Titre de la fiction : Désillusion

Auteur : Azerty au rapport

Beta lectrice : Sermina

Correction orthographique : Suzu.

Genre : Yaoi - drame.

Disclaimer : Les personnages du manga Naruto et son univers sont l'oeuvre de Masashi Kishimoto.

Réponse aux coms :

XD T'aime les T-shirts arrachés toi, hein soundeffects ?

Une autre version de sous le masque ? … (commence à réfléchir) Ben là ça ressemble … ici aussi … mon dieu ! 0.0 Tu as raison kira-chan : sur certains points, ça ressemble vraiment à sous le masque ! Et sur d'autres non … Car, désolée, toutes les réponses ne sont pas « oui ».

Pour le « cancer de la terre », je suis d'accord avec toi yaoi-no-ongaeshi, mais un peu moins fataliste Pour ma fic, c'est vrai que « descente aux enfers » aurait aussi pu convenir, surtout avec la suite. Mais il y a encore des « ascenseurs émotionnels » comme tu dis !

La famille qui zyeute sur ce que je fais, je connais ça aussi wilhel ! Et pour le reste, tu supposes très bien ! : p

Chapitre 9

L'un des mystères de la nature est : pourquoi ressent-on une douleur physique alors que rien ne nous a touché, sinon des mots ou une attitude ? Pour quelle raison étrange Naruto sentait-il un poignard s'enfoncer vicieusement dans son cœur, se tournant encore et encore dans la plaie béante qu'il sentait naître au fond de lui ? Enfant, il avait enduré la solitude et la haine sans un mot, la tête haute. Recroquevillé sur lui-même, sans prêter attention au vide qui s'étendait autour de lui, il s'était créé mille et une chimères, parce que c'était plus facile comme ça. Quand je serais grand, les gens m'aimeront. Ils me respecteront même ! Parce que je serais fort. Oui, je serais le plus fort ! Je serais Hokage !

Les heures s'étaient allongées comme ça, puis les années. Il s'était battu pour ne plus avoir l'impression que tout, autour de lui, était toujours trop grand pour un être seul, qu'il y manquait quelque chose … et il avait gagné. L'équipe sept, SON équipe ! Ensuite il avait mérité le regard des autres posés sur lui avec autre chose que du mépris alors qu'il donnait le meilleur de lui-même, jour après jour, combat après combat.

Et pendant tout ce temps, il avait continué de nourrir ses illusions, osant de plus en plus y croire, jusqu'à s'y jeter à corps perdu, enfin heureux.

Le pire, c'est l'atterrissage. C'est mille fois plus douloureux que d'être resté bien tranquillement dans son coin, le bruit sourd des rires d'enfants raisonnant à ses oreilles. Plus nos chimères étaient belles, plus la dure réalité semble glaciale. Alors que dire d'un ex-futur-Hokage, promis à une vie à la hauteur de ses efforts, aux côtés d'amis au regard rempli de respect et d'une femme qui lui aurait donné tout l'amour du monde, et bien plus si elle avait pu ? Il avait tout perdu avec une rapidité presque comique. Le jeune Uzumaki se demandait ce qui était le pire : les larmes qu'il avait vu perler aux coins des yeux de son tuteur et de son précieux ange blanc, où ce dos irrémédiablement tourné de celui qui marchait devant lui avec une indifférence déchirante ?

D'un geste rêveur, il caressa sa lèvre inférieure, y cherchant un reste du goût suave de Sasuke. Son cœur se contracta d'un seul coup. Ça y est, il se rappelait ce qui était vraiment le plus douloureux : les yeux durs et glacials de son amant lorsqu'il avait essayé de l'embrasser à son réveil. Les pupilles haineuses s'étaient fixées dans les siennes, d'une couleur écarlate si terrifiant que Naruto avait reculé avant que leurs lèvres ne se touchent. La voix dépourvue d'émotion lui avait demandé pourquoi il ne l'avait pas empêché de s'assoupir, mais il ne répondit pas, dévisageant l'homme qui habitait désormais chaque parcelle de son cœur sans oser comprendre. Sasuke s'était levé d'un geste sec avant d'enfiler ses nouveaux habits et de sortir de la grotte, sans un mot. Naruto l'avait suivi comme un automate, avec une sourde frayeur qui s'immisçait au fond de lui sans qu'il ne veille l'écouter.

« Je ne supporte pas d'avoir des dettes » « C'est le meilleur moyen de te remercier, non ?» ….

