UN NOUVEAU PROFESSEUR

CHAPITRE 10

La rentrée c'est bien passée. Severus au plus mal en revanche a refusé de se montrer aux nouveaux élèves. Hagrid qui a retrouvé sous l'impulsion de la nouvelle Directrice son poste de professeur « de soins aux créatures magiques » est aux anges. Lucius quant à lui, s'est parfaitement intégré à sa nouvelle fonction même si le premier jour certains élèves ont montré leur mécontentement d'avoir ce personnage comme professeur. Certaines familles n'ont en effet pas oublié le rôle de Lucius Malfoy durant la guerre et ne sont pas prêtes à pardonner malgré le discours d'Harry Potter en faveur de sa réhabilitation. Le Ministère informé n'est pas favorable non plus à ce qu'il enseigne, surtout les potions et décide d'envoyer un Auror particulier du nom de Steven Witchblood.

Pétunia se trouve à des années lumières de ce qu'impliquent l'enseignement des potions à Poudlard. Elle se sent de plus en plus à l'aise avec son Livre des Ombres et commence à percevoir quelques résultats. Son énergie grandit en elle, elle le sent et commence à prendre la mesure de sa propre magie. Narcissa avec qui elle sympathise de jour en jour, le sent également même si cette magie lui est complètement étrangère. Ses sentiments sont mitigées envers cette femme moldue pas ordinaire du tout et ils vont être complètement troublés lors d'une sortie shopping.

Severus conscient que la situation est désespérante pour Pétunia lui accorde une sortie à Londres mais pas seule. Narcissa se proposant, car elle aussi trouve le temps long à Poudlard, il accepte.

La journée se déroulait plutôt bien, entre l'achat de produits pour Lucius et ses cours, des vêtements, Pétunia s'amusa beaucoup et trouvait Narcissa de compagnie plutôt agréable. Jusqu'à ce que leurs pas les conduisent vers l'allée des Embrumes. Elles marchaient, en silence. Pétunia avait la chair de poule à présent, cet endroit ne lui plaisait pas du tout, lorsque son sixième sens l'avertit qu'elles couraient toutes deux un grand danger. Cela se vérifia cinq minutes plus tard.

- Alors Mesdames, on recherche la canaille ? Il cracha à quelques centimètres de la pointe de chaussure de Pétunia.

Elle le fixa durement.

- Laissez-nous je vous prie.

L'autre se mit à rire et fit un geste de ralliement. Deux hommes sales et grossiers montrèrent leurs visages crasseux. Narcissa touchait sa baguette, prête à l'action.

- Si vous ne nous laissez pas, vous allez le regrettez siffla Pétunia.

- Vous entendez ça vous autres, il s'approcha d'elle, son haleine fétide et alcoolisée faillit la faire vomir sur la seconde. De quoi aurais-je à craindre d'une ... moldue ?

Les iris de Pétunia changèrent de couleur. De noisette ils passèrent à un noir d'encre.

- Je ne sais pas ... mais peut-être que ceci vous fera réfléchir ... . Elle se concentra de toutes ses forces mentales. L'énergie de la terre crépitait sous la semelle de ses chaussures. À présent elle gagnait ses mollets fins, ses cuisses, passait dans son ventre. Enfin elle atteignit ses épaules, ses bras, ses mains et l'impensable se produisit. Narcissa fixait ahurie sa nouvelle amie, extraordinaire. Une force incroyable propulsa les trois voyous à plusieurs mètres. Celui qui l'avait humilié fut derechef relevé d'une manière inexplicable, comme pendu en l'air. Le vide s'était constitué inexplicablement autour d'elles et des voyous. Même l'intérieur des boutiques semblait vide de vie humaine.

- Excuse-toi ou tu mourras ... prévient implacable Pétunia.

- Non ... arrête Pétunia, je crois qu'ils ont eu leur compte ... arrête ... elle scrutait les alentours, espérant de toutes ses forces qu'aucun Auror se trouve à proximité.

- Je ne sais pas fit Pétunia ... il ne le mérite pas, surtout pour qu'il continue de nuire à des honnêtes personnes.

- Non, arrête s'il-te plait, et elle la toucha. L'énergie qu'elle ressentit alors la tétanisa. Incroyable ... son pouvoir est incroyable, inégalé ! je ne l'ai jamais ressenti comme ça, même Vol ... même le sorcier noir n'en avait pas autant !

