Disclaimer: Teen Wolf et ses personnages appartiennent à Jeff Davis. J'ai seulement imaginé une autre suite à son histoire.


Melissa était rentrée peu avant Scott, et était dans le salon avec Gabriella. Après avoir observé la blessure au flanc de cette dernière, elle fut étonnée de voir que seule une légère cicatrice était visible. La jeune fille avait cicatrisé incroyablement vite, mais l'infirmière ne s'en inquiéta pas, mettant cela sur le compte du surnaturel auquel la jeune fille faisait désormais partie. Scott, une fois rentré, s'installa à son tour dans le salon, après avoir salué sa mère et son amie, qui lui fit un sourire comme elle savait si bien les faire, la tête légèrement penchée, et le regard posé avec intensité sur lui. Tous les trois discutèrent un moment, puis un bruit sec se fit entendre dans l'entrée.

Scott se leva et alla ouvrir la porte, laissant apparaître devant lui un couple qui lui avait particulièrement manqué. Stiles prit son meilleur ami dans ses bras, et ils restèrent un moment comme ça, avant que ce soit au tour de Lydia d'être enlacée par Scott. Melissa, les saluant à son tour, fut ravie de revoir cette boule d'énergie qu'était Stiles, contrastant avec le calme et la sérénité que dégageait Lydia. Vint enfin le tour des présentations. Gabriella s'était mise à l'écart des retrouvailles, et se faisait discrète.

_ Voici Gabriella. Gabriella, je te présente Stiles, mon meilleur ami… commença à dire Scott avant d'être coupé.
_ Non, son frère, rétorqua Stiles avant de prendre la jeune fille, qui lui tendait la main, dans ses bras. Ravi de faire enfin ta connaissance Gabriella.

Melissa n'avait pu s'empêcher de rire. La relation entre son fils et son meilleur ami avait toujours dépassé une grande amitié. Ils s'étaient trouvé petits, et ne s'étaient plus lâchés depuis.

_ Et voici Lydia, sa petite amie.
_ Enchantée, répondit cette dernière avant de prendre à son tour Gabriella ses bras.

Alors que Stiles et Scott discutaient, Lydia se figea, les yeux dans le vide et la bouche légèrement ouverte.

_ Hé, ça va ? dit Gabriella à la jeune rousse, qui ne semblait pas réagir. Lydia ?!

Scott et Stiles se rapprochèrent de Lydia, qui ne réagissait toujours pas. Une décharge venait de parcourir son corps, comme une force invisible qui l'avait paralysée. Elle n'avait que très rarement ressenti autant de puissance. La jeune fille revint petit à petit à elle.

_ Lydia, ça va ? demanda Stiles, un peu inquiet devant le moment d'absence de celle qu'il aimait.
_ Oui, ça va, rétorqua-t-elle. Pourquoi ça n'irait pas ? ajouta-t-elle avec un large sourire.
_ Un café ? proposa Melissa, qui revenait de la cuisine les bras chargé d'un plateau sur lequel se trouvait des tasses et une cafetière.
_ Oui, merci, répondirent le couple en choeur.

Gabriella prit place sur le fauteuil, et se tenait les mains, qu'elles sentaient trembler. Elle se sentait anxieuse tout d'un coup, paniquée. Malgré tout, elle participa à la conversation en cours, et se rendit compte, en discutant avec Lydia ou même Stiles, qu'ils avaient de nombreux points communs. Scott se surprit à sourire en voyant ses meilleurs amis s'entendre si bien avec Gabriella. Alors que la jeune fille racontait qui elle était, ce qu'elle faisait comme travail, et que la conversation dérivait progressivement sur les chasseurs, dont Scott avait débuté l'explication, Lydia l'interpella.

_ On devrait peut-être prévenir ma mère alors, dit Lydia.
_ Je pense que c'est une bonne idée, je n'y avais absolument pas pensé, fit Scott.
_ Qu'est-ce que tu ferais sans nous, dit Stiles avec un léger sourire.
_ Pourquoi sa mère ? osa demander Gabriella.
_ Je n'ai pas pensé à te le dire, mais… commença Scott.
_ Ma mère est la directrice du lycée de Beacon Hills, dit Lydia en souriant, son téléphone à l'oreille. Allo Maman ? Oui on est arrivés. On est chez Scott là. Tu es occupée ? dit-elle avant de s'éloigner du groupe dans le salon.
_ Donc, si je résume, des chasseurs sont après toi parce que tu es la nièce de Peter, la cousine de Malia et de Derek, et que tu as un pouvoir qu'ils recherchent pour pouvoir tuer tout le monde ?
_ En fait, on ne sait pas s'ils sont au courant pour le Protecteur, dit Scott.
_ Mais c'est à peu près ça, dit Gabriella, en baissant les yeux.
_ Et les recherches que tu m'as demandé, commença Stiles.
_ C'est pour savoir comment j'ai fini par atterrir chez mes parents adoptifs, dit la jeune fille.

