Bonjour à tous

Merci à ceux qui me lisent ^^

Autre chose, je sais que certains d'entre vous m'ont mise dans fic favorite, voir même auteur favorite. Pourquoi ne pas me mettre une review si vous aimez ? Même une phrase disant que vous appréciez ferait vraiment plaisir. Même si je suppose que vous devez aimer, ça serait sympathique de votre part de venir me le dire dans une review.

J'en remercie d'autant plus tara1990, qui m'en met une à chaque fois, et bien que pas très longues, elles me font à chaque fois vraiment plaisir ^^


tara1990 : De rien pour l'explication, c'est normal ^^ Et t'inquiète pas, ce n'est pas pour ça que l'histoire finira plus vite lol J'ai quelques petits évènements de prévus -). Merci sinon de tes encouragements. Et tu sais, si Arwen à le droit de me lire avant, c'est parce qu'elle est ma béta-lectrice et correctrice ^^. (pas officielle, parce que je ne voyais pas pourquoi passer par le site alors qu'on se voit pratiquement tous les jours dans la vie réelle XD) Tu boudes plus ?

Arwen : Purée … effectivement, tu as encore battu ton record. Mais je comprends pas, j'ai eu l'alerte avec le contenu de ta review, comme d'habitude, et pourtant elle n'apparait pas sur le site … enfin c'est pas grave, je vais y répondre quand même, tu ne t'es pas donnée la peine d'écrire tout ça pour rien ^^. Je suis contente que mes descriptions te plaisent. Effectivement, c'était un peu mon idée, le parallèle avec la neige et le silence qui l'accompagne, donc le calme, la beauté, mais de l'autre coté la tempête et le brouillard des détraqueurs. J'y pensais vaguement et tu as creusée cette idée, je n'avais pas été si loin dans l'analyse. :) Soit dit en passant j'aime bien ta voix off, je me suis bien marrée en lisant cette review, tu peux me croire ^^. J'arrête ici, parce que sinon mon RAR va finir par devenir aussi long que mon chapitre en lui-même ^^''


Voici donc le dixième chapitre, avec un changement de point de vue qui me paraissait intéressant. En espérant que vous aimerez !

Bonne lecture


Chapitre n°10 : Le Doloris

Lorsqu'Harry et Ron arrivèrent devant la salle d'étude de magie noire, la majorité des élèves se trouvaient déjà là. L'ambiance, morose, craintive, particulièrement sombre, tranchait étonnement avec les cours des années précédentes. Auparavant, tous attendaient impatiemment le cou de défense contre les forces du mal, néanmoins, aujourd'hui, chacun le redoutait.

En effet, leur professeur, Amycus Carrow, était un mangemort hautain, méprisant, et égocentrique avec des manières grossières et un langage peu maîtrisé. Malgré ces défauts, il éprouvait une grande fierté envers sa qualité de sorcier, et ne pouvait s'empêcher de jeter des sortilèges, et ce pour la moindre raison. De plus, sa bêtise n'avait d'égale que son sadisme, un sadisme rapidement constaté par ses élèves : quelques jours après son arrivée, le mangemort avait mis au point un nouveau système d'apprentissage, en commun accord avec sa sœur et Rogue. A partir de ce moment, les cours consistèrent donc à apprendre à jeter des maléfices en prenant pour cobaye des élèves en retenue, ou désignés dans la classe. La plupart concernait des sang-mêlé, voire des élèves dont les amis ou la famille avait un peu trop clairement exprimé leur opinion concernant Voldemort. En vérité, il s'en prenait en général à un membre du trio, ou à un de leurs amis.

Par conséquent, la principale activité avant le cours ne consistait pas à s'entrainer à jeter un sortilège ou encore essayer de deviner lequel ils apprendraient, à l'instar des précédentes années, mais de se préparer mentalement à être, peut-être, le cobaye du jour. Les élèves qui soutenaient la rébellion restaient globalement solidaires avec leur camarade désigné, toutefois, chacun, dans un coin de son cœur, se sentait soulagé d'avoir été épargné cette fois-ci.

