Coucou tout le monde!

Me voilà revenue toute fraîche de mes petites vacances de 5 jours, pleine de nouvelles idées! Héhé, ça sert de réfléchir au calme, le regard plongée dans la mer, avec le cri des oiseaux...

Bon j'arrête l'instant poétique à deux balles, et je passe à la suite!

Je sais, j'aurais dû revenir plus tôt. Mais un petit séjour imprévu chez une amie s'est imposé avec plaisir, et je n'ai pas amené mon ordi.

Mais OMG j'ai 103 reviews! Je suis juste... Choquée.

Merci encore à celles qui reviews, follows, et mettent en fav! Quant à ceux qui lisent et qui le font pas... Je ne sais quoi vous dire T_T Mais merci quand même d'apprécier mon travail! Je ne pensais vraiment pas que ça plairait autant en si peu de temps, merci encore!

luna-la-lune: Ta joie est si communicatif xD De rien de t'avoir répondu, c'est normal! Et tu peux pas savoir à quel point ça me fait plaisir de t'avoir converti au Patron/Hippie! J'espère que la suite va te plaire :)

lea89: Merci beaucoup à toi ^^ Contente que ma fic soit ta préférée *_* Bonne lecture pour ce chapitre!

Lauryn: Merci x) Oui, tout le monde déteste Marion T_T Et... Ca se comprend. Tu verras pour le Panda et le Patron, dieu seul sait ce que je vous réserve... :P Oui le Démon est cool *_* Et Antoine est un gros con qui ne capte rien de ce qui se passe xD J'espère que la suite te plaira tout autant!

ranne: Merci ^^ Tu as du avoir un problème de clavier ou je sais pas quoi, je suppose que tu as voulu dire "M'a cloué le bec", mais ce n'est pas sorti pareil... :') Contente quand même que ma fic te plaise!

AngNiRa: Super contente que mon histoire te plaise autant, merci de ta review! :) Pour être noir c'est noir... Désolé si ça te gêne un peu ^^ J'espère que la suite te plaira tout autant!

MOI: Top 3? Merciii ! Ça me fait super plaisir que ma fiction te plaise! :D

Alors, le Hippie n'est pas super présent dans ce chapitre... Je vais me faire engueuler par certaine (Ma biche, Titipo, pardon T_T) Mais rien que pour vous (Et parce que moi aussi j'en avais très envie quand même) j'ai réussi à le caser au début, et bah, j'espère que ça suffira (Même si je sais que ça ne suffira pas) ^-^ Contrairement au personnage de Marion, qui est approfondie.

Antoine à une copine à ce que j'ai cru comprendre.. C'est dommage, (Fangirl oblige xD) mais j'espère qu'ils seront heureux ensemble le plus longtemps possible si c'est vraiment sérieux! :) (Et... J'espère qu'elle ne s'appelle pas Marion T_T)

Bonne Lecture!

Chapitre 9: Dévouement

Le Hippie cligna des yeux.

Capsule de Bière lécha son avant-bras sur toute la longueur, de sa langue pendante et baveuse, en sautant et jappant autour de lui, réclamant son attention.

Il recligna des yeux, ouvrant légèrement la bouche.

Et se demanda rapidement si il n'en avait pas vraiment trop pris.

Des pochons de beuh. Partout.

Rangé dans un carton défoncé. Posé sur la table du van, encadré de deux banquettes ou sur une des deux reposait également un deuxième carton, légèrement moins rempli que le premier.

Il se saisit d'un avec stupéfaction, constatant qu'il ne se dérobait pas sous ses doigts avec deux petites pattes pour se faufiler vers la porte, s'enfuyant à toute allure dans le jardin.

Sur le premier, d'une écriture maladroite, était signé au marqueur:

Pour le Hippie.

Whooaww.

Jah lui avait envoyé un présent.

Trop heureux pour constater que deux cartons d'herbe ne pouvait pas apparaître sur son lit par miracle, et que son Capsule était détaché alors que personne n'était censé être encore debout, il ouvrit la petite pochette transparente, et se saisit du précieux.

Il allait s'envoyer au huitième ciel, gros.


En soupirant, il tira plus fortement sur le loquet.

