Disclaimer : L'éternelle petite phrase pour préciser que l'univers et les personnages de Harry Potter sont la propriété de JK Rowling... et ben voilà c'est fait ! Lecture maintenant !
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Un assassin dans l'école
La nouvelle résonna comme un coup de tonnerre. Des exclamations de surprise, de peur ou de consternation retentirent. Une panique s'empara de la foule, Heather ne comprit pas très bien pourquoi.
- Silence ! se répercuta la voix puissante de Dumbledore sur les murs du couloir.
Heather fut comme émerveillée. Ce vieil homme qui semblait si fragile et ne semblait jamais sérieux avait soudain une expression et une prestance époustouflante. On l'aurait dit capable de soulever des montagnes.
- Que les préfets et le préfet en chef reconduisent tous les élèves dans la grande salle. Severus, allez rassembler vos élèves et renvoyez-les également dans la grande salle. Minerva, allez demander aux professeurs Flitwick et Chourave d'en faire autant, s'il vous plaît.
Les Gryffondor redescendirent donc les sept étages sans chercher à protester ou à demander d'explications. Qui que soit ce Sirius Black, il devait être redoutable pour pousser le directeur à prendre de telles mesures.
Une fois dans la grande salle, les Gryffondor durent attendre d'être rejoints par les Serpentard, les Poufsouffle et enfin les Serdaigle. Heather repéra rapidement la position de ses amies, mais n'esquissa pas le moindre mouvement, les professeurs veillant au grain.
Dumbledore s'avança et prit la parole.
- Les professeurs et moi-même devons fouiller systématiquement le château, annonça-t-il tandis que McGonagall et Flitwick refermaient les portes donnant accès à la Grande Salle. Je crains que, pour votre propre sécurité, il soit nécessaire que vous passiez la nuit ici. Je demande aux préfets de monter la garde aux portes de la Grande Salle et je confie au préfet et à la préfète en chef le soin d'organiser les choses. Tout incident devra m'être immédiatement signalé, ajouta-t-il en s'adressant à Percy Weasley qui se gonflait d'orgueil. Vous demanderez à l'un des fantômes de me transmettre un message en cas de besoin.
Le professeur Dumbledore s'apprêtait à quitter la Grande Salle, mais il se ravisa soudain.
- J'oubliais ! Vous allez avoir besoin de…
D'un simple geste de la baguette, il envoya les tables s'aligner contre les murs, et d'un deuxième il fit apparaître des dizaines et des dizaines de gros sacs de couchage violets bien moelleux.
- Dormez-bien, conclut-il en refermant la porte derrière lui.
Ce fut alors la cacophonie, les élèves des autres maisons se demandant pourquoi on les parquait ainsi hors de leur dortoir. D'un signe de tête, Heather invita Rebecca et Ceridwen à rejoindre Abigail dans le fond de la salle. Elles se choisirent quatre sacs de couchage qu'elles installèrent en carré de sorte à avoir leurs têtes proches les unes des autres. Tandis que Percy s'égosillait pour faire régner l'ordre, Heather expliqua ce qui était arrivé.
- Sirius Black ! S'exclamèrent les trois autres.
- Encore une fois, je suis la pauvre enfant de moldus qui ne sait rien, alors pouvez-vous m'expliquer qui est ce Sirius Black ?
- Tu ne le sais pas ? dit Rebecca. Il était enfermé à Azkaban depuis douze ans. C'était un fidèle partisan de Tu-Sais-Qui.
- Tu veux dire de Voldemort ?
Les trois filles tressaillirent.
- Ne prononce pas ce nom ! siffla Ceridwen.
- D'accord ! dit-elle car elle ne voulait pas changer de sujet. Mais alors, c'est ce fameux prisonnier qui a réussi à filer au nez et à la barbe des Détraqueurs cet été ?
- Exactement, répondit Abigail.
- Et il vient donc de réitérer l'exploit de leur passer devant sans se faire remarquer ? Ca paraît un peu gros, non ? Soit les prétentions sur les capacités de ces créatures à ne pas se laisser abuser par des déguisements ou des capes d'invisibilité sont surfaites, soit…
- Soit ? demandèrent les trois autres intéressées.