Or, au cours précédent, après la torture de Padma et Parvati Patil, toutes deux en retenues grâce à Rogue, le professeur Carrow leur avait annoncé en jubilant qu'ils allaient commencer à apprendre le doloris.

Neville et Dean s'approchèrent de Ron et Harry et échangèrent avec eux un simple regard. Aucun n'osait parler. Lavande serrait la main de Dean, tremblante. Les quatre autres savaient pourquoi : elle se trouvait avec les sœurs Patil quand Rogue les surprit à écrire des encouragements à l'armée de Dumbledore sur les murs du château en pleine nuit. Sachant que ses deux camarades avaient été choisies comme cobayes lors du cours précédent, elle s'attendait à ce qu'arrive son tour cette fois.

Parvati demeura en retrait des autres, tout aussi terrorisée que son amie, n'osant même pas la regarder. Tous pensaient que Lavande y passerait, et que Parvati restait traumatisée par la torture. Ils savaient également qu'elle éprouvait de la honte envers elle-même, car elle ne pouvait s'empêcher d'être soulagée qu'une autre soit choisie, même s'il s'agissait de sa meilleure amie. Cependant, aucun des élèves de sa maison ne l'en blâmait, car dans un cas identique, ils ressentiraient eux aussi un soulagement intense, quelque soit la personne choisie à leur place.

Les Serpentards, avec qui leur cours était en commun, se montraient au contraire particulièrement détendus, et s'impatientaient du début du cours. Pour la première fois, ils pouvaient torturer en toute légalité, et certains, comme Crabbe et Goyle, s'en accommodaient parfaitement. L'idée de faire en sorte que les deux jumelles se torturent mutuellement grâce à des Impero venait d'ailleurs d'eux.

A l'heure pile, le professeur ouvrit la porte en silence et leur ordonna d'entrer. Dans sa voix se sentait déjà l'excitation de ce qu'il leur préparait. Il regardait chaque élève passer devant lui, comme il contemplerait des proies. Tous les élèves s'assirent silencieusement et les Gryffondor s'entreregardèrent pour se donner espoir, et comptant les uns sur les autres. Harry, Ron, Dean, Neville, Parvati, Lavande et d'ordinaire Hermione et Seamus formaient à présent un groupe particulièrement soudé, ces quelques mois les ayant plus rapprochés que les six années précédentes.

Amycus Carrow vint se mettre devant son bureau et les regarda tous, lentement, un par un, se délectant de la peur qu'il voyait dans les yeux des rouge et or. Il s'attarda particulièrement sur Harry, qui l'espace d'un instant demeura persuadé qu'il serait le cobaye du jour, jusqu'à ce que le professeur se tourne vers Lavande avec un sourire carnassier.

« Miss Brown, venez sur l'estrade. »

Sans montrer la moindre surprise, Lavande continua de regarder fixement droit devant elle et se leva doucement, s'efforçant de ne pas croiser le regard d'un de ses amis. Néanmoins, tous purent voir qu'elle tremblait de peur et qu'elle avait les larmes aux yeux. Elle s'approcha difficilement, comme si chaque pas la rapprochait d'une mort annoncée.

- Plus vite, Miss Brown, lança le professeur avec un sourire qui semblait largement inspiré de celui de Rogue, en bien plus malveillant encore.

Il fit un geste vers le bas avec sa baguette et les pieds de Lavande avancèrent tous seuls. Lorsqu'elle voulut se contrôler, le phénomène s'accrut davantage et elle finit par trébucher. Elle eut alors le reflexe malheureux de se rattraper au bureau le plus proche.

- Hé Brown, on t'a dit de te dépêcher, pas de m'agresser, lança Millicent Bulstrode, repoussant d'un air dégouté le bras de ladite Gryffondor, la faisant ainsi réellement tomber.

Les Serpentards éclatèrent de rire, tandis que les Gryffondor les tuèrent du regard. Quant à Lavande, elle souhaita disparaître sur le champ. Tentant de ne pas montrer sa colère et sa peur, elle se releva rapidement et marcha jusqu'à l'estrade. Face aux élèves, elle fixa un point du mur dans le fond de la classe en essayant d'oublier tout le reste : ce ne serait qu'un mauvais moment à passer, il n'avait, de toute manière, pas le droit de la tuer.

