Disclaimer: Twilight est la propriété de Stephenie Meyer. L'histoire appartient à wmr1601 (lien sur mon profil), je ne fais que traduire.
Bonjour tout le monde!
Et voilà le nouveau chapitre!
Merci à toutes pour vos reviews et les nouvelles mises en alerte/favori :)
Et merci beaucoup à Missleez, ma bêta :)
Précédemment : « Non, non » dis-je. « Ça va. En fait je suis contente que tu... » Ma voix s'estompa, pour une raison quelconque, j'étais en fait gênée de dire le mot 'embrasser'.
Il ne sembla pas avoir la même hésitation. « Que je t'ai embrassée ? » finit-il.
Je hochai la tête, et il rit.
« Dans ce cas... » Il se pencha et pressa fermement ses lèvres contre les miennes une fois de plus, mais seulement pour un instant cette fois. « Bonne nuit, Bella. »
Bonne nuit ? Déjà ? Mais maintenant, il s'éloignait de moi, vers son propre appartement. Lentement, mais il le fit. Ma main tremblait alors que je la mettais dans mon sac et je sortis mon trousseau de clé. Lorsque la porte de mon appartement fut déverrouillée et ouverte, je me tournai vers la porte d'Edward, il se tenait là, attendant que j'entre chez moi avant qu'il ne pénètre dans son propre appartement. « Bonne nuit, » dis-je, faisant un signe de main sans enthousiasme. « Merci encore pour cette merveilleuse soirée. »
« Bonne nuit, Bella » répondit-il.
Lorsque je fus dans mon appartement, je rejouai certains moments de la soirée dans ma tête : la danse, la promenade, la conversation, le nouveau vase, le baiser. La pensée du nouveau vase me rappela que je devais m'occuper de mes œillets, donc je le fis, puis je me retirai dans ma chambre. Quand je retirai ma robe bleue marine et glissai nue entre mes draps, pour la première fois depuis des mois, je fus capable de m'endormir sans penser à la musique.
~ * CHAPITRE 10: Histoire * ~
Cette nuit mon rêve fut embrouillé, confus mais clair en même temps. Des images de Miss Lydia se transformaient en Edward, ou Tia, et recommençaient. Je me réveillai une heure avant que mon réveil ne sonne repensant à ce que j'avais vu.
Je dansais avec Edward, tout comme au restaurant.
Il se transformait en Miss Lydia, et nous nous retrouvâmes soudainement assis sur son canapé, à parler.
Le canapé resta le même, mais notre environnement devint soudain mon nouvel appartement, et j'étais avec Edward à nouveau.
Le canapé devint une chaise dans un bureau, et je regardais Maître Jenks avec Miss Lydia à mes côtés.
Le bureau devant moi se transforma en table de salle à manger, et Tia et Benjamin me parlaient de leur 'ami' et célébrité locale qui vivait dans notre immeuble, puis ils disparurent une fois de plus, laissant Edward et moi à nos spaghettis.
Enfin, le visage de James apparut dans les spaghettis, me lorgnant, me narguant avec des chuchotements de 'Je suis ton seul ami, et je viendrai pour toi ensuite'. Mais ce n'était pas la voix de James, c'était plus le sifflement d'un serpent du mal. Ce spectacle fut ce qui me tira de mon sommeil avant l'heure à laquelle je devais me lever pour le travail.
Miss Lydia ! Je dois appeler Miss Lydia ! La pensée fut soudaine et urgente. Le fait qu'il était à peine sept heures n'avait pas d'importance. Elle avait toujours été une lève-tôt, et je devais m'assurer qu'elle allait toujours bien. Je me faisais un point d'honneur de l'appeler tous les jours pour vérifier qu'elle allait bien, et mon père l'avait invitée à rester avec lui, il avait été surpris quand elle avait accepté son offre. Je ne l'étais pas. Je savais à quel point un James en colère était effrayant, et si j'avais été à sa place, je n'aurais pas voulu rester seule, non plus.
Relevant mon corps et posant mes pieds nus sur la moquette beige, je marchai jusqu'au placard pour trouver quelque chose à mettre. Même si c'était juste au téléphone, et elle ne le saurait jamais, je me sentais toujours bizarre de parler à Miss Lydia sans vêtements. Une fois que je fus habillée, je retournai vers mon lit et m'assis sur le bord, j'attrapai mon téléphone sur la table à côté, et je débranchai le chargeur, en regardant l'écran. Il n'y avait rien pour l'instant, aucun texto pendant que je dormais. Depuis le jour où James m'avait appelée, j'étais terrifiée à l'idée qu'il me rappelle, il ne l'avait pas encore fait, mais je connaissais James. Entre sa menace dans la salle d'audience et le fait qu'il n'avait évidemment pas peur quand il s'agissait d'enfreindre l'ordonnance de restriction, je savais que j'étais seulement en sécurité tant qu'il ne savait pas où j'étais. La minute là passa... eh bien, ce n'était pas quelque chose à laquelle je voulais penser.
