Salut à toutes et à tous !

Merci de me suivre dans cette petite aventure : Shirley, tilunarou, Imaginaire-de-kiki, katner, Mariefandetwilight, Kyssou, Elodie pixie B, SweetyMarie, Ptitewam, jade sheppard (pourquoi voudrais-tu te faire lyncher pour ça ? C'est aussi la thèse que je défends ici... Rosalie tente d'oublier son humanité de femme, sa douleur, en s'investissant pour son fils à fond. Il n'en reste pas moins qu'elle a énormément de souffrance en elle depuis le décès de Henri, qu'elle n'accepte pas d'évacuer... ), birginie, mlca66, Grazie, erika shoval et celia brandon massen.

Merci de continuer à me suivre, prenez soin de vous. Merci à Emilia pour sa correction.

A bientôt !

Chapitre 10 ~

Rosalie.

- Passe une bonne journée mon cœur. Sois sage et écoute bien la maîtresse, d'accord ?

- Oui...

Mon fils se laissa embrasser volontiers, me serrant contre lui.

- Il est où doudou ?

- Dans ton sac, comme tous les jours. Ta sucette est accrochée à sa patte, mais tu ne la sortiras que pour la sieste, d'accord ?

- Oui maman...

- Allez vas-y, je t'aime !

Il me fit un baiser bruyant et traversa la cour de l'école pour rejoindre sa classe. Je l'observai tant que je le pus, avant de prendre la route pour rentrer chez moi.

Je composai le numéro de ma mère.

- « Allô ? »

- Bonjour maman, c'est Rosalie...

- « Oh Rose ! Comment vas-tu ? »

- Je vais bien, maman...

- « Et Teddy ? Comment se passe l'école ? S'est-il fait des amis ? Est-ce qu'il mange bien au moins ? »

Je ne pus m'empêcher de sourire.

- Tout va bien pour lui, maman. L'école lui plaît, et il s'applique. Il commence à connaître les lettres de son prénom, et ça l'intéresse beaucoup. Il a adoré ton colis avec tous ces délicieux biscuits à l'intérieur...

- « Je lui en enverrai un autre très bientôt ! Je cherche encore ces biscuits au sucre qu'il aime tant... »

- A dire vrai, je pensai venir vous rendre une petite visite aux vacances scolaires...

- « Ce serait formidable Rosalie ! Tu nous manques terriblement ! »

- Vous me manquez aussi...

- « Quand pensez-vous arriver ? »

- Et bien, Teddy doit faire les derniers réglages sur sa voiture de course avec mon voisin, alors j'imagine que nous prendrons la route dimanche dans la matinée pour être là pour le goûter...

- « Jasper m'a parlé de ce garçon, et Bella aussi... Il a l'air gentil et prévenant... »

- Il est très attentionné envers Teddy...

- « Et envers toi aussi... »

- Maman...

- « J'aimerais le rencontrer, tu es si secrète, si fermée ma chérie... »

- Je ne sais pas vraiment comment réagir... Il est gentil et compréhensif, et génial avec Teddy... Mais...

- « Tu n'as aucune raison de vouloir trouver un « mais », ma chérie, tu dois absolument lâcher prise, reprendre ton existence en mains et... »

- Je n'ai pas envie de parler de ça maintenant, maman.

- « D'accord, alors, nous t'attendons dimanche, pas vrai ? »

- Bien sûr !

Nous réglâmes les quelques détails de notre arrivée, avant que je ne raccroche. La sonnette de la porte d'entrée se fit entendre, et j'ouvris sur mon voisin.

Sa silhouette n'avait rien de joyeuse. Il portait en jeans noir, un tee-shirt blanc sous une chemise noire détachée, et ses yeux étaient cerclés de rouge. Il me semblait pâle, bien plus pâle qu'à l'accoutumée.

– Emmett ?

– Bonjour Rosalie...

Sa voix me parut plus rauque, éraillée.

- Est-ce que tout va bien ?

- Pas vraiment... Je viens d'avoir mon frère Steven au téléphone, notre mère a fait une chute mortelle dans l'escalier de sa maison...

- Oh mon dieu... Je suis désolée... Entrez, ne restez pas sur le palier... Venez...

Il me suivit tel un zombie, sans blague ni joie dans sa façon d'être. Sa pauvre maman, qui veillait sur son papa malade... C'est tellement tragique...

- Je suis simplement passé pour vous dire que je ne pourrai pas être présent samedi pour essayer la voiture avec Teddy... Je pars immédiatement...

Il renifla, et passa sa main sur sa joue.

- Est-ce que ça va aller ?

