Titre : Tome III - Cerridwen Snape et l'évadé d'Azkaban.
Rating : K+.
Pairing : Aucun.
Warning : Léger langage vulgaire.
Summary : Cette fois, les ennuis commencent avant même la rentrée, avec l'évasion de Sirius Black. Entre des Dementors, un professeur loup-garou et une amitié secrète avec un Lion aux yeux verts, Cerridwen se demande si elle aura encore toute sa tête à la fin de l'année...
Disclaimer : Cerridwen et d'autres OCs secondaires sont à moi. Le reste n'est qu'à JKR.
Personnage(s) : Severus Snape || Cerridwen Snape || Remus Lupin || Daphne Greengrass || Harry Potter || Albus Dumbledore. Mention de Draco Malfoy || Rubeus Hagrid || Millicent Bulstrode || Tracey Davis || Pansy Parkinson || Astoria Greengrass || Hermione Granger || Cuthbert Binns || Argus Filch || Oliver Snape || Lily Potter || Tom Marvolo Riddle / Lord Voldemort || James Potter || Poppy Pomfrey || Sirius Black || Les Dursley.
M/A : Dixième chapitre! Encore cinq chapitres et ce tome sera fini! J'avance très rapidement, ces derniers temps. Espérons que ça continue, sinon je vais devoir repousser la sortie de ce tome... Bon, pour vous, ça ne change rien, vu que vous êtes en train de le lire, mais moi... Enfin, vous devez sûrement comprendre!
Chapitre assez relax, malgré la présence des cours sur le Patronus (car oui, ils commencent ici!). Je me suis bien amusée à imaginer la seconde scène, d'ailleurs. On m'a souvent complimenté sur le fait que j'arrive à donner une allure « normale » à mes personnages, et j'avoues que c'est un plaisir personnel de le faire.
Bref! J'espères que ce chapitre vous plaira, et je remercies PrekDeva, La Plume de Sucre, Niakovic, Zeugma412 et noour pour avoir mis en favori/mis en suivi/commenté le précédent chapitre, et je vous souhaite une bonne lecture! À tout à l'heure!
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Traduction anglais/français
Expecto Patronum = Spero Patronum (Charme du Patronus).
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Tome III - Cerridwen Snape et l'évadé d'Azkaban
Chapitre dix : Un peu de normalité
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3 janvier 1994
La reprise des cours s'est effectué dans la plus grande des normalités, pour changer. Draco a sûrement bouder pendant une grande partie de ses vacances d'hiver, car au retour, il a fait comme si rien ne s'était passé -ce qui ne déplaît pas du tout à Cerridwen, qui n'a pas envie de se casser la tête à brosser dans le sens du poil une fouine comme lui.
Les cours se sont eux-mêmes bien déroulés; le cours de Soins aux Créatures magiques a même été très amusant, vu que Hagrid avait décidé de faire un feu de salamandres. Voir ces mignonnes bestioles courir et sauter dans les flammes a suffi à faire oublier le froid de ce début de janvier.
À la fin du cours de Défense contre les Forces du mal, juste avant de sortir de la salle de classe, Cerridwen remarque que Harry est resté. Se doutant de son intention, elle quitte sans se faire voir la Cour et va le rejoindre. Une fois ensembles, ils vont tous les deux voir le professeur Lupin.
« Professeur? , l'interpelle Harry.
-Hum? Oui, qu'il y a-t-il? , fait le loup-garou, en relevant la tête de ses parchemins.
-Nous voudrions savoir quand aura lieu le premier cours contre les Dementors, réponds sans préambule la jeune sorcière. L'enseignant écarquille les yeux, un peu surpris de cette intervention très directe, alors que Harry, lui, n'est pas du tout surpris; il sait très bien que quand on pose une question à la nièce de Snape, on reçoit immédiatement une réponse.
-Ah, oui..., se souvient Lupin, une fois remis de sa surprise. Voyons... huit heures du soir, jeudi, ça vous convient? [Ils hochent tous deux la tête] La salle d'Histoire de la magie devrait être suffisamment grande... Il faut que je réfléchisse à la façon dont nous allons nous y prendre... Nous ne pouvons pas faire venir un vrai Dementor au château pour nous entraîner... »
Un frisson parcourt la nuque de Cerridwen, en entendant cette dernière phrase. Non, pas du tout, pense-t-elle, en sortant de la salle en compagnie de Harry. Les deux se saluent, puis s'empresse de rejoindre leurs camarades et amis respectifs.