- M. Potter.

Le regard de l'interpelé passa de Lavande au professeur. Lui comme deuxième cobaye ? C'était inhabituel, même s'il aurait dû se douter que le mangemort ne résisterait pas à la tentation de le torturer.

Il pensa d'abord protester, toutefois, en voyant l'expression terrifiée de Lavande, il préféra ne rien dire pour le moment. Les Serpentards s'acharneraient sans doute plus sur lui que sur elle, et dans le cas contraire, avoir un ami dans la même situation aiderait Lavande à surmonter cette épreuve. Il se leva donc et fit un pas vers l'estrade, laissant sa baguette en évidence sur le bureau. Cependant, le professeur lui ordonna de ne pas bouger.

- Voila une attitude bien courageuse Potter, railla le mangemort. Seulement, j'ai ordre de vous dispenser de ce cours.

- Tiens donc, est-il possible que votre cher maître ne veuille pas que vous me touchiez ?, demanda froidement Harry.

- Détrompez-vous Potter, mentit Carrow en jubilant. Mais ce cours est d'une grande importance, et donc vous comprenez que je ne peux accepter le trouble dans ma classe. Autrement dit : dehors.

- Je désire assister au cours monsieur. Je ne sortirai pas.

Harry se rassit, mais le professeur pointa sa baguette sur lui.

- Votre avis ne m'intéresse pas. C'est moi qui commande.

Il sentit alors une sensation qu'il reconnut bientôt : c'était exactement comme lors du duel avec Voldemort dans le cimetière. Il se souvenait très bien que son adversaire lui avait lancé un maléfice qui l'obligeait à saluer poliment contre sa volonté. Et cela recommençait à présent : il se sentit se lever et marcher en dehors de la classe sans aucunement le vouloir.

Alors qu'il s'apprêtait à briser le sortilèg, il vit Ron lui faire signe de ne pas se rebeller.

S'il résistait, il ne subirait pas grand-chose. Lavande, si.

N'ayant pas envie qu'elle souffre encore plus à cause de lui, Harry se laissa donc faire et se fit mettre dehors.

Aussitôt la porte de la salle verrouillée, tous les regards retournèrent sur Lavande, dont l'espoir d'avoir un compagnon d'infortune était réduit à néant.

- Maintenant, le prochain fauteur de trouble sera pas exclu, mais il tiendra compagnie à Miss Brown. Prenez vos baguettes, et venez vous mettre devant l'estrade. Miss Brown, contre le mur.

Lavande se colla au mur, n'ayant pas le courage de résister, et observa, terrorisée, les élèves se lever, avec plus ou moins d'entrain selon la maison à laquelle ils appartenaient, pour venir se disposer en un grand arc de cercle devant elle.

- Bien sûr, vous connaissez tous la formule. Mais je suppose que pour certains d'entre vous, un rappel ne ferait pas de mal. Endoloris !

Il pointa sèchement sa baguette vers Lavande qui résista quelques secondes, malgré une grimace explicite. Mais ses jambes finirent par se dérober sous elle et elle tomba brutalement sur le sol dans de violentes convulsions, ne pouvant plus se retenir de crier de douleur. Le professeur leva très rapidement le maléfice, et regarda tous les élèves.

- La formule est simple, et il n'y a pas de geste particulier. Même les plus idiots d'entre vous peuvent y arriver. Alors prenez exemple sur moi, et entrainez-vous. Pour le moment, essayez l'un après l'autre, que je puisse juger de votre prononciation. M. Malefoy, commencez donc.

Drago pointa aussitôt sa baguette vers Lavande, qui avait eu le temps de se remettre debout. Elle avait blanchi à vue d'œil.

- Endoloris.

Le sortilège frappa Lavande, qui se prit la tête entre ses mains avec une horrible grimace. Après quelques instants, alors que la jeune sorcière laissait échapper des gémissements de douleur, le professeur fit signe à Malefoy d'arrêter.

- Très bien, très bien. Suivant.

