Note : Ceci est une traduction dont j'ai obtenu l'autorisation de la traduire.

Auteur:Helena Dax

Titre : Harry Potter y el secreto del monasterio

Rating/ Paring :M Slash HD

Disclaimer : Malheureusement tous les personnages appartiennent à J.K Rowling et l'histoire à Helena Dax


Chapitre 9 Le document

Il ne se passa rien d'exceptionnel pendant plusieurs jours. Harry rencontra un représentant de Gringotts et put avoir accès à son argent, mais il n'y eut aucune nouvelle de Remus ni des contacts de Malfoy. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était espérer et poursuivre la routine quotidienne du monastère qui préparait Halloween. Harry n'avait pas tellement envie de faire la fête et il décida d'ignorer complètement cette journée là en se levant le matin. Mais il allait avoir du m al car en sortant de sa chambre, il trouva Altair Malfoy étendu dans une flaque de sang. Mort d'inquiétude, il s'agenouilla rapidement à ses côtés pour vérifier son état mais le garçon explosa de rire.

-Tu t'es fait avoir ! Tu t'es fait avoir !

Harry comprit que c'était une farce et il ne sut s'il était soulagé ou en colère pour lui avoir fait peur.

-J'ai presque eu un infarctus, tu sais ?

-C'est Halloween, répliqua le petit garçon sans se sentir le moins du monde coupable.

Et dans cette petite communauté, Halloween signifiait faire des farces macabres. Avant de s'asseoir pour prendre son petit-déjeuner, Harry avait faillit faire deux autres attaques cardiaques en voyant du faux sang couler des robinets de la salle de bain et en entendant Daphné Greengrass hurler après avoir tiré sur le bras de Théodore Nott qui lui était resté dans la main. Il ne se fit pas avoir quand Virginie Mc Alistair, se trouvant à une autre table, feint de s'être asphyxié mais il tomba presque de sa chaise quand Narcissa s'approcha de Blaise et qu'après lui avoir dit « je suis contente de te voir », ses yeux sortirent littéralement de leurs orbites avant de se remettre tout seul en place.

-Oh, putain ! s'exclama Zabini en se relevant et en reculant d'un pas.

Les trois Malfoy riaient ouvertement, une image rare.

-Narcissa, c'est la chose la plus répugnante que je n'ai jamais vu, protesta Daphné. Je n'ai plus faim maintenant.

-Comment fais-tu ça ? –s'enquérra Théo, intrigué et dégoûté à la fois. –Tu n'as pas eu mal ?

Elle le refit, provoquant encore des exclamations de dégoût et de rire.

-Non.

Harry, qui n'aurait jamais imaginé Narcissa Malfoy faire des blagues à Halloween –et encore moins aussi créatives et repoussantes –, l'observa avec curiosité. Il l'avait toujours vu comme l'épouse et la mère de deux assassins, responsable en partie de la mort de Sirius Black. Aujourd'hui, il n'avait pas trop de sympathie pour elle mais il l'avait vraiment sous-estimé. En l'absence de Draco, elle prenait les commandes du monastère et non Blaise. Elle s'occupait aussi du petit Victor Zabini car son père n'avait aucune idée de la façon dont le faire, la mère étant morte en couche. Harry avait une certaine faiblesse pour les femmes qui traitaient avec tendresse les enfants d'autrui, ce qui faisait que son opinion sur elle avait un peu changé. On disait que Narcissa avait pensé à trahir Voldemort quand ce dernier avait donné la mission suicide à Draco de tuer Dumbledore à Poudlard, même s'il ne l'avait jamais entendu de la bouche des principaux concerné. Harry avait quand même un peu de mal à y croire.

Malgré son humeur taciturne, ça se passa mieux qu'il ne l'espérait et il observa les blagues des un et des autres tout en évitant ceux qui essayaient de lui en faire. Après avoir assisté à plusieurs assassinats, amputations et suicides, il avait atteint un tel niveau de scepticisme que même si Voldemort apparaissait soudainement devant lui, il l'aurait contourné sans lui adresser un seul regard de plus.

Mais pour les sorciers, Halloween n'était pas une simple excuse pour se déguiser et faire peur. Des rituels se dérouleraient cette nuit et Malfoy avait élaboré une potion traditionnelle qui aidait à entrer en transe et à sentir l'essence de la magie. Harry n'en prit pas parce qu'il était de garde cette nuit mais quand il la sentit, il eut l'impression que c'était un alcool pur brûlé. Ce n'était pas étonnant que ça aidât à entrer en transe. Et faire un coma éthylique aussi.

