Les personnages appartiennent à JKR (malheureusement).

Merci pour vos messages et reviews !

BONNE LECTURE !


Notes (pour la conversation sms) :

From/To : « from » signifie que le message provient de la personne dont le nom est indiqué juste après, et « to » qu'il est envoyé à la personne.

Kins : est un terme anglais ajouté à la fin du prénom de quelqu'un, sur le même schéma que « Lily-jolie ».

Jerk : crétin/connard

Vocabulaire :

Corsage : bracelet floral que l'ont mets pour les bals de promo (c'est au cavalier de l'acheter, et de le passer au poignet de sa cavalière lorsqu'il passe la prendre chez elle. Bien souvent il porte lui aussi la fleur dans sa poche avant gauche au niveau du torse.


Chapitre 10

Marlène était nonchalamment allongée sur le lit de James, son portable dans une main et l'autre se balançant dans le vide, frôlant parfois du bout des doigts le tapis. Elle détestait attendre et elle détestait d'autant plus ne rien faire. Elle soupira pour la énième fois.

- Arrête de soupirer ! Lâcha Sirius qui allongé sur le tapis semblait avoir de la patience pour tout sauf pour elle.

- J'arrêterai de soupirer quand Evans se décidera à arriver, répliqua-t-elle cinglante.

- Elle travaille Marlène. C'est un truc que tu ne feras probablement jamais mais qui pour certains est une nécessité, répondit-il sans essayer de cacher son mépris pour elle.

- Espèce de sale petit …

- Les gars … soupira James qui tournait encore et encore sur sa chaise de bureau. C'est déjà assez pénible sans qu'en plus vous vous disputiez. Remus, tu peux lui envoyer un message pour voir où elle en est ?

- Oui, répondit le garçon, tout en tapant un message à la jeune fille.

- J'ai mieux à faire que de l'attendre, lâcha Marlène en se redressant, attrapant son sac, bien décidée à rentrer chez elle.

- Comme te regarder dans un miroir en te demandant si tu devrais boucler tes cheveux ou les lisser demain ? Ironisa Sirius.

- Je suis ravie de faire désormais partie des rares privilégiés qui sont au courant de tes activités capillaires du soir Sirius, répondit-elle en souriant assez fière de sa réplique.

- Elle dit qu'elle ne viendra pas … annonça Remus en coupant court à leur petit échange qui menaçait de virer au vinaigre.

- Pourquoi ? Demanda James assez surpris.

- Peut être qu'elle ne veut pas te voir … intervint Peter pour la première fois depuis qu'il était arrivé et d'une voix assez hésitante.

James lança un regard à Remus pour être rassuré, la supposition de Peter l'ayant fait douter immédiatement. Marlène fronça les sourcils contrariée par ce nouvel ordre des choses. Elle n'était pas contre le changement pour peu qu'elle en soit l'instigatrice et ce n'était pas le cas ici. James semblait ailleurs depuis la soirée chez Malfoy. Il n'était pas le genre de garçon à se sentir coupable ou encore à se soucier des autres. Ou tout du moins à se soucier de ceux qui ne faisaient pas partie de son cercle. Est ce que ça signifiait qu'Evans faisait désormais partie de son monde ? Elle n'avait rien vu, trop occupée qu'elle était à tromper son petit ami avec celui qui était censé être son ennemi. Rien n'allait plus. La seule chose positive dans le fatras qu'avait provoqué le Maître du Jeu était leur nouvelle amitié avec Remus Lupin. Ce dernier secoua la tête à la question de James.

- Non, elle dit qu'elle ne peut pas venir, qu'elle fait des recherches de son coté à la librairie … avec Severus.

Il avait ajouté la dernière information un ton plus bas dans l'espoir de ne pas provoquer une catastrophe nucléaire. Ce fut un échec. James avait parfaitement entendu et était tout aussi parfaitement en colère. Marlène n'avait jamais bien compris l'animosité de James à l'égard de Severus Snape, toujours était-il qu'elle était là depuis des années et ne semblait qu'accroitre avec le temps. Les choses s'étaient néanmoins calmées mais uniquement après avoir atteint un point de non retour. Peu de personnes connaissaient les détails de l'histoire en question.

