Bonjour

Voici le chapitre 10. Dean prouve ici qu'il est plus fort que ce que Castiel imaginait !

Merci à Elyrine pour la correction et à vous pour vos formidables messages et votre fidélité !

Bonne lecture et à jeudi

Sydney8201

Musique du chapitre :

Dare you to move de Switchfoot

Chapitre 10 : Secours

« Là où règne la violence, il n'est de recours qu'en la violence ; là où se trouvent les hommes, seuls les hommes peuvent porter secours. »

Bertolt Brecht

Castiel n'était jamais inquiet. Il ne se le permettait pas. Car se soucier de quelque chose était une faiblesse et dans son « métier », être faible revenait à devenir une cible et à se faire tuer tôt ou tard. Il lui arrivait de se demander comme une situation allait évoluer. Parfois, il n'avait pas toutes les cartes en main. Il n'avait pas totalement le contrôle. N'importe qui à sa place se laisserait envahir par le doute jusqu'à être mort d'inquiétude. Pas Castiel. Il était plus intelligent et plus lucide que ça. Il savait parfaitement comment gérer ce genre de situations.

Il suffisait de se poser les bonnes questions, d'envisager tous les scénarios et de se préparer à affronter n'importe quelle situation. Ainsi, quand on était prêt, on n'avait plus rien à craindre. L'inquiétude était vaine quand on faisait en sorte de ne pas laisser quoi que ce soit au hasard. C'était probablement ce qui faisait de lui quelqu'un d'inarrêtable depuis de nombreuses années. Il avait eu des coups durs. Il avait dû faire face à des difficultés. Mais parce qu'il en avait eu conscience avant qu'elles ne s'imposent à lui, il n'avait eu aucun mal à les surmonter.

Si c'était ce qui faisait sa force à l'extérieur, c'était probablement ce qui lui sauverait la vie en prison. Il ne pouvait pas contrôler tout le monde. Son argent lui permettait d'avoir la main mise sur certains gardes et sur un bon nombre de détenus. Mais il n'avait pas leur soutien à tous. Et ceux qui se trouvaient de son côté pouvaient parfaitement changer d'avis et d'allégeance du jour au lendemain. Cela lui demandait d'être plus vigilent encore. Toujours sur ses gardes. De réfléchir constamment pour garder de l'avance sur ses adversaires et ne jamais se laisser surprendre. Si cela aurait pu paraître épuisant pour beaucoup, c'était une habitude que Castiel avait depuis le début et quelque chose qu'il maîtrisait parfaitement.

Sa dispute avec Raphael était un nouvel élément qu'il devait prendre en compte et intégrer à chacun de ses scénarios. Il y avait trois issues.

Raphael pouvait prévenir Crowley et tenter de le convaincre qu'il n'était pas à la hauteur. Castiel devrait alors défendre son point de vue et son attitude. Il doutait que son « patron » perde confiance en lui pour si peu. Il le connaissait et savait de quoi il était capable. Il l'avait choisi pour cette mission parce qu'il était le meilleur. Raphael ne parviendrait jamais à lui faire croire le contraire.

Raphael pouvait faire la tête dans son coin pendant quelques jours avant de revenir la queue entre les jambes auprès de Castiel. Il le laisserait faire mais exigerait des excuses. Raphael lui avait manqué de respect devant Gabriel, Dean et les détenus qui les écoutaient. Ce n'était pas quelque chose qu'il pouvait pardonner facilement. Il devait absolument marquer le coup.

Enfin, il existait une infime possibilité pour que Raphael tente de se débarrasser de lui sans consulter Crowley avant. C'était une hypothèse en laquelle Castiel ne croyait pas vraiment. Il savait que Raphael était parfaitement capable de tuer n'importe qui de sang-froid. Mais il n'était pas totalement stupide. Il savait qu'assassiner Castiel aurait des conséquences sur lui. Il tenterait probablement de faire accuser quelqu'un d'autre. Mais Gabriel serait là pour prouver le contraire. Le risque était énorme et Raphael n'aimait pas prendre des risques. Castiel était presque sûr qu'il ne tenterait rien.

Il devait toutefois prendre ces trois scénarios en compte et se préparer à faire face à chacun d'entre eux.

Castiel était convaincu que l'attitude de Raphael n'avait pas grand-chose à voir avec la présence de Dean lors de leur discussion. Depuis toujours et surtout depuis leur emprisonnement, il pouvait sentir sa frustration de n'être qu'un subordonné quand il s'estimait suffisamment doué pour être le chef. Il avait des ambitions et les dents qui rayaient littéralement le parquet. Il en voulait toujours plus. Il ne visait pas le sommet de l'organisation, contrairement à Alastair, mais il ne voulait plus être en bas de la chaîne alimentaire. C'était quelque chose que Castiel pouvait comprendre. Quelque chose qu'il respectait, même. Mais il savait que Raphael n'était pas de taille à assumer de telles responsabilités. Il était doué dans ce qu'il faisait mais il manquait d'intelligence pour être plus qu'un pion. Il ne serait jamais un décisionnaire. Crowley le savait tout autant que lui.

Pour parer à toute éventualité, Castiel avait chargé certains de ses « alliés » de garder un œil sur Raphael. Puisqu'il refusait de leur parler, il passait la majeure partie de son temps loin d'eux. Castiel savait que c'était en grande partie parce qu'il était vexé. Mais il était préférable de rester prudent.