Je composai le numéro de la maison de mon père, et il répondit à la deuxième sonnerie. Quand j'étais plus jeune, il y avait toujours une politique qu'on ne répondait jamais au téléphone à la première sonnerie, mon père pensait que c'était grossier. A la deuxième sonnerie c'était poli, à la troisième c'était acceptable. Mais, à la quatrième sonnerie c'était grossier aussi, et il valait mieux avoir une bonne excuse pour ne pas répondre jusque là, sauf si vous n'étiez pas à la maison et le répondeur (avant les jours de la messagerie vocale à laquelle nous pensions, mon père avait même refusé un téléphone portable jusqu'à ce qu'il réalise la vraie commodité, mais même encore, il refuser de l'échanger contre sa ligne fixe de façon permanente) prenait l'appel. « Allô. » répondit-il.
« Hey, papa » répondis-je.
« Bells ! » il semblait heureux de m'entendre, même surpris, ce qui était stupide car j'appelais chaque matin, même si ce n'était que quelques minutes de conversation.
« Comment elle va ? » demandai-je, sans me soucier des banalités. Ce n'était pas que je ne voulais pas parler à mon père, mais il comprenait mon inquiétude, et même plus encore, ma culpabilité, à propos de ce qui était arrivé à Miss Lydia.
« Chérie, je te l'ai dit chaque matin depuis qu'on est revenu, elle va bien. Ils ne l'auraient pas laissée sortir de l'hôpital si elle n'allait pas bien. »
« Bien sûr, elle est peut-être bien physiquement, mais au-delà de ça, papa. Comment est-elle ? Elle est toujours flippée ? Est-ce qu'elle dort bien ? »
« Elle est réveillée là. Tu veux lui parler ? »
« Bien sûr ! » Une partie de moi voulait rouler des yeux à la question de mon père, mais j'avais été élevée mieux que ça, même s'il ne pouvait pas me voir, je savais que ce serait impoli.
Il y eut un bruit sourd, comme si le téléphone était frotté contre une sorte de tissu, probablement la chemise de mon père, et des voix, même si je ne pouvais pas comprendre ce qu'ils disaient.
Puis Miss Lydia parla. « Bonjour, Bella. » Je pouvais entendre le sourire dans sa voix. Elle semblait mieux que ce qu'elle avait été pendant toute la semaine, forte et détendue.
« Bonjour » répondis-je, mon cœur se sentant plus léger au fait qu'elle aille mieux. « Tu as l'air d'aller bien. »
« Je me sens bien. Le docteur dit que je peux retirer les points de suture dans une semaine, mais au-delà de ça, je suis de nouveau entièrement autonome. Mais, je dois dire, j'ai plutôt l'impression d'être ici avec ton père. Cet homme peut cuisiner. »
Je ris à sa dernière phrase. « Tu n'avais jamais mangé la cuisine de mon père avant ? »
« Pas assez régulièrement pour l'apprécier comme pendant ces derniers jours » dit-elle, se joignant à mon rire.
« Eh bien, tu es là pour un festin, alors. Il m'a appris aussi, mais parfois je manque encore la façon exacte dont les choses tournent quand c'est lui qui cuisine. »
« Oh, ton père me traite déjà comme une reine. Il fait de l'excellent travail pour me faire me sentir en sécurité, donc tu n'as pas à t'inquiéter pour moi, Bella. » Ses paroles me rappelèrent la raison pour laquelle j'avais appelé et du fait qu'elle savait pourquoi j'appelais. Rien n'échappait à Miss Lydia.
Mais, juste parce qu'elle connaissait ma réelle motivation ne voulait pas dire que je pouvais laisser faire ça rapidement. Surtout avec les appels et les messages que j'avais reçus de James avant-hier, ça semblait être il y a une vie, mais ce n'était pas le cas. « Miss Lydia, je comprends si tu ne veux pas encore en parler, mais est-ce que c'est bon si je te pose quelques questions sur ce qui s'est passé ce jour là ? S'il te plaît, n'hésite pas à dire non si tu ne veux pas. Je me demande juste. Je veux dire, on a souvent parlé depuis le... l'incident, mais jamais à ce sujet. Je ne veux pas te pousser, mais je veux savoir ce qui s'est passé ce jour là. » Ma voix craqua sur le mot 'incident'. Je l'entendis soupirer, et je retirai immédiatement ma demande. « Tu sais quoi ? Peu importe. Je n'aurais pas dû demander... »
« Bella, tu as pris ma profonde inspiration pour un soupir » dit-elle en m'interrompant. « Ça ne sera pas la chose la plus facile que je vais faire dans ma vie, d'en parler, surtout à toi, mais je pense que tu as raison. C'est important que tu saches ce qui s'est passé et mes théories pour expliquer pourquoi. »
« Tu as des théories ? ».