Il y a de cela un peu plus d'un an, une fête avait été organisée dans le petit bois du domaine des Potter. Rien de bien extraordinaire. Ils n'étaient que des sophomores, aucune foule ne s'était pressée dans la clairière où ils avaient décidé d'allumer un feu de camp. Quelqu'un avait apporté des marshmallows et la seule musique provenait d'une guitare acoustique. Ils devaient être au maximum une trentaine. Ils avaient réussi à se procurer de l'alcool grâce à la cousine de Sirius, Andromeda, qui était déjà majeure et vaccinée à l'époque. Ils s'étaient bien amusés, pourtant Marlène gardait un mauvais souvenir de cette fête qui avait failli tourner au cauchemar.

Tout avait commencé quand Emmeline avait parlé du fait que le shérif et ses hommes avaient réussi à attraper le loup qui rodait près de la propriété des Vance. Les regards s'étaient alors tournés vers Remus pour plus d'informations. Ce dernier les avaient informés que le loup était gardé non loin de là, dans une cabane de chasseur abandonnée en attendant qu'il soit transféré dans la réserve naturelle d'où il s'était échappé. Les choses s'étaient gâtés par la suite. Mulciber, Avery et Snape avait réussi à se frayer un chemin jusqu'à la clairière, bien décidés à ruiner la soirée. James avait mis la main sur eux avant que cela ne se produise. Tout du moins sur deux d'entre eux.

C'était Sirius qui était tombé sur Snape. Il avait traité le garçon de lâche, en utilisant pour argument la fois où il n'avait pas été capable d'aller chercher son sac à dos sur le toit de l'école. Il l'avait ensuite mis au défi de prouver qu'il ne l'était pas. Snape n'avait pas pu refuser. Ça aurait été prouvé que Sirius avait raison. Il s'était alors enfoncé dans la forêt marchant droit vers la cabane où était enfermé le loup capturé un peu plus tôt dans la matinée. Le problème était que Snape n'avait aucune idée que l'animal y avait été enfermé. Il pensait qu'il ne s'agissait que d'une épreuve de courage qui consistait à se rendre à la cabane abandonnée en passant par la forêt en pleine nuit et d'en ramener un objet.

Elle se souvenait que James était revenu et que Sirius lui avait dit qu'il avait réglé le problème « Servilus ». James avait demandé des détails et elle se souvenait qu'ils avaient tous été horrifiés d'entendre Sirius raconter sa « petite » plaisanterie. Lui même sembla prendre conscience des conséquences possibles de ses actes. James avait foncé à la suite de Snape pour empêcher le pire d'arriver. Il s'était interposé entre Severus et le loup. Ce dernier les aurait probablement attaqué tous les deux si un cerf n'était pas passé par là, faisant fuir le prédateur en chargeant et ruant.

Snape avait accepté de ne rien dire à personne de cet incident. La seule raison pour laquelle il avait gardé le secret était Lily Evans. En effet, seuls les employés du département du shérif connaissaient le lieu où avait été enfermé le loup. Si Severus avait rapporté l'incident, Remus ainsi que son père aurait eu de graves ennuis. Le lieutenant Lyall Lupin n'aurait pas dû révéler une telle information à son fils. Hors Evans et Lupin étaient devenus très proches et Severus ne pouvait pas porter plainte sans impliquer lourdement le garçon. Il avait donc conservé le silence.

