Bonsoir tout le monde !

Voici un petit chapitre...

J'espère que vous aller toutes bien !

Merci tout le monde d'etre encore la. Coeur sur vous !

Bonne lecture !


Chapitre 10

Cela faisait deux jours que j'étais revenu au travail, j'allais beaucoup mieux même si je me fatiguais très vite. Marie allait à merveille, elle avait même déjà oublié ce qui lui était arrivé. Durant la fin de ma maladie, j'avais pu compter sur Ben et James, mais surtout sur Bella, comme au début d'ailleurs. Je ne sais toujours pas pourquoi elle avait tenu à s'occuper de nous à ce point, mais une chose était sûre, je ne l'oublierais jamais. Alors que j'allais mieux et que les enfants étaient à l'école, j'avais beaucoup discuté avec elle, nous avions regardé des films, je l'avais taquiné sur ses lectures qui la faisaient passer du rire aux larmes. Je me sentais bien avec elle, tout simplement. Dommage que ma vie était trop compliquée pour envisager quoi que ce soit pour le moment.

Hier, quand j'étais retourné au boulot, j'avais appris que l'université fermait bientôt pour les vacances, juste après les examens de fin d'année. J'allais pouvoir profiter des enfants et je pourrais aussi toucher le chômage, bien sûr je ne roulerais pas sur l'or mais je n'aurais pas de dépenses de garde d'enfant, j'étais donc plutôt satisfait. Aujourd'hui j'embauchais plutôt de bonne humeur, jusqu'à ce que je croise Jacob qui, comme depuis le pique-nique où il s'était invité, avait une fâcheuse tendance à m'agacer.

- Alors Gordon Ramsay ! Ça va ?

Il m'irritait au plus haut point quand il m'appelait comme ça.

- Oui oui ça va. Et toi ? Bientôt les vacances ! Cool non ?

- Oui. Je vais rentrer chez ma famille un peu. Mais avant je dois passer chez notre chère Bella !

Ok, sur une échelle de un à dix de l'agacement, j'étais à cent ! Pourquoi il devait toujours me parler de Bella ? Qu'est-ce qu'il lui voulait ? Il cherchait quoi ? Une rivalité ? Mais s'il voulait sortir avec qu'il le fasse ! Pourquoi toujours remettre le sujet sur la table ? Bordel !

- Ah très bien.

- Oui, elle a besoin d'un homme pour réparer sa voiture ! Et toi tu vas partir ?

- Non, je vais rester ici avec les enfants.

- Ils vont bien ? Irène disait qu'ils avaient été malades.

- Oui. Marie seulement, mais ça va beaucoup mieux merci. Euh, tu sais si Esmée est là ?

- Je l'ai vu dans sa salle oui.

- Ok. J'y vais vite, merci. À plus Jacob.

Je n'attendais pas sa réponse et partis en direction de la salle de classe qu'Esmée Cullen occupait. Les cours n'avaient pas encore commencés, j'avais encore un peu de temps. Doucement je frappais à sa porte, j'attendis l'autorisation d'entrer et la découvris au tableau en train de dessiner je ne sais quoi.

- Oh Edward ! Ravie de vous revoir ! Ça va mieux ? Carlisle m'a dit que vous étiez vraiment dans un sale état !

- Je vais beaucoup mieux oui. Je peux vous interrompre un instant ?

- Bien sûr.

Elle posa son feutre et s'assit à son bureau tout en m'invitant à en faire autant. Je pris donc un siège et reprit la parole.

- Je voudrais vraiment vous remercier vous et Carlisle pour ce que vous avez fait pour Marie et moi. Je veux dire, votre époux n'était pas obligé de venir après son travail et puis il n'est pas généraliste...

- Je ne dirais pas que c'était avec plaisir, car je pense que vous vous seriez passé de cette grippe. Bella m'a appelé très inquiète et à demander l'aide de son oncle. Ça n'a dérangé personne.