« Oui. Mais, commençons par le début, d'accord ? »
Je déglutis. Je n'étais pas sûre d'être prête pour entendre ça, mais vu que j'étais celle qui avait mis le sujet sur le tapis en premier lieu, ce serait impoli de reculer désormais. « Très bien » dis-je timidement.
« On parlait au téléphone, et tu te souviens des coups qu'il y a eu à la porte, non ? »
« Oui. »
« Et comment tu as remarqué à quel point je semblais fatiguée ce jour là ? »
« Oui. » Je réalisai que je me répétais, mais il n'y avait vraiment rien d'autre à dire pour l'instant. Mon cœur battait dans ma poitrine alors que je me préparais pour son récit.
Elle soupira à nouveau. « Il n'y a pas de bonne façon pour dire ça, chérie. » Sa voix était douce, mais concernée. « Il m'appelait à toute heure du jour et de la nuit, toujours pour te chercher. Je ne lui ai jamais donné d'information, alors ne t'inquiète pas pour ça, mais c'était de l'intimidation sur une vieille femme, même s'il n'a jamais rien fait de plus que des appels téléphoniques. Il était toujours arrogant, en colère, désespéré de savoir des choses sur toi et où tu étais partie. Je pense qu'il croyait que tu vivais encore avec moi et que je te cachais. Il avait à moitié raison. » Je pouvais pratiquement voir le scintillement dans ses yeux bleus alors qu'elle disait ça.
« Donc il t'a harcelée ? » demandai-je, essoufflée. Ça ne m'échappa pas qu'aucune de nous ne semblait capable de dire le nom de James.
« Dans une certaine mesure, oui, je suppose qu'on pourrait appeler ça du harcèlement. Mais Bella, je veux que tu saches que tu peux compter sur moi. Je pourrais traverser ça une centaine de fois de plus pour te maintenir en sécurité, pour garder ton secret. »
« Je sais que tu le ferais » murmurai-je. Et je ferais la même chose pour toi si les rôles étaient inversés. Mais, je ne pus dire cette pensée à voix haute. Miss Lydia et mon père s'étaient toujours très préoccupés de moi, au point d'être presque sur-protecteurs.
« Tu veux en savoir plus, où c'est assez pour aujourd'hui ? »
Je déglutis. Il n'y avait pas de bonne réponse à cette question. Entendre le reste de l'histoire allait être difficile, mais ne pas l'entendre allait me rendre folle, maintenant que je savais qu'il y avait une histoire à entendre. « Si tu es d'accord pour en parler, j'aimerais en entendre plus. » Ma voix était toujours basse, à peine un murmure.
« Je ne te l'aurais pas proposé si je n'en était pas sûre » m'assura t-elle. « Donc, tu veux surtout savoir à propos de ce jour là la semaine dernière, pas vrai ? »
Les larmes commencèrent à se former dans mes yeux et mes mains tremblaient, je pouvais presque sentir mon téléphone cogner contre ma tête. « C'est ça. »
« Alors, maintenant tu sais pourquoi je semblais si fatiguée ce matin là. Mais j'étais contente de parler avec toi. Ton émerveillement au fait d'avoir rencontré Edward était une bonne distraction aux problèmes que j'avais ici. » Je pouvais imaginer le sourire sur son visage, et encore une fois, je fus atterrée par son attitude désinvolte. Je remarquai aussi combien elle était détendue de dire le nom d'Edward, pas du tout comme je l'étais au début, bloquant dessus. Puis, je me souvins qu'elle lui avait aussi donné des cours de piano. Je voulais lui en parler, mais d'abord, je voulais entendre ce que James lui avait fait. « Notre conversation téléphonique a été interrompue par un coup à ma porte. Je dois m'excuser pour ça, Bella, de t'avoir raccrochée au nez. C'était grossier de ma part. »
« Tu plaisantes ? » Était-elle réellement en train de s'excuser ? Ça n'avait aucun sens pour moi. « Il était à ta porte et tu t'excuses parce que tu penses que tu as été impolie ? »
« Eh bien, tu ne peux pas nier que je t'ai raccroché au nez. »
« Parce qu'il y avait un psychopathe chez toi ! » J'étais indignée désormais. Il n'y avait absolument aucune raison pour qu'elle soit désolée pour ce qui s'était passé.
« Quand même » répondit-elle, en soupirant. « Une fois qu'il fut là, le téléphone s'est mis à sonner. Je ne sais pas exactement à propos de quoi tout ça était, mais seulement que c'est arrivé. Ça semblait le rendre encore plus en colère. » Elle semblait presque nostalgique maintenant.