Elle se souvenait que James n'avait pas adressé la parole à Sirius pendant des semaines après ça. Elle aurait pu et dû se réjouir de cette situation. Après tout, voir Sirius Black souffrir aurait du lui procurer une satisfaction inégalée. L'ennui était qu'en punissant Sirius, James se punissait lui même. Jamais l'un sans l'autre, cette soudaine distance et cette colère teintée de rancoeur était une situation qu'ils n'avaient jamais connu ou expérimenté et qu'ils ne savaient nullement gérer. Sirius avait semblé accepter la sanction les premiers temps, mais d'un naturel peu patient, lorsque James avait décidé que c'était « assez », Sirius avait quant à lui jugé que ça avait été « trop ». Les choses avaient fini par se tasser et l'histoire était devenue un tabou. Personne n'en parlait, personne ne semblait s'en souvenir et pourtant elle pesait sur leur conscience à tous.

- Snape est au courant ? Demanda Peter.

- De toute évidence, répondit Remus fixant James avec appréhension et à juste titre, les colères du quaterback étaient aussi rares que violentes.

- Elle ne viendra pas et c'est la seule qui avait du nouveau alors je rentre, lâcha Marlène tentant vainement de détourner le sujet de Snape, mais la seule personne capable de détourner l'attention de James était murée dans un silence de mort.

- Pourquoi est ce qu'elle l'a mis au courant ! S'exclama le garçon furieux. Il … on …

- C'est son meilleur ami, lui rappela Marlène décidant d'utiliser cette occasion pour réduire la cote de popularité d'Evans auprès de James - autant que cette soirée soit désagréable de manière constructive.

- Pourquoi ? Répéta-t-il en fixant son regard sur Remus, ce dernier étant celui qui connaissait le mieux la jolie rousse.

- Il est intelligent, répondit Remus prudemment. Et à ses yeux, digne de confiance, je suppose.

Elle admira la diplomatie dont il faisait preuve pour expliquer que Lily Evans avait choisi le pire ennemi de James pour mener l'enquête sur qui pouvait lui en vouloir au point de le vouloir, lui et ses amis, morts.

Elle ne put s'empêcher de lancer un regard à Sirius qui faisait mine d'être complètement absorbé par le tapis. Il agissait toujours de cette manière quand Snape était mentionné. Il du sentir son regard sur lui puisqu'il releva les yeux, ses iris d'un gris clair s'assombrissant en croisant son regard. Ça faisait plus d'une semaine qu'il avait apprit la vérité sur leur relation et depuis à l'exception des quelques pics acerbes qu'ils s'envoyaient mutuellement, rien. Ils n'en avaient pas parlé et n'étaient pas revenus sur le sujet. Elle se contentait d'ignorer la culpabilité lancinante qui la tiraillait, après tout il s'en fichait pas mal, ce n'était pas comme s'ils avaient partagé quoi que ce soit de spécial. Ils avaient couchés ensemble. Plusieurs fois. Un nombre incalculable de fois. Inlassablement. Mais c'était tout ce que c'était : du sexe. Ça aurait du prendre fin tôt ou tard et même ne jamais commencer. Et sans ce stupide Jeu, ça ne serait jamais arrivé. Ou peut-être qu'elle se répéter tout ça pour atténuer sa part de responsabilité dans le fait d'avoir trompé son petit ami. Mais ce n'était pas envers Rabastan qu'elle se sentait coupable. C'était à Sirius qu'elle avait l'impression de devoir quelque chose. Et elle détestait ça.

La porte claqua, la soutirant de l'emprise de son ancien amant, et elle se rendit compte que c'était James qui avait quitté la pièce. Elle n'avait pas du tout suivi ce qui s'était passé et lança un regard interrogateur à Remus mais ce dernier haussa les épaules, n'ayant pas plus de réponses à son questionnement silencieux qu'elle même.


James avait eu besoin de prendre l'air. Loin de Remus et sa bienveillance à l'égard de tout à chacun et même ceux qui ne le méritaient pas. Loin de Marlène, Sirius et leurs incessantes prises de becs qui semblaient moins innocentes et infondés qu'autrefois. Loin de Peter et de ses remarques involontairement maladroites et néanmoins problématiques.

