Salut Roselia001 et Helado - Hime ! Merci !

Je suis honorée que ta première review soit pour moi Lawys. Merci d'avoir pris la peine de m'en laisser une, ça fait toujours plaisir :) C'est vrai que c'est facile de partir en cacahuète quand on écrit une fic à la manière d'un journal intime... Je continuerai à faire au mieux pour éviter ça ! Et comme dit, de mon point de vue, jamais les Poufsouffles n'ont été aussi mal traités que lors du règne de Voldemort.


Les arts de l'esprit

Lundi 2 janvier 1978 : dans la salle commune de Poufsouffle

Greg revient ce soir. J'ai hâte de le revoir, même si j'aurais bien aimé que ces vacances se prolongent encore un peu. C'était sympa de traîner plus souvent avec les Maraudeurs. Je n'ai même plus envie d'essayer de m'éloigner. Et tu sais quoi Journal ? J'emmerde les gens. Pourquoi leur jalousie devrait –elle m'empêcher d'être leur amie ?

La neige a fondu, c'est dommage.

*Dans la Grande Salle à côté de Greg*

Je suis trop contente de le voir. Qu'il parte me rappelle toujours à quel point je l'adore. L'avoir à côté de moi, c'est une sorte de bouffée d'air frai. Son séjour s'est bien passé. Quand il est descendu du train, je lui ai sauté dessus sans pouvoir résister.

Voir à nouveau la Grande Salle pleine à craquer me donne une sensation bizarre. Comme si une page se tournait. Ça doit être mon imagination. Demain, c'est la reprise des cours.

Lundi 9 janvier 1978 : quelque part dans un couloir après le cours de Sortilège

Aujourd'hui comme tous les lundis on avait cours de Sortilège avec les Gryffondor. Comme d'habitude, j'ai fait équipe avec Lily. Mais j'ai quand même réussi à produire une explosion qui a mis la salle sans dessus dessous. J'ai apparemment mal prononcé la formule que nous étions en train de travailler. Et comme c'était notre dernier cours de la journée, Flitwick a dit a tout le monde de laisser la classe en bordel que je puisse réparer moi-même mes erreurs. Ce nabot famélique est vraiment méchant.

Il n'est même pas resté pour s'assurer que je le faisais. Mais c'est pas comme si j'allais me casser l'air de rien: il sait que c'est moi, s'en rappellera et au final j'aurai fini collée si je m'étais barrée sans m'exécuter. J'étais en train de remettre les bureaux droits avant de m'attaquer aux traces de brûlures qu'il a expressément demandé que j'enlève lorsqu'une voix m'a fait sursauter :

- Un peu d'aide ?

Le pupitre est tombé au sol et s'est cassé. Bravo, magnifique. Me tournant vers Sirius, que j'avais bien entendu reconnu à la voix, je lui ai jeté un regard incendiaire.

- Tu étais obligé de me surprendre ? ai –je grondé, menaçante. Comme si j'avais déjà pas assez à faire !

- Vu les dégâts, tu en as pour une bonne heure. Un bureau cassé en plus où en moins, quelle différence ? C'était une sacré belle explosion d'ailleurs, félicitations. Je n'aurais pas fait mieux même si je l'avais voulu.

- Ha ha, ai –je dit sans la moindre trace d'humour dans la voix. Qu'est ce que tu fais encore là?

- J'ai plus de scrupules que les autres, alors j'ai décidé de t'aider un peu.

- Et le prof ?

- Il ne reviendra pas. Et si jamais il le fait quand même, il ne pourra rien dire. Il n'a jamais précisé qu'on ne pouvait pas t'aider.

Je ne suis pas stupide au point de refuser son aide. A deux, on irait par définition deux fois plus vite. Mais il nous a quand même bien fallu une demi-heure pour tout remettre en place. Il était en train de remettre les chaises debout et moi je refaisais la pile de grimoire sur lesquels se juche notre minuscule professeur quand je me suis arrêtée sur le titre de l'un d'eux. "Secrets de la Pensée Magique". Un titre accrocheur. Je l'ai posé sur le bureau pour regarder la table des matières. Elle était énorme, alors je n'ai lu que les trois gros titres : le premier était légilimancie, le deuxième occlumancie, le dernier Communication Silencieuse.

- Tu regardes quoi ?

- Ce livre a l'air super intéressant.

Il a soulevé la couverture pour en voir le titre puis ses yeux se sont mis à pétiller et un sourire a étiré ses lèvres. On aurait dit un gosse découvrant pour la première fois de sa vie Noël et ses cadeaux.

- Alors c'était là qu'il était ! s'est - il exclamé en jubilant.

- Quelque chose me dit que tu cherchais ce livre.

- Pas seulement moi. Il était dans la Réserve. Un jour il a disparu.

- Est-ce que je vais te demander ce que tu fabriquais dans la Réserve ? me suis-je demandée à voix haute.

- Les livres les plus intéressants se trouvent là bas.

Il a retourné l'imposant grimoire entre ses mains, l'air de se demander ce qu'il allait en faire. Je l'ai regardé réfléchir, parcourir la classe du regard, puis sourire à nouveau. Il a laissé tomber le bouquin sur le bureau pour se précipiter vers l'armoire vitrée qui se trouve dans un coin de la classe. La poussière qui s'est élevée dans l'air quand il l'a ouverte m'a apprise qu'il devait être le premier à le faire depuis des années. Je suis allée fermer la porte de la classe. Je sentais déjà qu'il allait faire un truc pas bien.

Il est revenu avec un livre de la même taille que celui qui l'intéressait et comme si c'était tout a fait normal, il a échangé les couvertures. Il a remit le bouquin à présent intitulé "Secrets de la Pensée Magique" dans la pile qui sert de promontoire au prof et a vidé son sac pour y entrer celui nouvellement renommé "Évolution des théories de la Magie Appliquée". Pour tout te dire, Journal, je ne comprends même pas le titre. Mais ça a l'air barbant au possible.

- Tu veux bien prendre mes affaires dans ton sac ? m'a demandé Sirius. On va chercher l'un des Maraudeurs et tu pourras les lui refiler. James va être fou de joie !

- C'est quoi au juste ce livre ?

- Une méthode détaillée pour apprendre la légilimancie, et l'occlumancie. Il faut maîtriser les bases des deux si on veut être capable de communiquer mentalement avec quelqu'un d'autre. Imagine, pouvoir parler avec quelqu'un sans avoir besoin de parler ?

