Master and Slave
Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo.
Miwa, Etsuko, Eliandre, Zephiel et Seijuro sont à moi! ^^ et j'y tiens beaucoup.
Note: Je m'excuse par avance s'il y a un peu de OOC...
Merci à Frasyl et Scorpio-no-Caro pour la bêta-lecture !
Pour des raisons pratiques, j'ai aligné la vie japonaise à celle occidentale. Comprenez donc par là par exemple, qu'une année scolaire va, dans ma fic, de Septembre à Juin (Alors qu'en réalité, une année scolaire japonaise débute en Avril et se termine en Mars) et que la majorité est fixée à dix-huit ans (et non vingt)
Blabla de l'auteur: Oh mon dieu! Oh mon dieu! je suis à 99 reviews °_°! Oh mon dieu! Oh mon dieu! *Auteur qui vient de bug*
J'ai envie de marquer le coup des 100 reviews è.é... Et pour cela je ne vais pas aller dans l'originalité: je vous propose donc de me donner un défi d'OS détaillé ou non, a votre bon plaisir (et votre imagination)
(Non par contre, inutile de me demander du Grimm x Ichi, ça marche pas, je vous vois venir :D Des auteurs en écrivent déjà et bien mieux que moi.)
Et si ça a du succès et que j'ai beaucoup de propositions, bah je vais tirer au sort. Comme ça, la même chance pour tout le monde x) voilaaa.
Bon par contre, je vais peut être en décevoir certain(e)s, ce chapitre est un chapitre de transition (encore, oui je sais). J'amène petit à petit la suite des évènements, et pour tout avouer j'amorce l'intrigue principal de ma fic. D'ailleurs, si vous voulez chercher des indices, il y en a! ahah *sadisme incarné*
En contrepartie je réponds à votre demande: Aizen va faire son come-back \o/ *genre il était parti super loin...*
Les reviews anonymes:
Suki: La réponse arrive, la réponse arrive \o/ Voici le chapitre!
Trinity07: Et bien, c'est juste qu'on ne mélange pas les torchons et les serviettes, tu vouaa?
Pour Ichigo, c'est sûr que ne pas avoir sa peluche, ça va lui faire tout drôle (quoi "arrête avec ce surnom débile"?)
Lynn: Et bah voila le chapitre \o/ : oui il fallait bien que ces deux là arrêtent un jour de se faire la guerre. *regard appuyé vers Aizen*
Ce que peux bien penser Aizen d'Ichigo? Mhhh en dehors du fait qu'il n'est qu'un gamin qui l'ennuie? *air angélique* Je crois que je n'aborde pas la question dans ce chapitre... Désolé.
Sunny: Oh, un "petit nouveau"! En espérant te garder en haleine jusqu'à la fin!
Aizen? ne rien faire? ahah! En apparence seulement alors. ;D
SnL: Heu... Et bien, malheureusement à mes yeux Ichigo est un dominant pur. J'écris d'abord pour moi, et j'écris ce que j'aime. Donc, non, il restera gentiment à sa place :]
Mais si tu veux du Aizen x Ichigo, je ne peux que te conseiller de prendre la plume toi aussi ;]
Lu: Ouii \o/ enfin les deux commencent à tirer du même côté, il était temps hein?
Ichigo ricana, alors qu'il s'allongeait sur son lit, les bras en croix. Son regard se fixa sur le plafond blanc au dessus de lui. Il devina aussi ce qu'il aurait dit s'il savait que son foutu caractère et sa présence lui faisait défaut…
«Ça ne fait même pas vingt-quatre heures et je te manque déjà ? Que c'est mignon… »
Ou une autre phrase du même genre.
Il soupira et se glissa dans les draps en espérant trouver le sommeil plus rapidement que la veille. La fraicheur du tissu disparu progressivement au profit d'une chaleur bienfaisante. Il se laissa bercer par les légers bruits produits par l'horloge, réguliers, ainsi que par le vent qui rugissait férocement dehors et provoquait parfois un sifflement en faisant trembler les volets. Mais rien de bien méchant, ils auraient probablement du beau temps demain.
A son plus grand bonheur, il ne tarda pas à sombrer dans les bras de Morphée, pour un sommeil sans rêve. Il put ainsi récupérer au passage de sa mauvaise nuit précédente.
