Et voici le chapitre 10,

comme toujours merci pour vos commentaires!

La fiction appartient à the-shinny-girl et l'univers à JKR. Seule la traduction est de moi.

Merci à Mathilde pour la correction, que ferais-je sans toi?

Jour 10

"Miss Granger?"

Quelqu'un prononce mon nom. La voix semble venir de très loin.

"Granger?"

Elle est comme un murmure.

Je grogne et essaye de l'ignorer.

"Granger."

Des mains se posent sur mes épaules et me secouent légèrement.

J'ouvre immédiatement les yeux et écartent les mains de l'attaquant en me collant contre le mur, loin du danger.

Attendez - ?

Je cligne plusieurs fois des yeux. C'est lui.

Le Professeur Rogue.

"Je- Je suis désolée," dis-je, "Je pensais..."

Je ne termine pas ma phrase, mais il comprend et accepte mes excuses.

"Vous allez bien?" demande-t-il.

"Que... que voulez-vous dire?"

"Vous étiez en train de remuer et de parler."

Je me tends, "Oh," Puis je commence à m'inquiéter, "Qu'ai-je dit?"

"Des inepties en grande partie," répond-il seulement.

Je me détends en prenant une profonde inspiration tandis que j'essaye de me souvenir de mes rêves, mais ils restent obscurs. Totalement obscurs.

"Merci de m'avoir réveillée, Professeur," dis-je en écartant mes cheveux de mon visage.

Il hoche simplement la tête puis se racle la gorge avec gêne avant de retourner de son côté du cachot.

Je regarde la petite fenêtre au-dessus de nous.

C'est un nouveau jour.

ooo

Je ramène mes genoux sur ma poitrine et y repose mon menton en me forçant à rester silencieuse. J'ai commencé à me sentir mal dès mon réveil, je ressens cette habituelle douleur dans le bas du ventre et elle ne semble pas vouloir disparaître de si tôt. Habituellement, quand j'ai des crampes, je m'enferme dans ma chambre où je peux souffrir en silence et ne pas m'inquiéter de personnes pouvant assister à ma faiblesse. Mais maintenant je n'ai pas d'autre choix. Aucune intimité. Avec un peu de chance, il ne remarquera rien.

"Vous êtes inhabituellement silencieuse," commente-t-il moins d'une minute plus tard.

Je lève les yeux vers lui de surprise. Je ne pensais pas qu'il avait accordé tant d'importance à mon habitude de parler.

"Je-Je ne sais pas quoi dire," je réponds calmement.

"Mais ça ne vous a jamais arrêté, Miss Granger," dit-il en souriant légèrement, "Pourquoi ne me bassinez-vous pas avec des ingrédients de potions et des plans d'évasion?"

Je soupire, "Je suppose que je n'en ai pas vraiment envie, Professeur."

Cela retient son attention, "Oui. Et cela me force à vous demander si vous vous sentiez entièrement vous-même."

Je me mords la lèvre, mais secoue simplement la tête. Pour la première fois depuis des jours, c'est moi qui n'ai pas envie de parler alors que lui, soudain, est extrêmement loquace. Tout à coup, je réalise combien je l'ai ennuyé en essayant de parler ces derniers jours.

"Miss Granger?"

"Quoi?" dis-je d'un ton cassant et en haussant un peu la voix.

Son visage devient froid, "Je vais vous pardonner votre impolitesse, étant donné que vous êtes... en pleine période hormonale."

Je baisse les yeux, embarrassée. Devait-il vraiment le mentionner?

"Je suis désolée, Professeur. C'est juste que... je ne me sens pas bien. Je voudrais pouvoir faire une sieste, mais... les gardes vont sans doute passer d'une minute à l'autre."

"Je vous réveillerai lorsque cela arrivera," propose-t-il, "Vous êtes un peu pâle."

Je prends une minute pour réfléchir, puis je hoche la tête, "Très bien."

En détournant les yeux, je m'allonge et me recouvre de sa cape. Puis je réalise tout ce qu'il m'a donné ces dix derniers jours. Combien il m'a aidée. Je ne sais pas comment j'aurais géré cette situation s'il n'avait pas été là.