D'un bruit strident, la petite porte s'ouvrit violemment, manquant de lui faire perdre un œil.

Ses yeux parcoururent les petites boites en cartons, aux inscriptions toutes plus compliquées les unes que les autres.

Que faire?

Avec difficulté, il se saisit d'une boîte jaune, qu'il savait contenir des paracétamols, du tube d'arnica, et un rouleau de bandages bien entamé.

Son épaule lui faisant un mal de chien, le Geek décida de commencer par ça, juste après avoir avalé le doliprane.

'Pas sûr que ça fasse grand-chose...'

Il appliqua le plus délicatement possible la crème sur son os sûrement démis, les poils hérissés à chaque fois qu'il touchait un point sensible. Une fois terminé, il se saisit du rouleau, et en enroula un morceau généreux tout autour de la partie supérieur du bras.

Il s'occupa du bleu qui commençait à se former à son œil droit, de la vertèbre sûrement déplacé à la nuque, et de sa côte cassé. Il s'était quelque peu renseigné sur les soins basiques à s'administrer, au moment même où il avait compris les attentions du Patron à son égard.

Mais il était fier. Plus fier qu'il ne l'avait été depuis longtemps.

Grâce à lui, le Hippie pourrait être heureux. Même le temps d'une seconde, d'une minute, d'une heure. Il ne savait pas trop en combien de temps il pouvait fumer tout ça, ou même si il se sentait assez bien pour le faire, mais son cadeau lui plairait.

A la suite de la révélation du Panda, avec toute la bonne volonté du monde, il s'était rendu au parc du coin. Le camé avait souffert plus horriblement qu'il ne pouvait l'imaginer suite à la nuit dans les bras du Patron, c'était son rôle de petit frère de le réconforter.

Et qu'est ce qui pouvait faire plaisir au Hippie, à part sa drogue?

La peur au ventre de découvrir ce monde encore inconnu, perdu à travers les trop grandes rues de Paris et ces quelques personnes qui le regardaient avec une surprise un peu fascinée, il était enfin arrivé à destination.

Deux des hommes présents lui avait paru louches. Les yeux cachés par de grosses lunettes noires et la dégaine agressive, ils étaient adossés contre un arbre, quelques mètres plus loin.

La discussion qui avait suivi était encore très claire dans sa mémoire. Il lui avait fallu dix bonnes minutes d'insistance pour leur faire comprendre qu'il venait de la part du Hippie. Ils avaient semblaient surpris, puis méfiants, puis un sourire féroce et sournois avait pris place sur leur visage.

Comme un imbécile, il les avaient suivis jusque dans une ruelle, là où ils avaient dit qu'ils gardaient "la came."

Et là, une sorte de néant. Sa tête, tout d'abord, qui frappe contre le sol avec une douleur inouïe. Par ce qu'il lui avait semblait être un coup de pied, son nez avait explosé, en même temps qu'il avait failli perdre connaissance. Puis tout un tas de coups sourds dans le bide, tandis que l'autre s'était amusé à lui écraser sa cigarette sur le bras.

Mais il était le Geek. Un minimum rapide et fluide. Et il vivait avec le Patron. Attendant que les deux dealers s'en aillent en ricanant, il avait eu le temps de ressentir la douleur avec toute son intensité, de serrer les dents et de laisser sortit quelques larmes, et de se relever.

Ne croyez-pas qu'il ne les avait pas repérés. Le sac. Le même que celui du Hippie. Tout noir, avec des motifs bizarres en spirale.

Poussé par une force encore inconnue jusqu'ici, il avait attendu seulement quelques secondes, le temps de rassembler toute l'énergie restante. Puis avait bondit sur ses baskets, et comme dans les films de James Bond, avait choppé le sac à l'un des deux à l'air le plus crétin, et sans un mot, par miracle, s'était enfui en courant.

Ne croyez-pas non plus que le Geek n'est pas résistant.

Les deux autres avaient rugit, des cris de rage inhumain face à ce petit con trop surprenant qui emportait leur raison d'être. Mais le sport n'était pas une de leur principale activité, et le petit gamer avait réussi à vite les semer.