- Je vous en suis reconnaissant. Et à Bella aussi. Elle est tellement gentille, je ne sais pas comment j'aurais fait sans elle...

Comme un con, je me sentais sourire, Esmée me regarda étonnée avant de sourire à son tour, tout en se gardant de commentaires. Je me ressaisis puis reprit la parole.

- Bref... quand j'ai discuté avec votre mari pour savoir comment vous remerciez tous, il m'a suggéré de vous donner un cours de cuisine...

- Oh Edward...

Les joues de mon interlocutrice se mirent à rougir et elle détourna le regard.

- Je n'oserais pas...

- Bien sûr que si. Et j'insiste. Dites-moi quand et je suis votre homme. Ça sera avec grand plaisir, en plus votre cuisine est absolument géniale.

- Vous savez que ce serait un honneur.

- Pour moi aussi. Alors, quand voulez-vous ?

- Ce week-end ? Dimanche ? Mon fils et sa famille seront là, je serais fière de leur servir autre chose qu'un steak et des pommes de terre.

- Parfait, que voulez-vous que l'on cuisine ? Dites-moi, nous ferons ce que vous souhaitez.

Elle parût une nouvelle fois gênée puis doucement elle avoua.

- Et bien, j'adore votre risotto aux champignons et au poulet.

- Alors faisons ça ! Samedi matin vous seriez libre ?

- Oui pourquoi ?

- Je vous propose d'aller au marché, nous irons acheter des produits frais.

- Oh Edward vous me gâtez ! Samedi à 9h au Pike Place ?

- C'est parfait. Vous avez un papier ?

Elle me tendit un post-it où j'écrivis mon numéro de portable.

- Tenez, en cas d'empêchement.

- Si vous saviez comme j'ai hâte !

- Par contre, je serais obligé d'emmener les enfants...

- Avec plaisir ! Ma petite fille sera là. S'il fait beau, ils pourront profiter de la piscine.

- Ils seront plus que contents. Merci. À Samedi alors ?

- Oui.

Elle se leva, j'en fis autant et elle me raccompagna à la porte. Après un dernier salut nous nous séparâmes pour aller travailler chacun de notre côté. La matinée passa relativement vite, je croisais plusieurs fois Irène, je la soupçonnais de me surveiller, histoire de voir si je n'allais pas m'écrouler en plein milieu du couloir.

Hier soir en préparant mon repas, j'avais eu l'idée de cuisiner pour deux, dans l'idée d'aller surprendre Bella à son travail. Je me dépêchais donc d'aller jusqu'aux archives municipales. C'était la première fois que je m'y rendais. Un peu au hasard, j'entrais dans une grande salle remplie de tables et de chaises, mais à ma grande surprise, je ne trouvais aucune étagère avec des bouquins ou je ne sais quoi. Balayant la salle du regard je trouvais facilement Bella. Elle était penchée par-dessus l'épaule d'un vieux monsieur qui regardait des documents avec une loupe. Bella semblait concentrée, visiblement occupée à déchiffrer les papiers. Elle avait ses lunettes, ses longs cheveux étaient rassemblés sur le côté droit de son épaule, probablement pour ne pas déranger le monsieur. De loin je la vis frissonner, puis elle leva le regard vers moi. Elle m'observa par-dessus ses lunettes, un sourire fendit son visage. Elle parla à l'homme avec qui elle était puis, tout en remettant ses cheveux derrière son dos, elle s'avança vers moi.

- Quelle surprise ! Qu'est-ce que tu fais là ?

Un peu maladroitement je m'approchais d'elle pour embrasser sa joue. Elle parut surprise mais ne dit rien.

- J'ai cuisiné pour au moins deux personnes hier, alors j'ai pensé que l'on pouvait déjeuner ensemble, si tu as le temps.

- Une chance pour toi que oui. Comment tu aurais fait sinon ?

- Je t'aurais kidnappé pour une heure.

Elle sourit et regarda sa montre.

- Ma collègue revient dans cinq minutes. Installe-toi si tu veux.