Je me souviens de le remercier, puis je ferme les yeux et essaye de me reposer un peu.

ooo

Mes yeux s'ouvrent brusquement et je m'assois immédiatement en regardant nerveusement autour de moi.

"Miss Granger?"

Je me détends en réalisant que nous sommes seuls dans le cachot. Je n'aurais pas dû m'endormir, je dois être éveillée et préparée pour tout ce que les gardes décideront de nous faire.

"Personne n'est encore venu," dit le Professeur Rogue.

Je hoche la tête en écartant mes cheveux, grimaçant en me souvenant combien ils sont courts.

Silence.

Puis je me souviens de quelque chose.

"Vous réalisez que c'est le dixième jour?" je demande calmement.

Il soupire, "Oui, ça n'a pas échappé à mon attention."

"Dix jours," je répète, n'y croyant pas moi-même, "Ca... ça semble faire plus longtemps."

Il ne fait aucun commentaire.

"Vous croyez qu'ils essayent de nous trouver?" je demande.

Je peux le voir lever les yeux au ciel, "Miss Granger, nous avons déjà abordé ce sujet-"

"Je sais, mais... Je me demande ce que pensent Ron et Harry. Est-ce qu'ils savent ce qui m'est arrivé? Et... mes parents? Vous pensez qu'ils ont été informés de ma disparition?"

Je lève les yeux vers le Professeur Rogue, désireuse d'avoir des réponses.

Il commence lentement, "Je pense que le Directeur les en a informés."

Les battements de mon cœur ralentissent un peu à cela. Je ne sais pas ce qui est mieux. Qu'ils le sachent ou qu'ils l'ignorent. S'ils sont au courant pour ma disparition, alors ils sont inquiets et je ne peux même pas y penser. Ca fait trop mal. Et d'ailleurs, le fait qu'ils le sachent rend tout ça encore plus réel. C'est réellement en train d'arriver. Personne ne peut prétendre le contraire.

Mais s'ils le savent... alors ils essayent probablement de me trouver.

Je me tends en réalisant combien le monde dans lequel je vis est dangereux. Je ne veux pas que mes parents en fassent partie. Si c'est plus sûr pour eux, alors je ne veux pas qu'ils me cherchent.

Soudain, le Professeur Rogue prend la parole, "Le Directeur fait probablement de son mieux pour nous trouver. L'Ordre nous recherche et je suis certains que vos parents ne sont pas impliqués dans les recherches, puisque cela serait trop dangereux pour eux."

Comment fait-il?

Parfois, on dirait qu'il lit dans mon esprit. Il sait exactement pourquoi je m'inquiète et...

Attendez.

Peut-il lire dans mon esprit?

"Professeur," je commence avec précaution, "Est-ce que vous... Vous avez utilisé la Légilimencie sur moi? Ces dix derniers jours, je veux dire."

Il ne détourne pas le regard comme je m'y attends, mais il y a un changement d'expression sur son visage, peut-être une légèrement honte? Je soutiens son regard, attendant qu'il parle.

"Après des années de pratique de cette compétence particulière, je suis parfois incapable de... l'ignorer," explique-t-il.

J'ouvre la bouche, légèrement choquée, "Alors... c'est oui?"

Il lutte pendant un moment, puis hoche simplement la tête. "Oui."

"C'est..."

Je reste sans voix pendant un long moment. Je ne m'attendais pas à ce qu'il l'avoue. Je n'étais pas préparée à cela.

Puis soudain la honte me saisit, suivie par la colère.

"C'est personnel," dis-je d'un ton accusateur, "Je ne voulais pas que vous... Qu'avez-vous vu?"

"Miss Granger, ce n'est pas ce que vous croyez."

"Alors expliquez-moi."

"Je n'ai jamais lu votre esprit, il ne s'agissait que de... d'une légère inquisition, que je suis incapable de faire taire."

"Incapable?"

