Le soleil nocturne

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas.

Résumé : UA Bella écrit un roman sur les vampires pour un éditeur exigeant et mystérieux. En parallèle, elle fait la connaissance du moqueur et séduisant Edward Cullen…

Note : Je me suis inspirée de la fic le mystère E. Masen pour cette histoire. Ainsi, elle est dédiée à Story13.

Chapitre neuf

Un rayon de soleil caressa mes yeux clos, m'extrayant aux brumes du sommeil. Pourtant, je n'ouvris pas les yeux tout de suite. Je me remémorai non pas mes rêves, mais ce qui les avais précédés. J'avais fait l'amour avec Edward. Cela avait été parfait. Ses caresses étaient douces et expertes, me modelaient avec amour tel un Pygmalion façonnant sa Galathée. Il avait embrassé chaque part de moi, avec douceur et délice, et j'en avais fait autant. Je n'avais cessé de m'émerveiller devant son corps aussi parfaitement sculpté que celui d'une statue de dieu grec. Tout en nous caressant, nous nous étions fondus l'un en l'autre avec une facilité inattendue. J'avais toujours redouté ma première fois. Pourtant, non seulement je n'avais pas eu mal, mais j'avais connu une jouissance extrême.

J'entendis Edward bouger dans les draps, ce qui m'encouragea à ouvrir les yeux. J'étais prête à laisser ce souvenir incroyable derrière moi si c'était pour le revoir, et passer d'autre moments merveilleux en sa compagnie. Ainsi, j'ouvris les yeux.

-Bonjour, dis-je d'une voix ensommeillée.

Edward se tourna vers moi et j'en restai bouche bée.

-Bonjour, toi, murmura-t-il en souriant.

Comme je ne répondis rien, trop occupée à le contempler, il me lança un regard interrogateur.

-Qu'il y a-t-il ? S'enquit-il.

-Tu es beau. C'est la première fois que je te vois en plein jour.

Je venais de le réaliser. Chaque fois que j'avais rencontré Edward, il faisait nuit. Quand il venait me chercher après les cours, la nuit commençait à tomber, du fait de la saison hivernale. Là, le soleil baignait la pièce et cela faisait toute la différence. Ses cheveux, que j'avais cru châtains, avaient de multiples nuances de miel, de bronze, d'or, de cuivre et de roux. Jamais je n'avais vu de tels cheveux. Quant à ses yeux, qui m'avaient semblés émeraude, étaient d'un vert profond et pailletés d'or. Son teint pâle était dénué de tout défaut.

Edward sourit.

-C'est vrai. Moi aussi, je ne t'ai jamais vue en plein jour.

Il me dévisagea, ce qui me mit mal à l'aise.

-Tu n'es pas déçu, j'espère ?

Edward me regarda d'un air effaré.

-Tu es folle ? Je suis tout sauf déçu.

Il me saisit par le menton pour examiner mon visage de plus près. Voir ses yeux verts pailletés d'or d'aussi près me donna le tournis. Il sourit.

-J'ai toujours cru que tes yeux étaient noirs. En fait, pas du tout. Ils ont la couleur du chocolat au lait. C'est la première fois que je vois des yeux de cette couleur. Ils sont si jolis.

Je souris en rosissant légèrement. J'avais toujours envié ceux qui avaient les yeux bleus, ou verts, ou gris. Jamais je n'aurais pensé que les miens pourraient être remarquables aux yeux de quelqu'un. Soudain, le regard d'Edward devint sérieux.

-Tu étais vierge.

Ce brusque changement de sujet me fit tressaillir.

-Oui.

-Tu ne me l'as pas dit.

Il n'y avait aucun reproche dans sa voix mais je me sentis obligée de m'excuser.

-Je suis désolée. J'aurais dû le faire.

Il était si respectueux que je me doutais que cela l'aurait dissuadé de satisfaire mon désir. Pourtant, alors que je m'attendais à une dispute, il me sourit, d'un air un peu coupable.

-En vérité, je m'en doutais. Tu es si jeune. J'ai toujours pensé que tu étais une fille sérieuse, qui ne donnerait pas son corps à la légère.

-Alors…tu penses que tu as eu tort ? M'inquiétai-je.

Edward secoua la tête.

-Non. J'ai pensé que tu en avais vraiment envie et que tu étais prête. De plus, je sentais que cela allait bien se passer, il aurait donc été dommage de laisser passer cette occasion.

