[ PDV Hiroto ]

Il se réveilla une fois de plus en sursaut, la respiration haletante. Prenant conscience de la réalité, il se laissa retomber sur son oreiller, une main passant dans ses cheveux bruns.
- Encore ce rêve...
Il était dans un château, habillé tel un prince, accompagné de sa princesse, sa magnifique amante. Et puis elle l'entraînait, lui, Hiroto, jusqu'à sa chambre, et dans chaque rêve, cela débutait pareillement. Ils se déshabillaient, puis arrivés sur le lit en sous-vêtements, se passait une chose. Chaque nuit, à chaque rêve, celle-ci était différente. La première fois, il était descendu entre les cuisses de sa belle. La deuxième, ç'avait été son tour. La troisième, ils avaient tendrement fait l'amour. La quatrième avait été plus torride. Et cette nuit, plus qu'aucune autre, ça avait été presque bestial... Il se voyait encore sur le dos, sa Kilari qu'il aimait tant le chevauchant, sa poitrine ronde et ferme se soulevant violemment au fur et à mesure de ses coups de reins et...
- Oh merde ! Je suis bon pour une activité manuelle maintenant...

[ PDV Kilari ]

Mon corps brûlait encore du désir de mon rêve de cette nuit lorsque je me levais pour prendre ma douche. Je devais vraiment être désespérée pour refaire le même rêve chaque nuit, avec une si perverse précision...
Une bonne douche bien froide devrait me faire le plus grand bien...

Voir les avions décoller était impressionnant, autant que de les voir atterrir. Je m'émerveillais devant eux, trouvant ce mode de transport fascinant. Bon d'accord, j'avais un peu l'air d'une gamine, mais peu m'importait.
C'est bien déguisée que j'attendais aux côtés de mon père dans l'aéroport. Je ne tenais plus en place, je n'avais qu'une envie : qu'il arrive.
Enfin, son avion fut affiché, et je savais qu'il ne restait qu'une courte poignée de minutes avant que je ne puisse le revoir, et le serrer dans mes bras.
Cinq minutes passèrent, et je vis un groupe de personnes ayant débarqués commençants à arriver vers nous. Je me levais vivement, mon père suivant de près. Je me dressais sur la pointe des pieds pour apercevoir sa tête, mais n'étant pas de grande taille, je ne pus l'apercevoir. Je me rangeais donc du côté des barrières, regardant attentivement chaque personnes qui les franchissaient. Ils devaient se demander pourquoi une personne avec un énorme chapeau et d'immenses lunettes de soleil semblait les fixer un à un. Enfin, je l'aperçus, qui arrivait bon dernier, d'un pas tranquille.
Je me précipita vers lui pour me jeter dans ses bras, manquant de le faire tomber à terre.
- SUBARU !
Je serrais mon frère de toutes mes forces, y mettant tout mon amour. Il m'avait tellement manqué !
- Hey p'tite soeur. Me serre pas comme ça, tu vas m'étouffer !
- Oups, désolée !
Je reculais, les bras levés. Il me fixa un moment, surpris de mon accoutrement.
- C'est retour sixties ou j'ai loupé un truc ?
Je ris, alors qu'il souriait.
- Bien sûr que non, répondis-je finalement, mais c'est obligatoire si on veut pas provoquer une émeute.
- C'est qu'elle se vante la petite ! Toujours dans le show bizz ?
- Toujours !
- On oublie son père alors ? intervint le dit papa.
Ils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre, et je souris, attendrie. Nous étions réunis. Enfin, presque, mais ça, c'est encore une autre histoire.

Nous rentrâmes tous à la maison dans la bonne humeur. Lorsque Mister Na me demanda des nouvelles de Na-san, mon visage s'assombrit et je leur raconta toute l'histoire. Ils furent d'abord choqués, puis me consolèrent à leur manière : en faisant les pitres. Je ris, et le sourire ne me quitta plus de la journée.