Livre I – Un simple jeu
Chapitre 10
C'est en se sentant secoué qu'il rouvrit les yeux. Ce fut pour tomber nez à nez avec le visage de son esclave, ce qui lui fit faire un bond magistral dans son lit. Aizen se redressa après avoir constaté son réveil et il le relâcha. L'étudiant se passa une main sur le visage, avant de s'assoir et de s'étirer avec une grimace.
- Debout, Belle au bois dormant, l'accueillit le ton cynique de Sosuke.
- 'jour, se contenta de répondre platement Ichigo. J'adore toujours autant tes réveils.
- A ton service.
L'adolescent haussa les épaules et tourna la tête pour observer l'heure. Il pâlit lorsqu'il réalisa qu'il était déjà presque midi et pour cause : il n'avait pas vraiment l'habitude de dormir autant. Il se déplaça pour s'installer à genoux sur le matelas, aux côtés d'Aizen et il se laissa totalement aller contre ce dernier en poussant un soupir contrarié, sans se faire repousser.
- T'étais où hier… ? finit par lui demander le jeune homme, après que les souvenirs de la veille lui soit revenu. Je pensais que j'apercevrais au moins le bout de ton nez.
- Coincé avec les autres, comme je te l'ai dit hier. Enfermés, fit froidement l'esclave, avec le ton détaché qui le caractérisait. Je crois qu'on a été quelque peu… oubliés.
La voix d'Aizen semblait comporter maintenant une pointe d'amusement et Ichigo releva la tête, sceptique. Lorsqu'il réalisa que Sosuke était tout ce qu'il y avait de plus sérieux, il fit la moue mais ne dit rien. Le silence lui éviterait une nouvelle remarque sur sa prétendue naïveté. L'esclave dut deviner ses pensées car il se mit à rire doucement avant de poser sa main sur l'épaule à sa portée pour repousser l'adolescent. Sans chercher à lutter, l'étudiant se laissa choir sur le matelas, presque prêt à tirer les couvertures et à se rendormir. Et oublier ce qu'on venait de lui dire et les conséquences que cela impliquait.
- Tu as assez dormit Ichigo, le gronda Aizen. Dire que j'étais censé te chercher pour neuf heures.
- Si c'est ça, quelques minutes de plus ou de moins ne changeront pas grand-chose.
- Ce n'est pas ce que tu es censé me répondre, chantonna Sosuke.
Ichigo émit un grognement et donna un léger coup de pied dans le dos de son esclave en réponse. Pas assez puissant pour faire réellement mal, juste pour lui faire comprendre ce qu'il pouvait bien penser de toute cette histoire. Sosuke, en réponse, referma sa main sur sa cheville qu'il tira, arrachant à son maître un glapissement de surprise ainsi qu'un regard assassin. Résigné le jeune homme se leva, prit ses affaires et se dirigea vers la salle de bain. Sur le chemin il fut arrêté par un bruit fort reconnaissable, et il tourna la tête pour observer Aizen, allongé maintenant en travers de son lit et ayant posé une de ses mains sur son ventre. Il fixait le plafond comme indifférent.
Baissant légèrement la tête, l'étudiant murmura un « abruti» qui, heureusement pour lui, ne fut pas entendu. Tant pis pour la douche, il la prendrait ce soir avant d'aller se coucher. Il s'éclipsa quelques minutes, histoire de pouvoir se changer en paix (simple question de pudeur…) avant de revenir se planter devant Sosuke qu'il tira à sa suite sans autre forme de procès.
- Je n'ai pas besoin qu'on s'occupe de moi ! râla l'esclave alors qu'il se faisait entrainer dans les couloirs, sans que l'adolescent ne freine ni ne lui réponde.
Il ne fut lâcher qu'une fois arrivé aux cuisines où il observa le maître s'entretenir à mi-voix avec une des personnes présentes. Finalement la jeune femme lui faisant face hocha la tête et s'éloigna. Il ne resta plus pour Ichigo qu'à tirer une nouvelle fois Aizen jusqu'à une petite table dans un coin. Installés, quelques minutes suffirent avant qu'on ne vienne poser de la nourriture à côté d'eux.
- Pour un peu je croirais que tu le fais exprès, marmonna l'homme en fusillant littéralement les aliments du regard.