- Et bien… réfléchit Heather pour savoir comment leur exposer sa théorie. Vous, je sais pas, mais nous, au premier cours de Défense contre les forces du mal, le professeur Lupin nous a un peu parlé des Détraqueurs.
- Effectivement, nous aussi, mais je ne vois pas le rapport, murmura Abigail.
- Il nous a expliqué qu'avant de garder Azkaban, ils étaient au service de Vol… de Vous-Savez-Qui, se rattrapa Heather qui ne voyait vraiment pas pourquoi on avait tant peur de prononcer ce nom mais comprit au regard de ses amis qu'il était préférable de s'en abstenir pour l'instant.
- Donc… reprit Ceridwen, tu penses, que comme les Détraqueurs étaient au service de On-Sait-Qui, et que Black aussi, ils auraient pu le laisser filer sciemment… Pas bête comme hypothèse !
- Hé là ! souffla un préfet qui les avait entendu. Taisez-vous et dormez !
Elles préférèrent obéir. Il y avait bien sûr matière à discussion, mais elles auraient tout le loisir d'en parler le lendemain.
Heather s'endormit assez rapidement, mais elle fut réveillée au cours de la nuit. Elle observa autour d'elle et vit qu'on avait fait des modifications, car Abigail et Ceridwen n'étaient plus leur têtes posées vers la sienne et celle de Rebecca, mais bien à côté de Rebecca. Elle entendait quelques ronflements étouffés qui semblaient tous provenir du même coin de la Grande Salle. En se soulevant un peu, elle se rendit compte qu'on avait isolé les dormeurs bruyants en les parquant ensemble et en couchant deux tables de sorte à faire un rempart léger à leurs perturbations. On avait dû déplacer pas mal de monde dont elles, et Heather s'aperçut qu'elle avait été amenée à proximité de Harry, Ron et Hermione. Elle se retourna sur le ventre pour observer Harry dormir, quand celui-ci bougea et la regarda à son tour. Il lui fit un petit signe et reprit une position plus confortable. Elle rougit et se remis sur le côté, n'osant plus regarder dans sa direction.
Il y eut un peu de bruit, et des pas s'approchèrent.
- Vous l'avez repéré, demanda une voix ressemblant à celle de Percy Weasley dans un murmure.
- Non, pas encore, répondit ce qui semblait être la voix de Dumbledore. Et ici, tout va bien ?
- Nous avons la situation en main, monsieur le directeur.
- Très bien. Il serait inutile de les faire sortir maintenant. Nous avons trouvé un gardien temporaire pour remplacer la Grosse Dame. Vous pourrez ramener les élèves de Gryffondor dès demain.
- Et la Grosse Dame, monsieur le Directeur?
- Elle se cache dans une carte de géographie du premier étage. Apparemment, elle a refusé de laisser entrer Black sans le mot de passe alors il l'a attaquée. Elle est encore très choquée, mais dès qu'elle se sera calmée, je demanderai à Mr Rusard de la restaurer.
La porte de la Grande salle grinça à nouveau et d'autres bruits de pas vinrent dans leur direction.
- Monsieur le directeur ?
Ce chuchotement-là était bien plus facile à reconnaître : c'était sans conteste celui de Rogue.
- Le deuxième étage a été entièrement fouillé. Il n'y est pas. Et Rusard a inspecté les sous-sols, rien là-bas non plus.
- Et la tour d'Astronomie ? demanda Dumbledore. La pièce du professeur Trelawney ? La volière ?
- Tout a été fouillé.
- Très bien, Severus. Je ne m'attendais pas à ce que Black traîne dans les parages.
- Avez-vous une idée de la façon dont il est entré ? demanda Rogue.
Heather se tourna à nouveau sur le ventre, tout doucement pour ne pas alerter les professeurs, tout en faisant en sorte de pouvoir compter sur ses deux oreilles.
- J'en ai beaucoup, et elles sont toutes aussi invraisemblables les unes que les autres.
