait jamais su qu'elle se faisait prendre à chaque fois.
Ron se contentait de la border correctement et de disparaitre en étant bien sûr qu'elle serait ok le lendemain pour ses élèves.
Mais ça ne s'était pas arrêté là. Elle prenait des petit verres, des remontants toute la journée. Elle était heureuse et forte aux yeux du monde. Et personne ne savait la quantité d'éthanol qu'elle s'enfilait pour avoir l'air bien. Mais Ron savait lui. Mais il ne pouvait rien faire encore.
Parce qu'Hermione ne faiblissait pas. Elle était toujours présente pour leurs enfants, leurs neveux, ses parents et ses élèves. Elle faisait tout ce qu'elle avait à faire et avec le sourire.
Alors elle ne savait surement pas qu'elle était alcoolique.
- Tu es beau…
Ron sursauta.
- Merci ma chérie. Tu es merveilleuse toi aussi. Tous les jours. Tu veux quelque chose ? Du café ?
Il savait ce qu'elle allait lui demander.
- La potion sur l'étagère là.
Sa voix était pâteuse mais bien maîtrisée. Ron regarda ses doigts trembler. Elle devait avoir beaucoup bu.
Il se dirigea vers l'étagère, saisi la fiole bleue et l'apporta à Hermione.
- Tiens chérie.
Elle but en un trait. Elle ferma les yeux et s'adossa contre le fauteuil. Ron ne la regarda pas. Il fila vers la cuisine se servir un café noir.
Quand il revint elle avait l'air d'avoir l'esprit parfaitement clair.
- Tu as bien dormi ?
- Ouais… je me suis senti un peu seul ce matin ceci dit.
- Haha, désolée. J'avais envie de prendre un peu d'air.
Il hocha la tête.
- Hugo et Rose dorment encore… On n'est pas souvent réveillé avant eux. Tu es très matinale ces temps-ci.
- Ils commencent à grandir j'imagine, leur sommeil s'allonge. On n'a surement pas tant changé nos habitudes.
Les junkies sont stupides et menteurs.
Ron regarda l'horloge. Cinq heure trente. Il ne dit rien et sirota un peu de café.
Il devait reconnaitre qu'elle était formidablement intelligente même dans ses actions les plus stupides et autodestructrices. Elle se soulait tôt, n'avait jamais rien laissé traîner, cachait l'odeur de l'alcool sur elle et prévoyait toujours une potion Anti Gueule de Bois ou Stoppe-Ivresse. Personne ne se doutait de rien. Ron pensa qu'elle devait aisément se dire qu'après tout, ce n'était pas de l'excès.
- Et tu fais quoi aujourd'hui ?
- Je ne sais pas… j'ai envie d'aller à Square Grimmaurd. On pourrait prendre les enfants avec nous.
Excellente idée. Les deux dingues à surveiller au même endroit. Il ne bougerait pas trop aujourd'hui. Quoiqu'Harry avait l'air beaucoup mieux qu'Hermione. Et Albus le confirmait. Il ne buvait plus, et même s'il n'avait pas arrêté de fumer il semblait se remettre à vivre doucement. Et Snape était la cause de tout ce beau changement.
Peut-être qu'il devrait donner Hermione à Snape. Il frissonna et se sentit en colère contre lui-même. Non, mais. N'importe quoi.
- Tu veux qu'on aille se doucher ? Tous les deux.
Hermione sourit. Elle posa ses lunettes sur nez.
- Oh ?
- Le reflet m'a dit que j'étais sex. Il est temps d'en profiter.
Elle rit. Ron se sentit un peu léger.
- A la douche !
- Alors tu fais quoi pour le reste des vacances ?
- Je vais juste continuer comme ça je pense…
Harry fumait et restait assis silencieusement. Plus loin, à côté d'un sureau que Ginny avait planté, Scorpius et Albus étaient assis et s'embrassaient. Ron acquiesça.
- On croirait voir Draco Malfoy…
- Hein ?
- Quand on regarde Scorpius. Physiquement il est exactement pareil que son père. C'est un peu effrayant.
- Il est totalement différent quand tu lui parles.
- Mmh…
Ron vit le petit blond rougir et Albus rire.
- Il a l'air d'un gentil garçon. Et puis même Malfoy a changé.
- Tu lui parles ?
- Non, non… Je l'ai vu il y a trois ans, tu te rappelles ? La mission en Belgique. On l'a fait intervenir. Je ne savais pas qu'il parlait flamand.
- Oh. Moi je l'ai juste croisé deux ou trois fois depuis dix ans et je l'ai vu à Hogwarts, Scorpius et Al étaient à l'infirmerie. Mais j'imagine qu'on se croisera beaucoup plus souvent.