Mon sang se glaça. « C'était moi. » Je n'étais pas sûre qu'elle ait pu entendre ma voix, elle était si basse. Je n'avais fait qu'empirer les choses pour elle. Ma respiration était saccadée et les larmes qui étaient seulement dans mes yeux avant, coulaient sur mon visage désormais. Je n'avais fait qu'empirer les choses pour elle en l'appelant.
« Il l'a ignoré aussi longtemps qu'il le pouvait. Je ne sais pas à quel moment il a répondu au téléphone... ou s'il l'a fait... vers la douzième sonnerie, c'est là qu'il m'a frappée. »
Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine, l'écoutant raconter l'événement comme s'il s'agissait d'une promenade dans le parc au crépuscule.
« Je ne suis pas tombée tout de suite. Je suis peut-être âgée, mais je suis un vieil oiseau solide » rit-elle. « Bien sûr, dans ce cas là, être solide n'était pas un atout. Je crois qu'il portait encore son alliance, Bella. Je ne suis pas complètement sûre, mais je ne sais pas comment il aurait pu me couper à l'œil vu la façon dont il l'a fait avec le revers de sa main. C'est alors que je suis tombée au sol. La douleur de la coupure a été au-delà de tout ce que j'avais ressenti depuis longtemps. Je n'étais pas encore inconsciente, et je l'ai entendu répondre à mon téléphone. Il a été très désagréable avec la personne qui était à l'autre bout du fil. Quoi qu'il en soit, j'ai tout simplement fait semblant d'être inconsciente à ce moment là. Je ne sais pas combien de temps il est resté au téléphone, mais ça n'a pas duré longtemps. Quelques minutes. J'ai entendu des bruissements de papier, mais je n'osais pas ouvrir les yeux pour voir ce qui se passait. J'aurais voulu, regarder derrière. A ce moment là, il est revenu et m'a frappé dans les côtes. Et c'est là que j'ai vraiment perdu conscience. »
« Oh, Miss Lydia » sanglotai-je, incapable de garder mes pensées pour moi à cet instant. « Je suis tellement désolée. C'est ma faute, tout est de ma faute. C'était moi au téléphone. Je t'ai rappelée après que tu m'aies raccroché au nez. Non pas parce que j'étais en colère, mais juste parce que quelque chose n'allait pas dans toute cette situation. Je voulais savoir ce qui se passait. Et ce sont ces appels téléphoniques qui ont rendu James suffisamment furieux pour qu'il te blesse ? Argh, je suis tellement stupide ! »
« Bella, Bella » dit-elle. « Je ne te blâme pas, ma chérie, honnêtement. Même si j'avais su que c'était toi à l'autre bout du fil, je ne serais pas fâchée après toi. Je suis convaincu qu'il m'aurait fait quelque chose quand même. C'est plus ma faute d'avoir ouvert la porte en premier lieu. »
« Tu te sacrifies tellement » lui dis-je.
« Toi aussi. »
Je ne pouvais pas la contredire là. Et vraiment, il n'y avait aucune raison pour qu'on se dispute pour savoir qui était responsable de l'attaque de James. C'était sa faute à lui. « C'est une bonne chose que j'ai appelé mon père alors, vu que tu étais inconsciente. »
« Oui ça l'était. Tu vois ? Tu m'as sauvée, et non pas blessée. »
« Le bon côté, je suppose » marmonnai-je.
« Absolument. Il y a un bon côté à chaque situation. Assez souvent, tu es mon bon côté. Honnêtement, Bella, tu es comme la fille que je n'ai jamais eue. Le jour où ton père t'a amenée chez moi pour ta première leçon de piano a été l'un des meilleurs de ma vie. Je le pense avec toutes les fibres de mon être. Je t'aime, ma chérie. »
« Je t'aime, aussi ». Je passai le dos de ma main sur mon visage, essuyant les larmes. Ses mots me rappelèrent, à nouveau, quelque chose que je voulais lui dire. « Miss Lydia ? » commençai-je timidement.
« Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais donné des cours de piano à Edward Cullen ? »
« Oh. » Elle semblait surprise que je le sache. « Donc ça veut dire que tu as passé un peu de temps avec lui, alors ? »
Ça ne m'échappa pas qu'elle avait complètement évité ma question, mais je décidai de jouer, pour l'instant, du moins. « Oui. En fait, il m'a fait sortir la nuit dernière. »
« Sortir ? Comme un rendez-vous ? »
« Ouais. » Je ne pus empêcher le sourire de s'étaler sur mon visage au souvenir de la nuit dernière.
