-Hors de question Mr Lupin ! Vous avez déjà beaucoup trop forcé avant la pleine lune, il faut prendre le temps de se reposer maintenant !

J'aurais essayé, je me dis avec amertume en me recouchant et alors que l'infirmière s'éloignait.

Il était déjà presque vingt heure et c'était le jour de l'anniversaire de Sirius. Vrai j'avais encore mal et je plongerais bien dans un profond sommeil pendant mille ans, ça n'en reste pas plus difficile de louper l'anniversaire d'un des seuls amis que je ne me suis jamais fait. De toute façon j'ai pas de cadeau.

Je me retourne dans mon lit frustré et je fais une grimace quand, comme un imbécile, je mets tout le poids de mon corps sur mon bras gauche. Que feraient les autres dans ma situation ? James protesterait avec véhémence puis s'enfuirait, Sirius ferais oui de la tête et partirait tranquillement comme si il ne venait pas juste de promettre le contraire, Peter tremblerais mais s'échapperait quand même parce qu'il a plus peur de James et de Sirius que de l'infirmière. Je pris mon sac posé à côté de mon lit pour en sortir le stylo quatre couleurs et un petit bout de parchemin. L'encre qui sort du stylo est parfois rouge, parfois verte.

Mme Pomfresh

Veuillez m'excuser, je dois rentrer d'urgence au dortoir.

Encore mille fois pardon.

Cordialement,

Remus Lupin

Voilà. Ça devrait faire l'affaire. Je m'excuse beaucoup mais c'est parce que je suis vraiment désolé. Je dépose doucement le message sur mon lit et sort discrètement de l'infirmerie avec mes affaires.

SmilingSmilingSmilingSmilingSmilingSmilingSmiling

-Remus ! T'as l'air…

-Agonisant ?

-Mort ?

Sympa.

-En pleine forme ! je coupe court à la conversation.

Les autres me sourirent et me tendirent une patacitrouille. James sortit des bouteilles de bièraubeurre de sous son lit.

-Marché noir, m'explique t-il pour répondre à mon air interrogateur. Des quatrième année en vendaient sous le manteau après le week end à pré-au-lard.

-C'est pas alcoolisé ?

-Meuh nooonnn…C'est bon et ça réchauffe.

J'acceptais la bouteille tendue et mordis dans ma patacitrouille. James sortit son jeu de cartes et on passa une bonne partie de la soirée à jouer à la bataille explosive. Au bout d'un moment, je me lassais et entrepris d'aller décorer la porte du dortoir à l'aide de mon nouveau stylo jusqu'à ce que je prenne conscience que je venais de sombrer dans le vandalisme. Pas alcoolisé qu'il a dit !

On commençait une bataille de nourriture quand un hiboux vint taper à la fenêtre. Sirius se leva et arracha un paquet des serres de l'oiseau.

-Ça vient de ma famille, dit-il un peu vaseux.

Il continua de fixer le paquet sans l'ouvrir. On fit silence le temps qu'il se décide. Au bout de cinq minutes, il toucha avec précaution l'emballage du bout de sa baguette.

-Ça à l'air sauf…

Il prit le paquet dans ses mains et arracha le papier. On découvrit une boîte noire allongée, ornée de fils d'or et de petits symboles runiques. Elle est magnifique.

-Belle boîte, je constate en faisant cracher une tâche d'encre turquoise à mon stylo, mais c'est un peu étrange comme cadeau je trouve.

Sirius et James me lancèrent un regard bizarre.

-C'est parce que le cadeau est dedans !

-Ah…

Sirius sortit un objet long en argent et incrusté de petites pierres précieuses. Je suis presque sûr que ce truc coûte plus cher qu'une maison.

-C'est un étui de baguette, dit Sirius en balançant l'objet à l'autre bout de la salle, un classique pour tous les petits sangs purs...Tss, ils ont probablement pris le plus cher en plus...J'ai la nette impression que mes parents essaient de m'acheter.

Il prit la boîte et me la tendit.

-Tiens, tu peux la prendre.

-Quoi ? Mais euh...non, c'est à toi.

-C'est juste une boîte !

Il la place de force dans mes mains et je me résigne à aller la caser dans ma malle.

-J'ai une idée, continua Sirius les yeux dans le vague. Je vais vendre leur cadeau et ça servira de fond commun pour notre groupe. Si on veut organiser des fêtes ou acheter du matériel pour une blague, on aura qu'à piocher dedans.

On ne commenta pas, comprenant là qu'il s'agissait d'une revanche personnelle. Ses parents, après avoir passer des années à le punir, allaient maintenant financer ses conneries. Je rangeais la boîte dans mes affaires et aperçus au passage mon couteau suisse rouillé. Ça me rappelle quelque chose...on échange un couteau contre une pièce je crois…

-Pour toi, je lui dis en lui donnant mon couteau. En échange de la boîte et puis ben...j'avais pas vraiment de cadeau en fait…Fait attention quand même, ça fait des années que ma mère me dit que je vais finir par choper le tétanos avec.

