Tout l'univers de Twilight appartient à Stephenie Meyer, je ne fais que l'emprunter pour m'amuser avec les personnages.

Bonjour, bonsoir ou bonne nuit, selon l'heure. Tout le monde va bien?

Je tenais à vous remercier pour tous vos gentils messages (et vos menaces aussi) de la dernière fois, ça m'a fait vraiment plaisir. J'ai donc le plaisir de vous poster le neuvième chapitre, qui est un chapitre court mais essentiel pour comprendre pas mal de choses, et notamment ce qu'il se passe dans la tête de Belle et ses relations avec sa famille. On se retrouve très vite.

°0°


J'étais dans un état de catatonie complète. La douleur étant principalement ce qui me maintenait éveillée. Sinon, je me serais endormie pour ne plus rien sentir, et donc devenir vide. Je savais que j'avais mal. Je savais que j'était vivante. Cependant, j'avais l'impression de ne plus être dans la réalité. J'étais complètement à part, enfermée dans ma douleur. Le monde extérieur m'importait peu. Je repassais sans cesse la scène de notre dispute. De notre rupture.

Je voulais essayer de comprendre ce qu'il s'était passé. Comment nous avions pu en arriver à ce point de non retour. Ah quelle ironie.

Nous étions pourtant bien, jusqu'à ce qu'il parlemente sur ma façon d'agir avec ma famille. Je pouvais comprendre son point de vue, mais j'étais si blessée que je n'essayais même pas.

J'étais brisée. Mon cœur était redevenue cette plaie béante qui s'était ouverte lorsque j'avais compris, il y a quelque temps que nous ne nous reverrions plus. Jusqu'à il y a deux mois et demi.

Nous avions eu seulement deux mois et demi avant de nous déchirer à nouveau.

Mais tout s'était passé si vite. Je ne comprenais pas pourquoi j'avais la sensation que ça avait duré des années. Peut être parce qu'avec Edward tout est plus intense. Ca l'a toujours été. De nos plus simple baisers aux disputes. Aux ruptures.

Nous vivions dans la passion la plus pure et la plus complète. Il n'y avait jamais de demi mesure. Nous nous donnions entièrement, nous arrachions le cœur quand l'un ou l'autre partait. Nous planions sur notre relation vivant presque d'amour et d'eau fraiche. Quand l'autre était là, le reste n'était pas nécessaire. Futile. Et lorsqu'il partait, alors tout devenait sujet à souvenir, à douleur, parce que tout nous rappel l'autre. Un mot, un livre, un endroit. Tout est marqué par sa présence, comme un fantôme hantant sa moitié resté sur Terre. Et chaque objet, chaque parole est une tourmente, le déclencheur potentiel d'une valse émotionnelle violente. Le tout finissant, pour ma part, par des pleurs incessants, épuisants et destructeurs.

J'était détruite. C'était exactement le terme qui convenait. J'avais besoin de lui dans ma vie autant que d'oxygène, pourtant il était parti.

Il m'avait dit qu'il resterait. Il m'avait promis qu'il ne repartirait plus. Il avait menti.

Je ne savais absolument pas dans quoi me je me lançais lorsque j'avais repris ma relation avec lui, je savais juste que je le voulais lui, entièrement, simplement. Et là, il était parti encore une fois, et cette fois je n'étais pas sure de m'en remettre.

Lorsqu'il avait claqué la porte de la boutique, je m'étais effondrée sur le sol, de façon pathétique pour pleurer de tout mon saoul. J'avais du rester la quelques heures puisque ce fut Angela qui me trouva, alors qu'il faisait déjà très sombre.

« Bella ? Bella tu es là ? »

Je l'entendis refermer la porte et me chercher dans les rayons.

-Bella ? Pourquoi la boutique est dite fermée alors que la porte est déverrouillée ? »

Elle insista

« BELLA ! »

Je compris qu'elle commençait à paniquer. Je voulu alors lui crier que j'étais là, quelques part derrière le comptoir, mais le seul son qui sorti de ma bouche fut un gémissement atroce.

