Hé coucou tout le monde ! Voilà enfin le chapitre 10. Merlin, ça faisait un bail que j'avais pas réussi à atteindre la dizaine de chapitres sur une de mes fanfictions ... Pour fêter ça, je comptais vous demander quelque chose. Je voulais commencer à écrire des OS (de temps en temps et quand j'ai l'inspiration) en parallèle à cette fanfiction. Ils seraient basés sur un peu tout (l'avant-Poudlard, avant la cinquième année des personnages, des passages réécrits d'un autre point de vue, etc ...). Ça m'intéresserait de savoir si vous voulez que je les publie ou non ^^ Et aussi, dîtes-moi si il y a des personnages que vous aimeriez redécouvrir à travers ces OS. Je sais déjà que je mettrais en avant des moments forts des Maraudeurs (parce qu'en étant du point de vue de Gaby, je zappe forcément plein de choses sur eux à mon grand désespoir !), des petits moments entre James et Lily, Lily et Severus, etc ... Si il y a des relations que vous aimeriez aussi découvrir autrement, proposez ! J'avais en tête des OS sur la famille de Gaby, pourquoi pas sur les familles des Maraudeurs, sur comment les cinq Serdaigle sont devenus amis, etc ... Enfin bref, n'hésitez pas à reviewer le chapitre et aussi à me donner des idées de ce que vous aimeriez voir dans ces OS ^^ Bonne lecture !
PS : je compte essayer de publier régulièrement (toutes les deux à trois semaines, sûrement entre le lundi et le mercredi) mais ça ne sera sûrement pas très au point tant que ce foutu bac ne sera pas passé ...


Les aigles ne volent pas avec les pigeons

H-21.

Il est actuellement 17h et nous sommes toujours vendredi.

Mais plus important, je suis en train de me geler parce que-

« Oh, il est pas mal ce quatrième année là ! »

Je grognai et tournai la tête vers Cassy, jumelles vissées sur le bout de son nez. Elle était totalement absorbée par le jeu des Serpentard – à moins que, vu la façon dont elle se mordait la lèvre inférieure de temps à autre, ce ne soit par le corps musclé de certains joueurs, moulés dans leurs tenues d'entraînement. Oui, je m'étais faite embarquer dans cette mission d'espionnage ridicule en plein mois de janvier et nous étions à présent planquées sous les gradins.

« Cassy, je croyais que tu faisais une mission de reconnaissance pour connaître leur façon de jouer avant le match de demain, soupirai-je.
- Ouais mais mater les beaux garçons c'est bien aussi, avoua-t-elle avec une moue enfantine. Puis comme ça, je ne serai pas surprise et déstabilisée en voyant de beaux jeunes hommes sur le terrain demain. Oh, tu savais que Christopher Chace avait de superbes abdos ? »

Je levai les yeux au ciel et soufflai longuement avant de laisser tomber. Essayer de faire entendre raison à Cassy c'était un peu comme essayer d'empêcher les Gryffondor et les Serpentard de se faire la guerre : fatiguant et voué à l'échec. Alors autant économiser ma salive et mes forces. Puisque je semblais être coincée ici pour un bout de temps, autant mettre cette heure à profit. Je plongeai la main dans mon sac de cours et en sortis les notes dupliquées par Remus. Assise à même le plancher en bois, je commençai à me pencher sur le début de la leçon.

Rapidement, je fronçai les sourcils. Même si Remus m'avait dit qu'il avait dupliqué son cours avec un sortilège, il était clair qu'il avait rajouté tout un tas de petites annotations et conseils dans les marges pour m'aider. Je souris et me dis que je n'étais pas la seule à être aussi transparente dans mes mensonges. Il allait falloir que je le remercie pour ça. Mais la question était : comment ?


H-16.

Je ne cessai de triturer le parchemin que j'avais entre les mains, le dépliant et le repliant, le lisant et le relisant. C'était la lettre que j'avais envoyée à Charles hier soir, après l'annonce de son absence. Ma chouette venait de me la rapporter. J'avais été heureuse en la voyant arriver charger d'un courrier mais j'avais vite déchanté. Je lui avais demandé des explications, la raison de son départ au milieu des banalités que j'avais écrites. Tout ce que j'avais reçu, c'était un « Bonne chance à tes amis pour le match de samedi. A bientôt, prends soin de toi. ». Il n'avait même pas pris la peine de prendre un nouveau parchemin et avait écrit à la suite de mon courrier.

Je soupirai. Quelque chose n'allait décidément pas et il ne voulait pas me dire. Charles était incapable de me mentir, comme j'étais incapable de lui cacher quelque chose alors il fuyait et préférait éviter mes questions. Et ça ne me rassurait pas du tout.

« Qu'est-ce qu'il y a, Gabriella ? »

La voix douce et préoccupée de Nathan me tira de mes pensées. Je levai les yeux du parchemin pour découvrir qu'il avait laissé tomber son livre et qu'il était penché vers moi, l'air soucieux. La salle commune était presque vide, vu l'heure. Cassy et Theo étaient partis se coucher tôt, sous ordre de leur capitaine afin d'être pleinement reposés pour le match de demain et Gwen n'avait pas tardé à les rejoindre. J'étais restée avec Nathan pour bosser un peu plus mes Runes mais je n'avais pas eu la tête à m'y remettre après l'arrivée de la lettre.

« Rien d'important. » soupirai-je en me passant la main dans les cheveux.

Je me mis en quête d'un changement de sujet d'urgence en voyant qu'il s'apprêtait à rajouter quelque chose. Mes yeux tombèrent sur les notes de Remus qui jonchaient la tête basse nous séparant et je levai la tête vers mon meilleur ami.

« Comment on remercie quelqu'un ? » demandai-je précipitamment.

Nathan eut un mouvement de recul et fronça les sourcils, décontenancé par ma question.

« En disant « merci », je suppose ? se risqua-t-il, nous faisant rire.
- Non, je voulais dire, Remus m'a dupliqué ses notes mais … il semblerait qu'il y ait passé plus de temps que ce qu'il m'a dit et je ne sais pas quoi faire pour le remercier.
- Au risque de me répéter, pourquoi tu ne te contenterais pas d'un simple « merci » ? »

Les sourcils de mon ami se haussèrent une fois de plus alors qu'il affichait un grand sourire moqueur.

« Ce n'est pas comme si tu comptais lui offrir la lune pour ça, non ? me demanda-t-il et je secouai la tête de gauche à droite en signe de négation. Alors un « merci » suffira je pense.
- Certes. Mais c'est gênant. » avouai-je en faisant la moue.

Je me sentais gênée rien que d'y penser et ma tête fit éclater de rire Nathan.

« Arrête de te tracasser pour si peu. Personne ne va te manger même si tu es à croquer quand tu rougis comme ça. » avoua-t-il avec un sourire mutin.

Je lui jetai un regard noir avant de lui lancer mon coussin au visage, ce qui le fit rire. Je levai les yeux au ciel et souris à mon tour avant que nous nous levions d'un même mouvement. Il m'embrassa sur le front et je souris en me disant que c'était plus en guise de réconfort vis-à-vis de la lettre que pour simplement me souhaiter bonne nuit. Nous nous séparâmes et chacun monta dans son dortoir à pas de loup.


