Betrayal In Its Most Simplest Form
Virelei
Chapitre 10 :
« Plus vite », ordonna Akashi avant d'envoyer un coup de pied latéral vers le petit garçon. Kuroko, qui haletait fortement, attrapa la jambe et la tira. Même si ce n'était pas une forte traction, Akashi fut entraîné. Il tomba sur le sol, mais roula et se releva en face de l'adolescent aux cheveux bleus. « Cette quantité de force ne marchera pas. Je me moque que tu ne veuilles pas me blesser, Tetsuya. Ibuki est plus grande que toi, plus forte; c'est la seule manière dont tu peux te défendre. » Sans donner le temps de répondre au garçon, Akashi envoya un coup de poing sur l'estomac de Kuroko. Ce n'était pas un coup puissant, donc si Kuroko ne réussissait pas à utiliser ses techniques, ça ne ferait pas trop mal si ça le frappait.
Kuroko savait quoi faire. Il s'écarta de la trajectoire, attrapa son poignet, et retourna le corps d'Akashi. Le poignet d'Akashi tourné dans une position peu naturelle, Kuroko appuya, et le rouge fut forcé de tomber au sol. Akashi se releva. « Bien joué. » Puis il attrapa les poignets de Kuroko. Kuroko leva une main et baissa l'autre, s'avança dans la direction où sa main était baissée, et mit plus de pression pour tirer ses mains vers le haut et vers le bas. Akashi fut une fois de plus envoyé au sol.
Les derniers jours et heures, Akashi lui avait appris de nombreuses situations, et comment y faire face. Il lui avait principalement inculqué des techniques d'Aikido, lesquelles prenaient le moins d'énergie, défendaient sans frapper, et ne blessaient pas l'opposant à moins que vous ne vouliez le faire. Ses mouvements n'étaient pas aussi efficaces que ceux d'Akashi, mais c'était suffisant pour envoyer quelqu'un au sol et avoir le temps de courir.
« Sois toujours sur tes pieds », dit Akashi en se relevant. « Si elle t'envoie à terre, tu te relèves, peu importe tes blessures. Tu es plus fort sur tes pieds,alors que tu es vulnérable sur le dos. »
Kuroko se prépara avec fatigue pour la prochaine attaque. Ils y étaient depuis le matin, et Kuroko pouvait sentir la fatigue tirer sur ses muscles. Akashi se déplaça comme s'il allait attaquer, mais il posa soudainement une main sur la tête de Kuroko. Le bleuté leva les yeux vers lui, confus. Akashi émit un petit rire et ébouriffa ses cheveux. « Bien joué », le félicita t-il. « Nous avons fini. Tu as assez appris. »
Kuroko fut envahi de soulagement. Akashi l'attrapa quand il commença à vaciller sur place. « Tu as bien travaillé, »murmura le rouge dans son oreille. Le visage de Kuroko rosit. « Tu peux aller te doucher. Tes blessures devraient être refermées, mais fais attention. »
« Oui », répondit Kuroko, complètement épuisé.
Kuroko trébucha jusqu'à la grande salle de bain dans la chambre d'Akashi. Le sol froid prit le petit adolescent par surprise, de la même manière que les nombreuses paires de ciseaux accrochées au mur. « Pourquoi est-ce qu'Akashi-kun aurait des ciseaux sur son mur ? », marmonna t-il.
Précautionneusement, Kuroko enleva son t-shirt et commença à défaire les bandages autour de sa taille. Midorima les avaient enroulés très serrés, et de surcroît en avait mis plusieurs couches. Bientôt, tous étaient sur le sol de la salle de bain, rejetés d'un coup de pied dans un coin pour s'en occuper plus tard. Kuroko inspecta ses blessures dans le miroir. Les écorchures sur son dos provenant de sa chute s'étaient déjà refermées, de même que la large entaille sur sa jambe gauche. Elles n'étaient maintenant que des cicatrices. Cependant les bleus qui parsemaient ses bras et ses jambes et fleurissaient sur ses côtes tardaient à guérir; seuls quelques uns avaient commencé à tourner au jaune. Kuroko grimaça à la vue de son corps.