Je l'entendis revenir vers moi, et me trouver. Elle s'agenouilla de suite devant moi.

« Bon dieu Bee ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu t'es fait braquée ? Agressée ? Répond moi ! » elle me secoua

« Il est parti. » dis-je lamentablement en refondant en larmes.

Elle me prit dans ses bras, et se détendis légèrement, comprenant surement que je n'étais pas en danger physique.

« Qui donc, mon coeur? »

« Ed...Edward. » le trou dans ma poitrine se mit a bruler plus intensément lorsque je prononçais son prénom. Je reniflais voulant lui crier qu'il était reparti, encore une fois, comme toujours, je voulais hurler ma peine mais aucun son ne voulait sortir de ma bouche autres que ces stupides sanglots.

« C'est pas vrai ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Je tentais de contrôler ma voix pendant que je lui racontais la descente aux enfers, entre sanglots et reniflements intempestifs, coupant mon récit.

« Victoria est venue, on s'est disputées. Edward était là, il a tout vu, tout entendu. Il m'a dit que je savais bien me défendre mais qu'il pensait que je n'aurais pas dû lui parler comme ça. Il a dit qu'il ne me reconnaissait pas, que d'habitude, je n'étais pas si méchante... On s'est engueulé violemment ensuite. Je lui est dit que si il n'était pas d'accord avec moi, alors c'est qu'il était d'accord avec eux. Et qu'il était contre moi. Alors... Il a dit... Que je n'étais pas la Bella qu'il aimait. Et il est parti ! »

Je fini mon discours en pleurant de plus belle.

« Quelle pute !

-Qui ça Edward ? » demandais-je en gloussant à travers mes larmes.

« Mais non ! Victoria ! »

Je riais un peu plus. Il n'y avait qu'Angela pour me faire rire alors que j'étais au plus mal. Elle me berça contre elle un peu plus.

« Ma petite Bee. Si fragile au fond. Je comprend que tu ai réagis comme ça. Il t'a jugé alors que tu avais confiance en lui. »

Je levais les yeux vers elle, toujours plongées dans l'obscurité de la boutique. Elle me sourit d'une façon rassurante et maternelle. Angie était faite pour être mère. Elle allait être parfaite dans ce rôle, elle était née pour ça. Elle me serra un peu plus contre son cœur et déposa un baiser rempli de chaleur et de douceur dans mes cheveux.

« Mon coeur, je pense que vous avez tout les deux sur-réagis. Il n'avait certainement pas à te juger comme il l'a fait, c'est sur, mais maintenant, je pense qu'il ne le voulais pas. Où s'il l'a fait ce n'était pas intentionnel. Il faudrait que vous vous expliquiez. Si tu as réagis comme je te connais, tu as dû monter sur tes grands cheveux sans lui laisser le temps de s'expliquer correctement. »

En l'écoutant, je me rendais compte de nos erreurs, et des miennes surtout. J'avais réagis violemment encore une fois.

« Je comprend que tu l'ai fait, ma Bee, avec la visite de victoria, et tout ce qu'il s'est passé dans ta famille ces derniers temps. Tu étais comme une bombe à retardement. Et malheureusement c'est avec lui que ça a éclaté. »

Mes larmes s'étaient taries à écouter sa douce voix me réconforter et faire le point pour moi. Je restais attentive à ses mots, calant ma respiration sur la sienne, sereine. Sa main passait dans mes cheveux comme une caresse encourageante. Elle continua.

« D'après ce que vous m'avez tous dit de vous deux, quand vous étiez ados , vous avez eu une relation spéciale, avec un lien très fort, vraiment dépendants l'un de l'autre. Et d'après ce que tu me disais encore l'autre jour et l'étincelle qu'il y avait dans tes grands yeux, c'était et c'est toujours le cas. Tu as besoin de lui comme il a besoin de toi. Tu as besoin de son soutient, de son amour, et le fait qu'il puisse penser du mal de toi t'as blessé plus que nécessaire. »

Elle s'arrêta de parler quelques instants, surement pour me laisser réfléchir sur ses paroles. Elle reprit ensuite, toujours doucement.