Arrivé dans sa rue, la fierté s'était installée, réussissant presque à balayer la terrible souffrance qui habitait tout son corps. De l'herbe verte bizarre, avec pleins de petites graines. Il reconnaissait, c'était de ça, qu'avait besoin le Hippie.

Mais celui-ci dormait encore, puisque Capsule de Bière était encore attaché.

Son estomac s'était noué violemment, persuadé que si le camé dormait encore, c'était tout simplement à cause de la nuit de l'autre fois, ignorant que c'était juste grâce à une nouvelle drogue joyeusement testé et pour le moins chaotique. Il entra dans la maison, remplaça le sac par deux cartons qui trainait dans le placard sous le lavabo, marquant un petit mot dessus, et ressortit. Il avait réussi à monter dans le combi sans faire de bruit, détachant le chien au passage, veillant à ne laisser aucune trace de sang.

La drogué dormait, installé à la va vite sous les couvertures.

Sans ses lunettes, le soleil lui éclairant le visage, il paraissait encore plus jeune et fragile que lui.

Ce qui était peut-être le cas. Mais il ne voulait pas y réfléchir, pas maintenant. Il se contenta de déposer les cartons, et de se traîner hors du van, jusqu'à la salle de bains.

C'était l'après-midi, et personne n'était en vue dans la maison. Il avait mal, terriblement faim, étant donné qu'il n'était pas allé au repas d'hier soir, et son cœur souffrait le martyre.

'Dommage qu'il n'y ai pas de crème pour le cœur...'

Sans trop savoir pourquoi, l'image du Panda s'imposa à lui, lui faisant cesser tous mouvements.

Pourquoi penser à lui? C'était un méchant imbécile, incapable de prendre soin du Hippie. L'ursidé lui avait promis de le protéger du criminel, mais il ne savait plus trop ce qu'il préférait, à présent. Si accepter les visites nocturnes et attouchements du Patron ferait revenir la paix dans la maison, il dirait oui sans hésiter.

Il commençait même à douter des sentiments du Panda envers sa personne. Le protégeait-il vraiment? Ou n'était-ce qu'un prétexte pour défouler ses pulsions sur le Patron?

Plus le temps passait, et plus le Geek songeait à la deuxième option.

Quelque chose clochait. Il le sentait bien.

Partout, en fait. Que ce soit le Panda, le Hippie, Mathieu, ou même le Patron. Le Prof et la Fille également. Ils avaient perdus de leur superbe, de leur éclat.

Quelque chose n'allait pas. Et il ne savait pas trop encore quoi. C'était pourtant là, sous ses yeux.

Ils se trompaient en affirmant que tout avait changé en quelques semaines. Depuis le début, ça les menaçait. C'était là, tapi dans l'ombre, prêt à frapper. Caché derrière la porte, chaque fenêtre. Les guettant, observant chacun de leurs faits et gestes, chacun de leurs sentiments. Attendant le bon moment.

Des bruits de pas se firent soudainement entendre dans le couloir. Et le Geek reconnut sans mal les chaussures à talons du Patron, claquant sur le parquet...

. . .

Heureusement, le Patron était trop préoccupé pour penser à ouvrir la porte de la salle d'eau. Il avait une destination bien précise en tête, et traversa le couloir en direction de l'avant dernière chambre, juste à côté de celle peu utilisée du Hippie.

Ne prenant pas la peine de toquer, il entra, pour découvrir sans surprise son créateur affalé sur son lit, paressant devant l'ordinateur. Il haussa un sourcil lorsqu'il reconnut la page ouverte.

Une vidéo d'Antoine Daniel. La dernière.

Mathieu sursauta, claquant son ordinateur précipitamment, pour une raison qu'il n'y avait pas lieu d'être, et le fusilla du regard.

_Tu peux pas frapper?

_On s'en fout, j'ai un truc à te dire.

_Sans dec? Accouche j'ai pas toute la journée.

Ce qui était pratique avec le Patron, c'est qu'il allait droit au but.

_Comment elle s'appelle, la copine de ton pote?

_... Qui ça, Antoine?

_Elle s'appelle Antoine? Railla le pédophile.

En réponse, le châtain lui lança un regard blasé. Et c'est avec mauvaise humeur qu'il lui répondit, se demandant vraiment ce que le criminel avait en tête.