- Je ne mangerai jamais tout ça seul, Sosuke, répliqua le jeune homme, sans chercher la subtilité. Alors je compte sur toi pour me donner un coup de main.
- Tu peux garder ta pitié et ta nourriture Kurosaki, je n'y toucherai pas.
Ichigo soupira et se pinça le nez. Il aurait dû se douter que l'homme lui ferait des difficultés. La seule chose que consentit à toucher et ingurgiter Aizen fut de l'eau. Et malgré le concert que pouvait donner son estomac il refusait de lui donner satisfaction. Maudit soit son esclave et sa foutue fierté mal placée !
- Il ne s'agit pas de pitié ! Avale quelque chose, ordonna t-il en pointant la nourriture.
- C'est déjà fait.
- Autre que de l'eau ! s'exaspéra le jeune homme. C'est ça où je te jure que je te fais avaler quelque chose de force.
Sosuke ne céda pas bien sûr. Il reçut juste en réponse un regard hautain et une attitude parfaitement hostile comme pour le défier de s'y essayer. L'un comme l'autre savait que la violence n'était réellement utilisée qu'en dernier recours, Aizen avait donc toutes les raisons de croire que cette menace ne serait jamais mise en œuvre. Loin de se laisser impressionner Ichigo lui fit front, sans se rendre compte que les personnes des cuisines commençaient à jeter régulièrement des regards inquiets dans leur direction.
- A moins que tu ne préfères une autre méthode ? Fait « haaa» pour voir ?
Il eut un sourire mauvais en voyant l'incrédulité se peindre sur les traits du brun devant son audace, très vite remplacé par une colère sourde qui le fit serrer les poings. Il fit un effort admirable pour ne pas bouger et il croisa finalement les bras sur son torse pour bien lui faire comprendre qu'il ne toucherait à rien. Et le visage fermé fit bien comprendre au plus jeune qu'il venait d'atteindre les limites et qu'à vouloir bien faire, il venait de le braquer. Il repoussa son propre plat en marmonnant un « t'es pas drôle» boudeur. Le sourire d'Aizen se crispa quelque peu, mais en sentant un mouvement proche de lui, il se renfrogna. Grand bien lui en prit puisqu'une poignée de secondes plus tard, une jeune fille à l'opulente chevelure brune foncée passa à côté d'eux pour s'installer sans gêne à côté d'un Ichigo médusé.
- Pourquoi manges-tu ici ? C'est beaucoup mieux dans notre salle à manger, commença-t-elle d'un air ennuyé.
- Ça ne me dérange pas Miwa…
- Alors dépêches-toi, on t'attend tous pour le tir à l'arc. Enfin je ne te blâme pas tu sais, ce n'est pas de ta faute.
Ichigo eut une grimace mais préféra rester silencieux une nouvelle fois, alors qu'il rentrait légèrement la tête dans les épaules. Posant un coude sur la table, la jeune femme le regarda terminer son repas avec un léger sourire, ce qui acheva de le mettre mal à l'aise. La main de Miwa vint chaparder un aliment qu'il avait poussé vers Aizen, qu'elle commença à grignoter, apparemment décidée à l'attendre. Le jeune homme fronça les sourcils alors qu'elle recommença plusieurs fois. Sosuke le devança sans toutefois chercher à la stopper.
- Être si affamée qu'on en vient à jouer les piques assiettes, si ce n'est pas malheureux.
La phrase fut susurrée, formulée comme une remarque faite à soi, mais de manière à rester parfaitement audible pour Miwa. Les joues rougies par la colère et la vexation, la fiancée d'Uryû répondit par une gifle dont le bruit résonna dans toute la pièce avant de s'en aller, raide comme la justice. Aizen se passa une main sur la joue visée et soupira de plus belle avant de reprendre son habituelle attitude stoïque.
- Un jour tu vas vraiment t'attirer plus que des ennuis avec ce genre de remarque.
- Je ne crains rien ni personne, tu devrais le savoir depuis le temps…
- Je te vois ce soir ? finit par lui demander Ichigo, après un léger rire.
L'esclave le dévisagea un instant avant d'acquiescer. L'étudiant repoussa son assiette, n'ayant plus faim, avant de se lever pour quitter la pièce. Au passage il arrêta une nouvelle fois la femme travaillant là et lui demanda si elle pouvait apporter une tasse du meilleur thé qu'elle avait à son esclave. Avec un léger sourire elle acquiesça et Ichigo quitta enfin la salle pour rejoindre le reste des invités dans les jardins.