Je suis vraiment mal à l'aise. Le simple fait que je sois coincée avec lui et placée dans ces situations dégoûtantes est déjà suffisamment gênant, et je ne veux vraiment pas qu'il viole ainsi mon esprit.

"Eh bien... essayez plus fort," lui dis-je d'un ton cassant, "Je ne veux pas que vous sachiez tout. C'est déjà assez horrible comme ça."

"Je comprends que-"

"Vous comprenez?" je demande, "Vous vous mettez en colère parce que je vous regarde en train de dormir. Comment vous vous sentiriez si je lisais vos pensées?"

Il soupire, de toute évidence ennuyé, "Je m'excuse à nouveau, Miss Granger. Vous devez comprendre que c'est devenue une habitude pour moi et que, parfois, je le fais de façon inconsciente."

Je hoche la tête en prenant une profonde inspiration, "Ne... ne le refaites plus, s'il vous plaît."

"Vous avez ma parole que j'essaierai."

Je décide de laisser tomber. Ca ne nous ferait aucun bien de nous disputer.

Je me lève, m'étire les jambes et m'appuie contre le mur.

"C'est déjà l'après-midi et personne n'est venu," dis-je calmement.

"Ils vont venir. Et ce ne sera pas plaisant," répond-il en s'approchant de moi, "Après ce qu'ils ont dit hier, je pense que nous savons tous les deux quoi nous attendre."

Un frisson me parcoure, "De la torture ?"

Il hoche la tête en baissant les yeux. Puis il se tend et ses yeux rencontrent lentement les miens. Il est mal à l'aise, je peux le voir. Il ouvre la bouche pour parler, mais change d'avis.

"Quoi?" je demande en plissant les yeux de surprise.

Il ne répond pas mais se tend à nouveau.

Je baisse les yeux, voulant voir ce qui le fait agir d'une telle façon.

Oh bon sang.

Il y a une petite mais remarquable tâche rouge sur le matelas, à l'endroit où je m'étais assise. Je rougis furieusement et recouvre immédiatement la tâche de la cape qu'il m'a donnée, tremblant légèrement sous l'embarras.

Il se racle la gorge, mais le silence qui suit est mortifiant.

Je ferme les yeux un moment, souhaitant que tout disparaisse.

Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvre brusquement et je ne pourrais pas être plus heureuse que le garde entre. Cela détourne l'attention de Rogue de moi et de mon petit incident et je ne pourrais pas en être plus reconnaissante.

Le garde jette deux morceaux de pain sur le sol et invoque deux verres d'eau, puis ils nous regardent avec dégoût.

"Ca pue ici," dit-il, "Préparez-vous à aller vous doucher dans quelques heures."

Sur ces mots, il quitte le cachot.

La visite a été très courte, mais l'horreur le traverse totalement.

Une douche? Maintenant?

Je suis heureuse, je ne pourrais pas me sentir plus sale, mais en même temps... je ne veux pas me doucher si la scène se passe comme la dernière fois. Surtout maintenant que...

"Je ne veux pas qu'ils sachent," dis-je brusquement.

"Je vous demande pardon?" Le Professeur Rogue lève les yeux vers moi.

"Je ne veux pas qu'ils sachent pour... vous savez. Ce serait trop... embarrassant. Je veux que cette chose reste privée."

Il plisse les yeux de confusion, "Eh bien... ce sera légèrement difficile de le cacher si nous sommes forcés de nous doucher."

Je rougis à nouveau, "Je sais. Je-Je ne veux pas le cacher, mais... peut-être... faire croire que le sang provient d'autre chose."

Il reste silencieux, attendant que je continue.

"Je-Je pourrais me couper... une coupure profonde sur la cuisse et ils penseront..."

"Miss Granger, je ne pense pas que ce soit sage. Cela ne nous ferait aucun bien de les aider à nous faire du mal. Ils le feront sans notre aide."

Je ne l'écoute pas, secouant la tête, "Je ne veux pas qu'ils sachent."

"Je sais que ce sera gênant-"

Je l'interromps, "Comment le sauriez-vous? C'est... humiliant et c'est déjà assez horrible que... vous le sachiez. Je-Je ne veux pas qu'ils le sachent."