Le soulagement m'envahit.

-Oh. Tant mieux.

Edward me déposa un baiser sur l'épaule.

-Et si nous commandions le petit déjeuner ?

Je réalisai que si mon corps et mon âme étaient comblés, j'avais faim.

-Volontiers.

Peu de temps après, nous avions enfilé un peignoir et nous mangions le petit déjeuner sur la table basse, assis dans le canapé. Il y avait du chocolat viennois, du jus d'orange pressé, des croissants, des beignets à la vanille et des cookies au chocolat blanc. Le tout était délicieux. Nous mangeâmes avec appétit. Comme tout cela me donnait soif, je me resservis en jus d'orange. Lorsque je fus rassasiée, je décidai de prendre un bain. Je me levai…et trébuchai.

Edward s'esclaffa.

-Manger ne t'a pas suffi à te rendre ta forme, on dirait.

Je soupirai.

-C'est toujours ainsi, le matin. Je suis encore plus maladroite que d'ordinaire.

Edward rit de plus belle.

-Dans ce cas, il vaudrait peut-être mieux que je t'accompagne.

-Où ?

-Dans la salle de bain, bien sûr.

Je sentis mes joues s'embraser.

-Dans ce cas, tu pourrais te joindre à moi pendant que je me lave.

J'étais surprise de mon audace. Pourtant, nous venions de passer la nuit ensemble. Edward parut agréablement surpris.

-Ce sera avec plaisir. Ainsi, je pourrais t'éviter de trébucher dans la baignoire.

Je le fusillai du regard.

-Finalement, je vais me débrouiller seule.

Sur ces mots, je me dirigeai d'un pas furieux vers la salle de bain, en m'efforçant de ne pas tituber, mais Edward me rattrapa, hilare. Là, je quittai mon peignoir et Edward fit de même avec le sien. J'étais rassurée de ne plus ressentir de gêne à l'idée d'être nue devant lui. Son regard appréciateur me prouvait que je n'avais rien à cacher. Je montai dans la baignoire et activai l'eau chaude. Edward me suivit. La chaleur de son corps cumulée à celle de l'eau me procurait un intense bien être. Edward prit un gant et y versa du gel douche.

-Veux tu que je te savonne ?

Je hochai la tête.

-Avec plaisir.

Comment aurais-je pu refuser ?

-Approche toi, m'encouragea Edward.

Je m'approchai de lui et il s'affaira à me savonner le corps avec douceur et soin, ainsi que le plus grand respect. Ensuite, ce fut à mon tour. Je me consacrai à cette tache avec soin, comme si je nettoyais le joyau le plus précieux. Une fois cette tâche accomplie, nous nous rincâmes.

Quand je fus sortie du bain, je me séchai les cheveux soigneusement, les rendant épais et brillants, et me maquillai. Quant à Edward, il se rasa de près et peigna ses cheveux, y mit un peu de gel de façon à retrouver ce style coiffé-décoiffé que j'avais tant, et qui mettait si bien en valeur ses cheveux magnifiques. Puis nous nous habillâmes. J'attachai à mon poignet le bracelet qu'il m'avait offert la veille.

Nous passâmes la journée à nous promener à Las Vegas, à s'amuser dans les parcs d'attraction . J'avais toujours eu peur des manèges à sensations fortes mais avec Edward, mes craintes s'étaient envolées. Je me découvris un penchant prononcé pour les sensations extrêmes, hurlant et riant aux éclats. Quant à Edward, il était radieux, la chaleur dans ses yeux verts pailletés d'or rendant son regard plus magnifique encore et son sourire dévoilait ses dents blanches et parfaitement alignées.

-Je n'aurais pas pensé aimer les sensations fortes, déclarai-je lorsque j'eus repris mon souffle.

Nous avions décidé de faire une pause et étions tranquillement installés sur une terrasse où nous dégustions des milkshakes.

-Moi non plus, confia Edward.

Je le regardai avec étonnement.

-Vraiment ?

Edward hocha la tête, amusé par ma surprise.

-Oui. Mais je voulais vivre cette expérience avec toi.

Par la suite, je réussis à détourner Edward, qui semblait avoir une fâcheuse tendance à me couvrir de cadeaux, des boutiques de vêtements proposant des robes de soirée hors de prix et des bijouteries. Par chance, j'y parvins, en l'emmenant dans des librairies. La robe de soirée et le bracelet qu'il m'avait offerts étaient bien suffisants.