« Tsk » Akashi claqua la langue derrière lui. Kuroko sursauta et se retourna. Le rouge posa le jean, large polo et, oui, le boxer rouge qu'il venait apporter sur le support, puis se tourna et inspecta Kuroko de plus près. « Les bleus paraissent guérir lentement, » observa t-il.
« Oui », dit calmement Kuroko.
« T'ont-ils fait mal lorsque tu te battais contre moi ? »
« Non. » Ce n'était pas un mensonge. Il n'avait jamais fait attention à la douleur que causaient les bleus avant la fin, quand son corps avait commencé à fatiguer.
Akashi étudia la taille de Kuroko. Ce dernier tressaillit lorsqu'une main fraîche effleura légèrement les bleus sur son estomac. Ce n'était pas que ça faisait mal, c'était un simple réflexe. C'était naturel, un instinct. En réalité, le fait que ce soit si naturel et si simple pour Kuroko rendait ce sursaut déchirant. Akashi serra le poing et se recula. « Je ne te blesserai pas, Tetsuya. »
« Je suis désolé », murmura Kuroko.
Une main tapota sa tête. « Va à la douche, vite. Et fait attention à tes plaies. »
« Hai. »
Akashi ferma la porte de la salle de bain pour donner au bleu un peu d'intimité. La pièce n'avait pas de verrou, donc ce serait facile de venir si quoique ce soit arrivait à son invité. Avec bon espoir que ce ne soit pas nécessaire.
« Maintenant ». Il sortit son téléphone. « Retour aux affaires. »
Il tapa un numéro et l'amena à son oreille. Le correspondant décrocha : « Ibuki Corporation, comment puis-je vous aider ? »
« Je demande à parler avec le manager », déclara laconiquement Akashi.
« Attendez, s'il vous plaît. » Il y eut une pause. « Watanabe Ichirou va maintenant prendre votre appel. »
La ligne fut transférée au manager. « Watanabe Ichirou, j'écoute ? »
« Ichirou » s'adressa grossièrement Akashi. « J'aimerais connaître le nom du propriétaire de toutes les branches. »
« Prénom et pas d'honorifiques ? » Le manager grogna dans le téléphone. « Pourquoi devrai-je répondre à un morveux impoli comme toi ? Tu pouvais le trouver sur la liste. »
« L'entendre de source réelle serait plus sûr », dit Akashi avec absence. « Mon père est Akashi Hayato. »
Le ton du manager changea brusquement. « A-Akashi Ha-Hayato ? Tu es son fils? »
« Oui. »
« O-oh ! Eh bien, ah », il eut un rire nerveux. Akashi roula des yeux au comportement de l'homme. « Notre propriétaire est Kuroko Ibuki; on peut prononcer le nom… Si ça ne te déranges pas que je demande, pourquoi voudrais-tu savoir ? »
« C'est mon problème. » Dit le rouge. « Epelle-le moi. »
Le manager l'épela. Puis dit, « Ecoutes, si tu planifies de détruire Kuroko-san pour une raison quelconque, je t'avertis que tu ne pourras pas. Peu importe à quel point tes parents sont puissants en droit; rien ne peut arrêter Kuroko-san. »
Akashi arracha le papier avec le nom du bloc-notes et le cacha dans le tiroir de la cuisine. « Les gens normaux peuvent s'en sortir quand on leur donne une mauvaise réputation, Ichirou », ricana Akashi. « Pour les gens influents comme mes parents et ton propriétaire, il est plus délicat de leur donner une mauvaise réputation à cause de leur puissance et de leur argent. Cependant, » il attrapa une canette vide de soda posée sur le comptoir de la cuisine. « Ils cachent forcément de noirs secrets. Une fois que l'on a révélé un de ses secrets », il écrasa la canette, « Ils sont détruits. »
~Ellipse~
Kuroko grimaça en enfilant le large polo. L'eau chaude avait réussi à détendre et adoucir ses muscles contractés, mais avait aussi fait fleurir de nouvelles douleurs dans son dos et ses jambes. Cependant aucune des plaies ne s'était rouverte, heureusement. « Itai », cria doucement Kuroko en frottant accidentellement son estomac contre le coin de l'étagère. Il massa gentiment ses bleus.
