10. Braquage à la griffondor

Hermione s'en voulait d'avoir annulé un rendez-vous avec Harry. Mais elle en voulait encore plus à son ami de lui avoir menti. Elle attendait patiemment au bar du chaudron baveur en espérant voir arrivé Harry. Elle devait lui parler et lui demander des explications. Sa journée à Ste-Mangouste n'avait pas été de tout repos. Elle avait vu défiler devant ses yeux un groupe d'enfant qui avait été victime des mangemorts encore en liberté. Un problème que le gouvernement n'avait pas encore réussit à résoudre. C'était pour cela que des gens comme Harry devaient aider et ne pas s'amuser avec des morveux cruels. On acceptait vraiment n'importe qui chez les aurors…

Harry était en retard à son rendez-vous quotidien. Il avait cherché dans les archives de Treder quelque chose pour le faire chanter lui aussi mais rien, ce type était une véritable anguille ! Il repassa devant le Nocturne Bleu dans la vitrine et se remémora la bonne humeur dont il jouissait le matin même. Sur, il n'était plus dans le même esprit maintenant. C'est vrai que la logique de Thomas tenait la route. Après tout, Malefoy n'était sa personne préférée. Mais il lui avait sauvé la vie. Et ça, un griffondor ne l'oublie jamais ! Il ne voyait aucune solution à l'horizon. Seulement la fenêtre du chaudron baveur par laquelle il apercevait Hermione accoudait au comptoir. « La voilà ma solution, pensa-t-il. »

Il était dix-neuf heures quand Harry sonna au 41, square Grimmaud. Thomas et toute sa bande étaient déjà prêts dans leur panoplie noire de voleur à la tire. Harry du s'empêcher de se moquer ouvertement de ce groupe qui paraissait vraiment ridicule dans leurs habits bien lavés et peu crédible. Est-ce que ces jeunes-là avaient fait un jour quelque chose de dangereux, quelque chose de mortel dans le sens littéral ? Harry en doutait. Seul ceux qui ne savait pas ce que c'était pouvaient se comporter comme des chiens à qui l'on tend un os.

_Comment vous comptez vous y prendre ?

_Comme la dernière fois. Aparement, Malefoy a un rendez-vous à vingt heures donc il ne devrait pas quitter le premier étage. Ce qu'on veut est au deuxième. Les parents sont… absents, finit Thomas avec un sourire.

Harry savait ce qu'il voulait dire. Malefoy père était en vacances et la femme avait dû quitter l'Angleterre pour protéger leurs biens. Ils avaient laissé à Drago le soin de s'occuper de la maison et celui-ci avait la réputation de mieux réussir que ses parents. La demeure était un carrefour de politique. Le fils s'était lançé dans le journalisme et avait déjà gravit pas mal d'échelons. Beaucoup disait qu'il finirait à la tête de la gazette. Beaucoup pensait que c'était son but. Harry, lui, ne pensait rien du tout à part que le plan de son maître chanteur avait tout pour foirer.

_Tu sais que tu ne peux plus faire marche arrière Potter.

_Mais il n'en a jamais été question. On part à quelle heure ?

_Huit heures dix, après que son invité soit arrivé, répondit-il en regardant le survivant d'un air suspicieux. Tu ne comptes pas nous doubler, hein ?

_Et comment ferais-je Treder ? Je n'ai pas envie que certaine information soit dévoilée !

_Parfait. Allons dans le salon en attendant.

Hermione arriva pile à l'heure chez l'ex-serpentard. Celui-ci lui ouvrit, un sourire au coin de la bouche.

_Alors, j'avais raison ?

_Dans un sens, oui. Dépêche-toi de me laisser entrer, on a pas beaucoup de temps.

_Qu'est-ce que tu racontes ?

_Allez ! dit-elle pour seule réponse en le poussant à l'intérieur.

De l'autre côté de la rue, Thomas et les autres observaient la scène.

_Eh ben dis-donc, elle est pressée la fille ! dit-il avec un rire bête.

_T'es sur qu'il ne va pas l'emmener à l'étage, demanda Katarine.

_Non, j'ai l'intuition que non.

