Lors de son réemménagement au 221B, John avait apporté avec lui un objet dont l'utilité n'est plus à prouver quand on est le père d'un bébé mais que Sherlock avait qualifié de bruyant et d'envahissant : un lave-linge. La machine trônait désormais dans la salle de bain, entre le lavabo et les toilettes.
Et tous les soirs, John avait pris l'habitude de faire une lessive. Il lavait son linge et celui de sa fille mais aussi, et cela avait été une décision unilatérale, celui de Sherlock.
« Mais enfin, Sherlock, jusqu'à quand vas-tu demander à madame Hudson de laver ton linge ? Un peu d'autonomie que diable ! » avait pointé le docteur, le jour où Sherlock l'avait vu placer un de ses pantalons dans le tambour de la machine.
« D'accord, avait cédé le détective, mais j'exige qu'elle continue à repasser mes chemises !
- Enfant gâté ! » avait conclu le docteur.
En cette fin d'après-midi, après que son enfant lui ait été ravie par une vieille dame, trop excitée à l'idée de présenter la petite fille à deux amies venues lui rendre visite (« venez la chercher dans une heure » avait imposé madame Hudson en pressant Rosie vers sa cuisine), John triait le linge, un tas pour le blanc, un tas pour les couleurs. Effectuant sa tâche par automatisme, il s'arrêta subitement, un vêtement entre les mains. Ce n'était pas un vêtement de Rosie.
C'était un tee-shirt de Sherlock. Un de ceux qu'il mettait pour dormir.
Sa première pensée fut une pensée d'exaspération : ce n'était tout de même pas compliqué d'apprendre à ne pas jeter ses affaires n'importe où !
« Putain, Sher… » Mais il n'alla pas plus loin. Une demi-heure plus tôt, à peine John était-il rentré, que Sherlock, drapé dans une de ses bouderies mélodramatiques, s'était enfermé dans sa chambre. Autant ne pas faire sortir le fauve de son antre maintenant…
John fut las soudain. Il se laissa glisser contre la baignoire et s'assit sur le carrelage de la salle de bain. Il malaxa le vêtement en coton gris, ne sachant pas trop quoi en faire.
Sherlock mettait souvent ce tee-shirt, c'était l'un de ses préférés. Parfois Il ne le quittait pas pendant plusieurs jours de suite. Les coutures s'usaient et même le gris était moins gris. L'étiquette à l'intérieur était complétement délavée.
John caressa le tissu du bout des doigts. L'image de Sherlock en pyjama, boucles brunes en désordre, et regard encore endormi, s'imposa à lui. C'était une de ses versions de Sherlock favorites, quand l'autre se réveillait et qu'il était de bonne humeur. John se prit à regretter amèrement de ne pas pouvoir assister aux premiers mouvements d'un corps qui émerge du sommeil.
Voilà, pensa-t-il, dormir à ses côtés et le voir se réveiller…
Il regarda le vêtement entre ses mains. Il le porta à son visage, pour y enfouir son nez. Il renifla, doucement. C'était comme si Sherlock avait été dans ses bras…Cette odeur, dans ses narines, dans sa bouche et sur ses doigts le chavira. Il imagina, sous ses doigts, la peau dont provenait ce parfum et contre sa bouche la douceur du souffle qui s'exhalait d'une autre bouche. Son ventre se tordit, de remords et de désir. Son entêtement aurait pu passer pour de la vertu s'il n'avait pas été si pathétique. Il se trouva ridicule.
Il leva la tête.
Deux pupilles sombres le fixaient.
« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda Sherlock d'une voix blanche.
John soutint son regard, enfouissant sa honte au fond de lui.
« Ri…rien. Je fais une lessive.
- Je t'ai vu. Tu respirais mon tee-shirt »
Il était incroyablement beau parce qu'il était terriblement sûr de lui.
John se releva péniblement en prenant appui sur le bord de la baignoire et jeta le vêtement dans la panière à linge qu'il venait de vider.