_Marion, pourquoi? Te mets pas en tête de lui sauter dessus, je te préviens.

_T'inquiète pas pour ça Gamin, j'ai eu ma dose de putes hier soir. Surtout que celle-ci m'a l'air un peu chère...

Le cerveau du schizophrène bloqua une seconde. Les sourcils froncés, il leva un regard surpris et interrogateur vers son double.

_Qu'est-ce tu racontes?

Une photo lui fit mit sous le nez en une fraction de seconde.

Une photo de Marion. Bien coiffée, agréablement maquillée. Une de celles que l'on utilisait pour les Cv ou les dossiers scolaires qui nous suivent jusqu'à la fin de l'année.

_Qu'est-ce que tu fous avec une photo de cette fille dans la poche?

_Ça vient tout droit du bordel d'hier. Un charmant ami m'en a fait cadeau, je savais bien que cette greluche me disait quelque chose, mais j'étais pas trop sûr. C'est officiel, tu pourras lui dire à ton pote, sa copine fait le tapin! Et pas pour les prix les plus bas du marché...

Cette fois, le cerveau de Mathieu bloqua pour de bon.

Qu'est-ce que c'était que ce délire? Marion? Une prostitué? Le châtain faillit lui rire au visage.

_Patron, sérieusement, t'as vu cette fille? C'est la chasteté incarné. Pas une once de vice, de méchanceté ou de luxure ne se dégage d'elle, tu...

_Tu mens de mieux en mieux, Gamin. Tu crois que j'ai pas remarqué votre petit jeu pour ton pote cheveu poil-de-chatte? Tu crèves d'envie de lui piquer, et elle t'as clairement mit au défi. Je me demande d'ailleurs ce que tu fous là à te morfondre, je pensais que t'aller plutôt combattre pour récupérer ce qui t'appartiens.

La voix du Patron, défiante et taquine, mais aux mots emplis de vérité, fit écarquiller les yeux de Mathieu. Alors il s'en était rendu compte? Il était vraiment si peu discret que ça? Il ne releva pas le fait que Antoine ne lui "appartenait" pas, et qu'il comptait bien se bouger pour tenter quelque chose, mais il préféré revenir sur le sujet initiale, changeant de sujet par la même occasion.

_Tu dis donc que cette fille est une prostituée? Tu l'as vu? Dans ton bordel, elle était en train de baiser un mec?

_Pas vraiment. C'est un de mes collègues qui m'a raconté deux trois trucs. Apparemment, elle travaille avec lui depuis quelques années, sauf qu'elle à réussit à s'enfuir d'un de ses bordels un jour. Depuis, il la recherche. Elle l'a contactée d'elle-même y'a quelques temps, elle voulait reprendre son ancien taf. C'est de l'argent facile tu sais. Même si elle a du se prendre une sacrée branlée... Il m'a montré sa photo, obligatoire pour chaque filles, c'est comme ça que je l'ai reconnu. J'me suis dit que ça pouvait t'intéresser, et apparemment, je me suis pas trompé.

La stupéfaction le prit. Au moment ou il s'aperçut que le criminel ne mentait pas. Il n'aurait aucun intérêt à lui mentir, ou à lui faire une quelconque blague, de toute manière.

Il se força à réfléchir, à traiter l'information.

Marion travaillait dans un bordel. Marion. La copine d'Antoine.

Sa rivale était une prostituée.

La première pensée qu'il eut fut un très beau:

WTF?

La deuxième fut plus vicieuse, plus... typiquement féminine.

J'ai une putain de chance.

Il aurait dû ne rien dire. Comme un ami normal. En parler à Marion, au pire. Lui demander le pourquoi du comment, et de ne pas faire souffrir son ami.

Il s'étonna une seconde. Plus sur le fait qu'il n'était pas vraiment surpris au final. Marion n'était pas clair. Trop belle, trop parfaite. Il y'avait quelque chose, qu'il sentait depuis le début.

Mathieu n'était pas le genre de personne à rester bloqué sur une nouvelle déroutante, à en rester choqué et ne pas savoir quoi en faire. Il écoute, il analyse, il agit.

Et il devient le chasseur.