H-14.

D'après ma montre, il est minuit et visiblement, Cassy est en train de rêver de Quidditch vu la façon dont elle a l'air de gesticuler dans son lit et vu les jurons qui s'en échappent. Je soupirai. Pas facile de dormir dans ces conditions-là.


H-2.

Je me demande quel est le joueur qui va tomber dans les pommes en premier vu leurs teints cadavériques … Tyler fait un dernier briefing à son équipe alors qu'ils mangent tous, plus ou moins selon leur taux de stress. Au moins, ils mangent, c'est déjà ça. En face de moi, les Serpentard ont l'air plutôt confiant. Certains même ricanent en nous jetant des coups d'œil. Je grommelai avant d'enfourner une fourchette de purée de carottes dans ma bouche – d'après Nathan, ça rendrait aimable et j'en aurais bien besoin. Rira bien qui rira le dernier.


H-0.

« Bienvenue à tous pour le troisième match de l'année qui verra s'affronter Serpentard et Serdaigle ! » retentit la voix d'Adrian Mulciber magiquement amplifiée dans tout le stade.

Je reniflai dédaigneusement alors que la foule lui répondait avec enthousiasme et frénésie. Ça va, il ne mettait pas trop sa maison en avant en la citant en premier, hein. Qui a dit que les commentateurs étaient objectifs déjà ?

« Arrête de faire la tête. »

Je fis pivoter mon buste vers Nathan qui m'accueillit avec un grand sourire. Je pris le temps d'extirper mon visage de mon épaisse écharpe aux couleurs de Serdaigle avant de répliquer :

« Je ne fais pas la tête. Je me retiens d'aller faire avaler son micro à Mulciber. »

Nathan éclata de rire et je plongeai à nouveau le nez dans mon écharpe.

« Au moins il fait beau, c'est déjà ça. » fit remarquer Gwyneth assise de l'autre côté de Nathan.

Je levai les yeux au ciel. Bien qu'il soit couvert de nuages, la pluie n'avait pas l'air de nous menacer. Mais toujours est-il qu'il faisait froid et je croisai les bras sur ma poitrine. Les gradins où les supporteurs de Serdaigle s'étaient concentrés étaient remplis de bleu et de bronze. Nous formions une marée humaine aux couleurs de notre maison. Et ça, c'était ce que j'aimais le plus lors des matches de Quidditch : la solidarité. Gwen et moi-même avions réussi à dégoter deux sweats bleus où figurait le blason de Serdaigle sur la poitrine. Nous les avions empruntés à Dylan et Ryan Walter, deux sixième année.

Theo avait insisté pour nous peinturlurer le visage de bronze et de bleu afin de faire comme les guerriers moldus, et même Nathan n'avait pu y échapper. D'ailleurs, je devinais que Theo avait dû laisser son pot de peinture à disposition car beaucoup de supporteurs arboraient nos couleurs sur leurs joues.

Je souris et en tournant la tête vers la personne qui venait de s'asseoir à mes côtés, je frôlai l'arrêt cardiaque. Mes yeux manquèrent de sortir de leurs orbites et je portai la main à mon cœur en me retrouvant nez à nez avec une immense tête d'aigle qui me zieutait.

« Merlin ! Qu'est-ce que tu es toi au juste ?!
- Mais c'est moi, tu me reconnais pas ? » me demanda l'aigle en penchant la tête sur le côté.

L'inconnue enleva son immense masque d'aigle et me dévisagea avec ses grands yeux brillants d'excitation. J'expirai longuement, soulagée, et j'eus finalement un petit rire. Qui d'autre pour se permettre de telles fantaisies ?

Ivy Griffin. 5ème année. Serdaigle. Une case en moins et une touffe de cheveux encore plus impressionnante que celle de Gwen. Cette fille doit probablement être la seule blanche au monde à pouvoir se faire une coupe afro si elle le désirait.

« Je sens qu'on va gagner aujourd'hui ! »

Ah, elle aurait aussi des prédispositions en Divination. Enfin ça, c'est ce qu'elle essaye de nous faire croire depuis la première année. Elle a plutôt la faculté hors du commun de toujours prévoir l'inverse si vous voulez mon avis.

« Sympa ton déguisement Ivy, sourit Gwen, penchée devant Nathan.
- Merci, ça m'a demandé beaucoup de travail, tu sais ? minauda la concernée en contemplant avec fierté son affreuse tête d'aigle.
- Dis, ce sont de vraies plumes ? » demanda Nathan en haussant un sourcil, les yeux rivés sur la tête de piaf dans les mains d'Ivy.

Je reniflai. C'est vrai qu'en y regardant bien, il faisait carrément vrai son masque. Le simple fait d'imaginer qu'il s'agissait de réelles plumes d'oiseaux m'arracha une grimace de dégoût. Beurk ! Bonjour l'odeur !

« Oui. Je les ai récupérées à la volière et je les ai collées. Ingénieux, n'est-ce pas ? »

Ah, d'accord. Je n'avais pas besoin de jeter de coup d'œil à mes amis pour savoir que nous devions partager la même tête peu rassurée. Cette fille était timbrée.

« Vous voulez l'essayer ? » nous demanda-t-elle en nous tendant son œuvre d'art sûrement empreinte de déjections de chouettes lorsqu'on y pensait.

Nous déclinâmes l'invitation d'une même voix avec des petits sourires. Moi vivante, jamais je ne mettrai ma tête dans ce truc. Finalement, les yeux d'Ivy vagabondèrent jusqu'à ce qu'elle aperçoive un élève qui vendait des friandises et elle nous quitta en sautillant dans les gradins, remettant sa tête d'aigle, effrayant la plupart des élèves au passage.

« Gentille fille cette Ivy. » commenta Nathan d'une voix peu assurée et je ne pus qu'opiner.

Il fallait que les sièges à côté de moi se remplissent avant son retour. Hors de question que je supporte sa face d'aigle puant des déjections de chouette pendant tout le match. A tous les coups, elle allait même m'éborgner en se tournant vers moi avec son bec.

« Salut, on peut s'asseoir ? »

Halleluj- Merde ! Je crois que je préfèrerais qu'Ivy revienne, finalement ! Les quatre plus grands trouble-fêtes de l'histoire de Poudlard se tenaient devant moi, les mains dans les poches et tout sourire.

« Est-ce qu'on a seulement le choix ? fis-je remarquer en haussant un sourcil.
- Nope. Mais on voulait juste te montrer qu'on pouvait être polis quand on voulait. » expliqua Black avant de me faire un clin d'œil et de rire.

Je levai les yeux au ciel alors qu'ils prenaient place à nos côtés. Pourquoi est-ce qu'ils s'installaient avec nous d'abord ? J'allais devoir faire la fille sage !

« Joli maquillage, nous complimenta Potter en nous servant son sourire parfait et rieur habituel.
- Je vous conseille de ne pas trop la ramener si vous ne voulez pas qu'on vous dénonce, répliqua Gwen en riant.
- Nous dénoncer pour quoi ? demanda Pettigrow, surpris.
- Pour avoir l'audace de vous asseoir dans nos gradins sans porter nos couleurs. » énonçai-je avec un sourire victorieux et moqueur.

