Disclaimer : Voir chapitre 1.

Note d'auteur : Voilà déjà le dixième chapitre, comme promis aujourd'hui. Merci pour vos reviews et à ceux qui mettent cette fic en favoris, ça me fait super plaisir ! :) Bref, on se retrouve en bas, et bonne lecture ! ;)


Daphné jeta un coup d'œil distrait sur le calendrier accroché au-dessus de son bureau, le ventre noué d'appréhension. Le huit août. Pile une semaine avant le mariage. Si tout se passait bien, Drago et elle serait réunis d'ici une toute petite semaine. Sept jours. Elle en était plus qu'impatiente. Mais qu'est-ce qu'étaient sept ridicules jours comparés à six années d'attente ?

Elle poussa un soupir et passa une main lasse dans ses cheveux blonds. Elle en avait tellement assez de jouer la comédie ! Surtout devant sa sœur, qu'elle méprisait depuis un bon moment déjà. Son hypocrisie la rendait malade.

Daphné passa quelques secondes à la salle de bain, le temps de se passer rapidement de l'eau sur le visage. Pour une fois depuis plusieurs jours, elle n'avait rien à faire. Astoria était partie déjeuner avec sa mère et ses amies pimbêches de la haute société. Elle avait prétexté un terrible mal de tête pour y échapper. Elle se trouvait donc seule, au manoir, plusieurs heures de libre devant elle.

Après réflexion, Daphné avait choisi d'aller courir au parc. Elle avait un besoin intense de se défouler et d'oublier un peu cette histoire compliquée. Quelques minutes plus tard, elle descendait les marches du perron, vêtue d'un jogging, d'un débardeur et de baskets, les cheveux attachés en queue de cheval et retenus par un bandeau. La jeune femme se dirigea ensuite vers le grand parc installé non loin de leur manoir. Une fois arrivée, elle se mit à courir à petites foulées, respirant profondément. Si Blaise ou Pansy la voyait courir ainsi dans le parc telle une Moldue, ils auraient une crise cardiaque.

Daphné sourit en pensant à ses amis, imaginant la tête qu'ils auraient en l'apercevant. Mais sitôt eut-elle formulé cette pensée dans sa tête qu'elle perdit sa bonne humeur. Déjà, elle s'était disputée avec Pansy et elles ne se parlaient plus du tout depuis presque deux semaines. À part lui dire la vérité, elle ne voyait pas comment se réconcilier avec elle. Et puis de toute façon, son ex-meilleure amie n'avait pas l'air d'apprécier Drago, ou tout du moins le fait que Daphné soit amoureuse de lui.

La jeune femme se mit à courir plus vite, comme pour fuir ses problèmes.

Venait ensuite le cas de Blaise. Beaucoup plus complexe. Ami ? Plus que ça ? Elle se reprit immédiatement. Blaise était un ami. Rien de plus. Bien sûr, ils s'étaient rapprochés, mais c'était juste pour la mission, n'est-ce pas ? Daphné était consciente que tôt ou tard, elle devrait faire face à ces interrogations avec plus de sérieux. Mais le plus tard était le mieux. Elle aurait tout le loisir d'y repenser lorsqu'elle serait blottie contre Drago devant un feu de cheminée.

Elle allongea ses foulées, courant encore plus vite. Son cœur battait follement dans sa poitrine.

Au bout d'un moment, essoufflée, Daphné s'arrêta à côté d'un petit lac où barbotait des canards. Vide de toutes pensées parasites, elle s'écroula dans l'herbe verte et ferma les yeux, laissant le soleil réchauffer sa peau. Elle sentait la chaleur qui lui caressait les bras, le visage. Elle se concentra sur cette sensation, occultant le reste.

Daphné ne sut pas avec exactitude combien de temps elle resta ainsi, immobile, allongée sur l'herbe moelleuse. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle ne s'était pas sentie aussi détendue depuis longtemps. Cette impression se dissipa légèrement lorsqu'elle sentit qu'on lui cachait le soleil. Sourcils froncés, un peu contrariée, elle se redressa en position assise et ouvrit les yeux. Aussitôt, son apaisement disparût et une boule se forma dans sa gorge. Ses problèmes ne pouvaient donc pas rester à l'écart, même quelques heures ? Quelque temps de répit, c'était donc trop demandé ?

— Salut Théo, soupira-t-elle en se relevant, époussetant du revers de la main les quelques brins d'herbes accrochés dans ses cheveux.

— Salut Daphné. Je suis passé au manoir, mais tu n'y étais pas. Lindy m'a dit que tu étais partie en tenue de sport. Ça fait plus d'une heure que je te cherche. C'est fou ce que ce parc est grand !