'Salut bande de manches à couilles! Vous êtes bien sur le répondeur de Mister Antoine Daniel, je suis sûrement quelque part en train de me toucher allégrement, donc laissez-moi un message après le bip!.. Mais je ne vous rappellerez sûrement pas.'

Mathieu claqua la langue, agacé.

Il se concentrait à peine sur la route, trop occupé par son téléphone. Pourquoi cet idiot ne répondait pas? Voilà six fois qu'il essayait d'appeler, six fois qu'il tombait sur le répondeur.

Plus que cinq minutes. Cinq petites minutes et il serait chez le brun.

Une part de Mathieu hésitait encore. Surpris tout de même par la tournure des évènements, mais confiant de sa réussite.

C'était cruel, et fortement inhumain. L'état d'esprit dans lequel il était se fichait presque de la souffrance que la nouvelle allait provoquer chez son ami. Marion allait dégager, une bonne fois pour toute. Parce que jamais le créateur de What The Cut?! n'allait accepter une telle situation. Jamais il ne laisserait passer pareil mensonge et humiliation.

Alors il roulait, de plus en plus vite.

Il arriva devant l'appartement avec trop d'avance qu'il n'aurait du en avoir, et monta les escaliers. Un sourire incontrôlable aux lèvres, mais affreusement calme, il toqua à la dernière porte.

Il attendit quelques secondes. Puis le loquet se fit entendre, suivit du grincement de l'ouverture en bois.

Sauf qu'au lieu de voir apparaître un grand mec aux cheveux noirs emmêlés et aux yeux marrons, il vit apparaître une grande fille aux cheveux blonds et aux yeux métalliques.

'Tiens tiens...'

D'une réaction naturelle, presque animal, il sentit ses poils se hérisser. Ses yeux se plisser, son rythme cardiaque se stabiliser à un niveau lent, très lent.

Marion haussa un sourcil gracieux, et lui offrit un sourire tout aussi poli qu'hypocrite.

_Mathieu! Que puis-je faire pour toi? Si tu cherches Antoine, il est sorti pour l'après-midi.

_... Bonjour Marion. Ouais, j'ai essayé de l'appeler, mais il a pas répondu.

_Oh. C'est normal, il a oublié son téléphone ce matin en partant. Je pourrais lui dire que tu es passé, il passera chez toi.

Traduction: Dégage d'ici maintenant. Je préfère laaargement que ce soit lui qui vienne te voir.

Que faire? Quelle stratégie adopter?

Mathieu allait la saluer, faire demi-tour et rentrer chez lui, pour attendre qu'Antoine rentre et lui parler face à face. Mais il changea d'avis. Une pulsion le prit, le forçant à se retourner brusquement sous les yeux d'une Marion surprise, et de lui balancer d'une voix plate:

_Je suis au courant.

La blonde le fixa, haussant légèrement les sourcils, ne comprenant manifestement pas de quoi il parlait. Et c'est avec un doux plaisir que Mathieu répondit à sa question muette.

_Pour tes petites activités nocturnes au bordel du coin.

La respiration de la jeune fille se coupa complètement, elle écarquilla les yeux, tandis qu'elle sentit son cœur s'emballer sous la panique.

Comment pouvait-il savoir? Qui lui avait dit?

Comme lisant dans ses pensées, le youtubeur lui répondit.

_Le Patron ma belle. Le Patron.

Elle resta ainsi quelques secondes, le temps de bien gérer le fait que Mathieu Sommet connaissait à présent son secret. Mais soudain, son visage prit un air dur, fermé, que le châtain n'aurait jamais pu lui imaginer.

Elle repartit à l'intérieur de l'appartement, laissant la porte ouverte. Un instant, le plus petit cru qu'il devait la suivre, mais la blonde choppa son trousseau de clé à la volée, sa veste et sortit de l'appartement.

_Suis-moi.


Le trajet s'était passé dans un silence pesant. Aucun des deux n'avait parlé, le visage fermé et les mots inutiles. Mathieu se contentait de regarder droit devant lui, toutes les hypothèses s'entrechoquant dans son esprit, curieux de savoir ou la blonde l'emmenait.