Stiles se leva et alla chercher le dossier dans sa voiture, pendant que Scott se rapprocha de Gabriella. Aucun d'eux n'avait encore fait allusion aux évènements de la veille pour le moment. Il lui prit la main et lui demanda:

_ Ca va aller ?

Elle le regarda, prit une grande inspiration et hocha la tête.

_ Ils sont vraiment gentils tes amis, ajouta-t-elle un sourire aux lèvres.
_ Oui, très gentils !
_ Gabriella, tu veux peut-être qu'on te laisse seule ? demanda Melissa, toujours assise dans le fauteuil.
_ Ca ne me dérange pas que vous soyez là. C'est vous qui voyez. Après tout, vous êtes chez vous, répondit la jeune fille avec un léger rire, reflet d'une certaine gêne.

Melissa observa Scott un moment, puis reposa les yeux sur Gabriella avant de se lever.

_ Je pense que tu es entre de bonnes mains avec Scott. Je dois aller faire quelques courses de toute façon, dit la femme aux boucles brunes avant de se lever et d'embrasser son fils, et d'enlacer Gabriella.

Lydia s'apprêtait à revenir dans le salon quand elle marqua une pause. Elle vit Scott et Gabriella discuter et ne put s'empêcher de sourire. Voir son ami heureux, bien que préoccupé, lui faisait plaisir. Stiles la rejoignit à ce moment-là, en silence, laissant les deux jeunes gens discuter pendant quelques minutes encore.

_ Elle l'a ramené, hein ?

Pour seule réponse, Lydia lui sourit et l'embrassa doucement sur les lèvres. Elle avait vu son petit-ami perdu, se sentant inutile face à la détresse de Scott après la mort de Liam. Mais il semblait qu'aujourd'hui, ils retrouvaient petit à petit celui qu'ils avaient connu.

_ Au fait, il s'est passé quoi tout à l'heure ? Tu as vu quelque chose ? s'inquiéta alors Stiles.
_ Rien de très important, seulement une forte lumière, et un froid glacial. Mais on en parlera plus tard, d'accord ?
_ D'accord.

Ils retournèrent donc dans le salon, et Gabriella les suivaient des yeux, anxieuse.

_ Prête ? demanda Stiles à Gabriella, avant de recevoir comme réponse un léger hochement de tête.

Le jeune homme déposa sur la table basse un dossier, qu'il ouvrit et feuilleta. Rapports, photos, documents administratifs. Tout était mélangé, des post-it accrochés à certains documents. Scott sentait la respiration de Gabriella se faire plus saccadée, son rythme cardiaque plus rapide.

_ J'ai rangé le tout par ordre chronologique, dit Stiles. J'ai ton certificat de naissance, Gabriella Diana Hale, née le 22 novembre 1992 au Beacon Hills Memorial Hospital. Fille de Diana Eloïse Hale et Anthony Will Hartley. C'est tout bon ?
_ A vrai dire, j'en sais rien, mais ça correspond à celui que Peter m'a donné, dit Gabriella, la voix légèrement tremblante. Donc j'imagine que c'est bon oui. La date de naissance est bonne en tout cas.
_ J'ai quelques dossiers médicaux, rien de bien méchant mais tout s'arrête à tes trois ans en fait. C'est ce que j'ai pu trouver grâce à Scott, qui m'a dit de commencer par là. Ensuite, c'est surtout par rapport à quelques évènements, mais surtout ta tâche de naissance.
_ Comment tu-
_ C'était dans ton dossier médical. Celui de quand tu étais bébé. On dirait un croissant de lune, c'est ça ? Sur ton flanc droit ?
_ Oui…
_ Donc mes recherches semblent être les bonnes… dit-il d'une faible voix. Bon, je… euh…
_ Ne fais pas attention à moi, dis moi tout et on verra après, fit la jeune fille, anxieuse mais impatiente et pressée d'en finir.

Stiles jeta un coup d'oeil inquiet à Lydia et à Scott, qui lui répondit d'un hochement de tête.

_ Ne prends pas mon ton assez formel pour un manque d'émotions, s'il te plaît…
_ Non, ne t'inquiète pas.

Gabriella se triturait les mains, son pouce faisait rouler son ongle sur le dessus de l'une d'entre elles.