La jeune femme eut un mince sourire. Elle sentait venir les ennuis. Ou tout du moins, une discussion pas du tout reposante.

— Et que voulais-tu me demander ?

— Marchons un peu, proposa Théo en s'éloignant.

Daphné le rejoignit en se retenant à grande peine de soupirer, contrôlant tant bien que mal son irritation. Même venant de ses plus proches amis, des ordres restaient des ordres ! Elle marcha donc aux côtés de Théo, restant silencieuse. Voyant qu'il ne semblait pas prêt à entamer la conversation, elle laissa son regard se promener sur le panorama. Ils avaient emprunté le sentier qui faisait tout le tour du lac, permettant d'embrasser une magnifique vue. Elle fut tirée de ses pensées lorsque son compagnon shoota dans un caillou. Elle leva discrètement un sourcil. Cela ne ressemblait vraiment pas à Théo. Pas à celui qu'elle connaissait en tout cas.

— Tu voulais me dire quelque chose ? l'interrogea-t-elle avec douceur.

— Effectivement.

— Tu n'es pas obligé de te défouler sur un caillou tu sais.

Théo se renfrogna mais arrêta de taper dans toutes les pauvres pierres du sentier, au grand soulagement de son amie. Ils croisèrent un couple de vieux Moldus qui se baladaient main dans la main. Lorsqu'ils furent assez loin derrière pour ne plus les entendre, Théodore se décida enfin à ouvrir la bouche.

— J'ai quelque chose à te demander, Daph'. Prends ça comme une faveur.

— Je t'écoute, répondit l'intéressée avec une attention accrue.

— Tu me promets d'accepter ?

Prudente, Daphné garda le silence. Elle n'oubliait pas que son interlocuteur était lui aussi un ancien Serpentard. Mais cette technique était à peine digne d'un gamin de cinq ans. Tout le monde aurait flairé le piège. Ils étaient arrivés au niveau d'un pont, qui enjambait une partie étroite du lac, ombragé de l'autre côté par les branches d'un saule pleureur.

— Disons que j'attends d'abord de savoir de quoi il retourne, fit-elle prudemment en s'engageant sur l'édifice de bois.

— Évidemment, souffla Théo en lui emboîtant le pas.

Arrivés au milieu du pont, les deux amis s'immobilisèrent et laissèrent leurs regards se porter sur la vue qui s'étendait devant eux. Accoudés à la rambarde, côte à côte, ils n'osaient pas poser les yeux l'un sur l'autre.

— De toute façon, tu vas refuser. Je n'aurais pas dû venir te voir.

— Bon, ça suffit, s'impatienta Daphné en levant les yeux au ciel. Tu es venu jusqu'ici, tu m'as fait mariner assez pour que je sois impatiente de savoir ce que tu veux me dire, alors maintenant parle !

Théo sembla réfléchir un instant, sous le regard impatient de la jeune femme, qui décida de partir dans les dix secondes s'il n'ouvrait pas la bouche pour dire quelque chose de constructif. Cette attitude légèrement Gryffondor la contraria, mais elle l'ignora ostensiblement.

— Elle déprime, se décida enfin Théo en voûtant ses épaules.

— Qui ça ? demanda Daphné du bout des lèvres, soudainement refroidie car elle savait très bien de qui il s'agissait.

— A ton avis ? grimaça son ami. Ma femme. Au début, elle essayait de me le cacher, mais les Elfes m'ont dit qu'elle ne mangeait rien quand je n'étais pas là. Elle se roule en boule dans le canapé, soit pour pleurer, soit pour fixer la cheminée d'un œil vide. Elle guette tous les jours l'arrivée du courrier. Et quand elle voit qu'il n'y a rien de toi, elle semble terriblement déçue.

Daphné garda le silence un instant, plus que touchée par ce qui venait de se dire. Jamais elle ne se serait doutée que son ex-meilleure amie allait aussi mal.

— Je m'inquiète pour le bébé, poursuivit Théo en passant une main lasse dans ses cheveux. Ce n'est pas bon, pour lui comme pour elle. Elle va finir par tomber malade.

— Que veux-tu que j'y fasse ? C'est elle qui a mis fin à notre amitié. Après l'article dans le journal.

— Vous n'êtes plus des gamines Daphné, soupira Théo en tournant ses yeux vers son profil obstinément immobile. Tu devrais aller la voir. Vous devez vous expliquer.

— Elle me claquera la porte au nez.

— Je te jure que non. Promets-moi d'essayer au moins.