Il fut immédiatement rejoins par Orihime qui lui tendit un arc avec un léger sourire aux lèvres. Devant son air quelque peu confus elle se mit à rire et lui montra son propre arc et les mouvements qu'elle avait elle-même apprit quelques minutes plus tôt. Il l'imita sans grande conviction. Le tir à l'arc était, est, et sera toujours le domaine de prédilection des Quincy, pas le sien. C'était comme les armes à feu. Il en connaissait plus ou moins le fonctionnement mais, à l'instar de son père, préférait y aller aux poings et aux pieds si une confrontation venait à dégénérer. Enfin, ce n'est pas comme s'il était concerné pour le moment, il n'était que l'héritier.
L'activité de la journée débuta pour lui. Ce n'était pas vraiment une compétition, heureusement d'ailleurs. Ishida aurait explosé tous les autres à ce jeu là. Les clans se firent plutôt par niveau aujourd'hui. Orihime et lui restèrent ensemble, débutant tout deux. Et encore, Orihime se révéla meilleure que lui en précision. Elle fut la première à toucher le centre de la cible. De justesse certes, mais quand même.
Ichigo tira sa dernière flèche qui rata carrément la cible. Il se retourna et siffla de colère après avoir réalisé que son carquois était vide. Il sursauta en se retrouvant nez à nez avec un colosse, encore plus grand que Sosuke, dont les cheveux légèrement bouclés retombaient devant les yeux. Il ne semblait pas être plus vieux que lui pourtant. Sans un mot il lui tendit un nouveau carquois rempli et Ichigo s'en empara en le remerciant. Son vis-à-vis haussa un sourcil, avant de détourner la tête.
- Oh, bonjour Chad ! fit Orihime avec un sourire, et le dénommé Chad hocha la tête en réponse.
- Tu le connais, Inoue ?
- Oui, c'est l'esclave d'Ishida. Je l'ai vu quand je suis arrivée, c'est lui qui a transporté mes affaires dans ma chambre.
- Supporter Ishida tous les jours, c'est un exploit.
Ichigo partit à rire, sous l'air faussement outré de son amie d'enfance et celui, interloqué, de l'autre garçon. Un éclat de voix attira leur attention et en se tournant, le jeune homme put voir Miwa et son amie visiblement en train de s'énerver contre Aizen. Qui venait probablement tout juste d'arriver d'ailleurs. Et qui montrait visiblement qu'il s'en moquait et que les deux jeunes femmes étaient en train de l'ennuyer plutôt qu'autre chose.
Mais c'était quoi, cette mode de vouloir à tout prix mater Sosuke ? Parce qu'il n'y avait vraiment pas d'autre terme pour désigner cet acharnement. Quand est-ce qu'ils comprendraient que c'était inutile : même lui et son caractère aussi borné que celui de l'esclave n'y arrivait pas. De nouveau agacé, il s'empara d'une nouvelle flèche et tira sans vraiment viser. A son grand dam, la pointe vint se planter au cœur de la cible. Un gros coup de chance.
- Tu n'interviens pas ? finit par demander timidement Orihime, en lui désignant l'endroit de la dispute.
- Si je le fais, Sosuke va m'en vouloir, grogna l'étudiant. Je surveille juste au cas où. Et je m'énerve si besoin pour le protéger.
- Tu… ne le reprends pas ?
Le maître se tourna vers Chad, resté en retrait, aussi étonné par son attitude que lui par sa question. Il haussa un sourcil, se gratta la joue et sembla se demander si l'esclave en face de lui était sérieux ou non. Il finit hausser les épaules.
- Je ne vois pas pourquoi je le ferais. S'ils lui foutaient la paix plutôt que de s'acharner…
Perplexe, l'esclave baissa légèrement la tête et Ichigo banda à nouveau son arc pour tirer. Devant ses résultats bien trop médiocres à son goût il laissa tomber et tendit son arc à Chad avec une moue ennuyée alors qu'Orihime tentait à son tour sa chance.
- Tu veux essayer ?
- Non Je… je ne suis là que pour apporter les flèches et vous servir.
- Allez, c'est moi qui te le demande, c'est comme si tu me servais non ?
