NOTE : Vous m'attendiez depuis si longtemps ! Voici un nouveau chapitre pour vous, le tournant de cette aventure ! A partir de là, les choses vont avancer plus vite encore...

NOTE 2 : Désolée pour ce retard. Je vous remercie déjà d'avoir attendu et de ne pas avoir disparu de la circulation... comme moi ^^

BONNE LECTURE


Chapitre 10 : Mais où va-t-il ?

Installé dans son fauteuil derrière son bureau, tristement plongé dans des pensées macabres tournées vers l'enquête en cours, Louis Daniel soupira lourdement; comment une telle chose a pu arriver ? Qui pouvait avoir l'idée saugrenue de tuer de si jeune enfant ? Secouant la tête, il se reprit : l'urgence, pour l'instant, était de trouver le moyen de l'arrêter. Ils auraient tout le temps plus tard de découvrir comment cela avait commencé.

Se reprenant, il leva les yeux vers son équipe. Ils travaillaient sans relâche depuis près d'un mois, mais avançaient toujours à quatre pattes dans le noir, avec pas moins de quatre pistes à explorer dans un temps record avant d'avoir un nouveau cadavre sur les bras. A cet instant, la vérité le frappa de plein fouet : si son équipe ne parvenait pas à stopper cette folie, rien ne l'arrêterai jamais… et elle serait dissoute.

Il se rappelait du comment et du pourquoi il avait recruté chacun d'entre eux : le premier à qui il l'avait proposé, c'était Sebastian. Il l'avait rencontré lors d'un congrès technologique à Berlin, où le jeune homme présentait sa dernière trouvaille technologique : son fameux ScanGen. Très vite, Daniel savait qu'il ferait parti de son équipe. Toutefois, si Sebastian lui répondit rapidement oui, il fallut attendre encore plusieurs années avant que Louis ne puisse mettre sur pied son projet. Mais il avait déjà son premier collaborateur.

Il rencontra Tommy et Sienna en Irlande, pendant une enquête de Scotland Yard portant sur les combats illégaux entre clans irlandais. Si, pendant toute cette période, les deux jeunes gens étaient rivaux, l'une accusant l'autre, ils apprirent à se connaitre et à se faire confiance au sein de son équipe.

Eva se fit connaitre du 36* d'une manière tout à fait particulière; spécialiste des missions sous couverture, elle s'infiltra à Paris comme Escort-girl dans un cabaret des bas-fonds de la capitale. Il a fallu près de 6 mois à la police pour la repérer en temps qu'infiltrée. Sous le charme de son caractère volcanique, Louis décida de lui proposer son poste actuel.

Katya, quant à elle, arriva plus tard à la CPI. Après avoir beaucoup voyagé à son départ de la Russie, vivant de petits boulots à gauche, à droite, elle tomba sur Dorn à Bruxelles et, attendrie par cet "oiseau de feu", indomptable et joyeux, le juge lui proposa une place dans l'équipe de Louis.

Pendant qu'il rêvassait, son équipe travaillait d'arrache-pied : Dans la salle de réunion, Sienna et Tommy s'employaient à replacer les événements selon un ordre chronologique, quand Eva les interrompit.

- Mauvaise nouvelle, déclara-t-elle en entrant dans la pièce, j'ai les résultats d'analyses sur le poignard allemand.

- Ben, vas-y, dit-nous, s'impatienta Tommy, c'est un jouet pour enfant, c'est ça ?

- Oh, non, reprit Eva, non, c'est un véritable poignard, mais son propriétaire, un certain Otto Jaegermann, est mort depuis 10 ans.

- Il a pu transmettre son poignard à son fils, proposa Sienna, ce ne serait pas la première fois que l'on voit ce genre de chose.

- J'ai regardé tout ça, expliqua Sebastian en arrivant à son tour, Jaegermann a eu quatre filles, dont deux seulement sont dans l'armée de terre.

- Et alors ? coupa Tommy, n'importe laquelle des quatre a pu hériter de l'arme.

- L'armée récupère ces armes, Tommy, raconta l'Allemand, soit elles sont rendues à la fin du service et refondue, soit elles sont transmises à une descendance dans l'armée.

- Et dans notre cas ? demanda Katya avec espoir.

- Elle aurait dû être détruite.

Cette révélation remis un coup au moral de tout le monde : ils savaient tous que la vie d'un enfant dépendait d'eux et qu'il ne pouvait, pour le moment, rien faire.