« Et alors ? reconnut-il. Ce n'est pas parce que j'ai dit non que je n'en ai pas envie…
- Tu es stupide. Et tu n'as pas dit non. Tu as dit que tu ne savais pas. »
Et Sherlock lui tourna le dos, le laissant seul, entre ses deux tas de linge, un pour le blanc et un pour les couleurs.
Le « splendide !» prononcé au bout du couloir et sans doute accompagné d'une pirouette gracieuse mais qu'il ne vit pas, n'échappa pas à ses oreilles fatiguées.
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Heureusement pour eux, John travaillait, ce qui réduisait le temps de leurs altercations aux matins et aux soirs. Malgré l'affaire de Westminster, Sherlock ne quittait pas l'appartement, traînant en pyjama, se déplaçant de sa chambre au salon, du canapé au fauteuil.
Un matin, madame Hudson monta et trouva Sherlock seul. Il s'employait à retourner entièrement l'appartement, cherchant une dernière réserve de cigarettes dont la cachette aurait pu échapper à John. Il maugréait, se parlant à lui-même.
Quand la logeuse fut entrée, il ne remarqua pas tout de suite sa présence et faillit sursauter en la trouvant le nez dans le frigo.
« Madame Hudson, que faîtes-vous là ? » demanda-t-il en s'appuyant au montant de la porte.
« Ah ! Sherlock. Je t'ai dit bonjour en entrant mais tu ne m'as pas entendue. Tu me fais peur parfois tu sais… j'ai fait une quantité impressionnante de compote et j'ai promis à John que je lui en donnerais. Je cherche de la place dans votre frigo pour ranger ce saladier… » Elle déplaça deux trois choses dans le frigo et put mettre sa compote au frais.
Elle se retourna enfin et se frotta la hanche.
« Tu permets que je m'assoie un instant, dit-elle en tirant une chaise. Ma hanche me fait mal. Je me repose cinq minutes et je te laisse tranquille » Elle eut une grimace en s'asseyant mais regarda Sherlock avec un sourire bienveillant.
Sherlock s'approcha.
« Voulez-vous un thé en attendant ?
- Pourquoi pas ? …Il faudra bien que j'accepte de me faire opérer de cette satanée hanche mais l'idée de passer sur le billard me terrifie. Ce qu'on peut être bête parfois… » Elle rit en se moquant d'elle-même.
Sherlock mit l'eau à bouillir et sortit deux tasses dans lesquelles il jeta deux sachets de thé. Il s'adossa au plan de travail.
« Alors mon garçon, qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda la logeuse.
« Nous allons très bien » répondit fermement Sherlock.
« Nous ? Je suis heureuse d'apprendre qu'il y a déjà un nous mais ce nous ne va pas bien, Sherlock. Tu sais parfaitement que je vois quand tu me mens, je te connais trop bien.
- Je ne tiens pas à parler de ma vie privée avec vous malgré tout le respect que je vous dois.
- Ah bon ? Parce que tu as le choix ? Tu as d'autres personnes disponibles pour t'écouter ? Ton frère peut-être ? » Elle osait le bousculer, elle était la seule, avec John, dont Sherlock acceptait la familiarité. Elle attendit.
Sherlock saisit la bouilloire et versa l'eau chaude dans les tasses. Après avoir remué les sachets pour accélérer l'infusion, il les déposa dans l'évier et posa les deux tasses fumantes sur la table. Il était fatigué, il s'assit en face de sa vieille amie dont il sentit le regard interrogateur et patient.
« Je… Il… » Il bafouilla, elle lui tapota la main en signe d'encouragement.
« Il… ne veut pas de moi… » réussit-il à dire en baissant la tête.
« N'importe quoi ! C'est la plus grosse bêtise que j'ai jamais entendue ! Et pourtant, vu mon âge canonique, j'en ai déjà entendues.
- Je sais ce que je dis » répondit Sherlock qui se renfrogna.