[Monde du spectacle]

Aujourd'hui, c'était le grand jour. Le premier jour de tournage, enfin ! J'attendais ça depuis une semaine, lorsque l'audition s'était terminée ! Je n'avais pas eu plus de précisions, et n'avait pas eu trop le temps de voir Hiroto, ou Seiji, à cause de nos planning qu'il fallait rattraper.
Enfin, ce n'était pas à proprement dit un jour de tournage, on allait voir le script, la réalisatrice allait nous expliquer ce qu'elle attendait de nous, sur combien de temps se déroulerait le tournage... Bref, tous les petits trucs qui étaient essentiels à la construction d'un film.
Ce pourquoi j'étais impatiente était que j'allais voir Hiroto ! Depuis la fin de l'audition, nous ne nous étions qu'entra-perçus quand nous avions le temps de suivre les cours, c'est à dire pas souvent.
J'avais bien pensé : ce film était parfait ! J'allais pouvoir le séduire, l'embrasser... Et lorsque le moment serait propice, je lui dirais tout ce que j'avais sur le coeur ! Bon, ça ne serait pas simple, mais qu'importe ! La motivation parcourait mes veines, et je voulais enfin atteindre le but que je m'étais fixée depuis toutes ces années : séduire et faire succomber Hiroto Kazama ! Partie une réussit, on passe à la deuxième !
- Kilari, pourquoi as-tu l'air d'une perverse machiavélique en puissance ?
Je regardais Subaru avec le même air, sans comprendre, ce qui le fit frissonner.
- Moiii ? J'ai l'air de quoiii ?
- Tu m'as très bien entendu ! À quoi tu peux bien penser comme ça ?
Je me secouais intérieurement, et mon visage reprit une expression « normale » apparemment vu que mon frère soupira de soulagement.
Deux jours qu'il était revenu, et cinq avant qu'il ne reparte. Juste une pauvre semaine avec lui... J'avais alors supplié ma manager de l'amener avec nous pour que je puisse être un peu plus avec lui, et elle avait accepté – après des tonnes de supplications, des milliers de regards de chien battu et une presque crise de larmes.
Elle se laissait convaincre de plus en facilement, me dis-je.

Avant ce rendez-vous, j'avais un passage dans une émission de radio, où je passais à l'antenne une fois par semaine pour répondre et conseiller les fans. Souvent ça ne menait pas loin, beaucoup se contentant d'appeler pour me crier qu'ils m'adoraient, même si d'autres le faisaient, mais un peu plus timidement, heureusement.

On entendit un klaxon de voiture, et je me leva pour prendre mon sac, enfiler mes chaussures et sortir de chez moi, mon frère à ma suite.
On monta tous les deux dans la voiture aux vitres teintées, et je saluais joyeusement madame Kumoi, et Subaru m'imita. Elle nous répondit un simple « bonjour », sans répondre à la question « comment allez-vous ? », mais j'avais l'habitude, ce qui ne me surprit pas.
Elle démarra, et exposa directement le programme de cette journée :
- Bon, aujourd'hui comme d'habitude tu commences par ton passage à la radio. Ensuite, nous avons le premier jour de tournage, mais nous parlerons juste de comment celui-ci va se passer, et on nous donnera les scripts : même nous, à l'agence, ne l'avons pas eu. Tu finiras par une émission musicale qu'ils diffuseront demain. Tu chanteras deux chansons, on a sélectionné « doux rêve éveillé » et « I need you love », d'accord ?
- Pas de problème. Je dois juste passer pour chanter, ou rester pendant chaque prestation ?
- Tu dois rester, ils veulent te voir à l'écran. Ton dernier single est toujours dans le top 10, alors ça fait du bruit. On finira normalement vers vingt heures.
- Ah oui, donc elle va durer longtemps... Subaru, si tu trouves ça long, n'hésite pas à repartir ! lui dis-je, avec un sourire d'excuse.
- Non mais tu plaisantes ! répondit-il les yeux exorbités, je rêve de percer dans ce monde, et ma petite soeur y est, alors je ne vais pas louper ça ! Surtout avec ce que j'ai fait la dernière fois... J'espère que je pourrais me faire pardonner !
Je me souvins qu'il avait essayé de se faire passer pour moi, et qu'il s'en était sérieusement voulu ensuite, s'excusant dès qu'on se parlait.
- Mais arrête ! Tu sais bien que je ne t'en veux plus du tout...
- Même ! Je n'aurais jamais dû faire ça.
Je soupirais, sachant bien que je ne pourrais le faire changer d'avis. Un Tsukishima décidé est un Tsukishima décidé. Sagesse appartient à celui qui s'en rend compte !