Ils se garèrent au bout d'une demi-heure de route, et le schizophrène fronça les sourcils lorsqu'il reconnut un parking d'hôpital. Il n'eu pas le temps d'en placer une, la blonde le devança.

_C'est ici que je bosse.

_Si loin, pourquoi?

Elle ne répondit rien, se contentant de sortir de la voiture, rapidement suivi par Mathieu.

Celui-ci se demanda si elle ne faisait pas réellement exprès de l'emmener ici. Sa peur et son dégoût des hôpitaux toujours omniprésent, il eut du mal à faire comme si de rien était lorsqu'ils franchirent la grande porte d'entrée. Tout ici puait le produit d'entretien et le désinfectant, pour cacher celle de la mort de la maladie.

Nombres de personnels de l'accueil accueillirent Marion avec un grand sourire, lui lançant un bonjour amicale. Elle ne répondait qu'avec un sourire crispé et poli, pressé dans sa démarche.

Mathieu ne comprenait pas ce qu'ils faisaient là, il avait tenté plusieurs fois d'engager la conversation, mais la blonde restait de marbre. Ils se contentaient de monter les escaliers, demandant aux personnels de leur ouvrir les portes. Arrivés à une pancarte indiquant l'aile B, Marion ralentit, et demanda poliment à la vieille secrétaire de lui ouvrir la porte de la chambre 205.

_Marion! Tu n'es pas en congé aujourd'hui?

_Bonjour Christine... Je viens le voir, je profite d'avoir réellement du temps libre. Voici mon ami, Mathieu.

Il tiqua au mot "ami", mais se contenta de hocher poliment la tête, se demandant de qui parlait la jeune fille.

_Bien sûr, je comprends... Je t'ouvre tout de suite la porte.

Un bruit sourd se fit entendre, et les lourdes portes de métal s'ouvrirent, les laissant passer. Lorsqu'elles se refermèrent, laissant place au silence, le châtain eu la désagréable impression d'être entré dans le couloir de la mort.

A sa droite, Marion actionna la poignée d'une des chambres, ou le nombre "205", y était peint.

Mathieu sentit une oppression désagréable lui étouffer la gorge lorsqu'il entra à l'intérieur de la pièce.

Dans un silence religieux, Marion se dirigea vers le seul lit présent, et s'installa sur la chaise.

Il y'avait un homme. Agé d'une vingtaine d'année. Peut-être plus. Il était relié à des dizaines de tuyaux, seringues et attaches. Marion dirigea sa main vers la sienne, l'enlaçant doucement. Elle porta la paume à ses lèvres, les effleurant, fermant les yeux.

Même Mathieu n'osa pas la déranger. Muet, face à la froide souffrance qui se dégageait de cette femme. Ce n'était plus la même. Ce n'était plus la Marion douce et insouciante qu'il connaissait. Il le sentait, c'était une Marion déchirée et amère qu'il avait devant lui.

_Julien.

Elle soupira doucement, comme si c'était difficile de même prononcer ce nom.

_Il s'appelle, il s'appelait peut-être? Julien. C'est mon frère aîné. De trois ans. Ça va faire bientôt six ans qu'il est ici. C'était un drogué, avant. Un au cas irrattrapable, un irraisonnable dont l'existence n'est basée que sur la prise de son rail de coke journalière. Un jour il a fait une overdose, le samu m'a appelé en urgence, il était deux heures du mat'. J'ai foncé vers l'hôpital où il était, j'étais en panique totale, détruite à l'idée de perdre mon frère. J'ai attendue toute la nuit... Assise là, dans le hall ou l'on était lorsqu'on est rentré... Et au petit matin, les médecins m'ont appris la nouvelle. Plongé dans le coma, pour ils ne savaient combien de temps. Et même aujourd'hui, je ne sais pas quelle situation est la pire... Le savoir mort définitivement, en paix, là-haut, ou rester dans l'ignorance. Toujours douter. Va-t-il se réveiller un jour? Est-ce que tout ça sert à quelque chose, au final? Ou va-t-il m'abandonner comme il l'a toujours fait? Quand je me lève le matin, je ne sais jamais si en me rendant à l'hôpital, je vais le retrouver mort, ou réveillé de son sommeil factice. C'est pour ça que j'ai choisi de travailler ici, malgré la distance. Antoine me demande toujours pourquoi je travaille si loin... Pour veiller sur lui, tout simplement. Parce que malgré tout, il reste mon frère.

