Lumos
Disclaimer : Tout appartient à J. K. Rowling, à l'exception de la dynastie des Altis et de quelques lieux propres à cette dynastie.
Note : Voilà qui devrait répondre à quelques unes de vos questions, chers lecteurs. Je profite de cette note pour remercier encore et encore Fredjs pour son travail, ainsi que vous chers lecteurs pour vos encouragements.
Chapitre 10 : Shirin Altis.
Le soleil était très haut dans le ciel lorsque Harry se réveilla le lendemain matin. Se redressant très légèrement, il put voir que la pièce où il était allongé était à la fois simple et belle. Une grande baie vitrée laissait entrer le soleil de cette fin d'été, apportant une lumière vive qui éclairait une grande armoire en chêne massif, placée contre le mur opposé. Le grand lit et la chaise en osier complétaient le mobilier sommaire de la chambre, donnant l'impression que celle-ci n'était que peu utilisée par les propriétaires.
Regardant par la fenêtre, le survivant pouvait voir un paysage magnifique. Des dizaines d'oiseaux de toutes les couleurs voletaient dans les grands arbres en contrebas. Une pelouse parfaitement entretenue longeait les murs. Au loin, on pouvait discerner le début de grandes falaises blanches, et plus loin encore, on devinait la mer, immense et d'un bleu azur.
Harry pouvait même entendre le bruit étouffé des vagues se fracassant sur les falaises, ajoutant une touche féerique au décor déjà idyllique. Harry fut tiré de cette vision par un bruit beaucoup plus proche : deux rires d'enfants, suivis d'une courte course avant qu'une voix claire et reconnaissable ne se fasse entendre :
- Sid ! Limaliésys ! Arrêtez immédiatement !
- Oui maîtresse, répondirent les interpellés dans un ensemble parfait, avant d'éclater de rire.
- Je suis sérieuse, vous allez réveiller notre invité. Et ne m'appelez pas maîtresse.
- Oui maîtresse, dirent-ils en cœur à nouveau avant de filer hors de la maison.
- Ah ces jumeaux... murmura Shirin avant de frapper doucement à la porte.
Elle entra, et voyant qu'Harry était éveillé, lança :
- Bonjour, petit déjeuner ?
- Euh... Salut, oui merci beaucoup je meurs de faim.
- Pas étonnant. Trois ans qu'on te nourrit par transfert de magie, il va falloir te réhabituer à manger normalement, en commençant par des petites quantités.
- Oui maîtresse, répondit le survivant en souriant.
- Ah tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! rétorqua Shirin l'air beaucoup moins amical.
Perdant contenance, Harry commençait à bredouiller des excuses lorsqu'il aperçut un sourire espiègle sur le visage de la jeune fille. Décidant qu'il ne fallait pas trop insister sur ce point sans la connaître plus avant, il décida de s'attaquer à son petit déjeuner, composé ce matin d'une simple moitié de pomme et d'un grand verre d'eau.
Malgré la petite taille du fruit, Harry eut du mal à le finir, tant son estomac était peu habitué à digérer de la nourriture. Il lui fallut une bonne demi-heure pour finir ce petit festin, et bien vingt minutes supplémentaires pour boire entièrement son verre d'eau.
Pendant ce temps, Shirin s'occupait à l'aide de sorts spécifiques du nettoyage de la chambre, ainsi que de Harry lui-même. Lorsque tout fut terminé, elle s'assit sur le bord du lit :
- Bien. Pour un premier petit déjeuner, tu sembles ne pas avoir trop de difficultés à retrouver tes réflexes digestifs.
- Je ne sais pas, répondit Harry. Je crois que je ne pourrai rien avaler d'autre jusqu'à demain.
- Nous verrons cela ce soir, répondit malicieusement Shirin.
Puis, elle s'installa plus confortablement et dit :
- Je pense qu'il y a pas mal de questions que tu te poses Harry.
- Oui en effet, à commencer par savoir où je suis, et qui tu es.
- J'aurais dû commencer par là en effet, répondit Shirin légèrement confuse. Je m'appelle Shirin Altis, de la dynastie des Altis. Tu te trouves actuellement dans notre maison, qui se situe à environ 40 lieues de Galaïdes, capitale ouest du Septième Continent.