- Bon, sinon, vous arrivez à quelque chose, vous ? demanda Sebastian avec un soupir en observant les documents sur la table et les tableaux remplis par Katya, vous refaites la chronologie, si je comprends bien.

- Ouais, c'est ça, confirma Tommy, mais on n'avance pas beaucoup.

- Non, effectivement, compléta Sienna, on voulait partir sur la voiture noire, mais…

- Elle vous a échappé, acheva Eva, devinant ce que Sienna et Tommy avait derrière la tête.

- Où est-ce que vous l'avez perdue ? demanda Sebastian en s'installant devant les cartes et se saisissant d'un crayon, d'une règle et d'un compas.

- On l'a perdue près de Düsseldorf, en Allemagne, répondit Tommy en posant son doigt sur l'emplacement de la ville, ça doit faire à peu près une heure.

- Une heure, réfléchit Katya en notant des chiffres sur un tableau, en admettant qu'il ait pris l'autoroute, avec une vitesse moyenne de 100 à 120 km/h, il n'aurait pas pu faire plus de 120 kilomètres.

- Je ne comprends rien à tes calculs, mais admettons, reprit Tommy, penché sur la carte avec Sebastian, donc dans un rayon de 120 kilomètres…

- On a quatre villes possible, affirma Sebastian en notant leur nom sur un morceau de papier. Koblenz au Sud, Münster au Nord-Est, Liège à l'Ouest…

- Il est complètement débile s'il revient sur ses pas, marmonna Tommy en exprimant sa pensée.

- Bon argument, reprit Katya, on oublie Liège, continue.

- Sinon, Tillburg au Pays-Bas, mais il revient aussi en arrière.

- Il est donc en Allemagne, termina Eva, ça va, il reste 80 millions de possibilités.

- 80 millions, 700 milles, Eva, corrigea Sebastian en plaisantant, ce qui lui valut un coup de poing taquin contre son épaule.

- Remettons-nous au travail, proposa Katya, Sebastian, essaie de trouver quelque chose qui pourrait lier les trois enfants au tueur. Avec les dossiers des polices locales, tu devrais pouvoir t'en sortir.

Eva, Tommy et toi, trouvez où il a pu se cacher.

- Ok, et toi ? demanda Sienna.

- Toi et moi, on va monter le profil de ce tueur, répondit Katya.

Pendant les heures qui suivirent, aucun bruit étranger à leur recherche ne filtra des bureaux de la CPI. Quelques chuchotements chatouillèrent les oreilles du commissaire, qui n'y fit même pas attention, sachant que ses "hommes" voulait absolument coincé ce fou et éteindre la vague d'angoisse qui traversait l'Europe en ce moment même, pendant qu'il cherchait inlassablement une possibilité, ne serait-ce que de pouvoir rassuré les parents de jeunes enfants en suivant une piste solide.

Au bout de quatre heures, Eva s'approcha du bureau de son supérieur et lui fit part de ses trouvailles.

- Commissaire ? dit-elle en frappant du plat de la main sur le bureau, on a peut-être quelque chose.

Oo0oO

Sebastian, concentré, se promenait sur la Toile, perdu entre les dossiers d'Europol, de Scotland Yard et de la police locale de Charleroi. Il passait d'un ordinateur à l'autre, d'un dossier à l'autre sans s'en rendre compte, recoupant des informations, cherchant des hypothèses plus ou moins plausibles, quand le lieutenant Svetlana l'interrompit.

- tu veux bien t'arrêter une seconde et m'aider, Sebastian ?

- De quoi tu as besoin ? répondit-il sans lever les yeux de ses écrans.

- j'aurais besoin de deux oreilles attentives pour m'écouter et d'un cerveau pour m'aider à réfléchir.

- D'accord, bonne idée, accepta l'Allemand en se retournant vers sa collègue, de toute façon, j'y arrive plus, j'ai les yeux qui fatiguent. Par quoi on commence ?

- Essayons de monter le profil de ce "kid-killer", je pense qu'on a assez d'informations pour le faire, même à peu près.

- Ok, allons-y.

Pendant près de deux heures, les deux agents recoupèrent de nombreuses informations obtenues plus ou moins légalement (Sebastian piratant de nombreuses bases de données européennes) pour tenter de faire un portrait fidèle au plus près de ce tueur. Par la fenêtre, on voyait progressivement le jour se faner et les lumières artificielles de la ville s'allumer peu à peu. La neige, qui avait cessé de tomber ces derniers jours, refit son apparition par de petits flocons légers qui se posaient avec grâce sur les cheveux et les bonnets des passants. Seul le tintement répétitif du téléphone de Sebastian vint gâcher leur discussion.