"Je le comprends, mais vous blesser-"

"Seulement une coupure. Je suis sûre qu'il y aura des tortures bien pires dans le futur," dis-je amèrement.

Il me regarde simplement et ne réagit d'aucune autre façon. Je hoche la tête et avance vers mon verre d'eau, le buvant en quelques gorgées, puis je jette le verre au sol, le brisant en un millier de morceaux.

"Eh bien, je ne m'attendais pas à ce que ça se fasse si facilement," j'avoue, "Ils n'ont pas peur qu'on puisse se tuer ou... les attaquer?"

"Je suis certain qu'ils ont placé des sorts anti-suicide sur le cachot," explique-t-il, "D'ailleurs, ce petit morceau de verre ne serait rien comparé à leurs baguettes."

Alors qu'il finit de parler, je ramasse le plus gros morceau sur le sol, prends une profonde inspiration, et m'observe. La coupure devrait probablement être placée sur la cuisse, pour les tromper.

D'accord, je peux le faire.

Elle doit être assez profonde pour que le sang puisse... Je me sens mal rien que d'y penser. Mes doigts commencent à trembler à la pensée de me blesser au point de me faire saigner. Me faire énormément saigner.

J'ai entendu parler des personnes qui se coupent de leur propre chef, mais je ne pense pas être comme eux. Plus que certainement pas. Mais je dois le faire.

"Miss Granger, j'insiste, votre idée est folle," dit le Professeur Rogue en reprenant la parole.

"Je le ferai avec ou sans votre consentement," dis-je en retour, "Vous ne savez pas combien ce serait humiliant. Je ne peux pas supporter l'idée qu'ils utilisent ça contre moi. Je ne les y autoriserai pas."

Prenant une profonde inspiration, je remonte légèrement ma jupe, regardant mes cuisses, décidant comment procéder. Ignorant mes doigts tremblant, je saisis le morceau tranchant et le rapproche de ma peau, vers l'intérieur de ma cuisse. Je m'humecte les lèvres avec hésitation, me convainquant mentalement de le faire, mais quelque chose m'arrête. Je ne semble pas capable d'enfoncer le morceau de verre dans ma peau. Alors que je commence à me sentir nauséeuse, on m'arrache le verre des mains.

"Qu'est-ce que vous faites ?" je demande en regardant le Professeur Rogue avec colère.

"Je vous aide, espère de gamine insupportable," me répond-il d'un ton brusque.

"Vous m'aidez-?"

"Même si je pense que votre plan est stupide, je ne peux pas risquer que vous vous coupiez une veine importante et vous vidiez de votre sang."

Je hoche rapidement la tête, "D-D'accord," puis j'ajoute, "J'espère que vous n'êtes révulsé par la vue du sang."

Il me jette simplement un regard.

Idiote. Bien sûr qu'il n'est pas révulsé par la vue du sang.

Il prend une profonde inspiration, "Vous devriez vous asseoir."

J'obéis, m'asseyant sur le matelas et m'appuyant contre le mur.

Puis ça commence à redevenir gênant.

"Où pensez-vous que la coupure doit se faire ?" je demande en levant maladroitement les yeux vers lui.

"Sur la cuisse, je suppose, assez haut."

Eh bien, c'est gênant.

"D'accord, finissons-en avec ça," je me force à dire en relevant ma jupe et en révélant ma jambe gauche.

Il se racle la gorge d'un air embarrassé, puis s'approche de moi, s'agenouille, et essaye de croiser mon regard le moins possible.

"Vous changeriez d'avis si je vous disais que je pense qu'il s'agit d'une idée stupide?" demande-t-il encore.

"Non," je réponds simplement.

Je peux voir une légère colère passer sur ses traits, puis il baisse les yeux sur ma jambe en n'ajoutant rien.

Je me tends un peu tandis que sa main touche ma peau, me mordant follement la lèvre, m'attendant à ce que la douleur me frappe d'un moment à l'autre.

Une seconde passe.

Puis une autre.