Le soir venu, nous refîmes l'amour. Nous partions le lendemain. Après avoir entremêlés nos corps, nous nous séparâmes, tout en restant allongés à nous regarder, nous caressant mutuellement le bras et l'épaule. Nous commençâmes à parler et je réalisai que j'étais heureuse d'être simplement auprès de lui, à l'écouter. Aussi, je m'évertuai à lui poser des questions pour qu'il se livre.

-Edward ?

-Oui ?

-Depuis quand est tu amoureux de moi ? Enfin, je veux dire…

Je réalisai que j'avais employé le mot amoureux. Même si j'étais réceptive à ses sentiments, je m'avançais peut être un peu. Allait-il me trouver présomptueuse ? Edward parut deviner mes pensées et esquissa un sourire amusé.

-Amoureux, tu peux le dire. Je le suis depuis la première fois que je t'ai rencontrée.

-Tu veux dire…il y a trois ans, quand je suis sortie de la bibliothèque ?

-Un peu avant, à vrai dire. J'étais à la bibliothèque avec toi. Je lisais, quand tu as retenu mon attention. Tu travaillais, à quelques tables de moi, tes cheveux bruns noués sagement en une tresse. Tu étais si jolie. Ce qui m'a le plus intrigué, c'est qu'en dépit de ta silhouette frêle qui te donnait l'air d'une enfant, ton air concentré et appliqué te faisait ressembler à une adulte. Un contraste fascinant. Je ne pouvais détacher mon regard de toi.

Je me souvins alors que ce jour là, j'avais eu l'impression d'être observée. Ainsi, c'était lui.

- Ensuite, tu es partie. Je me suis donc replongé dans ma lecture. Tu occupais mes pensées, j'avais donc du mal à me concentrer. Cependant, je voulais finir ce livre le jour même. Je suis donc rentré tard et là, ton texte sur les sirènes est arrivé jusqu'à moi. Je l'ai pris et je t'ai reconnue. Avide d'en savoir plus sur toi, je l'ai lu. J'ai alors compris qu'en dépit de ton apparence si adulte, tu aimais t'évader. Tu avais beaucoup d'imagination. Cependant, je savais que tu étais trop jeune pour moi, et je redoutais Tanya. C'est pour cela que je me suis comporté comme un imbécile. Voilà, tu sais tout.

Je ne répondis pas tout de suite, assimilant ses mots. Peut-être aurais-je dû être effrayée par l'intérêt anormal qu'il avait porté, adolescent, presque adulte, à la petite fille que j'étais. Peut –être aurais je dû trouver bizarre son comportement tordu, en contradiction avec ce qu'il ressentait. Mais il n'en était rien. J'étais flattée, touchée et heureuse de comprendre enfin sa méchanceté. Soudain, je sus comment réagir. Puisqu'il s'était livré à moi, je pouvais lui faire confiance.

-Edward, toi aussi tu as le droit de tout savoir.

-Ce n'est pas une obligation.

-Je le sais. Mais j'ai envie de te le dire.

-Alors je t'écoute.

-Après notre première rencontre, j'ai arrêté d'écrire. Pendant trois ans. Jusqu'au jour ou Alice m'a poussée à participer à un concours de nouvelles. Je l'ai remporté et Jasper Cullen, qui travaille avec les éditions du Papillon noir, m'a proposé un contrat. J'ai accepté, et je devrais bientôt publier mon premier roman. L'éditeur ne me connaît que sous un pseudonyme, la fille de la nuit, et j'ai demandé à Alice, Emmett et Jasper de garder le secret sur mon identité, jusqu'à ce que mon roman soit publié. Mais après ce que tu m'as dit, je ne ressens plus le besoin de me cacher, du moins pas vis-à-vis de toi.

Edward resta un moment silencieux. Il semblait sous le choc. Au bout d'un moment, son mutisme m'inquiéta.

-J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?

-Pas du tout, Bella. Tu n'as rien à te reprocher.

Il marqua une pause et murmura.

-C'est incroyable.

Il semblait sur le point de me dire quelque chose, mais se retenait.

-Nous en reparlons quand ton roman sera publié, d'accord ?

Ce soir là, je ne saurais pas ce qu'il avait en tête.