Ron sirota un peu de son jus de citrouille. Il étendit un peu ses jambes. Il jeta un coup d'œil à la baie vitrée. Hermione jouait aux échecs avec Luna.
- Rolf a dit quand il venait ?
- Vers dix-neuf heures ce soir.
- Mmh.
Il s'emmerdait à une puissance extraordinaire. Mais au moins, il était tranquille. Il ne s'était pas reposé comme ça avec Harry depuis très longtemps, même si ça n'avait jamais été aussi chiant.
- Et Snape, il compte passer ?
Harry toussa.
- Ohé, mec, tu te sens bien ?
- Ah… ouais. J'ai avalé de travers. Aucune idée, il n'est pas revenu depuis mon anniversaire.
- Tu ne veux pas de lui ?
- Ah si, si.
Ron regarda étrangement Harry.
Il rougit. Qu'est-ce qui pourrait bien le faire rougir ?
- Harry tu es rouge.
Il lui lança un regard noir.
- Non, je ne le suis pas.
- Oh, si.
- Je me suis étouffé. Désolé d'être un peu rouge.
Il est embarrassé… Oh, on va se marrer.
- Tu t'es rendu ridicule avec Snape ? Oh, allez tu peux bien me le dire !
- Non. Je n'ai rien fait de ridicule.
- Lui, alors ?
- Non, plus. Je t'ai dit que je ne rougissais pas.
Bien sûr. Et moi c'est Albus Dumbledore.
- Bon si tu le dit.
Harry détournait soigneusement les yeux. Et ça, aucune chance que Ron le rate. Il gloussa. Harry le fusilla immédiatement du regard, ce qui n'arrêta pas le rire de Ron.
Oh bon sang, mon petit Potter, je ne vais pas te rater !
Ron reposa son verre et inspira.
- Accio, cigarettes.
- Tu m'en file une ?
- T'a déjà fini le paquet d'hier ?
Harry ne le regarda pas. Ron tira une cigarette et la tendis à Harry.
- Une seule Harry.
- Mmh. Je vais envoyer un message à Rolf pour qu'il passe m'en prendre aussi.
- Comme tu veux.
Ron savait que ça ne servait à rien de le sermonner à propos de ça. Il fumait aussi après tout. Et avec tous les progrès qu'il avait faits, il n'avait absolument rien à lui dire.
- Arrête de fixer Al, c'est bizarre.
- Pourquoi ?
- Ben, ils veulent un peu d'intimité. T'es vraiment pas discret en plus.
- Un peu d'intimité…
Ron le regarda détourner les yeux. Il allumait sa cigarette avec une flamme au bout du doigt. Ron ricana. Il n'allait pas se laisser faire. Il se concentra bien fort et au bout d'un moment une flamme apparut au bout de son doigt. Il sentit pointer une migraine et aspira la fumée. Harry le regardait de ses grands yeux verts.
- Quoi ?
- Je… rien.
Il détourna les yeux en fumant.
- S'il te plaît, dis-moi.
- Je voulais te demander comment tu faisais.
- De quoi tu parles ?
- La flamme.
Ron fronça les sourcils. Il se fout de moi au quoi ?
- Comme toi j'imagine, dit-il d'un ton sec.
- Mais moi je ne sais pas comment je fais, je te rappelle que j'n'ai pas pris l'option magie pure à l'académie. Je n'ai jamais appris. Toi, si. Je voulais savoir comment tu fais.
Ron le regarda avec de grands yeux.
- Et j'ai commencé à faire ça après la mort de Ginny, quand je me mettais un peu en colère.
Ron hocha la tête. Il se rappelait de ses colères mémorables. Il avait de la chance d'avoir tous ses membres.
- Et ces temps-ci, c'est moins puissant.
- Tu canalisais ta colère dans ta magie et elle s'est laissée dompter un moment j'imagine. Alors la baguette était superflue. Moi je la contrôle ma magie. Mais c'est plus fatiguant que des émotions brutes. C'est une bonne explication je crois.
- Oh. Alors… je n'y arriverais plus ?
- Si… j'imagine que si. Tu as choppé le truc depuis le temps non ?
Il fuma en hochant la tête.
- Ron…
- Oui ?
- Je voulais te dire… enfin je ne t'ai jamais dit…
- Quoi ?
- Euh… tout ce temps… tu m'as bien aidé alors je voulais te dire…
- Ok, mec, j'ai saisi. Pas de soucis tu sais.
- Mais je vais bien maintenant.
- Ah ?
Harry hocha la tête et sourit.
- Tu peux espacer tes visites si tu viens parce que tu as peur pour moi.
Ron sourit à son tour.
- T'en a marre de me voir ?