De son côté, il avait trop à faire pour s'occuper en plus de Raphael. Alastair semblait enfin avoir un plan s'il s'en tenait à son calme et ses actes des derniers jours. Il avait des alliés et visiblement un contact à l'extérieur qu'il avait appelé la veille. Castiel avait eu une retranscription de la conversation par les gardes mais il n'avait rien appris d'important. Juste qu'Alastair semblait prêt à passer à l'action. Castiel devait absolument savoir ce qu'il préparait.

Il consacrait ses journées à cette mission qu'il comptait mener à bien malgré ce que Raphael semblait en penser. La nuit, il s'occupait de Dean et faisait en sorte d'oublier tout le reste.

Le jeune homme continuait à se refuser à lui. Ils s'embrassaient souvent. Ils partageaient le même lit. Dean avait même, de sa propre initiative, masturbé Castiel à deux reprises. C'était agréable et cela permettait d'évacuer un peu de tension. Mais ce n'était pas suffisant. Car Castiel voulait plus. Il voulait que Dean accepte enfin de lui donner son corps. Il voulait enfin savoir ce qu'on pouvait ressentir en le pénétrant et en le faisant supplier. Son désir grandissait de jour en jour et il soupçonnait Dean de le savoir parfaitement.

Castiel continuait toutefois de s'en tenir à ce qu'il lui avait promis. Il ne le forcerait pas. Mais l'attente commençait à se faire longue et ses résolutions s'affaiblissaient à chaque seconde passée avec le jeune homme. Il finirait par craquer. Il espérait que Dean pouvait le sentir.

En attendant, il devait rester concentrer sur son objectif et découvrir l'identité de l'homme qu'Alastair avait contacté. Il était presque sûr que cet inconnu avait pour mission d'attaquer Crowley depuis l'extérieur quand Alastair se débarrasserait de Castiel en prison. Il ferait d'une pierre deux coups et pourrait alors reprendre l'organisation en main à sa sortie. C'était un plan qui tenait la route mais un que Castiel comptait bien contrecarrer. Il ne laisserait personne détruire ce qu'il avait mis tant d'années à construire. Il devait tout à Crowley et s'il ne l'aimait pas beaucoup, il avait du respect pour lui. Il allait le défendre, quel qu'en soit le prix à payer.

Castiel revenait d'une discussion avec Kubrick – un garde qui travaillait à la surveillance des communications des détenus et qui lui fournissait des informations sur les coups de fil d'Alastair – quand il eut la sensation qu'on le suivait. Il était seul dans le couloir – privilège qu'il avait dû payer pour obtenir – et regretta aussitôt de ne pas être accompagné de Gabriel ou d'un garde quelconque. Il ne s'était jamais senti en danger en prison. Il savait qu'il y a très peu de détenus suffisamment stupides pour s'en prendre à lui. Mais il y avait quelqu'un qui ne semblait pas avoir saisir le message s'il en croyait ce qu'il ressentait. Il n'accéléra pas le rythme pour autant. Il n'avait pas peur. Si toutefois on tentait quelque chose, il savait se battre et était parfaitement capable de se défendre. Il n'avait jamais fui devant le danger et n'allait certainement pas commencer maintenant. Il en allait de sa réputation et de sa place au sein de la prison.

- Hé Novak !

Castiel s'immobilisa alors et se tourna pour voir qui s'adressait à lui. Il reconnut aussitôt le prisonnier qui approchait. Il était seul pour le moment mais Castiel était prêt à parier que cela ne durerait pas.

- Qu'est-ce que tu veux, Azazel ?

C'était un surnom qu'il s'était lui-même attribué et que tout le monde utilisait depuis au sein de la prison. Frederic Lehne, de son vrai nom, était un petit criminel que Castiel soupçonnait d'être à la solde d'Alastair. Il était connu pour être violent. D'après le psychologue de la prison, il était également psychopathe. Ce qui ne surprenait pas vraiment Castiel. A son arrivée en prison, il s'était attendu à ce qu'Azazel vienne le trouver pour le compte d'Alastair. Il avait été surpris qu'il reste dans son coin. Visiblement, il en avait assez de patienter et avait choisi de passer enfin à l'attaque.

- Te parler … t'avertir que tes agissements ne sont pas restés inaperçus.

Castiel sourit. Il trouvait cela ironique d'être pris à parti par un homme qui se faisait appeler Azazel. C'était un surnom religieux. Si Castiel se souvenait bien, Azazel était un ange à la solde de Lucifer. Lehne avait sans doute trouvé cela approprié puisqu'il était entièrement voué à Alastair. Castiel, lui aussi, avait un nom qui faisait référence à la religion. Ses parents l'avaient choisi parce que c'était le prénom d'un ange. Si un combat avait lieu entre eux, ce serait presque biblique. Et Castiel trouvait cela particulièrement drôle.

- Je ne suis pas sûr de voir où tu veux en venir. Mais si Alastair a un message à me faire passer, il peut tout à fait venir me voir et me le dire en face. Je n'aime pas particulièrement le fait qu'il ait envoyé un de ses sbires pour le faire à sa place.

- Qui te dit que c'est lui qui m'envoie ?

- C'est évident. Tu es à ses ordres depuis le début et franchement … je trouve ça assez pathétique que tu sois aussi déterminé à obtenir son approbation.

Azazel fit un pas dans sa direction en serrant les poings. Oh. Castiel avait de toute évidence touché un point sensible. Il devait reconnaître que cela l'amusait aussi.