Et une autre.

"Oww!" je crie, mes mains couvrant la sienne sur ma jambe alors qu'une vive douleur me traverse.

Il écarte ma main, "N'y touchez pas.

Je pousse un gémissement de douleur et respire profondément pour me calmer. Enfin, je suis capable de baisser les yeux, et ce n'est pas aussi mal que je m'y attendais. Il y a du sang, mais ce n'est pas aussi profond que je le pensais. Une pensée malsaine me traverse l'esprit, me disant que le Professeur Rogue est vraiment doué pour couper les gens et tenir des objets tranchants, mais je la repousse rapidement.

Il se lève et s'écarte de moi.

Je résiste à l'envie de recouvrir la coupure de quelque chose, me demandant si c'était finalement une bonne idée.

"Je n'avais pensé devoir un jour couper une de mes étudiantes," dit-il calmement en me tournant le dos.

"Je-Je suis désolée," dis-je, "Mais... vous m'avez beaucoup aidée et je vous en remercie."

Il ne dit rien.

ooo

Nous n'avons pas dû attendre longtemps. Les gardes sont venus nous chercher seulement une demi-heure plus tard.

J'étais une épave lorsqu'ils sont arrivés.

L'une des raisons de mon état était que je ne voulais pas me doucher devant eux. J'en avais plus qu'assez des remarques qu'ils avaient fait la dernière fois.

La seconde raison était que je ne voulais pas me doucher à côté du Professeur Rogue.

La troisième était que je ne voulais pas que les gardes soient au courant de ce qui m'arrivait.

ooo

Je mets mes bras autour de mon corps alors qu'ils me repoussent dans le cachot, riant et ricanant. Le Professeur Rogue entre après moi, puis se tourne pour regarder les gardes d'un air meurtrier tandis que j'avance dans un coin, espérant devenir invisible.

Les gardent partent rapidement.

La tension dans le cachot est presque insupportable. D'une certaine façon, cela semble encore plus gênant que la première fois où nous avons été forcés de nous doucher ensemble. De toute évidence, ça ne devient pas plus facile avec le temps.

"Au moins mon plan a fonctionné," dis-je calmement, et il grogne.

Ca a fonctionné. J'ai réussi à me déshabiller rapidement et à aller sous l'eau froide sans que les gardes ne remarquent rien. Ils ont remarqué la coupure sur ma cuisse et le sang, ils ont fait quelques commentaires à ce propos, mais ont ensuite conclu que c'était probablement dû à leur torture.

Mais c'était tout de même très gênant. A nouveau, j'ai refusé de regarder le Professeur Rogue. Je me suis détournée de lui et ai essayé de prétendre qu'il n'était pas là.

J'espère seulement qu'il a fait la même chose.

Je me sens bien mieux, et plus propre. Du moins physiquement.

C'est déjà ça.

ooo

Le Professeur Rogue est un peu narquois depuis que nous sommes revenus. Il ne me parle pas et quand il est forcé de répondre, il réussit à n'utiliser qu'un mot ou deux.

Ayant désespérément envie d'avoir une conversation, je lui demande, "A votre avis, qui assure les cours de Potions?"

"Comment diable suis-je sensé le savoir?" répond-il, et je suis un peu surprise.

Pourtant, j'essaye encore, "Combien de cours avons-nous raté maintenant?"

Je connais le nombre exact, mais j'ai besoin d'un sujet de conversation.

Il me regarde, irrité, "Granger, peut-être ne l'avez-vous pas remarqué, mais je ne suis pas d'humeur pour de telles conversations."

"Oh. D-D'accord, nous pouvons parler d'autre chose alors?"

"Bien sûr," dit-il, puis il ajoute, "Pourquoi pas l'art du silence? Je pense qu'il s'agit d'un art que vous ne maîtrisez pas encore."

Je baisse les yeux, ses mots me piquant un peu. Je ne dis rien d'autre.

Silence.

ooo

Il est tard et les gardes ne nous ont pas encore rendus visite. Je suis nerveuse, m'attendant à ce qu'ils entrent avec fracas dans le cachot comme ils l'avaient promis, mais il n'y a personne. Peut-être est-ce encore un de leur jeu?