« Tu es quelqu'un d'entier Bee, tu ne vis jamais les choses à moitié, et là, tu t'es jetée a corps perdu dans cette relation sans savoir où ça allait réellement mener. Je suis sure, qu'en plus de vous sauter dessus comme des sauvages, vous avez à peine prit le temps de bien parler de vous ?

-On a pas mal discuté, mais peut être pas de l'essentiel, c'est vrai » avouais-je à demi mot.

Elle continua ses caresses dans mes cheveux, et chantonna doucement avant de se remettre à parler dans le noir.

« Tu sais ce que tu vas faire mon coeur, tu vas monter chez toi, prendre un bon bain, et te mettre au chaud parce que tu es frigorifiée. Ensuite, tu vas réfléchir et même mettre sur papier tout ce que tu aurais voulu lui dire calmement. Tout ce que tu ressens, tout ce que tu lui reproche. Puis tu vas réfléchir à pourquoi tu as réagis comme ça, ok ? »

J'hochais la tête, toujours contre elle.

« Ensuite, demain soir, Alice et moi on viendras passer la soirée avec toi. J'apporterais un bon film d'action et des pizzas. Pour le reste de la semaine, on s'arrangera pour que tu ne sois pas seule trop souvent, sinon ça fera comme d'habitude, et je ne veux plus jamais te voir dans cette catatonie là, c'est compris ? Puis, la semaine prochaine, tu viendras à la maison parce qu'on organise un diner avec Alice et Jazz.

-Non, Angie, je vais encore tenir la chandelle et ce n'est pas le meilleur moment pour m'afficher votre bonheur conjugal à la figure.

-On a invité un collègue de Ben. Il veut nous le présenter. Et il pensait qu'il te plairait. Enfin, selon Ben, il serait ton style.

-Vous voulez me caser avec le collègue de Ben ? » m'étranglais-je. Comme si c'était le moment !

« Non ! J'avoue c'était l'idée première, mais c'était avant que je te vois mercredi, avant que tu me dise que tu étais amoureuse. Mais on ne va pas annuler son invitation. Alors vous venez, tout les deux, comme nos amis. Il compte pour Ben apparemment, ils sont très amis. Il veut absolument qu'on le rencontre.

-Tu ne le connais pas ?

-Non, mais Ben en parle souvent et j'ai toute confiance en lui. Tu viendras ?

-Je ne sais pas Angie...

-Ce n'était pas vraiment une question. »

Je me relevais, et l'aidais à faire de même. Je retins une grimace. Passer tout l'après-midi roulée en boule derrière un comptoir et sur du carrelage n'était pas très confortable, j'étais toute ankylosée.

Elle me fit face et me prit par les épaule. Malgré l'obscurité ambiante, je voyais très bien ses yeux briller.

« Et tu vas faire quoi si tu ne viens pas ? Pleurer sur ton sors seule dans ton appartement ? Sortir te saouler ? Manger du chocolat à en vomir ? Travailler comme une dingue ? Je te connais comme si je t'avais faite Bee, tu as besoin de te changer les idée. Alors, tu viens à cette soirée. Ce sera un simple diner entre amis. Pas grand chose. Tu n'amènes rien à part ton sourire. »

J'acceptais en soupirant. De toutes façons je n'avais pas le choix. Mais je ne me plaignais pas, parce que je savais qu'elle avait raison. J'avais les meilleurs amis du monde et Angie en faisait vraiment partie.

Après ça, elle m'aida à fermer correctement la boutique, puis nous montâmes dans mon appartement. Je lui offris un thé, ,et nous parlâmes de sa grossesse. Elle rayonnait quand elle en parlait. Elle était faite pour devenir une maman. Même si Ben serait plus un papa-copain pour cet enfant, Angela serait une maman géniale, autoritaire mais adorable, avec de l'amour à revendre.