- Alastair a confiance en moi. Il compte sur moi. Il sait que je suis à la hauteur à chaque fois qu'il me confie une mission.

- Alastair t'utilise parce que tu es trop faible pour t'opposer à lui. Et parce que ça t'excite à chaque fois qu'il te dit que tu as fait du bon travail. Tu es comme un chien battu qui revient auprès de son agresseur pour recevoir une caresse … un geste d'affection quelconque. C'est triste.

Castiel cherchait à faire sortir Azazel de ses gonds. Il avait besoin de l'énerver pour le déstabiliser et prendre le dessus. C'était presque trop facile. Il connaissait parfaitement ce genre d'homme. Il savait comment les mettre hors d'eux. Azazel n'était pas vraiment différent de Raphael. Et Castiel savait parfaitement comment gérer Raphael.

- Tu peux penser ce que tu veux de moi … je ne suis pas là pour t'écouter parler de toute façon.

- Non, tu es là pour me faire passer un message et je suis tout ouïe.

- Pas juste un message … une leçon.

Castiel haussa les épaules. Il n'avait pas peur. Il était conscient du danger et il savait qu'il allait devoir se battre et se défendre. Mais il était également convaincu d'être à la hauteur. Azazel était peut-être doué mais il ne l'était certainement pas autant que lui. Personne ne l'était.

- Et bien vas-y, je suis tout à toi, lança Castiel en écartant les bras de chaque côté de son corps.

Azazel le dévisagea une seconde avant de sortir un couteau de sa poche de pantalon. Ce n'était pas une arme qu'il avait fait lui-même comme la plupart des détenus à partir d'une brosse à dent ou d'un ressort récupéré dans un matelas. Non c'était un vrai cran d'arrêt qu'il n'avait pu obtenir que de l'extérieur. Ce qui laissait penser qu'un garde avait fermé les yeux sur le contenu d'un colis qui lui était destiné. Et qu'Alastair avait visiblement des complices au sein de la prison. Castiel allait devoir enquêter sur ce point pour ne pas s'exposer à des problèmes.

- C'est un bien joli couteau que tu as là, commenta t-il en inclinant la tête sur le côté.

- C'est un cadeau, répliqua Azazel.

- Un cadeau d'Alastair ?

- Un cadeau de la personne qui m'a chargé de venir te voir.

Castiel refusait de croire qu'il ne s'agissait pas d'Alastair. Il était convaincu que ce dernier avait chargé Azazel de le tuer pour lui. Il devait sentir que Castiel était trop proche de découvrir ce qu'il tramait. Il avait besoin de le faire disparaître. Peu importait ce qu'Azazel essayait de lui faire croire. Castiel n'était pas dupe.

Il prit une grande inspiration puis attendit qu'Azazel passe enfin à l'action. Il était surpris qu'il soit seul mais il mit cela sur le compte de son égo surdimensionné. Il devait probablement se croire suffisamment fort pour s'en prendre seul à Castiel. C'était stupide. I n'avait aucune chance.

- Qu'est-ce que tu attends ? demanda-t-il alors.

Il avait des choses plus importantes à faire que perdre son temps à discuter avec Azazel pendant des heures. Il était bientôt l'heure de rejoindre sa cellule et Dean. Il avait l'espoir que le jeune homme accepte enfin de passer aux choses sérieuses ce soir.

- Moi, lança quelqu'un dans le dos de Castiel.

Ce dernier sursauta en entendant la voix derrière lui. Il n'eut pas le temps de se retourner. Quelqu'un lui saisit les bras et les plaqua contre ses flancs. Il ne l'avait pas attendu approcher. Mais cela confirmait ce qu'il avait pensé. Azazel n'avait pas le courage de s'en prendre à lui seul. Castiel ne chercha pas à se débattre. Il devait garder ses forces. Il savait qu'il pouvait s'en sortir. Mais pour cela, il devait rester avant tout concentré sur Azazel. C'était lui qui représentait le principal danger. Et il approchait doucement de lui, son couteau brandi devant lui.

- Tu ne vas pas t'en sortir cette fois Novak. Tu es seul et nous sommes deux. Personne ne va voler à ton secours et tu vas mourir … tu vas mourir ici et maintenant.

Castiel secoua la tête sans hésiter. Il n'avait pas peur et il refusait qu'Azazel puisse penser une seule seconde que ses menaces avaient le moindre effet sur lui.

- Tu m'as l'air bien sûr de toi. Tu ne devrais pas. Je ne vais pas mourir … et toi non plus si tu renonces à ton projet stupide. Tu peux encore t'en sortir si tu me laisses partir. Si tu tentes quelque chose en revanche … tu le paieras cher … comme tous ceux qui ont essayé avant toi.

- Comme Gordon ? demanda Azazel en souriant.

Castiel hocha la tête. Il avait fait tuer Gordon la veille. Il s'était assuré qu'il souffrait avant de mourir. Il avait demandé à ce que la torture soit la plus longue possible. Il avait également exigé qu'il sache avant de mourir que c'était sur ordre de Castiel.

- Gordon a touché à ce qui m'appartenait et sa mort a été longue et douloureux. Pour toi, ce sera encore pire, jeta Castiel.

