Voici thème 10 que j'ai écris, qui amène une révélation pour la sous intrigue Kurogiri que vous avez sans doute remarqué dans les thèmes précédent.
Je pense continuer cette petite histoire dans les thèmes à venir, mais rien de sûr.
Un peu détail vis à vis du bonus : l'histoire d'amitié est présente mais particulière.
Je n'ai eu mais alors AUCUNE inventivité sur le nom, donc ça s'appellera comme le thème.
Un grand merci à LolaLola23111963 qui me fait des corrections de qualité !
Bonne lecture du thème 10 : Sur le goudron chaud, Bonus :Histoire d'amitié
C'était une journée chargée, comme souvent le mardi . Après de longues négociations, il avait été décidé que les soirées du mardi au vendredi lui était entièrement donné pour sa pizzeria. Kurogiri s'en souvenait bien, car il avait fallu expliquer au grand patron pourquoi il avait décidé d'ouvrir un restaurant en parallèle de son actuel travail. Au delà du caractère embarrassant que cela avait eu, il avait finalement obtenu ses jours en contrepartie de garder Shigaraki au moins deux soirées sur les quatres, pour une soi-disante question de logistique.
L'homme n'en était plus à cela près, alors il avait accepté. Il avait pris sa routine d'avant ouverture: faire les courses, revoir mentalement les menus, arriver au restaurant, passer un peu coup de nettoyage, commencer les préparations et ouvrir pour les premières commandes. Un magnifique petit train-train bien droit qu'il suivait à la lettre. Quoique ce mardi, il devait passer au pressing en plus du reste. La semaine passé, son costume en avait prit un certain coup à cause d'un anniversaire auquel il avait participé .
Il était déjà plutôt chargé, les bras remplis de ses courses. Il avait enfilé son casque d'astronaute simplement pour pouvoir profiter d'une plus grande liberté de mouvement sans craindre que la police ne vienne lui poser des questions. Il était fréquent pour les personnes ayant un alter mutagène de porter des masques donc rien d'alarmant pour ceux qui le croiseraient. Personne ne pouvait le reconnaître, si ce n'est vaguement Monsieur Shigaraki. Enfin, peut être que lui pourrait…
Il secoua brutalement la tête, il ne devait pas y penser. Il avait beaucoup trop à faire pour se permettre de devenir émotif. Surtout sur un sujet pareil… Après avoir reprit ses esprits, il sorti du magasin dans lequel il était. Il fut frappé de plein fouet par les rayons ardents du soleil. Même si son corps n'était pas physiquement sensible à la chaleur, il ressentait tout de même un certain malaise vis à vis de la température. Il jeta un coup d'oeil à la pharmacie la plus proche, leur enseigne lumineuse affichait 40°C. Pour une fois que la météo ne s'était pas trompée en annonçant une canicule, c'en était un peu déprimant. Ses chaussures collaient désagréablement au sol, sa semelle menaçant de rester accrochée à la route. Il ne fit même pas attention à ce qui se passait devant lui, la vue partiellement cachée par les courses qui débordaient de ses bras.
Le choc fut inévitable. Un corps plus grand que lui l'était stoppé sans qu'il ne s'en aperçoive, et il se retrouva à basculer en arrière. Le contenu de ses sacs s'éparpilla sur le sol sans demander son reste.
"- Oh excusez-moi je ne vous avais pas vu. Je vais vous aider."
Le réflexe qu'il aurait dû avoir aurait été de se confondre en quelques excuses, ramasser ses affaires et repartir au plus vite. Pourtant, il resta bloqué, silencieux comme une pierre à l'écoute de la voix qu'il venait d'entendre. Il redressa la tête et la vue lui confirma la pensée. C'était lui. Il était en face de lui, ramassant les tomates et les paquets de mozzarella.
Ce n'était qu'après quelques secondes qu'il réalisa qu'il n'avait toujours rien fait. Les mains encore un peu tremblantes et sans dire mot, il se joignit au ramassage pour finir au plus vite. Un frisson le prit quand il s'aperçut que deux héros s'étaient rapprochés d'eux.
" - Tout est alright, Ecto' ?
- Oui, oui. Partez devant je vous rejoins tout de suite.
- Comme tu voudra !"
Le susnommé Ecto revint vers lui et lui tendit un des sacs de nouveau plein. Kurogiri n'eut rien dit, il ne savait pas s'il avait été reconnu ou non. La dernière fois qu'ils s'étaient croisés, s'était malheureusement en mauvaises conditions. En même temps, il ne pensait pas qu'il y ait d'autres conditions que celles des combats. Ectoplasm était le héro qu'il avait toujours voulu être, tandis que lui était l'un des criminels les plus activement recherché du pays. Déjà plus jeunes, ils étaient opposés et personne ne croyait en ce lien qu'ils avaient tissé ensemble. Cela avait été d'autant plus blessant quand ils leur avaient donné raison en se disputant ce soir-là…
Son coeur le pinca désagréablement. Il se redressa pour reprendre tout ce qui était à lui, hocha la tête en signe de remerciement et passa sa route. Il ne devait prononcer aucune parole, sa voix le trahirait aussitôt. Pourtant, il sentit la main du héro le retenir par le bras, le stoppant net.