Immédiatement, ils baissèrent les yeux vers leurs tenues.

« On porte des jeans, contrattaqua Potter.
- C'est trop facile, ça ne compte pas ! répliqua Nathan.
- Ok, ok. On promet de garder ces deux-là à carreau, commença Lupin avec un sourire en montrant Potter et Black du pouce, si vous ne nous dénoncez pas à la brigade luttant pour l'honneur de Serdaigle. Deal ? »

Nous rîmes et acquiesçâmes alors que les deux idiots répliquaient qu'ils n'avaient pas besoin de nounou, faisant semblant d'être vexés. Les quatre Gryffondor partirent alors dans une conversation où chacun annonçait ses pronostiques avec ses arguments pour le match du jour. Nathan attira mon attention d'un petit coup de coude et je tournai la tête vers lui. Il m'indiqua Lupin d'un petit coup de menton et afficha un large de sourire. Je levai les yeux au ciel, amusée en me doutant qu'il faisait allusion à notre conversation de la veille.

« Pas maintenant ! » esquivai-je, le faisant à son tour lever les yeux avant de rire.

C'est alors que les joueurs de Serpentard firent enfin leur entrée sur le stade sous les acclamations de tout Poudlard. Nous nous levâmes pour applaudir notre équipe lorsqu'elle arriva à son tour et le coup d'envoi fut lancé quelques instants plus tard, après les présentations des joueurs par Mulciber.


« NON MAIS C'EST PAS POSSIBLE ! Y'A FAUTE LA, BORDEL ! QU'EST-CE QU'IL FAIT LE POURSUIVEUR AVEC UNE BATTE DANS LA MAIN ?! »

Non mais il fiche quoi l'arbitre ? Depuis quand on a le droit d'inverser les positions en plein match comme ça ? Moi, je soupçonne de la corruption !

Et j'allais le crier haut et fort quand le Cognard renvoyé par le Poursuiveur de Serpentard frappa violemment Cassy en plein dos, la faisant s'écraser contre l'un des gradins réservés aux professeurs avant qu'elle ne tombe au sol. Toute la tribune de Serdaigle eut un mouvement de recul commun en voyant la chute. Heureusement, elle avait l'air d'aller bien. Sûrement grâce à ses nouvelles protections, reçues pour Noël.

« Tu crois qu'elle va bien ? me souffla quand même Gwen qui s'était cachée les yeux à mes côtés, s'étirant le cou pour mieux voir et les mains crispées sur la rambarde.
- Mais oui, t'inquiète. Regarde, elle se relève déjà.
- Ah ... C'est elle qui gueule et qui se fait maintenir par les Poufsouffle en essayant de remonter sur son balai ?
- Ouaip ! »

Ça, c'est notre Cassy ! Pas peu fière de mon amie, je me reconcentrai sur le match. Justement, Theophilus passait devant nous.

« THEO, FAIS-LES PAYER CE QU'ILS ONT FAIT A TA COPINE ! »

Et la foule derrière qui répondit d'un grand « OUAIS ! », le poing levé au ciel. Bon, ce n'est pas comme si je venais de crier l'amour caché d'un de mes amis pour une autre mais bon ... Roh et puis zut ! Tout le monde le sait qu'ils en pincent l'un pour l'autre, ils ont juste du mal à se l'avouer, voilà tout. Et puis, personne ne m'a entendue au milieu de tout ce brouhaha. D'ailleurs, pas moins de cinq minutes plus tard, Theo envoya avec hargne un Cognard sur le Poursuiveur qui avait osé mettre Cassy au tapis. C'est qu'il en a des biceps le petit Theo, héhéhé ...

Et le peuple uni de Serdaigle qui acclama notre vengeur avant de commencer à scander : « GO SERDAIGLE ! GO SERDAIGLE ! GO SERDAIGLE ! ». C'était fou ce qu'on était synchro et plus solidaire que les Gryffondor parfois.

« Dis donc, j'avais jamais remarqué que vous étiez si bruyants, me fit remarquer Black dans un sifflement admiratif.
- Quoi ? Bruyants ? Nous ? Nooon, jamais ! » démentis-je.

Black n'eut pas le temps de rajouter quelque chose que notre capitaine, Tyler Keighley, marqua et nous nous remîmes tous à crier avec frénésie, penchés par-dessus les rambardes, tapant des pieds. Enfin, la seconde d'après, un Cognard frappé par Rosier atteignit Keighley dans les côtes et manqua de le désarçonner.

« Ah non ! lâcha Gwen.
- Du moment qu'ils épargnent son visage, commentai-je avec une moue d'approbation.
- Moi je veux bien me porter garante de ses soins. » acheva-t-elle avant de m'adresser un regard malicieux.

Derrière nous, j'entendis Nathan entamer la conversation avec Remus puisqu'ils étaient restés assis, plus réservés, à propos du fait que les sportifs ont plus de sex-appeal que les intellectuels comme eux avant d'expliquer que dans l'Antiquité, chez les Moldus, les gladiateurs combattaient nus et que les arènes étaient interdites aux femmes car trop violentes. Personnellement, ça ne me dérangerait pas de voir Tyler Keighley ou Adam Quincey se passer le Souafle, nus comme des vers sur leurs balais.

« AH ! Vivian Ellison a repéré le Vif d'or ! Et moi qui commençais à douter de son utilité dans la vie de tous les jours ! »

Ah, que serait un match de Quidditch sans les commentaires de ce cher Mulciber ? Vraiment, je pense qu'il vit un peu dangereusement et qu'il doit être sado-maso sur les bords. Un jour, il va se prendre un Cognard dans la face par un joueur énervé de ses remarques et faudra pas s'étonner ... Attendez, plus important, elle a repéré le Vif d'or ?! MAIS PLUS VITE BORDEL !

« VAS-Y VIVIAN ! hurla la foule serdaiglienne.
- Regulus Black le cher petit frère de ce traître de Sirius se lance à sa poursuite ! continua Mulciber, bien décidé à démonter tout le monde aujourd'hui.
- Hé ! Je nie tout lien avec ce gringalet ! » s'offusqua Black en riant.

Je fronçai les sourcils en détaillant Black à mes côtés, un peu surprise par sa réaction désinvolte. Si vous voulez mon avis, il prend tout ça avec un peu trop de légèreté pour que ça soit normal. Gwen se pencha par-dessus le balcon vers le Gryffondor :

« Je savais pas que ton frère était dans l'équipe Sirius !
- Moi non plus, s'amusa-t-il en suivant le match des yeux.
- Il n'est pas mauvais ! » fit remarquer Gwen.

Intriguée, je reportai mon attention sur les deux Attrapeurs qui évitaient adroitement Cognards et joueurs pour se rapprocher de la petite balle dorée. En effet, Regulus Black était sacrément agile et il se débrouillait bien pour un premier match. Il était même meilleur que l'attrapeur régulier de l'équipe de Serpentard d'après moi. J'avais entendu dire que ce dernier s'était blessé cette semaine en DCFM et que Pomfresh lui avait interdit de jouer aujourd'hui. Mais à mon avis, il ne risquait pas de remonter sur un balai pendant un match tant que le petit Black sera là.