Daphné poussa un soupir et consentit enfin à regarder son ami. Elle doutait de ses dires. Mais elle lui devait bien ça. Elle devait au moins tenter le coup. Pas seulement pour elle, mais aussi pour Pansy. Et elle s'en voudrait s'il lui arrivait quelque chose, à elle comme au bébé.

— Très bien, consentit-elle enfin. J'essaierais. Mais pas aujourd'hui. J'ai des trucs importants à faire.

— Merci, Daph', merci beaucoup.

Les yeux brillants, Théo lui serra la main et l'embrassa sur la joue. Puis il la raccompagna chez elle en silence, l'air plus heureux que précédemment. Il s'excusa de ne pas rester en sa compagnie, puis il partit lorsqu'elle fut entrée dans le manoir.

Daphné s'écroula dans le canapé, vidée de toute énergie. Elle était tiraillée entre le soulagement et l'appréhension, ce qui était assez déstabilisant. Elle ne sembla reprendre vie que lorsqu'elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir sur Astoria et sa mère. Aussitôt, elle se leva d'un bond et monta silencieusement à l'étage sans se faire remarquer. Elle devait encore prendre un bain, organiser les derniers détails de la fête, se préparer et envoyer une lettre à Blaise. Les prochaines heures ne s'annonçaient pas de tout repos !


— Astoria, tu es prête ?

Daphné ouvrit la porte de la chambre de sa sœur après avoir brièvement toqué contre le chambranle. Comme elle s'y attendait, Astoria était encore en train de se préparer. Elle laissait son Elfe lui coiffer ses boucles brunes pendant qu'elle se maquillait, assise face à son miroir.

— Ah Daph', tu tombes bien !

Astoria se leva, chassant négligemment son Elfe d'un geste de main dédaigneux. Elle finit de mettre son rouge à lèvres puis se tourna vers son aînée, l'air subitement très sérieuse, une paire de boucles d'oreille dans chaque main.

— Lesquelles iront le mieux avec la robe ?

Daphné, totalement sciée, laissait ses yeux voyager d'une paire à l'autre, qu'elle trouvait absolument identiques. D'un geste excédé, elle désigna celle de droite. Sa sœur la considéra un long moment en fronçant les sourcils avant de hocher la tête et de les enfiler.

— Tu es magnifique ce soir, fit remarquer Astoria.

— Merci, toi aussi, répondit automatique son aînée, par habitude.

D'ailleurs, Daphné n'était pas assez stupide pour ne pas avoir remarqué le ton condescendant de sa cadette. Comme si elle lui accordait une faveur ! Néanmoins, elle brida ses sentiments, lui offrit son plus beau sourire et l'entraîna ensuite dans le couloir avec impatience.

— Dépêche-toi lui intima-t-elle. Tes invitées t'attendent !

— Encore merci pour cette soirée, Daph', ça va me permettre de décompresser. Tu te rends compte quand même ? Dans une semaine jour pour jour, je serais Mrs Drago Malefoy ! C'est trop génial !

— Mais oui, mais oui, lui assura l'intéressée en hochant la tête, un sourire pincé aux lèvres.

Les deux sœurs ne purent échanger un mot de plus. Elles étaient arrivées dans le salon principal, qui avait été entièrement redécoré pour l'occasion. Une vingtaine de jeunes femmes étaient éparpillées dans la pièce, buvant des coupes de champagne et piquant dans le buffet. Daphné s'était assurée qu'elles étaient toutes célibataires, et qu'elles viendraient habillées sexy. Ce qui était le cas. Pour être honnête, elle n'en connaissait pas la moitié. La plupart avait été invitées par Blaise.

Des jeunes hommes torses nus déambulaient dans la pièce avec des sourires ravageurs, portant des plateaux surchargés de verres d'alcool. Astoria, qui s'était attendue à une soirée cocktail guindée comme celle donnée par leur mère, était estomaquée. Elle reprit ses esprits et se tourna vers sa sœur, furieuse.

— C'est quoi ça ? siffla-t-elle entre ses dents.

— Ta fête, répondit innocemment Daphné.

— Ca ressemble plutôt à un enterrement de vie de jeune fille !

— Peut-être.

— Je t'avais dit que je n'en voulais pas !

— Drago n'en voulait pas.

— Et s'il l'apprend...

— Il n'en saura rien, l'interrompit Daphné d'un ton insouciant en lui mettant de force une flûte de champagne dans la main. Profite, et amuse-toi pour une fois. Je t'ai réservé une super soirée ! Et que serait une mariée sans enterrement de vie de jeune fille ? Lâche-toi, décoince !