- Oui, mais si j'ai bien tout compris, il faut que les deux personnes maîtrisent la technique pour que ça marche. Et si ce livre était dans la Réserve, c'est que ça doit être dangereux.

- Si peu ! Le jeu en vaut vraiment la chandelle. Vite, allons –y.

Je me suis donc retrouvée à le suivre tandis qu'il courrait presque dans les couloirs. Si avec ça on avait pas l'air suspect…

*Dans le lit de Greg*

Je n'ai pas raconté à Gregory ce que Sirius a fait. Je me demande si je dois le dénoncer où pas. Mais je ne pense pas que je vais le faire. Parce que, malgré tout, l'amitié et la confiance des Maraudeurs m'est précieuse. J'ai fini par me laisser entraîner dans leur folie. Misère.

Samedi 14 janvier 1978 : au petit déjeuné

Il est 10 h et je suis en train de manger seule. Greg a décidé d'aller au club de sortilège qui se tient durant le matin tous les samedis. J'ai assez vu le nain qui nous sert de professeur pour la semaine sans me le coltiner une matinée supplémentaire.

Quand je me suis installée, un oiseau en papier soigneusement réalisé s'est posé entre mon chocolat chaud et mon jus d'orange. Je me suis d'abord demandée si l'oiseau c'était trompé de destinataire. Mais en le prenant, j'ai vu mon nom écrit dessus. J'ai levé la tête pour savoir de qui il venait et j'ai croisé le regard de Remus qui m'observait. Il mangeait avec Peter. James était un peu plus loin en tête à tête avec Lily et il avait une expression exaspérante d'amoureux transit. Sirius manquait à l'appelle.

J'ai déplié l'oiseau. Il y avait marqué dessus "RDV dans les toilettes de Mimi Geignarde". J'ai immédiatement senti les ennuis arriver. Personne ne va là-bas à moins de vouloir préparer un sale coup en toute tranquillité. J'ai vu les Maraudeurs quitter leur table un à un. Je suis encore en train de me demander si je vais y aller où pas.

*Pause de midi, dans la Salle sur Demande*

D'aaaccord. Je n'ai pas résisté, j'y suis allée. Je n'avais rien de mieux à faire ce matin, de toute façon. J'étais nerveuse quand je me suis dirigée vers les toilettes de Mimi Geignarde. J'avais peur qu'on me suive. Quand je fais un truc que je sais que je ne devrais pas, j'ai tendance à devenir parano et à croire que tout le monde me regarde et me suis. Les 4 Maraudeurs étaient déjà là. James et Sirius, armés de boule de papier visaient Mimi Geignarde en rigolant. Ce fantôme n'est pas plus aimé que Peeves dans le château. Elle est aigrie, même si elle a l'apparence d'une gamine de 13 ans, et elle aime se moquer des élèves. Ceux –ci le lui rendent bien. Pour l'heure, elle était a mi-chemin entre la colère et la crise de larme.

- Ha ! Crystall, tu veux jouer aussi ? m'a demandé James en me voyant. 100 points si tu touches sa tête, 50 si tu touches son ventre.

Il a fallu qu'il me fasse une démonstration en jetant une boule de papier sur le fantôme qui n'a pas réussi à l'esquiver pour que je comprenne de quoi il parlait. J'en ai été ébahie. Et ils ont, semble t –il, l'habitude de jouer à ça. J'ai senti la colère monter en moi. Ces deux barbares s'en prennent à un fantôme qui ne peut rien faire et n'a jamais demandé à se trouver là !

Je me suis approchée des deux meilleurs amis, j'ai posé ma main droite sur la tête de James et la gauche sur celle de Sirius. Et je les ai fait se cogner brutalement l'un à l'autre. Ils ont été synchro dans leurs gestes pour s'attraper la tête et leurs gémissements de douleur. Je n'y suis pas allée de main morte.

- Non mais vous êtes débiles où quoi ? leur ai –je demandé. C'est un jeu cruel !

- Elle passe son temps à nous emmerder, a riposté James.

- C'est qui le plus adulte des deux ? Je suis sûre que c'est vous qui avez commencé ! Vous n'avez pas une tête à être innocent !

Mimi Geignarde ricanait en flottant dans les airs. Alors je me suis tournée vers elle et je l'ai pointée du doigt.

- Et toi ! Au lieu de rester là à esquiver les boules de papier pourquoi tu t'es pas barrée? Ils ne t'auraient pas poursuivie ! Tu as un cerveau, sert –en nom d'une gargouille !

La fantôme m'a regardée un moment, puis s'est mis à pousser de longs gémissements à réveiller les morts et s'en est allée en plongeant dans l'une des cuvettes des toilettes inutilisées.

- Tu viens de faire ta première rencontre avec Mimi Geignarde, on dirait, m'a dit Peter avec un sourire. Elle est tout le temps comme ça.

- Ça n'est pas une raison. Quelle idée de se retrouver ici ! Tu aurais pu trouver plus romantique comme endroit pour un premier rendez – vous, Remus !

Le concerné a souri à la blague, mais n'a pas eu le temps de répondre. Un bras s'est posé sur mes épaules et Sirius s'est penché pour me chuchoter à l'oreille :

- Si tu veux du romantisme, tu n'as qu'à me rejoindre ce soir. Je pourrais faire découvrir des choses stupéfiantes.

Encore cette voix sensuelle et pleine de sous entendu. Je lui ai enfoncé mon coude dans le ventre et je lui ai crié :

- Tu n'en as pas eu assez ? Il va falloir que je te frappe combien de fois, espèce de pervers?

J'aimerais bien dire qu'ils ont tous cru que j'avais rougi de colère. Mais je n'y crois pas moi-même.

- Qu'est ce qu'on va faire ? me suis –je enquise pour tenter de faire diversion tout en m'éloignant de Sirius qui avait l'air fier de son petit effet.

Quel crétin. Potter a montré le sac qu'il portait à la hanche. Il devait être lourd à en juger par la façon dont la bandoulière s'enfonçait dans son épaule. J'avais deviné ce qu'il y avait dans son sac avant même qu'il ne me le dise.

- Sirius m'a dit que c'est toi qui a retrouvé "Les Secrets de la Pensée Magique". Merci. Ça fait deux ans qu'on l'avait déniché et on désespérait de ne pas le retrouver. Comme tu es déjà au courant de toute façon, on s'est dit que ça t'intéresserait peut être d'acquérir les notions qu'il y a dans ce bouquin.