Il bougea sensiblement ses bras pour tester la force de l'emprise de l'homme qui se trouvait derrière lui. Il le tenait fermement. Il ne serait pas simple de se libérer. Il allait donc devoir composer avec. Peut-être s'appuyer sur cet homme pour frapper Azazel avec ses pieds. Il viserait sa main qui tenait le couteau en premier lieu pour écarter le danger. Il devait attendre qu'Azazel soit à sa portée pour passer à l'attaque et agir rapidement ensuite.

- Tu sais … peut être que je m'en prendrais à Dean après t'avoir tué … je suis convaincu que je pourrais beaucoup m'amuser avec lui une fois que tu ne seras pas là pour le protéger. Je ferais en sorte qu'il oublie jusqu'à ton existence. Je ferais en sorte que ce soit mon nom qu'il crie le soir.

- Tu ne toucheras pas à Dean.

- Tu vas m'en empêcher ? Comment feras tu quand tu seras mort ?

Castiel ne répondit pas et regarda Azazel approcher un peu plus de lui. Il était toujours trop loin pour qu'il tente de le frapper mais il devait toutefois se tenir prêt. Il s'appuya un peu plus fortement contre l'homme derrière lui et sourit quand il le sentit supporter son poids. Il ne se doutait probablement pas de ce qu'il avait en tête. Il pensait peut-être qu'il cherchait à fuir Azazel et à reculer.

- Qu'est-ce qui te fait autant sourire Novak ? demanda Azazel en fronçant les sourcils.

- Toi et ton arrogance … ta stupidité, répondit Castiel en souriant plus largement encore.

Azazel fit un pas de plus dans sa direction et fut cette fois à sa portée. Il propulsa alors son poids en arrière et jeta ses pieds en avant. Il frappa la main de son adversaire et entendit le couteau tomber par terre aussitôt. Il profita de la surprise de l'homme qui le tenait pour se défaire de son étreinte avant de le frapper du coude dans le ventre. Il vit alors Azazel se jeter sur lui. Il était toutefois prêt et parvint à basculer sur le côté tout en l'attrapant par les épaules pour le jeter contre le mur. Il se précipita ensuite sur lui et le frappa au visage. Derrière lui, son deuxième assaillant avait visiblement repris ses esprits. Il l'attrapa par les épaules pour l'écarter d'Azazel et le frappa en bas du dos. Castiel laissa échapper un cri de douleur en basculant en avant. Il tomba lourdement sur les genoux mais eut la présence d'esprit de rouler sur le côté pour éviter le prochain coup. Il était seul contre deux et n'avait clairement pas l'avantage. Mais ce n'était pas la première fois qu'il se trouvait dans une telle situation et il se savait de hauteur à relever ce défi. Il recula pour se mettre hors de portée avant de tenter de se remettre sur ses pieds. Il n'en eut pas le temps. Azazel s'approchait à nouveau de lui alors que le deuxième homme – Rodriguez qu'il croyait pourtant de son côté – l'attrapait par le pied pour le tirer dans sa direction. Castiel secoua sa jambe sans réussir à se libérer. Il utilisa alors son deuxième pied pour frapper dans le genou de Rodriguez et l'obliger à le lâcher. Il vit du coin de l'œil qu'Azazel avait repris son couteau. Il recula à nouveau et se remit enfin sur ses pieds. Il avait mal dans le bas du dos mais il n'y prêta pas attention. Il plia les genoux et tenta de repousser Azazel quand il se jeta sur lui. Il sentit la lame du couteau l'entailler sur le côté mais il serra les dents. Il savait comment gérer la douleur. Il avait appris à l'ignorer quand il en avait besoin. Il devait rester attentif. Car Rodriguez revenait déjà à l'attaque et Castiel devait faire face aux deux hommes. Azazel fut le premier à passer à l'attaque. Il réussit à toucher Castiel une seconde fois, à la cuisse, alors que Rodriguez le frappa du point au niveau de la tempe. Il allait leur faire payer ses blessures. Il allait les faire souffrir pendant des heures et il y prendrait un immense plaisir.

Sonné, Castiel sentit son dos heurter le mur. Il ne devait pas rester ainsi pris au piège. Il devait s'écarter pour pouvoir esquiver les prochains coups. Il pouvait sentir le sang couler des deux entailles et sa tête tournait affreusement. Il se surprit à espérer pour la première fois depuis le début de la bagarre que quelqu'un vole à son secours. Il n'était plus aussi confiant brusquement.

Il ne réussit pas à se dégager du mur avant que Rodriguez ne l'attrape à nouveau par les bras. Il le fit pivoter pour coller son visage contre le mur. Castiel se débattit de toutes ses forces mais Rodriguez était plus fort physiquement que lui. Pour la première fois de sa vie, Castiel songea une seconde à la possibilité qu'il allait mourir. Il n'avait pas peur de la mort. Il ne croyait pas à l'enfer et il ne redoutait pas non plus le jugement dernier. Mais il avait encore beaucoup de choses à faire. Il avait des échelons à monter et des victoires à remporter. Il ne voulait pas mourir dans ce couloir et de la main d'un sous-fifre comme Azazel. C'était inconcevable et indigne de l'homme qu'il était devenu.

Il tenta de s'aider de son pied pour se propulser en arrière mais il sentit la lame d'Azazel presser dans son dos, au niveau de son rein, et il s'immobilisa aussitôt. S'il tentait de reculer, il s'empalerait sur le couteau et mourait aussitôt. Il devait se montrer plus intelligent que ça.

- Toujours aussi confiant Novak ? murmura Azazel à son oreille.