« Ah ! Mais que vois-je ? Black - le cadet hein, pas le raté - se faufile jusqu'à Ellison !
- Oh non mais c'est pas juste ! C'est parce qu'il est petit et tout fin ça ! » râlai-je.

A mes côtés, j'entendis Black et Potter pouffer devant ma mauvaise foi. Quoi ? C'est pas ma faute si je suis mauvaise perdante et que je m'enflamme vite ...

« Et un nouveau but de Fletcher pour Serdaigle ! » annonça la voix de Mulciber alors que toute la foule était trop subjuguée par les deux Attrapeurs pour y faire attention.

Je jetai un coup d'œil au score : 80 à 60 pour Serpentard. Je grimaçai. Si on n'attrapait pas le Vif d'or, nous n'aurions plus aucune chance de remporter la coupe cette année. Le temps que je retrouve les deux Attrapeurs sur le terrain de Quidditch, la foule se mit à hurler et la voix de Mulciber résonna dans tout le stade :

« Black a attrapé le Vif d'or ! Serpentard l'emporte !
- Fais chier ! » ronchonnai-je en tapant du pied alors que les supporteurs vert et argent hurlaient à s'en arracher les poumons.

Gwen soupira à mes côtés.

« Envolés les espoirs de coupe, gémit-elle.
- Oh les mauvaises joueuses, relaxez, tenta de plaisanter Potter.
- Ça vous va bien de dire ça, vous savez pas ce que ça fait de perdre. » grognai-je en leur lançant un regard empreint d'une mauvaise foi évidente.

Prenant la Patacitrouille que me tendait Peter, grommelant un « merci » au passage, je la déchiquetai en deux d'un coup de dents rageur.

« Il va falloir aller supporter la mauvaise humeur de Cassy, soupira Gwen, les yeux dans le vague.
- Ouais. »

Je regardai les gradins en face se vider et en voyant les joueurs quitter le terrain, je me dis qu'il valait mieux descendre aller voir dans quel état étaient nos amis. Nathan et Remus s'étaient levés et nous avaient rejoints. Nous nous faufilâmes dans la foule pour regagner la terre ferme.

Alors que les élèves de Poudlard se dispersèrent dans le parc pour prendre la direction du château pour la plupart, nous nous dirigeâmes vers les vestiaires. Justement, Cassy entra dans notre champ de vision alors que nous étions à quelques mètres des vestiaires. Elle mettait des coups de pied rageurs dans l'air et semblait remontée, ce qui me tira un sourire amusé. D'ailleurs, elle ne tarda pas à balancer ses gants au sol, énervée, tout en se plaignant :

« On aurait pu gagner si je ne m'étais pas faite éjecter comme une m-
- Cassy, c'est pas ta faute. » soupira Theo.

Notre ami arriva, suivant Cassy, son balai sur l'épaule. Il marchait nonchalamment et levait les yeux au ciel à chaque fois que notre Batteuse se plaignait. Il avait l'air tellement ennuyé que j'étais sûre que ça devait être la centième fois depuis les cinq dernières minutes qu'il lui répétait la même phrase : « Cassy, c'est pas ta faute. »

« Si j'avais eu mes anciennes protections … » commença-t-elle à grommeler.

D'un même mouvement nous levâmes les yeux au ciel, amusés. Cassy pouvait être plutôt superstitieuse quand il s'agissait de Quidditch. Et puisque ses anciennes protections avaient vécu des victoires, elles étaient précieuses. Il avait fallu qu'elles tombent en lambeaux devant ses yeux pour que Cassy se résolve à les jeter.

« Cassy, ma chère Cassy, tes anciennes protections ne te protégeaient plus. Or, il me semble que c'est censé être le rôle des protections. »

Nathan s'était avancé et avait passé son bras autour des épaules de notre amie pour la réconforter. Il la regardait à présent avec un sourire amusé alors qu'elle semblait vouloir l'étriper et le draper dans sa mauvaise humeur qui émanait de chacun de ses pores.

« Pas la peine d'étaler ta science toi, grogna-t-elle, nous faisant rire.
- Je ne te savais pas aussi mauvaise joueuse. » ricana Black.

Instinctivement, je me retournai. Je n'avais même pas remarqué qu'ils étaient venus avec nous ceux-là. Et ma réflexion dut se lire sur mon visage puisqu'ils laissèrent échapper un petit rire en baissant les yeux vers moi.

« Ne t'inquiète pas, on est toujours là avec toi, susurra Black avec un ton mièvre avant d'éclater de rire.
- Arrête, tu me fais frissonner d'horreur, répliquai-je avec sarcasme, les bras croisés avant de me tourner à nouveau vers nos deux joueurs.
- Dommage que l'arbitre soit passé à côté de la faute, vous vous débrouilliez bien jusque-là, commenta Potter avec un sourire encourageant.
- Ouais bah l'année prochaine, je les éclaterai tous dès le début comme ça, ça sera réglé. Oh et puis, j'espère qu'ils auront viré ce bigleux de Rodriguez. J'en ai marre, il ne fait pas la différence entre un Souafle et un Vif d'or tellement il est vieux ! »

Et Cassy continua à se plaindre tout en regagnant les vestiaires à grandes enjambées. Theo partit à son tour se doucher et nous restâmes assis dans l'herbe à les attendre. Pour tout avouer, je n'avais pas écouté un traître mot de la conversation entre mes amis et les Gryffondor, principalement parce que j'étais agacée par Nathan qui, à chaque fois que je relevais la tête, me faisait un signe en direction de Lupin pour que je lui parle. Il ne pouvait pas se mêler de ses affaires, lui ? Toujours est-il que j'étais en train d'arracher l'herbe lorsque les Serpentard sortirent de leur vestiaire, tout victorieux qu'ils étaient.

Je plissai les yeux en les observant étaler leur joie sans aucune timidité. Ils riaient, ressassaient le match en commentant les moments importants. Certaines mêmes nous lançaient des coups d'œil en affichant leurs sourires qui vous donnaient envie de les claquer. Plusieurs Serpentard venaient à leur rencontre pour les féliciter alors qu'ils commençaient à se mettre en route vers le château, sûrement dans le but d'aller fêter leur victoire. Ni une, ni deux, je bondis sur mes pieds.

« Eh, tu vas où ? s'étonna Peter.
- Parler Quidditch avec un ami. »

Sans attendre, je me dirigeai vers la meute de Serpentard à grandes enjambées. La personne que je cherchais était évidemment au centre et je dus l'appeler à maintes reprises.

« Evan ! » m'écriai-je un peu plus fort, agacée qu'il n'entende rien au bout de la cinquième fois.

L'interpellé m'entendit enfin et tourna sa tête dans toutes les directions pour voir qui l'avait appelé avec autant d'agacement. Heureusement, il était plus grand que la moyenne des gens qui l'entouraient. Mais je dus cependant décroiser un de mes bras et faire un mouvement sec de « coucou » pour qu'il m'aperçoive en retrait de la foule.