- C'est jouer sur les mots, Kurosaki-kun, souffla Inoue en tournant la tête vers lui. Ichigo eut un sourire, identique à celui de son amie d'enfance.
- Je crois que Sosuke déteint trop sur moi.
Chad eut un moment d'hésitation, et Ichigo le vit tourner légèrement la tête vers son maître, occupé à discuter avec sa fiancée. Finalement il tendit la main pour s'emparer de l'arc et les deux jeunes gens se poussèrent pour lui laisser la place. Avec précaution il mit le projectile en place et prit le temps de viser. Sa flèche rejoignit celle d'Ichigo au centre de la cible et le tireur rendit l'arc au maître, avant de se reculer. N'ayant plus vraiment l'activité en tête, Ichigo et Orihime se mirent à papoter avec Chad, qui, bien que silencieux au début, finit par participer plus ou moins.
L'étudiant en médecine se risqua à aborder le sujet quelque peu délicat d'Uryû. Après coup il aurait dût se douter que c'était une mauvaise idée. La vision de son ami était radicalement différente de la sienne. Ils apprirent le vrai prénom de Chad, que le Quincy n'avait pas conservé car ne l'aimant pas, tout comme l'esclave leur avoua, presque gêné, qu'il était plus vu comme un objet utile que comme un être humain. Ils préfèrèrent carrément parler d'autre chose lorsque le colosse avoua finalement à demi mot qu'il était parfois l'amant d'Ishida. Et qu'Uryû n'était pas… un amant des plus attentionnés.
Orihime en perdit quelque peu sa joie habituelle et son sourire. Chose qui ne lui ressemblait pas, elle s'enferma dans un mutisme lourd de signification. Ichigo aurait volontiers adopté la même réaction s'il n'avait pas compris que Chad s'en voulait désormais d'avoir autant parlé et regrettait d'avoir ainsi plombé l'ambiance. Le jeune homme était en train de le rassurer lorsqu'il fut interrompu par l'arrivé du Quincy, justement, qui n'avait pas l'air ravi.
- Kurosaki, ton esclave est vraiment insupportable.
- Sans rire ? ironisa le maître. Si vous le laissiez tranquille, il ne vous ennuierez pas.
- J'espère sérieusement que tu vas sévir, fit Uryû, ignorant le reproche à peine voilé.
- Et pendant que j'y suis, la cuisinière m'a dit que tu l'avais privé de repas pour son insolence, j'ai donc fais lever cet ordre.
Le Quincy claqua sa langue contre son palais, visiblement peu content d'apprendre ça. Il croisa les bras en se renfrognant. Ichigo, loin de se laisser démonter par l'attitude hostile de son hôte, fronça les sourcils, refusant de céder.
- Avec une attitude pareille, pas étonnant que ton esclave se comporte aussi mal.
- Il se comporte très bien, simplement il aime avoir la paix et je le comprends. Râla le jeune homme. A l'avenir, si tu as un problème avec lui, viens me voir, renvoie le vers moi. Je le gérerai.
- Si tu ne veux pas que j'intervienne auprès de ton esclave, alors s'il te plait, ne perturbe pas le mien, répliqua froidement Uryû.
- Les garçons, je vous en prie…
Orihime s'interposa entre les deux étudiants, posant ses mains sur leurs torses pour éviter que la confrontation ne dégénère. Uryû finit par hausser les épaules et remonta ses lunettes sur son nez avant de se détourner, royal.
- Chad, récupère le matériel et range le. Dépêche-toi.
Et le Quincy s'éloigna d'un pas rapide. L'esclave s'inclina devant les deux adolescents, reprit les arcs et ramassa les carquois avant de s'éloigner en vitesse, enfermé de nouveau dans son silence. Ichigo serra les poings mais se reprit bien vite, ne tenant pas à faire subir le contrecoup de cette altercation à son amie d'enfance. D'un commun accord et en silence, ils rentrèrent avec les autres invités dans la bâtisse. Le jeune homme nota vaguement qu'Aizen avait une nouvelle fois disparu, probablement à la recherche de cette fameuse paix.
