Merci à tous ceux qui lisent cette fic et en particulier à Jubei/Kazuki, Hecate, DeanW62 et Vinie45 pour leurs commentaires immédiats et très sympathiques que je lis toujours avec plaisir.

N'hésitez pas à m'envoyer vos remarques !

Chapitre 9

Le Dr. Logan habitait dans une maisonnette située dans un quartier résidentiel excentré de Saginaw. La répartition des monuments d'art sacré témoignait de la cohabitation entre deux cultures : juive et chrétienne. On y trouvait d'une part une église et un cimetière catholique et de l'autre une synagogue. La rue principale mariait les différentes devantures commerciales à merveille. Ce lieu avait tout du petit coin tranquille où les habitants menaient une vie agréable. Le ronronnement de l'Impala s'arrêta devant une jolie petite barrière blanche qui aurait néanmoins eu besoin d'un bon coup de pinceau. L'herbe atteignait pratiquement les genoux des deux Winchester qui avoisinaient le mètre quatre-vingt dix. Autant dire que cette brousse aurait chatouillé les aisselles d'un enfant de dix ans. Mais le manque d'entretien n'empêchait nullement de constater le potentiel de la petite demeure.

Sur le seuil et toujours vêtus de leur costume, les deux agents vérifièrent l'adresse puis sonnèrent à deux reprises. Au bout de quelques minutes et alors qu'il pensaient la maison délaissée de ses habitants, un homme d'une trentaine d'année vint leur ouvrir. Sa chevelure s'accordait parfaitement avec l'état de sa pelouse. Il regardait au dessus de ses lunettes posées négligemment au bout de son nez. Tout comme la maison qu'il habitait son apparence extérieure cachait un bel homme. Peu avenant, il avait, malgré tout, l'air intelligent et cultivé.

- C'est pour quoi ? Demanda-t-il sèchement tout en les étudiant sous toutes les coutures.

- M. Logan ? L'homme acquiesça d'un signe de tête. Agents Grant et Ulrich de la santé publique. Nous aimerions vous poser quelques questions. Pouvons-nous entrer ? Demanda le plus grand avec un sourire qui se voulait rassurant.

- J'vois pas pourquoi je devrais vous laisser entrer. Qu'est-ce que la santé publique me veut ?

Il était vrai que les services de l'hygiène auraient été plus indiqués dans ce cas précis, pensa Sam. Dean, qui n'appréciait pas plus que ça le ton employé par cet homme reprit :

- M. Logan, nous avons parlé à votre femme hier et à sa famille aujourd'hui. Nous enquêtons sur la série de meurtres qui a eu lieu récemment et nous aimerions avoir votre point de vue.

- Je n'ai rien à dire. Bonne journée messieurs. Et il leur ferma la porte au nez.

Alors que Dean réfrénait une envie furieuse de défoncer l'entrée du logement ainsi que la tête de ce sale petit prétentieux, Sam, déconcerté, se tourna vers lui et demanda :

- Et qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

Trente minutes plus tard, M. Logan sortait précipitamment de sa maison. Il venait de recevoir un appel urgent d'un collègue de son épouse qui l'informait qu'elle avait fait un malaise et qu'elle demandait à le voir. Très inquiet pour la femme de sa vie, il saisit ses clés, sortit hâtivement, s'énerva sur la serrure qui ne voulait décidément pas se refermer, traversa la brousse qui lui servait de jardin, s'engouffra dans sa voiture et démarra en trombe direction l'hôpital.

Non loin de là, dans l'Impala, l'aîné des Winchester venait de raccrocher son téléphone portable, visiblement satisfait.

- Le temps qu'il fasse le trajet et qu'il s'aperçoive qu'il s'est fait berner, ça nous laisse une bonne heure et demie, assura son cadet tout sourire.

Ils sortirent de la voiture et se dirigèrent vers la bâtisse désertée tout en jetant quelques coups d'œil aux alentours. Tout avait l'air calme. Les lampadaires s'allumèrent doucement alors que le soleil n'était pas encore couché. Des odeurs succulentes s'échappaient des fenêtres des voisins qui devaient, de toute évidence, préparer le dîner. L'estomac de Dean se mit à grogner, lui rappelant les heures qui s'étaient écoulées depuis sa dernière collation.