Ayant grandis dans une famille très croyante, avec un père pasteur, elle n'avait pas reçu autant d'amour et de tendresse qu'elle l'aurait voulu. Son père était un homme dur, plongé dans son travail et dans sa foi. La mère d'Angie était quelqu'un d'effacé, de timide, l'ombre de son père. Elle se contentait de le suivre, d'être 'la femme du pasteur'. Elle avait élevé ses enfants dans l'optique d'en faire de bons chrétiens et pas plus. Alors oui, Angela et ses deux frères (des jumeaux, de 34 ans aujourd'hui) avaient des valeurs, mais l'attitude de leurs parents à leur égard les avait dégouté de la foi. Ils leur en voulaient de les avoir fait grandir dans une église, dans un climat froid sans chaleur et sans tendresse. Aujourd'hui, Angela se rattrapait en donnant tout l'amour et toute la tendresse qu'elle a à ses élèves qui l'adorent, à Ben, qui est fou d'elle, à nous, ses amis, qui remercions chaque jour le ciel de l'avoir mise sur notre route, et à ce futur bébé, qui sera le plus chanceux d'avoir une telle mère.

Après ça, elle n'essaya pas de revenir sur le sujet ''Edward'', elle savait que ça ne servait à rien. Alors nous continuâmes à parler de tout et de rien. Puis elle fini par partir.

« Viens Bella, fais pas ta tête de mule. Ca te fera du bien. » Elle déposa un baiser sur ma joue, et me serra une dernière fois contre elle, toujours comme une maman l'aurait fait.

Ayo-Better Days

Lorsque l'appartement tomba dans le silence, j'allais me coucher directement, m'enroulant dans ma couette, dans le noir le plus complet, le nez enfoui dans l'oreiller qui portait encore l'odeur d'Edward.

Je ne dormis pas cette nuit.

Je ne pleurais pas non plus.

Je n'ai cependant pas cessé de me passer notre dispute dans mon esprit. J'essayais de l'analyser, de comprendre ce qu'il s'était passé, de comprendre son point de vue. Je le voulais. Je voulais trouver la faille qui avait fait que tout avait explosé.

Au petit matin, j'en avais conclu plusieurs chose essentielles. Ni lui, ni moi n'avions raison dans nos réaction. Et ni lui, ni moi n'avions non plus la même vision de la famille. Et j'avais aussi comprit qu'il avait fait la seul erreur que j'aurais pu jamais lui reprocher: me juger.

Cependant, je pouvais comprendre. Il n'avais jamais vécu de situation similaire. Sa famille était soudée. Une vraie famille de conte de fée. Alors que la mienne ressemblait à une famille de comédie tragique.

Je pouvais aussi comprendre qu'il me trouve différente. Parce que je l'étais. J'avais changée je le savais.

J'étais devenue quelqu'un de plus dure, envers les autres et envers moi-même. Je ne supportais plus que l'on juge ma vie, que l'on qualifie mes actes de médiocre et mon être de mauvais. J'en avais marre d'être ce que j'avais toujours été aux yeux de ma famille.

J'étais à présent plus cynique, plus noire dans ma vision des choses. J'avais du mal à accepter un compliment,

Avant, j'avais du mal mais plus par timidité. Avant, j'étais quelqu'un de timide, de naïf, voir de candide et idéaliste. J'avais perdu tout ça lorsque j'avais perdu Edward, petit à petit.

Il m'avait aimé quand j'étais jeune, gentille et naïve. Et si à l'époque déjà mes relations familiales étaient tendues, elles n'étaient pas aussi proches de la rupture qu'aujourd'hui.