Devant tant d'informations, Harry ne savait par quel bout commencer. De ce dont il se souvenait de son école primaire, il n'existait que cinq continents sur Terre. Jamais il n'avait entendu parler de Galaïdes, encore moins de dynastie des Altis. Et pourquoi mesurait-elle les distances en lieues, quand tout le monde utilisait des Miles, ou des Kilomètres ?
- Je ne comprends pas très bien, dit-il confus. Je n'ai jamais entendu parler de septième continent, ni de Galaïdes. Mais je suis très heureux de te connaître, ajouta-t-il vivement, par peur de paraître impoli.
Shirin sourit doucement, et ajouta :
- Je sais que tout cela est très confus pour toi. Mais ne t'en fais pas, Elyor, mon père doit passer te rencontrer dans la matinée, pour t'expliquer davantage de choses. Moi-même je ne sais que très peu de choses à ton sujet, si ce n'est que tu t'appelles Harry.
- Oui, Harry Potter, et je viens d'Angleterre. C'est un pays d'Europe.
- Jamais entendu parler non plus, dit Shirin. Mais je serais heureuse d'en savoir plus.
Harry fut encore une fois sans voix. Il était en fait dans un endroit inconnu, avec visiblement personne qui ne le connaissait ni lui ni ce qu'il avait fait pour la Communauté Magique de Grande Bretagne.
Pour ajouter à tout cela, la jeune fille en face de lui, bien que semblant vive et intelligente, n'avait jamais entendu parler de l'Angleterre, ni de l'Europe. Le seul point commun qu'il trouvait avoir avec tout cela, était qu'apparemment les gens qui l'avaient accueilli connaissaient la magie et l'utilisaient.
Plongé dans ses pensées tentant de démêler et de classer toutes ces informations, Harry ne remarqua pas que la porte de sa chambre s'était ouverte, laissant Elyor Altis entrer sans bruit.
- Maître Elyor, dit Shirin d'un ton très formel en se levant, notre invité est prêt à vous entendre.
Puis, sans un regard, elle sortit de la pièce. Bien que ne la connaissant pas du tout, Harry aurait préféré qu'elle reste durant cette entrevue qui ne s'annonçait pas sans surprise.
D'un pas mesuré, Elyor Altis, vêtu d'une grande cape blanche s'approcha du survivant et s'assit sur la chaise en osier. Puis, après avoir détaillé le garçon pendant une bonne minute, il prit la parole :
- Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue en cette demeure, monsieur Harry Potter.
La voix grave et chaleureuse du maître des lieux rassura légèrement Harry.
- Euh... Merci beaucoup monsieur Altis. Merci de m'avoir recueilli, bien que je ne sache absolument pas comment tout cela s'est produit...
- Je ne sais pas réellement moi-même pourquoi vous êtes arrivé ici. Il y a 1100 jours précisément, la gouvernante vous a trouvé étendu devant la porte de cette maison, un bâton à la main.
Harry sursauta soudain :
- Ma baguette... où est-elle ?
Il tentait déjà de se lever, lorsque Elyor le retint :
- Calmez vous jeune homme, votre baguette comme vous semblez l'appeler est en parfaite sécurité. Bien entendu vous pourrez la récupérer dès que vous irez mieux.
- Pardonnez mon emportement monsieur Altis, mais il est en effet vital que je puisse l'avoir avec moi, même si je ne m'en sers pas.
- Vous en servir ? Sûrement pas jeune homme. Ou du moins pas avant que ma fille ait jugé que vous pouviez vous déplacer sans risques.
- Me... déplacer ?
Harry ne comprenait pas pourquoi il aurait besoin de sa baguette pour cela, jusqu'à ce qu'il se rappelle qu'Elyor l'avait appelé bâton, pensant sans doute qu'il s'en servait comme d'un bâton de marche ou quelque chose du genre. Réprimant un sourire, il éclaira son hôte :
- Il semble qu'il y ait une erreur. Je n'utilise pas cette baguette pour marcher, je l'utilise pour faire de la magie.
- De la Magie, avec une baguette ? répéta l'homme incrédule. Ce n'est que très très peu courant ici. De mémoire, il n'existe qu'un homme qui...
