Bonne lecture !

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Chapitre 9 : Arrivée et entretien à l'orphelinat

Perrot déposa les deux frères devant une grille. Il leur dit que quelqu'un allait leur faire visiter les lieux et leur en expliquer le fonctionnement. Il leur dit aussi qu'il reviendrait les voir très bientôt. Puis il remonta dans son automobile et s'éloigna dans un nuage de fumée.

« Vieille caisse ! Il ne doit pas être très riche, notre sauveur. » Décréta Seto.

Ils s'avancèrent vers la grille et purent voir 3 bâtiments de pierre étirés horizontalement sur une cinquantaine de mètres chacun. Certains murs semblaient plus décrépis et du lierre en recouvrait la totalité. Seto eut un sourire ; il aimait ce genre d'endroit mystérieux surplombant un immense jardin et loin de la puanteur des villes.

Au contraire, Mokuba sut au premier coup d'oeil sur l'endroit qu'il le détesterait.

Et Seto sut au premier coup d'oeil sur son frère que celui-ci ne réussirait jamais à s'adapter.

Au milieu de la grande cour, sur un chemin de petits cailloux, ils virent une silhouette se diriger vers eux. Bientôt, la tache sombre devint masculine et un homme d'une quarantaine d'années les salua d'un signe de la main. Il ouvrit la grille et leur fit un sourire éclatant.

« Salut les enfants, alors ça boume ? »

Seto trouvait que ce langage ne correspondait pas au physique de l'inconnu. Grand, large d'épaule et surement recouvert de poils de la tête au pied, il ressemblait davantage à un entraineur de football américain.

« Je m'appelle Raphël Davis. Mais appelez-moi Raph, je vous en prie. Je suis le directeur de cet orphelinat. »

Seto et Mokuba échangèrent un regard.

« Oui, je sais, ça étonne toujours.

- Vous accueillez toujours en personne les nouveaux venus ? Interrogea l'aîné.

- Toujours. Mais il faut dire que les orphelins ne débarquent pas par centaine en général, dit-il en éclatant de rire. - A nouveau, un regard entre les deux frères. - Mais, cela dit, heureusement, poursuivit l'homme, plus sérieux.

- Monsieur ...

Raph ! Rappela le directeur.

- Très bien. Raph, est-ce que vous allez nous faire visiter ?

- Vous faire ... ? Non, vous allez visiter tous seuls, comme des grands.

Il leur demanda s'ils avaient l'heure et leur dit de passer à son bureau à 17h ; jusque là, « faîtes ce que bon vous semble », c'était ses mots. Il dit également que n'importe qui pourrait les aider à trouver son bureau.

Quand il se fut assez éloigné, Mokuba s'exclama :

« Drôle de coco !

- Drôle de coco ?

- Maman disait toujours ça quand elle trouvait quelqu'un étrange. »

Seto n'avait nulle envie de converser sur sa mère, c'est pourquoi il entraîna son frère et commença à explorer le jardin. Tandis que Mokuba traînait les pieds, Seto sautillait presque sur place : deux semaines passées à l'hôpital lui avait redonné goût aux ballades en extérieur.

Soudain, le garçon poussa un cri. En un instant, Mokuba était face à lui, inquiet. Mais le visage de Seto rayonnait. A nouveau, il poussa un cri, un cri de joie ; il prit son frère dans les bras et s'écroula avec lui sur le gazon humide. Allongé sur le dos, serrant son frère, Seto éclata de rire.

« Ca va être super ! »

Il embrassa son frère sur la joue et se releva. Seto se mit à courir en riant toujours et Mokuba eut dû mal à le suivre. L'aîné s'arrêta sous un porche, le rire déformé par son manque de souffle. Les 2 frères se reposaient contre un mur lorsque Seto aperçu dans la salle en face d'eux une montagne de jeux de société. Par chance, la salle n'était pas fermée. Pour la 1ère fois, Mokuba perdit son air renfrogné. Jamais ils n'avaient vu autant de jeux de leur vie, hormis dans les magasins. Tandis qu'ils regardaient autour d'eux émerveillés, Seto crut apercevoir quelque chose dépassé de sous une grosse armoire. Il se mit à plat ventre sur la moquette et tendit le bras. Il ressortit le plein de poussière et avec dans sa main, une boite couverte de moisissure. Il l'ouvrit presque cérémonieusement comme on le ferait avec un coffre à trésor. Ses yeux s'éclairèrent à la découverte ce que protégeait la vieille boite.

« Regarde Moki, c'est un jeu d'échec. Il est magnifique. Il était caché sous cette armoire. C'est un échiquier secret.»

Mokuba ne partageait pas l'enthousiasme de son frère.

« Est-ce que tu sais y jouer au moins ? »

Seto, une fois debout, sortit les pièces taillées dans le bois et vernis et les plaça sur une table.

« On m'avait appris à l'école. Mais, à la maison, je n'avais ni jeu ni adversaire.

- Moi, je pourrais jouer contre toi. Tu m'apprendras ?

- Bien sur. »

Comme son frère était toujours subjugué, le plus jeune essaya de mettre le doigt sur une chose qui le dérangeait depuis leur entrée dans l'orphelina. Enfin, il compris.