Nous arrivâmes au studio où régnait une forte agitation. L'émission venait de commencer avec le présentateur principal.
- Bonjour tout le monde !
- Ah Kilari tu es là, bonjour ! m'intercepta le coordinateur. Aujourd'hui, c'est comme d'habitude, on a juste rajouté cinq minutes que tu n'as pas pu faire l'autre fois. Ça ne pose pas de problème ? questionna-t-il à madame Kumoi, ironique.
- Pas du tout, lui répondit-elle, impassible.
Il n'avait pas dû apprécier que je ne reste que très peu de temps l'autre fois. Avec mon programme, on avait pas pu faire autrement, et à la radio, cinq minutes à combler, c'est énorme...
- Bien, reprit-il, tu passes dans une dizaine de minutes, on te dit quand tu entreras.
Il allait partir, mais s'arrêta en apercevant Subaru.
- Qui tu es toi ? demanda-t-il.
- Je m'appelle Subaru, je suis le grand frère de Kilari.
Il sourit, éblouissant le coordinateur. Il sembla réfléchir un court instant, avant de crier à son équipe :
- CHANGEMENT DE PROGRAMME ! Kilari ne passe pas seule, Subaru sera avec elle ! Des frères et soeurs, c'est parfait pour faire grimper l'audimat ! Même durée du programme, ça ne changera rien, ils répondront simplement à deux.
Il baissa sa tête qu'il avait levé pour mieux se faire entendre, et la tourna vers Subaru :
- Tu es d'accord mon garçon ?
Comme s'il avait le choix...
- Euh...
- Parfait !

Et il partit, nous laissant là, la bouche ouverte. Je réalisa plus vite que mon frère, et le félicita. Un sourire vint manger son visage avant qu'il ne crie de joie. Il me serra dans ses bras et me fit tourner avec lui, et je me mis à rire.
Madame Kumoi, elle, soupira.
- On a pas le choix je suppose...