Il se laissa tomber dans l'herbe fraichement tondue du jardin, fixant le ciel à mesure que celui ci s'assombrissait. Sirius était le fanatique des étoiles. Capable de citer et reconnaitre chacune d'elles. Il se contentait de les observer, appréciant le fait qu'elles soit la représentation de l'inconnu. Il se savait parfaitement capable de retenir la moindre parcelle d'information sur elles fournit par la NASA mais il n'en avait aucune envie. Il voulait que l'espace demeure un mystère. S'il ne savait rien, il pouvait imaginer sans limites. Mais en cet instant son imagination lui faisait défaut. La seule chose à laquelle il pouvait penser était sur Terre et la NASA ne l'aiderait certainement pas à éclaircir la situation dans laquelle il s'était fourré tout seul.

Il savait pertinemment qu'elle avait menti concernant son gage. Elle n'avait pas reçu de lettre du Maître du Jeu. Mais il avait prétendu la croire parce qu'il avait cru que si la fierté de la jeune fille n'était plus aussi malmenée alors elle parviendrait à lui pardonner plus rapidement. Mais ça n'avait rien arrangé. Désormais au lieu d'être vindicative, elle était simplement absente. Elle avait complètement disparu de son monde. Elle était comme les étoiles qui continuent de briller bien longtemps après leur mort. Elle n'était plus là, pourtant il continuait de la voir.

Elle se sentait coupable d'avoir menti, d'avoir faussé les informations et devait se donner deux fois plus pour trouver le coupable et réduire ses remords. Cela lui avait déplu mais il avait respecter sa manière de faire. Il aurait accepté n'importe quoi pour peu qu'à la clé se trouve un possible espoir de la voir lui pardonner. N'importe quoi sauf « ça ».

Il attrapa son téléphone bien décidé à régler le problème.

To : Lilykins

T'es avec Snape ?


From : James

T'es avec Snape ?

Lily se tendit en voyant le message apparaitre sur l'écran de son téléphone. Elle lança un regard à Snape, qui, Dieu merci, était bien trop absorbé par son devoir de chimie pour remarquer quoi que ce soit. Elle tenta d'ignorer celui ci mais son regard finissait toujours par quitter ses notes et se fixer sur l'écran désormais noir. Elle ne put s'empêcher de jouer à ce stupide jeu qui consiste à se dire que si une chose se produit alors elle fera telle ou telle chose. Dans ce cas précis, si Potter envoyait un autre message, alors elle répondrait. Et tandis qu'elle renommait le contact, son portable vibra lui annonçant l'arrivée du sms fatidique.

From : Potter

J'ai envoyé un deuxième message alors réponds.

Toujours aussi terrifiée par cette capacité qu'il avait de deviner chacune de ses pensées, elle déverrouilla néanmoins son portable laissant ses doigts en suspends ne sachant pas quoi répondre. Devait-elle mentir ? Dire la vérité ? Ou bien simplement l'envoyer paître en lui disant de s'occuper de ses affaires ?

To : Potter

C'est qui ?

C'était puérile et parfaitement contreproductif comme réponse, mais cela lui permettait au moins de gagner du temps pour se calmer, et si au passage elle pouvait s'octroyer le plaisir d'avoir le dessus, alors elle ne s'en priverait pas.

From : Potter

Un garçon avec des cheveux gras, un nez bien trop grand pour son visage et des caleçons sales.

To : Potter

Je parlais de toi Potter ! Qui tu es toi ! Pas Severus. Et comment tu peux savoir qu'il a des caleçons sales ?!

Elle ne comprendrait jamais cette incapacité qu'il avait à ne pas comprendre les choses les plus simples. Comment avait-il pu répondre à coté à une question typique ? Elle se rendit soudain compte que dans son agacement elle avait fait l'erreur d'écrire Potter alors même qu'elle faisait semblant de ne pas savoir qui il était, ce qu'il s'empressa de lui faire remarquer dans un nouveau message.

From : Potter

Pourquoi est ce que tu me demandes qui je suis alors que tu sais qui je suis ? Et tout le monde sait qu'il a des caleçons sales.

To : Potter

Tout le monde le sait parce que tu as lancé la rumeur ! Oh et puis la ferme ! Qu'est ce que tu me veux ?