- Tu ne veux pas répondre ? s'énerva la Russe, ça commence à me taper sur les nerfs, là.

- Si c'est important, il laisse un message et c'est tout, coupa net l'Allemand avant de se remettre au travail. Je suis occupé pour le moment.

En soupirant, la jeune femme replongea dans les dossiers, lançant de temps en temps un regard noir à son collègue lorsque son téléphone se remit à sonner.

- J'arrête, on avance à rien, râla Katya une demi-heure plus tard en se pinçant l'arête du nez, je ne crois pas que l'on puisse monter ce profil, c'est impossible.

- Bien d'accord avec toi, soupira Sebastian en détachant presque à regret son regard des dossiers et des images étalés sur la table de la salle de conférence, pourtant, il y a un truc qui me chiffonne dans cette histoire.

- Quoi donc ? demanda la Russe, ce n'est pas la première fois qu'un tueur nous échappe…

- D'abord, je n'ai jamais dit que ce tueur nous avait échappé, coupa Sebastian, piqué au vif, ensuite, qui te dit que c'est un tueur en série ?

- Explique-nous ça, le poussa Eva, qui les avait entendu parler depuis quelques minutes en posant une tasse de café fumante devant chacun de leur nez, ça nous éclairera un peu, rajouta-t-elle en s'asseyant.

- Et bien, commença-t-il après s'être presque brûlé les lèvres avec le café, je pense que la théorie du tueur en série est de plus en plus absurde.

Il se leva, s'approcha de la carte et continua :

- Nos trois meurtres ont eu lieu dans de trois pays différents, ce qui fait que notre tueur se déplace. Sachant qu'un tueur en série répète toujours son mode opératoire, il est illogique qu'il assassine ces enfants dans une propriété privée en Irlande, dans un parc à Glasgow et dans une école en Belgique. Le changement de lieu et de pays n'est pas typique du tueur en série.

- C'est une théorie intéressante, réfléchit Eva, les yeux dans le vague, mais alors, dans ce cas, il faut en penser quoi ?

- Bonne question, répondit Sebastian, je ne peux pas te répondre. Tu as une idée, Katya ? demanda-t-il en se tournant vers elle.

En retenant un bâillement, la jeune Russe se leva s'étira brièvement et termina son café d'un trait.

- Moi, je dis, c'en est assez pour ce soir, soupira-t-elle, il est tard et je suis fatiguée.

- Elle a raison, Sebastian, conclut Eva, comme on dit, la nuit porte conseil. Et répond à ton téléphone, chuchota-t-elle à son oreille.

Les deux jeunes femmes quittèrent la salle de conférence en lançant un "bonne nuit" rapide à leur collègue qui leur fit écho avant de décrocher son téléphone.

Il n'avait pas arrêté de sonné depuis presque une heure et Sebastian se rendit bientôt compte qu'il avait raté 54 appel de la même personne. Son cœur fit un bond quand il aperçut le numéro sur l'écran; c'était celui de Kathrin. Bien qu'il lui avait demandé de le rappeler, il ne pensait pas qu'elle le ferait si tôt, ni qu'elle ne le harcèle à ce point pour l'avoir au bout du fil.

- Kathrin, je ne pensais pas que tu me rappellerais si tôt, murmura-t-il.

- Sebastian, enfin je peux t'avoir, dit-elle précipitamment, soulagée, ce qui surpris son interlocuteur, tu dois m'aider, je t'en supplie, il faut que tu m'aides.

- Calme-toi, Kathrin et dit-moi ce qu'il se passe, reprit-il doucement, tu as toute mon attention.

- C'est à propos d'Erik, expliqua-t-elle au bord des larmes, il…

- Kathrin, qu'est-ce qu'il se passe ? redemanda son ami, il est blessé ? Il n'est pas rentré de l'école ?

- Il faut que tu m'aides, je t'en prie ! supplia-t-elle, les larmes coulant sur son visage.

- Tout ce que tu voudras, promit Sebastian, mais il faut que tu m'expliques, sinon, je ne peux rien faire.

- Il … il a disparu !

*Le 36, quai des Orfèvres à Paris, direction régionale de la police judiciaire