- Merci. Je t'attends.

Je me dirigeais vers l'une des tables libres tout en l'observant retourner au près du vieil homme. Elle portait une robe blanche, lui arrivant au-dessus des genoux, ses jambes étaient nues et magnifiques. Je secouais la tête et pour me changer les idées, je sortis mon portable. J'avais plusieurs mails, et un message vocal d'un numéro inconnu. Les mails étaient sans importance, quant au message, je l'écoutais le plus silencieusement possible. C'était l'assistante sociale, elle voulait un rendez-vous dans les jours à venir. Ça ne m'enchantait pas vraiment.

- Merci de ne pas utiliser votre téléphone ici s'il vous plaît !

Je levais les yeux sur une femme, brune d'une trentaine d'année, le visage sévère. Elle leva un sourcil et doucement je rangeais mon téléphone.

- Vous êtes ici pour des renseignements ou vous avez pris cette salle pour une cantine ?

Elle désigna mon sac à lunch. C'était qui cette bonne femme ?!

- Euh je...

- Mildred, il est avec moi. On t'attendait pour sortir déjeuner.

Bella avait volé à mon secours, la dite Mildred nous regarda tour à tour avant de hausser les épaules.

- Il t'en faut combien ? Un vrai défilé ce n'est pas Meetic ici ! Aller je prends la relève, à dans une heure.

- Trop aimable merci. Viens Edward.

De quoi elle parlait ? Qui était déjà venu ? Jacob ? D'autres ? Je me sentais un peu énervé, mais la main de Bella dans la mienne m'apaisa. Une fois dehors elle parla sans me lâcher.

- Je suis désolée, c'est une vieille conne célibataire frustré qui n'a jamais vu un pénis de sa vie !

J'éclatai de rire et la pris par la taille.

- J'avoue qu'elle n'a pas l'air aimable. C'est ta seule collègue ?

- Heureusement non. D'habitude je suis avec ma colocataire mais là... pas de bol !

- Tu vis en coloc ?

- Oui nous sommes trois. Ma meilleure amie Alice et son copain Jasper.

- Et tu bosses avec Alice du coup.

- Oui. Viens, il y a un square, nous serons tranquille pour manger.

- Je te suis.

Très vite nous arrivâmes au petit square, nous trouvâmes un banc de libre pour nous installer je déballais notre repas. Je lui tendis ses couverts, ainsi qu'une bouteille d'eau.

- Tu avais tout prévu.

- Je fais les choses bien. Lasagnes ça te va ?

- Parfait oui !

Je lui donnais sa part et repris la parole alors qu'elle prenait sa première bouchée.

- Tu sais je suis un peu déçu.

- De quoi ?

- Et bien j'imaginais les archives avec plein de vieux papiers, des livres, des registres... une sorte de bibliothèque. Pas juste une table et des chaises dans une pièce.

- On ne peut pas mettre en libre-service les documents, certains sont trop fragiles, trop précieux pour être entreposés. Je te montrerais tout à l'heure si tu veux.

- Je suis curieux alors je veux bien !

- Conclu. Comment vont les enfants ?

- Très bien, plus que quelques jours d'école et c'est les vacances. Pour moi aussi d'ailleurs.

- Tu as de la chance. Je ne serais pas en vacances avant début août.

- Je penserais à toi !

Elle tira la langue et je souris avant de reprendre.

- Tu vas partir ?

- Peut-être, je ne sais pas. Rien n'est fait encore. Et toi ?

- Oui bien sûr, je suis assez riche pour ça ! Tiens au fait, dimanche prochain je cuisine chez ton oncle et ta tante !

- Vraiment ?

- Ouais, pour les remercier d'avoir joué au docteur avec moi.

- Esmée doit être ravie ! Elle aime ta cuisine.

- Et toi ?

Elle rougit et pris une bouchée de lasagnes avant de répondre.

- S'il n'y avait que ça...

