Disclaimer :

Les personnages originaux appartiennent à JKR.
L'univers, l'histoire et la francisation des noms m'appartiennent.
Le non-respect de ces dispositions, notamment en matière de reproduction pourra entrainer de terribles représailles allant du coup de cuillère à l'écartèlement pur et simple.

Notes importantes :

La beta est assurée par l'inimitable Amy W. Key que vous devriez tous adorer bande de païens :D
Petite précision : sur une idée originale d'Amy, l'histoire se déroulant à Paris, tous les noms des personnages sont francisés (sauf Malefoy, considérant que son nom est déjà inspiré du français). Normalement, il ne devrait pas être trop compliqué de faire le rapprochement nom original / francisation, mais le cas échéant n'hésitez pas à me contacter =)
Je répondrais aux reviews anonymes en début de chapitre suivant.

Les Bavardages de Gis :

Un long moment sépare la dernière parution de celle-ci, j'en suis consciente ! (Btw, je vous conseille de tout relire depuis le début ! L'histoire est relativement courte et ça vaut le coup de lire la fin de la fanfiction en se souvenant de tous les détails ;) )

Comme d'habitude je m'en excuse mais ma pauvre beta chérie était enfouie sous des tonnes de travail donc on l'aime donc on l'excuse ! Cependant pour me rattraper je vous annonce que les deux derniers chapitres de l'histoire (enfin le chapitre 11 et l'épilogue) seront publiés dans les semaines qui suivent, à savoir lundi prochain pour la chapitre 11 et le lundi suivant pour l'épilogue !

Pour être tout à fait honnête, je travaille actuellement sur une autre histoire qui m'occupe entièrement l'esprit et explique mon absence TOTALE de fanfiction ! J'espère que le travail sera à la hauteur de l'absence ;)

D'ici là je vous souhaite une excellente lecture !

Chapter Soundtrack

Miss Murder - AFI


Chapitre 10

La chaleur à l'arrière du taxi était étouffante. Hermione suffoquait sous les couches de laine dont elle s'était habillée le matin même. De la buée maculait les vitres de la voiture. Le paysage défilait, flou, indéfinissable au rythme des accélérations du chauffeur. Les lumières des feux tricolores se réverbéraient sur toute la surface du verre.

Pelotonnée contre la portière, elle réalisa que ses mains tremblaient.

L'excitation, la tension qui l'habitaient étaient à leur comble. Ils étaient tout proches à présent, elle le sentait. Plus proches qu'ils ne l'avaient jamais encore été de résoudre ce mystère et de mettre la main sur leur assassin. Il ne manquait qu'une pièce à ce puzzle macabre, une seule et ils seraient sur sa piste.

Le taxi accéléra et les couleurs, les formes s'emmêlèrent à nouveau derrière la vitre.

- À quoi tu penses ?

Elle se retourna. Drago la dévisagea avec attention.

Il paraissait la scruter depuis un bon moment. Ses jambes nonchalamment croisées, il avait adopté la même position qu'elle, calé entre son siège et la portière. Ce genre d'habitude ne se perdait pas. La pluie qui les avait surpris en sortant du café teintait encore ses cheveux clairs. Elle aperçut une goutte d'eau qui dégoulinait dans le creux de sa nuque.

- À l'enquête, répondit-elle comme si c'était là une évidence.

Il lui adressa un petit sourire qui semblait forcé.

- Tu n'y crois pas ? demanda-t-elle.

Il soupira, se retourna vers la vitre. Elle crut qu'il ne lui répondrait pas.

- Si. Si, je pense que nous sommes sur la bonne piste, reprit-il.

Il paraissait contrarié.

- Mais ?

- Mais je trouve ça triste.

Hermione ne comprenait pas. Mais il la devança avec qu'elle ne puisse le questionner à ce sujet.

- Deux meurtres. Du sang sur leurs mains. Des enfants traumatisés à vie. Une famille brisée. Et tout ça pour de l'argent, cracha-t-il. C'est d'un ridicule, ça me dégoute.

La colère anima ses traits, durcissait son visage, le rendant encore plus beau qu'il ne l'était jusqu'alors.

- En quoi cela change des habitudes. Un crime reste un crime.

Un sourire triste, comme nostalgique fleurit sur ses lèvres.

- Un jour, je te montrerais Grangier. Je te montrerais les affaires sur lesquelles je travaille.

Elle fronça les sourcils, ne comprenait pas.

- C'est-à-dire ?