« J'ai l'intuition que non, pensa Harry en retenant une grimace. Tu sais où tu peux te la mettre ton intuition espèce de gros con ! »

_Allons-y.

Le groupe contourna la maison et Audrey utilisa des levicorpus pour monter tout le monde à l'étage. Elle devait rester en bas pour donner l'alerte s'il y avait un quelconque problème. Thomas prit la tête de l'expédition. Il avait étudié l'intérieur du manoir et savait exactement où il allait. Ils entendirent les bruits de voix venant du rez-de-chaussée jusqu'à ce qu'il passe la porte du bureau. Là, Treder se dirigea directement vers le buffet et commença à fouiller frénétiquement dans les papiers.

Harry s'ennuyait ferme. Il était dans un coin et regardait anxieusement sa montre. Thomas avait l'air de se presser un peu trop. Il n'avait pas prévu le bon timing et s'en voulait horriblement, il allait tout faire rater !

Au bout d'une dizaine de minutes, du bruit se fit entendre dans les escaliers. Le groupe se tétanisa sur place. Plus personne ne faisait un mouvement et espérait à une fausse alerte. Un silence pesant s'installa dans la pièce. Les dix secondes qui suivirent furent les plus abominables pour Harry. Il jouait sa carrière sur ces dix secondes.

Et la poignée commença à tourner… Des bruits de voix… Et la porte ne bougea pas. Les voix s'éloignèrent jusqu'à ce qu'on ne les entendent plus.

_Fausse alerte, chuchota Thomas.

Et alors qu'il reprenait sa fouille, la porte s'ouvrit à la volée et il entendit trois voixs'écrier en même temps :

_Stupéfix !

Treder se réveilla ligoté au milieu du hall de la maison des Malefoy. Tous ses amis étaient dans la même situation. Tous sauf un.

_Potter, murmura-t-il alors que la rage le gagnait.

L'interpellé s'agenouilla devant lui.

_Tu m'as appelé ? demanda-t-il avec un sourire innocent.

_Tu m'as doublé ! Tu es un homme mort !

_Non, toi tu es fini. Moi, j'm'en tire !

_N'importe quoi ! Quand les aurors arriveront ici, je leur raconterais tout et tu seras autant dans le pétrin que moi ! Un doloris ça fait très mal ! hurla Thomas.

Ses cris attirèrent l'attention de Malefoy et Hermione qui parlaient dans le fond de la pièce.

_Ah, il est réveillé ? demanda-t-il. Tu vas voir mon cher Treder ce qu'il coute de s'attaquer à moi !

_Je m'en fous de toi Malefoy !

_Tu ne devrais pas. Lui dit Harry.

_Quoique tu racontes, dit celui-ci, je dirais haut et fort que tu aurais mentit. Tu n'as aucune preuve et j'ai un alibi.

_Qu'est ce que tu racontes ?

_Le soir où TU as agressé ce jeune homme, j'étais ici, avec Malefoy et Hermione.

_Menteur !

_Vas dire ça aux autres. Pour une fois je suis assez fier d'être un héros : il y a beaucoup de gens qui me jalousent et raconte des mensonges pour me discréditer… Si tu voies ce que je veux dire.

Hermione ne pouvait s'empêcher d'être fière d'elle. C'était elle qui avait eu l'idée de faire confiance à Malefoy quand Harry avait débarqué au chaudron baveur et lui avait raconté toutes ses mésaventures. Il avait compris la leçon, sans aucun doute. Elle s'était occupée de prévenir l'ex-serpentard et celui-ci avait géré ça c'une main de maître, elle se devait de le reconnaître. Elle regarda Harry donner un magistral coup de poing à Treder et éclata de rire. Cette petite vermine l'avait mérité ! Malefoy lui donna alors une goutte de potion pour le rendormir. Les aurors allaient arriver.

Harry attendait le lendemain avec impatience. Il était content de s'être sorti de ce pétrin et était redevable à Malefoy de sa coopération. Mais ce qu'il voulait voir, c'était surtout la tête des nouveaux dans sa classe le lendemain. Peut-être seront-ils plus compréhensifs que ses actuels camarades.