Je ne savais pas quoi répondre. Je me contentais de tendre la main et de lui caresser la joue. Si seulement ma vie n'était pas aussi compliquée... Elle finit par sourire en coin et repris la parole.

- Les lasagnes sont divines !

- Pas autant que tes bananes écrasées !

- Ce n'est pas comparable.

- Mais j'adore ça.

Elle secoua la tête puis elle se leva brusquement en poussant un cri et en tapant sa robe pour chasser je ne sais quoi.

- Bella qu'est-ce qui se passe ?

- Enlève là ! Fais-la partir !

- Mais de quoi ?

- Là ici sur ma robe !

Elle gigotait dans tous les sens, je ne voyais rien.

- Arrête de bouger !

- Oh seigneur !

Elle finit par se calmer mais vérifia autour d'elle je ne sais quoi.

- Qu'est-ce que tu cherches.

- Si elle est toujours là. Elle n'est plus sur ma robe ?

- Pour la dernière fois, je dois voir quoi ? Une araignée ? Une guêpe ?

- Une coccinelle !

- Quoi ?

- Oh s'il te plaît dis-moi que je n'ai rien sur moi !

Une coccinelle ? Malgré moi je me mis à rire, un fou rire qui vexerait Bella à coup sûr mais il était incontrôlable. De tous les insectes, je pense qu'il n'y avait rien de plus inoffensif qu'une coccinelle !

-Arrête de bouger Bella ! Je la vois arrête !

Avec la plus grande maîtrise dont elle était capable, Bella s'immobilisa et je retirais l'horrible créature qui se trouvait sur le bas de sa jupe.

- Vole maudite coccinelle !

Rougissante, Bella s'assit de nouveau sur le banc en essayant d'avoir l'air le plus normal possible.

- Ne te moque pas.

- C'est inoffensif.

- Tu n'en sais rien ! Ce sont des insectes ! Peut-être qu'elles peuvent entrer sous ta peau tellement elles sont minuscules ! Et qui te dis que leurs points sur le dos ne sont pas le nombre de leurs victimes ?

Je la regardais avec stupéfaction. Était-elle sérieuse ? J'avais envie de rire et ne plus jamais m'arrêter, mais elle avait l'air vraiment sérieuse et effrayée.

- Vraiment ?

- Oui vraiment ! Tu n'as peur de rien toi ?

- Je... non... pas de ce genre en tout cas. Je n'y ai jamais pensé.

- Et bien... ça ne te donne pas le droit de te moquer de moi.

- Je m'en excuse Bella.

- Hum.

- Comment je pourrais me faire pardonner ?

Elle secoua la tête et repris sa part de lasagnes.

- C'est bon, n'en parlons plus. Dépêchons nous si nous voulons aller dans la salle des archives.

- Mildred ne dira rien ?

- Qu'elle aille se faire foutre !

- C'est peut-être tout ce qu'elle attend !

Elle rit en secouant la tête.

- J'en suis même certaine. Allez mange !

- Oui chef.

Nous terminâmes de manger dans le silence, puis je rangeais tout dans mon sac.

- Et bien c'était vraiment délicieux ! Je te remercie !

- Je t'en prie. J'avais envie de faire ça pour toi. Je pense aussi que je me suis habitué à ta présence. Ne plus te voir pleurer sur tes bouquins me manque.

- Seigneur, n'arrêteras-tu donc jamais avec ça ?

- Non. Je ne comprends pas pourquoi un livre peut te mettre dans un état pareil.

- Peut-être parce que tu es aussi sensible qu'une chaise.

Je souris et me frottais la joue à cause d'une démangeaison imaginaire.

- Mon frère me disait des choses dans le genre.

- Oh je suis désolée...

- Non, non. Il ne faut pas, c'est des bons souvenirs. Tu sais ce que je faisais quand il me disait ça ?

- Je ne pense pas que ce soit une tape amicale dans le dos.

- Exact ! Je lui bottais le cul ! Mais je ne te ferais pas subir ça.

