10.
John entra dans l'appartement en sifflotant gaiement. Il abandonna son blouson sur son fauteuil et contempla le petit sapin de Noël richement décoré en souriant. Il était heureux. On était le vingt-quatre décembre, il avait pris son après-midi et s'apprêtait à se mettre aux fourneaux avant l'arrivée de ses invités. Sherlock avait râlé en apprenant que Mycroft et Lestrade seraient là pour le réveillon, mais le médecin avait trouvé un moyen imparable pour se faire pardonner une fois au lit.
Un bruit provenant de la cuisine ramena John à la réalité. Pris d'un mauvais pressentiment il fila vers l'origine du tapage. Arrivant dans la pièce, il se figea en écarquillant les yeux. Plus de cadavre pourrissant d'un animal quelconque, plus de bocaux au contenu douteux, plus d'éprouvettes et autres bouteilles de produit chimique… En fait, la cuisine n'avait jamais ressemblé autant à une cuisine qu'à cet instant, mais ça n'était pas gagné pour autant. Il y avait de la farine partout, des restes carbonisés d'une matière non-identifiée dans l'évier, du beurre par terre, des ustensiles à pâtisserie un peu partout… Bref, c'était un véritable capharnaüm.
Et au milieu de ce gâchis, Sherlock un tablier autour de la taille qui le rendait tout particulièrement sexy, le fixait avec un sourire triomphant. John l'interrogea du regard mais le détective ne dit rien, huma l'air puis se retourna vers le four. Le blond tenta de voir ce qu'il faisait et l'instant d'après il eut la surprise de découvrir sur le plan de travail un plat remplit de biscuits fumants qui embaumaient l'air.
« Sherlock ?
- J'ai lu tout à l'heure sur internet que ça faisait bien à Noël quelques biscuits alors voilà… »
John ferma les yeux un instant en soupirant avant qu'un grand sourire ne se dessine sur ses lèvres. Il avait l'impression de n'avoir jamais aimé Sherlock autant qu'à cet instant, et ce malgré l'état indescriptible de la pièce.
« - Merci, articula-t-il avec émotion. C'est… parfait. »
Tout à fait fier de lui, Sherlock se débarrassa de son tablier.
« - A présent je te laisse la place, dit-il tranquillement. Apparemment tu as pas mal de choses à ranger et à préparer pour ce soir. »
John éclata de rire. Bien sûr, il ne fallait pas trop en demander non plus. Sherlock commençait à peine à s'intéresser aux traditions de Noël, il ne fallait pas le brusquer non plus…