-J'espère que tu as préparé des potions anti gueule de bois pour demain.

-Un chaudron plein, répliqua Malfoy en souriant.

Il ne restait que quelques heures avant minuit. Les jours de fêtes, personne ne s'entraînait pour résister aux Doloris, ce qui était une occasion de célébration en soi. Blaise fit apparaître un gramophone assez vieux et la musique se fit entendre dans la salle à manger sans avoir besoin de mettre un disque. Des jeunes se mirent à danser, animés par la fête et les premiers effets de la potion. Malfoy dansa avec sa mère ils bougeaient avec grâce et Harry, qui se savait assez pataud, les observa avec complaisance. Quand la chanson fut finie, Draco s'approcha de lui.

-Tu penses rester ici comme un débile jusqu'à ta garde ?

-Eh bien…oui, c'était le plan.

Malfoy esquissa un sourire moqueur.

-C'est la nuit de l'horreur, Potter. Il n'y a pas meilleur moment pour danser.

-Va te faire foutre.

-Tu n'es qu'un malotru avec tes fans, le Garçon-qui-a-survécu. Regarde Virginie elle se meure pour que tu daignes lui accorder un peu d'attention.

Un peu surpris, Harry la chercha du regard. Elle parlait avec une autre fille tout en jetant des coups d'œil discret dans sa direction et quand elle vit qu'il la regardait aussi, elle lui sourit avant de lui faire un coucou de la main.

-Ah…

-Elle te plaît ?

-Elle est jolie mais…

-Mais quoi ?

-Tu sais… - « Je ne veux pas qu'ils la tuent. » Mais il ne le dit pas à voix haute. -C'est trop tôt encore. Et puis, j'ai d'autres préoccupations pour l'instant.

Malfoy fronça les sourcils.

-Par Merlin Potter, je t'ai dit de l'inviter à danser pas de te marier avec elle.

-Enfin, bon… Je te remercie de ton intérêt mais je n'en ai pas envie.

Draco acquiesça, n'insistant pas plus avant de le regarder d'un air curieux.

-Tu aimes toujours ta femme alors ? N'es-tu pas en colère contre elle ?

-On l'a assassiné. Je n'ai pas eu le temps d'être en colère. –Et il rajouta, sans savoir pourquoi. –Mais je ne l'aimais plus.

-Ha bon ?

Il ne pouvait pas croire qu'il racontait ça à Malfoy.

-Non. –Il était assez mal à l'aise. –On peut laisser ce sujet de côté, s'il te plaît ?

-Bien sûr. –dit Malfoy en détournant les yeux un instant. –Le Polynectar sera prêt demain. On pourra aller vers Poudlard et au Chemin de Traverse. Veux-tu t'acheter un balai ?

-J'aimerais essayer de récupérer le mien. Avec la Cape d'Invisibilité, je peux tromper les Aurors et je pense être capable de franchir les sorts de protection de chez moi.

-C'est risqué.

-Oui, je sais. Je ferais attention.

-Quand essayeras tu ?

- Dimanche, je pense.

-Ce n'est pas une bonne idée d'y aller seul. Veux-tu emmener Vince ou Greg ?

Harry comprenait pourquoi il les appréciait autant –c'était ses deux chiens de gardes –mais il ne partageait pas ce sentiment. Crabbe et Goyle n'étaient que deux grosses montagnes de muscles sans cerveau. Il avait plus de chance de passer inaperçu sans eux.

-Je n'en ai pas besoin.

Malfoy regarda quelque chose derrière Harry, un instant distrait de la conversation.

-Tu dois y aller avec quelqu'un, Potter. –dit-il comme s'il coupait court à la discussion. Il sourit alors. –Eh…

Harry se tourna et vit Adrian Pucey. L'ancien joueur de Serpentard avait trente ans, faisant de lui l'homme le plus âgé du monastère, à l'exception des vieux McNair. Contrairement à son père, il n'avait pas la Marque des Ténèbres il avait été condamné à l'exil avec sa mère pour ne pas l'avoir dénoncé. Malfoy leur avait proposé de venir dans ce refuge en l'apprenant et depuis il était là. Harry savait maintenant que Pansy avait transmis beaucoup de ces offres d'asiles.