Par chance, personne n'a remarqué son absence.
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« Des cours contre les Dementors?
-Oui, confirme Cerridwen. Elle et Daphne sont dans leur dortoir, profitant allégrement de l'absence de leurs autres camarades, qui sont tous occupées ailleurs -Millicent à une répétition du Chœur de Grenouilles, Tracey à ses devoirs et Pansy toujours dans les robes de Draco. Étendues sur le lit de la plus jeune[1], en pyjama et les cheveux défaits, elles ressemblant davantage à des adolescentes de treize et quatorze ans qu'à de respectables sorcières de la Maison Slytherin.
-C'est de ça que Potter voulait te parler, l'autre jour? , continue l'aînée Greengrass, tout en se goinfrant de Crapauds à la menthe.
-Oui, répète-t-elle, en attrapant à son tour un des batraciens en sucre.
-Il est sympa d'avoir pensé à toi, commente Daphne. En plus, ça va être Lupin qui vous donnera le cours. Tu dois être contente!
-Pourquoi serais-je contente? , s'arrête la jeune Snape, en ouvrant grand les yeux.
-Arrête! Avoir un cours quasi-privé avec son béguin, c'est le rêve de toutes les sorcières!
-Qu... quoi?! , s'étrangle la brune, d'une voix étrangement aiguë.
-Oh, arrête! , ronchonne gentiment son amie. C'est évident que tu craque pour Lupin! Pas que je t'en veuilles... Malgré son... « problème de fourrure », c'est un homme très charmant.
-É... évident? , bafouille Cerridwen, les joues brûlantes.
-Pas pour tout le monde, rassure-t-elle. Pour quelqu'un qui te côtoie plus que quotidiennement et qui te connaît extrêmement bien, ça saute aux yeux.
-Comme toi? , suppose-t-elle.
-Exactement!
-Et... et quels sont les « signes »?
-Eh bien... tu joues beaucoup avec tes cheveux, récite la Sang-pure en comptant sur ses doigts, tu le suis discrètement des yeux quand tu le vois dans les couloirs, tu es plus qu'attentive à ses cours, tu souris très légèrement quand il te parle, tu prends sa défense quand Malfoy l'insulte...
-J'ai compris! , interrompt-elle, en enfouissant ses mains dans ses longues boucles noires, cachant ainsi son visage dans l'épais dessus-de-lit. D'accord, j'ai peut-être un béguin pour Lupin..., avoue-t-elle, en relevant légèrement son visage de plus en plus rose.
-Peut-être? Tu as un béguin, voyons! Mais tu sais, tu n'as pas à en avoir honte! , fait-elle, en attrapant l'épaule fine de Cerridwen et en la secouant gentiment. Tout le monde a un jour eu un béguin! J'suis sûre que même ton oncle a un jour été amoureux! »
Si tu savais...
« Est-ce que... est-ce que d'autres personnes le savent? , finit par chuchoter la jolie Vert et Argent, en la regardant de nouveau.
-Honnêtement? J'en sais rien. Mais tu es une excellente bluffeuse, et malgré toutes leurs attentions, je doute que ton oncle et Malfoy aient remarqué ces petits détails, avoue Daphne. Alors rassure-toi, je suis probablement la seule à le savoir.
-Tu es si rassurante..., complimente-t-elle avec sarcasme. Préférant en rire plutôt que de s'en offusquer, la sœur d'Astoria attends un moment, avant de demander, innocente;
-Ils auront lieu quand, ces cours?
-Jeudi, huit heures du soir, salle d'Histoire de la magie, récite Cerridwen.
-Histoire? Eh bien! Ça va peut-être améliorer tes notes dans cette matière! »
L'unique réponse qu'elle reçoit est une attaque peu soignée d'oreiller, qui déclenche immédiatement une riposte et qui termine sur une amicale bataille de polochons.