Pétunia soupira, et à regret laissa tomber lourdement l'homme sur les pavés. Elle s'approcha de lui et l'autre nettement moins confiant, recula, comme s'il voulait traverser le mur derrière lui.

- Tu lui dois ta misérable vie. Ne recommence jamais.

L'autre hocha fébrilement la tête.

- Et va te laver ! Tu verras que pour trouver du travail se sera plus facile !

Satisfaite elle prit le bras de Narcissa et retournèrent dans le chemin de traverse comme si rien ne s'était passé. Pour la femme de Lucius, cette expérience l'avait nettement remuée. Elle n'avait jamais entendue parler de cette magie. La silhouette du Ministère se découpait à présent, elles n'en étaient pas très loin et Narcissa suggéra à Pétunia d'aller faire un tour vers les classes. Bien sûr, elle avait en tête de voir son Drago chéri. Pétunia qui l'avait bien compris consentit.

Drago se trouvait dans le même groupe de travail qu'Hermione Granger. Cela lui avait déplu tout d'abord car il allait être encore en concurrence avec cette sang-de-bourbe comme il le pensait toujours, mais nettement avec moins de conviction depuis la guerre. Il avait remarqué depuis la rentrée que miss-je-sais-tout n'était plus dans son assiette pour ce qui concernait les études et cela l'interrogea. Tiens qu'arrive t-il donc à Granger ? Serait-ce Weasmoche qui est la cause de ce manque de motivation ?

Il rangeait ses affaires avec lenteur, tâchant de se coller au même rythme de Granger. Il ferma son attaché-case en même temps qu'elle et se retrouvèrent – comme par magie – en même temps vers la porte de sortie.

- Vas-y Granger, tu dois être pressée de retrouver – il fit une grimace – ton Weasley chéri.

- Malfoy (ses yeux tristes et son visage plus pâle qu'à l'ordinaire fendirent le cœur de Drago inexplicablement), je t'en prie, laisse-moi tranquille !

Par pur réflexe, il lui saisit les bras, soudain honteux.

- Excuse-moi. Il inspira. Son père s'immisça dans sa pensée et il le chassa déterminé. Je propose que nous enterrions la hache de guerre. Il déglutit parce que ce qu'il était entrain de faire n'était pas facile du tout, surtout que Granger ne l'y aidait pas, le disséquant comme un chirurgien sur l'organe qu'il opère.

- Je sais ... c'est moi qui l'ait déterré lorsque je t'ai appelée ... enfin je sais que tu te rappelles très bien ...

- Malfoy ... sortons d'ici.

Ils marchèrent côte à côte sans oser continuer la conversation entamée à la sortie du cours.

- Granger, par rapport à ce que je viens de te dire ... tu veux boire un verre avec moi ?

Qu'est-ce qui lui prend ? Ce n'est pas une attitude ordinaire de la part de Drago ... mais ... il à l'air sincère et puis je n'ai rien à faire de particulier ... Ron est coincé au magasin avec Georges, pourquoi pas accepter ?

- D'accord. Elle lui sourit et Drago se sentit rougir (comme une fille ce qui l'agaça prodigieusement).

C'est là qu'il vit ... sa mère et cette femme qui n'avait pas du tout d'être du même monde, Pétunia.

- Je crois que ce sera pour une autre fois fit Hermione, je crois que c'est ta mère ...

- Granger ...

- À une autre fois ... Drago et elle lui décocha son sourire le plus lumineux.

Étrange il en voulu inexplicablement à sa mère et de sa visite surprise.

- Drago mon chéri ! Mais ... tu as maigri !

Ça y est voilà qu'elle me considère encore comme un gamin ...

- Maman je t'assure que je vais bien. Bonjour Mme ... Dursley.

- Bonjour Drago.

Il lui serra les mains et se faisant senti quelque chose d'étrange, un pouvoir, une énergie bien présente mais qui lui était inconnue.

- Tes cours sont finis je crois, viens ! allons goûter à la gare. Je ne voudrais pas que nous rations notre train.

Severus se terrait dans son cachot préféré. Il ruminait et s'ennuyait ferme. À quoi bon vivre ? Je suis comme un moldu ... et s'est terrible ! Il en vint même à penser que ce qu'il vivait était pire que le AVADA KEDAVRA. Hagrid qui avait bien vu son état, que l'on peut qualifier sans se tromper de dépressif, décida de le sortir même par la force de son antre. C'est ainsi qu'après avoir fait le tour des cachots, des appartements de Severus, il cogna à la porte qui faisait le tiers de sa taille.