« On peut parler ? » demandai-je en recroisant les bras sur ma poitrine, bien qu'étant sûre que le bruit ambiant de la foule avait dû étouffer ma question.

Ma tête ne devait pas être des plus accueillantes puisque son sourire se fana aussitôt. Il chuchota quelque chose à l'autre Batteur et entreprit de remonter la foule à contre-sens, remerciant d'une petite tape sur l'épaule et d'un sourire parfait les Serpentard qui le congratulaient au passage.

« Je peux faire quelque chose pour toi ? me demanda-t-il une fois que la foule se fut éloignée et qu'il ne restait que nous deux.
- C'était pas très sympa. » fis-je remarquer en faisant allusion au coup reçu par Cassy - coup qu'elle avait reçu parce que l'autre Batteur avait fait don de son poste à un Poursuiveur et qu'Evan, en tant que capitaine, n'avait rien dit.

Comme d'habitude, je fus accueillie par le sourire narquois de Rosier. Cette fois-ci, j'eus même droit à un petit rire désinvolte alors qu'il levait les yeux au ciel, enfouissant ses mains dans ses poches d'un genre qui voulait dire : « Quoi ? Tu as interrompu mon heure de gloire pour me dire ça ? »

« Petite Richardson, si tu veux voir un jeu quitte et sans danger, va donc supporter ta maison dans un tournoi d'échecs. Là au moins vous avez une chance de gagner.
- Dois-je te rappeler que c'est le nombre de points totalisés et non le nombre de victoires qui désignera la maison gagnante ? contre-attaquai-je.
- Certes. Mais même vu de cette façon, vous êtes mal partis pour gagner cette année aussi. Heureusement qu'on annonce que les gagnants, ça vous évite d'être proclamés derniers. »

Je détestais vraiment quand ces garçons avaient raison et qu'ils me servaient leurs sourires victorieux et narquois. Rosier, Black, Nathan, je leur ferai tous avaler leurs dents un jour.

« En passant, commença Rosier soudainement gêné avant de relever la tête pour me regarder dans les yeux, je sais que c'est un peu tard mais je suis désolé pour la perte de tes proches.
- Est-ce que c'est une sorte de blague, me méfiai-je en le sondant de bas en haut.
- Non. »

Il y eut un petit silence gêné avant que je ne me souvienne que deux jours avant, il avait aussi essayé de me parler tout en étant gêné. Il avait l'air plutôt sincère alors je baissai les yeux.

« Alors merci. »

Evan opina de la tête, un petit sourire désolé sur les lèvres avant de faire demi-tour et de s'éloigner vers le frère de Black et d'autres Serpentard dont Mulciber qui l'avaient attendu. L'espace d'un instant, je me sentis observée mais ne voyant personne, je mis cela sur le compte d'un délire personnel. Plus loin, Rosier venait de prendre Black junior par les épaules et lui ébouriffait les cheveux en le congratulant d'un « bien joué, gamin ! ».

Je les regardai partir vers le château avant de retourner voir les autres. Ils avaient l'air de comploter et cessèrent dès que je fus assez proche pour les entendre. Je décidai de ne pas m'en occuper car Theo et Cassy arrivèrent à ce moment-là avec le reste de l'équipe. Nous les félicitâmes et discutâmes sur le chemin du retour au château. Visiblement, malgré la défaite, rien ne pouvait entacher le sourire parfait de Tyler Keighley qui était ravi du jeu de ses joueurs. C'était déjà ça.

Une fois au château, les quatre Gryffondor partirent de leur côté, nous saluant et nous rentrâmes tous au chaud dans notre salle commune.


Le lundi matin, au petit déjeuner, j'eus la surprise de constater l'arrivée de Charles et de Dumbledore et je dus véritablement me retenir de me lever et d'aller lui faire une scène en plein milieu de la Grande Salle. Mon frère m'adressa d'ailleurs un long regard et je sus que les explications viendraient en temps voulu.

Le courrier arriva et je fus surprise de voir une lettre tomber devant mon bol. L'attrapant, je levai le nez vers le plafond pour voir un grand hibou inconnu repartir par les fenêtres. Bizarre. Je reportai mon attention sur la lettre et l'ouvrit avec précaution. Elle ne comportait aucun cachet. Je ne la sortis pas complètement de l'enveloppe et je ne la dépliai que partiellement afin de pouvoir parcourir rapidement les premiers lignes. Me doutant que mes amis devaient m'espionner du coin de l'œil, je la repliai, la remis dans l'enveloppe et fourrai le tout dans mon sac, entre mes parchemins.

« Ouh, Gaby a un admirateur secret, me titilla Cassy en chantonnant, cachée derrière son bol.
- Tais-toi et abreuve-moi de potins croustillants plutôt, veux-tu ? répliquai-je en souriant.
- Bien, comme tu veux ! »

Trop heureuse, elle posa son bol et s'empara de la Gazette du Sorcier que venait de livrer son hibou. Elle parcourut les gros titres en silence alors que je finissais de boire mon lait. Peu à peu, un sourire étira ses lèvres et nous nous regardâmes tous en nous demandant ce qu'il se passait. Nathan, assis à côté d'elle, ne résista pas plus longtemps et se rapprocha pour lire par-dessus son épaule. Sa réaction ne se fit pas attendre : il rit, suivi de Cassy.

« Eh ! Faites partager ! se plaignit Theo en fronçant les sourcils, enfournant une tartine dans sa bouche d'un air bougon.
- Tu vas a-do-rer Gaby !
- Pourquoi ? Skeeter est morte en avalant sa Plume à Papote ? me hasardai-je en dégustant une tartine au miel.
- Mieux ! m'assura Nathan entre deux éclats de rire.
- Elle te lèche les bottes ! »

Je manquai de m'étouffer avec mon jus d'orange.

« Quoi ? Montre ! »

Je tendis la main et mon amie me passa le journal. Automatiquement, Gwen et Theo se rapprochèrent de moi pour lire.

« LETTRE OUVERTE LIÉE A LA PUBLICATION D'UN ARTICLE ILLÉGAL ET IMMORAL PARU DANS LA GAZETTE DU SORCIER DU LUNDI 12 JANVIER 1976.

Moi, Rita Skeeter, tiens particulièrement à faire part à la famille Richardson et à leurs proches de mes plus sincères excuses et condoléances dans cette période de deuil.

Mon article, en plus d'être illégal, était tout bonnement déplacé. Il va sans dire que de telles diffamations n'ont dû qu'aggraver encore plus leur peine et leur souffrance.

Mon avidité m'a fait enfreindre les règles aussi bien morales que professionnelles et je m'engage à payer en grande partie l'amende donnée à la Gazette du Sorcier pour mon erreur de début de carrière. »

Je relevai la tête et cherchai Charles du regard. Souriant derrière sa tasse de café, il me fit un clin d'œil avant de détourner la tête vers Dumbledore qui lui parlait. Ce dernier me lança aussi un petit regard complice et je souris.