Attention, c'est partit dans cinq, quatre, trois, deux...
- Bonjour à tous ! entamais-je. Ici Kilari comme chaque semaine ! Mais cette fois-ci, je ne suis pas seule ! Mon grand frère, Subaru, est à mes côtés !
- Hello everyone !
- Il vit d'habitude à New York, mais est ici exceptionnellement ! Il animera à mes côtés, alors n'hésitez pas les garçons, et appelez-nous ! Mon frère vous donnera de bons conseils !
- Don't worry, vous parlez à un expert... en l'amouuur !
Je ris, puis annonça que le premier appel était en ligne.
- Bonjour !
- Euh, bonjour, dit une voix timide d'une jeune fille, apparemment.
- Hello toi ! lui dit mon frère, comment t'appelles-tu ?
- Je m'appelle Ichigo.
- Et quelle est ta question je te prie ? lui demandais-je.
- Tout d'abord, je voulais te dire que j'adore ce que tu fais Kilari !
- Merci, c'est gentil !
- Et voilà, je voulais te demander... Comment tu ferais si tu étais amoureuse depuis des années du même garçon, mais sans jamais lui avoir avoué tes sentiments ?
Encore cette question, qui revenait souvent... Pourquoi, alors que j'étais moi-même dans cette situation ?!
- Il faut foncer, c'est tout !
Je regardais mon frère, qui avait répondu à ma place, plein d'entrain.
- Euh, oui, c'est Sukaru qui a parlé ?
- Subaru ! Tu ne peux pas attendre plus longtemps voyons, les garçons sont parfois aveugles, crois-moi, je sais de quoi je parle !
- En effet Ichigo, repris-je, tu ne peux pas savoir de quoi il est fait. Fonce ! Vaut-il mieux regretter de lui avoir dit, et pouvoir passer à autre chose, ou ne jamais rien lui dire, et le regretter toute ta vie ?
- Je... Vous avez raison ! Merci !
- Contents de t'avoir aidés ! dîmes-nous, en coeur, pour ensuite nous regarder mutuellement avec le sourire.
- Dans ce cas, reprit l'auditrice, je sais qu'il écoute votre émission et...
Non ?
- Ryô, je t'aime ! Si tu m'as attendu, dis-moi ta réponse s'il te plaît...
Elle raccrocha sans rien ajouter, et nous restâmes quelques secondes dans le silence. Wah ! Il en fallait du courage pour avouer ce qu'on ressent comme ça devant tout le monde !
- Eh bien, dit mon frère en riant, nous avons eu droit à une confession en direct ! Cette émission commence bien, je me demande ce qu'elle nous réserve pour la suite !
- Je me le demande aussi très cher frère ! En tout cas, nous conseillons au dénommé Ryô de foncer avec cette fille, on n'en trouve pas des courageuses comme ça partout !
- Bien, passons à l'appel suivant.
- Ousss... Bsdsonjourrrrr.
- Excusez-moi, avez-vous bien baissé le son de votre radio ? Si non, faites-le, on ne vous entends pas.
- C'est bon là ?
- Oui ! Donc, qui est à l'antenne ?
- Moi c'est Saotome ! J'ai une question à l'intention de Subaru en fait ! Alors...
Une bavarde tranquille, j'aurais tout vu aujourd'hui...*
- J'aimerais en savoir plus sur toi ! Tu aimes quoi ? T'es comment physiquement ? Tu veux faire tes débuts dans le monde du spectacle au Japon ?
- Eh bien, tu me gâtes de questions, c'est très gentil de ta part...
- T'es mignoooon ! De rien !
- Physiquement, dis-je, prenant la parole, il fait une petite tête de plus que moi, il est assez mince, il a les cheveux décolorés mais sans excès, ça lui va super bien ! Il a les même yeux que moi, et s'il mettait une perruque, on le prendrait presque pour moi ! Il a un style un peu rock, et adore jouer. Sauf qu'il chante très mal.
- Maiis ! Je voulais entendre Subaru moi !
Aïe. Quand on est dans sa propre émission, ça fait mal ça...
- Laisse-moi parler à cette charmante jeune fille Kilari ! Ma soeur m'a bien décrit, sauf que je ne chante pas mal ! Je suis doué en tout ! Mais c'est vrai que je me consacre beaucoup plus au cinéma, j'essaye toujours de percer !
- Mais pourquoi tu ne le fais pas ici ? Tu aurais beaucoup de succès, j'en suis sûre ! Moi, je serais ta première fan !
Il rit. Pitié, son ego déjà démesuré allait encore gonfler...
- Ce que tu es gentille ! Eh bien, si on me le propose, pourquoi pas ? J'espère qu'un agent entendra tes bonnes paroles !
- J'espère aussi ! Et dis, tu...
Ils continuèrent de papoter tranquillement à deux, mais je vis le coordinateur me faire signe de les couper. Enfin.
- Je suis désolée, mais il est temps de prendre un autre appel ! Merci d'avoir appelé !
- Ooh, je voulais encore parler avec Subaru, moi...
- Je suis peiné, dit celui-ci d'un ton tragique, mais il est temps de nous séparer ! Continue bien ta route, petite fleur !
Je raccrochais, peu désireuse de les entendre s'étendre, et je pris directement un autre appel.
- Bonjour ! Vous êtes bien dans l'émission radio de Kilari !
- Ce- c'est vrai, je suis à l'antenne ?
- Oui !
- C'EST PAS VRAI ! Kilari, je voulais te dire que j'adore TOUT ce que tu fais, je suis déjà venu à pleins de tes concerts, et j'ai encore pris des places pour le prochain !
- Merci, c'est super gen-
- T'es trop gentille ! me coupa la personne. T'es trop belle, t'es trop TOUT quoi ! Je suis ton plus grand fan !
- Je suis heureuse de te compter parmi eux ! parvins-je à placer. Sans ton soutient, ainsi qu'aux autres fans, je n'en serais pas là ! Merci d'avoir appelé, c'est très encourageant ! Au revoir !
- Déjà ? Oh encore merci d'être toi Kilari, je t'admire tant, TU ES MON MODEL !
Le bip signalant que j'avais raccroché émit un bruit. Je soupirais intérieurement, il était difficile de gérer ces fans excessifs. Il y en avait toujours pour chaque émission, alors j'avais appris à gérer...