Je me souvenais encore nettement de quoi ça parlait et quel était le but final du livre. Pouvoir communiquer par la pensée avec tous les initiés. Il ne devait pas y en avoir tant que ça, mais c'était tentant comme proposition. On aurait dit le diable qui murmurait. Franchement, qui refuserait une telle occasion ? Pas moi.

En revanche, maintenant que j'y pense, je vois bien Lily refuser. Elle a assez de force pour ne pas céder aux tentations multiples qui s'offrent à elle. Je ne lui ai pas beaucoup parlé depuis qu'elle s'est mise à sortir avec James. Il la monopolise et elle vient moins à la bibliothèque.

- Ça marche pour moi, leur ai –je dit avec un soupire fataliste. On va faire ça où ?

- Rien de mieux que la Salle sur Demande quand on fait quelque chose qu'on veut garder secret.

- Je me doutais que vous la connaissiez aussi. C'est une cachette très pratique, je dois avouer, leur ai –je dit.

Ils ont paru déçus que je sois déjà au courant. Ça a cassé leur petit effet. Mais franchement, je m'en moque totalement. Je ne vais pas jouer les ignorantes pour leur petit plaisir. Ils se sont cependant vite repris. Sirius a sorti un vieux bout de parchemin de sa poche. Il a posé sa baguette dessus, et a marmonné quelques mots. Je n'étais pas à côté de lui, alors je n'ai pas entendu ce qu'il disait. Mais j'ai vu le parchemin se couvrir soudainement d'encre. Curieuse, je me suis approchée pour voir de quoi il s'agissait.

- Où est Rusard ? a demandé James en s'approchant aussi.

- Il est près de la bibliothèque.

- Et Miss Teigne ?

- Dans le hall.

- Les profs ?

- Il n'y en a aucun aux alentours de la salle.

- Parfais. On peut y aller alors.

- Oh ! Minute !

Ils étaient en train de parler comme si avoir un parchemin signalant la position de tout le monde dans le château était normale ! J'ai arraché le parchemin des mains de Siriuset je l'ai posé au sol pour le déplier entièrement. Une fois fait, je me suis redressée sur mes genoux pour regarder la carte dans son ensemble. Car il s'agissait bien d'une carte. Celle de Poudlard. On y trouvait les étages, les salles de classes, les salles communes, et toutes les autres pièces. Même les placards à balais. Elle était détaillée à l'extrême. Mais ça n'était pas le plus surprenant.

Associé à de petites étiquettes, on voyait des traces de pas se mouvoir dans ce château de papier. Et pour les fantômes aussi. Il m'a fallu un instant pour trouver les toilettes de Mimi Geignarde. Il y avait une étiquette avec mon nom, et quatre autres avec celles des Maraudeurs. Ébahie, je me suis tournée vers eux.

- Où avez-vous eu ça ?

- On ne l'a "eu" nulle part, a ricané James irradiant de fierté. On l'a faite nous même. Ce que tu as devant les yeux, c'est le résultat de 6 années de travail acharné. On l'a terminée cet été.

- Sérieusement ? Vous avez fait ça vous même ?

- Doit –on se vexer ?

- C'est de la magie extrêmement avancée, ai –je déclaré pour ma défense. De combien de sort avez-vous dû user pour arriver à un tel résultat ?

- Remus, tu t'en rappelle ?

- 105, je crois. Mais Sirius et toi avez jeté la plupart d'entre eux. Je me suis contenté de faire les recherches nécessaires, vu que vous êtes normalement interdits de bibliothèque.

- Plus maintenant. La nouvelle bibliothécaire n'est pas au courant qu'on en a été banni.

- Vous venez de me surprendre plus que je ne l'aurais jamais pensé venant de vous. C'est extraordinaire !

- James, Remus et moi sommes les meilleurs élèves de l'école ! s'est exclamé Sirius. Rien n'est hors de notre portée.

- Et personne n'a les chevilles plus enflées que vous non plus, leur ai –je rétorqué.

Mais il n'y avait pas de verve dans mon ton. J'étais encore trop occupée à scruter la carte et bouger les morceaux de parchemins qui avaient été ajoutés au fur et à mesure de l'élaboration de la carte, je suppose. Il m'a fallu encore une bonne minute pour revenir de ma surprise. J'ai alors replié le parchemin et je l'ai rendu à Sirius. Je pari que c'est comme ça qu'ils savaient que j'étais en haut de la tour à nouvel an. Mystère résolu.

Armés de leur carte, nous sommes allés jusque devant la Salle-Sur-Demande. Peter gardait toujours un œil dessus. C'est Remus qui a appelé la salle. En soit, il suffit de passer trois fois devant en pensant très fort à ce qu'on veut. Mais il faut parfois se montrer extrêmement précis, sinon la salle fait à sa guise. Quand on est entré à l'intérieur, on a disparu de leur carte. D'après eux c'est parce que la salle est incartable. A mon avis, ça tient plutôt du fait que la salle peut apparaître un peu partout dans le château et qu'ils n'ont pas trouvé le sort qui permettrait d'inclure cette propriété à leur carte.

- Alors, quel est le programme Remus ? a demandé James.

- Vous ne l'avez même pas lu ? me suis –je scandalisée.

- Si, Sirius et moi on a lu la troisième partie en détail. Mais sans les notions du début, ça ne sert à rien. Peter et Remus ont lu les deux premières parties.

Remus s'est occupé de la partie légilimancie. Expliquer le concept me prendrait trop de temps. Encore plus que de le comprendre. Franchement, je suis impressionnée que Remus, lui, ait réussi à tirer un truc à peu près compréhensible des centaines de pages qu'il y a sur le sujet. Je n'étais pas la seule à la ramasse. Peter l'était aussi. Mais ça n'est pas très flatteur. C'est un Poufsouffle oublié par le Choixpeau des Horreurs.

Nous avons commencé à nous entraîner pour arriver à projeter notre esprit et j'ai eu beaucoup de mal à ne pas éclater de rire en voyant les têtes constipées qu'avaient James et Sirius. Personnellement, je n'ai rien obtenu de plus qu'un mal de crâne terrible. C'est comme si quelqu'un se trouvait dans ma tête et enfonçait joyeusement des clous dans mon cerveau.

- Ça va ? m'a demandé James en s'accroupissant près de moi.