"- Je vais pas te manger tu sais… T'as pas deux minutes qu'on discute un peu, Kuro' ?"
La phrase était suffisamment claire, nette et précise pour qu'il soit certain que ce n'était pas une hallucination auditive due à la chaleur. Il devait être excessivement mauvais pour se dissimuler, ou Ectoplasm beaucoup trop doué à cache-cache. Même si la parole semblait aussi douce que l'invitation, la main qui le tenait montrait des intentions un peu plus dures. Il se voyait mal refuser dans de telles conditions. Son interlocuteur pouvait parfaitement appelé un renfort qu'il ne serait pas en mesure de gérer seul.
" - Si gentiment proposé, pourquoi refuser ?"
C'était étrange à expliquer, mais il sut qu'Ectoplasme souriait. C'était quelque chose de particulier, comme un ressenti. Il avait toujours su ce genre de chose, les expressions de ce visage déformé par la soi-disante évolution humaine.
L'inconfort et la gêne étaient assis avec eux, profitant de la table du café dans lequel ils s'étaient installé. Il avait beaucoup de chose à dire et en même temps rien. Ils n'avaient pas eu l'occasion de parler depuis plus de vingt ans maintenant. Cela remontait à un jour que Kurogiri aurait préféré oublier. Ce même genre de jour que Monsieur Shigaraki avait vécu, et qui fait basculé dans la facette la plus obscure du monde. Il en avait un souvenir clair, car c'était également ce jour où lui et Ectoplasme avait divisé leur route.
"- Tu veux boire quelque chose ?
- J'ai certaines obligations, je n'ai pas vraiment le temps.
- Obligations comme servir le criminel numéro 1 ?"
Une première pique lancée. Vraisemblablement, Ectoplasme n'avait pas vraiment tourné la page. Cela se sentait dans sa voix, ses gestes.
" - J'ai pris une décision, et je m'y tiendrais.
- Tu peux encore faire demi-tour. Y'a des programmes de réinsertion pour ceux qui veulent changer.
- Je ne veux pas changer, Ectoplasm. J'aurais pu changer, mais tu as agis trop tard et de la mauvaise manière. Je suis navré de tourmenter encore ton esprit, mais tu m'excuseras, j'ai à faire."
Il se redressa, prêt à partir. Comment pouvait-il lui tenir un tel discours ? Kurogiri n'était plus le jeune adulte immature qu'il avait été. Il était parfaitement conscient de sa situation et de ses choix. Il ne portait aucune honte.
Pourtant, il avait dans son torse cette désagréable sensation d'un regret gravé à même son organisme. Ce ne fut que s'aggraver quand une nouvelle fois, l'homme le retint par l'avant bras, avec ce léger tremblement qui ne pouvait dire qu'une chose : reste.
" - Les choses ont changés. Je ne peux pas redevenir le gamin qui voulait être un héro après tout ce que j'ai fais et vécu.
- Je veux pas que tu changes, Kuro, je veux simplement que… Que tu reviennes. Qu'on soit ami de nouveau."
Ce furent les mots de trop. Les mots qui blessent autant qu'ils réchauffent. Les mots éphémères qui s'ancrent dans la mémoire. Il n'avait aucune réponse à lui fournir. Tout ce qu'il pouvait dire lui semblait faux, si puérile par rapport à la déclaration. C'était vrai. Ils avaient été amis, et il avait toujours regretter leur déchirure. Peut-être parce qu'il était la seule personne sur qu'il pouvait compter. Peut-être aussi parce qu'encore aujourd'hui, il avait espéré plus qu'une simple amitié. Peut-être parce qu'il crèverait de revivre cet instant précis, et qu'il en crevait encore un peu chaque heure.
Finalement, il réussit à articuler des mots, se libérant de l'étreinte qui lui semblait aussi brûlante que les routes dehors.
"- Je travaille ce soir. Mais si tu veux en reparler, ou si tu as juste faim, passe me voir."
Il n'eut aucune réponse, alors il posa la carte de visite qu'il avait sur lui et il quitta le café. Il faisait toujours aussi chaud. Le goudron brûlant collait encore ses chaussures à chacun de ses pas.
Mais il se sentit plus léger, déchargé d'un il-ne-sait-quoi.
Peut être que ce il-ne-sait-quoi portait un nom.
Peut être que c'était celui d'un héro, qui avait eu pour ami, et qu'il reverrait dans peu de temps.
Car il en était sûr. Derrière ce visage fermé, Kurogiri avait vu un sourire.
END