- Evidemment mec… comment je vais me trouver quelqu'un si tu arrives toujours à l'improviste ?
- Eh ! Alors il y a vraiment quelqu'un que tu veux inviter… Il y a quelqu'un qui te fait rougir !
Ron éclata de rire. Harry le suit et eut un petit rire éraillé.
Il y a vraiment quelqu'un. Bon sang Potter !
- Mais Harry, je n'arrêterai pas de venir quand même… J'te laisse respirer point.
- Et je te remercie. C'est ce que je te demandais.
Ils se sourirent de nouveau complices. Ron ne pouvait pas rêver mieux. Harry se réveillait, il était conscient de ce qui se passait autour de lui il le remerciait, même.
C'était comme respirer un grand bol d'air frais.
- Et maintenant… Un Boursouflet !
Lysander tapa dans les mains, d'accord avec son frère. Ils avaient déjà onze ans mais étaient par bien des égards encore très enfantins.
Ron sourit, se redressa sur son coude et se concentra. Du bout de sa baguette il dessina un Boursouflet avec des étincelles et quand il eut fin, le petit animal pelucheux se dirigea droit vers Lorcan qui rit. Les étincelles se dissipèrent et le Boursouflet s'évanouit dans l'air.
- Il faut que tu nous apprennes à le faire. Et à faire disparaître des trucs, comme Hugo !
Lorcan mit un coup de coude à sa sœur qui se rendit compte de sa bêtise. Elle porta ses mains à sa bouche et jeta un coup d'œil à Ron. Celui-ci avait l'air singulièrement amusé.
- Hugo fait disparaître des choses ?
- Oh tonton Ron s'il te plaît on ne voulait pas…
Lysander avait l'air bien coupable. Au-dessus, sur la table, quelqu'un venait de poser quelque chose de lourd. Ron lui sourit.
- Je ne trahirai pas le secret.
Elle et Lorcan se consultèrent du regard.
- Il a fait disparaître des balais volants…
- … la tarte de tante Hermione…
- … les poires dirigeables de grand-père…
- … et la perruque du vieux monsieur du 5 Square Grimmaurd !
Ron réprima un fou rire. Son fils aurait dû lui raconter tout ça.
- Et il l'a fait exprès ?
Lorcan et Lysander hochèrent les épaules.
- Il dit que oui.
- Et pourquoi c'est un secret ?
- Il a dit que tatie Hermione le tuerait.
Ron pensa au vieux monsieur du n°5. Hermione n'en voudrait surement pas tant que ça à son fils. Lorcan et Lysander le regardaient se tordre. Ils avaient toujours de grand yeux ouverts et l'air rêveur et impassible. Ron ébouriffa énergiquement chacun d'entre eux.
- Bah… vous êtes mes potes ! Je ne dirais rien, promis.
Ils acquiescèrent. S'ils étaient soulagés, ça ne se voyait pas. Ron sourit.
- Et maintenant, tonton Ron, tu peux faire…. Un dragon !
Amusé, il pointa sa baguette.
- Oncle Ron !
- Hey, Louis, ton père est là ?
- Papaaaaaaaaaaaaaa !
Ron entra dans la chaumière aux coquillages et se dirigea vers le living-room.
- Salut Oncle Ron.
- Salut Lucy. Qu'est-ce que tu lis ?
- Précis sur les Arts Divinatoires. Je m'ennuie à mourir… Mais comment tu as pu avoir ton NEWT en Divination ? Tu devais être vraiment doué…
Ron ricana un peu gêné.
- Il a sans doute tout inventé ! lança une voix grave. Hey, Ron.
- Salut Bill. Bah oui, voilà Luce, j'ai tout inventé. Si tu veux je te donne des cours ! Il faut que tu regardes les boule de cristal d'un air sérieux et pénétrant et que tu balances des infos plausibles. Harry était fort aussi, il racontait plein d'horreur en faisant comme s'il était sur le point de pleurer dans la tasse de thé. Ça gérait aussi.
- Tu fais quoi là, tu pervertis ma fille ?
- Eh Perce ! Yo ! Comment tu te sens ?
- Yo. Je me sens très bien, fit Percy d'un air peu engageant.
Ron rit. Lucy sourit et remercia son oncle avec un baiser et sortit, le livre sous le bras. Bill tapa l'épaule de Percy d'un air amusé.
- Alors je te sers quoi Ronny ?
- Une citronnade, c'est bien.
Percy s'assit avec Ron et Bill invoqua la boisson.
- Audrey et Fleur s'entendent toujours aussi bien, alors ?
- Oui, répondit Bill, amusé. Elles essaient de comploter pour planifier le mariage de Vic. C'est assez drôle.