Elle sourit, se leva et me tendis la main. Je la saisis et nous avançâmes vers son lieu de travail.

- Tu ne m'avais jamais parlé de lui encore. Ni en bon ou en mauvais souvenir.

- Je suppose que l'occasion ne s'est jamais présentée. C'était quelqu'un de bien, Jenna aussi. Ils me manquent terriblement. Je n'arrive pas à croire à cette injustice.

- Je te comprends.

Son visage se ferma, elle fixait le sol et avançait tête baissée. Je pressais simplement sa main, juste pour lui dire que j'étais là, que je l'écouterais, maintenant ou plus tard. Elle respira un grand coup et se lança.

- J'avais un frère moi aussi. Lui aussi il est mort. J'imagine que c'est pour ça que je me suis tout de suite senti... disons proche de toi. Nous nous ressemblons. Quand mon père m'a parlé de l'accident de ton frère et que nous nous sommes vu chez ma tante... ça m'a paru évident.

- Que s'est-il passé ?

- C'était mon jumeau. Seth. C'est stupide...

- Si tu ne veux pas parler je comprends. Mais je suis là.

- C'était il y a longtemps. Mais personne n'en parle jamais dans ma famille. Surtout pas mes parents. Nous avions huit ans. Ma mère nous avait emmenés au parc. Nous faisions de la balançoire, puis j'en ai eu marre, je voulais le toboggan. Le temps que maman me court après pour me rattraper, l'espace de trente secondes... Seth était tombé de la balançoire et il s'était brisé la nuque.

J'arrêtais notre marche et ne trouvais rien d'autre que de la prendre dans mes bras. Il n'y avait aucun mot à mettre sur sa peine, je le savais très bien. Je la sentis sourire contre moi.

- Merci de ne pas dire « je suis désolé, c'est affreux ! »

- Je sais très bien que ça ne servirais à rien.

- Je vais bien. Je ne me souviens pas de l'accident. Et mes parents ne m'ont jamais élevé comme si c'était de ma faute. Mon père n'en a jamais voulu ni à moi ni à ma mère. C'est... arrivé c'est tout. Je vais bien.

Je ferais comme si je la croyais. Ou alors c'était vrai, mais dans mon cas c'était trop récent pour dire « Je vais bien » j'espère que pour elle c'était vraiment le cas. Elle finit par s'écarter de moi, le sourire aux lèvres, il n'était pas sincère, c'était juste une façade.

- Avançons.

- Pourquoi m'en a tu pas parlé plus tôt ?

- Quand ? Chez ma tante « salut je suis Bella et mon frère et mort, comme le tien ! Parlons ensemble ! »

- Mais après ?

- Avec Jacob au pique-nique ? Ou pendant que tu délirais à cause de la fièvre ?

- Hum ouais...

- Et puis je ne voulais pas déballer ça comme ça. Il fallait un contexte quelque chose. Je ne voulais pas t'en parler pour que tu aies pitié. Juste pour que tu saches que je sais ce que c'est et que tu n'es pas tout seul. Même si j'ai passé moins de temps avec mon frère que toi, je ressens le même manque.

- Merci de me l'avoir dit et du coup... je te comprends aussi. Un frère n'est pas remplaçable, encore moins un jumeau.

- Tous les ans, pour notre anniversaire nous allons déposer un bouquet. Je n'ai jamais connu un anniversaire joyeux. Ma pénitence.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Si j'étais sagement rester à côté de ma mère, il ne serait jamais tombé.

- Qu'est-ce que tu en sais ? Si je n'avais pas offert cette nuit d'hotel à mon frère il ne serait jamais mort non plus. Pourtant ce n'est pas moi qui aie grillé un feu ! Tout comme ce n'est pas toi qui l'as fait tomber.

- Je sais que tu ne penses pas ce que tu dis. Tu t'en persuades mais au fond tu ne peux pas t'empêcher de te dire que « si je n'avais pas... ». Mais tu verras, avec le temps tu arrives presque à y croire.