« Qu'est-ce qui te fait croire ça ? » demanda-t-elle doucement. Elle ne voulait pas le braquer.
C'était difficile pour lui d'expliquer, il essaya :
« Il me veut, j'ai des preuves qu'il ne peut nier. Mais quelque chose le retient et fier comme il est, il ne cédera pas. » C'était assez maigre comme explication.
« Parce que toi tu n'es pas fier ? »
Sherlock releva la tête, cette femme était d'une perspicacité étonnante. Il acquiesça faiblement et attendit la suite.
« Pour votre malheur, vous êtes dotés tous les deux d'egos surdimensionnés. Pour toi, c'est clair comme le nez au milieu de la figure, pour lui c'est moins évident mais cela n'en est pas moins vrai…Si l'on veut survivre à tes côtés, Sherlock, il vaut mieux disposer d'un caractère bien trempé et John n'en est pas dépourvu. D'ailleurs tu n'as d'estime que pour ceux qui te résistent. Et à voir le peu de monde qui t'entoure, John est le seul à être suffisamment armé pour t'affronter… Comprends bien que je ne dis pas ça pour te blesser mais il faut bien que quelqu'un te dise la vérité » Elle parlait sévèrement mais justement. Sherlock n'en fut pas vexé et répondit :
« Je sais tout ça madame Hudson et cela ne me gêne pas. J'aurais pu espérer que dans ces conditions il fût capable d'aller jusqu'au bout.
- Ne lui fais-tu pas un faux procès ?
- Lequel ?
- Tu sais : je-ne-suis-pas-gay » imita-t-elle. Son imitation ratée les fit rire tous les deux.
« Si. Un peu » avoua Sherlock. Il eut honte de prêter ouvertement cette crainte à son ami.
« Permets-moi de te dire que tu trompes complétement. Cet homme est fou de toi, il suffit de voir comment il te regarde, enfin comment il te regardait avant. Il était toujours au bord de te sauter dessus. Et puis il y a eu Mary, c'est sûr que cela a changé beaucoup de choses…
- Oui, beaucoup de choses… »
Ils furent silencieux et pensifs un moment.
Les paroles de la vieille dame intriguèrent Sherlock. Elles faisaient étrangement écho aux propos qu'avaient tenu John dans le fast-food pakistanais lors de la sortie nocturne qui avait précédé sa désillusion. Avant, disaient-ils… Se pouvait-il qu'il y ait eu des choses avant et qu'il les eut ignorées ? Cette pensée le mit mal à l'aise. Il n'avait pas ignoré les rumeurs et les sous-entendus qui avaient couru sur leur compte et la façon dont John s'était débattu pour démentir toute suspicion les concernant l'avait beaucoup amusé. Mais ce que disaient John et madame Hudson, c'était que ces rumeurs anciennes avaient un fondement. Pas de fumée sans feu, dit le proverbe. Y avait-il eu des signes qu'il n'avait pas su lire et d'autres dont il aurait été un émetteur inconscient ?
Puis madame Hudson reprit :
« Mais maintenant il est revenu. Et son attachement pour toi n'a pas varié.
- Alors pourquoi dire non ?
- Parce qu'il est plus triste et qu'il prend ça pour de la sagesse.
- Cela n'explique pas tout. »
Le thé était fini. Il fit un peu froid soudain.
Madame Hudson se sentit lourde d'une responsabilité qu'elle n'avait pas en entrant.
« Son cœur a déjà été brisé deux fois, dit-elle.
- Vous pensez qu'il craigne que je lui brise une troisième fois ? s'inquiéta-t-il.
- Pas volontairement mais ta vie est dangereuse.
- S'il m'aime, qu'est-ce que cela pourrait changer qu'il me perde en m'ayant eu avant ou pas ?
- Les sentiments échappent à la logique Sherlock. Je croyais que tu l'avais compris.
- C'est leur plus grand défaut »
Songeuse, elle remua sa tasse qui était vide.
« Quoi ? » demanda-t-il, impatient.