« Seto, pourquoi c'est désert ? Je veux dire où sont les autres enfants.

- Et bien, tu sais, on est jeudi. Ils doivent être à l'école.

- Et nous. Pourquoi on n'y est pas ? Interrogea le garçon, presque furieux.

- Depuis quand tu as envie d'aller à l'école ?

- Depuis que je déteste cet endroit.

Seto soupira.

« Mokuba, tu as conscience que se sera aussi une nouvelle école.

- Mais ce sera toujours mieux qu'ici.

- Pourquoi ?

- Parce qu'ici c'est une cage pour les passés douleureux. Je ne veux pas vivre avec des gens comme moi.»

Mokuba tourna le dos à son frère pour ne pas lui montrer ses larmes. Mais Seto était heureux et n'avait aucune envie cette fois de réconforter son cadet. Il le prit par le bras et l'entraîna dehors.

« Arrêtes de te morfondre et attends de voir. On n'est même pas là depuis une heure. Bon, il faut trouver le bureau de l'autre « coco », il va être temps.

- Pourquoi le juge ne nous a pas mis dans une famille d'accueil ?

- Aucune idée et je m'en fiche d'ailleurs. Aller dépêches-toi ! ».

10 minutes passèrent avant qu'ils trouvent une personne pour leur indiquer le bureau de Davis. Ce fut le jardinier qui les y conduisit.

« A croire que les clichés ont la dent dure. » Songeait Seto.

Et pour cause, le jardinier était vieux, noir avec des cheveux grisonnants, un peu gâteux sur les bords mais gentil dans son genre. Et surtout, et bien, c'était un homme. Seto ne se souvenait pas avoir un jour vu une femme « jardinière professionnelle ».

Raph les accueillit à bras ouverts et leur présenta une fillette à peine plus grande que Mokuba.

« Voici Sarah, elle est un peu malade, c'est pourquoi elle n'est pas à l'école. Mais pas suffisement malade pour ne pas donner un coup de main, n'est-ce pas Sarah ? »

La fillette rouse hocha la tête. Elle prit alors Mokuba par la main.

« Viens ! Je vais te faire visiter ce que tu n'as pas vu. »

Fasciné par le visage plein de candeur de la fillette, le jeune frère la suivit sans émettre un son.

« Seto, tu restes ici ! J'aimerai que nous discutions. »

Le directeur l'invita ensuite à s'assoir dans un coin du bureau. Davis prit une chaise et s'installa en face de lui. Il ne voulait pas de bureau entre lui et le jeune orphelin ; après tout ce n'était pas un entretien d'embauche.

« Alors, je vais t'expliquer brièvement comment ça fonctionne ici, et tu le répéteras à ton frère. Ce n'est pas vraiment pour ça que je t'ai fait venir, mais après tout ... Alors ... lever à 6h30 et petit déjeuner avec tout le monde. A 7h30, le bus pour l'école passe et le midi, vous mangez à la cantine. Retour ici à 17h. Il y a une aide aux devoirs pendant 3h maximum, 1h au minimum. Selon, le temps qu'il reste, on peut s'occuper comme on veut. Tu découvriras bientôt les activités que nous proposons. Le dîner est à 19h30 et le coucher à 21h30. Des questions ? »

Seto aquiesça.

« Et pour le week-end et les vacances ?

- Le week-end, aide aux devoirs, sortie en ville, jeux, ... enfin tout ce que tu faisais avant. Pour les vacances, ça dépend. Il arrive qu'on organise des petits voyages, sinon on reste dans l'orphelinat. D'autres questions ? »

A nouveau, Seto opina du chef.

« Pourquoi vouliez-vous me voir exactement ? »

Davis sourit, se leva et fouilla dans son bureau. Il revint un document dans les mains.

« Voici ton dossier scolaire. J'ai constaté que tu étais un très bon élève. En fait, un de tes profs te qualifierait même de surdoué.

- Vraiment ?

- Oui, ton prof de mathématique. Il dit que tu sais faire des choses en maths que lui-même n'a jamais appris. Des choses qu'on étudies bien après le Bac.

- J'adore les maths ; j'empruntais beaucoup de livres sur le sujet.

- Empruntait ? - Répéta Davis. - Mais tu vas continuer. Il a une bibliothèque en ville où tous nos enfants sont inscrits d'office. Je sais que ton prof n'a jamais pu confier à tes parents combien tu étais doué étant donné les circonstances. »

Davis attendait visiblement une réaction chez l'enfant ; réaction qui ne vint pas.

« Demain, ton frère et toi irez à l'école. Si ton nouveau professeur de Mathématiques me confirme tout cela, nous parlerons de ton avenir. Nous ferons en sorte que ta passion devienne ton métier. »

Seto le remercia et quitta le bureau. Davis s'adressa une dernière fois à lui avant qu'il ne referme la porte.

« Il y a peu de gens comme toi sur Terre, Seto. Accroches-toi et tu iras très loin ! »

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Désolée, ce chapitre n'était pas très intéressant, mais nécessaire.

A partir du suivant, l'action et les rebondissements vont reprendre leur place.