Peu avant midi, j'avais fini par m'asseoir et poser mon front contre le mur frais. Je n'en pouvais plus. Il fallait que je prenne une pause. Peut être que je fasse une petite sieste.

- Je suis la seule à avoir mal au crâne ?

- Non, moi aussi, a compati Peter.

Mais pas les trois autres. Je me suis sentie vraiment nulle. Qui ne complexerait pas à travailler avec les meilleures élèves de l'école ? Surtout moi, une pauvre Poufsouffle…

*En compagnie de Greg dans la salle commune*

Greg s'est inquiété pour moi en ne me voyant pas de toute la journée. Il n'a pas semblé rassuré en sachant que j'étais avec les Maraudeurs. Même si ça l'a fait sourire. Soit disant "parce qu'il est grand temps que je me fasse d'autres amis que lui". Je parie qu'en fait il va bientôt être jaloux.

Je n'ai rien récolté de mon après midi de "légilimancie" à part un mal de tête qui ne semble plus vouloir me lâcher.

Dimanche 22 janvier 1978: dans les tribunes du stade de Quidditch

Normalement, on aurait pas dû avoir ce match avant le mois de mars. Mais il y a eu un accrochage important entre Gryffonfor et Serpentard dont je ne sais pas grand-chose à part que c'était entre le groupe des futurs Mangemorts et les Maraudeurs entourés de quelques autres. Du coup, les deux capitaines ont fait un tapage dans le bureau des profs et chez Dumby pour avancer le match entre leur deux équipes. Ils ont l'air de penser que ça réglera tout et que le gagnant aura gain de cause. Si les hostilités retombent après ce match, je veux bien manger ma main gauche.

C'est certainement le match le plus acharné de tous. La rivalité entre les deux Maisons n'a jamais faibli depuis la création de Poudlard, et comme dit, c'est encore pire aujourd'hui. Ce qui fait qu'il y a toujours dans ces matches des coups bas très divertissants. Je n'aurais personnellement manquer ce match pour rien au monde, même si je n'aime pas particulièrement le Quidditch. Dès que l'une des équipes met un but, l'autre se débrouille pour faire de même. Ce qu'il fait qu'ils sont toujours au coude à coude. La victoire repose surtout sur les capacités des attrapeurs.

Maintenant que je sais que Regulus est le frère de Sirius, j'ai pris le temps de mieux l'observer en vol. Il a une technique fluide, mais qui ne peut rivaliser avec celle de James qui pourrait faire carrière dans l'équipe d'Angleterre sans problèmes, je pense.

Les Serpentards ont l'air de s'en foutre qu'ils aient trois Maisons de l'école contre eux. Si j'étais à leur place, ça me ferait un peu réfléchir. Mais on ne peut pas s'attendre à ça de leur part. Ils se croient tellement supérieurs !

*Sur le chemin pour revenir au château*

Les Gryffondors ont gagné ! Quelle satisfaction ! James a réalisé un mouvement spectaculaire pour avoir le vif d'or. Si tu l'avais vu fondre vers le sol et se redresser au dernier moment avant de voler la tête en bas, ses cheveux frôlant l'herbe ! Une seule erreur aurait pu lui être fatale ! Magnifique. Je suis allée brièvement le féliciter avant qu'ils n'entrent au vestiaire. Mais je n'étais qu'une fourmi dans la foule. James et Sirius m'ont a peine regardée, comme s'ils ne me connaissaient pas. Dur retour à la réalité. Un peu d'adrénaline, des supporters en délire et je n'existe déjà plus à leur yeux. Je me sens horriblement vexée. Et blessée. Ça fait mal. Ce sont tous des crétins. Moi la première.

Je ne me suis pas attardée. Je suis retournée parmi les miens. Poufsouffle un jour, Poufsouffle toujours. J'ai l'impression de me retrouver de l'autre côté d'une vitre que je ne pourrais jamais franchir pour aller les rejoindre. Alors que j'en ai envie. Depuis que j'ai commencé à les fréquenter j'ai changé. Je me suis mise à espérer. L'espoir. Le sentiment le plus dangereux. Peut être plus que l'amour. Je viens de tomber de plus haut que je ne le pensais.

On dirait que je suis une vieille dame amère et cynique. J'ai beau essayer de me dire qu'ils venaient de gagner et que c'était l'euphorie et que ça n'était pas voulu, ça ne me réconforte pas. Bah !

*Durant le déjeuner*

Tout à l'heure dans le hall, nous sommes passés devant les sabliers qui décomptent les points des différentes Maison pour la Coupe. Je n'ai pas été étonnée de voir que nous arrivons en quatrième place, comme d'ordinaire. Je crois que les Poufsouffles ont fini par se lasser d'essayer de gagner une compétition à laquelle ils n'ont même pas une mince possibilité de vaincre. Les trois autres sont à égalité à quelques points près. La compétition sera rude pour eux durant les prochains mois.

Greg vient de me donner un coup de coude et a désigné un truc en l'air. Levant la tête, j'ai vu un oiseau en papier voler vers moi avant de tournoyer autour de ma tête. Je l'ai attrapé par la queue. Il tenté de s'échapper, mais je ne l'ai pas lâché. Quelqu'un à écrit mon nom avec élégance dessus. Ça ne vient pas de Remus cette fois. Je l'ai ouvert. Il y avait simplement noté "Ça va ? Tu tire une tête de 20 pieds de long et du griffonne dans ton cahier comme si tu voulais que ton stylo passe à travers les pages" . J'ai jeté un regard vers la table des Gryffondors. Ça ne pouvait venir que de là bas. Sirius m'observait. J'ai montré l'oiseau et il a hoché la tête.

Je lui ai répondu que tout allait bien avant d'écrire son nom sur l'oiseau reconstitué. A côté de son écriture, la mienne semble brouillonne. Tant pis. J'ai soufflé sur les ailes de l'oiseau pour l'aider à prendre son envole. James l'a réceptionné avant qu'il n'atteigne son ami. Du coup, le binoclard m'a aussi jeté un coup d'œil interrogateur. J'ai haussé les épaules et je suis revenue à mon repas. Il faut que j'arrête de ressasser un truc contre lequel je ne peux rien. Surtout qu'il y a pas si longtemps que ça, tout ce que je voulais, c'était justement qu'ils fasse comme si je n'existais pas. Oui, à part ça je ne suis pas contradictoire.