-Tu veux danser ? demanda Pucey à Draco en lui faisant un clin d'œil.

Malfoy acquiesça.

-Je suis tout à toi. On en reparlera, Potter.

La chanson actuelle était un peu lente et Harry regarda, avec une légère fadeur, Adrian entourer la taille de Malfoy et commencer à danser. Il avait cru que la rumeur sur leur relation était fausse jusqu'à maintenant mais apparemment il s'était trompé. Et puis, c'était logique. A moins qu'il n'aille le soir dans le Londres moldu, avec qui allait-il se mettre en couple ? A par Vincent Crabbe, il n'y avait aucun autres garçons de son âge. Contrairement aux filles comme Virginie MC Alistair, Andrea Greengrass ou la petite sœur de Daphné.

Après une deuxième chanson, Draco pencha la tête et embrassa Adrian. Harry l'avait souvent vu embrasser Pansy à Poudlard et à l'époque il n'avait jamais effacé son rictus perpétuellement dégoûté. Mais le manque d'enthousiasme de Malfoy s'expliquait maintenant car le voir embrasser Pucey était une chose différente. Vraiment différente. Harry le regarda quelques secondes de plus en ressentant des choses étranges, oscillant entre le désir et le regret, et il détourna les yeux presque contre sa volonté.

Le lendemain, après n'avoir dormi qu'une heure à la fin de sa garde, Harry alla à Londres pour voir s'il avait reçu un mail de Remus. C'était la deuxième fois qu'il venait et il eut plus de chance cette fois. Il avait un message de Remus.

« Cher Harry,

Hermione, notre intelligente Hermione, a été à la hauteur des circonstances. On doit se voir dès que possible. Ca te convient vendredi, à midi, au même endroit que la dernière fois ? Préviens-moi s'il y a un problème.

Avec tendresse

Remus Lupin. »

Harry aurait voulu avoir un message plus long mais la perspective de le revoir et de savoir ce que Hermione avait découvert, compensait sa déception. Et puis… il la connaissait bien. Si elle commençait à se douter de quelque chose par rapport aux questions de Remus sur la Porte du Styx, elle aurait peut-être plus de facilité à accepter le fait que le meurtre de Ginny eut été un piège et qu'on avait trafiqué sa mémoire. Et s'ils arrivaient à convaincre Hermione, elle pourrait raisonner Ron. Tous les trois, ils battraient tout ce qui se mettrait sur leur chemin.

Une fois de retour au monastère, il partit à la recherche de Draco pour lui parler du mail. Quelqu'un lui dit qu'il était la chapelle et Harry le trouva en train d'observer d'un air fermé un ange.

-Salut. Que fais-tu ?

-Je réfléchis. Crois-tu au dieu Moldu ?

-Il n'y en a pas qu'un seul. Il y a plusieurs religions.

Malfoy balaya sa réponse d'un geste de la main, comme si c'était un détail sans importance.

-Crois-tu au dieu des chrétiens ?

Harry haussa les épaules.

-Je ne sais pas.

-Séverus m'a dit une fois que les Moldus croyaient que leur dieu pouvait leur pardonner tout ce qu'ils faisaient, même la chose la plus épouvantable.

-Et bien oui… si tu regrettes vraiment, oui.

-Et s'il y a des choses qu'on ne peut pas regretter ?

La conversation devenait trop compliquée pour Harry qui ne savait pas ce qui lui prenait.

-Je ne sais pas, dit-il un peu incertain. De quoi parles-tu ?

Malfoy soupira, comme s'il reléguait le thème du pardon divin au fond de son esprit.

-Tu me cherchais?

Harry se rappela de sa venue dans la chapelle.

-Je suis allé à Londres, dit-il. Remus m'a envoyé un message.

Avec intérêt, Draco écouta le bref message de Remus et il esquissa un petit sourire.

-Bon, je suppose que ça veut dire qu'on est toujours dans la course.

Deux jours après, ils transplanèrent dans la Cabane Hurlante sous la Cape d'Invisibilité, agrandit magiquement pour les couvrir tous les deux. Remus était déjà là et Harry fut content de voir qu'il avait meilleure allure. Cependant, il arborait toujours une expression inquiète et il leur expliqua la raison.