Elle avait terriblement raison. Je n'ajoutais rien. Je n'avais rien à répondre, rien à défendre. Elle ne me jugeait pas, loin de là.

- Je ne voulais pas plomber l'ambiance. Je suis navrée.

- Ne le sois pas. Nous devons vivre avec. Montre-moi ton monde poussiéreux des archives. Je suis véritablement curieux.

Elle sourit et nous entrâmes dans le bâtiment, sans un mot nous traversâmes la salle où plusieurs personnes étaient penchées sur divers documents, pour nous rendre à l'un des ordinateurs. Bella ignora royalement le regard sévère et moralisateur de sa collègue. J'en fis autant. Mon amie remis ses lunettes qu'elle avait laissé là plus tôt et entra quelques codes lui donnant accès aux données puis elle leva les yeux vers moi.

- Ici nous tapons notre recherche... par exemple... cuisine. On valide et tu vois, tout ce qui concerne la cuisine apparaît. Mais il y a encore trop de choses, nous devons affiner les recherches. Nous voulons la cuisine qui se mange, pas la rénovation des cuisines de restaurant. Mettons cuisine + repas + gastronomie.

Elle valida et il y eut tout de suite moins de possibilités. Je regardais rapidement les propositions, une m'interpella. Le repas servi lors de l'investiture du maire en 1926.

- Je peux voir ça ?

- Bien sûr.

Elle cliqua sur le lien, qui la renvoya à différents numéros. Elle les nota sur un post-it et se leva tout en relevant ses lunettes sur la tête.

- Suis-moi. Ce sont les références.

Elle jeta un regard vers Mildred qui était occupée avec une dame, puis me fit passer une porte sur laquelle il y avait écrit « personnel seulement » nous passâmes une deuxième porte pour enfin arriver dans une grande allée, pleine d'étagères remplis de boites, de classeurs, de livres... c'était impressionnant. Bella me regarda avec un sourire satisfait.

- Bienvenue dans mon monde !

- Il fait froid.

- Oui, c'est pour préserver tout ça... qu'en penses-tu ?

- Je suis impressionné !

- Allons voir notre recherche.

Elle s'avança dans les allées, sachant parfaitement où elle se rendait, elle finit par dénicher un gros classeur blanc, elle l'ouvrit puis après avoir tourné quelques pages, elle en sortit ce qui devait être un menu. Je m'approchais. C'était vieux, abîmé mais lisible.

- Pourquoi ils ont gardé ça ?

- C'était le repas de l'investiture de la première maire de Seattle. Une grande première, un fait historique. Il est dit ici que c'était même la première femme à être élue dans une grande ville des Etats-Unis. Bertha Knight Landes, maire de 1926 à 1928.

- C'est... très intéressant ! Regarde un peu ce repas ! En entrée ils prenaient de la glace... de la tortue claire... c'est une soupe à la tortue tout bêtement.

- Ils mangeaient des tortues ? Quel horreur.

- C'était très répandu avant. Certains en faisaient une spécialité. Je n'ai jamais goûté. En plat du ris de veau, du poisson... finalement ce n'est pas très différent de ce que nous mangeons maintenant. C'était juste très copieux et ce sont des produits nobles.

- Mise à part la tortue.

- Tu préfères une soupe à la coccinelle ?

- Pauvre con !

Je ris et jetais un œil à ma montre.

- Oh merde !

- Quoi ?

- Je vais être en retard !

- Oh désolée. Laisse, je vais ranger.

- Merci Bella, finalement j'aime cet endroit et ce qu'on peut découvrir. J'aimerais en voir plus.

- Quand tu veux.

- Merci pour le reste aussi.

- Dépêche-toi, on se reparle très vite, tu me diras tout ça à ce moment-là.

- Oui. Je passe par où ?

- Au bout de l'allée à droite et ensuite tout droit jusqu'à la porte.