Vendredi 27 janvier 1978 : dans la grande salle

Le match n'a absolument rien arrangé. C'est même encore pire. Les Gryffondors et les Serpentards ont presque tous leurs cours en commun et je n'ai jamais vu autant d'élève se retrouver à l'infirmerie au même moment dans ces deux maisons. Ils ont soudainement des cornes, des queues, des trompes, des oreilles, des dents qui surgissent de partout. Je sais de source sûre que James a été affublé d'une trompe pendant toute une journée parce que le sort qui l'avait touché avait été mal exécuté et qu'il est toujours plus compliqué de renverser une métamorphose ratée qu'une réussite.

Mais je ne suis pas allée le voir. Je suis passée en coup de vent m'enquérir de la santé de Remus vendredi dernier après sa transformation. Mais c'est à ça que se sont limités mes contact avec les Maraudeurs depuis dimanche. Quand je le veux, je suis très douée pour éviter des gens. En gros, je me suis terrée dans ma salle commune, prétendant que je n'étais pas là quand ils ont essayé de me chercher là bas. Les garçons ne peuvent pas monter dans les dortoirs des filles.

Maintenant que j'ai écri la date, ça me fait penser que l'anniversaire de Lily est dans trois jours. Je vais lui faire livrer le bouquin sur le mode de vies des êtres de l'eau que j'avais conseillé à James pour Noël mais qu'il n'a pas daigné prendre. Je ne sais pas ce qu'il lui a offert à la place, mais ça n'était pas un livre. J'espère qu'elle ne l'aura pas déjà.

*Dans une salle de classe*

Je me retrouve seule dans une salle qui n'a pas l'air d'avoir été utilisée depuis un moment après une entrevue avec Sirius Black. Moi qui me vantais de les avoir évité encore ce matin, me voilà servie.

Je ne m'y attendais pas du tout. J'étais en retard en cours cet après midi alors j'ai pris un raccourci. Il y a des tas d'escaliers dérobés. Je suis claustrophobe, alors j'évite de les emprunter en général, mais c'était pour la bonne cause. J'étais en train de courir en marmonnant des insultes quand on m'a soudainement attrapée par le poignet. Je l'avoue, j'ai crié de peur et de surprise. Un genre de "kyah" tout a fait ridicule. J'ai honte que ça soit sorti de ma bouche. Mais ce qui me tenait soudainement le poignet était invisible. J'avais le droit d'un peu flipper quand même. Soudainement, la tête se Sirius est apparue, flottant dans l'air. La cape d'invisibilité bien entendu. Quant à savoir comme il a su où je me trouvais, avec leur carte magique, pas de problèmes.

Il a ouvert de sa main libre la porte la plus proche et m'a fait entrer avant de refermer. Il a alors entièrement retiré la cape pour me faire face et me toiser de toute sa hauteur. C'est qu'il faisait presque peur le petit.

- Oui ? Qu'est ce qu'il y a ? Au cas où ça ne t'aurais pas traverser l'esprit, j'ai cours et je suis déjà bien en retard.

- Tu as histoire de la magie, alors que tu y sois où pas, ça n'a aucune importance. Tu vas poser tes fesses et tu vas m'écouter.

La seule chose que j'ai pu faire, c'est obéir. Je me suis assise sur le bureau du prof qui paraissait le moins sale de tous. Mes pieds pendaient dans le vide. Je l'ai scruté pendant un moment avant de dire :

- Je t'écoute.

- Pourquoi tu nous évite depuis le week – end dernier ? Tu n'es pas venue à la salle sur demande quand on t'a fait passer le message.

- J'étais occupée.

- Et dimanche, tu étais peut être occupée quand on a remporté le match ? Tu ne t'es même pas montrée, m'a t –il demandé en colère.

- Je suis venue vous féliciter, mais je n'étais rien de plus qu'un de vos supporters. Vous ne m'avez même pas vue, ai –je répondue amère et dégoûtée qu'il m'accuse d'un truc que je n'ai pas fait. Tu n'as qu'à t'en prendre à toi-même. Maintenant, si tu as fini de me faire part de ton indignation, je vais essayer d'aller en cours.

J'avais à peine entrouvert la porte qu'elle s'est refermée toute seule, m'échappant des mains. Un cliquetis caractéristique m'a appris qu'elle avait été fermée à clef. Même s'il n'y en avait pas dans la serrure : avec la magie pas besoin d'une clef pour verrouiller une salle où la déverrouiller. J'aurais d'ailleurs pu facilement inverser le sort. Mais je ne l'ai pas fait. Si je me barrais maintenant, Sirius où un autre Maraudeurs me chopperait à un moment où à un autre. Autant que ça soit maintenant sans aucun témoin, me suis –je dit. Il rangeait sa baguette dans sa manche quand je me suis tournée vers lui avant de m'adosser à la porte.

- Quoi encore ?

- En fait, tu nous fait la tête parce que tu es vexée qu'on ne t'ait pas remarquée dans la foule ? m'a t –il demandé en tapant dans le mille.

- Ai –je l'air aussi gamine que ça ? j'ai répliqué en comptant sur l'ironie pour cacher la vérité.

- Non, tu n'es pas une gamine. Mais je te vois parfaitement bien prendre la mouche pour ça.

J'ai ouvert la bouche pour protester. Je n'ai pas aimé qu'il devine si facilement pourquoi j'étais fâchée. Surtout que c'est stupide. Mais que je trouve ma réaction idiote ne m'a jamais empêché de l'éprouver quand même. Il m'a prise de vitesse.

- Je suis désolé qu'on ne t'ai pas remarquée, a t –il soupiré. Je te jure qu'on t'a cherchée dans la foule.

- J'en ai rien à faire.

- Allez. Il y a bien un truc qu'on pourrait faire pour que tu nous pardonnes ?

- Parce que vous voulez que je vous pardonne ? lui ai –je demandée à moitié étonnée, à moitié ironique.

- Bien sûr. Tu es notre amie. Et Lily passerait un savon à James qui nous engueulerait si soudainement tu disparaissais de notre groupe. C'est elle qui nous a fait remarquer que c'était certainement notre faute si tu faisais la gueule et qui nous a ordonné de réparer nos tords.

- J'ignorais que Lily faisait autant attention a moi, me suis-je étonnée avant de me dire que j'aurais mieux fait de me taire.

- Tu es son amie, bien entendu qu'elle fait attention à toi. Tu as du mal à saisir le concept d'ami où quoi ?