Severus sortit doucement de sa léthargie. Avec lenteur alla voir qui pouvait bien produire un tel vacarme.

- C'est vous Hagrid, puis-je savoir ce qu'il ...

Hagrid le tira alors du cachot.

- HAGRID ? QU'EST-CE QUI VOUS PREND ?

- Il me prend que vous devez prendre l'air, vous ... vous me faîtes pitié !

- Je n'ai que faire de votre pitié ... je suis un moldu à présent alors laissez-moi me morfondre si j'en ai envie !

- Non gronda Hagrid fièrement.

- Hagrid ... le ton se brisa. Severus aurait voulu qu'il soit menaçant mais ... menaçant de quoi ? Exit ses pouvoirs de sorciers, et devant Hagrid la force physique seule ne serait pas suffisante.

- Hagrid reprit Severus, c'est gentil ... mais vous ne pouvez rien pour moi.

- C'est ce qu'on va voir.

- Hein !?

Hagrid lui prit le bras et Severus fut obligé de le suivre. Il tentât bien de se dégager mais la grosse poigne refusa.

- Hagrid je vous suis ... mais vous oubliez que je ne suis pas un demi-géant moi, alors ralentissez.

- Oups pardon. Il se tourna désolé vers un Severus essoufflé.

Ils se rendirent à la cabane du Garde-Chasse. Hagrid lui servit un verre de ... whisky pur malt. Il en avait toujours en stock, attendant la visite de la Directrice de L'école Beaux-Bâtons, un jour peut-être ...

- Hagrid, le whisky je ne suis pas sûr ...

- Si parce qu'après on va faire un tour.

- Et un tour où ?

- Vous verrez bien.

Mme Mac Gonagall faisait face à un candidat pour le poste de professeur de potions laissé vacant par Severus pour l'année. L'homme était jeune, le visage agréable, des yeux bleus magnétiques. Sa silhouette athlétique indiquait également qu'il était en parfaite santé.

- Et bien je ne vous cache pas que votre candidature m'intéresse. Vous seriez disponible quand ?

- Maintenant. Je voudrais enseigner à ceux et celles qui commencent dans cet Art difficile des potions. Enseigner aux Aurors ne m'intéresse plus et j'ai donné ma démission au Ministère il y a une semaine.

- Parfait.

- Je peux commencer demain ?

- Oui bien sûr, vous avez apporté vos affaires ?

- Elles sont en bas ... j'attendez l'issue de l'entretien.

- Très bien. Je dois vous enregistrer comme l'exige notre Ministère. Je vais donc prendre votre identité. Monsieur ...

- Witchblood.

- Prénom.

- Steven.

Hagrid montrait fièrement à un Severus plus que réticent, Ventdebout (Buck fut rebaptisé après sa condamnation à mort lors de la troisième année d'Harry Potter à Poudlard).

- Vous vous souvenez des précautions d'usage ? Hagrid toisait Severus.

- Évidemment ... mais vous ne me ferez pas grimper là-dessus ... je ne suis pas Harry Potter, l'air n'est pas mon élément.

Hagrid passa sa main dans ses cheveux épais et hirsutes. En fin de compte ce n'était pas une très bonne idée de mettre Severus sur l'arrière train de l'hyppogriffe ... sans vrai sorcier derrière, par sécurité. Surgit alors Lucius à point nommé.

- Qu'est-ce que ... mais c'est cet hyppogriffe qui a faillit tuer mon fils !

- Humm ... convenez cher Lucius, qu'il l'avait un peu cherché. Hagrid était à présent aussi rouge que les tomates qui finissaient l'été sur ses plants.

- Que fait-il là ?

Hagrid soupira. Il valait peut-être mieux dévoiler son plan.

- J'escomptais faire monter Severus, (Lucius et Severus le regardèrent circonspects) bah oui ! pour lui faire du bien, lui changer les idées !

- Et vous croyez que juché sur cette ... chose ... cette créature ... tout ce qu'il y a de mauvais ... vous voulez tuer Severus en fait !

- Vous savez bien que c'est faux dit doucement Hagrid. Je veux juste l'aider.

Lucius s'approcha de l'hyppogriffe qui fit un mouvement brusque, effrayé.

- Humm ... si je puis me permettre suggéra Hagrid, il faut avancer vers Ventdebout avec humilité, là ce que vous faîtes est dangereux.

- Il est inoffensif, c'est bien ce que vous venez de dire non ?

