Chapitre 10
Gohan s'était installé sur l'un des bancs derrière le gymnase, un endroit isolé du campus, avec vue sur une immense pelouse semée de quelques arbres. Il faisait frais, mais il s'y sentait tranquille, et le décor verdoyant lui rappelait un peu la nature qui lui manquait ici. Il avait un vide entre deux cours et en profitait pour avancer le livre que l'intendant lui avait remis.
- Qu'est-ce que tu lis ? demanda Sharp, en poussant Gohan, pour s'assoir à côté de lui sur le banc.
- Une histoire de baleine, bizarre…T'es pas censé être en cours de soutien ? maugréa Gohan, en s'écartant un peu, pour laisser de la place à son ami.
- Cours de soutien ? J'ai dû oublier…
Gohan leva enfin les yeux de son livre, pour observer Sharp, qui se mit à rouler une cigarette.
- Tu vas finir par te faire virer, Sharp, soupira Gohan.
- Avec le fric que ma mère allonge, ça risque pas, grogna-t-il, concentré sur sa tâche.
Gohan ne répondit pas. Sharp le fixa avec un sourire narquois.
- Elle paye grassement pour qu'on élève son môme à sa place, elle a dix-sept années d'expérience… Evidemment, chaque année, le prix monte.
Il ricana, avant de passer sa langue sur le papier pour refermer sa confection. Sharp ne mentionnait jamais sa mère dans une phrase, s'il ne s'agissait pas aussi d'argent. On aurait pu croire que c'était pour étaler sa fortune. Gohan avait rapidement compris que c'était aussi parce que sa mère ne semblait réussir à remplir son rôle, que quand il s'agissait de payer des factures en tous genres.
- Elle viendra à la commémoration ? demanda Gohan qui était curieux de la rencontrer en chair et en os.
- Devine. Mon beau-père bat campagne pour la mairie. Inutile de te dire que les rapaces sont de sortie, ils ne vont pas rater l'occasion de passer pour de bons parents. Et toi, les tiens ?
- Ma mère ne pourra pas faire le voyage pour cette fois.
- Et ton père ? Ils sont séparés ?
- Mon père est mort.
- Aïe, désolé, j'en savais rien.
- Ça ne le ressuscitera pas d'éviter de poser la question, releva Gohan.
Ils ne parlaient que très rarement de leurs parents respectifs, Gohan, parce que c'était sa nature réservée, Sharp, parce qu'il n'avait pas grand-chose à en dire. Erasa avait expliqué à Gohan que le père de Sharp était un musicien, assez fameux dans sa partie, qui avait plaqué sa mère, quasiment à la naissance de leur fils. Il était toujours en tournée à droite et à gauche, toujours avec une fille différente et très jeune. Il se contentait de verser des pensions alimentaires astronomiques à sa mère, qui en réclamait toujours plus, dès qu'il sortait un disque qui rencontrait le moindre succès, et Sharp le voyait à peine une fois par an. Sa mère, de son côté, une femme très belle selon Erasa, s'était remariée très vite avec un businessman influent. Au milieu de tout ça, Sharp avait grandi entre les nourrices successives et, plus tard, il avait écumé quelques prestigieuses écoles privées, qui l'avaient toutes rendu, totalement désespérées, à sa mère.
- Et la fête, après, tu y vas, j'espère ? reprit Sharp en allumant la cigarette.
- Je ne sais pas, répondit distraitement Gohan, qui s'était replongé dans son livre.
Sharp abattit le plat de sa main sur la page qu'il était en train de lire, pour mieux attirer son attention. Gohan releva la tête avec étonnement.
- Hey ! Oublie une minute tes bouquins ! Tu peux pas manquer ça ! s'écria Sharp.
- Ah Non ?
- Bon Dieu, Gohan, tu vas mourir puceau ou ermite, ou les deux ! Amuse-toi un peu !
Gohan sourit et referma son livre. L'indignation exagérée de Sharp l'amusait. Il savait être tellement théâtral parfois, ça faisait partie de son charisme.
- Alors, qu'est-ce que tu proposes pour échapper à ce tragique destin ? reprit Gohan.