« Je... Je ne sais pas quoi dire. Woaw. » L'étonnement qu'elle ressentait était évident, et je n'étais pas sûre si c'était parce que j'étais sortie avec quelqu'un, ou parce que j'étais sortie avec Edward, ou pour une autre raison. « Je suis heureuse pour toi, Bella. Je sais que ça a été cinq mois difficiles pour toi. Je l'ai dit avant, et je le redirais encore : Tu mérites le bonheur. Je suis un peu surprise qu'il vienne sous la forme d'Edward Cullen, mais bon sang, tu aurais pu certainement faire pire » rit-elle, et il y avait un soupçon de fierté dans sa voix à cet instant.
Il y eut un bip dans le téléphone à ce moment là, et j'éloignai rapidement le téléphone de mon oreille pour jeter un coup d'œil à l'écran. Un texto d'un numéro 'privé'. Je frémis. Ça n'allait pas être bon. Je ne voulais pas mettre fin à mon appel avec Miss Lydia pour faire face à ce qui était sûrement un autre message menaçant de James. J'étais effrayée, mais je fis de mon mieux pour maintenir le ton de ma voix. Edward, Edward, Edward, récitai-je silencieusement, me contrôlant pour le moment. Ça fonctionna presque, mais j'étais tellement distraite désormais que je n'étais pas sûre de combien de temps je pourrais garder cette façade. Essaie juste. « Je pense que j'ai fait pire, » lui dis-je, riant un peu. Le son était artificiel dans mes propres oreilles.
« Oh, ma chérie, ce n'est pas ce que je voulais dire. Je ne te jugeais pas. Tu le sais, non ? »
« Ouais, bien sûr. Je sais que tu n'aurais pas dit ça comme ça. » Je détournai rapidement le sujet loin de James, même si son souvenir était seulement implicite, et je revins sur un sujet plus agréable. « Edward est... incroyable, Miss Lydia. Je ne sais pas comment il était quand tu l'as connu, mais aujourd'hui, il est juste tellement... réfléchi et gentil... et il semble penser ça de moi. C'est rafraîchissant. »
« On dirait qu'il n'a pas beaucoup changé depuis ses dix ans » répondit-elle. « Il a toujours été un enfant sage, et il aimait venir chez moi pour les leçons. Pas du tout comme les autres garçons de son âge. » Elle semblait perdue dans ses souvenirs.
« Il joue toujours, tu sais. Et son appartement est entièrement décoré sur le thème du piano. Ça semble moche, mais ça ne l'est vraiment pas. C'est magnifique. Il utilise des photos plutôt que des tissus moches ou des clip arts ou quelque chose, et le résultat est superbe. Le contraste entre le noir et le blanc est évident dans tout ce qu'il y a dedans. Les pièces que j'ai vues, en tout cas. »
« Eh bien, je savais qu'il jouait encore, puisque tu as mentionné avoir entendu le piano à travers les murs avant que tu ne le rencontres. Je suis bouleversée qu'il ait pris ce qui aurait pu être un hobby d'enfance et qu'il a pratiquement basé sa vie autour de ça. C'est incroyablement flatteur à un certain niveau. »
« Oui, bien sûr que ça l'est ! Tu lui as enseigné, et il aime toujours l'instrument, au-delà de simplement en jouer. Tu devrais te sentir bien à ce sujet. »
Nous fûmes silencieuses pendant un moment avant qu'elle ne parle à nouveau.
« Eh bien, ma puce, j'ai aimé te parler, mais je devrais y aller. Je t'ai gardée en ligne assez longtemps. On ne vaut pas utiliser tout le temps de communication de ton téléphone sur cet appel. »
Je détestais l'admettre, parce que je n'adorerais rien de plus que de continuer à parler avec elle, mais elle avait raison. « D'accord, Miss Lydia. Merci d'avoir partager... tout ce que tu as partagé aujourd'hui. Je sais que certaines de ces choses étaient difficiles à revivre, mais maintenant je suis contente de savoir ce qui s'est passé. »
« Oh, ça va, Bella. Merci d'appeler pour prendre de mes nouvelles. Pas seulement aujourd'hui, mais tous les jours. Je le pense. Ça me va droit au cœur que tu te soucies autant de moi. »
« Bien sûr que je me soucie de toi. Tu es pratiquement ma mère. »
Elle soupira presque silencieusement. Je savais qu'elle n'approuvait pas que je dise ça. Elle n'avait jamais connu ma mère, mais elle n'aimait pas l'idée que je ne veuille rien à voir avec elle, et surtout, elle n'aimait pas l'idée que quelqu'un puisse remplacer ma mère dans mon esprit. Mais, à un certain niveau, je m'en fichais. Ma mère était une lâche qui nous avait abandonné mon père et moi avant mon premier anniversaire, et c'était la chose la plus basse dans mon livre. Ça faisait mal, mais même encore plus que ça, ça me mettait en colère, et je n'avais aucun remord de ne pas vouloir la connaître.