- Mon seul ami jusqu'à il y a peu, c'était Greg. Et il est de loin pas aussi compliqué que vous tous, ai –je riposté vertement.

- Ouais, j'avais deviné qu'il était plus accommodant que nous.

On est un moment restés silencieux puis j'ai soupiré vaincue. Je n'avais pas vraiment envie de leur faire la gueule. En vrai, je leur avais déjà pardonné. Et j'apprécie le fait qu'il soit venu m'en parler.

- Laisse tomber Sirius. Je me suis comportée comme une imbécile. Mais si vous tenez absolument à faire quelque chose pour moi, vous pourriez écraser les Serpentards lors de la coupe des 4 Maisons.

- Ça ne sera pas bien difficile.

- L'année dernière, ils ont gagnés.

- Un simple coup de bol. Tu viendras la prochaine fois qu'on ira s'entraîner dans la salle sur demande ?

- Ce truc fait horriblement mal au crâne. Je n'y arrive pas.

- On va passer à l'occlumancie. James a réussi la première partie. Un légimen suffit pour s'entraîner à l'occlumancie.

- Et toi ?

- J'en suis encore au stade où je me perds dans les souvenirs des autres.

- Remus ?

- Il va y arriver. Peter n'y est pas arrivé du tout, avant que tu me demandes.

Ça n'était pas une surprise. En même temps, j'ai senti une légèrement satisfaction quand il m'a dit ça. Ça aurait été un rude coup porté à ma fierté personnelle si Peter avait réussi et que j'avais été la seule à ne pas y être arrivée au final. Sirius a fini par s'en aller après m'avoir arraché la promesse que je viendrais lors de leur prochain entrainement. Comme il est trop tard pour que je me rende en cours, je vais aller à la bibliothèque et terminer mon devoir de botanique.

Samedi 28 janvier 1978 : club de sortilège

Voilà un moment que je n'étais pas venue ici. Gregory m'a convaincue que ça vaudrait mieux pour la sécurité de tout le monde si je m'entraînais avec mes incantations ici, sous la surveillance du Professeur Flitwick. Je veux bien admettre que mon dernier essai a mis le feu aux baldaquins de mon lit et qu'on a failli ne pas maîtriser l'incendie, mais de là à dire que je suis un danger public… Mais je l'ai quand même écouté.

Du coup, je me suis isolée dans un coin de la salle et je me suis assise en tailleur sur le meuble qui se trouve là. Le plus dur pour les incantations en dehors des phrases en runique qu'il faut connaître par cœur et savoir prononcer correctement si on ne veut pas obtenir un résultat autre que celui recherché, c'est d'arriver à exploiter notre magie intérieure sans le concours d'une baguette. Ces dernières puisent dans la magie du sorcier sans qu'on ne s'en rende compte (sauf si on utilise des sorts extrêmement puissants) et la module pour nous. Mais la plupart des sorciers ne lancent jamais de sort suffisamment puissant au cours de leur vie pour s'en rendre compte.

Je suis la seule de notre année à être arrivée à des résultats probant en incantation, bien que d'autres aient obtenu quelques résultats également. Le professeur Flitwick a dit qu'il s'agit d'une très vieille magie qui n'est plus d'actualité à cause de son manque de puissance et des baguettes qui permettent une meilleure précision. Ça ne tombe presque jamais aux ASPICs et apparemment seul Durmstrang, une école de magie slave, enseigne encore cette discipline comme option en 7ème année.

Mais le prof de sortilège a aussi dit que je semblais avoir quelques prédispositions et que c'était toujours intéressant de travailler les choses pour lesquels on est doués. Comme je n'ai pas beaucoup de talent, je l'ai écouté et j'ai continué à travailler après qu'on soit passé à un autre sujet en cours de sortilège.

Les incantations demandent une très grande concentration et une très grande maîtrise de soi. Comme je suis sujette à la colère, je me suis donc mise à la méditation sur un conseil du prof de sortilège. Et c'est peut-être une méthode archaïque, mais ça marche du tonnerre. J'aime la méditation. Ça me permet de m'isoler de l'extérieur et de tous les problèmes qui me traversent l'esprit. Quand je m'y mets, mes pensées tourbillonnent follement, mais au fur et à mesure que je me re-concentre sur moi-même et ma respiration, elles s'apaisent jusqu'à disparaître. Fermer les yeux aide beaucoup.

Plus je le fais souvent et plus il m'est facile d'entrer en méditation. Mais je ne maîtrise pas encore tout a fait la méthode. J'ai lu dans un bouquin qui traite du sujet que lorsqu'un sorcier réussit parfaitement sa méditation, il se met à flotter en l'air. Pas de beaucoup, mais il décolle quand même de quelques centimètres. C'est de là que viennent certaines histoires moldues.

En tailleur, les mains jointes dans le creux de mes jambes, je me suis lentement immergée dans cet état de concentration qui me donne l'impression de flotter entre deux mondes. Mon potentiel magique m'apparaît toujours comme une sphère brillant de l'intérieur et aux couleurs changeantes. Il n'y a jamais rien autours que du noir. J'ai l'impression d'entrer dans l'eau quand je la sollicite pour les incantations. Après des semaines d'entraînements intensif, j'arrive à présent m'y immerger en moins d'une minute. Au début, il me fallait les deux heures du cours de sortilège pour que ça marche. J'avais l'impression de devoir avancer dans une gelée compacte pour accéder à cette sphère contenant ma magie. Et cette gelée s'est de plus en plus fluidifiée jusqu'à disparaître. Mais si je ne m'entraîne pas pendant quelques jours, la gelée recommence à s'installer. Bizarre comme comparaison, mais extrêmement pertinente de mon point de vue.

Une fois que j'ai atteint le noyau de magie qui fait de moi une sorcière et que je suis entrée dedans, il faut que je rassemble mes idées et que je choisisse avec soin mes mots. On peut incanter en anglais où dans sa langue maternelle, mais ça marche mieux en runique. Apparemment, les consonances dures et rythmées des runes qui proviennent d'une langue extrêmement vieille, facilite l'action de la magie. Un peu à l'image des formules magiques utilisées avec les baguettes.