Le temps passa au fur et à mesure des appels, et après un petit bout de temps, on termina enfin. Comme la politesse le veut, je remercia toute l'équipe qui nous entourait. Subaru fut félicité par le coordinateur qui ne regrettait pas son choix. Madame Kumoi nous attendait dans le couloir, et nous voyant, elle se mit à avancer sans un mot. On la suivit, jusqu'à l'extérieur où l'on monta dans la voiture. Une fois installés, elle prit la parole.
- Kilari, suite aux photos qui ont été prises d'Hiroto et toi, il y a toujours scandale dans la presse et sur internet. La réalisatrice du film vient de m'appeler, on va la voir, mais elle tenait à nous demander de ne pas publier de démentit. On comptait faire une conférence de presse, mais ça ne sera pas nécessaire. Elle dit qu'il est mieux pour le film que nous restions silencieux, comme ça, la publicité se fera d'elle-même. ça a déjà attiré l'attention sur vous deux, plus les autres photos que vous avez pris en professionnels qui vont bientôt être publiées, ça fera une propagande monstre pour ce film. C'est tout ce qu'il nous fallait. Bien sûr, elle m'a dit qu'elle voulait ton accord, j'ai dit qu'on l'avait, ça ne te pose pas de problème ?
Avais-je la possibilité de dire non de toute manière ? Et de toute façons, c'était avec Hiroto que ce scandale se passait, donc je m'en moquais bien.
- Non, aucun.
- Attendez, moi je ne trouve pas ça normal ! intervint Subaru, visiblement très contrarié. Je ne trouve pas ça normal ! Et l'image de ma soeur alors, vous vous en foutez ?
- Il faut que tu comprennes mon garçon, lui expliqua madame Kumoi, que ce monde est dur et impitoyable. Ce n'est pas avec cet état d'esprit que tu arriveras à percer ! Ici, une opportunité comme ça est à saisir fermement ! M'as-tu bien compris ?
- Oui, répondit-il, croisant les bras et boudant visiblement.
Mon frère était un grand gamin, et il ne changeait pas. Si ça se passait, ce ne serait plus vraiment mon frère, alors je le préférais largement ainsi !

Le trajet continua en silence, et je regardais les divers paysages défiler à travers la fenêtre. Je n'y fis pas trop attention, jusqu'à ce que je remarque que nous n'étions plus en ville, mais dans de petites rues bordées d'habitations.
- Où sommes-nous ?
La voiture s'arrêta devant une habitation de taille moyenne, à l'allure très chaleureuse. Je vis tout de suite que le van des Ships y était garé, ainsi que toutes sortes d'autres voitures.
- Elle nous a donné rendez-vous chez elle. Elle a dit qu'elle trouvait ça « complètement ridicule » de faire une réunion qui va durer longtemps à un bureau froid, alors que « on pourrait être tranquillement chez moi dans les canapés ».
Je ris légèrement, trouvant cette dame bien sympathique ! Je sens que nous allons bien nous entendre, elle et moi...