Castiel devait reconnaître qu'il commençait à s'inquiéter. Il ne voyait toujours aucune issue et personne ne semblait décider à voler à son secours. Mais il ne donnerait jamais à Azazel la satisfaction de le lui dire. Il préférait encore mentir et garder la tête haute. Même s'il devait mourir ensuite.

- Toujours oui. Tu ne me fais pas peur.

- Tu devrais avoir peur … tu devrais être terrifié. Parce que j'ai le dessus et parce que je fais te tuer.

Castiel ferma alors les yeux, convaincu qu'il allait le poignarder après sa petite tirade. Rodriguez le tenait toujours trop fermement pour qu'il puisse se libérer. Il tenta une dernière fois de s'échapper sur le côté mais fut retenu aussitôt. Il était temps pour lui d'admettre sa défaite. Il allait bel et bien mourir.

Le temps sembla se suspendre alors que Castiel attendait qu'Azazel porte enfin le coup fatal. La lame était toujours collée contre son dos mais son adversaire ne semblait pas pressé d'en finir. Castiel était surpris par son attitude. Il en eut l'explication quelques secondes plus tard quand il entendit des bruits de pas non loin d'eux. Quelqu'un approchait. Castiel priait pour qu'il s'agisse de l'un de ses alliés et pas un ennemi de plus. Il avait déjà suffisamment à faire avec deux. Il choisit de ne pas en profiter pour tenter de s'échapper à nouveau. Il était presque sûr que dans la panique, Azazel l'achèverait sans hésiter.

Les bruits de pas se rapprochaient considérablement. Ils furent suivis d'un cri de surprise puis du bruit de quelqu'un qui courrait enfin dans leur direction. Castiel rouvrit les yeux mais il ne voyait que le mur contre lequel il était toujours plaqué.

- Lâchez le ! jeta la personne qui les avait surpris.

Castiel sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine en reconnaissant la voix de Dean. Il était à la fois soulagé de l'entendre et inquiet de ce qu'Azazel pourrait tenter contre lui. Il savait le jeune homme capable de se battre mais il ne pouvait pas jurer qu'il avait la moindre chance contre Azazel et Rodriguez. Il ne voulait surtout pas qu'il se fasse tuer en tentant de le sauver.

- Et pourquoi est-ce que je le ferais exactement ? demanda Azazel.

Castiel ne comprenait pas pourquoi Dean était dans ce couloir et pourquoi il était là seul. La sécurité laissait visiblement à désirer dans cette prison. Que lui n'ait pas de garde avec lui n'était pas une surprise. Mais qu'Azazel, Rodriguez et Dean soient là sans surveillance ne collait pas. Castiel se promit de s'interroger sur ce point si toutefois il survivait à cette attaque. Ce qui n'était pas sûr pour le moment.

- Parce que je te le demande. Et parce que si tu le touches, je te tuerais sans hésiter, lança Dean après quelques secondes.

- Et tu penses que tu me fais peur ? Tu n'es pas un meurtrier.

- Je n'en suis peut-être pas un mais je pourrais le devenir si vous ne le lâchez pas tout de suite.

Castiel doutait que Dean soit capable de tuer un homme. Mais il devait reconnaître qu'il avait affirmé cela avec une certaine conviction. Il était courageux. Il était admirable également. Mais Castiel était également sûr qu'il était terrifié. Et il détestait le savoir dans cette situation.

- Moi je crois au contraire que je vais tuer Novak et que je m'occuperais ensuite de toi. Je ne te tuerais pas … ce sera dommage quand je peux m'amuser avec toi d'une autre manière.

Castiel ferma les yeux à nouveau, persuadé que cette fois enfin, Azazel allait mettre ses menaces à exécution. Il pria pour que Dean ait l'intelligence de fuir et de prévenir un garde. Il espérait qu'il tomberait sur un de ceux qui ne travaillaient pas avec Alastair. Il était évident que sans Castiel pour le protéger, il serait rapidement en danger.

La lame recula dans son dos, n'appuyant plus contre son rein, et Castiel pouvait imaginer Azazel prenant de l'élan avant de le poignarder. Il entendit un nouveau cri puis le son de Dean qui courrait. Il espérait que c'était pour s'enfuir et non pas pour le sauver. Une nouvelle fois, Castiel perdit la notion du temps. Il entendit finalement le bruit de deux corps entrant en contact, un cri qui lui semblait lointain et le bruit de quelqu'un qui tombait au sol. Presque aussitôt, Rodriguez le relâcha et il put enfin se tourner pour voir ce qui était arrivé.

Azazel était au sol, immobilisa par Dean qui lui tenait les poignets dans une main. Il semblait prêt à le frapper au visage mais Rodriguez se jeta sur lui pour l'en empêcher. Castiel devait intervenir ou Dean allait se faire tuer.

Il choisit de s'occuper de Rodriguez puisqu'il représentait la menace principale. Il l'attrapa par les épaules pour l'écarter de Dean et le frappa de toutes ses forces au visage. Il vit du coin de l'œil Dean se remettre de bout et s'élancer en direction d'Azazel.