-Le Porte du Styx existe vraiment. Hermione a fait des recherches dans la Section Interdite et elle a trouvé une référence à un manuscrit de l'époque byzantine se trouvant dans les archives des Langues-de-Plomb.

Harry ferma les yeux.

-Dis-moi qu'elle n'a pas demandé la permission d'aller les consulter, dit-il en craignant que Hermione n'ait attiré l'attention de Robards.

-Non, je l'ai prévenu que personne ne devait savoir ce qu'elle faisait. Je suis allé avec Tonks au Département des Mystères et on a trouvé ce document, on l'a copié pour que Hermione le traduise. –Lupin sortit un parchemin de sa poche. –Le voilà.

Draco se mit derrière Harry pour le lire aussi.

-« …que la Porte du Styx ne se trouve à aucun endroit précis, de plus, on ne peut l'ouvrir que sur des emplacements magiques. Mais si cela devait arriver, l'abomination tomberait sur cet imprudent. Fermée, elle a toujours été et fermée elle doit rester. Mais si quelqu'un trouve la Clef, je prie les dieux pour qu'il ait le bon jugement de la remettre au Premier pour qu'elle soit détruite. »

Harry regarda Remus avec inquisition mais Malfoy fut le premier à rompre le silence.

-Ce n'est qu'un type parlant de quelque chose, mais…je suppose que le Département des Mystères ne prendrait pas la peine de cacher un document pour une simple histoire de vieilles.

-Exactement, dit Lupin. La Porte du Styx doit exister et si les Mangemorts sont allés chez les Wallace, c'est sûrement parce qu'ils connaissent l'existence de ce parchemin et qu'en tant que Langue-de-Plomb, ils auraient peut-être pu avoir cette information.

-S'ils savaient que le parchemin était au Ministère, c'est qu'on a du le leur dit, ajouta Harry. Ca doit être Robards.

Malfoy émit un bruit assez sinistre.

-Il est peut-être temps de rendre visite à cet enfoiré.

Harry secoua négativement la tête, bien qu'il le fît de mauvaise grâce.

-Non, on n'est pas sûr à cent pour cent. Si on le séquestre et qu'il est innocent…

-…on le ramènera chez lui avec un bon sort pour effacer sa mémoire.

-Il est sous haute protection. On peut le faire mais on a besoin d'un plan.

-Il y a autre chose, les interrompit Lupin. On a consulté les vieilles éditions de journaux. Les Renégats ont commencé à agir en mars 2003, avec l'assassinat de Cornelius Fudge. C'était une semaine après que les Aurors aient attrapé Aloyisus Nott et qu'il se soit suicidé dans sa cellule. Et s'il avait parlé de la Porte à Robards?

Harry et Draco échangèrent un regard.

-Nott est vivant.

Lupin fronça les sourcils, surpris.

-Il est vivant ?

-Oui, répondit Malfoy. On croyait aussi qu'il était mort mais on est tombé sur lui et Martin Urqhart il y a quelques années. Son suicide n'était apparemment qu'une mascarade pour s'échapper d'Azkaban.

-Urqhart est vivant aussi? demanda Harry avec incrédulité.

-A l'heure d'aujourd'hui je ne sais pas, dit Draco sans s'étendre.

Remus se mit debout et fit les cent pas.

-Tout concorde ! Nott lui a parlé de la Porte pour le convaincre de l'aider à s'échapper. Ca doit être comme ça que Robards est entré en contact avec les Mangemorts et qu'ils ont planifié de t'utiliser ainsi que tes proches pour couvrir leurs crimes.

Draco secoua obstinément la tête, plissant de plus en plus les yeux.

-J'insiste pour aller le voir. Il y a mille et une manières de le faire parler.

Il avait l'air prêt à le faire avec ou sans son approbation et avec Zabini et les autres, il ne manquerait pas de bras. Mais Harry ne partageait pas son idée même après avoir entendu l'hypothèse avec Nott père. Trop de chose prouvait l'innocence de Robards et ce n'était pas le moment de faire des chichis.

-Je t'ai dit qu'on avait besoin d'un plan. Quand on en aura un, tu pourras compter sur moi.