- Vous vous souvenez de la conversation que nous avons eue, monsieur le Directeur, juste avant le… le début du trimestre ? demanda Rogue en chuchotant encore plus bas.
- Je m'en souviens, Severus, répondit Dumbledore sur un ton qui ressemblait à un reproche, ou peut-être un avertissement.
- Il paraît… presque impossible que Black ait pu pénétrer dans l'école sans une complicité interne. Je vous ai fait part de mes inquiétudes lorsque vous avez nommé…
- Je ne crois pas que qui que ce soit dans ce château ait aidé Black à y entrer, répliqua Dumbledore d'un ton qui imposa le silence à Rogue. Il faut que j'aille voir les Détraqueurs à présent. Je leur ai dit que je les préviendrai quand nos recherches seraient terminées.
- Ils n'ont pas proposé de nous aider, Monsieur le Directeur ? demanda Percy Weasley.
- Oh si ! répondit froidement Dumbledore. Mais je peux vous assurer qu'aucun Détraqueur ne franchira l'enceinte de ce château tant que j'en serai le directeur.
Heather entendit les trois protagonistes s'éloigner l'un après l'autre, elle aurait voulu se lever et leur dire que c'était peut-être bien les Détraqueurs qui avaient laissé entrer Black, mais la présence de Rogue ne l'incita pas à se manifester. Puis la voix de Ron Weasley demanda :
- Qu'est-ce que ça veut dire tout ça ?
- Psst ! Harry ! souffla Heather dans un murmure.
Harry et ses deux amis tournèrent la tête vers elle.
- J'en ai discuté avec mes amies, et cette conversation me conforte dans mon idée… On s'est demandé si ce n'était pas les Détraqueurs eux-mêmes qui avaient laissé passer Black.
- C'est ridicule ! lancèrent Ron et Hermione en même temps. Ils sont avec le ministère ! continua Ron.
- Et puis ils voulaient participer aux recherches ! renchérit Hermione.
- Oh oui ! J'en suis certaine ! répondit Heather. Participer aux recherches aurait été une excellente excuse pour abandonner la surveillance des entrées du domaine et laisser filer Black ! Et s'ils obéissent au ministère ! Il ne faut pas oublier qu'ils étaient du côté de Voldemort il y a douze ans, tout comme Black !
Au nom de Voldemort, Ron et Hermione tremblèrent, Ron un peu plus qu'Hermione.
- C'est pas idiot… marmonna Hermione plus pour elle-même. Silence ! lança-t-elle aussi bas qu'elle pu. Percy revient par ici !
Le lendemain matin, tout le monde ne parlait plus que de Sirius Black. Après le petit déjeuner et le premier cours, Heather rejoignit Ceridwen dans le hall d'entrée. Elles avaient prévu de sortir, mais la météo ne semblait pas être d'accord.
- Salle du deuxième étage ? demanda Ceridwen.
- Plutôt celle du premier, répondit Heather.
Elles se dirigèrent vers une salle inusitée qu'elles avaient déjà l'habitude d'utiliser pour leurs réunions.
- Alors Ceri… est-ce que t'as réfléchi à cette histoire de Sirius Black ?
- Ouais enfin… J'ai surtout écouté ce qu'on disait à droite et à gauche…
- Et qu'est-ce que t'en penses ?
- Que c'est toi qui es sans doute la plus proche de la vérité. J'ai entendu des tas d'hypothèses sur la manière dont il se serait introduit dans Poudlard. La plupart ne tiennent pas la route. Poudlard dispose de nombreuses protections contre les intrusions. Mais en même temps, ta théorie des Détraqueurs est quand même peu probable. Je veux dire… si vraiment les Détraqueurs étaient restés fidèles à Voldemort tout ce temps, pourquoi n'agir que maintenant ? Pourquoi n'auraient-ils pas déjà laissé s'évader ses plus fidèles partisans depuis des années ? Parce que, crois-moi, si Black a été le seul à réussir, il n'a de loin pas été le premier à tenter sa chance. Mon père travaille au service de la Justice magique et est en fait concerné d'assez près par cette affaire. Je comptais justement lui envoyer une lettre pour qu'il me parle un peu plus des Détraqueurs.