- Un jour je t'emmènerais dans mon horrible monde. Et tu verras ce que je vois. Cette affaire n'a rien à voir avec les affaires que je mène d'habitude.

- Je ne vois pas en quoi cela pourrait différer de tes tueurs en série, s'exclama-t-elle blessée par la façon dont il jouait à la rabaisser.

Il perdit son sourire, ses yeux se plissèrent.

- Tu ne sais rien, décréta-t-il d'un ton froid.

La conversation semblait prendre fin. Elle reporta son attention sur ses mains toujours tremblantes. Malefoy était comme un serpent, changeant, imprévisible. Il pouvait passer d'une humeur à l'autre, faire volte-face en une fraction de seconde.

Plusieurs fois, Hermione s'était demandé si ses enquêtes ne l'avaient pas affecté plus que de raison.

- Excuse-moi, lâcha-t-il soudainement.

Il s'était rapproché d'elle et paraissait soucieux de son soudain mutisme.

- Je suis toujours tendu à la fin d'une enquête.

Elle ne répondit pas, se contenta de la dévisager froidement. Elle réalisa que le bras Drago venait de se caler sur son propre appui-tête.

- Je ne comprends toujours pas pourquoi on nous a collé ensemble d'ailleurs.

Hermione ne savait pas vraiment comment prendre la remarque.

- Ils ont peut-être pensé que ça t'humaniserait un peu, répondit-elle, acide.

Contre toute attente, il se mit à rire.

Son rire était chaud, riche. Elle le regardait s'esclaffer, hypnotiser par ses lèvres pleines, ses dents blanches, ses yeux brillants. Un être si froid et si sarcastique pouvait donc rire : première nouvelle.

- C'est sans doute quelque chose dans ce goût-là, conclut-il finalement avant de reposer les yeux sur elle.

Il était à nouveau si proche. De toute façon, quoi qu'il fasse, Drago Malefoy était toujours trop proche.

Il y avait cet éclat dans son regard, ce reflet violent, bestial. Cette fièvre qu'elle ne lui avait connue que rarement. Cette envie de quelque chose de plus, maintenant. Cette exigence latente qui lui retournait le ventre.

Proche, si proche, trop proche.

Sa main monta lentement, gracieusement, effleura sa joue, coinça délicatement une mèche rebelle derrière son oreille. Ses doigts se perdirent dans le creux de son cou, glacés contre le brûlant de sa peau. Elle tressaillit. Il se rapprocha davantage.

Toute pensée déserta son esprit lorsque ses lèvres effleurèrent les siennes.

Une caresse légère, aérienne. Une seconde.

Elle enroula ses bras autour de sa nuque et l'embrassa plus franchement. Le souffle lui manquait. Elle n'en avait rien à foutre.

Le baiser se faisait de plus en plus fougueux, les mains de Malefoy caressait ses cuisses par-dessus son jean, sa langue se faisait vorace.

Elle tirait sur ses cheveux alors qu'il mordait dans ses lèvres. L'air se faisait rare mais le monde aurait pu s'effondrer qu'elle n'y aurait pas porté davantage d'attention.

Trois coups claquèrent contre la vitre. Ils sursautèrent, se reculèrent.

- Inspecteur Malefoy, vous êtes arrivés !


D'un rouge vif, les joues d'Hermione brûlaient. À vrai dire, c'était son corps entier qui se trouvait en état d'ébullition. Son pas était loin d'être sûr et elle s'était plusieurs fois retrouvée sur le point d'agripper le bras de Malefoy pour ne pas s'écrouler. Pourtant, le taxi s'était garé juste devant le commissariat.

Drago ne parlait pas, se contentait d'avancer à côté d'elle, sans toutefois l'effleurer. Sa démarche était raide et elle le soupçonnait être dans le même état qu'elle. Elle ne savait pas qui de la honte ou du désir l'emportait sur ses sentiments actuels. Au fond, peut-être que la frustration battait à plate couture les deux autres.

Louna Bonamour les attendait devant le bâtiment austère, une cigarette perchée entre ses lèvres maquillées.

- Samuel m'avait bien dit que vous reviendrez, déclara-t-elle simplement lorsqu'ils arrivèrent à sa hauteur.

Drago et Hermione se concertèrent du regard avant d'hausser les épaules et de passer leur chemin. Ils n'avaient pas vraiment le temps d'essayer de comprendre les remarques plus que sibyllines de leur collègue.

C'était le second matin consécutif qu'ils se rendaient de concert au poste, en direction du bureau de leur supérieur hiérarchique. Avec un peu de malchance, ça pouvait même devenir une habitude.