L'élève en question, juste à droite de Malefoy, était Crabbe. Il prononça la formule avec une joie sadique incontestable. Heureusement, il n'était pas plus doué qu'avant et Lavande n'eut d'autre mouvement que de fermer les yeux, les sourcils froncés ; cela restait largement supportable. Ensuite, vint Goyle, qui obtint le même résultat. Puis ce fut le tour de Pansy Parkinson, Millicent Bulstrode, Neville, qui apparaissait aussi livide que Lavande, et Ron.

Enfin, ce fut à Dean. Il pointa sa baguette vers Lavande, qui se retenait avec peine au mur : les sortilèges des Gryffondors ne lui causaient que des souffrances tolérables, contrairement à ceux des Serpentards lorsqu'ils s'y mettaient ensemble.

Dean articula difficilement la formule. Lavande ferma un instant les yeux, et les rouvrit presque aussitôt. Elle ne semblait absolument rien ressentir. Le professeur hocha la tête silencieusement, et ce fut ensuite au tour de Blaise Zabini, Daphné Greengrass et Théodore Nott. Celui-ci, contrairement aux autres de sa maison, lança le sortilège comme s'il s'agissait d'un cours habituel, sans que, dans sa voix, ne se ressente le désir de faire souffrir. Ce fut cependant le maléfice le plus puissant jeté jusqu'ici par les élèves.

Lavande laissa échapper un cri de surprise et tomba au sol. Elle se prit la tête entre les mains et cria de plus en plus fort et longtemps. Son corps s'agita de convulsions soudaines et violentes, et une souffrance intense transparut sur son visage. Nott l'observa avec un intérêt certain, bien qu'il demeurât impassible, et semblait étudier objectivement les résultats de son sortilège, sans prendre en compte qu'une de ses camarades de classe hurlait son supplice deux mètres devant lui. Le professeur le regardait faire, l'air ravi, et attendit beaucoup plus que pour les autres avant de lui ordonner de s'arrêter.

Il ne restait alors plus que Parvati. Elle fixa sa meilleure amie pour la première fois de l'heure. La jeune sorcière était couchée au sol en position fœtale, la bouche entrouverte, la respiration sifflante. Des sanglots silencieux secouaient régulièrement son corps, et des larmes coulaient sur ses joues.

Lorsque Parvati avait été le cobaye la veille, de très nombreuses blessures lui avaient été infligées par les élèves. Seulement, il ne s'agissait pas du Doloris, et ce dernier était le seul envoutement à reproduire l'impression de douleur en ne laissant aucune marque ; c'était le plus redoutable des sortilèges justement pour cette raison. De son côté, malgré des maléfices de lacération, et une douleur intense, Parvati ne souffrit plus une fois ses plaies disparues. Et elle savait que sa souffrance ne pouvait être comparée à celle ressentie par un Doloris. Par conséquent, elle ne s'était jamais retrouvée dans le même état que celui de Lavande, même si elle connaissait la puissance de certains élèves, et en particulier Nott.

Parvati abaissa sa baguette. Elle ne pouvait tout simplement pas infliger cela à son amie. Même faire semblant, comme Ron et Dean, lui paraissait impossible, car elle appréhendait de le lui lancer réellement.

- Qu'attendez-vous Miss Patil ?

Parvati ne fit rien, néanmoins son regard fut attiré par Ron et Dean. Le second murmura quelques mots à l'oreille de Ron, qui le répéta à Neville. Un sourire se dessina si rapidement sur les lèvres de ce dernier qu'elle crut l'imaginer. Alors, elle aperçut Dean la regarder et lui faire un signe de tête, suivi d'un clin d'œil. Bien qu'il fut placé en face du professeur, celui-ci observait Lavande et n'avait donc pas vu l'échange qui s'était déroulé très rapidement.

Craignant d'avoir mal compris, Parvati dévisagea les deux autres, qui acquiescèrent. Parvati se tourna vers Lavande, qui avait les yeux fixés sur elle, en attente du maléfice. Dans ses yeux, ni colère, ni amertume, ni rancœur. Parvati eut même l'impression que son amie l'encourageait à agir. Dégoûtée par avance de son geste, Parvati leva à nouveau sa baguette et lança la formule en tentant d'empêcher sa voix de trembler. Lavande se replia encore plus sur elle-même, comme si elle essayait de ne pas montrer combien les ondes de souffrance qui la traversaient brutalement étaient terribles.