Mettre le jean fut plus difficile, mais il réussit tout de même. Il pbserva les bandages ensanglantés sur le sol, et les jeta rapidement dans la poubelle de la salle de bain. Ensuite, il plia ses vêtements proprement et les posa dans la corbeille à linge.
L'odeur du shampooing d'Akashi emplissait la salle de bain. Kuroko pouvait la sentir provenant de ses propres cheveux. Alors c'est ce qu'utilise Akashi, pensa Kuroko, ça sent bon. Il s'ébroua promptement de ces pensées et rougit, mais l'on pouvait difficilement le remarquer.
Kuroko sortit sa tête par la porte avant de laisser traverser entièrement le seuil. L'air frais le frappa. Il avança silencieusement à travers la chambre sombre et le couloir, pour finalement arriver au le salon, dans lequel Akashi l'attendait.
« Tetsuya », l'accueillit Akashi. Kuroko remarqua que ses yeux examinèrent rapidement son corps, de haut en bas, cherchant un possible saignement ou boitement. « As-tu mal ? » Kuroko secoua la tête. « Tes blessures se sont-elles rouvertes ? » Kuroko dénia cela, aussi. « Dois-je les rebander, par précaution ? » Le garçon aux cheveux bleus secoua la tête plus vite. Il détestait le sentiment d'entrave que lui donnaient les bandages. « Est-ce qu'une quelconque partie de ton corps est douloureuse – ? »
« Akashi-kun ! » protesta Kuroko à l'assaut de questions.
Akashi haussa un sourcil, mais courba ses lèvres en un fin sourire. « Très bien, » Il soupira. « As-tu faim ? Je n'ai rien fait de nouveau, ce sont les restes de ramen d'hier. »
« Oui, » dit Kuroko qui ajouta, « S'il te plaît ».
Le rouge partit dans la cuisine et revint avec un bol chaud de ramen. Il le posa en face de l'adolescent affamé. « Mange tout. »
« Je sais » marmonna Kuroko.
Akashi lui jeta un coup d'œil, mais garda le silence, regardant Kuroko manger. Il étudia la frêle stature du garçon. Dû aux ridiculement grandes proportions servies et à l'obligation faite à l'adolescent de tout manger dans son assiette, Kuroko avait réussi à gagner quelques kilos ces derniers jours. Il paraissait aussi avoir beaucoup moins mal, et l'air brisé dans ses yeux avait en quelque sorte disparu.
« Ton père passera te chercher dans la matinée », annonça Akashi.
Kuroko perdit soudainement son appétit. « H-hai », dit-il, mais il ne voulait pas rentrer. Rentrer à la maison signifiait voir sa mère. Voir sa mère signifiait lui faire front, et il savait qu'elle n'oublierait pas comment il l'avait 'défiée' plusieurs fois. Ses' leçons' – étaient si douloureuses. Si terrifiantes – si mémorables. Il avala avec difficulté. Son visage avait toujours avec une expression si dégoûtée, les insultes qu'elle criait étaient toujours si vraies.
Akashi vit la détresse de Kuroko. Il glissa du canapé au sol, où était assis le bleuté, et le prit dans une étreinte serrée. Kuroko s'accrocha légèrement à la chemise d'Akashi en réponse. Son pâle corps était tremblant. Akashi fit taire ses souvenirs, aplatissant doucement les cheveux bleus humides d'une main, l'autre étant enroulée autour de la taille du garçon.