Ron sourit en se souvenant de l'hystérie dont elles avaient fait preuve durant les préparatifs de son mariage. Hermione avait planifié leur meurtre sanglant et parfait pendant deux semaines avant la cérémonie.
- Et toi, comment vas-tu ? Georges m'a raconté que vous aviez des problèmes avec les japonais, dit Percy.
Ron hocha la tête.
- Georgette les a fait fuir, je crois qu'il s'est senti mal à l'aise avec cette dizaine d'actionnaires. Et puis il ne m'a pas attendu. Je ne sais toujours pas ce qu'il s'est passé, il ne m'a rien dit. Mais bon.
- Alors tu vas faire quoi ?
- Je vais parler avec le responsable japonais et je vais lui arracher un contrat pout trois succursales, et pas une de moins.
Bill fit un oh silencieux, et Percy hocha la tête d'un air appréciateur.
- Et comment va Hermione ? demanda Bill.
- Elle… va bien. Elle passe de plus en plus de temps avec Luna.
- Et… Harry ? se risqua Percy.
- Oh Harry va beaucoup mieux, tu sais. La tête qu'il avait à son anniversaire ce n'était pas du chiquet, il est vraiment beaucoup plus en forme !
- Ah, c'est génial.
Bill et Percy hochèrent la tête et regardèrent leurs pieds.
- Le fils de Draco Malfoy va en vacances chez Harry, n'est-ce pas ?
- Mmh.
- Alors c'est bien vrai… les enfants nous ont un peu racontés mais je ne croyais pas que… dit Bill, un peu gêné.
Ron fronça les sourcils en posant son verre.
- Et il y a un problème avec ça ?
- Hein ? Non, non, pas vrai Perce ?
- Non, bien sûr.
Ron avala d'un coup le reste de whisky.
- Albus et Scorpius sont très bien ensembles. Bon ils sont jeunes c'est clair mais franchement, étant donné ce que toi tu faisais à Hogwarts Bill…
- Quoi ? mais ce n'était que des…
- Des filles ?
Bill regardait par terre et Ron était singulièrement agacé.
Percy se racla la gorge, et les deux frères se retournèrent vers lui.
- Il va nous falloir un moment pour accepter qu'Albus est un… enfin.
- Un quoi ? Un pédé ?
- Ron s'il te plaît. Ce n'est pas courant, même si ce n'est pas anormal. Alors s'il te plaît, laisse nous être gênés deux minutes, nous aimons quand même notre neveu.
Bill hocha la tête. Ron se calma. Il s'était peut-être un peu emporté. Il se leva, faisant légèrement sursauter ses frères.
- Bon je ne faisais que passer. Georges doit m'attendre maintenant.
- Hein ? oui… euh… mais, Ron…
- Je ne vous fais pas la gueule.
Bill hocha la tête. Il gratta son bouc et attrapa sa boucle d'oreille.
- Reviens vite, Louis ne va pas être content que tu sois parti si rapidement.
- Mmh… A plus tard.
En sortant, au lieu de prendre le chemin des petit bois pour transplaner Ron longea la plage. Sur la colline, un peu plus loin, il repéra un grand rocher. Il ferma les yeux. Bon. Il avait perdu la trace.
Il sortit le Deluminateur. Quand on n'y voit plus rien, il montre la lumière.
Il y avait de la magie juste… là.
Ron tira sur le levier invisible juste au-dessus de sa tête. Maintenant il savait le problème de Georges. Enfin, peut-être pas exactement, mais il en avait une bonne idée. Il ouvrit la fiole contenue dans la boîte ouvragée qui avait failli lui fracasser le crâne et aspira une goutte à l'aide de sa baguette. Il ne se savait pas ce qu'était cette potion.
Ron remit la boîte à sa place. Il s'appuya contre le rocher.
Il était juste entouré par des putains de junkies.
Il réprima l'envie de fracasser son poing dans la roche froide et il aspira un grand bol d'air humide et salé.
Mais il ne savait pas ce que c'était.
Ron entra d'un coup. Si surpris qu'ils le furent, seulement un assistant sursauta l'air toutefois totalement impassible.
- Bonjour M. Weasley.
- M. Aoe.
Ron était parfait. Parfaitement coiffé, habillé et son expression et sa posture était parfaite. Il était un caméléon. Hermione lui disait souvent ça. Il se rappela brièvement l'adolescent qu'il avait été et se dit qu'il avait l'air super cool.
- Commençons.
Verity s'assit derrière Ron et replaça correctement une de ses mèches derrière ses cheveux. Elle avait l'air nerveux.