La soirée fut relativement calme, même si Ichigo fit en sorte de se retirer le plus vite possible, laissant les autres personnes à leurs discussions. Il rejoignait sa chambre lorsqu'il entendit derrière lui des pas précipités avant qu'Orihime ne le rejoigne, légèrement essoufflée. Inquiète pour lui, elle voulait s'assurer que tout allait bien malgré la scène de l'après midi. Ils restèrent un moment à discuter au beau milieu du couloir des chambres. La jeune fille ne le quitta qu'après une brève étreinte, peu convaincue quand Ichigo lui assura que ce n'était rien et qu'il aurait probablement tout oublié le lendemain. Mais elle le savait aussi têtu et trop enclin à garder ses ennuis pour lui. Elle ne pourrait qu'être là pour le soutenir, quand il irait moins bien et aurait besoin de vider son sac.
Une fois au calme, dans sa chambre, l'adolescent soupira, s'étira et attrapa ses affaires pour prendre une bonne douche bien méritée. Il prit le temps de laisser l'eau chaude détendre ses muscles et le faire penser à autre chose avant de se résigner à se laver et à retourner dans l'autre pièce. Habillé d'un simple pantalon et la serviette placée autour du cou, il s'installa devant la fenêtre de la chambre. La main posée sur le carreau froid, son regard balaya le paysage obscurci par la tombée de la nuit. Il sursauta en sentant quelqu'un se positionner dans son dos, et une main venir par-dessus la sienne.
- Tu as l'air perdu dans tes pensées.
- Mh. Je repense simplement à tout à l'heure… Je n'aurais jamais cru qu'un de mes amis puisse…
Il fronça les sourcils, se retournant pour face à Sosuke. Ce dernier portait encore une légère trace rouge sur la joue. Miwa avait vraiment du s'acharner sur lui cet après midi. Il leva la main et vint caresser la pommette violentée du bout des doigts. Le regard noisette suivit ses mouvements mais l'adulte ne tenta pas de se dérober. Il ne lui fit pas de remarque non plus. Finalement la main d'Ichigo retomba toute seule et celui-ci baissa légèrement la tête.
- Non, je dois arrêter de me voiler la face. Bien sûr que je le savais depuis le début…
Il ne vit pas tout de suite le sourire franchement amusé qui se dessina sur le visage d'Aizen. Il finit par secouer la tête pour chasser ses pensées du moment et fronça les sourcils en relevant le nez vers son vis-à-vis. Changement de sujet.
- J'ose espérer que tu as avalé quelque chose avant de venir ici, fit-il froidement, avant de rajouter. Autre que du liquide j'entends.
- Quel air terrifiant…
- Sosuke !
- J'ai dîné, comme tout le monde.
- Tu ne pouvais pas commencer par là ?
Le brun haussa les épaules et quitta sa position pour aller s'assoir sur le lit alors qu'Ichigo restait prés de la fenêtre. Le silence retomba entre les deux hommes pendant une poignée de secondes avant que le plus jeune ne reprenne la parole. Il n'avait pas demandé à l'esclave de venir pour ne rien faire après tout…
- J'aurais cru que tu serais resté dans ton coin cet après midi.
- C'est ce qui était prévu oui. Mais on est venu me trainer de force car une certaine demoiselle a apparemment exigée que je sois celui qui la serve, expliqua Aizen avec une moue dédaigneuse. Autant te dire qu'elle est allée chercher ses flèches comme la grande fille qu'elle est.
- Ce qui explique pourquoi ils étaient tous énervés.
Ichigo éclata de rire à cette réponse, même s'il avait déjà compris plus ou moins ce qui avait pu se passer lorsqu'il avait entendu les cris de la dite demoiselle. L'esclave secoua la tête, coupant son maître en plein élan.
- En réalité… non, pas tout à fait. J'ai eu droit à une seconde gifle quand j'ai coupé son flot d'éloges à ton encontre.
- Hein ?
- Elle a passé l'après midi à t'encenser. Sosuke toussota, avant de faire monter sa voix d'un cran, en une grossière imitation. « Tu te rends comptes Etsuko, c'est l'héritier de la grande famille Kurosaki. Ichigo est si fort, si beau, si intelligent. » Il s'arrêta, sourit de la grimace ouvertement dégouté de l'adolescent. Tu comprends que je ne pouvais pas être d'accord avec ça, j'ai du lui apprendre la triste vérité.
- Briser les illusions d'une jeune fille, ce que tu peux être cruel.
- Je sais, elle n'a pas supporté.
