Chapitre 10
Je me fis violence pour rester de marbre alors que Pietro faisait face à ma porte l'air hésitant. Je m'avançais jusqu'à lui.
« Entre » ordonnais-je avec douceur
Surpris il fit volte face vers moi avant de me reluquer des pieds à la tête. Peu étonnant vu ma tenue avant de se retourner à nouveau vers ma porte et entrer l'air décidé avant de s'arrêter en plein milieu de la pièce l'air confus.
« Je devrais te laisser t'habiller, je reviens. » annonça-t-il soudainement
Avant que je ne puisse ouvrir la bouche il avait déjà filé. Ce gars est un courant d'air. Je m'habillais donc rapidement et ne tardais pas à être rejoins.
« Je crois qu'il faut que je t'avoue quelque chose. Je… Je pense que tu as le droit de le savoir, parce que ça te concerne directement. Alors, voilà, je… » commença-t-il
« Pietro… Qu'y a-t-il de si grave me concernant que tu n'arrives pas à le dire, parle donc enfin ! » soupirais-je violement agacé par son soudain mutisme.
Il disparut quelques instants et je m'apprêtais à soupirer de frustration devant cette nième dérobade quand il réapparut près de moi la clé de ma chambre dans la paume de sa main tendu dans ma direction.
« Pour que je ne parte pas à nouveau » m'informa-t-il.
Je vis que cela lui coûtait de me laisser la clef aussi ne la pris-je que lorsqu'il me le confirma du regard.
«… Je… Oh, je n'y arrive pas ! C'est trop dur ! Je ne veux pas perdre ton amitié Lance. » s'écria-t-il désespéré en tombant sur mon lit la tête entre les mains après un moment du silence tendu.
« Dans ce cas tu resteras ici jusqu'à ce que tu y parviennes » répondis-je calmement.
Il me lança un regard paniqué.
« Mais, Lance, tu… Tu n'es pas sérieux !» s'exclama-t-il effaré
« Bien sur que si. » répondis-je de mon air le plus sérieux et indiscutable.
Il gémit faiblement et se recroquevilla sur lui-même. « Lance, tu n'es qu'un abruti ! Et si tu bandais alors que vous vous couchez tout les deux que dira-t-il ? Et si tu parlais cette nuit ? » Me sermonnais-je. « Il craquera avant » me rassurais-je en mon for intérieur. « D'un côté ce serais dommage »Me contrais-je contrarié à cette idée. « Je sais me contrôler » finis-je par décider.
« J'ai une idée puisque tu n'arrives pas à me le dire je vais le deviner ! » Proposais-je tout à coup enthousiaste.
« D'accord » concéda-t-il à contre cœur.
« Réponds par Oui ou Non. » ordonnais-je
« Okay. » répondi-il
« Est-ce que c'est à propos de Reina ? » questionnais-je.
« Non » répondit-il calmement.
« De toi. » affirmais-je.
Il me répondit par l'affirmative.
« Et de moi ? » demandais-je encore
« Oui » laissa-t-il échapper dans un souffle.
« Est-ce que tu m'as trahis? » demandais-je inquisiteur.
« Euh…Non, enfin… Je ne suis pas sur…» répondit-il hésitant
« Est-ce que tu as trahis mon amitié ? » questionnais-je à nouveau.
« Eh… Peut être, en quelque sorte on pourrait le voir comme ça… » me répondit-il l'air coupable.
« Est-ce que ce que tu as fais est très grave…» affirmais-je l'air grave.
« Je ne l'ai pas fais exprès… C'est arrivé, c'est tout. » se défendit-il
« Tu es amoureux ? »
Cette question raisonna dans mon crâne comme si je l'avais hurlé. Pietro rougit fortement à ces mots et détourna le regard.
« …Oui »
« De qui, dis-moi de qui, Pietro… » Hurlait une voix en moi et je dus m'empêcher de l'attraper et de le secouer pour qu'il me dise qui.
« Nous approchons du but ! Qui est-ce ? Kitty ?» me forçais-je à demander d'une voix détendue
« Non ! » s'exclama-t-il ahuris
« Une X-men, alors ? » continuais-je en essayant de garder mon calme.
« Mais non ! » répondit-il décontenancé.
Je citais tous les gens de ma connaissance et même ceux que je ne connaissais pas.
« Bon sang ! Est-ce que je la connais ? » m'agaçais-je
« Oui, enfin non… Je veux dire, ce n'est pas une fille… » m'apprit-il hésitant.
Alors là, je tombais des nues mais je me ressaisie bien vite pour ne pas croire que mon silence était dut à une gêne quelconque au contraire ma curiosité me poignardais à chaque instant.
« Pas d'un X-men quand même ? » demandais-je un peu trop haineusement
« Non » répondit-il encore.
Je citais tous les noms que je connaissais et je reçus la même réponse négative à chacun.
« Je n'en vois pas d'autre, j'ai dus en oublier… » murmurais-je la gorge serrée sur le point de devenir fou.
« Tu n'en as oublié qu'un… » laissa-t-il échapper dans un souffle.
Je cherchais quelques instants mais aucun autre nom ne me vint à l'esprit. Soudain, je me sentis comme frappé par la foudre.