Quelques heures plus tard Koichi Aoe sortait d'un pas rageur, le visage glacial. A sa suite, Ron affichait un demi-sourire satisfait et Verity le regardait avec admiration. Petit à petit la salle de conférence se vida. Après quelques mains poliment serrés Ron prit la direction de son bureau.
- M. Weasley !
Un homme l'avait appelé. Il se retourna, un peu agacé. Le visage d'Harry flottait à sa hauteur et affichait un grand sourire. Ron réprima vite un rire et fit signe à Harry de se cacher.
Il ouvrit la porte du bureau et la laissa ouverte jusqu'à qu'il sente son ami passer devant lui.
- Ferme.
Il s'exécuta.
- Oh bon sang, Weasley…. Fit Harry en se posant lâchement sur le canapé.
- Des commentaires ? fit Ron avec un rictus amusé.
- Ben, oui ! Où est-ce que t'a appris à tourner en bourrique des Japs ?
- J'ai eu beaucoup d'entraînement avec une tête de mule comme toi.
Harry ricana doucement.
- J'voulais voir comment tu étais.
- Et comment j'étais ?
- Vraiment… vraiment extra… tu t'es bien recyclé ! Et pourtant j'entends encore King, un Auror est un Auror par le sang Harry ! Il ne sait rien faire d'autre !
- La preuve que non, tu es un excellent bibliothécaire.
- Et toi t'es rudement sexy en homme d'affaire.
- Harry !
- Quoi ?
Ron ricana.
- Et quand tu lui as dit, vous êtes au pied du mur, Aoe, mais si vous voulez je peux vous pousser au travers ! Han, c'était juste magique…
- Magique ?
Bon sang, Ron, tu vis avec une née Muggle, tu vois très bien ce que je veux dire.
Ron secoua la tête amusé.
- Alors t'es venu dans mon bureau avec l'intention de me dire de qui t'es amoureux ? Ou je dois te travailler comme un Jap ?
Harry eut un visage horrifié.
- Ah non, je ne dirais rien, et je t'interdis de me déchiqueter comme tu l'as fait avec son entreprise !
Ron traversa son bureau et s'assit à côté d'Harry.
- Allez mec, on reste des meilleurs amis !
- Jamais dit l'contraire, grommela Harry.
- Alors, quoi ?
- Ben … j'suis pas sûr.
Ron rit.
- On est quoi là ? En quatrième année Hogwarts ?
- Oh la ferme.
Ron rit encore plus fort.
- Maman m'a dit de venir te chercher, paraît qu'on mange au Terrier.
- Ouais, il y a des pommes de terre au four. Et t'a intérêt de tout manger.
Harry soupira.
- On ramène les gamins ?
- Hugo voudra surement y aller, je passerai chercher Lo et Lys, je leur ai promis. Ramène Lily, comme ça y'aura toute la bande. Je crois que James traîne déjà là-bas.
- Ouais. Ah bon sang, ceux-là je ne les sens pas du tout, j'sens venir la catastrophe à Hogwarts. Tu as vu ce qu'a donné James, et pourtant Freddie et Molly sont sages normalement… il a réussi à en faire une nouvelle génération de Maraudeurs.
- Snape va nous regretter à ce train-là.
- Tu crois ?
Ils échangèrent un regard. Harry sourit, ils éclatèrent de rire.
- Allez P'pa, prends en encore.
- Ta fille a raison Harry, mon chéri, il faut te remplumer, lança Molly.
Harry regarda l'assiette remplie de force devant lui et lança un regard d'au secours à Ron.
- Bon j'vais fumer, tu viens, Harry ?
- Oui !
Il avait jeté ça un peu trop vite et avec un peu trop d'enthousiasme. Hugo réprima un rire mais James lui laissa comme à son habitude libre cours à son hilarité.
Ron et lui sortirent dans la cours. Harry se tenait le ventre, l'ai dégoûté.
- La cuisine de belle-maman est extra, mais bon sang elle en fait toujours pour trente !
Ron ricana.
- Moi j'ai jamais eu à me plaindre.
- Ouais je m'étais toujours demandé pourquoi tu mangeais comme quatre quand on était à Hogwarts. J'ai eu ma réponse en entrant dans ta famille. Bon sang… elle veut m'engraisser comme une dinde de Noël !
Harry sortit son paquet neuf et tira sur la cigarette d'un geste vif. Ron lui jeta un coup d'œil amusé.
- Moi je me demandais toujours pourquoi tu mangeais comme une demi-portion.
Harry éclata de rire.
- T'aurais dû venir manger chez les Dursley pendant un régime de Dudley !
Il hocha la tête.
- Tu l'as revu récemment ?
- Dudley ?
- Ouais.
- Pas depuis la naissance de Lily. Il m'avait envoyé une lettre pour m'annoncer la mort de l'oncle Vernon. Je lui ai rendu visite. Mais je t'ai déjà raconté.