Ils passèrent ainsi la soirée à discuter, Ichigo appréciant que, pour une fois, ça ne vire pas à une de leurs éternelles disputes. L'esclave ne le quitta qu'une bonne heure plus tard pour retourner à sa propre « chambre ». De bien meilleure humeur qu'auparavant, il s'allongea. Au loin, il lui sembla entendre comme une sorte de grondement. Il ne serait pas étonnant que demain le ciel ne soit pas aussi clément qu'aujourd'hui. A raison. Le lendemain il y avait une tempête de neige.
Sosuke vint le réveiller un peu plus tôt que la veille, et à la vue du temps déplorable qui s'offrait aux humains, Ishida proposa de passer leur journée dans une piscine couverte, idée qui fut adoptée à l'unanimité. C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent tous en maillot de bain… enfin, à quelque exception prêt constata l'adolescent en jetant un regard vers Aizen qui s'était posé dans un coin et qui était encore intégralement habillé. Il avait tout de même obtenu qu'il ouvre sa chemise pour éviter d'avoir trop chaud à cause de la température de la piscine. L'homme était resté près de ses affaires et celles d'Orihime. Les bras croisés et les yeux fermés, il ne tarda pas à somnoler. Chad n'était pas très loin, mais il doutait qu'il dérange l'adulte.
C'est lui, qui avait dû batailler, et pas seulement pour garder la tête en dehors de l'eau lorsque Seijuro et Zephiel décidèrent qu'il était marrant de le couler. Il s'en était débarrassé après avoir placé un bon coup de poing dans le ventre d'un de ses deux agresseurs, alors qu'il se débattait pour remonter à la surface. Eliandre se fit un plaisir de lui venir en renfort pour la suite, après avoir arrêté de faire la cour à une Inoue, qui semblait mal à l'aise.
Ichigo resta avec cette dernière tout le reste de la matinée. Orihime… Si ces amis ne l'avaient pas aiguillé, il n'aurait probablement jamais compris ce qu'elle pouvait ressentir à son égard. Mais ce n'était pas réciproque, et il avait tenu à mettre les choses à plat avec elle. La jeune fille avait perdu sa bonne humeur pendant quelques jours, accusant probablement le coup, mais était finalement revenu vers lui avec le sourire, reconnaissante de sa sincérité. Il n'aurait pas supporté de la perdre à cause de ça de toute façon.
Miwa par contre, c'était une autre affaire. Parce que la jeune femme n'était pas franche avec lui. Elle se contentait de sous entendus à tout bout de champ. Ce qui faisait qu'il ne savait jamais sur quel pied danser. Il n'aurait probablement rien compris si Sosuke ne l'avait pas informé la veille de ses intentions à son égard, à savoir, se rapprocher de lui. Il avait déjà pensé à se réfugier derrière son fiancé. Mais Ishida semblait totalement indifférent. Miwa pourrait draguer ouvertement devant son nez qu'il ne relèverait pas. Après tout, Ishida lui-même s'intéressait à une autre et avait déjà un amant.
L'après-midi commença mal, puisqu'Uryû vint se plaindre, une nouvelle fois, du comportement de son esclave. Ichigo se contenta d'hausser les épaules pour toute réponse, laissant couler. Il n'avait pas envie de se disputer une nouvelle fois à ce sujet. Pour faire plaisir, il « réagit » en envoyant une grande gerbe d'eau sur Sosuke lorsqu'il passa prés de lui pour retourner à sa place première, après avoir été chercher il ne savait trop quoi. Il se serait attendu à ce que l'esclave lui jette un regard assassin, lui réponde d'une de ces phrases dont il avait le secret, mais rien. Il n'eut aucune réaction si ce n'est un « tch» agacé avant qu'il ne reprenne sa route. Miwa l'avait intercepté alors qu'il comptait sortir de l'eau pour comprendre ce qui n'allait pas. Parce que, chose étonnante, pour lui qui le connaissait maintenant bien, Aizen était mal à l'aise pour une raison qui lui était obscure.
Difficile de nager et de profiter de l'eau lorsque quelqu'un se pendait littéralement à votre cou en prenant pour excuse qu'elle ne savait pas nager, ou très mal. Ce qui était faux, il l'avait vu faire tout à l'heure. Mais elle en profitait au passage pour faire glisser ses mains sur son torse.