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6 janvier 1994
Lorsque Cerridwen entre dans la salle d'Histoire de la magie, ce fameux jeudi soir-là, elle tombe sur une pièce obscure et vide. Pas du tout déstabilisée, elle allume toutes les lampes d'un simple coup de baguette, avant d'aller s'asseoir sur l'un des bureaux. Après une ou deux minutes d'attente silencieuse, les portes du local s'ouvre de nouveau, cette fois sur Harry.
Le Gryffindor regarde autour de lui, cherchant visiblement son professeur, mais ne trouve qu'elle, qu'il s'empresse de saluer d'un sourire et de rejoindre. Elle le lui renvoit, et les deux amis commencent doucement une conversation, en attendant Lupin.
« Il va nous enseigner quoi, tu penses? , débute Harry.
-Un sortilège, sans doute, suppose Cerridwen.
-C'est logique, avoue-t-il. Tu va donc sûrement réussir avant moi, ajoute-t-il, presque en riant. La Vert et Argent fronce les sourcils.
-Tu es très bon, en Défense. Tu es même premier de classe, il me semble, réplique-t-elle.
-Peut-être, mais tu es bien meilleure que moi pour les sorts! Tu dois en connaître sûrement plus que Hermione!
-Granger n'est pas une source. Et puis, les seuls autres sorts que je connaisses sont des sorts ménagers. Utiles pour ne pas se faire gronder, mais pas utiles contre un grindylow.
-Tu fais de la magie, chez toi? , s'étonne le Lion. Mais je croyais que c'était interdit.
-J'utilise la baguette de ma grand-mère et je vis avec un sorcier majeur, révèle la brune. Le Ministère ne peut donc pas savoir que c'est un mineur qui lance des sorts.
-Sérieux? C'est un truc de Sang-pur, ça? , s'exclame-t-il, impressionné.
-N'importe quel sorcier avec un minimum de jugeote trouverait le trou dans la loi, rectifie-t-elle. Il la dévisage, toujours aussi surpris, puis se met à réfléchir.
-Donc... si j'ai bien compris, si tu es en présence d'un adulte et que tu utilise la baguette d'un adulte, tu peux faire de la magie sans qu'on te le reproche? [Elle hoche la tête] Et ton oncle te laisse faire?
-C'est une preuve que j'utilise ma cervelle. »
Harry n'a pas le temps d'ajouter autre chose, car c'est à ce moment que le professeur Lupin entre dans la salle de classe. Il tient dans ses bras un gros coffre en boîte, qu'il va déposer sur le bureau de Binns tout en les saluant.
« Qu'est-ce que c'est que ça? , demande l'Attrapeur, en allant rejoindre le loup-garou.
-Un autre boggart, réponds Lupin, en posant sa cape sur la chaise derrière lui. J'en ai cherché dans tout le château depuis mardi dernier et heureusement, j'ai fini par en trouver un dans l'armoire de Filch. C'est ce qui peut se rapprocher le plus d'un vrai Dementor. Quand il verra Harry, le boggart va prendre l'aspect d'un Dementor et nous pourrons donc nous entraîner sur lui. Quand on ne s'en servira pas, je le garderai dans mon bureau.
-Pourquoi? , s'étonne Cerridwen.
-Pourquoi quoi?
-Pourquoi prendrait-il la forme d'un Dementor face à Ha... à Potter? , se reprends-t-elle. Lupin et Harry s'échangent alors un regard, puis le plus jeune déclare;
-C'est ma plus grande peur. Les Dementors.
-C'est d'une grande sagesse. Avoir peur de la peur elle-même, ajoute Lupin. Elle écarquille alors les yeux, choquée. En quoi avoir peur d'une créature si horrible nous rends-t-il sage?
-La peur a plus d'un visage réplique-t-elle. Il peut être très innocent comme tout à fait monstrueux. Quelle différence y a-t-il entre Chucky[2] et un Dementor? »
Un petit silence accueille sa réflexion, qu'elle ne rompt pas, n'ayant aucune raison de le faire. Au bout d'un moment, Lupin tousse, pour rompre le malaise présent dans la salle de classe, et sort sa baguette, indiquant en même temps à ses deux élèves de faire pareil.
« Le sortilège que je vais vous enseigner, commence-t-il, est un acte de magie très avancée qui dépasse de très loin le niveau de la Sorcellerie de premier cycle. On l'appelle le sortilège du Patronus.
