Chapitre 7: En route pour Poudlard!
Quelques semaines s'étaient écoulées depuis la visite de Dumbledore. Tom, maintenant âgé de huit mois, était toujours un bébé calme, au sommeil très lourd et qui ne pleurait quasiment jamais. Il faisait le bonheur et la fierté de son père et de sa tante. En parlant de celle-ci, le jour qu'elle attendait depuis sa plus tendre enfance était enfin arrivé. Aujourd'hui, 1er septembre 1931, était un grand jour pour la famille Adams. En effet, dans quelques heures à peine, Alena serait en route pour Poudlard. Il était actuellement 6h du matin et la jeune fille était surexcitée, à tel point que, la veille, son frère avait eu un mal fou à la convaincre d'aller se coucher et avait dû lui répéter une bonne centaine de fois que, non, elle ne pouvait pas emmener Tom à Poudlard, qu'il était trop jeune pour y aller. Ce fut avec les plus grandes difficultés à tenir en place qu'elle réveilla finalement son frère à 8h30. Ledit frère rala d'ailleurs un peu, uniquement pour la forme: il était au moins aussi impatient lorsque lui-même était entré à Poudlard.
La future élève de Poudlard alla chercher Tom dans la chambre de son frère et, comme elle s'y attendait, trouva l'enfant déjà éveillé. Le bambin lui fit un magnifique sourire où deux petites dents pointaient sur le devant. Elle le prit sous les aisselles, le serra contre elle et l'emmena dans la cuisine. C'était comme ça depuis qu'ils l'avait adopté, environ deux mois plus tôt. Si Altaïs s'occupait de Tom la plupart du temps, Alena tenait à le lever et à le coucher. Un autre petit changement avait eu lieu dans leurs vies à tous les trois: Crystal avait emménagé chez eux avec son fils. Alena adorait le petit garçon, qui le lui rendait bien. La présence de la jeune femme, dont Altaïs était peu à peu en train de tomber amoureux, bien qu'il ne l'aurait avoué pour rien au monde, forçait les deux ex-Black à vivre comme des moldus.
Mais pour l'heure, ses pensées étaient tout autres. Elle ne pensait qu'à une seule chose: son entrée plus qu'imminente à Poudlard. À ce moment, son frère l'appela: il était temps de partir, s'ils voulaient être à l'heure à la gare. Elle pris le bras de son frère, lui assura qu'elle avait toutes ses affaires et que, oui, elle avait sa baguette et ce dernier les fit transplaner directement sur la voie 9 ¾. Le panneau « Poudlard Express, 11h » qui trônait fièrement devant eux leur fit savoir qu'ils étaient au bon endroit. Le jeune homme se mit en face de sa soeur, Tom dans les bras, et lui dit:
« Bon, Lena. Aujourd'hui, c'est le grand jour, tu entres à Poudlard. Je ne vais pas te faire des recommandations interminables, comme aurait pu le faire papa. Je vais juste te répéter ce que m'avait dit maman: où que tu ailles, je serai fier de toi, ne l'oublie jamais. N'oublie jamais ça. Fais-toi des amis sur qui tu pourras compter quelques soient les circonstances. Et surtout, amuse-toi bien. » termina-t-il avec un sourire.
Après l'avoir aidée à monter sa valise dans le train, il lui fit un signe de la main, auquel elle répondit. Elle monta et, une fois qu'il eut transplané, se mit en quête d'un compartiment libre. Elle en trouva heureusement un assez rapidement, où elle s'installa. Alors que le train partait, elle resta le nez collé à la fenêtre, regardant s'éloigner le quai, puis, lorsque ce dernier ne fut plus qu'un point dans le lointain, elle se retourna. Il ne s'écoula que quelques minutes avant que quelqu'un ne frappe à la porte du compartiment. Alena ouvrit la porte, laissant apparaître la tête couronnée de cheveux d'un noir profond d'un garçon dont les yeux gris avaient la couleur de l'acier liquide et pétillaient de bonheur. Le nouveau venu demanda:
« Je peux entrer ? Les autres compartiments sont plein » Et t'as l'air super sympa, ajouta-t-il en pensées.