Ne pouvant en supporter plus, Parvati leva le charme sans attendre l'autorisation de Carrow. Celui-ci sembla croire que sa magie demeurait encore faible à cause du cours de la veille car il ne lui fit aucune réflexion.

- Vous avez un bon niveau, c'est bien. Pour une première fois en tout cas.

A ces mots, tous ceux qui se trouvaient dans le demi-cercle face à Malefoy purent le voir esquisser un sourire moqueur. Ce n'était évidemment pas la première fois qu'il torturait de cette manièr car son père lui ordonnait de s'entraîner sur des moldus, ou sur des animaux.

- Sauf, pour vous trois, continua le professeur avec un regard mauvais. Messieurs Weasley, Londubat et Thomas, vous allez recommencer. Et ensemble. Je vous préviens, je saurai si vous faites semblant.

Les trois amis affichèrent des expressions effarées. Pourtant, Parvati, qui les observait, remarqua une lueur au fond de leurs yeux qui démentait leur air effrayé.

Lavande restait à présent la tête cachée dans ses bras, les épaules secouées de sanglots silencieux. Les maléfices à répétition l'avaient rendue beaucoup trop faible. Si les trois garçons réussissaient un sortilège, leur effet combiné pouvait occasionner une souffrance très importante. Toutefois, sans hésiter une seule seconde, Dean, Neville et Ron dirigèrent leur baguette droit sur la jeune sorcière.

« Arrêtez ! », ne put s'empêcher de crier Parvati.

Trop tard. Les trois garçons prononcèrent la formule d'une voix unanime.

Cependant, au moment où ils dirent « doloris », ils changèrent de quelques centimètres la direction dans laquelle pointaient leurs baguettes, et visèrent leur professeur. Celui-ci ne put réagir avant de recevoir les maléfices, très réussis pour une première fois, et la conjugaison des trois le fit trébucher en arrière avec des hoquets de douleur.

Les réactions ne se firent pas attendre.

Malefoy, Zabini et Nott réalisèrent ce qu'il se passait les premiers. Ils attaquèrent aussitôt les trois Gryffondor à l'aide de sortilèges divers. Le trio dut relâcher le Doloris pour riposter.

Pendant ce temps, Greengrass se remit de sa surprise et tenta d'immobiliser les rouge et or qui s'en sortaient bien face à leurs adversaires. Crabbe et Goyle vinrent rejoindre ces derniers et la bataille qui s'engagea devint rapidement un chaos indescriptible. Entretemps, Bulstrode et Parkinson rejoignirent leur professeur, et l'aidèrent à reprendre ses esprits.

Dans la confusion générale qui régnait dans la classe, Parvati se glissa jusqu'à Lavande, évitant les sortilèges qui volaient de tous les cotés. Elle passa le bras de son amie autour de son épaule et la souleva. Elle manqua de tomber lorsqu'un bureau lancé à pleine vitesse percuta le mur à quelques centimètres d'elle. Heureusement elle retrouva son équilibre aussitôt. En l'apercevant Dean Ron et Neville tentèrent de détourner l'attention de leurs six opposants afin de permettre à leurs camarades de traverser la classe sans que les Serpentards ne puisse les en empêcher.

Concernant Harry, il s'était assis contre le mur juste à coté de la porte. Il tendait l'oreille, espérant entendre le moindre bruit, mais les murs étaient trop épais – à moins qu'il ne s'agisse d'un sortilège d'insonorisation. Par conséquent, il ne parvenait pas savoir comment avançait le cours, ni comment allait Lavande.

Il savait très bien que Voldemort voulait conserver un semblant de normalité tant qu'il le pouvait, de ce fait, les sorciers qui travaillaient au ministère devaient, par exemple, prouver l'ascendance moldue d'un sorcier avant de faire quoi que ce soit. C'était également pour cela qu'il ne fallait pas qu'un élève meure dans l'enceinte de l'école sans raison valable aux yeux des sorciers lambda. Aussi mauvais que soit Carrow, il ne pouvait donc pas torturer jusqu'à la mort, ce qui était déjà rassurant. Mais rien n'empêchait la mutilation, ou la torture morale.