Au début de notre relation, tout était différent. J'avais du mal à parler avec mon père, il était présent, seulement physiquement, silencieux et travaillait quand même beaucoup. Il était à l'époque dans l'ombre de ma mère qui a toujours été plus excentrique, plus visible. A cette époque, j'étais encore proche d' ès proche même. Nous étions comme deux amies. Nous n'avons jamais eu de vraie relation mère-fille comme il faudrait mais ça m'allait. Je lui confiais quasiment tout, elle me conseillait et m'écoutait sans jugement, différemment d'aujourd'hui.

Rose, venait de partir de la maison pour la faculté de gestion et vivre avec Emmett. Nous n'avions quasiment pas de contact sauf par le biais de Renée qui s'efforçait de donner des nouvelles de l'une à l'autre, bien qu'elle n'en demande pas.

Quant à James, cela faisait déjà un moment qu'il n'était plus à la maison et que j'avais cessé d'essayer d'avoir un quelconque lien avec lui. Il ne daignait rentrer que très rarement, un à deux fois par an, maximum. Mais petits, nous étions avec Rose comme les doigts de la main. Jusqu'à ce qu'il parte. Jusqu'à ce que nous grandissions.

Ma grand-mère, elle, était déjà aussi aigrie et mauvaise qu'aujourd'hui, ça n'avait pas changé, elle avait toujours été comme ça, et la seule évolution qu'on avait pu observer dans son comportement, c'est que c'était de pire en pire. Plus elle prenait de ride, plus elle devenait méchante. Elle détestait vieillir. Elle detestait ne plus avoir le contrôle sur elle même qu'elle avait pu avoir avant, et elle nous le faisait payer. On se devait d'être le meilleur dans nos actes, être et donner le meilleur de nous même comme elle l'avait fait, et elle ne supportait pas de voir que nous agissions différemment, sauf James.

A cette époque, je n'aurais jamais oser me rebeller face à cette famille. Aussi déséquilibrée qu'elle était, j'y tenais. Je croyais que cette distance entre la plupart des membres faisant justement notre équilibre. Et je souhaitais le maintenir.

J'aurais tout fait pour mes parents et ma sœur à cette époque. Moins pour James. Mais je leur étais quasiment entièrement dévouée à tous. Comme une bonne petite fille idéaliste.

Aujourd'hui, tout était différent. Rose et mon père sont les membres de ma famille dont je suis le plus proche. Ma mère est devenue une étrangère. Je ne la comprenais plus et elle ne connaissait plus rien de ma vie

Je ne passe pas une semaine sans voir rosalie et Emmett ainsi que leurs enfants, que j'aime autant que si ils étaient les miens. Je suis la marraine de Ethan, le second, mais je ne fais pas de distinction. Ils sont mes petits trésors.

Charlie m'appelle au minimum une fois par semaine, pour prendre des nouvelles, pour me raconter son travail. Et nous déjeunons ensemble dès que possible. Même si nous ne parlons pas beaucoup, mon père est l'homme sur qui je compte le plus.

James était devenu un étranger au même titre que toutes les filles qu'ils ramenaient, qui n'étaient que de simples filles de passage. Il l'était encore plus maintenant qu'il était fiancé à une créature prônant des valeurs contraires à celles qui lui avaient été apprises. Argent, pouvoir, individualité et non respect, entraide et amour.

Et ma grand mère avait entamée sa course dans le concours de la femme la plus perfide des Etats-Unis. Son chemin vers la cruauté de plus en plus visible au cours des années. Elle me faisait penser à la vilaine sorcière des contes de fées. Celle qui déteste les autres parce qu'elle sont plus jeunes, plus belles et qu'elles reçoivent de l'amour, qu'elle n'a plus depuis que son mari est mort.

Eux, autant que moi avions changé. Je le reconnais.

J'avais changée, grandie, évoluée, mûrie, modifié ma façon de voir les choses, de les dire. J'étais plus réaliste, moins idéaliste, moins romantique. J'ai vécu de nouvelles choses qui m'ont transformée. J'ai connu des joies, des déceptions, des victoires comme des défaites, j'ai combattu pour mes idées, pour mes rêves comme j'ai baissé les bras pour d'autres. Toutes ces expériences au cours des huit dernières années m'ont transformée, notamment dans ma façon de percevoir les critiques et d'y répondre.

