Ariana et Chilpéric furent ravis de leur plan car à peine une semaine après la fin de Poudlard, Chilpéric et Emma leur annoncèrent qu'ils étaient en couple. Pour fêter célébrer cela ils firent une fête que Chilpéric et Ariana préparaient depuis plusieurs années déjà. Ce fut pendant cette soirée qu'Ariana et Chilpéric leur expliquèrent toutes les manigances qu'ils avaient mis en place depuis les après-midi solitaires jusqu'à la, désormais fameuse, soirée du bal.
Ils profitèrent tous au maximum du temps qu'il leur restait ensemble avant d'être de nouveau séparé par leurs obligations respectives. Ariana partait dès le mois d'août pour le Pérou, où elle retrouverait Norbert Dragonneau. Ils réfléchissaient tous à quelque chose à faire avant de se quitter pour marquer leur amitié et se certifier qu'ils se révéraient qu'importe les années.
Emma eut une idée qui surpris tout le monde mais qui fut presque immédiatement adoptée. Elle avait pensé à un tatouage, magique évidement qui leur servirait de symbole, de balise, d'ancre. Ils auraient tous le même et il se composerait de quatre figures ou de quatre éléments se référant à chacun d'entre eux.
Childéric, à qui elle en avait évidement parlé, leur présenta un dessin qu'il avait fait. Ils y étaient l'animal symbole de leur maison. L'aigle tenait le blaireau dans ses serres par la queue tandis que le petit mammifère tendait une patte ouverte vers le lion, courant, avec un serpent enroulé sur les épaules.
Le dessin obtint l'approbation générale dès qu'il fut présenté. Pendant tout le reste de la soirée ils réfléchirent au sort à appliquer au tatouage pour le parfaire et savoir exactement où ils allaient avant de se lancer.
Ils réfléchirent longuement notamment pour savoir aussi comment tout cela s'articulerait. Chacune des figures serait-elle enchantée seule, en lien avec les autres ou avec le membre du groupe qu'elle représentait ? Pourraient-ils bouger, changer de couleurs, sur quelle surface ? Et comment serait fait le lien entre les 4 tatouages ? Ils se rencontrèrent plusieurs fois au courant du mois de juin pour finaliser leur projet.
Au début du mois de juillet tout était prêt. Ils avaient fixés leur rendez-vous avec un artiste du chemin de traverse qui travaillait avec un associé et qui avait accepté de les faire passer tous durant la même journée. Les filles commençaient le matin, et les garçons suivaient l'après-midi. Ils s'étaient organisés pour pouvoir tous être dans la même pièce.
Une fois la séance commencée Emma resta muette alors qu'Ariana ne semblait pas pouvoir fermer sa bouche. Heureusement pour le tatoueur c'est Chilpéric qui s'occupait de lui donner la réplique. Au départ sa conversation avait peu ou prou un lien avec l'activité permanente qui était en train de se dérouler sur son bras puis plus du tout. Elle leur fit, ou refit pour certains, un cour sur chacun des animaux qu'elle avait rencontrer au cours de ses années à Poudlard, pendant ses vacances ou encore avant.
Certains de ces créatures passionnaient les artistes qui tendaient l'oreille mais d'autres les laissaient complètement de marbre. Childéric écoutait à moitié mais son attention était surtout dirigée vers Emma. Chilpéric, lui, gardait continuellement un sourire sur les lèvres. Le temps ne leur parut pas si long et se fut déjà au tour des garçons après une pause bien méritée pour les artistes.
Du premier trou d'aiguille jusqu'au dernier, Chilpéric se plaignit. Il le fit d'ailleurs tant et si bien qu'Ariana lui jeta un sort de mutisme. À côté de lui Childéric était celui qui agissait le plus normalement. Il avait discuté un peu au début puis s'était tut, avait observé. De temps en temps il lui venait une remarque ou une bribe de conversation mais pas plus.
Parfois Ariana semblait répondre à une question silencieuse. Il s'agissait en fait de Chilpéric dont elle était la seule à encore entendre la voix. Le reste du temps elle se montrait parfaitement capable de l'ignorer comme le faisaient ceux qui ne l'entendait pas du tout.
À la fin de la journée ils purent enfin admirer leurs tatouages encore inertes, n'attendant plus que le souffle de magie qui leur donnerait la vie. Ils se réunirent dans un bar pour le faire en attendant leur commande d'une collation.
Ils joignirent leurs mains, avant-bras retourné pour exposer leurs peaux nouvellement ancrées. Chacun leur tour ils apposèrent leur baguette sur leur symbole inscrit sur chacun des bras. Ils prononcèrent des formules longues et fastidieuses. Chilpéric s'assurait que tout fonctionnait comme il faut. Il supervisa Ariana pour que son enchantement soit des plus précis possibles.
Une fois la dernière touche donnée à leur œuvre, vint le temps du test. Chacun posa sa baguette (ou autre) près du tatouage et en lui insufflant un peu de magie les créatures se mirent à bouger. D'abord faiblement puis avec de plus en plus de liberté. C'est avec surprise qu'ils observèrent les différents animaux adopter un comportement propre mais pourtant similaire à celui de leurs homologues.