Ces mots tournaient sans cesse dans son esprit. Au fond de lui, le renard s'esclaffait comme jamais, étudiant avec une méticulosité sadique le chaos de ses pensées en lançant de-ci de-là quelques remarques particulièrement blessantes. « Regarde gamin ! Tu as vu comment il avance droit devant lui ? Il sait déjà où il va, le sâle Uchiwa, il n'a plus besoin de toi maintenant. Mais dis-moi : a-t-il a au moins remarqué que tu le suivais ? » Non. Quand on a un cloporte insignifiant sur ses talons, il arrive bien souvent qu'on ne le voit même pas. Le dos irrémédiablement tourné de son amant d'un soir continuait sa route sans une seule hésitation, et tout dans les gestes du brun reflétait les tactiques de déplacement en mission solitaire. Il agissait sans tenir compte un seul instant de la présence du blond derrière lui. Comme s'il n'avait pas imaginé un seul instant qu'il était resté à ses côtés, alors que pour lui leurs routes s'étaient déjà définitivement séparées. Oui : comme si Naruto n'existait pas. Son démon lui chuchota d'une voix suave que c'était bien : le gamin commençait à devenir grand.

Il y a parfois du bon à avoir un être cynique et mauvais enfermé au fond de soi, car à cette remarque, Naruto se réveilla un peu. Il bâillonna son cœur et réenclencha ses instincts. Règle numéro 1 : laisser derrière soi ses émotions, un ninja est une machine. Il se répéta un à un tous les principes de sécurité et passa le reste du trajet à se concentrer sur le moindre froissement de feuille morte. N'importe quel adversaire qui se serait présenté à cet instant-là aurait été neutralisé dans les secondes qui suivaient. Sans conteste : Naruto était devenu fort. Malheureusement, aucun intrus n'eut la délicatesse de venir lui servir de défoule-nerfs. Vers la fin de l'après-midi, alors que le ciel se teintait d'ocre, Sasuke s'immobilisa.

C'était une alcôve naturelle creusée dans une petite falaise, près d'une source et du couvert des arbres. Bref, un endroit idéal pour établir un camp. C'est ce qu'avaient dû se dire les trois personnes qui pressaient sabres, kunais et autres témoignages d'hospitalité sur la gorge de Naruto.

- Sasuke-kun ! gloussa une pintade en se précipitant vers le jeune déserteur, laissant à ses coéquipiers la charge de s'occuper de l'inconnu. J'étais sûre que tu reviendrais !

- Evidement qu'il est revenu ! Je ne me suis pas allié à un mec assez faible pour que les ANBU de Konoha lui posent le moindre problème ! ajouta un garçon aux airs de psychopathe que ne démentait pas son épée pour le moins démesurée.

- J'ai eu peur que tu meures, déclara un troisième, d'un ton doux qui contrastait avec sa taille impressionnante. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi pour contrôler ma marque.

A tout cela, l'Uchiwa répondit par un haussement d'épaule en repoussant la jeune fille qui se collait à lui. Sans un mot, il laissa tomber ses affaires près du feu et s'assit en demandant :

- Est-ce que vous avez suivi mes instructions malgré mon absence ?

- Evidement ! L'information est confirmée. Nous avons même eu quelques nouveaux détails dont je te parlerais dès que tu m'auras dit si on le tue tout de suite ou est-ce qu'on le garde pour le dîner.

Le chef d'équipe se retourna vers lui sans sembler comprendre avant de fixer son regard indifférent sur Naruto. Puis il détourna la tête avec un soupir et déclara seulement :

- Faites en ce que vous voulez. Tuez-le s'il gêne nos projets en quoi que ce soit.

- Avec plaisir ! ricana le psychopathe de service.

Et d'un geste délibérément lent, il pressa sa lame contre la gorge dorée, y découpant une fine tranchée. Instantanément, quelques goûtes de sang perlèrent avant de s'écouler tranquillement, sans que l'Uzumaki ne sourcille à un seul instant. Mais son cœur lui s'affolait, pulsant à ses oreilles et faisant s'écouler plus vite le liquide vermeil qui inondait sa gorge.

Pourtant la lame ne continua pas son chemin, se retirant violement. Au côté droit de Naruto, le colosse venait d'intervenir.

- Arrête ça Suigetsu ! Tuer n'est pas un jeu.

- Je ne t'ai rien demandé Juugo, Sasuke m'a donné l'autorisation de le buter !

- Tu penses vraiment qu'il l'aurait laissé le suivre s'il représentait un obstacle pour nous ?

- C'est vrai qu'il n'a pas l'air très dangereux ! raya l'épéiste. Il est plutôt … Il… il est passé où ?

D'un même mouvement, tous deux se mirent en garde, les yeux fixés sur l'endroit où l'intrus se tenait quelques secondes plus tôt. Derrière eux, à quelques mètres de là, le blond venait de s'installer tranquillement autour du feu en déballant une des portions de nourriture qu'il avait emporté pour le voyage.

- Je ne l'ai même pas vu bougé ! souffla Juugo, stupéfait.

Suigetsu, lui, serrait les dents en jurant intérieurement. Non mais pour qui cet idiot se prenait-il ?

- Sasuke ! lança-t-il d'une voix sèche. C'est quoi ça ?

Et comme d'habitude, le chef de l'équipe ne prit même pas la peine de lui répondre. Il se contenta de sortir son sabre en l'aiguisant avec un soin amoureux. Pendant ce temps, la jeune femme avait cessé de lui tourner ostensiblement autour pour jeter un regard suspicieux au gêneur, de l'autre côté des flammes. Elle éleva alors sa voix, avec un je ne sais quoi d'agressif et de mauvais.