Non, je ne suis plus la même, j'ai dix ans de plus.

Lorsque les premiers rayons du soleil se montrèrent, transperçants les lourds nuages gris, je décidais de me lever. J'étais courbaturée par ma journée et ma nuit blanche. En jetant un coup d'oeil au réveil, je vis qu'il était encore tôt, près de sept heure.

Douloureusement, je me plaçais devant le miroir. J'enlevais mes vêtements pour ne rester qu'en sous vêtements. Il faisait froid, mon corps fatigué était parcouru de frisson mais je n'y pensais pas.

Parce que si mon attitude, et mon esprit avaient changés, mon corps aussi.

Plus jeune, j'étais fine, avec des formes certes, mais fine malgré tout. Avec le temps, le stress, les études, le travail, j'avais perdu cette finesse. J'avais pris du poids. Mes hanches étaient plus larges, comme celles d'une mère, à ceci prêt que je n'avais pas eu d'enfant, et qu'à ce rythme, je ne risquais pas d'en avoir avant un bon moment. Mon ventre n'est plus plat, ni ferme comme il l'avait été. Moi poitrine avait grossi également, mais peut-être que ce n'était pas plus mal, devenant proportionnelle au reste de mon corps. J'avais de jolies jambes selon Alice, Angela et même Edward, mais je ne les trouvais pas exceptionnelles. Alice disait qu'elles étaient interminables, et fines, et qu'elle rêvait d'avoir les mêmes. Mais, elles sont lourdes, comme si elles étaient lassées de me porter. Mes bras, étaient plus musclés qu'avant, à force de porter des cartons et des livres toute la journée.

Lorsque mon regard se porta sur mon visage, ce qui me parut flagrant fut mon âge. Pour la première fois, je pris conscience d'avoir réellement vieilli. Et surtout, je prit conscience de qui j'étais vraiment.

Mon front était barré de quelques rides d'expression plutôt marquées, montrant que j'étais souvent contrariée ou concentrée, sérieuse. Mes yeux étaient grands-gros- inexpressifs, entourés de cernes, signes de ma nuit blanche. Mes pommettes étaient plus saillantes que lorsque j'étais jeune, mes joues plus creuses j'avais clairement perdu mes rondeurs de jeunesse, rentrant définitivement dans l'âge adulte. Mes lèvres étaient striées de gerçures, victimes de mes incessants mordillements signes de ma nervosité.

Mes cheveux avaient pendant longtemps été ce que je préférais chez moi, refusant de les couper. Ils m'arrivaient à la taille. Alice me disait souvent que ça faisait enfantin. Ils n'étaient plus aussi beau qu'avant, secs, un peu abimés aux pointes, les boucles désordonnées.

J'avais changé c'était certain. Mais pas définitif. J'allais continuer sur cette voie. Et de cette femme presque aigrie que j'étais devenue, j'allais devenir ce que je voulais être.

Il était temps de réparer les erreurs du passé, celles qui m'avaient transformée. Ma famille, mes soucis et ma solitude avaient trop influencé la personne que j'étais. Je voulais redevenir cette amie présente et souriante, cette sœur disponible et accueillante, cette fille prodigue. Cette femme capable d'aimer et d'être aimée, de rire et de sourire, de s'amuser et d'amuser.

Je devais faire une concession entre être une adolescente souriante et enjouée et une femme, mûre et responsable.

J'allais changer. Vraiment. Pour moi. Pour les autres. Pour Edward. Mais surtout, pour moi.

°0°


Voilà, voilà! C'est tout pour aujourd'hui.

Si j'ai autant de réactions que la dernière fois, il est très probable que le prochain chapitre arrive dans le weekend.

Profitez de vos weekend, de vos vacances ou de vos jours de travail ^^

A très vite, plein de bisous

S