-C'est quoi le tétanos ?

-Nous non plus on n'a pas de cadeau, dit Peter en se précipitant vers sa malle. Tiens, une de mes chaussettes porte bonheur, dit il en lui lançant une chaussette jaune avec dessinée dessus une poule rouge qui pond un œuf.

-Mon petit griffon en bronze pour toi, James lui tends une mini statuette s'étirant paresseusement. Prends en bien soin.

Sirius reste muet et regarde ses cadeaux avec un air émerveillé. Extérieurement ça ne ressemble à rien : un morceau de rouille, une vielle chaussette, un jouet. N'empêche, il semble au bord des larmes.

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-Prêt ? Partez !

Sirius, James et moi nous élançons comme des fous en direction de la ligne d'arrivée située à hauteur de la cabane d'Hagrid. On ne sait pas pourquoi Peter s'est soudainement mis à organiser une course mais comme ses initiatives sont rares, on se voyait mal lui refuser ça. Et puis, autant James est un demi-dieu sur un balai, autant le sol est mon domaine. Je gagnais aisément la course.

-Victoire, je crie en levant les bras.

-Non mais j'ai mangé un truc qui passe pas au petit déj…se plaignit James en posant une main sur son ventre.

-J'ai du ralentir pour laisser passer un escargot, pardon de faire passer la sécurité avant tout, Sirius boude.

Pff. Mauvais perdants.

-Qu'est-ce que j'ai gagné ? Je demande à Peter alors qu'il nous rejoint en trottinant.

-Le droit d'être celui qui ira s'occuper de la salle commune des serpentards.

Même quand je gagne, c'est pourri.

-Ça se comprend, raisonne Sirius, se proclamer un amoureux des moldus devant une foule se serpentards...et juste sur leur territoire en plus ! C'est un genre d'appel au meurtre. Celui qui ira aura intérêt à courir vite.

-De toutes façons on ne sait pas encore où sont précisément les salles communes, je me rassure.

C'est pas encore pour maintenant.

-Si, ça on la fait quand tu n'étais pas là.

Merde.

-Pour les autres on fait comment ? On choisit ?

-Je prends les serdaigles, dit James.

-C'est sûr qu'il ne se sentiront pas menacés par ton intelligence.

-Ils m'adopteront comme un des leurs…

-Je pense que c'est préférable de laisser Sirius chez les gryffondors, je les interromps. Ça ne se fait pas de refiler nos problèmes aux poufsouffles comme ça…

-Tu viens de me traiter de problème ?

-Tu n'as pas tort. Synchronisation des montres.

On vérifie qu'on a tous la même heure.

-Disons à 18h50. Le temps que je montre à Remus où se trouve la salle commune des serpents.

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C'est dans ce moments là que je me rends compte de mon insignifiance. Je suis si petit dans un monde bien menaçant, si isolé dans cette océan de serpents déchaînés. On m'a oublié dans la cage aux fauves et on m'a enlevé tout espoir de survie. Je me répète en boucle les derniers mots de James.

-Alors surtout, tu articules et tu parles bien fort.

Vrai. Quitte à mourir, autant le faire bruyamment. C'était à 18h37. Il est maintenant 18h45 et ça fait donc 8 minutes que l'équipe de quidditch des verts et argents, qui forcément avait décidé de rentrer de leurs entraînement au même moment que j'entreprenais mon acte suicidaire, restait bloquée devant l'entrée de sa salle commune.

-Tu vas dégager oui ? On ne peux pas dire le mot de passe si t'es là !

-Et puis t'as rien à faire ici petit ! T'es pas le bienvenu…

-On n'a qu'a aller chercher Slughorn…

-Ou on peut s'en occuper nous même, dit un grand baraqué en jouant avec une batte et en frappant dans le vide. Sa tête doit être à peine plus grande qu'un cognard.

18h48.

-Juste...attendez deux minutes. Je ne serais pas long, je trouve le courage de dire.

-Deux minutes ? Qu'est-ce qui se passe dans deux minutes ?

-J'ai euh...une déclaration.

-Ça a intérêt à valoir le coup gamin.

Tous les serpentards ne sont pas des gros racistes. Tous les serpentards ne sont pas des gros racistes. Tous les…

-T'es pas une petite fiotte de sang de bourbe au moins ? demande le batteur menaçant.

Certains lèvent les yeux au ciel derrière lui. Ok, donc tout les serpentards ne sont pas des gros racistes mais ceux qui le sont sont armés.

18h50.

-Je suis un amoureux des moldus et j'en suis fier ! J'articule bien fort.