- Ouais le cochon transformé en humain.
Harry toussa de rire.
- Ah t'es méchant !
- Bah quoi ?
Oui. Je suis méchant. Il eut un rictus.
- Il faudrait que je lui demande des nouvelles. Savoir s'il a gardé la super forme de Musclor.
- Et lui demander de t'entraîner. Si King te voyait il ne harcèlerait plus personne pour te ravoir.
- Je ne suis pas si maigre.
- Oh si Potty.
- Tu veux qu'on s'entraîne comme au bon vieux temps ?
- Ouais. Ouais, pourquoi pas ? Tu veux vraiment le faire ?
Ron le regarda d'un air surpris. Harry semblait gêné.
- Ouais, récupérer un peu de viande.
Ron aspira un peu de fumée.
- Eh ben… je ne sais pas qui c'est mais avec ton nom tu n'as pas besoin de t'entraîner à mort pour emballer.
- Ron !
- J'dis ça, j'dis rien. Décoche un sourire, montre ta cicatrice, et c'est dans la poche.
Harry éclata de rire.
- Oh mon pauvre si tu savais.
- Mais oui, je veux savoir !
Harry haussa un sourcil. Ron acquiesça pour le pousser à parler.
- Je ne te dirais pas qui.
Ron soupira, déçu.
- Mais je peux te dire une chose. Mais on devrait aller s'assoir.
- Bon sang, Harry, pourquoi t'hésite tant à me parler ? On est ami depuis toujours non ? Tu ne devrais pas avoir aussi peur de ce que je pourrais penser.
Harry soupira.
- Ouais, je sais, mais Gin était ta sœur quand même.
- Et si tu étais mort à la place de Gin, elle n'aurait pas fait de vieux os aussi longtemps et aurais trouvé un autre héro millionnaire à marier.
Harry éclata de rire. Il frappa le bras de Ron qui ricanait aussi.
- C'est un homme.
Ron se figea. Il avait le visage gelé dans un sourire crispé et tourna la tête vers Harry qui avait complètement changé d'expression. Soucieux et inquiet, il se mordait la lèvre inférieure.
C'est un homme. Ron aspira un peu de fumée. Il se sentait un peu secoué. Il souffla la fumée qu'il s'envola au gré de la brise et regarda Harry qui n'avait pas eu l'air aussi stressé depuis longtemps.
- Et… Il est sex comme moi ?
Ron avait sortis ça d'un ton un peu hésitant. Harry est un… un quoi ? Un pédé ?
Et alors ? Il sourit.
Ron agita les cheveux d'Harry. Celui-ci avait l'air au bord des larmes.
- Si tu n'avais pas accepté… Je ne sais pas ce que…
- Je m'en fiche que tu sois gay Harry, du moment que tu ne me mets pas du vernis sur les ongles des orteils…
Harry éclata de rire.
- Quoique, Hermione en a un plutôt cool, blanc nacré… Tu ne voudrais pas me le mettre ?
Un fou rire commençait à le prendre. Harry se tenait les côtés en se retenant de s'étrangler de rire. Sa cigarette s'éteignit et Ron entoura de son bras les épaules d'Harry.
- J'espère quand même que je suis plus sexy que lui, histoire que tu ne me laisse pas tomber.
- Oh, arrête ça, j'ai assez rit, tu veux que je tombe en syncope ?
- C'est l'effet que je te fais ? Ouuuh je suis vraiment hyper sex !
Harry ricana.
- T'es dingue.
- Non, moi c'est Ron.
Harry se ralluma une nouvelle cigarette.
- Et sinon, tu sais si tu as une chance ?
- Euh…
- Allez racontes !
- Il ne sait pas que je sais qu'il m'aime ni que je l'aime.
Ron cligna des yeux.
- Alors c'est à toi de bouger !
Harry se gratta la tête et rit d'un air gêné.
- Sans doute, haha.
- Tu sais ce que j'disais tient toujours même avec un mec, décoche un sourire, montre –
- Ta cicatrice et c'est dans la poche ?
- Ouais ! Enfin, dans la braguette… Et puis aie l'air un peu tapette, qu'il sache qu'il a une ouverture !
- Ron !
Ron rit de l'air gêné d'Harry.
- Et si ça ne marche pas, il y a plein de poissons dans l'eau !
Harry eut l'air grave.
- Je ne veux pas de tous les poissons dans l'eau, je le veux lui.
Ron frissonna.
- Tu sais déjà qu'il t'aime, c'est ça ?
- Mmh.
- Dans ce cas, bouge tes petites fesses osseuses de célébrité et fait la bouche en cul de poule !