-Comment ça marche? , s'intéresse Harry.
-Si le sortilège se déroule normalement, vous verrez apparaître un Patronus, c'est-à-dire une sorte d'anti-Dementor, un protecteur qui jouera le rôle de bouclier entre vous et le Dementor. Le Patronus représente une force positive, une projetion de tout ce qui sert de nourriture aux Dementors - l'espoir, le bonheur, le désir de vivre - mais, à l'inverse des humains, le Patronus ne peut pas ressentir de désespoir et le Dementor ne peut donc pas lui faire de mal. Je dois cependant vous avertir, ajoute-t-il rapidement, que ce sortilège est peut-être trop complexe pour vous. De nombreux sorciers hautement qualifiés ont des difficultés à le mettre en pratique.
-À quoi ressemble un Patronus?
-Chacun est unique. Il change de forme selon le sorcier qui le fait apparaître.
-Comment le fait-on apparaître? , questionne à son tour Cerridwen.
-En prononçant une incantation qui ne produira son effet que si vous vous concentrez de toutes vos forces sur un souvenir particulièrement heureux. », réponds le loup-garou.
Immédiatement, la sorcière au regard pâle se met à lister ses souvenirs. Lequel est suffisamment heureux pour repousser les Dementors? Elle réfléchit un long moment, tout comme Harry, avant de se décider sur la fois où elle a enfin réussi à clouer le bec à cette peste d'Anna Charles. Un souvenir un peu cruel, certes, mais si bon!
« Je suis prêt, lance Harry, près d'elle.
-Moi aussi, ajoute-t-elle, en revoyant presque l'expression perplexe de la gamine de l'époque, qui disait des choses sans queue ni tête sans être capable de se contrôler.
-Voici l'incantation qu'il faut prononcer; Expecto Patronum!
-Expecto Patronum, répètent-ils d'une même voix basse. Expecto Patronum.
-Vous êtes bien concentré sur votre souvenir? », demande l'enseignant. Cerridwen hoche la tête, alors que son ami lâche un « oh oui » concentré, avant de se mettre à bafouiller sur l'enchantement.
Au bout de plusieurs reprises, une brume argentée sort alors de l'extrémité de leurs baguettes. Il n'en faut pas plus pour que Harry s'excite, enfin heureux d'avoir produit quelque chose. En le voyant si heureux, la Slytherin ne peut s'empêcher de sourire.
« Très bien, sourit Lupin, vous êtes prêts à essayer sur un Dementor?
-Oui. », assure-t-il, rapidement copié par son amie, qui resserre néanmoins sa main sur sa baguette. Tandis que le professeur s'approche du coffret de bois, Cerridwen recule derrière le brun, sachant qu'il doit être le premier que le boggart doit voir pour que l'exercice fonctionne. Mais tout en se concentrant sur son souvenir, la jeune fille se pose des questions.
Et si, malgré tout, la vue du Dementor lui rappelle son père? Elle secoue légèrement la tête. Ne pas y penser. Le boggart serait capable de la prendre pour cible, plutôt que Harry...
Qu'est-ce que je suis en train de penser, là? Je passe trop de temps avec Draco ou quoi?
Lupin saisit alors le couvercle de la caisse de bois et le soulève, libérant sur-le-champ le boggart-Dementor, à la tête bien camouflée sous sa cagoule et à la main putréfiée serrant fortement sa cape miteuse. Les lampes se mettent aussitôt à vaciller, pour s'éteindre tout aussi rapidement. Son râle résonne avec force dans les oreilles des deux jeunes sorciers, leur donnant de violents frissons.
Ils hurlent pourtant de toute la puissance de leurs poumons le sort, puis le répète. Une nappe glacée de brouillard commence à inonder la vision de la Née-moldue, lorsque soudain, Harry s'effondre. Avant même que le boggart ne puisse changer de forme, Lupin le renvoie dans le coffre.
Dès que le Non-être est enfermé dans le coffret, Cerridwen se précipite vers le Rouge et Or et se met à lui secouer les épaules, en l'appelant.
« Potter! Potter! Harry! »
Brusquement, il ouvre les yeux, la faisant sursauter. Il se met à regarder autour de lui, réalisant rapidement où il se trouve et ce qui s'est passé.