Harry ressentait donc des inquiétudes sévères sur l'état de la jeune Gryffondor lorsque le cours se terminerait.

Soudainement, il perçut un tumulte venir de la salle, qui se transformèrent en un instant en un tel brouhaha qu'il ne parvint à discerner ce qu'il se passait. Il entendait des cris, des bruits d'explosion, de chute. Il se releva et leva sa baguette en se rappelant que la porte était verrouillée.

- Alohomora.

Néanmoins, le son caractéristique ne se produisit pas. Harry dut s'y reprendre trois fois avant que le cliquetis marquant l'ouverture de la porte ne se fasse entendre. Il attendit alors quelques secondes, le temps de bien se concentrer. Ne sachant pas ce qu'il trouverait à l'intérieur, il préférait se préparer à toute éventualité. Enfin, il ouvrit la porte lentement, sa baguette prête.

C'est alors qu'il vit les élèves des deux maisons s'affronter, le professeur qui reprenait à peine ses esprits, et Parvati soutenant Lavande qui se dépêchait autant que possible d'atteindre la porte.

Harry entra aussitôt et prit l'autre bras de Lavande. Grâce au poids de la jeune sorcière mieux réparti sur eux deux, ils sortirent très rapidement.

- Harry, on la porte à l'infirmerie, les garçons m'ont dit qu'ils avaient la situation en main, que la priorité était Lavande.

- D'accord. Allons-y, acquiesça le survivant.

Heureusement, l'aile de l'infirmerie pouvant être atteinte par cet étage, ils y arrivèrent assez vite.

Lorsqu'ils entrèrent, l'infirmière était occupée avec Seamus.

- Harry ? Que se passe-t-il ?, s'exclama celui-ci en les voyant arriver.

A son cri, Mme Pomfresh se tourna vers eux et étouffa une exclamation. Tout en finissant le sortilège qu'elle pratiquait sur Seamus, elle leur ordonna de déposer la blessée dans un lit vide, ce qu'ils firent aussitôt. Lavande avait perdu connaissance en chemin.

- Racontez-moi, que s'est-il passé ?

Tandis qu'ils expliquaient le déroulement du cours, l'infirmière commençait à examiner Lavande pour repérer d'éventuelles blessures superficielles.

- Retournez en cours, leur dit-elle lorsqu'ils terminèrent leur récit. Apportez-moi tous les blessés, contre leur gré s'il le faut.

Harry et Parvati acceptèrent sans hésiter. Ils ressortirent de l'infirmerie en courant et retournèrent devant la salle d'étude de la magie noire. Quand ils parvinrent près de la porte, ils remarquèrent un silence pesant.

Ils comprirent pourquoi en entrant.

Le professeur tenait en joue Ron, adossé au mur, qui se tenait l'épaule en grimaçant, sa manche couverte de sang. Malefoy et ses deux gardes du corps s'occupaient de Dean, assis contre le pied du bureau du professeur, les yeux clos. Plus loin, Parkinson, Bulstrode, Greengrass, Nott et Zabini pointaient tous les cinq leur baguette vers Neville. Celui-ci était allongé sur le dos, son uniforme déchiré un peu partout, le coté gauche du visage en sang. Il s'en écoulait un peu de sa bouche, et visiblement aussi de plusieurs blessures car quelques petites flaques étaient visibles autour de lui. Zabini avait le pied sur sa main droite, ce qui expliquait certainement en partie l'expression de douleur qui se peignait sur le visage lunaire de l'adolescent à terre, qui parvenait toutefois à rester assez lucide pour leur lancer des regards meurtriers. Cela surprit les deux arrivants : après tout, Neville ne se montrait pas violent d'ordinaire, et cette expression de haine ne lui ressemblait vraiment pas.