-D'accord, dis-je.

-Bonne nuit, Bella.

Sur ces mots, il déposa un baiser sur mon front et me tourna le dos. J'eus l'impression qu'ainsi, il voulait me cacher ses émotions. Inquiète, je m'endormis néanmoins.

Le lendemain, Edward n'était plus tout à fait le même. Il semblait distrait, songeur. Distant. J'avais un mauvais pressentiment, qui se confirma quand nous fûmes de retour à Phoenix et qu'il me déposa devant chez moi.

-Bella, j'ai quelque chose de désagréable à t'annoncer.

Je sentis une vague glacée s'emparer de moi.

-Je t'écoute.

-Nous n'allons plus nous voir pendant un certain temps.

Un violent frisson me secoua. La perspective d'être séparée de lui me faisait encore plus mal que ses moqueries lors de nos premières rencontres.

-Tu veux rompre ?

Edward me regarda d'un air affolé.

-Non ! Je t'aime, Bella. Seulement, nous ne devons plus nous voir jusqu'à ce que ton roman soit publié.

J'écarquillai les yeux.

-Pourquoi ?

Encore une fois, Edward semblait se contenir douloureusement.

-Je ne peux pas te le dire. Tu sauras tout lorsque ton roman sera publié. Cela dit, si tu décidais de ne pas m'attendre, je te comprendrais.

En dépit de ses mots, la perspective que je le quitte semblait le mettre au supplice.

-Non. C'est d'accord. J'aimerais comprendre ce qui se passe, mais je t'attendrais. Seulement si tu promets de m'expliquer.

-C'est promis.

Sur ces mots, il m'embrassa.

-Je t'aime ,Bella.

Sans attendre ma réponse, il s'éloigna. J'étais partagée entre la douleur d'être séparée de lui pendant des semaines, voire des mois, et le bonheur : il m'avait enfin dit qu'il m'aimait. Le savoir allait me permettre de tenir le coup.

Les semaines suivantes, Anthony Masen m'écrivit tous les jours. J'appliquai ses remarques avec ardeur, jusqu'à ce qu'il n'ait plus rien à redire. En plus des mails professionnels, il m'envoyait des mails amicaux, où il prenait de mes nouvelles, comme s'il avait pressenti que je traversais une période difficile. J'appréciais ses messages, la tournure de ses phrases, sa bienveillance et son humour, au point de le considérer comme un ami, bien que je ne l'aie jamais vu. En un mois, la correction de mon roman était achevée. Je reçus alors la maquette et ayant demandé à ce que ce soit Alice qui s'occupe du design de la couverture, je fus plus que satisfaite du résultat. Le mois suivant, le roman allait sortir. Les journalistes avaient fait pas mal de tapage médiatique autour de ce roman d'une auteure incroyablement jeune publiée par une des plus grosses maisons d'édition des Etats Unis. Cela me mettait mal à l'aise et rendait Alice euphorique. J'appréhendais le moment où je dévoilerais mon identité et dirais ainsi adieu à ma vie privée, mais je l'attendais aussi avec impatience car j'allais enfin retrouver Edward.

Aussi, je fus surprise de lire le mail d'Anthony Masen la veille au soir de la sortie du livre.

Mademoiselle la Fille de la nuit

Si vous le souhaitez, je serais très heureux de vous rencontrer demain, à New York, dans les locaux du Papillon noir. J'ai confiance en vous et j'ai de bonnes raisons de vous dévoiler mon identité. Je ne vous demande pas d'être ma Loïs Lane, juste de vous rencontrer.

Anthony Masen

La référence à Lois Lane me fit sourire. J'étais stupéfaite, mais très curieuse aussi. J'espérais toutefois que cela ne m'empêcherait pas de voir Edward. Je m'affairai à lui envoyer un mail.

Monsieur Masen,

Je suis très flattée que vous me compariez à Loïs Lane, aussi accepterai-je avec plaisir votre proposition. C'est un honneur de vous rencontrer.

La Fille de la nuit

J'envoyai le mail. Peu de temps après, je reçus une réponse.