_ Une fillette de trois ans et demi, donc toi, a été retrouvée par un couple de randonneur dans la forêt, en hypothermie et fortement déshydratée. Ils ont d'abord cru que tu étais morte avant de se rendre compte que tu respirais toujours, malgré un pouls particulièrement lent. Tu as été emmenée à l'hôpital le plus proche, examinée et aucune trace d'abus n'a été découverte. Tu as ensuite été placée sous la responsabilité des services sociaux, qui l'ont mise dans un foyer de San Francisco en attendant d'être adoptée. Il n'y a, par contre, aucune mention de tes parents biologiques, que ce soit dans le rapport de l'assistante sociale ou celle de la pédopsychiatre. Deux options ont alors été inscrites sur ton dossier médical: soit tu n'étais pas au courant de ce qu'il s'était passé pour que tu te retrouves en pleine forêt, seule, soit ton cerveau a fait abstraction, comme c'est souvent le cas chez les très jeunes enfants. Comme une sorte de mécanisme de protection, de préservation.
« Ensuite, j'ai des rapports qui indique que tu as été placée en famille d'accueil à deux reprises, avant d'être adoptée. La première fois fut l'affaire d'une petite année, jusqu'à tes quatre ans et demi. La femme qui t'a accueillit à souffert de gros problèmes de santé, d'après ton dossier, et n'a malheureusement pas pu te garder. Tu as été accueillie une seconde fois quelques semaines après ton retour au foyer. Ca a duré presque qu'un an et demi, jusqu'à tes six ans. La garde leur a été retirée parce que… »

Stiles arrêta son récit, visiblement mal à l'aise. Le regard de Gabriella l'implorait de continuer, en sachant très bien que vu comme c'était parti, la suite allait être difficile à encaisser. Il déglutit assez fort, prit une inspiration et continua:

_ La garde leur a été retirée parce que l'assistante sociale est arrivée à l'improviste une fois, et, comme c'est indiqué dans son rapport, tu étais en culotte et débardeur, des bleus et entailles diverses sur les bras et les jambes, et un oeil cerclé de bleus. C'est toi qui lui a ouvert la porte, le couple étant apparemment absent. D'habitude, ils disaient souvent que tu n'étais pas là, ou que tu dormais, mais souvent, tu étais habillée donc les différentes traces d'abus ne se voyaient pas. Et puisque tu ne te plaignais pas, personne n'en savait rien. Tu n'allais pas à l'école, tu ne sortais jamais de chez eux. C'était pareil pour les deux autres enfants qui étaient avec toi, même s'ils étaient plus âgés. Elle a appelé la police et les services sociaux, et ils t'ont emmenés directement à l'hôpital, grâce à des ambulances appelées en renforts. Les examens ont montré des traces d'abus répétés, une épaule disloquée, une fracture du poignet et une autre, plus légère, sur le crâne.
« Heureusement, une famille t'a ensuite accueillie et t'a adoptée. Ils avaient un fils plus âgé, de trois ou quatre ans je crois. Ils voulaient un second enfant, mais n'ont jamais pu en avoir. Lorsqu'ils t'ont vu et ont vu ton sourire, ils n'ont pas hésité. C'était Amanda et Jonathan Whiteley. Après ça, il n'y a plus eu aucun signe de maltraitance ou d'abus. Ils ont pendant longtemps été suivi, mais il s'est avéré que rien n'indiquait un mauvais traitement. »

Il leva les yeux vers Gabriella, dont les larmes luttaient pour ne pas quitter ses yeux. Entre la tristesse, la culpabilité et la colère, elle essayait tant bien que mal de ne pas s'effondrer. Ses mains tremblaient, et elle s'était enfoncé l'ongle si profondément dans la main qu'elle saignait à présent. Lydia s'apprêtait à se lever quand Scott la devança, prenant un mouchoir avant de le poser sur la main de Gabriella, qu'il prit dans la sienne.

_ Je suis sincèrement désolé de t'apprendre ça comme ça. J'aurais aimé avoir quelque chose de plus réjouissant à te dire, finit par dire Stiles, une voix pleine d'empathie.

Des larmes avaient réussi à s'échapper de ses yeux bleus-gris, mais elle réussit tout de même à dire, essayant de se convaincre elle-même.

_ C'est du passé. C'est... c'est fini.

Elle chercha le regard de Scott, comme pour confirmer ce qu'elle se disait. Il acquiesça d'un bref mouvement de tête et la prit dans ses bras, alors qu'elle se mit à pleurer.

Elle détestait au plus profond d'elle cette vulnérabilité constante. Elle avait l'impression de pleurer continuellement depuis l'accident de ses parents. Et elle s'en voulait de gâcher la vie de tout le monde avec ses états d'âmes, ses soucis qui finalement n'en sont plus vraiment, puisque tous ceux auxquels ils se rapportent sont morts. Morts à cause d'elle. Elle en était persuadée.