Il s'arrêta en plein milieu de sa phrase, l'air soudain songeur et inquiet. Puis sans donner d'explication, il claqua deux fois des doigts et dit :
- Que le bâton de l'invité lui soit rendu !
Aussitôt, la Baguette de Sureau apparut dans une gerbe de flammes, et atterri le long du bras droit de Harry.
- Magie sans baguette... murmura le survivant, très étonné. Même Dumbledore n'en faisait pas autant je crois...
- Qui donc avez-vous dit ? demanda Elyor Altis, intéressé.
- Il est très rare de faire de la magie sans utiliser de baguette, de là où je viens, répondit Harry. Seul un directeur de mon école, Albus Dumbledore, y parvenait pour conjurer des choses simples.
- Je connais ce nom. Me permettrez-vous d'examiner un court moment votre... baguette ?
Harry la lui tendit, mais à sa grande surprise l'homme ne la toucha pas. Il se contenta de la regarder de près, analysant toutes les aspérités du bois sous différents angles. Puis, sans faire le moindre geste, il fit apparaître une réplique exacte de la Baguette de Sureau.
- Voilà qui me permettra de vous rendre la vôtre, reprit le maître des lieux. Cette modeste réplique devrait faire l'affaire pour mes analyses poussées. Je peux d'ores et déjà vous affirmer que j'ai déjà vu cette baguette par deux fois. La dernière fois que je l'ai vue, elle était portée par un homme d'âge mur, qui répondait au nom d'Albus Dumbledore, et qui avait l'étrange faculté de stocker dans ses poches une quantité non négligeable de friandises de toute sorte.
Harry ne put réprimer un éclat de rire cette fois, tant cette description correspondait au personnage qu'il connaissait.
- J'ai connu cet homme, dit Harry doucement après avoir calmé son rire. C'était un grand homme dans notre Communauté, et je l'estimais beaucoup.
- Vous l'estimiez ? Aurait-il fait quelque chose de déplaisant à votre jugement ?
- Il est mort, il y a un an... je veux dire, il y a près de quatre ans désormais, si mes calculs sont corrects.
- Il était apprécié lors de son voyage ici. Ce qui est intriguant, c'est qu'il est arrivé de la même façon que vous. Mon père l'avait trouvé étendu devant la porte, alors qu'il rentrait de Galaïdes. Mais ce qui m'intrigue encore davantage, est le premier homme qui est venu ici, portant également cette baguette.
- Je vous demande pardon, dit Harry légèrement confus. Mais saviez-vous qui était cet homme ?
- Cela remonte à des siècles et des siècles, quand le Temps était encore jeune. Toutefois, notre société étant très prospère depuis des milliers d'années, nous avons gardé trace de cet événement hors du commun. Son nom m'est inconnu, mais il pourra être retrouvé en temps voulu. Si vous me le permettez, je souhaiterais revenir davantage sur votre présence ici.
- Je ne peux l'expliquer, dit Harry. Il m'a semblé être dans une pièce circulaire avec un grand trou au centre. Il m'a semblé aussi tomber dans ce trou, jusqu'à m'évanouir.
- Étrange... Très étrange... murmura Elyor Altis, ce qui ne fut pas sans rappeler à Harry l'achat de sa baguette de Houx, lors de ses onze ans. Harry revint au présent pour écouter le maître des lieux qui continuait :
- Je ne peux que supposer ce qu'il s'est passé. Il semble, je dis bien il semble que votre baguette vous ait conduis jusqu'ici. Bien sûr je ne suis pas expert en ces choses, n'utilisant pas ces instruments moi-même, mais il m'a semblé que des fluctuations magiques intenses se sont produites lors de votre arrivée.
- Pardonnez-moi, mais je ne connais absolument rien à ces choses... ces fluctuations magiques comme vous les appelez.
- Ce qui m'amène à la deuxième partie de ma réponse. Je crois que vous êtes là pour apprendre.
Harry fut déstabilisé. Pouvait-il seulement dire le but ultime de son voyage, et de sa quête du Chemin ? Fallait-il expliquer à cet homme tout ce qu'il savait sur les Trois Frères, sur la Baguette de Sureau et sur la maîtrise de celle-ci ? Ne sachant comment aborder le problème, il opta pour une demi-vérité :
- Je dois en effet me perfectionner, perfectionner ma magie, pour qu'elle soit davantage sous mon contrôle.