Rodriguez était fort et puissant mais Castiel était malin et rapide. Il évita les coups que l'hispanique cherchait à lui donner et concentra les siens sur son abdomen pour lui couper le souffle. Quand il l'eut mis à genoux, il s'agenouilla au-dessus de lui pour continuer à le frapper, cette fois au visage. Il ne parvenait plus à se contrôler, aveuglé par la colère et la rage. Il avait beau être sur le point de gagner, il était tout de même vexé d'avoir été ainsi pris au piège. Il aurait voulu pouvoir tuer Rodriguez. Mais il savait que cela lui vaudrait trop de problèmes. Il allait devoir se contenter de l'assommer. Il s'occuperait de lui plus tard. S'assurerait qu'il meurt des mains d'un autre tout en sachant parfaitement que c'était son œuvre.

Après lui avoir cassé le nez et ouvert la tempe et la lèvre, il fut satisfait de voir qu'il ne bougeait plus. Il respirait toujours mais il était inconscient. Castiel pouvait maintenant se concentrer sur Dean.

Il fit volte-face pour voir où le jeune homme en était et vu surpris de voir qu'il avait pris le dessus sur Azazel. Il était installé sur lui, les jambes de chaque côté de ses hanches. Il l'avait visiblement frappé au visage puisque son nez saignait et il lui avait repris le couteau des mains. Il l'appuyait à présent contre son cou et ne semblait pas s'être calmé. Bien au contraire. Il était furieux. Et avait visiblement du mal à se retenir d'achever Azazel. Il y avait quelque chose de majestueux dans son attitude. Quelque chose de sauvage presque qui excitait Castiel. Il avait presque envie de lui dire de le tuer. Il volait voir à quoi le visage du jeune homme pouvait ressembler couvert de sang. Il voulait le voir tuer un homme pour la première fois.

Il se retint toutefois de l'encourager, conscient qu'il perdrait alors cette forme d'innocence qui lui plaisait tant, et se contenta de le regarder toiser Azazel avec fierté et envie. Il n'aimait pas d'ordinaire avoir des partenaires qui étaient en mesure de l'égaler dans une bagarre. Il les préférait plus faible et facile à soumettre. Mais Dean était différent. Il était plus fort, entraîné et courageux. Il faisait jeu égal avec Castiel dans une bagarre. Cela rendait sa soumission quand il était question de sexe plus belle et plus vraie encore. Parce qu'il la donnait volontairement quand il était évident qu'il pouvait parfaitement la reprendre et se battre s'il en avait besoin. Il avait choisi de la donner à Castiel. Et ce dernier avait conscience qu'il s'agissait là d'un cadeau unique et précieux. Dean était un vrai miracle.

- Tu vas me tuer alors ? demanda Azazel.

Dean pressa un peu plus fortement le couteau contre sa gorge et fit mine de réfléchir. Castiel savait qu'il allait dire « non ». Mais il aimait l'idée qu'il fasse patienter Azazel avant de lui donner sa réponse. Il aimait cette attitude et cette défiance.

- Je devrais sans doute … il est évident que tu le mérites. Ce serait une bonne chose pour tout le monde je pense … mais je ne le ferai pas. Tu avais raison tout à l'heure. Je ne suis pas un meurtrier. Je ne l'ai jamais été et je ne le serai jamais. Je ne le deviendrai certainement pas à cause de toi. Tu n'en vaux pas la peine.

Castiel sourit en s'approchant de Dean. Il posa sa main sur son épaule pour lui rappeler qu'il était et le sortir de la transe dans laquelle il semblait se trouver. Dean tourna alors le visage vers lui et Castiel en eut le souffle coupé. Le jeune homme semblait à la fois fou de rage et incroyablement fier de lui. Une lueur brillait dans ses yeux. Il avait du sang sur le visage mais il n'était pas blessé. Probablement celui d'Azazel alors. Il était plus beau encore que d'ordinaire. Il ressemblait à un prédateur et non plus à une proie. Castiel aurait dû désapprouver ce changement mais chez Dean, c'était merveilleux. Il avait envie de l'embrasser. Il avait envie de lui faire l'amour ici et maintenant, peut-être même sur le cadavre d'Azazel. Il se contenta de le regarder dans les yeux et de refermer sa main autour de sa nuque. Dean pencha alors la tête en arrière, exposant son cou dans un geste qui symbolisait sa soumission. Il était fort et capable de se défendre mais il reconnaissait le pouvoir que Castiel avait sur lui.

Ils étaient tous les deux distraits par leur échange et Castiel comprit leur erreur quand il vit Azazel sortir un autre couteau – un fait maison cette fois – de sa poche. Il relâcha Dean au moment où Azazel se redressait pour tenter de le poignarder. Il n'aurait pas le temps de le sauver.

Il n'en eut toutefois pas besoin. Car Dean sembla sentir la menace et se tourna aussitôt dans la direction d'Azazel. Il leva le couteau qu'il lui avait pris et le laissa s'empaler dessus dans sa précipitation.

Pendant une seconde, Castiel retint son souffle, persuadé que Dean avait dû être blessé également. Puis, comme au ralenti, Azazel bascula en arrière, son couteau planté dans sa poitrine et son autre arme toujours dans sa main. Dean le regarda tomber sans bouger, visiblement sous le choc.

Castiel eut besoin de quelques instants pour réaliser ce qui venait de se passer. Il n'en revenait pas de ce à quoi il avait assisté. Dean avait tué un homme. Il s'agissait de légitime défense bien sûre mais il n'avait pas hésité une seconde. Il avait rapide et précis. Il avait été incroyable.