- N'y pense même pas, l'avertit son cadet. On n'a pas le temps pour ça.

- J'ai rien dit ! S'offusqua son aîné.

Bougonnant, Dean fit le gué pendant que Sam crochetait la serrure puis tous deux entrèrent dans le foyer des Logan. Contre toute attente, l'intérieur de la demeure était propre et rangé. Rien ne laissait transparaître quoi que ce soit de suspect.

- Si ta Lyann a quelque chose à cacher, c'est pas ici qu'elle l'a mis.

- Deeaan, … juste … Laisse tomber ! J'vais voir le bureau.

- Et moi la cave, ajouta le plus vieux, un sourire moqueur à l'intention de son frère. J'vérifierai certainement le frigo aussi ! Marmonna-t-il pour lui-même.

Au bout de vingt minutes, ils se retrouvèrent dans la cuisine, bredouilles.

- Pourtant, j'suis sûre que ta dulcinée n'est pas nette dans cette histoire.

Levant les yeux au ciel devant cette nouvelle boutade de son aîné, Sam découvrit une trappe mal fermée au niveau du plafond de la cuisine. Ils y accédèrent sans difficulté et prirent la mesure de leur découverte : Le sol était recouvert d'ouvrages aussi nombreux que variés. Seuls un vieux fauteuil et un petit guéridon surplombaient les paquets de livres répartis dans ce vaste grenier équipé d'une simple lucarne. La nuit commençait à tomber et ils avancèrent prudemment jusqu'à trouver de quoi s'éclairer. Dean tira sur une chaînette. Cette action eut pour effet d'illuminer une ampoule logée entre deux poutres du toit. Fasciné, le plus jeune contemplait les différentes piles : droit, sciences, médecine, psychologie … mais aussi scientologie et enfin spiritisme et mythologie. Tous deux commencèrent à feuilleter les écrits les plus anciens. Dans un livre intitulé « Le Golem de Prague », ils parcoururent l'histoire rapidement :

Créer pour sauver la communauté juive, le golem déployait chaque soir sa taille gigantesque et sortait de l'édifice sacré… Sa mission accomplie, il retrouvait son créateur qui lui ôtait la vie pendant la journée… et le réveillait au besoin à l'aide du mot « Shem ».

Une autre légende faisait état d'une nouvelle manière de détruire le golem : marcher sept fois autour du golem endormi, tout en formulant des paroles magiques … Au bout du septième jour, toute force de vie devrait quitter le Golem.

- « Endormi » ? « Sept jours » ? Ben on n'est pas sorti de l'auberge ! Où sont passées les balles en argent en plein cœur et les lance-flammes ?! Ca au moins c'est pas prise de tête. Grommela Dean.

- Ouais mais je crois qu'on est sur la bonne piste. Regarde !

Sam montra à son aîné le livre qu'il tenait. En son milieu quelques pages avaient été arrachées. Tout laissait à penser qu'il s'agissait d'incantations. Alors qu'ils essayaient toujours de retrouver les feuilles manquantes, le portable du cadet sonna. D'où il était et sans que son frère n'actionne le haut-parleur, Dean pouvait entendre les vociférations de l'interlocuteur :

- Qu'est-ce que c'est que ces histoires ? D'abord ma mère m'avertit que vous avez demandé mon adresse personnelle alors que vous savez où je travaille ! Et maintenant, mon mari arrive totalement angoissé pensant que j'ai fait un malaise ! Il m'apprend que deux agents de la santé publique sont venus chez nous pour lui poser des questions ! Bordel, mais qui êtes-vous ? Et que nous voulez-vous ?

- Calmez-vous Lyann. Essaya de tempérer Sam tout en rapprochant précautionneusement le combiné de son oreille. Nous pouvons tout vous expliquer. Il faudrait que nous parlions …

- Dans trois quart d'heure ! A la morgue ! Et ne tardez pas, je vous attends !

Les deux frères se regardèrent. C'était définitivement un piège et ils n'avaient rien de tangible pour se défendre.