- Bonne idée ! dit Heather. Mais… j'ai une autre question…
- Vas-y ! Demande toujours.
- Si on considère que les Détraqueurs ne sont pas du côté de Black, est-ce que tu crois qu'il serait toujours dans l'enceinte de l'école ?
- Euh… honnêtement, j'espère bien que non, répondit Ceridwen. Parce qu'un tel assassin dans les parages, ça fait vraiment froid dans le dos.
- Mais pourquoi tout le monde en a tellement peur. Qu'est-ce qu'il a de plus effrayant qu'un autre criminel.
- C'est qu'il est complètement fou. Quand Tu-Sais-Qui a disparu, il a perdu la raison et assassiné une dizaine de moldus dans la rue, ainsi qu'un sorcier. Il n'a même pas cherché à fuir. Il est resté au milieu des cadavres à rire comme un dément. S'il est si terrifiant, c'est parce qu'il n'hésiterait pas à tuer quiconque croiserait sa route.
Heather déglutit. Elle n'avait jusque là pas vraiment pris toute la mesure de ce que signifiait le terme "criminel". Bien sûr, elle savait qu'il y avait des gens qui pouvaient tuer de sang froid. Elle en avait déjà vu dans des films, à la télé. Mais savoir qu'un tel individu pouvait surgir dans le château à tout moment refroidit nettement ses ardeurs quand au fait de parcourir les couloirs à la recherche des secrets de Poudlard.
Durant presque toute la semaine, où qu'on aille, on n'entendait parler que de Sirius Black. A l'entrée de la grande salle, le tableau de la Grosse Dame avait fait place à celui d'un chevalier en armure et son cheval dans un paysage. Le bonhomme ne cessait de provoquer les élèves en duel, et de les insulter quand ils passaient sans lui prêter attention. Il s'amusait aussi à changer les mots de passe deux fois par jour. Plusieurs élèves protestèrent contre le choix de ce nouveau gardien, mais la rumeur voulait qu'aucun autre portrait n'ait voulu prendre le risque de se retrouver face à Sirius Black, ce qui était toutefois compréhensible quand on avait vu l'état dans lequel il avait mis la toile de la Grosse Dame.
Heather aurait voulu parler de son hypothèse avec Harry, mais où qu'il aille, le jeune garçon était suivi comme son ombre par le préfet en chef que Heather n'aimait pas beaucoup, et souvent même par un professeur.
Heureusement pour l'ambiance générale de l'école, une fois le sujet de Sirius Black bien épuisé, il laissa place au Quidditch. En effet, la saison allait bientôt commencer par le match opposant Gryffondor à Serpentard. Dehors, les jours pluvieux succédaient aux jours orageux et la température avait bien chuté de dix degrés en quinze jours. Le match se déroulerait sans doute dans des conditions météorologiques fort mauvaises. Apparemment, ça n'enchantait pas les Serpentard qui semblaient avoir perdu leur verve habituelle. Mais dans les derniers jours avant le match, celle-ci revint brusquement. Ils savaient sans doute quelque chose que tout le monde ignorait, et ça n'avait pas l'air de rassurer les membres de l'équipe de Gryffondor. Finalement, l'explication du regain de bonne humeur des verts et argents arriva l'avant-veille du match : Gryffondor ne jouerait pas contre Serpentard, mais contre Poufsouffle. L'attrapeur de Serpentard avaient prétendu ne pas être en état de jouer à cause de son bras, et la nouvelle mis les Gryffondor hors d'eux. Tout le monde savait bien que Drago Malefoy jouait la comédie et que Madame Pomfresh avait parfaitement soigné sa blessure depuis des semaines. D'ailleurs il n'avait eu aucun problème à lever son bras bandé quand Heather avait fait mine de vouloir le frapper. Si seulement il avait pu y avoir d'autres témoins que les Serpentard ce jour-là !