Heureusement que j'ai choisi les runes comme option en troisième année (même si j'avais longuement hésité avec l'arithmancie). Je suis donc assez calée pour voir une éventuelle erreur. Aujourd'hui, mon but était d'arriver à soulever mon livre de sortilège que j'ai posé sur le sol devant moi. C'est moins dangereux que le feu. J'ai commencé à murmurer les mots. Quand on incante, il faut répéter les phrases plusieurs fois pour qu'il se passe quelque chose. Une seule erreur de diction et il faut tout recommencer. C'est lent, laborieux et moins puissant que la magie des baguettes car il est difficile de solliciter soi-même sa magie,... Ce qui explique sans doute que plus personne ne prend la peine de l'apprendre.

Mais je m'embête quand même à le faire. Ça me donne la bête impression d'être un peu particulière et ça comble mon échec avec le sort de patronus que je suis à présent la seule de ma classe à ne pas arriver à faire. Une sorte de revanche. Et oui, ça m'est resté en travers de la gorge cette histoire de patronus.

Je ne suis pas encore tout a fait au point avec les incantations. J'ai bien réussi à soulever mon livre, mais j'ai aussi envoyé flotter tous les objets à proximité, dont ma baguette, mon sac, un vase, des fleurs et j'en passe. Quand j'ai ouvert les yeux pour regarder le résultat, ça m'a quelque peu déconcentré et tout est retombé dans un bruit épouvantable. Du coup, j'ai dû tout ranger. J'attends que Greg ait fini pour qu'on reparte ensemble. Cet essai m'a crevée.

Mais je suis contente.

Lundi 30 janvier 1978 : avant de faire mes devoirs

A midi, j'ai mangé à la table des Gryffondor avec Greg. Les Maraudeurs ont demandé aux elfes de maison de préparer un gâteau d'anniversaire pour Lily. On était certainement le groupe le plus bruyant de la grande salle. Mais comme on a donné une part de gâteau à Dumby, il nous a laissé faire autant de bruit qu'on voulait.

Lily a été couverte de cadeau et elle a apparemment aimé le mien. Elle en a même reçu un de Slugh qui l'adore.

Samedi 4 février 1978 : a la bibliothèque

Lily et moins travaillons depuis maintenant plus de trois heures sur une rédaction de potion avec comme sujet "Comment feriez vous pour préparer la potion nécessaire au bon fonctionnement d'une pensine?". Déjà, j'ignorais qu'il y avait une potion dans les pensines. Je n'en ai jamais vu fonctionner puisque celle de mes parents n'est jamais utilisée, mais c'est complètement plat, alors je vois mal une potion y tenir sans déborder. Mais d'un autre côté, les souvenirs doivent bien être dans quelque chose pour se conserver et permettre qu'on puisse les revoir.

Nous avons demandé un accès à la Réserve pour pouvoir accéder aux informations nécessaires. On trouve vraiment des livres horribles là bas, mais aussi d'autres qui ont l'air super. Sirius a raison en disant que les livres les plus intéressants se trouvent là bas même si certains d'entre eux n'auraient jamais dû se trouver dans une école.

Mais même avec l'aide des livres, mon cerveau peine à trouver quelque chose de cohérent. Lily et moi sommes très douées en la matière et si elle n'avait pas cette volonté d'y arriver, moi j'aurais abandonné il y a une bonne heure. Là, je suis arrivée à saturation alors je prends une petite pause bien méritée avec toi, Journal. C'est à se demander comment ceux qui ont créé cette potion ont eu la tortueuse idée de mélanger les ingrédients.

- J'ai trouvé une piste, m'a soudainement annoncé mon amie rousse.

Elle a passé ses mains tellement de fois dans ses cheveux qu'ils sont complètement désordonnés et ébouriffés. Encore pire que ceux de James. Elle réfléchit tellement intensément que c'est tout juste si de la fumée ne sort pas de ses oreilles.

- Je t'écoute.

- Si on ajoute du sang de licorne et qu'on laisse reposer à feu doux on pourrait obtenir une bonne base.

- Impossible si on part du fait qu'on a déjà mis dans notre liste quelques gouttes de sang de dragon. On risque de faire exploser Poudlard si on mélange les deux.

- Zut, j'avais oublié, gémit –elle en rayant un paragraphe entier. Et toi, ça donne quoi ?

- Notre début me chiffonne, lui ai -je avouée. La salive de sombral n'a rien à faire là.

- Ça permet de capter les choses invisibles. Et les feuilles de tentacula de les attraper pour qu'elles ne se perdent pas. C'est une bonne combinaison. Et je trouve que c'est justifié. On en a déjà discuté. Arrête de radoter et concentre toi plutôt sur la suite.

J'ai grimacé. Je ne suis quand même pas d'accord. Mais j'ai décidé de laisser tomber et de me concentrer sur la suite. Lily devient toujours un peu brusque lorsqu'elle cherche et ne trouve pas. Pour l'instant, nous savons juste qu'il faut aux alentours de 6 mois pour la préparer (ce qui élimine déjà certains ingrédients qui ont besoin d'un temps de latence plus long ou plus court, où ceux qui pourrissent même dans les potions, mais en rajoute d'autres), et qu'il faut qu'elle soit très épaisse. C'est-à-dire rien.

Quelques heures plus tard, alors que j'étais allongée sur le ventre sur les coussins et que je feuilletais sans grand espoir notre livre de potion de 7ème année, qui bien entendu ne contenait pas la recette, j'ai eu une idée de génie. Sautant sur mes pieds, je me suis étirée en disant :

- Tu comptes encore rester là ?

- Oui.

- Je peux te laisser mes affaires ?

- Tu dois aussi m'aider, hors de question que je sois la seule à réfléchir.

- Je vais réfléchir, me suis –je indignée. Je viens juste de me dire que ce serait plus facile si on voyait cette potion une fois finie et réussite.

- Et tu comptes aller où pour voir ça ?

- Dumbledore a une pensine. Je vais lui demander si je peux l'examiner. En revenant, je te ramènerais à manger. Il ne doit pas être loin de midi.

- D'accord, c'est une bonne idée, concéda t –elle. Mais dépêche toi, je commence à avoir faim.

Dumby a été très sympa en m'autorisant à examiner sa pensine. Il la conserve sur un promontoire en pierre sculptée qui est très chic. J'ai mis un doigt dans la potion et la sensation qui en est ressortie est vraiment bizarre. La potion semble très profonde alors que comme dit le récipient est plat et elle donne une impression de froid. Mais quand j'ai ressorti le doigt de la potion, il n'était pas mouillé. Même pas humide. Ça c'était curieux. J'ignorais jusque là qu'on pouvait faire ce genre de chose. On a l'impression que la potion était extrêmement compacte et qu'il suffirait de tendre la main pour la saisir.