- D'abord, il faut te trouver une fille pour y aller. Angela… Bon, c'est mort, maintenant, elle sort avec un troisième année, t'es trop lent, comme gars.
- Bon. Tant pis.
Sharp se mit à réfléchir intensément.
- J'ai qu'à y aller avec Videl, lâcha Gohan.
Sharp haussa les sourcils.
- Videl ?
- Mais oui, de toute façon, je connais pas d'autres filles. A part Erasa. Mais, tu ne voudrais pas que j'y aille avec elle, si ?
- Erasa y va avec un troisième année aussi, maugréa Sharp, mais… Videl ?
Un sourire cynique étira le visage de Sharp.
- Mais oui, bien sûr ! Tu flashes sur Videl, en fait !
- Mais non, qu'est-ce que tu dis ? protesta Gohan en fronçant les sourcils. On cherche une fille pour que je puisse aller à cette soirée, c'est ça ? Autant que ce soit quelqu'un que je connaisse… Et on a pas l'embarras du choix, hein ?
Sharp hocha la tête d'un air entendu et Gohan comprit qu'il restait convaincu par sa première théorie. Sans s'expliquer vraiment pourquoi, Gohan lui trouva soudain un air totalement abruti, qui l'exaspéra.
- Sharp, je ne cherche pas à avoir une petite amie, je te l'ai dit. Avec Videl, les choses seront claires, c'est juste une copine. Alors, arrête de croire que tout le monde est aussi obsédé que toi, insista Gohan avec humeur.
- Quand je t'entends parler comme ça, j'ai vraiment l'impression que t'as passé ta vie dans une grotte, railla Sharp. Bien sûr, que tout le monde ici est aussi obsédé que moi, mais tout le monde ne l'assume pas, c'est tout.
- N'importe quoi, marmonna Gohan. Si c'est pour se taper la honte avec tes remarques scabreuses, oublie-ça.
Sharp sursauta et se tourna vers Gohan.
- Ah, non ! Me laisse pas en plan, viens quand même. Invite Videl, je serai un vrai gentleman, je ne ferai même pas le moindre petit sous-entendu, promis, juré !
Sharp mit sa main sur son cœur et leva la main qui tenait la cigarette, en signe de serment. Gohan se contenta de hausser les épaules. Il avait une vague idée de ce que pouvait signifier ce genre d'engagement dans la bouche de son ami.
- Et puis, je peux te dire un secret, reprit Sharp, si tu le fais pas pour moi, fais-le pour Videl. Personne n'ose jamais l'inviter à ce genre de trucs, sauf des gros cons prétentieux et intéressés. Tu sais, être la fille du sauveur, c'est pas toujours simple.
Gohan planta ses yeux dans les siens; il hésitait à croire à son discours. Sharp avait baissé la voix et s'était rapproché de lui pour prendre un ton de confidence.
- L'année dernière, j'ai décommandé ma copine pour l'accompagner, expliqua-t-il, Erasa m'avait tellement tanné…Sans rire, la pauvre Videl, tu sais pas, c'est pas évident avec les mecs…
Il se mit à rire, et Gohan se fit la réflexion que si Videl avait été là, elle l'aurait certainement étranglé, à la fois pour avoir raconté cette histoire, et certainement aussi, pour en rire si franchement. Gohan savait que Sharp ne faisait pas ça méchamment, il savait qu'il avait de l'affection et de l'amitié pour Videl. Il riait parce que tout ce qui touchait aux rapports entre garçons et filles le faisait toujours rire. Tout ce qui était sérieux ou délicat, tout ce qui n'était pas censé être drôle, le faisait rire d'une manière générale.
- C'est bon, coupa Gohan sèchement pour écourter la plaisanterie. Je l'inviterai. On ira tous ensemble.
- Ça va être cool, commenta Sharp avec satisfaction.
- Si t'es pas viré avant, ajouta Gohan.
Gohan s'adossa au mur derrière lui et leva les yeux vers le ciel. Il réalisa qu'il venait de faire exactement ce qu'il s'était juré de ne pas faire. Avant que Sharp n'en parle, il n'avait pas vraiment réfléchi à la question de savoir s'il avait envie d'aller à cette fête. Il avait juste considéré que ça ne le concernait pas, comme s'il n'était pas invité.