Castiel l'attrapa par les épaules pour le forcer à se retourner et vint écraser ses lèvres contre celles du jeune homme. Il n'avait jamais été aussi excité de sa vie. Il avait tellement envie de Dean qu'il était prêt à oublier qu'ils étaient dans un couloir ou n'importe qui pouvait les surprendre.

Quand il sentit que Dean ne répondait pas à son baiser, il recula son visage, les sourcils froncés.

- Dean ? l'appela t-il.

De toute évidence, le jeune homme était sous le choc de ce qu'il venait de faire. Il était évident qu'il n'avait pas songé une seconde qu'il aurait à tuer Azazel. Il avait pensé que le désarmer suffirait. Castiel s'en voulait de ne pas avoir pensé qu'il pouvait avoir une deuxième arme. Il s'en voulait de s'être laissé distraire par Dean.

- Je l'ai tué, souffla le jeune homme en tentant de regarder le cadavre d'Azazel derrière lui.

Castiel l'en empêcha en lui attrapant le visage pour le forcer à le regarder lui. Il était inutile qu'il pose les yeux sur le cadavre d'Azazel.

- Légitime défense, expliqua Castiel.

Il n'avait jamais eu aucune difficulté à ôter une vie. Surtout pas celle d'un homme qui le méritait autant qu'Azazel. Il ne comprenait pas comment on pouvait autant être bouleversé par un acte mineur. Mais il savait que tuer n'était pas chose aisée pour quelqu'un comme Dean. Il avait une morale et une conscience. Sans elles, il aurait pu faire un allié précieux dans l'organisation de Crowley. Il aurait même pu partager la seconde place dans la hiérarchie avec Castiel.

- Peu importe Castiel … il est mort et je … je ne voulais pas le tuer. Je voulais … je ne pensais … bafouilla Dean.

- Arrête ça Dean. Si tu ne l'avais pas fait, il t'aurait tué sans hésiter. Et je préfère le savoir mort plutôt que toi. Tu devrais être fier de ce que tu as fait.

Dean le dévisagea alors. Il semblait outré par ce que Castiel disait.

- Comment pourrais-je être fier d'avoir tué un homme ?

- Parce que tu m'as sauvé la vie et parce que tu as survécu. Je suis fier de toi moi.

- Tu es malade, souffla Dean.

Il n'y avait aucune colère et aucun reproche dans son temps. Juste une résignation et une acceptation de Castiel qui sonnait comme un abandon pour le jeune homme. Castiel l'embrassa rapidement sur la bouche avant de le regarder droit dans les yeux.

- Dean, écoute moi. Je ne vais pas pouvoir couvrir tout ça … je n'ai pas le temps. Les gardes seront là dans une seconde et ils t'emmèneront avec eux. Tu dois te laisser faire.

- Je … où est-ce qu'ils vont m'emmener ? demanda Dean qui semblait au bord des larmes.

- A l'isolement le temps qu'ils mènent l'enquête. Ce sera rapide … un jour ou deux au plus. Mais je veux que tu tiennes le coup quand tu seras là-bas sans moi. Je veux que tu te rappelles que je suis fier de toi et que je serais là à ton retour d'accord ?

Dean fronça les sourcils, visiblement perdu. Il était probablement difficile pour lui de comprendre pourquoi Castiel lui parlait ainsi. Mais il ne savait pas ce qu'était l'isolement. Il en avait sans doute une vague notion. Il imaginait probablement une cellule individuelle sans possibilité de sortir durant deux jours. C'était malheureusement loin de la réalité. L'isolement était l'enfer pour les détenus qui n'y étaient pas préparés. Il n'y avait pas de lit. La cellule était minuscule et le plus souvent privée d'électricité, de chauffage et de lumière. C'était un endroit où il était facile de perdre la notion du temps. Une journée ressemblait à une semaine entière. Castiel détestait l'idée que Dean y soit enfermé. Mais il ne pouvait pas l'empêcher. Pas cette fois. Se dénoncer à la place du jeune homme reviendrait à être enfermé là-bas à sa place. Dean serait alors totalement vulnérable sans lui. Et Alastair prendrait sa revanche sans hésiter. L'isolement était dur mais Dean y serait en sécurité. Castiel aurait alors le temps de faire le ménage avant son retour.

- Une fois là-bas, ce sera dur … ce sera difficile. Mais tu es fort Dean. Tu es courageux et brave. Tu en ressortiras grandi … crois-moi.

- Ils vont m'inculper de meurtre et je vais finir mes jours ici, murmura le jeune homme après un long silence.

- Ils ne t'inculperont pas puisqu'il s'agit de légitime défense. Je témoignerai pour toi et je m'assurerai que Rodriguez en fasse de même. Les empreintes d'Azazel sont sur les deux couteaux. Tu n'as rien à craindre.

- Tu me le promets ? demanda Dean d'une toute petite voix.

- Je te le promets bébé.

Castiel était réellement sûr de lui. Il ne laisserait pas Dean tomber pour meurtre quand il n'avait fait que se défendre. Il avait suffisamment d'alliés pour présenter des témoins aux gardes. Tous pourraient alors jurer qu'ils avaient entendu Azazel parler de son plan. Il s'arrangerait aussi pour que Rodriguez passe aux aveux. Dean n'avait strictement rien à craindre. Il comprenait toutefois qu'il puisse avoir peur.

- Je vais faire en sorte que tout s'arrange au plus vite. Mais j'ai besoin d'un peu de temps. Et j'ai besoin que tu tiennes le coup jusque-là. J'ai besoin que tu te montres courageux encore un moment. Je sais que tu en es capable.