« C'est compliqué, hasarda-t-elle.
- Dîtes toujours.
- Tu es absolu et entier, Sherlock et tu n'admets pas facilement de perdre le contrôle.
- Il a peur que je le domine ? » Il écarquilla les yeux, tout à sa révélation.
Elle le regarda avec tendresse. Qu'il comprît n'était qu'un début. Elle savait que la nature de Sherlock serait difficile à dompter et que John devrait faire montre de beaucoup de force et de courage. Elle était persuadée que le plus à même de mener à bien cette histoire était le plus âgé des deux mais il fallait que le plus jeune lui fît une place pour y parvenir.
« Que faut-il que je fasse alors ? » s'enquit Sherlock. N'importe quel conseil lui aurait convenu.
« Lui laisser de l'espace et du temps, Sherlock, ça serait déjà bien » répondit-elle.
« Je vais essayer… » dit-il pour lui-même mais il était déjà empli d'un nouvel espoir.
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Lorsque John rentra ce soir-là, il trouva l'appartement rangé, un Sherlock habillé et la table mise. Il rôda et renifla partout, soupçonnant un piège mais ne trouva rien.
Sherlock n'avait pas été jusqu'à préparer le repas, il en était incapable mais avait commandé chez Angelo des lasagnes aux légumes et du tiramisu. John adorait le tiramisu.
John ne baissa pas sa garde, connaissant le degré de roublardise perverse de son ami. Ses sourcils restèrent froncés une grande partie de la soirée et il retarda aussi loin que possible le moment de se mettre à table.
Il s'occupa de sa fille et dans le silence de l'appartement, on n'entendit que les gazouillis de Rosie, qu'il encourageait à parler.
Pendant tout ce temps, Sherlock se taisait et observait le père et la fille avec tendresse. John ne put lire dans les regards qu'ils échangèrent aucune ironie ni aucun mépris.
Sherlock avait sous les yeux ce qu'il ne voulait pas perdre et il s'abîmait dans ce spectacle. De toutes ses forces, il tenait éloignées son amertume et son impétuosité qu'il savait promptes à ressurgir.
Bientôt Rosie fut couchée et John fut contraint de passer à la cuisine.
Sherlock le servit mais resta debout, ce qui étonna John.
« Tu ne manges pas ? » demanda-t-il.
« Pas faim… » Il fit une moue dédaigneuse en regardant le plat de lasagnes.
« Pourquoi as-tu mis deux assiettes alors ? »
John avait déjà saisi couteau et fourchette et s'appliquait à faire un sort au contenu de son assiette.
« Ai changé d'avis… »
Sherlock était tendu. Ce qu'il avait prévu de faire au retour de John ne lui paraissait plus du tout approprié. Ou alors c'était lui qui n'était pas approprié à la situation. Il s'éloigna de la table.
« Ah ? Ben tu ne sais pas ce que tu manques parce que c'est sacrément bon… » dit John en mâchant. Il était un plus détendu, lui. Se parler calmement de choses anodines était préférable et plus reposant que de s'envoyer des insultes à longueur de soirées.
Sherlock bougea encore et vint s'appuyer contre le montant de la porte. Entendre John lui parler gentiment était un soulagement. Il aurait pu s'en contenter et ne rien demander d'autre.
« Tu es stupide John…
- Je savais bien qu'il y avait anguille sous roche et tu devrais te renouveler parce que tu me l'as déjà dit hier. Et avant-hier aussi. » John lâcha ses couverts et se recula un peu sur sa chaise. Etait-il possible au moins qu'il mangeât tranquille ?
« …si tu crois que je vais te laisser partir. »
John écarquilla les yeux, stupéfait. Etait-il prêt à avoir cette discussion maintenant ? Il souffla et se passa une main sur le visage. Il regarda son ami et ce qu'il vit lui serra le cœur : Sherlock paraissait perdu, en pleine improvisation. Il jouait une gamme à laquelle il n'était pas habitué.