« Désolé, murmure-t-il, en se relevant, le front encore luisant de sueur, qu'il essuie avec un mouchoir sorti de la poche du gilet de laine de son amie, qui en garde toujours un ou deux avec elle -un vieux réflexe datant du primaire.
-Vous vous sentez bien? , s'inquiète malgré tout Lupin. Il assure que oui, tout en s'appuyant sur Cerridwen pour se remettre sur ses deux jambes, et prends la chocogrenouille que lui tends l'ex-Gryffindor, qui en donne également une à la jeune Snape, qui le remercie tout bas.
-Mangez ça, ordonne doucement le professeur, ensuite, on recommencera. Je ne m'attendais pas à ce que vous réussissiez du premier coup. J'aurais même été stupéfait si ça avait été le cas, avoue-t-il ensuite.
-C'est de pire en pire, fait distraitement le jeune homme. Cette fois, j'entendais ma mère encore plus fort... et lui aussi... Voldemort... »
Un nouveau frisson la secoue, en entendant le nom tabou, mais elle ne le relève pas. Ça ne servirait à rien, vu son état actuel.
« Harry, si vous préférez arrêter là, je le comprendrai très bien..., commence Lupin, plus pâle que jamais, lorsqu'il l'interromps brusquement;
-Je veux continuer! Il le faut! Qu'est ce qui se passera si les Dementors arrivent pendant le match contre Ravenclaw? Je ne peux pas me permettre de faire une nouvelle chute. Si nous perdons ce match, nous aurons perdu la coupe! »
Ta santé est plus importante qu'une maudite coupe!
« Très bien, accepte Lupin, et ce à la plus grande horreur de son autre élève, peut-être faudrait-il vous concentrer sur un autre de vos souvenirs heureux? Celui-ci ne semble pas être suffisamment intense... »
Là, par contre, elle ne peut rien rétorquer, car elle est assez d'accord. Peu importe quel était ce souvenir, il n'était pas assez puissant. Harry se remets à réfléchir, et au bout de quelques minutes, il hoche la tête, ayant trouvé son nouveau souvenir.
« Prêts?
-Prêts, assurent-ils d'une même voix, en songeant à leur souvenir respectif.
-Allons-y. »
Et le couvercle se soulève de nouveau et relâche le boggart-Dementor. Les lampes s'éteignent encore une fois, et un froid plus qu'effrayant s'installe. Les deux Troisièmes années hurlent le sortilège, le répétant de toutes leurs forces...
... jusqu'à ce que Harry s'évanouisses. Aussitôt, Lupin renvoie la créature polymorphe dans son coffre, tandis que Cerridwen rattrape de justesse le Gryffindor, mais il est trop lourd, ce qui l'oblige à s'asseoir sur le sol. Elle se mets ensuite à le secouer, plus violemment cette fois, mais il ne se réveille pas. Elle l'appelle, mais toujours rien.
Lupin finit par s'en mêler; il s'agenouille près d'eux et commence à tapoter avec vigueur les joues pâles et en sueur du garçon, tout en répétant lui aussi son nom. Au bout d'une minute, les paupières du brun papillonnent, puis se soulèvent. En le voyant revenir peu à peu à lui, Cerridwen lâche un soupir de soulagement.
Soupir qui s'arrête dès que Harry ouvre la bouche.
« J'ai entendu mon père. C'est la première fois que j'entends sa voix... Il a essayé d'affronter Voldemort tout seul pour donner le temps à ma mère de s'enfuir... »
Le cœur de la Slytherin se serre, en entendant ça. Des larmes coulent même sur le visage déjà bien pâle de son correspondant, sans qu'il ne s'en rend compte. Elle lui tend son dernier mouchoir, avec lequel il essuie ses yeux. Comment peut-il supporter ça aussi bien? , se demande-t-elle, impressionnée malgré elle par son courage.
« Vous avez entendu James? , répète soudain Lupin, avec une voix bizarrement nouée.
-Oui..., confirme doucement le Survivant, en regardant son professeur. Pourquoi? Vous... vous connaissiez mon père?