- Ce n'est pas ton genre de traîner quelque chose dans tes pattes Sasuke-kun. Celui-là a quelque chose de spécial ?

L'Uchiwa haussa les épaules d'un air las en déclarant que contre toute attente cet imbécile avait déserté son village pour l'aider. Même s'il considérait avoir déjà payé sa dette, ce serait un parfait manque à l'honneur de sa famille de le tuer de ses propres mains. Le reste ne le regardait pas. Qu'il le colle s'il en avait envie : tant qu'il ne le gênait pas ça n'avait pas la moindre sorte d'importance. Puis il signifia à la jeune femme qu'elle ferait mieux de descendre de ses genoux si elle voulait conserver son intégrité physique et se remit à l'inspection minutieuse de son matériel. Au même instant, Naruto évita de justesse un projectile de grosse envergure qui fonçait vers sa tête.

- Non mais ça ne va pas teme ? suffoqua-t-il.

- Non, pas bien du tout : j'ai un cloporte dans mon champ de vision ! siffla Suigetsu d'un ton acide. Tu n'es pas à ta place ici, alors fait attention de ne pas trop l'ouvrir ! En attendant, épluche nous ça. Tu serviras au moins à quelque chose !

L'Uzumaki ramassa le sac qui avait failli l'assommer, et y jeta un regard surpris. Un entremêlement de racines et de plantes, sûrement ramassées le jour même dans les environs, attendaient visiblement qu'on en fasse le prochain repas.

- Fais attention à lui, fit une voix sur sa droite.

Naruto se retourna vers le géant aux traits doux, alors que ce dernier désignait son coéquipier d'un signe de tête.

- Il ne te fera rien pour l'instant parce qu'il a du mal à comprendre ce qui se passe dans la tête de Sasuke, comme nous tous d'ailleurs. Tant qu'il y a une seule chance pour que ta mort le contrarie, Suigetsu ne t'abattra pas pour le plaisir. Mais il adore tuer, et si tu l'énerves il ne se gênera pas. Quelque soit ton niveau, il n'est pas bon de l'avoir parmi ses ennemis.

Le blondinet approuva d'un signe de tête sans décoller ses grands yeux bleus de son vis-à-vis, se demandant pourquoi il lui disait ça. L'autre sourit face à sa méfiance hésitante, et lui tendit la main.

- Je m'appelle Juugo, enchanté.

Ce fut le seul témoignage de sociabilité que Naruto reçut ce soir-là. Juugo reprit bien vite son tour de garde alors que le dénommé Suigetsu et la fille qui semblait s'appeler Karine faisaient tout pour se monter infecte avec le nouvel arrivant. Mais tout cela ne le touchait presque pas. Presque …

Non, ce qui le blessait mille fois davantage, c'était l'indifférence marquée de son « amant » pour tout ce qui l'entourait, notamment pour un petit être blond qui commençait franchement à se demander ce qu'il foutait là.

Les paupières grandes ouvertes dans la nuit déjà bien avancée, sa couverture autour de lui, le jeune Uzumaki essaya désespérément de se souvenir de pourquoi il était parti. Le visage d'une belle jeune fille aux yeux d'ivoire s'imposa à lui, mais il le chassa aussitôt. Ne pas regretter : ça ne servait à rien. Il resserra un peu plus le bout de tissu râpeux contre lui, préférant se plonger dans les souvenirs d'un fragment d'éternité où il avait cru mourir de plaisir. Instantanément, il sentit ses joues rougir. Il se surprit à guetter le moindre bruit, la moindre respiration, cherchant un indice qui lui indiquerait que Sasuke avait quitté sa couche pour le rejoindre. C'était totalement stupide, et il le savait. Mais il ne pouvait pas s'empêcher d'espérer. Rêver, se détruire à petit feu…

Ses draps lui semblaient horriblement froids. Il frissonna.

Lorsque Juugo vint le chercher pour son tour de garde, il n'avait pas fermé l'œil de la nuit.


A suivre …

Karin : Pourquoi on est obligé de se taper ce boulet ??

Azerty : Parce que vous êtes des personnages secondaires et que vous n'avaient rien à dire ! Et puis, il n'y a que Sasuke qui va se le taper !

Karin : x (morte d'une crise cardiaque après cette insinuation)

Kyuubi : Dis moi, dans ta fic je ne suis qu'un sal squatteur de corps qui passe le temps en enfonçant son hôte dans la dépression, c'est ça ?

Azerty : Absolument !

Kyuubi : Tu as quelque chose de particulier contre moi en ce moment ?

Azerty : Mais non, je t'aime mon kyuu! C'est pour ça que je voulais te faire apparaître, mais comme si tu consolait Naru-chan ça me cassé tout mon truc …

Kyuubi : Alors tu en a profiter pour empiré la situation.

Azerty : Je sais, je suis méchante ! : p