Je connais cette peine, cette souffrance qui vous broie le cœur, qui veut le faire exploser en dehors de votre buste, sans que cela n'arrive pour autant. Alors qu'on ne voudrait que ça : qu'il explose, pour soulager toute cette peine lancinante. Il me fixa, dénué de sa joie habituelle, de son bonheur communicatif. Il me fixa, sans un mot, sans un geste de trop, et j'avais la sensation de faire face à la mort elle-même, et à tout ce qu'elle a de plus affreux à offrir.

- Non... Non, je ne suis pas sûr que ça aille...

Je ne pus m'empêcher de l'attirer contre moi, sans réfléchir, sans même penser à un apaisement par les mots. J'aurais aimé avoir quelqu'un à enlacer, autre que mon oreiller, quand le policier a appelé à la maison pour m'annoncer la nouvelle terrifiante. J'aurais aimé pouvoir me fondre dans des bras aimants et protecteurs. Rassurants, du moins.

- Je suis tellement désolée, Emmett... Vraiment désolée...

Son étreinte se fit plus puissante, plus importante, et je sentis de l'eau courir contre ma nuque. Je caressai son dos, sans me rendre réellement compte de mon geste, pour tenter de capter sa peine. Il ne mérite pas de souffrir... Vraiment pas... J'embrassai sa joue doucement, pour lui prouver qu'il pourrait compter sur moi.

- Il... C'est mon frère et sa femme qui l'ont retrouvé... Mon père était assis en haut de l'escalier à attendre « qu'elle se réveille »...

Mon dieu... Est-ce qu'il l'a... A-t-il poussé son épouse ?

- Je refuse de croire qu'il a pu faire une chose pareille... murmura-t-il.

Quelle horreur... Et pourtant, la maladie... le fait qu'il devienne, selon Emmett, dangereux pour ses proches... Mon dieu... Qu'a dû vivre cette pauvre femme dans ces derniers instants ?

- N'y pensez pas... N'y pensez surtout pas... Allez jusqu'à chez vos parents, retrouver vos frères et votre sœur... Restez unis...

- Ouais... Je vais rouler jusqu'à Seattle et...

Il déglutit, et essuya ses pleurs qui roulaient sans savoir s'arrêter.

- Rosalie... J'peux pas y aller... J'peux pas imaginer qu'il a fait ça, qu'il l'a poussé... Qu'est-ce que je vais dire à Cynthia ? Comment... Elle était si proche de notre mère...

Il va avoir besoin de soutien, de ne pas se sentir isolé. Faire face au décès de sa maman, de la possible culpabilité de son papa, et faire face au regard de cette sœur cadette adorée.

- Me laisseriez-vous vous accompagner ?

Il parut incrédule.

- Je voudrais vous soutenir, comme vous m'avez aidé... Je veux être là pour vous, et je ne saurai supporter de vous laisser partir seul dans cet état-là...

- Vous... feriez ça ?

- Je viens d'appeler ma famille, pour les informer de ma venue dimanche... Ils sont à Seattle également... J'ai un point de chute, mais je voudrais être là pour vous...

- D'accord...

- Je fais une rapide valise, le temps de passer chercher Teddy à l'école et nous partons... Asseyez-vous Emmett, ne restez pas debout... Je vais vous chercher un verre d'eau...

Alors que je remplis son verre, je téléphonai à ma mère pour l'informer de la situation. Elle ne vit aucune objection à nous accueillir plus tôt. Je contactai l'école, pour les avertir que je venais récupérer mon garçon et après avoir fait deux sacs pour mon fils et moi, je fermai la maison à double-tours, accompagnée par mon voisin.

Il arrêta sa voiture devant l'école, et mon petit m'attendait déjà en compagnie d'une surveillante. Il courut dans mes bras.

- Pourquoi je reste pas à l'école ?

- Emmett a un énorme chagrin mon chéri, nous devons l'accompagner à Seattle... Nous irons chez Grand-mère Esmée...

- Pourquoi il a un énorme chagrin ?

- Tu sais que ton papa est parti sur un nuage ?

- Oui...

- Et bien, la maman d'Emmett a décidé de le rejoindre...

- Elle est morte comme papa ?

- Oui... Emmett est très triste, il aimait beaucoup sa maman. Il a beaucoup de chagrin, aussi nous devons être gentils avec lui, et lui faire de grands câlins. Tu pourras faire ça pour moi ? L'embrasser et lui faire des câlins ? Il en aura besoin, et ce sera la meilleure chose à faire dans ce cas-là pour lui...

Teddy opina, le visage soudain plus lourd. J'inflige beaucoup trop de tristesse à cet enfant... Beaucoup trop...

- Merci mon cœur... Viens... Pop et Corn sont dans la voiture aussi... Ils viennent avec nous...

Je pris la main de mon petit, sentant ses petits doigts froids contre ma paume.

- Maman ?

- Oui mon bébé ?

- J'aime pas la mort, moi...