-Oui... Oui, en effet... Nous étions amis quand nous étions élèves à Hogwarts. Harry, je crois que nous ferions bien d'en rester là pour ce soir, ajoute-t-il rapidement. Ce sortilège est beaucoup trop complexe... Je n'aurais jamais dû essayer de vous l'apprendre...
-Vous faites votre travail, coupe Cerridwen, avec la plus grande gentillesse.
-Je veux essayer encore une fois! , continue Harry, en se relevant. Je ne me concentre pas sur des souvenirs suffisamment heureux, voilà tout... »
Elle n'arrive pas à y croire; il va vraiment le faire une troisième fois? À peine formule-t-elle cette pensée qu'un sourire éclaire soudain le visage de Harry. Ce souvenir doit être particulièrement heureux, pour qu'il lui fasse cet effet.
« Prêt? , fait alors la voix du professeur Lupin, la ramenant illico presto dans le monde réel. Vous êtes bien concentré? [Nouveau hochement de tête] Allons-y! »
Pour la troisième fois en une heure, le coffre est ouvert, le boggart-Dementor relâché, les lumières s'éteignent et une vague de froid mortel s'étends dans l'ensemble de la pièce.
« EXPECTO PATRONUM! EXPECTO PATRONUM! EXPECTO PATRONUM! »
Leurs cris résonnent plus forts que jamais. Et plus la créature s'approche, plus Cerridwen entends les insultes de son père. Pourtant, ceux-ci sont étranges, comme si on jouait avec le volume d'une vieille radio en fin de vie. Ça monte, ça descend, ça monte... Et soudain, un autre souvenir lui vient à l'esprit.
Sa main, minuscule comparé à celle devant son visage... Une grande main chaude et fine, aux doigts tachés et abimés...
« Rentre. »
Tout d'un coup, une grande ombre argentée s'échappe de sa baguette, et se met à flotter entre elle et le boggart-Dementor. Elle est rapidement rejointe par une autre ombre, toute aussi grande et pâle. Ses jambes sont à la fois molles mais solides. Ses yeux sont fixés sur les silhouettes informes et translucides.
Au bout de ce qui lui semble être une éternité, Lupin repousse la créature jusqu'à son coffre, qui s'y réfugie dans un craquement plus que sonore. Épuisés, les élèves relâchent leur attention, faisant disparaître les Patronuses[3], puis se laissent tomber sur des chaises, avancées ils ne savent trop comment.
« Excellent! Bravo Harry! Bravo Cerridwen! C'était un très bon début! , s'exclame le loup-garou, une fois le boggart de retour dans son caisson de sureté.
-On peut faire un nouvel essai? , demande Harry, haletant.
-T'es malade ou quoi? , réponds sèchement Cerridwen.
-Je suis d'accord avec elle, avoue Lupin. Ça suffit pour ce soir. »
Il donne ensuite à chacun une grande barre du meilleur chocolat de Honeydukes, en leur conseillant de toute la manger sans quoi il devra affronter la terrible dragonne de l'infirmerie.
« On recommence à la même heure la semaine prochaine?
-D'accord, accepte volontiers Harry, en déballant son chocolat, tout comme elle. En silence, ils regardent Lupin éteindre les lampes qui s'étaient rallumées au départ du boggart-Dementor.
-Professeur Lupin? , fait brusquement le brun. Si vous avez connu mon père, vous avez dû connaître aussi Sirius Black?
-Qu'est-ce qui vous fait croire ça?
-Rien... Je sais simplement que eux aussi étaient amis quand ils étaient à Hogwarts, explique-t-il, aussi surpris que Cerridwen du ton plus que sec que l'enseignant a pris. Immédiatement, celui-ci se calme.
-Oui, je le connaissais. Ou plutôt, rectifie-t-il, je croyais le connaître. Vous feriez bien d'y aller, il est tard.
-Bien. Bonne nuit, professeur, salue la nièce du Maître des Potions.
-Euh... oui, bonne nuit, professeur. », imite Harry. Ils sortent ensuite de la salle de classe et empruntent le chemin menant au Grand Hall.
Pendant un moment, les deux amis restent silencieux, mangeant tranquillement leurs barres de chocolat, avant que le jeune homme ne fasse;
« Dis... c'était quoi, ton souvenir?