On descendit de la voiture, et le fait qu'Hiroto se trouvait dans cette maison mpe rattrapa, me tordant le ventre dans un petit stress. Comme à chaque fois que je savais que j'allais le voir. Je pourrais parier que dès que ce serait le cas, mon coeur se mettrait à battre plus fortement. Au final, je commençais à m'habituer, et surtout, à prévoir mes réactions... Sans jamais pouvoir les atténuer !
Avançant jusqu'à la porte, je voulus sonner mais elle fut ouverte avant que je n'ai eu le temps d'appuyer.
Hiroto se tenait devant moi, Seiji juste derrière, ce dernier souriant de toute ces dents. Je reportais mon attention sur le brun, et comme je le pensais, mon pouls s'accéléra, et en plus, mes mains devinrent moites... C'est une main qui me poussa dans le dos qui me sortit de ma « pause », et je trébuchais lamentablement pour atterrir dans les bras d'Hiroto. Collée à son torse, je ne réalisais que j'y étais que lorsque que je n'y fus plus. Mon frère m'avait repris par le bras, s'excusant de m'avoir poussé et me demandant si j'allais bien. L'information montant lentement à mon cerveau, je réussis tout de même à hocher la tête, en rougissant.
Les garçons échangèrent quelques mots, au début agressifs me semblèrent-ils, pour redevenir normaux après, passant même à quelques blagues. Je restais à côté des trois garçons sans rien dire, perdu dans mes pensées. Ce n'est que quand madame Kumoi m'appela, et que je relevais la tête au bout de la troisième fois qu'elle prononça mon prénom, que je revins à l'instant présent. Nous étions dans un long couloir, un escalier à notre droite. Plus loin, où se trouvait mon agent, c'est à dire devant une porte, me parvenait des échos de voix. J'avançais vers elles, les garçons à ma suite, et passait la porte.
Une dizaine de personnes étaient présentes, dont Fubuki et Rin, ce qui me fit grincer des dents, ne comprenant pas pourquoi ces deux pestes étaient là. La réalisatrice, qui était assise sur un fauteil de dos, se leva et se tourna vers moi, me souriant chaleureusement.
- Kilari, te voilà, nous n'attendions plus que toi ! Comment vas-tu ?
- Très bien ! lui répondis-je pareillement, appréciant de plus en plus cette femme aux allures maternelles. Et vous ?
- ça va parfaitement ! Assis-toi et prends-ce que tu veux, on m'a prévenu que tu n'avais pas mangé !
Je me dirigea vers un canapé vide, où Seiji et Subaru vinrent m'encadrer. Hiroto fut obligé de prendre la seule place libre, c'est à dire bien en face de moi... Tiens, encore un truc pour me déconcentrer ! Madame Kumoi, elle, s'était déjà installée avant nous. Je regarda la table basse qui était le centre de tout nos sièges, où se trouvaient boissons en abondances, petits sandwichs et divers biscuits apérétifs. Sans me prier, je prie quelque chose à manger.
- Avant toute chose, tu dois te demander pourquoi tes anciennes concurrentes sont ici ! Eh bien, je n'aime pas laisser les gens sans rien après qu'ils aient travaillés, alors je donne bien souvent un rôle à chacun ! Elles ont toutes deux acceptées, j'avais aussi proposé à Izumi, ou Hyotaro, mais j'ai eu en retour un énorme refus. Bref. Rin jouera une de tes amies proches, et Fubuki ta « meilleure » amie. Je leur ai déjà expliqué en quoi consistait leur rôle, elles n'attendent plus que leurs agents qui viendront les chercher. Passons maintenant à toi et Hiroto, mes deux rôles principaux !
Moi qui pensait être débarassée des deux autres... Au moins, le travesti ne serait pas là, c'était déjà ça !
- L'histoire, pour en faire un rapide résumé, contera l'aventure d'un jeune couple, qui découvriront tout deux ce que signifie l'amour à deux, aussi bien face aux autres qu'intimement... Vous êtes normalement conscient que ce film ne sera pas innocent. Si vous vous inquiétez, il n'y aura aucune parcelle de votre corps ne sera dévoilée à l'écran, mais vous devrez simuler des scènes de sexe, je préfère vous le dire clairement.
Je rougis, même si je savais ce que je devrais faire. Je laissais mon regard fixer sur notre réalisatrice, ne souhaitant pas le moins du monde croiser le regard d'Hiroto alors qu'on nous parlait des moments où nous étions censé faire l'amour. Je ne me défilerais pas cette fois-ci, mais qu'est-ce que cela pouvait être stressant... et surtout, tellement gênant !
- Vous serez tout deux autant montré dans ce film. Hiroto, tu devras être un homme, qui assumera parfaitement ses sentiments. Tu seras jaloux, protecteur, mais romantique, et surtout très tendre avec Kilari. Tu auras un rôle d'ancien séducteur, donc avec plusieurs anciennes relations. Kilari, toi, au contraire, ce sera ta première relation, mais pour tout deux, ce sera votre premier véritable amour. Tu devras être douce, timide, mais forte dans le fond, sachant t'affirmer quand il le faudra. Tu seras une assistante d'un vieux fleuriste, qui est en fait ton grand-père. Dans le film, juste avant sa moitié, il mourra, ce qui sera en fait le fait que tu accorderas ta confiance à Hiroto, car, même si tu l'aimais, tu n'avais jamais pu lui donner tout ton être, connaissant son passé. Quand à toi Hiroto, tu joueras un rôle de jeune riche héritier. Au début méprisable, tu en deviendras adorable. Pour faire encore plus simple, l'histoire début avec Kilari, qui est passionnée par les fleurs, la nature. C'est une belle jeune fille, mais qui ne sait pas prendre soin d'elle. Un jour, alors que tu te ballades au bras d'une de tes conquêtes Hiroto, tu veux lui acheter des fleurs. Tu rencontres Kilari, qui énervée de ton impolitesse, te le fais remarquer, ce qui te choque, et surtout, t'intrigue. De là débute l'histoire. Tu repasses souvent à cette petite boutique, et commence à faire connaissance avec la jeune fille. Celle-ci, se confie à ses amies, ainsi qu'à son grand-père, et nous apprenons toutes ses pensées au fur et à mesure qu'elle leur raconte l'histoire. Hiroto, lui, se confie à sa secrétaire, accessoirement celle qui l'a presque élevé. Il invite finalement Kilari à sortir, et leur relation s'entame. Ils ne vont jamais très loin, Kilari lui refusant, lui au final, l'attendant sans trop rien dire, voulant lui prouver qu'il l'aime véritablement. C'est lors du décès de son grand-père, que Kilari, inconsolable, voit sa vie redevenir normale, enfin, presque, grâce à celui qu'elle aime. Après une soirée joyeuse, ils rentrent, et là se passe leur première fois. Le lendemain, Kilari est très gênée et apréhende le fait qu'ils soient passés à l'acte et-
- Attendez, quel acte ?! intervint quelqu'un subitement, surprenant tout le monde.
Je regarde cette personne, et écarquille les yeux d'effroi. Subaru est debout, les sourcils froncés.
- Jeune homme, je ne vois pas qui vous êtes tout d'abord, mai-
- Je suis Subaru, le grand frère de Kilari ! la coupe-t-il encore.
- Si vous voulez des explications, arrêtez de me couper ! s'énerve-t-elle finalement. Je parlais évidemment du faire qu'ils allaient faire l'amour, tout simplement, je ne pensais pas qu'il fallait le re-préciser !
- Attendez... Ils vont... coucher ensemble ?!
- Oui, c'est ce qu'on dit depuis le départ.
La lumière se fait dans mon esprit, mon frère s'est trop jeté sur la nourriture et n'a rien écouté. Il vient juste de comprendre ce qui se passait... Je décide à mon tour d'intervenir, ce que j'aurais dû déjà faire avant.
- Subaru ! Assis-toi et tais-toi ! Tu déranges tout le monde, nous sommes en pleine réunion je te signale !
- Oh toi, ne me parle pas comme ça ! C'est dans quel genre de film que tu vas jouer, un porno ?
Je le regarde, de plus en plus choqué, alors qu'il pointe un doigt accusateur sur moi. C'est à ce moment qu'Hiroto intervint aussi, créant plus de mal que de bien :
- Tu es fou ! s'exclame-t-il, c'est un film romantique où des scènes sont simulées, SI-MU-LEES ! Surtout pas un film pornographique ! Tu prends ta soeur pour quoi ?
- Ne me réponds rien Hiroto Kazama ! C'est toi qui dénature ma très jeune soeur, si innocente et naïve !
- Mais je ne te permet pas ! Maintenant tu vas te taire, hurlais-je, j'ai décidé de faire ce film et je le ferais ! Je ne suis plus une gamine, et tu n'as aucun droit sur ce que je fais !
- Peut-être, mais papa en aura lui !
Le silence se fit, alors que nous étions trois debout, les autres nous observant. Il ne manquait plus que ça ! Et dire que ça avait si bien commencé ! Quelle erreur d'avoir emmené mon frère ! Et mon père ? Il n'était pas au courant, et ferait sans doute une crise cardiaque en l'apprenant ! Je ne comptais rien lui dire avant la sortie, il n'aurait rien pu faire, mais là !
Subaru se mit à marcher, et sortit de la pièce. Je me mis directement à sa suite, bien décidé à l'empêcher d'appeler notre père, je le voyais déjà sortir son téléphone ! Hiroto me suivit aussi, et alors que nous sortions, les voix reprenaient dans le salon, et j'entendis madame Kumoi « laissons-les s'expliquer ! Je suis sûre que ce n'est rien, je m'excuse à leur place de ce petit problème. Ne vous en faites pas, ils joueront tout deux ! ».