From :Potter

Je peux répondre ? Parce que juste avant ta question tu me dis de la fermer.

Elle étouffa de justesse un petit cri exaspéré s'attirant un regard interrogateur de Severus, elle se força à sourire comme si elle n'était pas entrain de converser avec la personne la plus frustrante de l'histoire de l'humanité. Elle le renomma une fois de plus dans ses contacts.

From : Jerk

Tu m'évites.

To : Jerk

Ça date pas d'hier.

From : Jerk

C'était plus le cas.

To : Jerk

Il semblerait que ce soit de nouveau d'actualité.

From : Jerk

Je pensais que tu mettrais cette histoire de côté le temps qu'on trouve une solution pour Remus et Marlène. Qu'est ce que tu fais avec Snape quand les jours de ton meilleur ami sont comptés.

To : Jerk

Severus est mon meilleur ami aussi et il m'aide.

From : Jerk

On a qu'un seul meilleur ami, sinon ça annule le principe de « meilleur ». À la limite tu peux avoir un meilleur ami et une meilleure amie.

To : Jerk

Pourquoi cette différence masculin/féminin ?

To : Jerk

Ne réponds pas à ça, c'est pas le moment de partir sur un débat féministe avec toi ! J'ai du travail.

From : Jerk

On a la réponse sur qui tu préfères en tout cas.

To : Jerk

Je ne préfère personne, je ne veux pas te voir toi.

From : Jerk

Sirius déteste Marlène et pourtant il était là aujourd'hui. Parce que je suis son meilleur ami. Tu préfères Snape.

To :Jerk

Je t'ai dis que je ne préférais personne. Je les aimes autant l'un que l'autre.

From : Jerk

Tu mens.

Elle savait qu'il ne parlait pas du fait qu'elle est menti sur le fait d'avoir un gage mais ses yeux ne parvenait pas à se détacher de l'accusation. Elle avait menti et sa culpabilité fut ravivé. Elle lança un regard à Severus, se demandant s'il était judicieux de suivre ses conseils. Est ce qu'elle aidait vraiment Remus ? Ou est ce qu'elle fuyait ses responsabilités. Elle mordilla nerveusement son stylo, maudissant Potter. Tout ça était de sa faute ! Elle savait que c'était plus qu'injuste de reporter la faute sur lui mais la colère était un sentiment qu'elle parvenait à gérer un peu mieux que les remords.

To : Jerk

Non. C'est TON truc ça.

Il ne répondit pas et une fois de plus elle n'en éprouva pas aucune satisfaction. Pourquoi ne parvenait-elle pas à se réjouir de ce silence ? Elle posa son téléphone sur la table, se remettant au travail dans l'espoir de ne plus y penser mais cette tentative se révéla infructueuse puisque son esprit n'avait de cesse que de la ramenait vers « lui ». Son regard se fixant sur l'écran désespérément noir. Elle ne pouvait s'empêcher de penser que pour un temps il était devenu James … et pas seulement dans le répertoire de son téléphone.


From : Lilykins

Non. C'est TON truc ça.

James ne pouvait nier que ça lui avait fait mal de lire ça, même si c'était définitivement justifié. Il était en tord. S'il avait pu revenir en arrière il l'aurait fait sans hésiter. Supporter Rabastan pendant un an ne paraissait plus si terrible. Il avait toujours adoré le sport. Tous sans exception. Du basket au football en passant par le baseball ou encore l'équitation. Il était doué quand il s'agissait d'effort physique et beaucoup moins quand quelque chose relevait de l'humain. Il détestait perdre mais il venait de découvrir que perdre quelqu'un était encore pire que perdre tout court.

- James ?

Il vit apparaitre au dessus de sa tête, le visage souriant d'Emmeline Vance. Il la regarda glisser une mèche derrière son oreille, verrouillant son téléphone, renonçant à l'idée de faire changer Lily Evans d'avis. Tout du moins pour le moment.

- Emmeline.