Alena hocha vivement la tête et se décala pour lui faire de la place. Elle l'aida à hisser sa valise dans les filets et il lui rendit la pareille avec la sienne. Il s'installa en face d'elle et se présenta d'une voix enjouée, totalement en contraste avec celle, neutre voire glaciale, qu'il utilisait devant ses parents ou en public, en lui tendant la main:
« Orion Black! »
Alena se figea sur place quelques secondes, puis une fois passé le choc de rencontrer son grand père paternel âgé de 11 ans, se reprit et se présenta à son tour:
« Alena Adams » dit-elle « mais mes amis m'appellent Al' ou Lena » ajouta-t-elle en lui tendant la main.
Chacun saisit la main tendue de l'autre, scellant ainsi leur amitié. Le trajet ne fut que rires et cris. Lorsque fut annoncée l'arrivée imminente du train en gare de Pré au Lard, Alena chassa sans ménagement Orion du compartiment, le temps de se changer. Lorsqu'il revint, elle ne put que constater que lui aussi avait pris le temps de revêtir son uniforme. Elle ne put s'empêcher de penser qu'elle le trouvait très beau garçon, pour un enfant de 11 ans. À l'idée que, dans quelques années, il ferait tourner bien des têtes, garçons et filles confondus, elle eut un vague pincement au cœur, auquel elle ne prêta aucune attention. Elle l'attribua au fait d'être à Poudlard et d'avoir rencontré son grand père.
Elle suivit la masse des première année menés par un homme d'une cinquantaine d'années, dont les longs cheveux auburn lui étaient étrangement familiers. Elle avait l'intime conviction qu'elle connaissait cet homme et aurait dû le reconnaître, mais pas moyen de mettre un nom sur son visage. Elle monta dans une barque avec Orion, un blond qui lui rappelait beaucoup la famille Malefoy et un brun dont les cheveux indomptables et les yeux noisettes criaient qu'il était un Potter.
Si Alena passa la traversée à discuter avec Orion, pour les deux autres, le voyage fut des plus silencieux. Ils suivirent ensuite l'homme jusqu'à deux grandes portes, qui s'ouvrirent sur un deuxième homme, qui ressemblait presque trait pour trait à leur guide, les seules différences étant ses cheveux, beaucoup plus longs, et les lunettes en demi lune qu'il avait sur le nez. La jeune fille reconnut alors, d'après les quelques photos qu'elle avait vu de lui, Albus Dumbledore, directeur adjoint à cette époque. Au moment où elle se rappelait que Dumbledore avait un frère plus jeune, elle comprit également pour leur guide lui était familier: il n'était autre que ledit frère. La troupe des premières années suivit Dumbledore qui les emmena dans une petite salle. Alena entendit le blond qui était monté dans leur barque marmonner quelque chose qui ressemblait vaguement à « Serpentard, je dois aller à Serpentard » mais n'y prêta pas attention, trop occupée à regarder autour d'elle.
Lorsque Dumbledore revint, elle croisa brièvement son regard et il lui sourit. Il savait qui elle était réellement, elle en avait la certitude. Il les emmena dans la grande salle, où quatre table étaient installées. Il y en avait deux de chaque côté, séparées par l'allée où s'avançaient actuellement les élèves de première année. Ils s'arrêtèrent finalement devant une cinquième table, selon toute vraisemblance réservée à l'équipe enseignante.
Dumbledore prit la parole, s'adressant aux nouveaux:
"Lorsque j'appellerai votre nom, vous vous assiérez sur ce tabouret et poserez le choixpeau magique sur votre tête, dit-il en brandissant fièrement un chapeau plus rapiécé qu'autre chose qui aurait eu bien besoin, selon Alena, d'un sacré coup de jeune.
- Adams, Alena"
La jeune fille fendit la foule et s'avança, sous le regard inquiet d'Orion. Elle s'assit sur le tabouret. Le Choixpeau eut à peine frôler sa tête qu'il se décida:
GRYFFONDOR!