« Je ne vais pas partir, Sherlock. Alors arrête de dramatiser… »
« Je suis un peu envahissant parfois » C'était difficile et douloureux parce qu'il se contraignait.
« T'es un sacré emmerdeur oui ! » lâcha John en forçant quelque peu son sourire.
« Je vais te laisser profiter de ton repas et de ta soirée. Sans moi dans tes pattes… » Il recula dans le salon.
« T'es pas obligé… » John était ébahi.
« Si si, c'est mieux… » Il tourna le dos, prit son manteau et s'enfuit comme un voleur.
C'était quoi ça ? pensa John. Un Sherlock penaud ?
Dans le hall d'entrée, avant de sortir, Sherlock laissa tomber sa tête contre la porte. Il avait donné son maximum.
John finit seul son repas qui lui parut moins bon. Il rangea la cuisine. L'appartement était désagréablement silencieux. Les bouderies de Sherlock n'étaient jamais muettes, toujours ponctuées de ronchonnements et de soupirs exagérés.
Il s'installa dans son fauteuil et prit son journal, il y avait un article sur les actions des ONG au Moyen-Orient qu'il voulait finir. Il s'assoupit. Vers 22 heures, son téléphone vibra.
« Ça va John ? SH »
(Sherlock, ne pouvant vivre sans téléphone, avait fait l'acquisition d'un nouvel appareil quelques jours avant.)
« C'est ta façon à toi de me laisser tranquille ? »
« Pardon. Je voulais juste savoir si tu avais bien mangé. SH »
« Oui, Très bien »
« Je suis content. SH »
« Pourquoi t'es parti ? Enfin, je veux dire : ce soir »
« Madame Hudson m'a conseillé de te laisser de l'espace. SH »
« Ah ? ! »
« Je suis difficile à vivre. SH »
« C'est vrai. »
« Je sais attendre. SH »
« C'est sûr. Ces derniers jours de calme et de sérénité en sont une preuve flagrante. »
« Tu ne serais pas un tout petit peu en train de changer d'avis, là ? SH »
« Ta patience est exemplaire. »
« Et du temps aussi. Madame Hudson m'a dit de te laisser du temps. SH »
« T'es où exactement ? »
« Soho. SH »
« Tu ne fais pas de bêtises au moins ? »
« Quel genre de bêtises ? SH »
« Du genre que je pourrais légitimement te faire regretter ensuite. »
« Tu penses que ton attitude actuelle pourrait m'inciter à consommer des produits opiacés ? SH »
« C'est une éventualité. »
« Je n'ai pas encore atteint ce degré de désespoir. SH »
« Tu te rends compte de ce que tu viens d'écrire ? »
« Oui. SH »
« Pourquoi avoir mis deux assiettes ce soir ? »
« Je voulais te parler. SH »
« Et tu n'as pas pu… »
« Oui. SH »
« Tu rougis ? »
« Comment pourrais-tu raisonnablement le savoir ? SH »
« Je crois qu'on est en train de faire une belle connerie. »
« On ? SH »
« Rentre. »
« Tout de suite »
« A vos ordres, capitaine. SH »
John Watson était définitivement un imbécile, oh que oui, parce que toutes ses bonnes résolutions d'adulte mûr et responsable venaient de fondre comme neige au soleil, et tout ça uniquement à cause d'un grand brun assez beau, un peu triste et terriblement impatient qui l'avait abandonné quelques heures et qui lui envoyait des messages dont chaque mot semblait à John être remplacé par dis-oui-dis-oui et s'il-te-plaît-s'il-te-plaît.
Au diable les craintes infondées et superstitieuses, pensa John (mais intérieurement il tremblait encore) et il se convainquit qu'il possédait une poigne dont la réputation n'était plus à faire et qu'en y mettant l'énergie nécessaire, elle serait suffisante à canaliser la fougue et la quête d'absolu du fauve qui revenait vers lui.
Sherlock Holmes ne pensait pas. Il courait.