Je rendis le vieux document et pris par je ne sais quelle pulsion, je me penchais vers elle dans le but précis d'embrasser ses lèvres. Elle s'immobilisa, puis me regarda les yeux ronds puis entrouvris la bouche suite à la surprise. Je me reculais mal à l'aise et un peu étourdi.

- Je... pardon... c'était... la précipitation... je visais ta joue pas...

La surprise passée, elle me regardait désormais avec intensité.

- Ne t'excuse surtout pas...

- Très bien car... je ne suis pas vraiment désolé.

- Parfait.

- Oui, parfait.

Nous nous fixions du regard, c'était électrique entre nous. Elle finit par faire un pas vers moi, c'était le signal que j'attendais. Je comblais alors l'espace entre nous, mes mains encadrèrent son visage, les siennes enveloppèrent mes poignets et nos lèvres se soudèrent avec avidité. Alors que je l'embrassais fiévreusement, ses mains passèrent de mes poignets à mes épaules, puis elle m'attira plus contre elle. Sans rompre notre contact, je la pris par les hanches, puis passait mes mains sur sa robe. Contre moi elle gémit alors que je remontais mes doigts le long de ses cuisses mais finalement prendre en coupe ses fesses.

- Isabella ?!

Nous sursautâmes, malgré moi je me séparais de ses lèvres et d'elle tout court. Bella fuyait mon regard et répondit à sa collègue.

- Oui ?

Sa voix était rauque.

- Qu'est-ce que tu fabriques ?

- Je cherchais quelque chose ! J'arrive !

- Tu es seule j'espère !

Bella me fit signe de faire le tour par l'autre allée, les pas de Mildred se rapprochaient de nous. Sans rien ajouter de plus, ni geste ni parole je m'échappais.

- Bien sûr que je suis seule, qu'est-ce que tu veux ?

Au son de leur voix, je compris qu'elles s'étaient retrouvées. Le plus discrètement possible je tentais de sortir de cette pièce alors que Mildred questionnait Bella.

- C'est quoi ça ?

- On m'a demandé ce matin des informations sur la première femme maire de la ville. Voilà ce que j'ai trouvé. Tu m'espionnes ?

- Je suis à peu près sûr que tu es entrée avec ce garçon.

- Il n'est pas là. Tu le vois bien.

- Tu es étrange... plus que d'habitude.

- Et pourquoi tu ne me laisserais pas tranquille un peu ?

- Ce n'est pas une maison de passe ici. Merci de ne plus donner rendez-vous à tes petits copains ici !

- Tu sais très bien que tu dis des bêtises ! C'est la première fois qu'Edward venait ici. Et c'était inattendu, une surprise.

- Et l'autre ? Il vient quasiment toutes les semaines !

- Ce n'est pas mon petit ami ! Et de quoi tu te mêles, je fais mon travail correctement, je suis à l'heure et toujours présente ! Alors laisse ma vie privée là où elle est !

- Mais c'est toujours...

- Toujours à l'heure de ma pause déjeuner ! Tu n'as rien à dire ! Laisse-moi ! Fiche le camp !

Avant qu'elles ne se décident à sortir de là, je me dirigeais à grand pas vers la sortie puis je me dirigeais vers l'université la tête bourrée de question. Je ne voulais pas laisser Bella dans cette situation, je voudrais la défendre, mais je ne voulais pas lui porter préjudice non plus. J'étais complètement dérouté par ce qu'il venait de se passer. Heureux de l'avoir embrassé, j'en mourrais d'envie et je ne regrettais rien, ça avait été fabuleux. Cependant plusieurs questions me venaient à l'esprit. Avais-je le temps pour une petite amie ? N'avais-je pas réagit par faiblesse... ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas touchée une femme. Et puis qui était ce type qui venait la voir toutes les semaines ? Était-elle sincère ? L'étais-je ? Et les enfants dans tout ça ?

Mon dieu qu'avions nous fait ?!


Voilà !

A très bientôt

bisous tout le monde !