« Je t'aime, Bella. On parlera, bientôt. »
« Ouais. Je t'appellerai demain. Je t'aime, aussi, Miss Lydia. »
Il y eut un clic et la conversation fut coupée.
Je m'assis, tenant le téléphone pendant un moment avant que je ne me souvienne du texto que j'avais reçu alors que j'étais en ligne avec elle. Je ne voulais pas le lire, et pourtant je le fis. Je savais que ce ne serait pas quelque chose de bon, mais ma curiosité morbide ne me laissa simplement pas le supprimer sans le lire. Avec les doigts tremblants, je cherchai dans le menu pour trouver le message.
A quoi je pensais en ne te laissant pas porter cette robe ? Tu as l'air sexy dedans. Le bleu est définitivement ta couleur.
Mon cœur fit un saut périlleux. Il m'avait vue hier soir ? Oh, bon sang, c'est pire que ce que je pensais. Il m'avait vue la nuit dernière, porter cette robe, avec Edward. Un frisson involontaire me parcourut le dos. Je voulais supprimer le message, faire semblant que je ne l'avais pas lu, mais je ne pouvais pas. Je ne pouvais même pas arrêter de le regarder.
Le téléphone sonna fort et je sursautai. Le message sur l'écran disait, Réveil 9:00. Travail 10:30. Le travail ! J'avais complètement oublié. Je fermai mon téléphone et sautai dans la douche, toutes les pensées de James et le texto presque menaçant relégués à l'arrière de mon esprit pendant que je me dépêchais de me préparer.
~* MotHT *~
Je pointai exactement à l'heure, heureuse que le dîner soit déjà très animé. Les mots du texto me brûlaient les rétines, et peu importe ce que je faisais, je n'arrivais pas à les faire disparaître. Mais encore pire que les mots, était la menace inhérente derrière eux. Il aurait tout aussi bien pu dire je t'ai vue la nuit dernière et ça aurait été tout aussi effrayant. Savoir qu'il m'épiait suffit à me donner envie de vomir. En fait, ça me l'avait fait lorsque j'étais sous la douche, mais comme je n'avais rien dans l'estomac, mes haut-le-cœurs n'avaient rien donné.
Mais maintenant, ce n'était pas le moment de s'y attarder. Le tohu-bohu du restaurant m'aida à oublier tous les propos effrayants de mon ex-mari harceleur. A partir de là je commençai à travailler jusqu'à quatorze heures trente, quand je pris ma pause déjeuner, ce n'était pas le moment pour moi de penser à quelque chose autre que le travail.
Assise à la table, mangeant le sandwich que j'avais fait à la maison, et désireuse d'avoir plutôt des restes de la nuit dernière au Wilf, je ne pus repousser les pensées de James. Avant que dix de mes trente minutes de pause soient passés, je repoussai ma nourriture et posai mes bras sur la table, ma tête dessus. Je pouvais sentir les larmes coulaient à nouveau, et je ne voulais pas. Cela avait été un des jours le plus émouvant de ma vie et j'étais prête pour qu'il se termine. Je voulais juste avoir une vie normale comme tous les autres jeunes de vingt-deux ans dans le monde. Mais à cause d'une décision que j'avais prise à dix-huit ans, je savais que je n'aurais jamais cette vie normale.
« Bella ? »
La voix familière me tira de ma piteuse partie silencieuse. Je séchai hâtivement, et espérai discrètement, mes yeux avec la manche de mon uniforme de serveuse et regardai vers les yeux verts auxquels j'étais habituée. Je déglutis et le saluai. « Salut, Edward. »
« Tu vas bien ? » Le ton de sa voix était vraiment concerné.
« Ouais. Ouais, je vais bien. Ça a juste été une journée difficile, j'ai appris quelques trucs sur... une histoire. »
« Une histoire ? »
« Ouais. » Je haussai les épaules. Le terme s'appliquait, même si l'histoire dont je parlais ne se trouverait pas dans des livres.
« Très bien. » Il laissa tomber le sujet rapidement et facilement.
« Alors, qu'est-ce que tu fais ici ? »
Il riat « Eh bien, c'est un restaurant, et c'est le milieu de la journée, donc je suis venu pour un déjeuner tardif. » J'avais le sentiment qu'il y avait quelque chose de plus dans ce qu'il disait plutôt que les mots qui sortaient de sa bouche.
« C'est vrai. Bien sûr. Euh, moi, aussi. » Je fis un geste maladroit vers mon sandwich.