« Bon, on va en cours ? » proposai-je, tout sourire en ayant fait le plein de bonne humeur.


« Donc tu étais juste absent pour régler cette affaire d'article ? résumai-je.
- Oui. » me répéta pour la dixième fois Charles en roulant des yeux.

Je l'observai. Il avait l'air moins fatigué et accablé que la dernière fois que je l'avais vu.

« Qui t'a envoyé une lettre ce matin ? demanda-t-il au bout d'un moment en désignant mon sac du menton.
- Et si c'était privé ? lui fis-je remarquer, amusée.
- Si c'est un garçon aux hormones en ébullition, dis-lui d'aller se cacher. L'école est petite, je le retrouverai rapidement. »

Je ris, imitée par mon frère avant de lever les yeux au ciel. Ce qu'il pouvait être bête parfois ! Je m'avançai et vins m'asseoir sur l'accoudoir du fauteuil dans lequel était installé Charles.

« C'est juste Hazel qui m'informait de la date de notre premier rendez-vous, le rassurai-je.
- Je dois être là ? » s'enquit-il en fronçant les sourcils et en tournant la tête vers moi.

Je secouai la tête de gauche à droite en signe de négation.

« Bon, je vais te laisser. Mes amis m'attendent pour manger. »

Il acquiesça et je me penchai pour l'embrasser sur la joue.

« Tu m'as manqué, avouai-je tout bas.
- Toi aussi, sœurette. » sourit-il.

Je me levai, ramassai mon sac et sortis de son bureau pour me diriger vers la Grande Salle.


« Alors c'est comme ça que tu règles tes problèmes, Richardson ? »

Je levai les yeux de mon sac où je rangeais ma lettre que j'avais relue, profitant d'être seule sur le chemin de la classe d'Etude des Runes. Bertha Jorkins se tenait devant moi, bras croisés et le regard dur.

« En faisant payer les gens qui te disent tes quatre vérités ? Comme si vous n'aviez pas assez de fric dans vos coffres ! Tu ferais bien d'en profiter, ton grand frère chéri ne sera pas toujours là pour régler tes ennuis avec la justice. » siffla-t-elle.

Elle s'était rapprochée de moi et se tenait à quelques centimètres. Elle était plus petite que moi mais cela ne l'empêchait pas de me regarder droit dans les yeux. Si elle croyait que j'allais détourner le regard, elle pouvait se mettre sa baguette où je pensais !

« Fais gaffe Jorkins, je pourrais te coller un procès pour diffamation dans le torchon qui te sert de journal ici. » savourai-je avec un petit sourire satisfait.

Elle sembla chanceler devant le fait que je lui fasse face avec autant d'impudence mais elle se ressaisit et redressa le menton.

« Tu n'as aucune preuve.
- Pour l'instant, la corrigeai-je. Mais il ne doit pas être bien difficile de remonter jusqu'à toi. Je me demande si tes parents auront de quoi payer l'amende ou s'ils devront consentir à voir vos meubles s'envoler par la fenêtre. Ou pire, à devoir laisser votre maison à la brigade de réquisition. »

Je ponctuai mon petit discours en penchant la tête sur le côté et en souriant. J'étais vraiment fière de mon petit effet sur Jorkins. Elle n'était plus très sûre si elle pouvait me taquiner sans risques à présent. Et elle n'avait pas l'air de vouloir voir si j'étais capable de mettre mes menaces à exécution.

« Maintenant, tu m'excuseras mais je n'ai pas envie d'arriver en retard en cours. Passe une bonne journée, Bertha. »

Je lui souris avec innocence bien que savourant ma victoire et je la contournai pour rejoindre ma classe.

J'étais en train de tranquillement m'installer à ma place habituelle quand Lupin me tira de mes pensées. Je lui souris et lui retournai son bonjour mais je tombai rapidement des nues lorsque je le vis poser son sac sur la place à côté de moi.

« Tiens, tu t'es ré-avancée ? C'est vrai qu'on y voit mieux quand même. »

Et il s'assit. A côté de moi. Ça me choqua tellement que je le regardai faire, cessant toute activité. Heureusement, je me ressaisis avant qu'il ne remarque quoi que ce soit et je plongeai le nez dans mon sac que je tenais sur mes genoux, feignant de chercher quelque chose dedans. Je me passai nerveusement la langue sur les lèvres et lui jetai des petits regards en coin.

« T'as oublié ton livre ? »

Immédiatement, il tourna la tête vers moi et je m'empourprai.

« Non, pourquoi ? Tu n'as pas le tien ?
- Ah si, si, aujourd'hui j'ai pensé à l'emmener ! »

J'eus un petit rire nerveux. J'étais tellement pathétique que je rêvais de pouvoir me dédoubler pour me coller une bonne baffe. Les chuchotements alentours me firent tourner la tête. Certaines filles nous regardaient tout en murmurant à voix basse, pensant être discrètes. Un coup d'œil à Remus me fit remarquer qu'il n'y accordait pas d'attention. Ou tout du moins, il faisait comme si de rien n'était. Et c'est là que je compris. Remus jouait simplement de sa popularité pour que les autres me laissent un peu en paix. Je souris devant sa gentillesse et le coupai dans ce qu'il me disait et dont je n'avais pas écouté le moindre mot.

« Merci, Remus. »

Il me regarda, comprit et sourit avant de paraître soulagé.

« De rien et honnêtement merci à toi de m'avoir arrêté dans ce discours que j'avais préparé tout ce matin et dont tu n'avais visiblement rien à faire.
- Désolé, j'étais en pleine bagarre avec ma conscience … et tu dois sûrement me trouver bizarre maintenant que j'ai dit ça, alors je vais me taire. » proposai-je en sentant mes joues chauffer sous l'embarras.

Bon sang, je parlais trop en ce moment ! Heureusement, cela sembla amuser mon camarade puisqu'il rit.

« Ne t'inquiète pas, ça m'arrive aussi ce genre de problèmes. Et si ça peut ta rassurer, je trouve que tu es de bonne compagnie. »

Prenant mon courage à deux mains, je me raclai la gorge et me tournai vers Lupin qui déballait ses affaires.

« Au fait, merci beaucoup pour tes notes, elles m'ont été d'une grande aide. » débitai-je d'un coup.

Il leva les yeux vers moi avant qu'un large sourire n'étire ses lèvres petit à petit. Merlin ! Non, je ne rougirai pas ! Il laissa échapper un petit rire en détournant la tête avant de poser à nouveau les yeux sur moi.

« Je vois que je ne suis pas le seul à répéter devant mon miroir. »

Outch, repérée dès le début !

« Ben, désolé de t'avoir fait croire que t'étais unique sur ce point alors. » contre-attaquai-je en souriant, feignant de le prendre de haut.

Il rit et je secouai la tête, amusée.

Babbling entra à ce moment-là et le cours commença. Grâce aux notes de Remus, j'avais rattrapé mon retard et le cours ne me semblait plus si compliqué que ça. Je passai l'heure penchée sur mon manuel à travailler les exercices donnés, ne jetant que de rares coups d'œil à mon camarade, lui aussi appliqué dans son travail et feuilletant son propre livre. Lorsque la fin de l'heure approcha, Babbling attira notre attention.