Elle leva ses yeux si semblables aux siens vers lui. Sans honte, lucide et direct.

_C'est pour ça que je fais ça. J'ai commencé il y'a cinq ans. Ça me rapporte de l'argent, plus qu'avec mon boulot d'infirmière apprentie chirurgienne. Tu peux croire beaucoup de choses Mathieu, mais ne crois pas que je fais ça par plaisir. Sans cette argent, mon frère aurait été débranché depuis longtemps. J'en ai besoin pour le faire survivre... Et pour me faire survivre aussi.

Mathieu ne réagit pas.

Il se contenta d'écouter. Ce qu'elle avait à dire, ce qu'elle avait pour se défendre, ce qu'elle avait à faire.

_Et j'ai besoin d'Antoine aussi. J'en ai besoin pour survivre. Je l'aime Mathieu. Depuis la première fois où j'ai posé les yeux sur sa vidéo, ou je l'ai vu brailler à tue-tête des paroles vulgaires. Il me faisait rire, il a illuminé ma vie comme jamais personne ne l'a fait. Et je ne te laisserais pas me le prendre.

Mathieu commençait à comprendre.

_Tu ne lui diras pas, n'est-ce pas? Toutes ces vies que tu détruirais, ces personnes que tu ferais souffrir. Je te connais assez pour savoir que tu ne te le permettrais pas...

Salope. Salope. Salope.

Une décharge lui électrisa le bras, tous ses muscles battant furieusement.

Elle avait tenté un coup de maître. Tout en sachant pertinemment gagner. Elle le fixait, dans le blanc des yeux. Aucunes émotions ne se réchappaient des deux, statues de glace.

Il posa les yeux sur cet homme, allongé sur le lit d'hôpital. D'à peu près son âge, la poitrine s'abaissant au rythme de sa respiration. Le teint blanc, cireux, trop maigre, trop petit, sans doute déformé de toutes ses années d'immobilité.

La vie de cet humain ne reposait que sur l'amour d'une sœur qui ne faisait ça que pour la moral et l'espoir bancal de retrouver un semblant de famille. Sur une femme et une machine.

Mathieu trouvait ça stupide, au fond. De bafouer ainsi l'amour propre d'un homme, le laissant des années à l'état de légume. Sans possibilité de lui demander son avis. Peut-être -sans doute- aurait-il préféré partir.

Mais comme il la comprenait.

Et comme il la détestait encore plus.

Il n'était pas assez dur, pas assez mauvais pour empêcher Marion de garder son frère en vie.

_Je ne dirais rien à Antoine.

Une promesse, silencieuse et tout sauf amicale.

_Mais ne t'attend pas à ce que je reste sans réagir. Antoine est amoureux de toi. Profondément. Même si ça m'arrache la gueule de le dire. Mais je compte bien m'interposer. Crois pas que je continue pas à trouver ça glauque que tu te prostitues dans son dos, et malgré tout ce bordel, ça me laisse une bonne excuse. Tu n'es pas si parfaite que tu en as l'air. Tu ne mérites pas Antoine. Il mérite mieux. Il me mérite moi.

Marion écarquilla les yeux, stupéfait face au soudain excès de confiance du youtubeur. Loin d'être aveugle, elle avait remarqué le comportement du châtain bien avant les inquiétudes d'Antoine. Perte de poids, fatigue et tous les signes avant-coureurs d'une dépression. Qu'arrivait-il au châtain pour qu'il soit soudainement si assuré?

Il s'approcha d'elle, jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres.

_C'est moi qui vais gagner.


Antoine sourit, heureux.

Jamais il n'aurait cru que Mathieu apprécierait si vite Marion.

Il n'était pas tout à fait stupide. Sa copine n'était pas le genre de son ami. Trop... Calme. Attentionnée et douce, presque parfaite. Non. Parfaite. Le schizophrène n'était pas friand de ce genre de femme. Il les préférait pétillantes, franches et spontanées.

Mais l'alchimie était passée. Étonnement facilement.