- Hmm, je vois, répondit Elyor avant d'ajouter, la magie n'est sous le contrôle de personne Harry Potter. Nul ne peut prétendre la contrôler. Elle est unique, et poursuit des buts qui lui sont propres. Si je demande à la magie de m'aider dans une tâche, elle le fera si cette tâche coïncide avec ses objectifs.
- Vous en parlez comme de quelqu'un de conscient ?
- La magie est conscience, et la conscience est connaissance, dit énigmatiquement le vieil homme. Je pourrai vous enseigner ces choses si vous le souhaitez, et utiliser les méthodes employées avec nos jeunes enfants, ainsi qu'avec Albus Dumbledore quand il fut ici.
- J'en serais très heureux, répondit Harry en souriant, imaginant son mentor faire la même réponse lors de son passage.
- Il en sera donc ainsi, déclara Elyor Altis. Ma fille Shirin vous dispensera soins et sagesse dans quelques moments. En attendant, puisse votre esprit être en paix, et votre corps trouver le repos.
- Merci, pour tout, répondit le jeune sorcier. Vous n'étiez pas obligé de faire tant pour moi.
- Certes, mais je crois que mon temps et le vôtre seront bien employés.
Puis sans un mot de plus, il sortit de la pièce, et Shirin entra à nouveau :
- Il semble plutôt satisfait de cet entretien, félicitations.
- Euh... merci, répondit Harry sans trop savoir pourquoi.
Puis une autre question plus pressante lui revint :
- Shirin... Je t'avais demandé tout à l'heure ce qu'il en était pour mes amis... Aurais-je un moyen de les contacter, pour tenter de leur expliquer ce qui s'est passé ?
- Ton gardien pourra s'en charger en effet, répondit la jeune fille.
Puis elle prit doucement la main de Harry et ajouta, soudain très triste :
- Il semble qu'une jeune fille ait tenté par 253 fois de te contacter pendant son sommeil.
- Ginny ! s'écria Harry, soudain très inquiet.
- Elle-même. Sa dernière tentative toutefois remonte à plus d'un an. Nous n'avons pas ouvert les lettres, mais pour une raison étrange, la dernière était de couleur rouge et elle... Shirin hésitait à raconter la suite, tant ce qui s'était passé l'avait ému. Respirant profondément, elle trouva toutefois le courage de continuer :
- Elle s'est ouverte d'elle-même... Et une voix de jeune fille en est sortie... Elle disait que... Que tu l'avais trop fait attendre... Et que tu pouvais l'oublier désormais. Il y avait tellement de colère et de détresse dans sa voix, comme si elle s'était sentie trahie...
Harry resta sans voix, comme stupéfixé du cerveau. Il ne pouvait y croire. Ginny... Sa Ginny... Elle l'avait quitté, quitté après plus de deux ans passés à l'attendre pendant qu'il dormait.
Curieusement, Harry ne ressentait aucune émotion. Pas de colère, pas de tristesse, juste une incrédulité croissante. A côté de lui, Shirin serra doucement sa main, puis murmura des mots de réconfort que Harry n'entendit pas. Semblant comprendre son état, elle s'éclipsa doucement de la pièce, après un dernier regard vers son invité, mêlant à la fois compassion et une très grande tristesse.
Et voici les RARs :
Mimi72 : Je pense que ce chapitre a éclairé certaines de tes questions ; mais il te faudra encore attendre un peu pour en savoir plus sur les Altis.
Sahada : C'est un peu voulu que tu n'aies pas tout compris. Ce chapitre devrait t'aider, du moins je l'espère. Si ce n'est pas le cas, préviens-moi. ^^
Zaika, Brigitte : Merci à vous pour vos encouragements, la suite arrivera dès que possible.
Titmo : En effet beaucoup de questions dans ce chapitre… Pour la baguette, il ne faut pas oublier que Harry a à la fois sa baguette de houx et plume de phénix achetée sur le chemin de traverse, et la Baguette de Sureau, prise dans la grande salle lors de sa victoire contre Voldemort. Pour les Altis, tu devrais en savoir davantage à présent. Merci encore pour toutes tes questions et tes remarques du genre « C'est Harry, je sais. » Elles me font toujours rire.