Il avait conscience que ce genre d'évènements, comme la vie au lycée, comme ces petites discussions avec Sharp, l'enfonçaient dans l'illusion qu'il était un garçon comme les autres. Il tissait des liens avec un monde qui ne serait jamais le sien, il s'installait dans l'insouciance et le confort si apaisant, de croire à tout ça. Il devait se souvenir qu'il n'était là que pour passer le diplôme de fin d'étude, et, si tout allait bien, il pourrait peut-être même le passer à la fin de l'année. En attendant, il ne devait pas s'attacher à tout ça. C'était une règle difficile à retenir, et aller à la fête du « Sauveur » n'allait pas l'aider.
La seule chose qui l'aidait à se souvenir était la nuit, quand il rêvait d'un blond crasseux grimaçant, ou des cris hystériques d'une pin-up, en fourrure éclaboussée de sang.
Au-dessus d'eux, le bleu du ciel ne parvenait pas à se débarrasser des quelques nuages moutonneux qui rôdaient, chacun chassant l'autre, sans se décider à disparaître. A nouveau, Gohan se mit à rechercher des formes dans les nuages. Le vent les déplaçait et les transformait, mais ils ne parvenaient pas à ressembler à quoi que ce soit.
- Son Gohan, mon ami ! s'écria une voix nasillarde.
Sharp et lui se redressèrent subitement, pour constater qu'un groupe de trois lycéens s'étaient avancés jusqu'à eux. Gohan reconnut les amis de Sharp. Celui qui avait parlé se prénommait Joon. Il était un peu plus grand et aussi musclé que Sharp. Gohan le connaissait peu et se contentait d'essuyer ses regards méprisants avec indifférence, à chaque fois qu'ils se croisaient. Et il perçut tout de suite, que le salut qu'on venait de lui adresser n'avait rien d'amical; il ne prit pas la peine d'y répondre. Joon enchaîna d'ailleurs sans attendre.
- Il parait que t'es fort pour rédiger les dissert' et ce genre de conneries ? demanda-t-il.
- Possible, répondit Gohan avec prudence.
- En tout cas, j'espère que t'es meilleur que pour choisir tes fringues, parce que j'ai un petit service à te demander, reprit Joon en provoquant des rires gras autour de lui.
- Lâche-le, c'est bon, grommela Sharp.
- Oh, je ne vais pas m'accrocher à lui, t'inquiète pas. J'ai juste un devoir à faire qui me gonfle incroyablement, et le prof a vraiment l'air de tenir à ce qu'il soit fait sérieusement, alors j'ai pensé à mon ami de la campagne, hein Son ?
- Je ne fais pas les devoirs des autres, annonça Gohan.
- Vraiment ? T'as tout le temps de faire les miens, alors, grogna Joon en s'approchant d'un pas décidé et menaçant vers lui.
Instinctivement, Gohan et Sharp, qui étaient toujours assis sur le banc, se levèrent d'un seul mouvement.
- Arrête ton cinéma, maintenant, intervint Sharp, qui avait jeté sa cigarette pour s'interposer entre Gohan et lui.
Joon lui jeta un œil mauvais.
- Qu'est-ce qui se passe Sharp ? Tu défends ta petite copine ?
Il eut à peine le temps de finir sa phrase, Sharp lui asséna un coup de poing qui, sous lecoup de la surprise, le fit tomber à la renverse. Gohan ne bougea pas mais eut aussitôt le réflexe de reporter son attention sur les deux autres lycéens qui accompagnaient Joon. Ils observaient la scène avec incrédulité, et Gohan comprit que personne ne s'était attendu à la réaction de Sharp. Joon se redressa rapidement pour s'assoir sur le sol, il parvint à déséquilibrer Sharp d'un coup de pied circulaire.
- T'es malade, Sharp, t'es mort ! grinça-il avec colère.