-... Au début, je pensais à la première fois où je me suis vengée d'Anna Charles, répond-t-elle, puis c'est devenu le jour où mon oncle a décidé de me garder avec lui. Et toi?
-La première fois que j'ai volé, lorsque Gryffindor a remporté la Coupe des Quatre Maisons, et lorsque j'ai appris que j'étais un sorcier et que j'allais quitter les Dursley pendant dix mois, sourit-il.
-Ce sont de beaux souvenirs, confirme Cerridwen.
-Les tiens aussi. »
Ils finissent leurs barres de chocolat dans le silence, puis se séparent au niveau de l'escalier de marbre, l'un le montant et l'autre continuant dans le couloir des cachots, non sans s'être saluer une dernière fois.
« Et puis, les cours? , lui demande Daphne, lorsqu'elle entre dans leur dortoir, quelques minutes plus tard.
-Exténuants. »
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9 janvier 1994
Severus est à peine surpris de voir Níniel le rejoindre, le matin de son anniversaire. En fait, il s'y attendait. C'est beaucoup plus simple de confier ce genre de tâches à sa chouette ou à Elwë que de le faire plus ou moins discrètement au détour d'un couloir plus ou moins fréquenté.
La chouette blanche se pose souplement sur la table des professeurs, juste devant son maître, un gros paquet enveloppé dans du papier kraft bon marché dans les pattes. Le potionniste lui tends un morceau de bacon, et après l'avoir attrapé, l'effraie des clochers repart, dans ce grand silence caractéristique d'elle quand elle est en public.
« Qu'est-ce que c'est? , s'enquit Albus, comme toujours curieux de la vie privée des autres.
-Si je le savais, je vous le dirais, réponds honnêtement Severus, en prenant le paquet. Il le déballe...
... et découvre une exemplaire de Vie et habitat des animaux fantastiques.
« Votre nièce a visiblement un grand sens de l'humour.
-Si c'est une blague, je ne la comprends pas du tout. »
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[1] Dans cette fic, Daphne est née le 5 octobre 1979, ce qui en fait l'aînée de Cerridwen, née le 20 juin 1980.
[2] Personnage principal du film d'horreur Jeu d'enfant (Child's Play) et de la série de films homonyme, sortie entre 1988 et 2013.
[3] Le pluriel de Patronus n'est pas Patroni, mais Patronuses, Patroni étant la traduction allemande de Patronus [Wiki Harry Potter].
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M/A : Et puis? Il vous plaît, ce chapitre? Moi, plus qu'assez. Même si la conversation privée de Cerri' et Daph' m'a pris une journée entière! Les trucs de filles, c'est pas vraiment mon truc (sourire gêné). Parler de garçons et de tout ça, je n'ai jamais fait. De un, parce que j'ai aucune amie assez proche pour le faire, de deux parce que je suis plus qu'impopulaire (prenez la personnalité de Lisa Simpsons et le caractère de Snape et vous m'avez!), et de trois... le fait que je sois asexuelle dérange tous ceux qui sont au courant. Et 'sont peu nombreux, vu que personne ne veut croire que l'asexualité soit une véritable orientation sexuelle...
Enfin, bref! D'ailleurs, vu que ce chapitre parle du Patronus, j'ai fait le test du Patronus, sur Pottermore. Et vous savez quoi? Mon Patronus, c'est une hirondelle! Un symbole de liberté et de loyauté, et un présage d'heureux augure! Trop cool!
Quant à la réflexion de Cerridwen sur la supposée « sagesse » de la peur de Harry... Sérieusement, c'est pas un peu ridicule? La peur, c'est la peur. Qu'on ait peur des clowns à cause de It, de Samara à cause de The Ring, ou juste d'une grosse araignée, c'est quand même la peur qu'on ressent. Pour preuve, la mère elle-même de Lupin, qui se faisait poursuivre par un boggart, a imaginé être suivi par un détraqué et quelle forme a pris le boggart? Celle d'un cinglé! Mais je suis sûre que si Mme Lupin avait recroisé un boggart plus tard, il n'aurait sans doute pas la même forme! Avouez que c'est un peu grotesque, comme réflexion?
J'espères que ce chapitre vous a quand même plû, n'hésitez surtout pas à commenter, et à la semaine prochaine! Ciao~!
