Let me be
Auteur : Sahad.
Note : Après un très long silence, il serait peut-être temps d'écrire une fin à cette histoire...
Note 2 : réponse TRES tardive aux reviews, désolé(e)...
Kyochan95: Le Sanzô national fait un peu défaut dans ce chapitre... Kô va-t-il se sentir bien quand même? Tadadadaaaaam... J'te laisse voir.
Onarluca: désolé(e) pour l'attente, j'espère que ça ira quand même... Ce chapitre raconte pas grand chose mais j'en ai quand même besoin alors... J'espère que ça te plaira quand même...
Bonne lecture, les gens!
Chapitre 10 :
Quatre jours avaient passés depuis ce jour où Kôgaiji et Sanzô s'étaient abandonnés à un instant de pure luxure, le jeune rouquin était revenu en classe et s'arrangeait pour écouter un minimum, juste de quoi ne pas se faire trop remarquer. Il avait eu une nouvelle discussion avec Gojô, celui-ci aurait ses dix-huit ans dans deux semaines... En temps normal, Kôgaiji trouvait le temps plutôt long et pénible mais pas là : il lui semblait que les jours passaient à une vitesse faramineuse. Il voyait souvent Sanzô, que cela soit dans la cour, au tournant d'un couloir ou même dans la chambre de ce dernier : il lui arrivait assez souvent de s'éclipser pour aller s'y réfugier, s'assurant d'abord que Gokû ne s'en inquièterait pas, plongé dans un profond sommeil.
Kôgaiji s'appuya un peu plus contre le dossier de la chaise, mordillant le bout de son crayon tout en fixant le tableau sans vraiment le voir ; quelque chose lui trottait dans le crâne : il n'avait pas dit à Sanzô qu'il se droguait. Bon, d'accord, il n'avait toujours pas touché à la dose qui se trouvait dissimulé dans le double fond du tiroir de sa commode, mais ce n'était pas une raison : il dormait de plus en plus mal et il lui arrivait d'avoir des maux de ventre ou de tête sans réelle explication. Peut-être devrait-il... ? Non, il fallait qu'il décroche. Il n'en avait pas parlé à Sanzô, il ne le lui dirait que lorsqu'il n'aurait plus besoin de cette merde. Un sourire ironique pinça légèrement le coin de ses lèvres : il n'y avait jamais pensé de cette façon, il n'y avait qu'en commençant à ressentir un manque qu'il l'avait réellement qualifiée de merde. Il essayait de compenser le manque par une consommation plus forte de nicotine, c'était stupide mais ce n'était que temporaire... Mais il commençait à ressentir à nouveau cette sensation de malaise, comme si quelque chose recommençait à le dévorer de l'intérieur...
« Et merde... » murmura-t-il pour lui-même, à peine audible.
Il fut parmi les premiers dehors lorsque la sonnerie retentit, son regard fit le tour de la cour mais aucune tête blonde n'attira son attention ; il haussa un sourcil : normalement, Sanzô travaillait à cette heure... Remarquant Dokugakuji, le jeune rouquin s'avança jusqu'à lui :
« Heu... Sanzô n'est pas là aujourd'hui ? »
Sa voix était moins sûre que d'habitude mais ça devrait aller : il n'avait pas pour habitude de parler au grand brun, alors ça ne ferait pas une grande différence. Le surveillant le considéra un moment, haussant un sourcil, puis esquissa un sourire d'excuse :
« Sanzô a été emmené chez le médecin... Il va bien rassure-toi. Je lui ai toujours dit qu'il se pourrissait les poumons. »
« Ah... Heu... Merci. »
Sur ces quelques mots, Kôgaiji préféra s'éloigner. Ainsi son amant n'était pas présent... Il alla s'appuyer contre un mur, ses yeux parcourant la cour ; pour une raison qui lui emblait des plus absurde, il se sentait tout à coup horriblement seul, seul et vulnérable. Il pouvait aller voir Gokû, mais... Non, il avait besoin de Sanzô. Il se sentait bien avec lui, rassuré, en sécurité... Il se mordilla la lèvre inférieure, essayant de calmer son accès d'angoisse : il ne devait pas paniquer, Sanzô reviendrait vite...
« Tiens, le rouquin ! »
Kôgaiji tourna la tête pour voir la gamine derrière le grillage, Ririn. Elle souriait toujours de toutes ses dents, ressemblant beaucoup à Gokû, une version féminine. Il laissa échapper un soupir et grogna :
« Kôgaiji... »
« Oui, oui, si tu veux. » balaya-t-elle d'un geste de la main. « Ça va ? »
« Hm. » répondit l'adolescent.
« Ça ronge, hein ? » souffla-t-elle.