- Je viens de chez Marley, dit-elle en désignant le petit bois qui séparait la propriété des McKinnon de celle des Potter.

- T'es passée par la forêt ? Demanda-t-il un peu surpris, s'étant fait une idée assez précise et potentiellement fausse de la jeune fille.

- J'adore la marche et c'est plus agréable entouré d'arbre que de béton. Marley est là ? Sa mère m'as dit que je la trouverais ici.

- Elle était là mais elle a du partir, l'informa-t-il. Coté béton, ajouta-t-il en désignant la grille du manoir menant à la rue.

- Marley aime la nature mais … commença-t-elle.

- Pas autant que ses chaussures, conclut-il en souriant.

- Je te dérange peut être ? Dit-elle en lançant un regard au téléphone qu'il tenait toujours.

- Non. J'ai fini.

- Au sujet du bal, Marley m'as dit qu'elle t'avais demandé. Si tu ne veux pas, ne te sens pas obligé parce qu'elle te l'as demandé.

Elle avait dit ça avec une certaine assurance, et James trouva cela agréable. Il avait l'habitude des bégaiement et autres rougeurs des filles de l'école. Étant lui même d'un naturel peu sociable, la gène d'autrui entrainait irrémédiablement la sienne. Il ne voyait pas d'objection a passé une soirée avec Emmeline Vance si elle était toujours aussi franche et confiante.

- Non ça me va, répondit-il donc. De quelle couleur sera ta robe ?

- Violette.

- Et pour ton corsage ? Des hortensias ?

- Plutôt des lilas.

- C'est noté.

Il aimait le fait qu'elle sache ce qu'elle voulait et ne se sentait pas obligé d'acquiescer à tout ce qu'il disait. Il se releva époussetant son jean, bien que dans tout les cas son jean avait remporté un allé simple pour la machine à laver, l'herbe humide ayant laissé des traces d'un beau vert.

- J'y retourne alors ! Dit-elle en désignant le bois.

- Je te raccompagne, lui proposa-t-il par galanterie mais aussi parce qu'il s'était rendu compte que parler avec la jeune fille lui changeait les idées.

- Je vais pas me perdre, pas besoin de te déranger pour ça, répondit-elle.

- Ça me dérange pas, dit-il en se mettant en marche. J'aime bien me promener en forêt aussi.

La promenade fut agréable. Emmeline était plutôt sportive, escaladant les rondins couchés avec aisance et sans aide. Il comprenait mieux pourquoi Marlène et elle étaient amies. Elles étaient toutes deux d'une indépendance presque farouche et se tenait aussi loin que possible des stéréotypes qui entouraient malheureusement le genre féminin.

Elle n'avait pas encore d'idées bien précises de ce qu'elle voulait faire après le lycée bien qu'elle eut tout de même quelques pistes. Elle admettait sans peine envier un peu Marlène qui semblait savoir exactement quelle fac elle souhaitait intégrer et à quoi ressemblerait sa vie plus tard. Elle appréhendait la suite du lycée, consciente que les privilèges dont elle était entourée ici ne la suivraient probablement pas quand elle quitterait la petite bulle de la ville de Salem alors elle était bien décidé à profiter de l'instant. C'était facile de l'écouter et il s'ouvrit presque inconsciemment à elle.

Tout comme elle, il n'avait qu'une vision flou de l'avenir qu'il désirait, mais il aimait cela. Il trouverait ça particulièrement ennuyeux s'il n'avait qu'à suivre un chemin déjà tracé. Était-ce la raison pour laquelle il lui rendit son baiser ? Peut être. Toujours était-il qu'il la poussa contre l'une des colonnes de marbre, bien décidé à « profiter de l'instant ». Il commençait à apprécier la philosophie de la jeune fille ainsi que sa manière de se presser contre lui. Il aimait le contraste entre son individualisme quotidien et le fait qu'en cet instant elle acceptait l'idée de renoncer à sa solitude pour lui.