- Ron, c'est pas si simple !
- Qu'est-ce que c'est ?
- D'abord… même si toi ça n'a pas l'air de t'émouvoir, je ne sais pas comment tout le monde va le prendre, et surtout, compte tenu de la personne…
- Quoi c'est Malfoy ? Il trompe sa femme avec toi ? l'embêta Ron, l'air sérieux
- Hein ? Non ! Hahaha ! Non !
- C'est un p'tit jeune ? T'as peur de passer pour une cougar ?
- Ron !
- Où avez-vous trouvé ce produit ?
- C'était 80 Gaillons et sans commentaires.
- Mais… je connais quelqu'un qui connais quelqu'un… qui pourrais vous en acheter cher.
- Rien à foutre. Qu'est-ce que c'est ?
- C'est l'Alihotsy infusé avec des larmes de fée. C'est…
- Je sais ce que c'est.
- Alors… On pourrait s'arranger ?
Ron regarda l'homme encapuchonné le regarder avec un œil plein d'espoir. Il réprima une grimace de dégoût.
- Je ne travaille peut-être plus au Ministère mais je sais toujours comment t'envoyer au trou.
- Quoi ?
- C'était 80 Gaillons sans commentaires. Tu n'en auras que 60.
- Hein ? Non ! On avait dit…
- On avait dit sans commentaire.
L'homme baissa les épaules et serra les mains de fureur. Ron lui donna une bourse.
- Et aussi.
L'homme remonta les yeux avec espoir.
- Pas la peine d'essayer de vous attaquer à moi pour mon fric, vous savez comme moi que je pourrais bien vous tailler en pièce.
L'homme ferma les yeux. Ron regarda autour de lui. Rien que l'ombre d'une ruelle dégoûtante en fin de journée. Une sorcière de petite vertu se dirigeait vers leur croisement. Ron hocha la tête vers l'homme encapuchonné et transplana.
Ron se dirigea vers le Square Grimmaurd. Il entra et se dirigea vers le salon. Fred lisait un magazine tout seul sur le canapé.
- Hey, oncle Ron !
- Hey Fred. Qu'est-ce que tu lis ?
- Les Harpies de Holyhead se sont qualifiées en première Ligue, fit-il d'un ton amer.
- Tu n'aimes pas les Harpies ?
- C'est pas ça, Rose les déteste et elle va pas arrêter de babiller à propos de ça…
- Rose ? Ma Rose ?
Fred acquiesça.
- Mais Rose ne s'intéresse pas du tout au Quidditch…
- Si, elle disait…
Il s'interrompit, l'air songeur. Ron sourit.
- Mais dis-moi, toi tu n'aimes pas les Harpies ?
- Non… Enfin, leur penalty de la dernière fois contre les Etoiles de Manchester c'était vraiment dégoûtant…
Ron grimaça en y repensant.
- Mais sinon, c'est pas une si mauvaise équipe.
Ron sourit, amusé.
- Réfléchis, juste un petit moment Freddie, et tu comprendras.
- Quoi ? Qu'est-ce que je dois comprendre ?
Ron ricana. Il ébouriffa les cheveux de Fred.
- Dis-moi, t'as vu ton père aujourd'hui ?
- Ouais.
Son visage s'assombrit.
- Tes parents se sont encore disputés ?
Il baissa les yeux et hocha la tête.
- Eh… Eh Freddie, tout vas bien, c'est pas si grave… Ça va surement s'arranger.
- J'sais pas, j'en suis pas si sûr. Rox et moi… on a un peu les jetons.
- Je suis là, ok ? Si t'as besoin de moi. Ton vieux tonton sera toujours là.
Fred sourit.
Ron le décoiffa avec tendresse et sortit de la pièce. Harry et Georges étaient assis sur la terrasse. Ils ne disaient rien. En fait Harry était raide sur la chaise et Georges avait le teint un peu trop pâle (même pour un roux !) et regardait droit devant lui, les sourcils froncés comme s'il voulait frapper quelque chose.
- Hé, salut.
- Hé, fit Harry, soulagé de le voir. Je te sers quelque chose ?
- Juste… de l'eau s'il te plait.
- Okay, j'arrive.
Ron s'assit.
- De l'Alihotsy, vraiment ?
Georges eut un mouvement de malaise. Se épaules se tendirent un peu et il fronça davantage ses sourcils roux, si c'était possible.
- T'essaie de devenir Cracmol ou quoi ?
- Ecoute Ronnie, je ne sais pas d'où t'as appris un truc pareil, mais franchement c'est pas du tout ce que tu crois.
- Ecoute je suis Auror et j'ai pratiqué Harry alors je sais très bien que t'as toutes les putain de raison de mentir. Tous les putains de junkies sont des menteurs.