Les aigles essayaient d'aller le plus loin possible sur le corps. Les blaireaux semblaient vouloir se rejoindre même à travers leurs propriétaires et lorsque les peaux se touchaient on les voyait tendre la patte l'un vers l'autre. Le lion et le serpent ne s'éloignaient jamais beaucoup l'un de l'autre, essayant de fondre toujours plus leur figure.
C'était chez Ariana que les emblèmes animaux étaient plus vivaces. Avant la fin du repas elle parvenait même à faire bouger son blaireau sur le bras des autres à la demande. En effet lorsque le détenteur du tatouage n'impulsait plus directement de magie dans l'encre, les figures reprenaient bien sagement leur place d'origine avant de se figer.
Mais au cours de leur enchantement chacun avait octroyé à son attribut une partie de sa propre magie, toujours lié au sorcier lui-même, pour que leurs petits animaux puissent informer leurs amis de leur état de santé globale. La pratique magique dissidente d'Ariana lui avait permis de remonter le fil de sa magie et d'animer elle-même l'encre. Ce à quoi les autres n'avaient même pas songé.
Après cela il lui faudrait quelques recherches pour parvenir à faire même passer son propre blaireau sur le bras des autres et à le reprendre par le même biais du toucher. Bien sûr même après cela les deux blaireaux restaient aisément reconnaissables.
Même s'ils avaient décidé d'un motif commun, chacun l'avait appliqué selon son style. Les animaux d'Ariana étaient hyperréalistes même si leur échelle avaient été adapté les uns par rapport aux autres. Ceux d'Emma étaient plus fins et élégants que leurs équivalents naturels. Chez Chilpéric les formes étaient légèrement géométrisées alors que son frère avait opté pour de gros traits et des figures plus simples.
Il devenait habituel chez eux de toucher leur tatouage le matin en se levant ou au contraire le soir avant de s'endormir. Emma et Childéric développaient un système complexe de signe alors que'Ariana déplaçait simplement son petit fouisseur pour qu'il se place juste au dessus du cœur de ses amis. Chilpéric préférait occuper les zones plus visibles : cou, mains, visage …
Ils furent d'accord pour dire qu'il s'agissait là de leur plus beau travail et purent se séparer en paix. Le 3 août Ariana était déjà au Pérou. Elle rencontra Norbert Dragoneau qui se montra impressionné par ses pratiques magiques.
Elle découvrit, en plus d'un chercheur hors pair, un véritable amoureux des animaux. Il semblait d'ailleurs qu'il préférait largement ces derniers aux sorciers, à quelques exceptions faites. Elle s'entendit très bien et très vite avec lui. Évidement il connaissait sa véritable identité mais avait assez rapidement fait le distinguo entre oncle et nièce.
Norbert était impressionnant. Il était totalement pionnier dans son domaine mais ne se laissait pas aller à des erreurs de méthodes ou à des facilités qui auraient été aisément excusable à la postérité. Elle l'aidait notamment à pouvoir produire des relevés environnementaux et comportementaux. Elle lui décrivait à chaque fois ce qu'elle sentait de la magie de l'animal. Cela l'aidait à saisir son mode de fonctionnement mais il n'en faisait jamais mention dans ses notes, estimant que c'était son travail à elle.
Les premiers temps Ariana le suivait partout, sa soif d'apprendre la gardait muette et les oreilles grandes ouvertes. Norbert était un passionné et, sans même s'en rendre compte, un excellent professeur pour quiconque savait observer. Il n'avait pas uniquement des compétences sur la faune mais connaissait aussi extrêmement bien la flore. Il apprenait autant par les animaux qu'à propos d'eux.
Même si les animaux magiques étaient sa spécialité il ne négligeait pas les autres, qui permettaient souvent de comprendre le rapport des créatures à leur milieu et entre elles. Ils étudiaient particulièrement les interactions qui pouvaient exister entre les créatures magiques et non-magiques, à quelles proportions et selon quel mode.
Y avait-il des contraintes ? Il s'avérait que les créatures magiques étaient, certes, avantagées mais n'occupaient pas toujours la place de prédateur. De même certaines proies non-magiques avaient adapté leur stratégie de défense pour faire face à ces chasseurs aux capacités extraordinaires. Les créatures magiques n'étaient donc pas invincibles et évoluaient plus ou moins différemment des autres animaux selon qu'elles utilisaient la magie ou que leur caractère magique soit inné.
Norbert, comme Ariana, était très sensible à ces questions. Malgré le temps qu'ils passaient à s'intéresser à cela il n'était que très rare que Norbert en fasse mention dans ses travaux finaux. La plupart du temps ces nombreuses informations restaient confinées dans des carnets qui seraient dupliqués et laissés en consultation libre dans la bibliothèque générale du ministère de la magie.
En déplacement ils vivaient dans la valise de Norbert. Ils pouvaient y dormir tous les deux mais lorsqu'ils étaient dans un milieu risqué ils prenaient des tours de garde pour avoir toujours quelqu'un à surveiller l'extérieur. La première règle du magizoologue était de ne pas oublier que son bureau était un danger permanent.
Excusez-moi pour le chapitre 9 publié carrément à l'arrache, j'avais perdu l'habitude. J'en publie deux aujourd'hui et je pense faire de même mardi puis reprendre, je l'espère, un rythme normal. En souhaitant que vous ne m'en vouliez pas trop et avec le souhait que cette pause ne vous empêchera pas de continuer à me suivre dans cette aventure.