Hermione tentait vainement de se concentrer sur sa plaidoirie histoire de se sortir de la tête ce qu'il venait de se produire à l'arrière du taxi. Mais les caresses de Malefoy semblaient s'être imprimées au fer rouge sur sa peau. Ses baisers voraces avaient d'ailleurs sûrement marqué ses lèvres. Elle pria pour que ce ne soit pas le cas.

Elle ne préférait pas savoir ce que Motte aurait à dire d'une telle… collaboration.

Même porte entr'ouverte, même bureau froid, même chef à l'air grognon.

- Quoi encore ? maugréa-t-il en levant les yeux au ciel.

Hermione avait appris la leçon. Mieux valait laisser Malefoy s'expliquer. Il dut avoir la même idée qu'elle.

- Il nous faut un mandat, décréta-t-il avec aplomb.

Motte respira de travers et s'étouffa à moitié.

- Qu… Quoi ? éructa-t-il. Mais vous avez eu accès à tout l'appart ! Qu'est-ce qu'il vous faut de plus ?!

Sa gorge obstruée et ses toussotements à répétition faisaient ressortir les muscles puissants de son cou d'où saillaient des veines violacées.

- Un mandat pour avoir accès à un contrat de mariage.

Cette fois, Motte frisait la crise d'apoplexie.

- Est-ce que vous vous foutez de ma gueule ? Avez-vous une moindre idée de tout ce que j'ai dû faire pour vous décrocher ce code 36 ?!

Il s'était relevé de son imposant siège et les toisait de toute sa hauteur.

- Avez-vous la moindre idée de ce qui m'est tombé dessus lorsque la femme de chambre vous a clamsé dans les bras ?

Hermione se contenta de déglutir. Aucun mot n'était en mesure de calmer leur chef. Il ne leur restait plus qu'à attendre que sa crise de rage prenne fin. Et se taire, accessoirement.

- Avez-vous la moindre idée de ce qui se dit à la préfecture de police sur les inspecteurs incapables qu'on a lancé sur le cas Potté ?

Si Hermione baissa les yeux, Drago ne put s'empêcher de répondre.

- Puisqu'on vous dit qu'on a quelque chose ! finit-il par s'exclamer.

Motte fronça les sourcils et se pencha vers eux en abattant ses deux poings massifs sur son bureau.

- Je me fiche de ce que vous croyez avoir ! Je vous parle de mes supérieurs ! Pas des vôtres, mais des miens ! Je ne peux pas continuer à me ridiculiser de la sorte et à acquiescer à toutes vos demandes !

Drago semblait sur le point de craquer. Sous la table, Hermione posa sa main sur son genou, qu'elle caressa distraitement. Aussi étrange que cela puisse paraître, il parut se détendre quelque peu.

- Henry et Jenny Potté se seraient mariés sous contrat d'après leur notaire.

- C'est irrecevable devant un tribunal, coupa Motte. Le secret professionnel l'empêche de divulguer ce genre d'informations.

Motte n'avait pas tort. Mais ce n'était pas une question de tribunal mais seulement de mandat.

- Il a sous-entendu qu'il y avait un contrat. Mais nous ne pourrons y avoir accès qu'avec un mandat.

Le commissaire savait tout ça. Mais leur délivrer un mandat n'était pas sans conséquence. Il devrait en référer à la préfecture. Et qui savait quelle serait la réaction de toute la tripotée d'avocats de la famille Potté…

- Vous me fatiguez, Malefoy, maugréa Motte en se massant les tempes. Surtout que la famille Potté a obtenu une autorisation pour quitter le territoire.

À ces mots, Hermione sut qu'ils venaient de remporter la partie.

- Merci commissaire.

- Je n'ai pas…

Mais les deux inspecteurs s'étaient déjà levés.

- Rappelez-vous, vous n'avez plus que…

- Nous n'aurons pas besoin d'autant de temps, répliqua Grangier en claquant la porte derrière elle.

Motte soupira à nouveau en avalant une énième aspirine. Ces deux-là finiraient par avoir sa peau.


Malefoy descendit rapidement le papier des yeux. Son regard s'arrêta au milieu de la page. Un sourire vainqueur apparut sur ses lèvres lorsqu'il lui tendit le document.

Clause inhérente pour la séparation des biens : fidélité des époux.


C'est tout pour aujourd'hui ! La suite lundi prochain

J'attends vos réactions ;)

Gis.