Le jeune rouquin déglutit. Il savait qu'elle avait raison, mais ce qui l'énervait c'était cette façon qu'elle avait de demander ça comme s'il s'agissait d'un jeu... Il sursauta en sentant sa main se glisser sur son épaule, Ririn esquissa un sourire légèrement triste alors que ses doigts se resserraient :
« Tu sais... Tu vas y arriver... Il faut tenir le coup. Mais toi, tu vas y arriver, ne ? »
« ... » Kôgaiji baissa les yeux, songeur. « J'en sais rien... »
« Huh ? » la rouquine pencha la tête sur le côté.
« C'est dur... J'ai... J'ai l'impression que c'est... Comme un couloir sans fin... J'en ai besoin... » souffla son vis-à-vis.
« Mais... Tu as quelqu'un qui te soutiens maintenant, non ? » sourit-elle.
« Comment tu le sais ? »
Cette simple déclaration avait mis Kôgaiji sur la défensive, elle le sentait, son épaule s'était crispée sous ses doigts. Son interlocutrice esquissa un sourire qui se voulut réconfortant mais il était plutôt espiègle venant d'elle, sa réponse ne se fit pas attendre :
« C'est Nataku qui me l'a dit. »
« Nataku ? » répéta le jeune rouquin, visiblement surpris. « Tu le comprends ? »
« Ça va, ouais... » admit-elle. « Des fois, j'ai un peu de mal, surtout quand il est paniqué ou énervé, mais en règle générale, je le comprends bien... »
Kôgaiji haussa un sourcil, apparemment sceptique, mis il s'abstint de tout commentaire et dégagea la main de sa vis-à-vis de son épaule, se détachant du mur. Ririn le suivit des yeux pendant quelques secondes avant de murmurer :
« Nataku m'a dit aussi que Gokû voulait pas te perdre... »
« Il t'a parlé de Gokû ? » s'étonna le rouquin.
« Ben, il m'a parlé d'un petit brun aux yeux dorés et m'a dit qu'il s'appelait comme ça... » acquiesça-t-elle.
« Il t'a vraiment dit tout ça ? » lança Kôgaiji.
« Nan, Gojô me l'a dit ! » rit la petite.
« J'en ai assez entendu. »
Sur ces quelques mots, l'adolescent s'écarta et partit d'un pas rapide sans se retourner. Elle ne chercha pas à le retenir, se contentant de le regarder s'éloigner, lâchant un profond soupir ; que pouvait-elle dire de plus ? Mais au fond, même si elle essayait d'être gentille, elle avait beaucoup de mal à ne pas voir son frère à travers ce garçon... Elle en parlait toujours avec dédain, mais au fond, même si elle lui en voulait énormément de l'avoir abandonné pour sa drogue, il lui manquait terriblement... Et elle ne voulait pas revoir ce drame une nouvelle fois...
De son côté, Kôgaiji alla se réfugier à l'autre bout de la cour. Il ne savait pas où se trouvait Gokû, peut-être jouait-il avec Nataku : ils étaient de plus en plus complices, toujours fourrés ensemble... Mais au moins, ça l'empêchait d'avoir à mentir au jeune brun. Se mettant à l'écart, il se glissa sous le préau, histoire d'être un peu seul...
« Eh, beauté ! »
Mais peut-être était-ce trop demandé. Il leva péniblement les yeux vers l'imbécile qui venait de lui parler : il ne s'agissait pas d'un mais de quatre garçons, ceux qu'il avait rencontré dès son premier jour dans le pénitencier. Il soupira, sachant parfaitement que ce n'était pas juste pour le saluer qu'ils étaient là.
« Alors ? Qu'est-ce qui se passe rouquine ? » lança l'un d'entre eux.
« T'es pas avec ton petit frère chéri ? » renchérit un autre.
« Pas trop triste sans ta maman, ma chérie ? » lâcha un troisième.
« Foutez-moi la paix. » grogna Kôgaiji. « J'ai pas envie de jouer avec vous, aujourd'hui. »
« Oh, la princesse est pas d'humeur... » minauda le quatrième.
Sans chercher à réfléchir, le jeune rouquin envoya un violent coup de poing dans la figure du dernier, le faisant reculer de plusieurs pas mais s'attirant également la rage des autres : les trois garçons se jetèrent littéralement sur lui, l'entraînant au sol où un échange de coups commença, faisant danser de fines gouttelettes de sang dans l'air. Tous les coups étaient permis. Les jurons et autres cris fusaient alors que les adolescents se battaient de toutes leurs forces, chaque coup avait pour but d'être extrêmement douloureux.