Je soupire d'ennui, puis m'autorise finalement à regarder le Professeur Rogue.

Il est assis sur la chaise, à côté de son matelas, et semble être... endormi? Ses yeux sont clos, mais son corps semble tendu, avec ses bras croisés sur son torse. Peut-être qu'il se repose simplement. Je me lève lentement, ressentant le besoin de m'étirer les jambes. Je fais quelque pas, aussi silencieusement que possible, pour ne pas le déranger, puis je m'étire les muscles du cou.

Tandis que je bâille, je remarque que les robes du Professeur Rogue ne sont pas en place, comme elles le sont toujours. Elles ne couvrent plus ses jambes et on peut apercevoir son pantalon noir. Puis je remarque autre chose. Une chose que j'aimerais ne pas avoir remarquée.

Il y a une large bosse dans son pantalon.

Je halète de surprise et de choc et ses yeux s'ouvrent brusquement. En une seconde, il réarrange ses robes, se recouvrant.

Ma bouche est toujours ouverte et aucun son n'en sort.

Je suis choquée.

Ai-je vraiment vu ce que je pense avoir vu?

Ce doit être ça. Je suis certaine que cette... chose n'a pas cette apparence dans son... état normal.

Je rougis furieusement et me retourne, évitant de penser à ce genre de chose.

"Miss Granger," commence-t-il, mais il est mal à l'aise. Il ne peut même pas le cacher.

Je pousse un léger soupir, "Je-Je ne voulais pas... regarder. C'était un accident, je le jure, Professeur."

"Ce n'est pas... si grave."

C'est grave, je peux l'entendre à son ton.

"Est-ce la raison pour laquelle vous étiez... déplaisant plus tôt?" je demande.

Silence.

"En partie, oui."

Oh bon sang.

Je ne veux pas en parler. Mais je ne peux pas prétendre ne rien avoir vu. Ce serait encore plus gênant.

"Je ne dis pas que je m'attendais à une telle chose, mais je suis suffisamment au courant pour savoir ce qui l'a causée," dis-je en babillant, "Et... était-ce... à cause du fait... que nous nous sommes douchés ensemble?"

Mon ventre se tord.

Est-ce qu'il me regardait?

Je ne veux pas entendre sa réponse. Je ne serais pas capable de le supporter.

La honte le submerge, mais il secoue la tête, "Non. Ca n'a rien à voir avec cet événement."

Je peux voir qu'en parler est la dernière chose qu'il désire. Surtout avec moi, mais j'ai le droit de savoir.

"J'espère vraiment que c'est la vérité, Professeur," dis-je en regardant mes mains.

Il prend une profonde inspiration, "Parfois, de telles choses se produisent sans bonne raison. Et restons-en là, Miss Granger."

Je hoche rapidement la tête en retournant à mon matelas.

Je ne peux m'empêcher de penser à son... problème. Cela va-t-il disparaître de lui-même ou... doit-il faire quelque chose pour le faire disparaître? Je lui jette un rapide regard et vois qu'il a l'air plutôt mal à l'aise.

Arrête, Hermione.

Au moins il a un aperçu de ce que ça fait d'être humilié devant quelqu'un, de voir son corps faire une chose sans qu'on l'ait voulu.

Mais j'aurais quand même aimé ne pas l'avoir vu. Ca me met mal à l'aise également et ça change les choses entre nous. Encore une fois.

Si nous ne sommes pas sauvés bientôt, trop de frontières seront franchies et nous ne pourrons plus jamais nous regarder de la même manière.

La nuit tombe déjà.

Les gardes ne viendront de toute évidence pas ce soir. Je ne sais pas quoi ressentir.

Est-il arrivé quelque chose?

Ou pensent-il à de nouveaux procédés pour nous torturer?

Trop de sujets d'inquiétude.

Ca a été une journée gênante.

J'ai hâte de m'endormir et de tout oublier.

Et de voir ce que le onzième jour apporte.