« Elle ne te blessera plus aussi fortement », murmura Akashi contre son oreille. Kuroko pouvait sentir les larmes lui monter aux yeux, mais refusa de pleurer. Il avait déjà trop pleuré. « Tu sais comment te défendre, et tu sais que je viendrais – peu importe le moment – si tu m'appelles. » Il attrapa tendrement le menton de Kuroko et le releva pour pouvoir le regarder dans les yeux. « N'ose même pas t'isoler de nous. Ne pense même pas à cacher la douleur. Shintaro et Daiki sont les plus proches de toi, mais nous sommes tous là. Je me fiche de cette femme qui ose blesser ce qui est mien, mais je m'assurerai que tu ne sois jamais brisé pour toujours. » Les larmes ne vinrent pas, mais Kuroko pouvait sentir l'angoisse dans sa poitrine. Il s'enfouit contre le corps d'Akashi, tremblant violemment en se remémorant ce que sa mère avait imprimé en lui. Ces jours-là, quand sa mère était à la maison, Kuroko ne pouvait contrôler ses émotions. Peu importe à quel point le garçon essayait, la peur prenait toujours le dessus.
« Je m'assurerai qu'elle paye, Tetsuya. » informa Akashi. « Je te sortirai de cette maison et aiderait ton père à obtenir ta garde. »
« Non, Akashi-kun », dit Kuroko à travers sa chemise. « Elle te blessera. E-elle connait tes parents. »
« Oh ? » Il passa une main à travers les mèches de Kuroko. « Tu doutes de moi ? » Le petit adolescent ne répondit pas. « Ne t'inquiètes pas, Tetsuya. Je te sortirai de là. »
Les bras de Kuroko s'enroulèrent autour du dos d'Akashi. Ce dernier ajouta plus de pression dans son étreinte en réponse. « Ne fais rien d'inconsidéré pour moi, Akashi-kun. »
« Hm. » Le rouge pressa simplement un baiser sur l'épaule de Kuroko. Ils restèrent ainsi, silencieux, les ramens oubliés. Kuroko assis sur les genoux d'Akashi, faisant face au rouge, avec ses bras autour du torse de son ancien capitaine. Akashi le laissait faire, ses propres bras autour du fragile adolescent. De temps en temps, Akashi pouvait entendre une légère prière provenir de Kuroko, mais ce n'était pas pour lui-même. C'était pour Akashi.
~Ellipse~
Kagami soupira et s'affala sur son lit. Il rebondit un peu avant d'être à plat sur le matelas, et resta allongé. Il regarda le plafond. Que le petit Tetsu était abusé. Abusé. Le mot ressortait plus que n'importe quel autre mot qu'Haizaki avait prononcé. Kuroko était abusé ? Physiquement et mentalement ?
Je me rappelle que le gamin venait chaque fois à l'entraînement avec une nouvelle blessure, s'était souvenu Haizaki, Mais il avait toujours une excuse, v'savez ? Comme frappé par une brute, ou un combat, ou tombé, ce genre de conneries. Je m'en foutais un peu, donc je ne connais pas tous les détails.
La manière dont le joueur avait dit ça l'énervait pour une raison quelconque. Il se moquait du fait que son propre coéquipier puisse être maltraité ? Mais, plus que tout, comment avait-il pu ne pas le remarquer ? Ouais, il y avait des fois où Kuroko séchait mystérieusement l'entraînement, mais c'était toujours pour une bonne raison. En fait c'était de si bonnes raisons qu'aucuns d'entre eux ne s'étaient méfiés. Peut-être qu'ils auraient dû.
« Putain », grogna l'as de Seirin avant de se retourner. Son visage était enfoncé dans les couvertures. « Kuroko, quoi que tu caches, je jure que je le découvrirai. » Il tourna la tête de manière à ne pas être étouffé dans le tissu. « Je dois découvrir qui est Kuroko Ibuki, en premier. »
Il tapota ses poches de jean et en sortit son téléphone. Il utilisa le raccourci clavier «2 »
« Hello ? »
« Dad » répondit Kagami. (ndt : je suppose qu'ils parlent en anglais, mais je vais quand même juste le mettre en français) Il savait que ses parents étaient en Amérique, et les appels longues distances étaient chers, mais ses parents pouvaient se le permettre.
« Taiga. » Il pouvait entendre la surprise de son père. « Tu ne m'appelles pas souvent. Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« Ta boîte a des connections avec les branches sœurs au Japon, pas vrai ? »
Son père fit une pause. « Oui. Pourquoi ? »
« Pourrais-tu chercher de quelconques renseignements sur une femme appelée Kuroko Ibuki ? »
ndt : Merci pour les reviews !