Son visage était pensif, me scrutant attentivement pendant un moment, comme s'il essayait de décider quelque chose. Il cligna des yeux une fois avant de parler, et lorsqu'il dit quelque chose, je ne savais pas si c'était ce à quoi il pensait ou pas. « Je ne savais pas que tu travaillais ici. »
Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'il dise ça. Je ne savais pas ce à quoi je m'attendais, mais ce n'était certainement pas à ça. Il me fallut quelques secondes pour récupérer. « Euh, ouais, je travaille ici, pratiquement depuis le jour où j'ai emménagé en ville. »
« Tu aimes ça ? »
Je n'étais pas entièrement sûre ce que sa vraie question était, mais j'étais certaine que c'était autre chose que ce qu'il demandait. « Je suppose. Je veux dire, c'est juste un travail. »
« Je pensais que tu voulais cuisiner. » Son ton était presque... accusateur, mais en plus doux. Je ne pouvais pas vraiment comprendre ce qu'il faisait là, ou pourquoi il continuait de poser des questions et faire de telles déclarations.
Je suis intrigué par toi. Ce n'était pas la première fois depuis qu'il avait dit ces mots qu'ils se rejouaient dans ma tête. Ce n'était également pas la première fois que je me sentais indigne de son attention. « Tu voudrais te joindre à moi ? » demandai-je, au lieu de répondre à ses commentaires sur mon travail.
« Je pensais que tu ne me le demanderais jamais » répondit-il en s'asseyant en face de moi.
« Je ne t'ai jamais vu ici avant » dis-je, essayant d'éloigner la conversation ailleurs que sur moi.
« C'est parce que je ne suis jamais venu ici. »
Delores, l'autre serveuse, apporta un menu. Je me demandai ce qu'elle avait fait pendant tout ce temps, il aurait dû être assis et avoir un menu depuis longtemps maintenant. Même si Delores avait été au mieux de sa forme, je n'aurais pas pu passer la dernière moitié de ma pause déjeuner avec Edward. « Merci, » murmurai-je dans sa direction.
« Oui, merci... Delores » dit Edward, lisant son nom sur son badge et lui offrant un sourire couvant. Elle rougit et se retourna, retournant rapidement au bar.
« Donc, tu n'es jamais venu ici ? »
« Je devrais préciser. Je suis déjà venu ici avant, mais ça fait plusieurs années. » Un regard malicieux traversa son visage, et je me rappelai d'un garçon de dix ans.
« Qu'est-ce qui t'amène ici aujourd'hui alors ? » Honnêtement, j'étais curieuse, mais avec les mots suivants qui sortirent de sa bouche, j'aurais souhaité ne pas l'avoir été.
« Une histoire. »
Je sentis le sang envahir mon visage. Il avait juste utilisé le même mot que j'avais dit. Je ne savais pas si c'était intentionnel ou pas, ou ce qu'il voulait dire par là, mais je fus immédiatement nerveuse. « Q-Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Quand mon père a déplacé la société de la Péninsule Olympique à ici, on avait l'habitude de venir souvent ici. J'avais... dix-huit ou dix-neuf ans à l'époque et je vivais encore avec mes parents. Quand j'ai déménagé juste après mon vingtième anniversaire, j'ai juste fréquenté des restaurants différents. Bien sûr, je n'ai rien contre cet endroit, il ne m'est jamais vraiment venu à l'esprit comme un endroit où venir alors que je développais mes propres goûts comme un adulte autonome. Je pensais à des choses ce matin, et j'ai décidé que je voulais un bon hamburger. »
Son explication était plausible, donc je ne revins pas dessus. C'était surtout crédible vu les autres choses que je savais sur lui, ses raisons de vivre dans l'appartement plutôt que dans sa propre maison me vinrent à l'esprit pour je ne savais quelle raison. Je jetai un rapide coup d'œil à ma montre, il me restait seulement douze minutes avant la fin de ma pause déjeuner. Je pris une rapide décision d'utiliser judicieusement ces minutes : apprendre quelque chose sur Edward que je n'avais pas appris par d'autres sources. « Donc, il n'y a que tes parents et toi, alors ? »
Delores choisit ce moment pour revenir et je grognai intérieurement. Elle n'avait pas réalisé que le temps m'était compté ? Et que Edward ne semblait pas encore être préoccupé de manger ? « Êtes-vous prêt à commander, mon mignon ? » dit-elle d'une voix traînante. Delores venait du sud profond, son mari avait été transféré du Texas avant que je naisse, mais elle n'avait toujours pas perdu son accent du sud.
Edward lui fit le sourire que je connaissais très bien avant de commander un hamburger suisse aux champignons, des frites, et un soda. « Le coca avec le repas, s'il vous plaît. Pas avant. »
Lorsque Delores repartit au bar une fois de plus, je parlai à nouveau. « Tu ne sembles pas être le genre de gars à manger un hamburger et des frites. »
« Normalement non. Comme je l'ai dit, j'ai juste eu une... envie aujourd'hui. » Ses yeux s'assombrirent légèrement alors que les mots quittaient sa bouche. J'eus le sentiment qu'il avait une fois de plus choisit ses mots avec soin, mais je n'étais pas complètement sûre de ce qu'ils signifiaient.