Mademoiselle La Fille de la nuit,

Je vous remercie d'avoir accepté. Jasper viendra vous chercher. Je vous dis donc à demain. Passez une bonne soirée,

Anthony Masen

Le lendemain , Alice tint à m'accompagner. Comme Jasper et elle étaient devenus officiellement un couple, cela ne poserait aucun problème. Elle s'occupa de ma tenue, une robe rose pâle en soie agrémentée d'un gilet du même ton. Je nouai mes cheveux avec un ruban blanc. Puis Jasper passa nous prendre et nous nous mîmes en route pour New York.

Les éditions du Papillon noir, de l'extérieur, étaient un imposant building. Jasper nous dit qu'ils occupaient les quatre derniers étages. J'étais impressionnée. Nous pénétrâmes à l'intérieur et montâmes dans l'ascenseur. Arrivés au dernier étage, nous saluâmes l'équipe. Tout le monde me traita avec égards et respect. Les locaux avaient un aspect soigné, avec des fauteuils et des meubles en bois verni, des tables en verre et en fer forgé. Cependant, ce qui m'intéressait le plus était les imprimantes, les dossiers épais rangés sur des étagères, sans doute des manuscrits.

Après m'avoir fait visiter les lieux, Jasper m'entraîna vers le bureau d'Anthony Masen. Il frappa à la porte et la poussa.

-Entre, Bella.

Je fis quelques pas à l'intérieur du bureau…et me figeai en reconnaissant l'homme qui s'y trouvait. Grand, mince et musclé, un visage d'une beauté exceptionnelle avec sa mâchoire carrée, ses pommettes saillantes et ses yeux d'un vert étonnant, des cheveux aux reflets cuivre et or. Il me regardait avec une émotion palpable.

-Edward ? C'est toi ? Qu'est ce que tu fais là ?

-Assieds toi, Bella, m'invita-t-il en me désignant un siège.

-Je préfère rester debout. Tu m'expliques ?

-Comme tu veux, souhaita Edward. Je suis Anthony Masen. Un riche ami de mon père qui a beaucoup d'affection pour moi m'a aidé à financer la création de ma propre maison d'édition. J'ai commencé à l'âge de quatorze ans, car modestie mise à part, j'étais un enfant très avancé. Je faisais mes études en parallèle et avais des employés. La maison d'édition a connu un réel succès, d'autant plus que Jasper, qui m'a rejoint, était très doué pour convaincre les librairies et les journalistes de promouvoir nos livres. Quant à moi, ma sensibilité me permettait de reconnaître les textes à succès. Toutefois, je préférais garder mon anonymat, me cachant derrière Jasper, qui est plus doué que moi dans les relations humaines. C'est ainsi que j'ai repéré ton texte, et j'ai su qu'il ne fallait pas te laisser filer. Là encore, Jasper s'est occupé de tout.

Je méditai ses paroles en silence. Aussi incroyable que cela paraisse, cela expliquait beaucoup de choses .Le mystère qu'il créait autour de lui, son jugement sur mon texte, sa réaction quand je lui avais révélé que j'étais la Fille de la nuit. D'une certaine manière, je n'étais pas sous le choc, car je l'avais toujours su inconsciemment. Cependant, il manquait une pièce au puzzle.

-Pourquoi as-tu voulu que l'on cesse de se voir ?

-Parce qu'il m'aurait été difficile de dissocier les sentiments de la vie professionnelle, et qu'il n'aurait pas été honnête de te fréquenter tout en te cachant mon secret alors que tu m'avais révélé le tien.

-Je vois.

Je restai un long moment silencieuse.

-S'il te plaît, me supplia Edward. Réagis. Mets toi en colère. Ce serait légitime.

Je restai interdite. Il m'avait menti. Ou plutôt, il avait préservé son secret, comme moi je l'avais fait avec le mien. Je me demandai si Anthony Masen avait lui même deviné qui j'étais, à sa manière de flirter avec moi. En tout cas, Edward avait des sentiments pour moi, il me l'avait prouvé en me priant de l'attendre, le temps qu'il me dévoile son identité. Sans un mot, je m'avançai vers lui et me jetai dans ses bras. Il accueillit mon étreinte avec surprise, puis me la rendit. Il était si bon de le toucher, de le sentir, d'être avec lui tout simplement.

-C'est ta manière de me gronder ? S'enquit-il, hésitant.

-Plus tard. Pour le moment, je profite de nos retrouvailles. Mais ne me refais plus jamais ça.

-Promis. Je t'aime, Bella.

-Moi aussi, je t'aime, Edward.

Sur ces mots, nous nous embrassâmes longuement.