Remus n'avait pas l'air convaincu devant cette entreprise mais il l'accepta sans discuter avant de rajouter que Hermione continuait ses recherches sur la Porte. Il leur dit que les spéculations sur le meurtre de Belby par Harry étaient toujours d'actualité. Les gens avaient accepté son crime passionnel car ils disaient comprendre ce qu'il s'était passé, –il les avait trouvé au lit et perdu le contrôle en les tuant –, mais ils avaient plus de mal à assimiler que Harry Potter, le grandissime Garçon-qui-a-survécu, ait pu s'associer avec les Mangemorts. C'était tout simplement inconcevable. La plupart était convaincu que Malfoy l'avait assassiné et qu'il essayait de lui faire porter le chapeau de tous ces meurtres pour salir son nom encore plus.

-Ca alors quel soulagement pour toi, Potter, dit Malfoy sarcastiquement depuis son coin.

-Je n'ai rien demandé, répliqua-t-il à contrecœur.

-Quand on aura découvert le fin mot de tout ça et prouver votre innocence, tout sera plus facile, intervint Lupin. Au fait Malfoy, j'ai besoin que tu m'écrives ce dont tu te rappelles sur ton rôle d'espion : les dates, les missions, tes contacts… Tout. On le comparera avec les archives de guerre de l'Ordre. Avec un peu de chance, on pourra au moins démontrer l'existence d'un deuxième espion.

Vu l'expression de Draco, Harry était prêt à parier qu'il ne s'attendait pas à que Lupin et Tonks l'aidassent à prouver son innocence.

-D'accord. Je t'amènerai une liste à notre prochain rendez-vous.

-Y a-t-il autre chose? demanda Harry.

Lupin adressa un regard d'excuse à Malfoy avant de se retourner vers lui.

-J'aimerais te parler seul à seul. C'est personnel.

Draco se tendit immédiatement. Harry s'en rendit compte et se dit qu'il craignait qu'ils ne parlassent de la Porte derrière son dos mais il ne voulait pas renoncer à son droit d'avoir des conversations privées tout simplement parce qu'il n'avait pas confiance.

-Ca ne te dérange pas, n'est-ce pas ?

-Non, dit-il en faisant grise mine. Mais rappelles-toi de notre petite conversation de la dernière fois.

-Je m'en souviens parfaitement, Malfoy. Et toi, t'en souviens-tu?

Un soufflement d'agacement en guise d'au revoir et Malfoy transplana. Harry regarda l'endroit où il se tenait encore il y avait quelques secondes, vaguement amusé.

-Je ne suis pas étonné que les gens aient du mal à croire que vous vous soyez associé, dit Lupin, amusé aussi. Je suis surpris que vous soyez vivant après un mois de cohabitation.

-Il n'a même pas confiance en son ombre –dit-il exaspéré avant de se rendre compte qu'il était injuste. –Mais c'est une bonne personne. Il est difficile et irritant mais il l'est vraiment.

-Hé ! Depuis qu'il t'a sorti d'Azkaban, je suis son fan numéro un, plaisanta Remus. Alors, tu te sens bien là-bas ?

-Oui.

-Il y a quel genre de personne ?

-Des femmes, des enfants et d'anciens élèves de Poudlard. Mais tu sais, c'est le super-secret de la mort de Malfoy.

Remus acquiesça.

-C'est bon. Ce n'est pas de ça que je voudrais te parler en fait. C'est à propos de Hermione.

-Hermione ? Qu'est-ce qu'elle a ?

-Comme on le sait déjà, c'est une fille très maline. Elle se doute de quelque chose. Quand elle m'a vu arriver avec la copie du manuscrit byzantin, elle a essayé de me faire dire si je comptais utiliser la Porte pour ramener quelqu'un. Sirius ou toi. Je lui ai dit que Sirius me tuerai si je faisais une chose aussi stupide et que je ne croyais pas que tu sois mort. Elle a cru que je pensais comme certain que tu t'étais uni aux Mangemorts et elle m'a engueulé. Elle te croit peut-être capable de tuer Ginny dans un moment de folie mais elle n'avale pas le fait que tu sois un psychopathe. Elle est complètement perdue face aux derniers événements et elle pense que je sais quelque chose sur toi. Et si on lui expliquait tout…

Harry n'attendait que ça.

-Crois-tu qu'elle nous croira ?

-Je pourrais l'y préparer. En lui montrant par exemple que certaines choses ne collent pas.

-Je pourrais la convaincre si seulement je pouvais la voir, assura Harry. Mais…je vais demander à Malfoy le paranoïaque d'abord, d'accord ?