Un violent coup de poing dans la tempe fit danser les monde devant les yeux de Kôgaiji qui s'immobilisa quelques secondes, ne pouvant réagir à la pluie de coups qui lui tombaient dessus. Celui qui se tenait sur lui affichait un sourire satisfait et cruel, du moins, il l'affichait jusqu'à ce qu'il disparaisse de son champ de vision ; retrouvant ses esprits, il laissa paraître son soulagement :
« Gojô ! »
Le rouquin lui adressa un sourire et plaqua son adversaire au sol, laissant le soin à Dokugakuji d'attraper les trois autres ; tordant le bras du garçon dans son dos pour l'empêcher de se débattre, Gojô se tourna vers Kôgaiji :
« Ça va ? Pas trop de casse ? »
« Tss... » ricana le rouquin en esquissant un sourire entendu. « Il en faut plus pour me casser ! »
« J'espère. »
Le surveillant se fit aider de quelques professeurs pour emmener les délinquants en cellules d'isolement ; ceci fait, il revint à la rencontre de l'adolescent :
« Kôgaiji, raconte-moi ce qui s'est passé. »
« J'étais venu là pour être tranquille et ils me sont tombés dessus. » récapitula le rouquin.
« C'est tout ? » s'étonna Dokugakuji.
« C'est tout. » confirma Kôgaiji.
« Ils disent que c'est toi qui a envoyé le premier coup et qu'ils n'ont fait que répliquer... » soupira le grand brun.
L'adolescent baissa les yeux, pensif : effectivement, en y repensant, c'était lui qui avait envoyé le premier coup... Il pouvait très bien mentir, après tout, quels scrupules devait-il avoir pour ces quatre crétins ? Aucun. Il releva la tête et secoua négativement la tête. Dokugakuji acquiesça et s'éloigna pour aller inspecter le reste de la cour ; Gojô, lui, adressa un regard indéfinissable à Kôgaiji, comme s'il réfléchissait, puis il murmura :
« Vaut mieux mentir, des fois. »
Kô releva vivement la tête, dévisageant son vis-à-vis : il savait ! Il avait tout vu. Pris d'un accès de panique, le jeune rouquin baissa la tête, ne sachant que dire ; ce fut la main de son interlocuteur se posant sur son épaule qui le fit sursauter et lever les yeux. Gojô le considéra quelques secondes gravement avant de lui adresser un sourire franc :
« T'inquiète, je dirais rien. »
« Ce n'est pas moi qui ai commencé... » souffla son cadet.
« Théoriquement si. » nia son ami.
« Mais ils... ! »
« Kô... Tu le sais probablement pas encore, mais dans ce putain de monde de merde, la vérité, on s'en fout. » soupira Gojô.
Kôgaiji le fixa avec de grands yeux, ne comprenant pas ce que lui disait son ami. Comment ça ''la vérité, on s'en fout'' ? Face à l'incompréhension du rouquin, son vis-à-vis poursuivit :
« Ecoute, à partir de maintenant, toi et moi, on a des casiers judiciaires. Les flics, ils en auront rien à branler que t'aies commencé ou non : pour eux, t'auras été le premier à frapper, point barre. Tu piges ? C'est comme un jeu, le premier qui frappe, c'est celui qui perd. »
Le plus jeune dévisagea encore un long moment son aîné, il n'avait jamais pensé à cela... Voyant que Gojô attendit un signe de sa part, il hocha la tête, signe qu'il avait bien enregistré l'information ; son interlocuteur esquissa un sourire et lui shampooina amicalement le crâne. Kôgaiji tenta tant bien que mal de se soustraire à la force de son ami mais ce n'était pas la peine, il n'y arriverait pas avec ses maigres forces ; acceptant donc son destin sans protester, il accompagna son vis-à-vis dans un coin de la cour.
« T'en veux ? » lui lança Gojô en lui tendant un paquet de cigarettes.
« Ouais... » accepta Kôgaiji en en attrapant une.
« Depuis quand tu clopes ? » s'étonna son ami.
« Depuis peu... » avoua l'adolescent en allumant sa cigarette.
« Mauvaise manie... Enfin, c'est pas moi qui vais te faire la morale de ce côté-là. » sourit Gojô en allumant la sienne.
« J'imagine. »
Un long silence s'installa entre eux, chacun savourant ses propres bouffées de nicotine en observant la cour, plongés dans leurs pensés respectives. La sonnerie retentit. Kôgaiji lâcha un profond soupir, écrasant son mégot sur le mur contre lequel il était appuyé et le jeta :
« Quand faut y aller... »
« Tu oses dire ça, toi ? » ricana Gojô. « Monsieur j'ai-séché-je-ne-sais-combien-de-cours-d'affilés ? »
« Je t'emmerde. » grogna le rouquin.
« Là, je crois que c'est plutôt moi. » rit son aîné.
« Gojô... »
« D'accord, j'arrête. »
« Merci. »
« Pour le moment ! »
« Rah... »
A SUIVRE...
Sahad : Et voilà... Un petit chapitre de plus qui ne raconte pas grand-chose, certes, mais qui amène inexorablement vers la fin...