J'ai aussi examiné la sorte d'assiette argentée dans laquelle repose le liquide. C'était en désespoir de cause. Et ça a été l'illumination. Voir le phœnix du professeur Dumbledore s'envoler en a été une autre. J'ai à peine remercié le directeur avant de me précipiter dehors.

J'étais tellement pressée de faire partager ma découverte à Lily que j'en ai presque oublié de passer par les cuisines. Tandis que je m'y dirigeais, je suis rentrée dans quelqu'un de plein fouet. C'était Remus. Si ça c'était de la pure coïncidence, je suis prête à me suicider en me donnant en pâture à un dragon. Il a reculé de quelques pas et m'a rattrapée avant que je ne me casse la figure.

- Salut ! lui ai –je dit. Je suis assez pressée là.

- On va à la salle sur demande ce soir après le repas.

- Ça marche, je viendrais.

Lily a trouvé que j'ai mis beaucoup de temps à faire l'aller-retour, mais en voyant les provisions que je ramenais, elle m'a pardonnée. Je lui ai révélé ce que j'avais découvert. Le récipient des pensines n'était pas fait en n'importe quelle matière, mais en kethril*. C'est un minerai extrêmement cher que seuls les gobelins savent travailler. Il faut des années de l'extraction à l'achat pour pouvoir en disposer. Il a de nombreuses propriétés. Et je suis sûre qu'il y a un ingrédient qui doit être issus du Phénix. Si cette potion n'est pas dans notre manuel de 7ème année, ça veut dire qu'on ne va pas la préparer. Il n'y a que trois raisons pour laquelle on ne prépare pas une potion : ou elle est trop dangereuse, ou elle est trop longue, ou les ingrédients coûtent la peau du cul. Et à mon avis, c'est la troisième option. On va devoir tout recommencer avec Lily, mais cette fois, on commencera correctement. D'ailleurs, elle vient de me jeter un regard noir qui signifie clairement que ma pause a duré assez longtemps.

*Dans mon lit*

Tout le monde dort déjà depuis longtemps. Il est minuit passé. Je n'avais jamais vu notre salle commune aussi tranquille et aussi sombre que quand je suis revenue. Même le feu de la cheminée était éteint. Il faut dire que je ne me suis jamais couchée aussi tard. Et c'était aussi la première fois que je sortais après le couvre feu dans les couloirs du château.

Quand j'ai rejoint les Maraudeurs dans la Salle sur Demande, je ne pensais pas qu'on y resterait aussi longtemps. J'avais dit à Greg que je ne pourrais peut -être pas passé la soirée avec lui comme on en a l'habitude et il l'a bien pris. Je suis contente que Greg ne soit pas malheureux d'être en dehors du secret. Il sait que je lui cache quelque chose, mais comme je ne cherche pas à le nier, ça lui suffit. Je l'adore.

Les Maraudeurs ont eu l'air étonnés que je sois entrée dans la salle alors qu'ils étaient déjà dedans et qu'aucun d'eux n'était venu m'ouvrir. Ils ne savaient pas qu'on pouvait entrer dans la Salle sur Demande si elle était déjà occupée. Il suffit juste de savoir à quoi elle est utilisée pour pouvoir y pénétrer quand même. Ça faisait du bien de savoir pour une fois quelque chose qu'ils ignoraient.

Je suis contente. Je ne serais jamais légiliman, mais l'occlumancie me parait beaucoup plus facile. Ça ressemble un peu à la méditation. James n'est pas encore au point en matière de légilimancie. Ça explique sans doute qu'il n'ait pas réussi à entrer dans ma tête malgré les barrières maladroites que j'ai dressées autours de mon esprit.

Il y a deux manières de protéger son esprit grâce à l'occlumancie. La première, la plus facile, c'est de se vider totalement l'esprit, de ne plus penser à rien. Si vous ne pensez à rien, on ne peut pas lire vos pensées. C'est aussi simple que ça. Mais en revanche, il suffit d'une seule pensée parasite pour qu'un légiliman de talent l'attrape et puisse s'infiltrer dans vos souvenirs les plus enfouis. La deuxième est plus difficile à mettre en œuvre, mais aussi bien plus solide. Il faut se servir d'un souvenir particulièrement fort et forger comme un mur autours de votre esprit. Le légiliman verra le souvenir en question, mais rien d'autre. Il aura beau tourner autours de votre esprit, il ne verra qu'un mur constitué du souvenir.

J'ai choisi la première technique parce que je doute d'avoir un souvenir assez fort pour faire un mur mental efficace. J'ai encore en tête mon lamentable échec du patronus. Les trois autres ont essayé avec le souvenir parce qu'ils pensaient ça plus facile, mais James malgré ses faibles compétences a réussi à entrer dans leur tête. J'ai donc été la seule à obtenir un résultat probant. Et j'en suis particulièrement fière. Un peu plus et je risque d'attraper une tête aussi grosse que celle des Gryffondor !

C'est un peu abstrait, mais une fois qu'on a saisi le concept de l'occlumancie, c'est beaucoup plus facile que la légilimancie. Je n'ai même pas eu mal à la tête. Je suis contente et je vais me coucher de bonne humeur. Je suis quand même crevée.

Mardi 14 février 1978 : en cours

La Saint Valentin est une fête stupide. Si on est vraiment amoureux, a t – on besoin d'une fête spécialement pour ça ? Je ne pense pas, même si je ne peux pas parler en connaissance de cause. C'est à mon avis juste un prétexte pour foutre les nerfs aux célibataires... "Tiens, ils ne sont pas en couple ? Alors on va créer un jour pour célébrer les couples". Bref.

Greg m'a offert une rose, comme tous les ans. Je suis soigneusement allée la mettre dans un vase près de mon lit.

Si quelqu'un d'autre m'avait offert une fleur, je lui aurai ri au nez dans le meilleur des cas et je la lui aurais fait bouffer dans le pire. Mais c'est Greg. Et je ne peux pas m'empêcher de trouver ça mignon à chaque fois. Oui, je suis d'une faiblesse affligeante quand il s'agit de lui.


* Ce mot n'est pas mon invention. Il vient d'un bouquin, mais je ne sais plus lequel.

A suivre...