Au fond, quelque chose n'allait pas. Quelque chose n'était pas naturelle. Mais il préférait fermer les yeux. Il préférait fermer les yeux et regarder les deux personnes les plus importantes dans sa vie rire ensemble devant une assiette remplie.

Leur rire était si accordé (faux), leurs yeux si lumineux (orageux), leur sourire si pur (haineux).

Il avança à peine sa main pour attraper le sel, que Marion l'attrapa, et lui tendit avec un sourire angélique, dont elle seul avait le secret.

_Tiens mon amour…

_Merci mon ange.

Les yeux de Mathieu virèrent au gris. Il se pencha sournoisement vers son ami, et lui fit son plus beau sourire.

_T'as besoin de quelque chose d'autre Antoine?

Sa voix, chaude, et légèrement suave, fit inconsciemment frissonner le terroriste capillaire. Il se pencha en avant, frôlant innocemment sa main.

_Euh... Non. Vous êtes sûr que tout va bien vous deux?

Marion et Mathieu se regardèrent, feignant la surprise la plus totale.

_Bien sûr mon cœur, pourquoi?

_Je sais pas... Vous avez l'air bizarre.

_Au contraire, on est super en forme mec!

Le repas se poursuivit entre les déconnades, les regards de défis en coin, les frôlements de main et les clins d'œil nullement cachés. La guerre. La jalousie. La domination. La fierté. Tout un tas de sentiments, de questions, de conviction, de vices et d'inconscience.

Et Antoine qui ne voyait rien. Antoine qui ne regardait rien.

Arrivé au dessert, Marion partit chercher le gâteau au chocolat soigneusement préparé le matin même, le découpant avec précaution. Resté seul avec le brun, Mathieu tenta une approche.

_Comment ça avance ton prochain épisode?

Faisant abstraction du fait que la voix du châtain était étonnement douce, et de la lueur prédatrice qui rôdait dans ses yeux bleus, Antoine lui répondit avec une lassitude qui n'appartenait qu'à lui.

_Vite fait. J'ai que l'intro pour l'instant. Les fans sont trop impatients...

_Ouais pour moi aussi c'est compliqué. J'ai presque fini de monter le dernier. J'ai dû appeler une autre personnalité.

_Ah ouais?

_Ouais, le Démon. Il prend soin du Geek quand... Quand il est seul avec le Patron. Et qu'il y'a pas le Panda.

_J'ai cru remarqué qu'il y'avait un petit truc entre les deux. Tu devrais les surveiller mon chou tu le sais ça? Histoire qu'ils se sodomisent pas trop dès que t'es un peu absent.

La vision d'un Geek et d'un Panda au lit en plein action torride s'imposa à son esprit, et il dut retenir une grimace.

Qu'ils fassent ce qu'ils veulent, mais qu'il n'en soit pas témoin.

Il tenta de mener le terrain sur une pente un peu plus intéressante.

_C'est comme si deux moi couchaient ensemble. C'est chaud quand même. Tu m'imagine coucher avec moi-même?

Motivé par ses espoirs les plus profonds, il s'attendait à quelque chose d'épique. Un rougissement, un rire mal assuré, un regard déstabilisé...

Mais Antoine explosa tout simplement de rire.

_Oh putain nan je préfère pas imaginer!

Ce fut quand Marion revint dans le salon, le gâteau et une bombe de crème chantilly à la main, qu'elle versa doucement dans la bouche d'Antoine sous le regard gêné mais appréciateur de celui-ci, que Mathieu sentit la désagréable morsure de la défaite et l'humiliation le croquer à pleine dents.

Marion: 1/Mathieu: 0


Mon dieu, Antoine est tellement teubé.

Je sais qu'il est Ooc, je le sais! Pardon Antoine T_T

Bref, le chapitre est -enfin- terminé! (Le retour du 4h du mat') J'avoue avoir eu un peu de mal à écrire celui-là, (Rentrée des vacances, préparation de la rentrée...) Mais le voilà posté ma foi pas trop tard, et j'espère sincèrement qu'il vous a plu!

Le prochain arrive.. Mercredi ou jeudi!

Les reviews, c'est ce qui me motive à écrire! C'est toujours cool d'en laisser une petite ;)

Peace and Love. 'Emo.16