Stiles et Lydia regardaient Gabriella, impuissants. La main du jeune homme tremblait encore. Malgré son entraînement au FBI, être l'annonciateur de mauvaises nouvelles restaient difficile pour lui, d'un naturel heureux et joueur. Lydia restait présente à ses côtés, toujours, que ce soit dans les bons comme les mauvais moments. Et il ne pouvait lui en être plus reconnaissant. La jeune rousse s'était levée et était retournée dans la cuisine, ramenant une tasse d'eau chaude et un sachet de thé à la menthe. Quand elle tendit la tasse à Gabriella, qui s'était détachée de l'étreinte de Scott, celle-ci lui offrit un léger sourire.

_ Merci.
_ De rien, fit Lydia, lui rendant son sourire.


La fin de la journée fut plutôt calme. Gabriella s'était calmée, et discutaient avec Lydia de livres, de la France et de tout un tas d'autres choses. Scott et Stiles s'étaient un peu mis à l'écart.

_ Elle a pas eu une vie facile, dit Stiles en voyant son meilleur ami l'observer discrètement.
_ Et encore, si tu savais…
_ De quoi ?

C'est alors que Scott lui expliqua les évènements de la veille. Son meilleur ami le regarda, choqué.

_ On en a vécu des choses horribles, et je sais à quel point c'est dur de s'en remettre. Mais ce qu'elle a vécu, c'est pire.

Stiles posa sa main sur le bras du jeune homme.

_ Mais elle n'est pas toute seule, et toi non plus, dit Stiles.

Scott lui sourit. Son meilleur ami, son frère, savait trouver les mots justes au moment opportun. Ils riaient alors que la porte se mit de nouveau à sonner. Scott alla ouvrir et découvrit face à lui Malia, Derek, et Peter, en retrait. Malia prit Stiles dans ses bras, puis Lydia. Derek fit de même, tandis que Peter se contenta de son sarcasme habituel, du moins vis à vis du jeune homme.

_ Stiles.
_ Peter, répondit l'intéressé sur le même ton.
_ Content de voir que l'Académie ne t'as pas tué. Ou pas. En fait, je n'en ai rien à faire.
_ Toujours aussi charmant.

Il salua ensuite Lydia, puis se tourna vers Gabriella, qui le prit, à sa surprise, dans ses bras.

Ils restèrent un moment ensemble, avant le départ de Lydia et Stiles, qui mangeaient chez le père de ce dernier. Peter, Malia et Derek étaient venus voir comment se portait Gabriella, et les deux plus jeunes discutaient avec la jeune fille tandis que Scott prit Peter à part, lui expliquant rapidement ce que Stiles avait trouvé sur la jeune fille. Scott sentit une vague de colère monter chez Peter, et s'empressa de le calmer, ayant pour argument que Gabriella n'avait pas besoin de ça.

La soirée fut assez calme. Malia, Derek et Peter rentrèrent chez eux assez tôt. Melissa était revenue quelques minutes plus tôt. Après avoir manger, Scott et Gabriella étaient posés devant la télévision, en silence, alors que Melissa était au téléphone dans le salon, avec son compagnon, en voyage d'affaires jusqu'au vendredi. Gabriella, qui s'endormait alors sur le canapé, la tête tombant sur l'épaule de Scott, décida qu'il était l'heure de se coucher.

La nuit avait été différente de celle qu'elle avait connue la veille, plus froide, mais aussi plus agitée. Beaucoup plus agitée. Elle faisait des cauchemars, ayant l'impression que des bribes de souvenirs resurgissaient. Elle bougeait beaucoup, le sang circulant à une vitesse folle dans ses veines, vitesse alimentée par les battements de son coeur toujours plus rapide. Elle dormait, mais elle était essoufflée, en sueur, se débattait contre ses propres démons, invisibles.

Mais ce qui la réveilla ce fut le manque d'air soudain qu'elle ressenti, comme si on l'étranglait. Ses membres étaient comme paralysés, et pourtant, elle était parcourue de spasmes. Elle ouvrit grand les yeux, incapable de se redresser. Elle avait froid, sa tête tournait et des picotements traversaient son corps, comme si des milliers de petites aiguilles s'étaient retrouvées dans son sang, piquant à chaque battement de son coeur. Il lui fallu un moment pour réussir à se calmer, et à reprendre une respiration à peu près normale. « Une crise d'angoisse », pensa-t-elle. « Ca faisait longtemps ».


Nouveau chapitre ! Un peu plus long que ce que j'avais imaginé. La suite arrivera sûrement demain ou après demain, j'ai quasiment fini de l'écrire.
Encore un grand merci pour vos lectures, follow, fav et reviews. Je suis ravie !

Dites-moi ce que vous en avez pensé ! A très vite :)