Gohan regarda un instant ses deux camarades, qui se battaient de manière désordonnée, tous deux à terre. Il aurait dû intervenir. Il n'aurait eu aucun mal, les mouvements de Joon lui semblaient si lents, si inefficaces. Il aurait pu le neutraliser en une fraction de seconde. Mais il redouta de ne pas suffisamment mesurer sa force. Il n'avait jamais combattu des gens normaux. Et il se rappela qu'il n'était pas censé être violent, ici. Sharp paraissait s'en sortir honorablement, d'ailleurs.
Mais, déjà, les deux autres amis de Joon se rapprochaient d'eux, et la perspective d'une bagarre généralisée se révélait inévitable.
- Vous êtes pas bien ! Arrêtez ça ! hurla la voix de Videl.
Elle venait d'apparaître au coin du bâtiment, visiblement à la recherche de Gohan et Sharp. Seuls les deux comparses de Joon s'immobilisèrent, peu volontaires d'avoir à en découdre avec elle. Mais, au sol, les deux autres continuaient à se taper dessus avec acharnement, crachant des insultes et des menaces furieuses.
- Sharpener ! Joon ! tonna la voix d'un surveillant qui arrivait derrière Videl.
Cette fois-ci, l'injonction eut plus d'effet. Les deux garçons se séparèrent brutalement et commencèrent à se relever. Joon avait un œil déjà bien enflé et Sharp essuyait rudement son nez et sa bouche du revers de son poignet. Le surveillant s'avança jusqu'à eux, et les toisa avec réprobation.
- James Sharpener, vous n'êtes pas censé être en soutien ? demanda-t-il sévèrement.
- Peut-être, Monsieur, admit Sharp en reprenant son souffle.
Il était encore rouge de colère et Gohan sentait sa hargne redescendre graduellement. Son ami avait l'air de regretter vivement d'avoir été interrompu.
Le planton se posta devant Joon et saisit son menton entre ses doigts, pour observer son œil.
- Joon, infirmerie. Après ça, je veux vous voir dans le bureau du surveillant général.
Il se tourna alors vers Sharp qui finissait d'essuyer son sang avec un mouchoir qu'il avait déniché dans sa poche. Il paraissait moins amoché que son adversaire.
- Sharpener.
- Ouais, je sais. Surveillant général, hein ?
Le surveillant le fixa avec contrariété et hésita.
- Nan, pour vous, c'est l'intendant directement. Maintenant. Et les autres, vous dégagez, ordonna-t-il.
Videl et Gohan serrèrent les dents instantanément. Sharpener avait droit à un régime particulier qui n'augurait rien de bon. En plus de se battre, il séchait les cours de soutien. Son cas était plus grave. Les convocations chez l'intendant, en dehors des entretiens mensuels n'étaient jamais bon signe.
- Monsieur ! protesta Gohan.
- Son, mêlez-vous de vos affaires, je ne veux plus vous voir, coupa le surveillant.
- Mais, c'est Joon qui… insista Gohan.
- Je vous l'ai dit, ce que vous avez à dire ne m'intéresse pas. Allez plutôt en bibliothèque, puisque vous ne savez pas vous tenir à l'écart des problèmes !
Gohan voulut encore essayer de le convaincre de la bonne foi de Sharp, mais Videl saisit son poignet pour lui faire signe de se taire. Les deux amis de Joon se dispersaient déjà, et Sharp, qui avait ramassé ses affaires, partait d'un pas lourd, escorté par le surveillant, vers le bâtiment des intendants.
- On va l'attendre là-bas directement, annonça Videl à mi-voix, on a encore une bonne demi-heure avant notre prochain cours.
Ils rejoignirent le bâtiment des intendants par un chemin détourné, et s'installèrent sur les marches de l'entrée, pour pouvoir intercepter Sharp quand il sortirait.
- Bon dieu, qu'est-ce qu'il s'est passé avec ce mec ? Je croyais que Sharp et lui étaient copains, maugréa Videl.
Gohan ne répondit pas tout de suite. Il se sentait fautif de ce qui était arrivé il n'avait pas pensé un instant que Sharp prendrait sa défense et réagirait comme ça. Gohan savait que la situation avait été périlleuse, puisqu'il n'était pas censé savoir se battre, mais il n'avait pas voulu que ça se termine comme ça. Tout était allé trop vite.