« Hm, » dis-je, réfléchissant. Vu que je ne trouvais pas d'explication, j'abandonnai et revins à ma question précédente. « Alors, parle-moi de tes parents ? »
« Ah, oui. Non, il n'y a pas que mes parents et moi. J'ai un frère jumeau et une sœur cadette. »
« Un jumeau ? Vraiment ? Je n'en avais aucune idée. Vrai ou faux ? » Des images du double d'Edward jouèrent dans mon esprit, et je me tortillai involontairement. L'idée même qu'il y avait un autre homme qui ressemblait à Edward me fit pratiquement haleter comme une chienne en chaleur.
« Un faux. En fait, on ne se ressemble pas tellement » répondit-il, lisant apparemment dans mon esprit. « Emmett est un peu plus costaud que moi et a des cheveux plus courts. »
« Est-ce qu'il, euh... » Je ne savais pas comment formuler la question. « travaille pour... ou avec... toi ? »
Edward rit de ma gêne. « Non. Bien que Emmett est battit pour porter des charges lourdes, il n'était pas intéressé par la construction, peu importe à quel point la paie était bonne. En fait, il est infirmier à Saint Vincent. »
« Un infirmier ? Woaw. » Il semblait que toute la famille Cullen était pleine de contradictions, et pas seulement Edward. « Alors, qui est le plus vieux ? Toi ou ton frère ? »
Edward rit. « C'est moi. D'à peine deux minutes. »
Je ris avec lui. Je voulus lui poser des questions sur sa sœur, mais Delores nous interrompit à nouveau. « Voilà, mon mignon » dit-elle en posant l'assiette et le verre d'Edward. Elle me regarda de façon significative alors qu'elle s'éloignait, et je regardai ma montre une nouvelle fois. Plus que quatre minutes. Mon cœur se serra, je voulais vraiment continuer cette conversation, mais ici, le retard n'était pas toléré. Betty, la propriétaire, dirigeait un navire serré, et vu que j'étais la 'nouvelle fille', je ne voulais pas faire tanguer le bateau et risquer mon travail.
« Je dois retourner travailler » dis-je avec regret, me glissant hors du banc. « On peut... parler plus tard ? » J'étais un peu mal à l'aise de demander ça, mais je ne pouvais pas laisser la conversation où elle en était.
« Bien sûr. » Il me sourit de le même manière qu'à Delores il y avait dix minutes de ça, et je ne pus m'empêcher de me demander s'il souriait comme ça à toutes les femmes avec lesquelles il était en contact. « A quelle heure tu termines le travail ce soir ? »
Je regardai la table et réalisai que je n'avais jamais terminé mon déjeuner. Oh, eh bien, je n'ai pas faim de toute façon. Je le mangerai plus tard. Je remis hâtivement le sandwich dans le sac en papier brun, je roulai le haut et regardai dans les yeux d'Edward à nouveau. « Dix-neuf heures. »
Il parut pensif. « Je devrais avoir fini d'ici là » marmonna t-il, et je ne savais pas s'il me parlait ou s'il se parlait à lui-même. « Tu voudrais venir chez moi pour un dîner tardif ? Disons, vingt heures ? »
« Tu cuisines ? » Je plaquai ma main sur ma bouche et baissai à nouveau les yeux vers la table. « Je suis désolée, c'était impoli. »
« Non, ça va, vraiment » répondit-il en riant. « Oui, je cuisine. Mes spaghettis ne sont pas aussi bons que les tiens, mais ils me suffisent. Alors ? »
« Vingt heures chez toi ? »
Il hocha la tête.
« Ouais, ça me semble super. »
Cette fois, le sourire sur son visage fut beaucoup plus sincère que celui qu'il avait fait depuis qu'il avait mis les pieds ici il y avait vingt minutes de ça. « Bien. »
Il y eut le son d'un profond raclement de gorge venant de la caisse. Je regardai par-dessus mon épaule et vis Delores qui regardait sa montre ostensiblement. « Je dois y aller » répétai-je.
« Bien sûr. Je ne veux pas que tu aies des ennuis à cause de moi. Je te verrai ce soir. »
« Ce soir » répétai-je, me levant et retournant à la pointeuse. Mon cœur battait la chamade à l'idée de passer une autre soirée avec Edward. Ce soir serait la quatrième en cinq jours et je n'étais pas sûre de quoi en penser. Oh, de qui je me moque ? J'en suis ravie !
Eh bien, moi aussi j'en suis ravie, pas vous? :D
Alors ce chapitre, il vous a plu? Dites-moi tout, j'adore ça!
Comme vous l'avez compris, le prochain chapitre sera la soirée de nos deux chouchous chez Edward :)
Je vous dis à bientôt!
Xoxo