Il avait béni l'arrivé de la soirée, lorsqu'ils avaient tous quitté la piscine pour manger. Cette partie de la journée étant libre, la première chose qu'il avait faite fut de se réfugier dans sa chambre. A l'abris, dans la salle de bain, il se glissa sous la douche, qui lui permit de se débarrasser de cette odeur tenace de chlore.
Quand il sortit de la pièce, ce fut pour tomber nez à nez avec son esclave, allongé sur le lit et qui lui offrit un sourire goguenard.
- Tu t'es bien amusé ?
- Je te retourne la question. Tu n'as même pas réagi quand je t'ai éclaboussé.
- A force, j'ai fini par comprendre que c'était inutile avec toi.
L'adolescent s'avança et s'assit à son tour sur le lit, contre Aizen. Sa main vint repousser quelques mèches, et il vit l'homme prendre un air agacé, avant qu'il ne s'empare de son poignet pour le forcer à s'arrêter. Il eut un léger sourire en réponse.
- Je ne suis pas idiot. Il n'y a pas que ça je le sais.
- Ton ami m'a fait penser à mes anciens… propriétaires, finit par lui répondre l'esclave, après une légère hésitation. C'est tout.
- Et ils étaient comment ?
Il y eut un nouveau silence. Ichigo s'allongea à moitié sur l'esclave pour croiser ses bras sur le torse de celui-ci, curieux, attendant sa réponse. Peu ravi, Sosuke ne chercha cependant pas à le déloger. Il fit la moue et se détourna de son maître pour poser son regard sur le plafond blanc.
- Je n'ai pas envie d'en parler, fit-il, un sourire ironique venu étirer ses lèvres. Tes chastes oreilles ne sont pas encore prêtes à entendre ça.
- Tu te trompes. Je sais parfaitement ce que certains Maîtres peuvent faire subir à leurs esclaves… Et parfois à leur entourage, râla l'adolescent. C'est simplement… que je pensais savoir suffisamment bien m'entourer pour éviter de rencontrer ce genre de personne. Je me trompais.
- Si tu es si bien informé, alors pourquoi me poses-tu la question ?
- J'aimerai savoir pourquoi tu es ainsi. Et ce que tu as pu traverser. Tu représentes de toute évidence, ce à quoi j'ai tourné le dos depuis le début. Je ne veux plus fuir mais lutter. Mais foncer tête baissée ne sert pas à grand-chose, pas vrai ?
Sosuke tourna la tête, de manière à pouvoir l'observer. Le regard noisette affronta celui ambre. Ichigo refusa de céder et de briser cet échange, même lorsqu'Aizen se redressa sur les coudes, l'obligeant à modifier légèrement sa propre position.
- Intéressant. Mais tu veux lutter contre quoi exactement ? C'est bien beau d'aboyer, mais il faut également savoir mordre.
- Contre la notion même d'esclave et de maitre, fit le jeune homme, ce qui lui valut un rire amusé.
- Tu parles donc de t'élever contre une société entière. Tu es suicidaire ou juste imbécile ?
- Je suis certain qu'on peut faire changer la mentalité des gens !
Il reçut un léger coup sur le nez, le forçant à se reculer avec un grognement de déplaisir et de douleur mélangée. Sosuke en profita pour se libérer totalement de l'étreinte et il se releva. Pour lui c'était l'heure. Il s'arrêta néanmoins à la porte, avant de la franchir.
- En disant aux gens que ce qu'ils font est mal ? Au mieux on te rira au nez, au pire on te prendra pour un fou. Et dans tous les cas tu ne réussiras qu'à décrédibiliser ta famille. Et crois moi, elle n'a pas besoin que son fils héritier tire dans ses propres genoux.
- Mais…
- Tu es bien trop impulsif. Tu joues contre ton propre camp sans le savoir. Commence par apprendre à te modérer. Ensuite, je t'apprendrai à attaquer.
Ichigo resta coi alors que son esclave disparaissait sans un bruit. Il resta ainsi un moment immobile, à cogiter ce qui venait de lui être dit. Il ne trouva le sommeil que tard dans la nuit et avec énormément de difficultés.
Et voila!
Ichigo de nouveau, dois faire face à sa vision quelque peu décalée face à la "norme"
Merci de m'avoir lu!
Rendez vous pour le prochain chapitre!