Nous étions dehors, et je vis que Subaru était en train de pianoter sur son portable. Je me jetais sur lui pour lui arracher des mains. Il essaya de me le reprendre mais Hiroto attrapa le bras de mon frère, et commença à l'engueuler.
- Mais t'es vraiment con ou quoi ?! Tu te rends compte de ce que tu viens de faire ?! La dernière fois, t'avais déjà causé des problèmes, et avait faillit entacher la carrière de Kilari, mais là tu recommences ?! Tu piges rien ou quoi ? C'est à ta soeur de décider ce qu'elle fait, pas à toi !
Je restais là à les regarder, mon coeur réchauffé par l'intervention de celui que j'aimais. Subaru, lui, regardait Hiroto dans les yeux, l'air complètement perdu. ça se voyait à son expression qu'il avait été touché de ses mots, et je savais que ce n'était pas contre moi qu'il avait fait ça, mais pour protéger sa « petite » soeur.
- Subaru, commençais-je, avançant vers lui et lui prenant le bras, Hiroto a raison, ce sont mes décisions, et j'ai décidé de faire ce film avec lui. Qu'importe ce que nous devrons jouer ensemble... J'ai dix-sept ans, je ne suis plus une enfant. j'ai aussi envie d'évoluer au niveau de ma carrière, et faire cette production, qui me plaît, me tient vraiment à coeur.
Il me regarda, peiné, et Hiroto le lâcha, voyant qu'il était calme. Mon frère me prit brièvement dans ses bras, pour me tenir par les épaules et me mettant bien face à lui.
- Tu grandis trop vite tu sais, soeurette... Je suis contre l'idée de ce film, mais tu as raison, ce sont tes décisions. Mais que notre père ne soit pas au courant, je n'approuve pas non plus. Tu n'es pas encore majeure, bien qu'il ne reste plus qu'un peu plus de deux mois pour que ça n'arrive. Je ne dirais rien, mais Kilari, je ne veux pas que tu regrettes d'avoir pris cette décision.
- Subaru... Je ne le regretterais pas. Ce n'est pas comme si ils allaient me montrer nue. Et je le fais avec Hiroto, si ç'a avait été quelqu'un d'autre...
Je regardais le concerné, et il rougit en même temps que moi.
- Je ne l'aurais sans doute pas fait, repris-je, mais je le connais depuis des années, j'ai confiance en lui, et je sais que nous deux, nous jouons bien ensemble. Je ne veux pas que tu changes d'avis, toi aussi, alors s'il te plaît, promet-moi que tu me laisseras le dire à papa !
- Kilari...
Il se mordit la lèvre, visiblement hésitant, et je le regardais avec des yeux suppliants. Finalement, il hocha la tête, déclanchant mon sourire.
- Je te promet de ne rien dire à ta place... Mais, je peux toujours t'aider à ce que tu le fasse !
- Oh, Subaru, Merci !
Je me jetais dans ses bras, et ses bras se refermèrent sur moi. J'ouvris les yeux, les ayant fermés, pour voir Hiroto qui me souriait aussi. Mes lèvres formèrent le mot « merci » silencieusement, et il répondit « de rien » de la même manière, avant de rentrer, et de sans doute annoncer la conclusion aux autres.