« J'espère que tout le monde a eu le temps de former des binômes comme je l'avais demandé. »

Instinctivement je me raidis. Merlin ! J'avais complètement oublié cette histoire de binôme ! Babbling l'avait évoquée à la fin du cours la dernière fois et j'avais été si distraite que je n'avais pas fait attention. Je savais que j'avais oublié quelque chose ! Je jetai un coup d'œil autour de moi. Tout le monde discutait avec entrain. J'étais foutue. Tout le monde s'était sûrement mis avec son voisin de table ou son copain de toujours. Mais qu'est-ce que j'avais fait pour que le sort s'acharne contre moi ?!

« La prochaine fois, je vous assignerai une traduction à réaliser et vous devrez construire un exposé autour de ce texte. »

La main de Lily Evans se leva instinctivement, vive comme l'éclair. Personne ne se souciait de mon mal-être évident visiblement.

« Ça sera noté ? On aura combien de temps ?
- Bien sûr que ça sera noté- »

Oh Merlin ! J'enfouis mon visage dans mes mains. Mes chances d'esquiver ce devoir venaient d'être balayées par l'intervention innocente de Lily Evans.

« -voyez d'ailleurs ça comme une mise au point. Ainsi vous saurez où vous en êtes dans vos révisions pour les BUSES. »

Révisions, révisions … Pour ça, il faudrait déjà qu'on les ait commencées nos révisions ! Je ne comprendrai jamais ces profs qui pensent qu'il nous faut six mois pour réviser un examen … Il y a une sérieuse sous-estimation des capacités des élèves parmi le corps professoral si vous voulez mon avis !

« Pour ce qui est du temps, je n'ai pas encore pleinement décidé mais vous aurez sûrement au minimum un mois. Je vous expliquerai tout en détail la prochaine fois de toute façon. Contentez-vous de me donner vos binômes en partant. Vous pouvez y aller. »

Génial. C'était le genre de devoir où soit j'allais me retrouver toute seule, soit j'allais devoir faire équipe avec le boulet de la classe que personne ne voulait, ce qui, en soit, revenait au même puisque je devrai me taper tout le boulot. Je détestais devoir faire des groupes en Etude des Runes parce que je n'avais pas la possibilité de me mettre avec mes amis. Et hormis eux, il n'y avait pas grand monde dont j'étais assez proche pour aller me planter devant eux et dire « Hé salut, on se met ensemble ? ».

Je balayai les élèves de ma classe des yeux. Non, décidément, il n'y avait personne vers qui je pourrais aller en catastrophe. L'unique personne vers qui je me verrais bien tenter ma chance, à la limite, était Rogue mais entre nous, je ne faisais clairement pas le poids face à Evans et ses yeux de biche. Il avait succombé depuis trop longtemps pour que ce soit réversible …

Je soupirai tout en rangeant mes affaires, dépitée contre ce coup du sort. Dire que ma journée commençait si bien ce matin …

« Tu voudras te mettre avec moi pour la traduction de Runes ? Enfin, sauf si tu as déjà quelqu'un. »

J'écarquillai les yeux, mélangée entre espoir et méfiance et me tournai vers Lupin. Il me regardait tout en finissant de ranger ses affaires. J'étais surprise qu'il me demande ça et ma tête devait être sans prix.

« Tu es tout seul ? » grimaçai-je, estomaquée mais essayant de la jouer cool et pas désespérée.

Me dire que Remus Lupin, membre assidu de la tête de classe, n'avait pas trouvé de binôme, c'était un peu comme s'il venait de m'annoncer que Sirius Black sortait avec Evan Rosier. Impensable. Et pourtant …

« Il semblerait que personne ne veuille de moi, plaisanta-t-il en haussant les épaules, pas ennuyé pour une Noise. Je dois travailler un peu trop, ça leur fait peur.
- Mais tu es quand même dans le top 3 des élèves de la classe, soulignai-je en m'activant, voyant qu'il m'attendait.
- Tout comme toi. » me fit-il remarquer.

Il me sourit et je baissai les yeux, embarrassée face au compliment.

« Mais moi, je tue des gens. Ce n'est pas très avantageux quand on cherche un partenaire pour faire ses devoirs.
- Et puisque je ne pense pas que tu ais tué qui que ce soit, et vu que tu ne penses pas que je travaille trop, on pourrait peut-être se mettre ensemble pour ce devoir et avoir la meilleure note, non ? »

Je m'arrêtai, ajustant mon sac sur mon épaule alors qu'il attendait ma réponse.

« Je ne sais pas. Je n'ai pas spécialement envie de faire la nounou avec tes amis pendant ce temps. »

Certes Lupin était un élève très sérieux mais si je devais me coltiner ses amis sautant autour de nous en répandant leur idiotie comme des confettis multicolores, je préférais encore travailler seule.

« Tu sais, commença-t-il avec un sourire amusé, contrairement à la légende urbaine qui semble circuler, on n'est pas tout le temps ensemble. »

Je croisai les bras et haussai un sourcil d'un air moqueur. Lupin fut bien obligé d'admettre l'étrangeté de ses propos.

« Ok, concéda-t-il dans un rire gêné en baissant la tête, on est très souvent ensemble mais j'ai encore mon propre temps libre. Et si j'ai envie de leur fausser compagnie pour un devoir, ils ne vont pas me brûler vif. »

Je le détaillai un instant, considérant son offre. C'était un plan plus qu'alléchant parce que a) Je n'avais personne d'autre , b) Lupin n'avait pas l'air d'une personne chiante et je pouvais le supporter, c) il était studieux, bon élève et je ne me taperai pas tout le boulot et enfin d) j'étais sûre d'obtenir une des meilleures notes de la classe. Et ça, c'était cool.

« C'est d'accord alors. Arguments percutants, ce sera avec joie. »

Je ris et lui tendis ma main qu'il serra d'un air complice. Nous donnâmes notre binôme à Babbling avant de sortir de la salle. Bien évidemment, les trois autres Gryffondor attendaient leur ami un peu plus loin. Je dis au revoir à Remus avant de partir en direction de la bibliothèque pour rejoindre mes amis.

C'est en passant à côté de Pettigrow, Potter et Black que je me dis que c'était décidément une trop belle journée pour que je la gâche en m'énervant contre eux. Aussi, lorsque je fus à leur niveau, je tournai la tête vers eux et leur souris.

« Salut vous trois ! » m'exclamai-je joyeusement.

Et je continuai mon chemin en souriant. Mon initiative avait dû les choquer profondément parce qu'un long silence régna quelques instants avant que je ne les entende se précipiter vers Remus dans mon dos.

« Remus, qu'est-ce que tu lui as fait ? Elle m'a dit bonjour ! Bonjour quoi ! Avec un sourire ! » fit immédiatement remarquer Black comme si c'était la chose la plus extraordinaire qui lui soit arrivée.

Ils pensaient chuchoter mais ils le faisaient tellement fort que ça ne servait à rien. Je levai les yeux au ciel, amusée alors que Lupin rit.