Avec un sourire, Daphné emmena sa sœur réticente vers les invitées et lui présenta celles qu'elle connaissait. Plus le temps s'écoulait, plus Astoria se détendait. Au bout d'une heure, elle riait et discutait librement avec les autres, se laissant aller jusqu'à rendre un sourire détendue à un des serveurs. Ravie de sa réussite, Daphné éteignit la musique et tapa dans ses mains pour attirer l'attention.

— Excusez-moi ! clama-t-elle en reposant son verre. Vous savez toutes pourquoi nous sommes ici, ce soir. Pour célébrer l'enterrement de vie de jeune fille de ma sueur, future Lady Malefoy !

Des applaudissements éclatèrent sous le sourire éblouissant d'Astoria, qui était enfin le centre d'attention générale.

— Quand Astoria a rencontré Drago, poursuivit Daphné, j'ai su qu'elle avait trouvé l'homme de sa vie. Mais cette soirée est faite pour lui faire oublier pour quelques heures son homme ! Il faut qu'elle s'amuse avant d'enfin se caser pour toute sa vie !

Plusieurs filles approuvèrent vigoureusement en hochant la tête, l'air parfaitement d'accord. Daphné récita la fin de son petit discours, puis elle laissa place à une jolie rousse aux yeux bleus, une ancienne camarade de classe d'Astoria. Profitant de ce moment d'inattention, Daphné alla vérifier dans la pièce voisine que tout se passait bien. Lorsqu'elle revint, elle offrit un superbe sourire à Astoria et indiqua que le vrai repas était prêt, le buffet ne servant que des amuse-gueule.

La joyeuse troupe s'installa à une longue table rectangulaire, où les plats furent apportés par les Elfes. Astoria remercia sa sœur avec reconnaissance, les yeux brillants. Elle devait avouer que louper une soirée pareille aurait été vraiment dommage. À l'heure du dessert, Daphné ne put retenir un large sourire d'anticipation. Elle espérait que Blaise serait à l'heure. Sinon tout tombait à l'eau.

— J'ai une petite surprise pour le dessert, annonça Daphné en se levant avec grâce, provoquant une soudaine excitation chez ses convives.

— Une surprise de quel genre ? gloussa une petite brunette à la peau pâle à l'autre bout de la table.

— Du genre qu'on peut se mettre sous la dent ? renchérit une autre, avec un grand nez pointu parsemé de taches de rousseur, une lueur coquine dans le regard.

Avec un sourire mystérieux, Daphné demanda à Lindy d'apporter la surprise. Aussitôt, à la grande joie des invitées (et étonnement, d'Astoria), une troupe de jeunes hommes fort agréables à regarder firent leur entrée dans la pièce. Certaines gloussèrent de plus belle, d'autres leur lancèrent des regards aguicheurs, tandis que les dernières les interpellaient déjà en les détaillant des pieds à la tête.

Sur un geste de Daphné, un des plus mignons et des moins vêtus s'approcha de sa sœur. La musique fut relancée, et les jeunes hommes entraînèrent les convives sur la piste de danse, certaines dansant de manière plus qu'indécente. Rougissante, Astoria accepta la danse que lui proposait le jeune homme choisit par son aînée. Avec un sourire presque machiavélique, Daphné les vit se mettre au centre de la pièce et danser collé-serré. Trois... Deux... Un...

La porte s'ouvrit à la volée. Daphné fut entièrement satisfaite. Blaise avait eu le parfait timing. Sur le pas de la porte se tenait Drago, figé, les yeux fixés sur sa future femme, qui semblait tétanisée, collée à son cavalier. Semblant prendre conscience de sa posture, Astoria s'écarta précipitamment du jeune homme, pendant que les autres s'étaient arrêtées de danser, un peu surprises par l'arrivée fracassante des deux hommes.

Après un instant de flottement, Drago fusilla sa femme du regard et tourna les talons, l'air particulièrement furieux. Astoria resta immobile quelques secondes, puis elle se jeta à sa poursuite en hurlant son prénom.

— Le spectacle est terminé, tout le monde dehors, ordonna Blaise.

Grâce à son autorité et son visage intraitable, il réussit à vider en quelques minutes le manoir plein de ces célibataires en chaleur. Avant de quitter la pièce, il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et croisa le regard de Daphné, qui semblait particulièrement fière d'elle.

— A ta place j'attendrais quelques jours avant d'aller le voir, lui conseilla-t-il.

Étonnée, elle hocha la tête puis le regarda partir. Elle eut à peine le temps de savourer sa victoire que la porte d'entrée claqua de nouveau. Quelques secondes plus tard, une Astoria hystérique et en pleurs entrait dans la pièce. En voyant sa sœur, son teint devint encore plus rouge et elle se précipita vers elle en brandissant un doigt vengeur.