Le mur d'entrée de la salle commune des serpentards s'illumine et m'éternue un bout de papier à la figure. Je prends un coup de batte dans les côtes et j'en évite un second de justesse alors que je sprint pour m'enfuir dans un endroit plus sûr. J'ai mal quand je respire, ce taré m'a probablement fêlé une côte. Mieux vaut aller à l'infirmerie.

-MR LUPIN ! COMMENT AVEZ VOUS OSER VOUS ENFUIR ! VOUS N'AVEZ ABSOLUMENT AUCUN RESPECT POUR…

Ou pas. Je recule pour mieux me préparer à m'enfuir une deuxième fois mais l'infirmière m'attrape par le bras et me pousse dans un lit.

-Problème ?

-Mal aux côtes.

-Vous n'aviez rien aux côtes hier.

-C'est en tombant dans les escaliers...

Elle fait quelques geste avec sa baguette qui me provoquent une désagréable sensation de chatouillis au niveau du thorax.

-Vous avez une côte fêlée, soupire t-elle.

La porte de l'infirmerie s'ouvrit à la volée et un James Potter en sang apparut sur le pas de la porte.

-Suis tombé dans les escaliers...articule t-il.

Mme Pomfresh émit un bruit de mécontentement et partit chercher du matériel.

-Il t'es arrivé quoi ?

-J'ai entamé une lutte à mort contre le dragon qui garde la salle commune des serdaigles.

-Classe !

-Ou je me suis fait attaquer par des livres après avoir essayé de les brûler sans le faire exprès, je ne sais plus trop...

-Moins classe.

-Et toi, tu t'es fait tabasser ?

-Oui.

-C'est pas glorieux non plus.

-Non.

-Hello !

Sirius et Peter apparurent soudainement dans l'infirmerie. On les regarde étonnés.

-Comment vous saviez qu'on étais là ?

-Remus ! Heureux de voir qu'on ne s'était pas trompé, dit Sirius joyeusement.

Donc ils avaient tous prévus que je me fasse casser la gueule.

-Par contre James on était moins sûr, bien que par principe on a toujours des chances de te trouver à l'infirmerie.

-Grr…

-Hé ! C'est pas un moulin à vent ici! dit l'infirmière en revenant. Ou vous êtes malade, ou vous sortez !

totototototototototototototototototototototototototo

Après dîner, on se rassemble au coin du feu et on réunit nos indices.

-Ça donne : Toilette, fille, chasse d'eau, 2ème.

-On a le temps d'y aller avant le couvre feu, James dit en regardant sa montre.

On descendit donc au deuxième étage démonter des chasses d'eau.

-On ne vient jamais rendre visite à Mimi à part quand c'est pour l'humilier. Ce château est plein d'Olive Hornby en puissance, personne n'essaie jamais de me comprendre…

Je sortis la tête de la cabine où j'étais actuellement en plein travaux de démontage pour apercevoir le fantôme d'une jeune fille sanglotante.

Sirius s'approcha du fantôme et nous fit signe de continuer.

-Mimi ? Je suis là pour toi, vas-y parles, je t'écoutes, qu'est-ce qui ne vas pas ?

Je passais à la cabine d'à côté.

-Tout le monde pense que je suis moche. Ils viennent ici et se moquent de moi…

-Moi je pense que tu es une ravissante personne. Et ce qui compte, c'est ce qui est à l'intérieure ! Derrière ces affreuses lunettes et ses gros boutons se cache sûrement la plus belle des jeunes filles.

Mimi se mit à pleurer de plus belle. Je rigole doucement, j'espère vraiment que Sirius vas apprendre à façonner un meilleur discours face aux filles.

-Trouvé ! Crie Peter à quelques mètres de là.

On sort des toilettes. Il me donne les papiers et montre l'objet aux deux autres.

Stake Board.

Outil de transport assez rudimentaire mais astucieux, composé d'une planche et de roulettes. J'ai apporté trois améliorations. Pour commencer, j'ai eu beaucoup de mal à garder l'équilibre alors j'ai utilisé un sort d'adhérence sur les roues et ajouté des sangles pour s'attacher les pieds à la planche. De plus, il n'y a plus besoin de le pousser pour avancer, il suffit de lui indiquer la direction à voix haute.

Avec toutes ses modifications, j'ai réussis à explorer le plafond de mon dortoir. Vous devriez essayer, c'est assez amusant !

Pas besoin de nous le dire, je suis sûr que si je me retourne il y en a un des trois autre la tête en bas.

Il y a au cinquième étage, un passage secret qui ne va nul part. Le prochain objet se trouve au fond de l'impasse.

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Non lapin, ça ne me saoule pas pour les objets. Si tu es inspirée n'hésite pas, merci pour le skate d'ailleurs (1956 date de naissance des premiers skateboard industriels).

Reviewez, si quelqu'un à des idées pour la suite de l'histoire, je suis à l'écoute.