Marlène n'était pas rentrée chez elle. Elle était sortie de la chambre de James et ses pas l'avaient porté jusqu'à la chambre de Sirius. Elle savait qu'elle risquait de provoquer une colère sans nom s'il la trouvait ici alors qu'il n'y était pas mais elle voulait savoir. Sirius avait reçu une enveloppe aussi. Mais seul James était au courant de ce qu'elle contenait. Elle savait de source sûr qu'il s'agissait de quelque chose de compromettant pour l'âme du garçon puisque le nom de celui ci avait été mis dans la liste des cibles du Maître du Jeu.

En effet, d'après le journal des victimes, pour brouiller les pistes, le coupable donnait deux type de gages. Les premiers étaient innocents et sans conséquences comme par exemple, Alice, qui avait du sauter dans la piscine de l'école tout habillée. Cela signifiait que sa cousine ne figurerait pas sur la liste des morts contrairement à elle, qui appartenait à la seconde catégorie puisqu'elle s'était vu donner un gage moralement douteux et qui lui donnait par conséquent un rendez vous avec la mort le 31 juillet.

Sirius n'avait, quant à lui, pas réalisé le sien et elle savait que sa punition était que le terrible épisode avec Snape soit révélé. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui était plus terrible aux yeux du garçon pour qu'il décide de ne pas le faire. Bien sûr désormais, ils savaient tous que rien n'était pire que de réaliser un gage puisqu'il signifiait la mort mais, Sirius avait refusé avant ça. Elle voulait absolument savoir ce que contenait son enveloppe. Elle le connaissait assez pour savoir qu'il avait peu de scrupule et tout aussi peu de conscience, alors à moins que ça ne concerne James, il aurait fait passer ses intérêts avant.

Elle fouilla un peu partout, jusqu'à finalement mettre la main sur l'enveloppe qu'elle reconnu sans peine, ayant reçu la même quelques semaines plus tôt. Elle jeta un oeil vers la porte, ses doigts tirant le carton où était inscrit les consignes du Maître du Jeu.


- Le Jeu -

Tu as été jugé digne du Jeu. Ta mission si tu l'accepte sera de briser le coeur de ton petit frère.

Ton succès te fera remporter le procès contre tes parents.

Si tu échoue ou refuse le défi, ta tentative de meurtre avec préméditation sera révélé aux autorités compétentes.

Bien à toi,

Le Maître du Jeu


Marlène n'en croyait pas ses yeux. Elle s'attendait à tout sauf à ça. Elle était, comme à peu prêt toute la ville, au courant du litige entre Sirius et ses parents. Le garçon avait hérité d'une fortune colossale de son oncle dont le nom lui échappait. Toujours était-il que ses parents, et plus précisément sa mère, Walburga Black, avait espéré que le testament la désignerait elle et non son rebelle de fils.

Elle avait donc engagé des poursuites pour contester les dernières volontés de son frère. Elle aurait pu demander l'aide de son autre frère, Cygnus Black, le père de Cissy et Bella, qui était également le juge local, mais ce dernier aurait tenté de s'emparer de la fortune de son ainé. Elle n'avait donc pour le moment que réussi à geler les comptes de Sirius, le temps de trouvé un juge véreux à soudoyer. Si le Maître du Jeu respectait sa parole, Sirius serait le plus riche des Black.

Mais il avait refusé d'exécuter le gage. Elle avait toujours cru que Sirius haïssait chaque membre de sa famille. Pourtant elle était là. La fameuse exception. Regulus Black. Il ne se contentait de toutes évidence pas seulement de ne pas le détester, il l'aimait. Il n'y avait pas d'autres explications au fait qu'il préfère risquer la prison plutôt que de briser le coeur de son petit frère. Sirius Black était capable d'aimer …

- Qu'est-ce que tu fous là ?

… Et aux vues de la noirceur de son regard, lorsque celui ci se posa sur l'enveloppe qu'elle tenait, il n'appréciait pas du tout le fait qu'elle soit désormais au courant de cela.


Merci encore pour vos reviews et vos messages, comme toujours ça me motive à écrire ! La suite arrive vite (normalement) !