Alena rejoignit la table des rouge et or et reporta son attention sur la répartition.
Le suivant fut:
"Black, Orion"
Le jeune garçon, beaucoup moins confiant que dans le train, s'avança en tremblant. Lorsqu'il s'assit, son regard croisa celui d'Alena, qui lui fit un signe de la main auquel il répondit par un sourire peu assuré.
Bonjour, jeune Black.
Orion sursauta en entendant une voix parler dans sa tête.
Vous… Qui êtes vous ?
Je ne suis qu'un vieux chapeau. Mon rôle est de répartir les élèves.
Hmm… Je vois en toi du courage, beaucoup de courage… Une volonté de te démarquer de ta famille…
Mes parents veulent que j'aille à Serpentard.
Le veux tu aussi ?
Je… Je n'en suis pas sur.
À cet instant, Orion repensa à ces quelques heures passées en compagnie de Lena. Avant de la rencontrer, il était déjà déterminé à ne pas suivre ses parents, parce qu'il savait que ses envies de liberté n'étaient pas compatibles avec les projets qu'ils avaient pour lui. Sa rencontre avec la jeune fille n'avait fait que le conforter dans sa décision de tracer son propre chemin. Sa nouvelle amie ne lui avait pas caché qu'elle vivait avec quatre autres personnes dont deux enfants en bas âge dans un appartement prévu pour trois. Elle lui avait dit, également, que deux de ses colocataires étaient moldus. Alors, il prit sa décision. Parce qu'en étant à Serpentard, il donnerait raison à ses parents, il demanda à aller ailleurs.
Je ne veux pas aller à Serpentard. Je veux aller à Gryffondor.
En es-tu sûr ?
Oui
Très bien, si c'est ce que tu souhaites. Je ne m'opposerais pas à ta décision, jeune Black rebelle. Tu iras donc à…
GRYFFONDOR!
Orion sursauta; il ne s'attendait pas à ce que le chapeau crie aussi fort.
Il se leva, reposant précautionneusement l'ancien artefact sur le tabouret branlant, et rejoignit avec un sourire radieux la table de sa nouvelle maison où il s'assit à côté d'Alena.
La répartition reprit. Les noms défilaient mais Alena n'y prêta pas attention, jusqu'à:
"Malefoy, Abraxas"
SERPENTARD!
Alena reconnut le blond qui lui avait fait penser à un Malefoy.
"Potter, Camille"
GRYFFONDOR!
C'était le brun qui était avec eux dans la barque. Il alla s'asseoir à côté d'eux sous les applaudissement de toute la salle.
Aussitôt la répartition achevée et le traditionnel discours de bienvenue prononcé par le Professeur Dippet, le directeur de l'établissement, les élèves affamés se ruèrent sur les différents plats qui venaient d'apparaî en mangeant, Alena entama la conversation avec Orion. Le fils Potter n'osait pas se joindre à eux. Alena l'observa du coin de l'œil et dit quelque chose à Orion à voix basse. Le Black hocha la tête en souriant.
Après le repas, ils suivirent les préfets jusqu'à la salle commune, située au septième étage et gardée par le tableau d'une grosse femme. Le préfet de 5° année, un grand blond taillé comme un batteur de Quidditch, se tourna vers eux:
« Pour entrer, il vous faut le mot de passe. Il change à chaque fin de trimestre, veillez à vous le procurer avant le début du trimestre suivant. Le mot de passe pour ce trimestre est Victoire. »
Le tableau bascula et les jeunes élèves suivirent le préfet quand il pénétra dans la salle. Il s'arrêta devant un escalier qui se séparait en deux après une dizaine de marches, pour rejoindre une estrade. Le préfet reprit la parole:
« Cet escalier mène aux dortoirs, vos affaires y sont déjà. Celui des filles est à gauche, celui des garçons, à droite. »
Alena suivit les autres filles de première année et choisit le lit situé le plus près de la porte. Elle se déshabilla et se coucha. Elle s'endormit comme une masse aussitôt que sa tête eut touché son oreiller et sa dernière pensée fut pour son frère.