« Elle nous a dit bonjour à tous les deux ! corrigea Potter, tout aussi excité.
- En fait, elle a plutôt dit bonjour à nous trois, ce qui pourrait juste prouver qu'elle est bien élevée parce qu'en fait, la seule personne qu'elle voulait saluer, c'était moi mais elle ne voulait pas vous mettre sur le banc de touche. » les arrêta Pettigrow.

S'ensuivit un silence où je les imaginai tous regarder ce pauvre Pettigrow à la recherche d'une trace d'humour. J'avais déjà remarqué que Peter aimait bien laisser planer le doute quand il parlait. Enfin, il rit et les autres se plaignirent.

« Oh tais-toi Peter ! Arrête de tout casser ! » ronchonna Black.

Ils rirent et je tournai à l'angle du couloir, arrêtant donc de les écouter mais souriant toujours de leurs idioties. Alors que j'arrivais presque à la bibliothèque, j'entendis la voix de Cassy me héler :

« Gaby ! Gaby ! »

Je me retournai et vis mes quatre amis arriver en courant en faisant un boucan monstre. J'eus à peine eu le temps d'entrouvrir les lèvres pour leur demander ce qu'il se passait que Cassy m'agrippa le poignet et me tira en courant je-ne-savais-où.

« Est-ce que quelqu'un veut bien m'expliquer ? m'écriai-je alors que je me faisais trimbaler à travers les couloirs.
- Tyler nous a dit de t'emmener derrière les serres dès la fin de ton cours ! m'expliqua Gwen à mes côtés, légèrement essoufflée.
- Tyler ? Tyler Keighley ? Le capitaine ? m'exclamai-je, baignant dans l'incompréhension la plus totale.
- Bien sûr ! Qui d'autre ? »

Je me tournai vers Theo qui rigolait déjà même si il ne devait pas avoir la moindre idée de la surprise que Tyler me réservait. C'était à ni rien comprendre !

« Apparemment, tu vas rire ! » me glissa Nathan avec un clin d'œil.

Je restai quand même sceptique face à toute cette mise en scène. Sérieusement, qui accepterait d'aller à un rendez-vous donné à la va-vite pour on-ne-sait quelle raison ? Apparemment, j'avais écopé des quatre énergumènes de cette Terre qui étaient capable de le faire …

Nous arrêtâmes de courir une fois dehors et les serres en vue. Franchement, j'aimerais bien savoir ce que Tyler avait de si important à me montrer. Alors que nous nous approchions, Tyler entra dans mon champ de vision. Tyler en train de se bécoter avec sa copine Florence de Gryffondor …

« Non mais c'est quoi ce bord- »

Je n'eus pas le loisir de finir ma phrase que la main de Nathan vint se plaquer contre ma bouche. Aussitôt il me ramena contre lui et nous nous déportâmes tous sur le côté, cachés derrière les arbustes et buissons entourant la serre n°2. Alors que j'étais en train de me débattre, lançant des regards noirs à mon meilleur ami dans l'espoir de pouvoir aller librement scander que Tyler Keighley était un exhibitionniste et un petit con, Bertha Jorkins sortit de sa cachette à quelques mètres du couple.

Florence était dos à nous, elle ne nous vit pas mais sitôt qu'elle se fut décalée de son petit-ami, Tyler nous aperçut. Il nous fit un discret clin d'œil avec un petit sourire complice et cela suffit à me calmer et à attendre la suite. Jorkins s'approcha à grandes enjambées et se planta devant eux, visiblement au comble de la joie. Je tendis l'oreille et entendis vaguement qu'elle leur disait que son scoop allait sûrement ravir Gossip Witch. Je levai les yeux au ciel. C'était à se demander pourquoi elle prenait encore la peine d'essayer de mentir. Dès que le premier numéro de ce fichu journal était sorti, toute l'école avait su qui était derrière ce pseudonyme stupide.

Je n'entendis pas la réponse de Tyler mais je le vis clairement sortir sa baguette. Le sortilège partit avant même que les deux filles à côté de lui ne puissent réagir. La main de Nathan avait quitté ma bouche, trop stupéfié qu'il était, et c'est la mienne qui vint la remplacer pour étouffer ma crise de rire. Bertha Jorkins était en train de tourner sur elle-même. Elle tournait encore et encore, et tellement vite que ça donnait presque envie de vomir à quiconque la regardait. Florence éclata de rire, bientôt suivie par mes amis et moi. Nous sortîmes de notre cachette en nous tenant le ventre.

« Arrête ça tout de suite Keighley ou je jure que tu vas le regretter ! s'époumona Jorkins.
- Ah oui, et comment ? rit-il. Tu ne peux même plus bouger !
- Je vais aller me plaindre ! Tu vas entendre parler de moi, je peux te l'assurer ! »

Nos éclats de rire redoublèrent alors que nous nous étions approchés. Tyler peinait à garder bonne figure tellement il se bidonnait et il devait se concentrer pour arriver à parler devant la toupie humaine qu'était devenue Jorkins.

« Ça fera un excellent scoop pour le prochain Gossip Witch, tu ne crois pas Tyler ? lui demanda Florence en riant.
- Je vois déjà les gros titres : « Bertha Jorkins retrouvée derrière les serres alors qu'elle répétait de nouveaux pas de danse. » ! s'esclaffa son petit-ami.
- On a cours. Mieux vaut partir avant que des gens n'arrivent, non ? » proposa la Gryffondor, un peu soucieuse d'être attrapée malgré les larmes de rire qui perlaient au coin de ses yeux.

Tyler acquiesça et ramassa son sac sous les insultes de Jorkins.

« Comme ça elle ne nous embêtera plus. » me dit-il en passant à côté de moi, m'ébouriffant les cheveux au passage.

Il me fit un clin d'œil complice et je ne pus m'empêcher de sourire. Le « nous » englobait aussi bien Tyler et sa petite-amie -qu'il emmenait d'ailleurs loin de la scène de crime en la tenant par la main- que moi.

« On intervient, tu crois ? demanda Theo, bras croisés et penchant la tête sur le côté, contemplant Jorkins.
- Non. On la laisse tourner, ça lui remettre peut-être les idées en place. » répondis-je.

Nous rîmes et fîmes demi-tour pour rejoindre le château avant que quelqu'un ne nous voit, Jorkins continuant de débiter une pluie d'insanités contre nous.

Et lorsque nous revînmes une heure plus tard pour notre cours de Botanique, Bertha Jorkins tournait encore, maudissant chaque élève de Poudlard, sous les rires des Poufsouffle et Serdaigle de notre année. Il fallut que deux élèves consentent à quitter le spectacle hilarant offert par la Serpentard de septième année pour aller chercher le professeur Flitwick. Celui-ci la défit de son enchantement et elle tomba au sol, trop étourdie pour se rappeler comment marcher. Chourave nous ordonna de l'attendre dans la serre lorsque Jorkins se mit à vomir sous les commentaires dégoûtés des élèves de ma classe.

Gentiment, j'allai m'installer en classe avec mes amis, échangeant des sourires complices à tout va. Décidément, c'était une excellente journée.