— Tout ça c'est de ta faute ! Vociféra-t-elle. Tu as tout manigancé, pas vrai ?

— Quelle perspicacité, ironisa Daphné en rejetant sa crinière blonde derrière son épaule d'un geste désinvolte de la main. Tu as trouvé ça toute seule ?

— Je le savais ! Je savais que j'aurais dû faire confiance à mon instinct ! Dès le début j'ai senti que tu n'étais pas honnête avec moi, mais je t'ai laissé le bénéfice du doute ! Et voilà ce que ça donne ! Tu as brisé mon mariage !

— Un mariage dont tu savais pertinemment que j'aurais du mal à accepter ! hurla Daphné, perdant son sang-froid et rivalisant ainsi avec sa sœur niveau vocalises. Après tout ce qui s'est passé à Poudlard, comment oses-tu seulement penser que ça ne me ferait rien ? Tu savais que depuis tout ce temps j'étais resté amoureuse de lui !

— Tu n'avais qu'à me le dire !

— Tu sais aussi bien que moi que tu n'aurais pas lâché l'affaire ! Tu n'es qu'une petite nombriliste jalouse et égocentrique qui passe pour un ange devant tout le monde ! Mais moi je sais que tu n'es qu'une garce !

À peine eut-elle fini sa dernière phrase que Daphné ressentit la brûlure de la gifle que lui asséna Astoria sur la joue. Elle la toisa d'un regard froid, et eut un rictus presque méprisant en voyant ses yeux se remplir de larmes. Sa sœur avait l'air de vouloir la frapper encore une fois. Même si Daphné avait très envie de lui rendre sa gifle, elle se maîtrisa. Elle n'était pas Serpentard pour rien.

— Tu avais tout prévu, fit remarquer Astoria en détaillant attentivement son visage, les larmes coulant maintenant plus de tristesse que de colère. Avec Blaise je suppose. Il a dû te dire à quel point Drago exécrait ce genre de fête. Qu'il pensait que c'était pour les filles légères.

— Exacte, affirma Daphné. Il devait l'amener ici à une heure précise à l'aide d'un prétexte.

— Donc, tu ne sors pas vraiment avec lui ?

— Non.

— Et tu as toujours été amoureuse de Drago.

— Oui.

— Tu étais prête à tout, hein ? Quitte à détruire ma vie au passage.

— Je t'ai toujours tout donné Astoria. À Poudlard, tu étais toujours le centre de l'attention. Même des années après, quand je recroise les anciens du collège, avant même de me demander comment je vais, c'est de toi qu'ils me parlent. Je suis toujours restée dans ton ombre. J'ai toujours souffert en silence. Aujourd'hui, c'est un petit peu à moi de vivre. Et puis, si tu aimais vraiment Drago, tu n'aurais accepté cette fête sous aucun prétexte. Maintenant que tu as trahi sa confiance...

— Drago m'aime, jamais il ne te laissera l'approcher. Et tu le sais.

Daphné haussa les épaules, ne souhaitant même pas répliquer. Contemplant les reliefs du repas, elle se félicita d'avoir des Elfes capables de tout ranger en un claquement de doigts. Elle ne s'en sentait pas la force ce soir.

— En tout cas, murmura Astoria, j'espère que tu arriveras à vivre heureuse en ayant tout ça sur la conscience. Finalement, Pansy avait raison. Tu n'es qu'une sale manipulatrice.

Puis elle quitta la pièce. Daphné resta seule un long moment au milieu du champ de bataille, les doigts encore crispées sur sa baguette. Elle avait gagné. Elle avait remporté la guerre contre sa propre sœur. Mais sa victoire lui laissait un arrière-goût amer dans la bouche. En réalité, elle n'avait pas vraiment l'impression d'être la gagnante de cette histoire.

Les larmes aux yeux, elle monta les escaliers d'un pas fatigué. Arrivée dans sa chambre, elle se débarrassa de sa robe et se glissa dans ses draps. Lorsqu'elle tourna la tête vers sa table de chevet, elle aperçut le collier qu'elle avait offert à Astoria peu avant ces évènements. D'un geste las, elle le mit dans le premier tiroir et se retourna. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Elle ne cessait de repenser à ce qu'avait dit sa sœur. C'est donc tout naturellement que ses pensées dérivèrent vers Poudlard. Là où tout avait commencé.


Note de fin : Voilà, j'espère que la confrontation entre Astoria et Daphné vous a plus, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. Au prochain chapitre, un flash-back avec un retour dans le passé de Daphné. Rendez-vous demain donc ! ;)