- Il ne faut pas être en excès de confiance. Hagrid ferma les yeux et se promit que la prochaine fois il ne prendrait aucune initiative.

Il ouvrit un œil et vit Lucius arrêté. Il le regardait, attendant certainement une directive.

- Et maintenant ?

- Faîtes-lui une révérence souffla Hagrid.

- Moi ? À cet ... il eut une moue dégoûtée. C'est un peu mal parti tout de même ...

- Oui monsieur Malfoy.

L'autre s'exécuta de très mauvaise grâce. L'hyppogriffe rua.

- Il faut que vous y mettiez plus d'humilité ... intervint Hagrid. Voilà, comme ça !

Lucius approcha sa main de Ventdebout et Hagrid sentit son cœur se désorganiser. Ventdebout laissa faire et enfin cessa d'avoir peur.

- Bon ce n'était pas si compliqué que ça fit Lucius. Allez Severus, allons-nous promener !

- Vous n'y pensez pas ! Severus recula et avait les bras croisés. Sa tête avait prit la même expression têtue que par un passé pas trop lointain.

- Si ! Lucius avait toujours sa main toujours posée sur la tête de l'animal. Hagrid a toujours d'excellentes idées ! Il ironise là pensa Hagrid très mal à l'aise.

- Pas toujours justement grinça Severus.

- Severus ! Allez ! Vous êtes avec moi et il ne vous arrivera rien ! Hagrid amenez-le moi !

- Euh ...

- Bon ça va, ça va ... deux sorciers contre moi, j'obéis et Severus s'approcha.

Lucius grimpa avec aisance, suivi par Severus. Ventdebout agita sa tête et prit son élan pour quitter la piste de décollage.

La nuit était tombée depuis deux heures environ lorsque Pétunia et Narcissa arrivèrent à Pré-au-Lard.

Poudlard n'était pas encore tout à fait endormi dans certaines ailes du château. Narcissa avait hâte de retrouver son mari pour lui parler des capacités magiques de Pétunia. Cette dernière s'inquiétait pour Severus. J'espère qu'il n'a pas trop ruminé, qu'il est sortit un peu ... Ôh Severus, j'aimerai tellement que tu redeviennes comme avant ! Elle toqua à sa porte. Bientôt un « oui » se fit entendre et Pétunia pénétra dans l'antre.

- Severus ... elle se mordit la lèvre inférieure. Ça va ?

- Merci de t'en inquiéter. Il la regardait d'un air malicieux. Elle embellit de jour en jour, je dois bien avouer qu'au début ce n'était pas ma tasse de thé ... mais à présent je retrouve par moment sa sœur ... Ôh Lily tu me manques tellement ! Et toi ... comment c'est passée ta journée ?

- Nous avons flâner, Narcissa a fait ses emplettes, moi ... je n'ai pas trouvé grand-chose qui m'attirait je t'avouerai. Elle décida de passer sous silence la petite altercation sans intérêt de l'allée des Embrumes. Remarquant son regard qui s'attardait plus que d'ordinaire sur son visage elle se rembrunit.

- J'ai quelque chose sur le nez ? Elle voulut aller se regarder dans un miroir mais la main de Severus, plus vive qu'un Cobra Royal l'en empêcha. Ses prunelles Onyx la scrutaient, la disséquaient délicieusement.

- Severus qu'est-ce qui te prend ? Elle dégluti, une étrange moiteur naissait dans ses mains.

- Tu es magnifique Pétunia murmura Severus.

- Ne te fiche pas de moi Severus. Je suis on ne peut plus quelconque, je suis loin de la beauté de ma ... l'index fin se posa sur ses lèvres, l'empêchant de poursuivre.

- J'ai compris quelque chose de très important aujourd'hui. Severus ôta son doigt, doucement. Ses yeux noirs hypnotisaient Pétunia qui adorait l'effet qu'ils lui procurait.

- Et tu as compris quoi ? Severus ? Elle ferma ces paupières, cherchant à se détacher du pouvoir d'attraction.

- Que ça ne sert à rien de vivre avec des regrets. Il sourit serein. Pétunia ne le vit pas, elle venait de détourner son visage.

Elle le regarda à nouveau et la bouche de Severus vint se poser sans crier gare sur la sienne. Surprise elle voulut se détacher, mais c'était tellement agréable, passionné que bientôt toute sa volonté disparut. Elle avait tant voulu ce moment dans sa jeunesse qu'elle s'y abandonnait à présent avec félicité.