Georges lui lança un regard furieux que Ron soutint. Georges tendis son bras.
- Teste-moi. Je n'en ai pas pris !
Ron fronça les sourcils. Georges souffla et croisa les bras. Il sembla se détendre un peu, comme prêt à se livrer.
- Quelque part j'espérais que quelqu'un le découvrirait, rien que pour que je ne sois plus tout seul.
- Georges, enfin, qu'est-ce que c'est que ce délire ?
- Angie. C'est Angie qui en prend.
Harry s'approcha avec un verre d'eau glacé avec une rondelle de citron.
Ron sentit qu'il en avait vraiment assez.
- Oncle Ron !
Ron se retourna alors qu'il s'apprêtait à rentrer chez lui. James.
- Il faut que je te parle, Oncle Ron.
Ron souleva un sourcil interrogatif.
- A propos de Papa. J'ai besoin de toi.
- Harry ? Il a l'air bien, qu'est-ce qu'il lui est arrivé, il fait une crise ?
- Hein ? Non, non, pas de crise, c'est juste… Je vous ai entendu parler chez grand-mère ce midi.
Ron resta interdit. James le regardait d'un air pressant.
- Entre. Hermione ne va pas trop tarder alors…
- Okay.
James s'avança avec son vif d'or et entra.
La maison était encore illuminée par le faux soleil de vingt heures en ce mois d'aout.
- Je sais qui est la personne qui aime papa, et quand j'ai su qu'il l'aimait aussi, ça m'a trotté dans la tête pendant tout l'après-midi, Freddie a même dû se demander où j'étais passé.
- Attends, attends, qu'est-ce que tu racontes ?
- Je sais qui aime papa ! Et que papa aussi aime !
James avait l'air complètement surexcité.
- On en a parlé, et il est persuadé que c'est une mauvaise idée de sortir avec papa, et papa, tu le connais, il est super lent dans ce domaine, il est trop timide, il ne l'invitera jamais à sortir ni rien alors !
- Attends, comment ça tu lui as parlé ? Comment tu sais qui c'est ? Ton père en a parlé avec toi ?
- Non. J'ai deviné.
Ron s'assit lourdement sur sa chaise.
- Ecoute oncle Ron, ce sont des idiots timides tous les deux, alors c'est à nous de les mettre ensemble.
Ron se frotta les tempes.
- Attends James, ne vas pas trop vite, dis-moi qui c'est d'abord.
Il eut l'air gêné.
- Je… ben en fait… tu sais que c'est un homme, papa t'en a parlé tout à l'heure…
- Oui, oui, dis-moi qui c'est !
- Le professeur Snape.
Ron se figea. Il regarda James abasourdi.
- Je crois que j'ai besoin d'un verre fit Ron, d'une voix blanche.
James s'assit et regarda Ron reprendre ses esprits.
- Bon sang… mais c'est une blague ?
- Non, et c'est exactement pour ça que papa ne voulait rien te dire.
Ron se frotta les tempes. Il invoqua un verre de scotch sec et le but d'un trait. Il se sentit immédiatement plus léger.
- Ah ouais, c'est une sacrée nouvelle… Mais je comprends.
- Ah oui ?
James souriait largement.
Ron soupira. Non mais c'est quoi ce binz…
- La chauve-souris des cachots a changé et puis… il l'a bien aidé.
James hocha la tête.
- Raconte-moi tout.
C'était lui, Ron, qui réglait les problèmes de tout le monde. C'était lui la glu qui reliait les liens de leur amitié à tous. Il s'occupait de sa mère qui n'avouait à personne qu'elle était criblée de douleurs, il s'occupait de sa femme qui ne s'avouait sûrement pas même à elle-même qu'elle était alcoolique il recollait les morceaux d'un Georges tout éparpillé par l'addiction d'Angelina, il jouait avec les enfants de sa famille qui n'avaient pas souvent l'attention de leur parents, il faisait fructifier l'entreprise et maintenant, il allait jouer les marieuses pour son meilleur ami qui sortait tout juste d'une grave dépression.
Et il les aimait tous trop profondément pour leur en vouloir mais lui aussi avait besoin qu'on s'occupe de lui parfois.
Raide devant une belle pierre tombale blanche, il la décorait soigneusement, en laissant échapper une larme de douleur.
- Tu nous manques bien Gin…
Il acheva d'invoquer une corolle de fleur et s'adossa à la tombe.
Il n'y avait absolument personne ici. Il respira un grand bol d'air et puis en soupirant, un sanglot secoua sa poitrine. Les poings serrés, un sourire crispé aux lèvres, il laissa couler ses larmes, et se permit, rien qu'un peu, d'être faible.
