Chapitre 10


Merlin regardait fixement une petite fille d'environ une dizaine d'années, elle avait un regard bleu… Elle était bizarrement habillée : un pantalon large avec des poches, une veste épaisse d'une drôle de matière ; un bonnet avec des oreilles de chat ; elle avait des fils qui sortaient des oreilles vers une boite qui sortait d'une de ses poches… Elle avait un étrange langage plutôt choquant sortant d'une enfant d'une telle jeunesse… Il n'osa pas comprendre trop vite ; mais il fixait déjà ses yeux ; ce regard… Les yeux de ses visions.

Merlin cria : « L'initiation ?

Elle : Non je ne m'appelle pas initiation, mon nom c'est Ambre !

Merlin : Le fléau…

Elle : Ah ça oui ? Des fois ma mère m'appelle comme ça. Alors il y a un téléphone ici ?

Merlin : Et c'est tout ? C'est ça l'erreur ?

Elle : Dites on ne se connait pas hein ; je ne vous permets pas de me parler sur ce ton-là ! »

Merlin se passa les mains dans les cheveux et tenta de réfléchir très vite…

« Elle est là, je l'ai fait venir à moi ; et quand on bouge une maille du tissu, le tissu du temps se décompose… Le fléau… Le tissu du temps qui se décompose… »

Il s'arrêta et la regarda fixement. Mince une petite fille ; ça ne va pas être simple !

Elle le regarda aussi et regarda autour d'elle, elle n'était pas à l'aise devant cet inconnu qui n'avait pas l'air d'aimer les enfants et qui gesticulait en disant des choses insensées… Et puis ce château alors qu'elle aurait dû trouver des ruines, et cette drôle de cuisine… On aurait dit un festival médiéval…Elle commença à faire un pas de côté : « Bon ben je crois que je vais chercher ma mère ailleurs hein ?

Merlin : Non attend, le vieil Oldréric m'a dit que je devais te reconduire chez toi…

Ambre : Heu… J'suis pas trop à l'aise là, je dois y aller hein… »

Elle se retourna mais ne reconnut rien, elle avança à pas hésitants ; Merlin la suivit des yeux… Elle entendit des loups, dehors plus loin que la cour, dans les bois, elle hésita… Elle essaya encore de faire marcher la petite boite dans laquelle Merlin les avait vus parler… Elle était là, figée, et commença à pleurer, et Merlin vit une vraie petite fille qui pleurait après sa maman.

Il vient près d'elle et s'accroupit…

« Je pense que tu vas avoir besoin d'aide, jeune demoiselle.

Elle le regarda méfiante : Dites, vous z'êtes pas un sérial killer qui enlève les enfants hein ?

Merlin rassurant : Non je suis beaucoup de choses, mais pas un… Un quoi ? Je n'enlève pas les enfants !

Ambre : J'ai un peu peur là ? »

Merlin se mit debout et tendit la main vers l'enfant, comme si c'était un geste qu'il avait fait toute sa vie. Ambre s'y raccrocha comme si sa vie en dépendait :

« Où sont les ruines, je ne reconnais rien…

Merlin : Crois-moi, je comprends que cet endroit te paraisse étrange. »

Ambre le suivit en se raccrochant à sa main, confiante en ce jeune homme qu'elle ne connaissait pas… Elle était étonnée, elle ne faisait jamais ça… Se mettre en danger ; mais là, le monsieur avait raison, l'endroit était vraiment étrange.

Ambre : « Maman m'a toujours dit de ne pas suivre d'inconnu.

Merlin : Ta maman est sage, tu devrais mieux l'écouter, tu n'aurais pas dû t'éloigner d'elle. Je ne suis pas un inconnu, je vais t'aider à retourner chez toi… Tu vas devoir me faire confiance. »

Ils rentrèrent dans la cuisine.

Ambre : « Waouw, c'est quoi ici, un festival médiéval ? Coooooool !

Merlin : Comment m'as-tu dis que tu t'appelais ?

Ambre : Je m'appelle Ambre, comme la pierre. »

Merlin siffla entre ses dents : « La pierre des sorciers ?

Ambre : Ben non qu'est-ce que tu racontes, c'est la pierre des dinosaures ! »

Merlin secoua la tête, il ne comprenait pas tout :

« Ici c'est la pierre des sorciers, une pierre couleur de soleil, qui brule, qui flotte, et qui renferme la vie.

Ambre rit : C'est pas vraiment une pierre en fait, c'est de la sève d'arbre fossilisée, c'est pour ça que des fois il y a des moustiques piégés dedans, et que ça flotte.

Merlin : Je ne comprends pas grand-chose jeune Ambre, mais ici c'est mal vu d'avoir un prénom comme ça… »

Il n'eut pas le temps de finir ; quelqu'un rentrait par l'autre porte. Il poussa Ambre dans le placard à balais pour la cacher ! Une petite fille avec un nom pareil et drôlement habillée au langage à moitié incompréhensible… Dieu sait ce qu'elle risquait si on la voyait…

Celle-ci protesta de se retrouver ainsi ballottée dans une pièce exiguë et noire… Elle entendit dans sa tête : « Surtout tu ne dis rien, tu ne bouges pas et tu ne fais pas de bruit ! »

Gauvain surprit Merlin devant la porte du placard avec un drôle de sourire crispé

Gauvain : « Ah ! Merlin, il n'y a rien à manger? J'ai faim.

Merlin regarda par terre : Non je suis désolé, je n'ai même pas eu le temps de finir la vaisselle ! Je… Je suis tout seul…

Gauvain : T'as une voix à faire peur, tu devrais retourner te mettre au lit !

Merlin grogna : Si je vais au lit, personne ne va rien manger !

Gauvain secoua les mains ; puis il attrapa une pomme et s'en alla.

Merlin : Merci du coup de main.

Gauvain : J'ai assez fait de boulot de fille pour la semaine, désolé Merlin. »

Il partit en souriant et croquant dans la pomme !

Merlin ouvrit la porte du placard, Ambre était silencieuse et un peu pâle… Il regarda la vaisselle et soupira… Puis sans regarder Ambre, il se concentra et pensa très fort à la formule de la vaisselle…

La vaisselle se fit toute seule.

Ambre : « Wouaw ; comment tu fais ça ? C'est cool, on dirait Merlin l'enchanteur, tu m'apprendrais ça ? Ma mère me gave à me demander de faire la vaisselle alors qu'on a un lave-vaisselle. Elle dit que je dois apprendre à la faire ! »

Merlin regardait étonné la vaisselle : « Je ne sais pas comment j'ai fait ; normalement il faut énoncer la formule, et… Tu as dit quoi ? Merlin l'enchanteur ? »

Ambre se recula, il lui faisait quand même peur ce monsieur à la drôle de voix… Elle n'avait pas envie de retourner au placard !

Merlin : « Je te demande pardon pour le placard, c'est une longue histoire à expliquer et j'ai mal à la gorge !

Ambre pâlit : Mince comment tu fais ça ? Tu lis dans mes pensées ou quoi ?

Merlin baissa la tête : On dirait bien !

Ambre : Je voudrais bien retourner près de maman…

Merlin se mit à genoux : Jeune Ambre, vous avez le courage de dix chevaliers réunis. Me faites-vous confiance ?

Ambre réfléchit : Tu ne vas pas m'enlever ?

Merlin secoua la tête : Je n'enlève pas les enfants !

Ambre : Ok. »

Merlin était désarçonné par les humeurs de l'enfant… Dans sa tête il ressentait toutes ses émotions : peur ; curiosité…