- Retenue pour… tous les trois…, dit le professeur entre deux tentatives pour reprendre son souffle. Soyez sûr que le professeur Rogue… il sera informé de ça. Tiens !, Potter et Patil !, s'exclama-t-il en les voyant sur le pas de la porte. Amenez vos camarades à l'infirmerie, ça serait dommage qu'ils ne soient pas en pleine forme pour leur retenue. »

Zabini leva le pied mais se baissa pour récupérer la baguette de Neville qui avait roulé sous un bureau. Il la donna au professeur, qui possédait déjà celles des deux autres. Ron aida alors Dean, encore sonné, à se relever, tout en jetant des regards meurtriers au professeur, tandis que Neville se remit également debout. Pendant que les trois garçons approchaient, Harry et Parvati purent voir que Neville, qui par ailleurs boitait considérablement, était vraiment le plus mal en point.

Alors qu'ils faisaient route vers l'infirmerie, Ron trouva encore la force de plaisanter.

- Et bien Neville, toi quand tu te bats, tu ne fais pas semblant. Rappelle-moi de ne jamais te contrarier ! Tu te rends compte, Harry, ajouta-t-il en se tournant vers celui-ci, il a réussi à tenir tête à cinq adversaires en même temps, depuis le début jusqu'à ce que vous arriviez à peu près.

- C'est parce que vous, ils vous ont attaqués par derrière, s'ils m'avaient surpris de la même façon…

- Non Neville, l'interrompit Harry. Franchement, avec l'A.D., j'ai pu voir ton niveau il y a deux ans. Tu es celui d'entre nous qui a le plus progressé, vraiment.

- En plus, ajouta Dean faiblement, Parkinson et Bulstrode n'ont peut-être qu'un demi-cerveau à elle deux, mais Greengrass et Zabini sont plutôt puissants, sans parler de Nott. Celui-là, même s'il est seul, je n'aimerai vraiment pas me battre avec lui.

- Tu es devenu un sorcier très puissant. Les mangemorts doivent faire attention si t'es dans les parages !, lança Parvati avec un sourire amusé, essayant de détendre l'atmosphère.

Neville fut le seul à ne pas sourire. Il plaça mieux le bras de Dean derrière sa nuque en fixant un point loin devant lui.

- Je déteste ce sort, le Doloris, je veux dire. Je ne supporte pas de le voir utilisé. »

La tension devint brusquement plus lourde. Harry et Ron hochèrent la tête : ils savaient que ce sortilège avait été utilisé la famille Lestrange pour torturer les parents de Neville jusqu'à les rendre définitivement fous. Ils l'avaient momentanément oublié et ils regrettaient à présent de s'être attardés sur le sujet.

Mme Pomfresh prit en charge les trois blessés aussitôt, sans poser la moindre question ni prononcer le moindre mot. Cependant, ils virent tous la colère intense qui brillaient dans ses yeux. Harry et Parvati expliquèrent la raison de l'état des trois garçons à Seamus qui semblait plus qu'inquiet. Ron fut guérit très rapidement, ses blessures n'étant que superficielles, y compris la coupure à son épaule, beaucoup moins profonde que ce qu'elle paraissait. L'infirmière soigna les blessures de Dean pendant son inconscience, et le déclara en état de sortir vingt minutes après son arrivée.

L'état de Neville fut beaucoup plus préoccupant. Les coupures au visage et sa lèvre largement fendue se refermèrent facilement, et sa cheville remise en place sans aucune difficulté. En revanche, les cinq serpentards s'étaient amusés à essayer les sortilèges de lacération perfectionnés la veille, et au vue du résultat, ils s'étaient considérablement améliorés. Il avait également plusieurs os de la main brisée et Neville blêmit en entendant l'infirmière lui annoncer qu'il ne pourrait tenir à nouveau une baguette avant une semaine ou deux.

Seule Lavande resta à l'infirmerie ; quand le groupe des Gryffondor repartirent, soit environ une heure après être arrivés, elle demeurait endormie.

Harry, Dean, Ron, Neville et Parvati passèrent le reste de la matinée dans la bibliothèque. En seulement quelques jours, trois élèves avaient déjà gagné un séjour prolongé à l'infirmerie, et ils commençaient sérieusement à se demander si au moins l'un d'entre eux serait encore sur pied d'ici la fin de la semaine.


Et voila ! J'espère que ce chapitre vous a plu.

N'oubliez pas que n'étant pas du tout rémunérée, mon seul salaire réside en vos reviews…

Prochain chapitre dimanche :-)