Remus le regarda avec gravité.

-Il doit comprendre qu'il a besoin d'une aide extérieure, Harry. C'est trop important.

-Il ne le fait pas pour lui, dit Harry en ressentant la nécessité de le justifier. C'est pour toutes les personnes qui dépendent de lui. S'il leur arrive quelque chose par sa faute, il ne se le pardonnera jamais. Et…je sais ce qu'il ressent, tu sais.

-Ca alors… J'ai l'impression que tu commences à bien l'aimer.

Harry ne s'était jamais rendu compte de son envie de parler de Malfoy à quelqu'un.

-Et bien…ce n'est plus le même connard que j'ai connu à Poudlard. Quand il traité Hermione de « Sang-de-bourbe » la dernière fois, c'était tout simplement sous le coup de colère et parce qu'il voulait m'énerver, non parce qu'il le pensait vraiment. Et il ne me traite plus comme au temps de Poudlard. Oui, je suppose que je l'aime bien maintenant.

-Vous avez tous les deux grandis, résuma Remus. Mais ne baisse pas ta garde quand même, Harry. Ne te méprends pas, je sais que ce n'est ni un assassin ni un Mangemort. Mais c'est un Serpentard et les Serpentard sont ambitieux. Cette Porte pourrait le tenter.

-Je le sais. Mais Robards était à Gryffondor. Tout le monde est susceptible à cette tentation.

Remus acquiesça.

-Tu as raison. –Il soupira et le regarda d'une façon étrange, comme s'il était une bulle de savon fragile sur le point d'éclater. –Et comment prends-tu ce qui s'est passé avec Ginny ?

Au monastère, personne ne lui parlait de sa femme et bien sûr, on ne le regardait pas avec attention ni compassion. En réalité, ils faisaient comme si rien ne s'était passé et Harry en avait oublié qu'il était veuf maintenant.

-Je ne me sentirais pas mieux tant que je n'aurais pas attrapé les enfoirés qui on fait ça. Mais…Remus, je dois t'avouer quelque chose. Je crois que…je crois que…

-Quoi ?

Il avait du mal à le dire à haute voix, alors qu'il ne comprenait même pas comment il avait pu en faire part à Malfoy pendant Halloween. Mais s'il l'avait dit à ce dernier, il devait aussi le dire à Remus.

-Je n'étais plus amoureux d'elle. Je l'aimais, mais…notre mariage coulait. Et si elle a couché avec ce Marcus Schmidt, j'avoue que de ton mon côté je regardais d'autres personnes.- Il le fixa droit dans les yeux, honteux. –Je ne voulais pas le reconnaître, mais…nous aurions certainement divorcé.

Remus sembla un peu surpris.

-Ah…

-Je ne l'ai dit à personne.

Un simple « je ne l'aimais plus » à Draco ne contait pas.

-Harry, tu n'es pas obligé de te sentir mal par rapport à ça, dit Lupin d'une voix douce. On ne décide pas qui aimer ni pendant combien de temps.

-Dès fois, je me demande si je n'ai pas fait quelque chose de mal. En fin de compte, qu'est-ce que je connais sur les relations ? J'ai passé dix ans dans un placard et mon oncle et ma tante ne m'ont jamais serré dans leurs bras. Je suis désastreux.

Il se rappela de sa brève idylle avec Cho Chang en cinquième elle était tout le temps en train de pleurer et ils n'avaient pas fait grand chose. Et bien que Hermione lui avait assuré un million de fois qu'elle pleurait à cause de son ancien petit ami, Cédric Diggory, il ne pouvait s'empêcher de se dire que c'était de sa faute. Cependant, Remus ne semblait pas être d'accord avec lui.

-Tu dis n'importe quoi. Vous n'aviez que quinze et seize ans quand vous êtes sorti ensemble. Vous n'étiez que des gamins. Vous avez changé en grandissant et ces différences vous ont éloigné. Ca arrive parfois, Harry. Personne n'est fautif.

Même s'il doutait encore de ses habilités émotionnelles pour faire durer une relation, Harry se sentait mieux et il était content d'avoir parlé de ce sujet à Remus. Il aurait pu passer toute l'après-midi avec lui mais il se dit qu'il devait y aller pour ne pas inquiéter les habitants du monastère.

-Prépare Hermione. Moi, je vais préparer Malfoy.

A suivre….