- Je n'en suis pas sûr. Je … j'en ai assez Castiel. Je suis fatigué de tout ça.

Castiel le prit alors dans ses bras et le serra contre lui. C'était la deuxième fois que Dean pleurait dans ses bras et la deuxième fois qu'il se sentait obligé de le réconforter. Il ne comprenait pas vraiment cette impulsion. Il ne l'avait jamais eue avant. Mais il n'avait pas l'intention de lutter contre. Dean lui avait sauvé la vie et il le lui devait.

Ils restèrent ainsi l'un contre l'autre jusqu'à ce que le bruit de l'arrivée des gardes ne les oblige à se séparer. Castiel se mot alors à genoux, mains sur le sommet de son crâne pour ne pas aggraver les choses et encouragea Dean à en faire de même d'un mouvement de la tête. Le jeune homme s'exécuta aussitôt et ferma les yeux.

Tout se passa ensuite très vite. Un garde s'occupait de Rodriguez pendant qu'un autre constatait qu'Azazel était mort. Le dernier les tenait en joug avec son arme. Quand on leur demanda qui avait tué Azazel, Castiel se chargea de répondre.

- Il nous a attaqué en premier. Il allait nous tuer. Dean n'a pas eu le choix.

Le jeune homme ne protesta pas quand le garde derrière lui le fit se lever et le menotta dans son dos. Il ne protesta pas non plus quand on l'écarta de Castiel. Ce dernier garda les yeux rivés sur lui, inquiet de le voir aussi passif et détaché. Presque absent. Ses yeux pourtant si brillants quelques minutes plus tôt étaient à présent totalement vies. C'était une vision effrayante que Castiel détestait.

- C'était de la légitime défense, ajouta t-il finalement.

- Ça, c'est à nous d'en juger Novak, répliqua un des gardes.

Castiel serra les dents pour ne pas dire quelque chose d'idiot qui l'enverrait lui aussi en isolement. Il avait besoin de rester libre pour préparer la défense de Dean. S'il était enfermé lui aussi, il ne contrôlerait plus rien.

- Quelques jours à peine que tu es là et tu files déjà tout droit à l'isolement. C'est un record Smith.

Dean baissa la tête et fixa alors le sol. Castiel fut soulagé de voir qu'il ne répondait rien. Il ne devait surtout pas aggraver son cas. Son attitude démontrait qu'il était sous le choc de ce qu'il venait de faire. Qu'il n'avait pas voulu tuer Azazel et qu'il se sentait coupable. Cela servait clairement ses intérêts.

Le garde qui le tenait poussa Dean en avant pour l'encourager à marcher et Castiel dut se retenir d'exiger qu'il ne pose pas la main sur lui. Il détestait l'idée que quelqu'un d'autre que lui puisse le toucher. Une nouvelle fois, il devait rester calme avant tout pour le bien de Dean.

Il regarda le jeune homme s'éloigner avec un pincement au cœur. Lui qui avait espéré passer la nuit à lui faire l'amour allait être éloigné pendant quelques jours. C'était une immense déception. Une qu'il ferait payer à Rodriguez et Alastair dès que la situation serait rentrée dans l'ordre. Il en avait assez d'attendre. Il ne voulait plus rester passif. Ce qui venait de se passer était la preuve qu'Alastair le voulait mort. La preuve qu'il était temps pour lui de passer à l'action. Il allait avoir besoin de l'aval de Crowley bien sûr. Mais quand son patron apprendrait qu'Alastair avait tenté de le tuer, il lui donnerait son accord sans hésiter.

Castiel suivit Dean des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'angle du couloir avant de regarder le garde qui le tenait toujours en joug.

- Vous allez m'enfermer aussi ? demanda t-il.

Il savait que personne n'oserait le mettre à l'isolement sans une preuve réelle de son implication. Sa seule présence ne suffisait pas à l'incriminer. Il n'avait aucun souci à se faire de ce point de vue-là.

- Tu vas aller à l'infirmerie te faire soigner et tu vas ensuite rejoindre les autres. Mais je te conseille de rester à l'écart de Rodriguez à l'avenir. S'il lui arrive quelque chose, je t'en tiendrais pour responsable.

- Vous avez ma parole, mentit Castiel aussitôt.

Il se fichait de ce que le garde pouvait dire. De ses menaces. Il n'avait pas peur de lui. Pour le moment, il se souciait uniquement de Dean. Car le jeune homme allait être enfermé par sa faute. Il ne se sentait pas coupable. Mais il se savait tout de même responsable. Et cela impliquait qu'il fasse en sorte de réparer les choses.

Il se laissa conduire jusqu'à l'infirmerie sans protester. Il avait deux blessures mineures sur le ventre et quelques hématomes sur le visage. Il sentait à peine la douleur. Il était toutefois conscient d'avoir eu de la chance. Sans l'arrivée de Dean, il serait très certainement mort. Le jeune homme lui avait sauvé. Il s'était mis en danger pour lui. Il n'était pas tout à fait sûr de savoir pourquoi. Était-ce pour lui rendre la pareille après son intervention dans les douches ou était-ce parce qu'il tenait à lui d'une manière ou d'une autre ? Castiel se promit de le lui demander quand il serait à nouveau avec lui. Après lui avoir fait l'amour pendant des heures, bien sûr. Castiel considérait cela comme sa nouvelle priorité.