- Ce type me menaçait pour que je fasse un devoir pour lui, Sharp a juste… voulu le calmer, expliqua-t-il piteusement.
Videl se figea et le fixa avec étonnement. Gohan sentit un certain reproche dans ses yeux glacés. Il devinait qu'elle restait convaincue qu'il était le « ninja doré », capable de résister à une rafale de mitraillettes, à plus forte raison, à cet imbécile de Joon. Elle ouvrit la bouche, et il s'attendit à ce qu'elle le blâme d'avoir laissé croire à Sharp, qu'il n'était pas capable de s'en sortir sans lui.
- Sharp est un crétin, conclut-elle simplement. C'est un crétin, parce que c'est lui qui a fait courir le bruit qu'il profitait de toi pour te faire faire ses devoirs. Il ne faut pas lui en vouloir, il aime bien se mettre en valeur, mais il n'en faut pas plus pour que des abrutis comme Joon croient qu'ils peuvent en faire autant. C'est aussi un crétin d'avoir cru que tu avais besoin d'aide…
Gohan baissa la tête sans répondre. Ils restèrent assis un instant sur les marches. Un vent puissant les frigorifiait et commençait à rabattre les nuages et à assombrir le bleu du ciel.
- Quand même, j'espère qu'il ne va pas se faire virer, marmonna Gohan, interrompant le silence.
- Je ne sais pas, je ne crois pas. Sa mère… Mais, c'est toujours un mauvais plan de se retrouver chez l'intendant. Et il passe son temps à sécher son soutien et à se faire attraper en train de fumer, ou ce genre de conneries, il est usant, répondit Videl.
Elle soupira et se tourna vers Gohan.
- Tu sais quoi ? Tu devrais l'aider un peu, lança-t-elle subitement.
- Moi ? répéta Gohan avec incrédulité.
- Oui, toi. J'ai remarqué qu'il t'aimait bien. Ça fait longtemps que je le connais, il n'écoute pas grand monde. Tu devrais essayer. Tu le lui dois un peu, non ?
- Peut-être. Je ne suis pas sûr que ça marche. Et qu'est-ce que tu crois qu'ils vont lui faire maintenant ?
Videl sourit d'un air amusé.
- Je crois que la pire punition pour lui, serait d'être interdit du bal du Sauveur, il adore ce genre de fêtes. Mais comme sa mère et son beau-père sont censés venir, l'école ne voudra sûrement pas se priver de publicité.
Gohan fut soulagé d'imaginer que la sanction n'irait pas au-delà d'une décision aussi insignifiante. Il réalisa qu'en plus de se sentir fautif des événements, il redoutait d'être séparé de Sharpener, s'il se faisait renvoyer. La suggestion de Videl lui rappela aussi la conversation qu'il avait eue avec son ami un peu plus tôt.
- Parlant de ça, tu voudrais m'y accompagner à ce bal ? demanda Gohan soudainement.
Videl tressaillit. Gohan leva les yeux vers elle. Ses traits étaient si candides qu'elle hésita sur la signification à donner à son invitation. En même temps, elle ne pouvait pas se permettre de refuser. D'abord, parce qu'elle mourrait d'envie d'accepter, ensuite, parce qu'elle n'avait pas envie de se retrouver sans cavalier, ou avec un cavalier horripilant, une fois de plus.
- Bien sûr. Pas de problème, murmura-t-elle, un peu troublée.
La porte derrière eux s'ouvrit brutalement et Sharp sortit du bâtiment avec une mine renfrognée. Sa lèvre était fendue et légèrement enflée. Il s'arrêta sur le perron et ses deux amis se levèrent d'un seul geste, en le fixant avidement.
- Alors ? demanda Gohan.
- Trois jours d'exclusion, une semaine de corvée. On a vu pire. Ma mère va être ravie, elle est convoquée aussi.
Gohan et Videl poussèrent un soupir de soulagement à l'unisson. Finalement, Sharp sourit avec satisfaction et regarda Gohan.
- Tu sais, il va falloir se méfier de ces trois gros abrutis maintenant, Gohan. Toi et moi, on va être dans leur ligne de mire jusqu'à la fin de l'année… Qu'est-ce que je lui ai mis…
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