« Tournage »

- COUPEZ ! ça ne va pas du tout Hiroto !
Je me mordis les lèvres, alors que je l'observais en train de jouer une scène. Il devait faire comme s'il séduisait une autre femme, dans les premières minutes du film, et il avait beaucoup de mal apparemment. J'avais déjà joué avec lui celle où je l'engueulais de son comportement, et nous avions eu du mal car nous avions beaucoup rit ! Mais là, c'était un autre problème qui se posait. Il n'était absolument pas convaincant dans son rôle de bourreau des coeurs... En même temps, il n'était pas du tout comme ça naturellement, donc je comprenais que ça soit dur. Moi, j'avais un rôle assez simple au final, le personnage de Nami me correspondant parfaitement. Dans le film, Hiroto s'appelait Aoyama. ça nous faisait tout drôle de nous appeler par de faux noms, mais nous avions beaucoup répétés.
Deux semaines étaient passées depuis la réunion, et le tournage avait débuté il y a cinq jours. On nous avait dévoilé le programme ; il y aurait une semaine où nous nous tournerions, le matin étant consacré aux répétitions, l'après-midi au tournage. Puis une semaine de vague, qui serait consacrée elle aux travaux habituels, comme les séances photos, les passages musicaux, les concerts divers... On en avait soufflé de soulagement, car le tournage serait plus long, mais permettrait de toujours rester visible aux projets. S'il avait été tourné en un bloc, cela aurait pris certes moins de temps, mais aurait bloqué nos projets, surtout pour les Ships, qui était un duo.
Nous étions déjà en Juin, le premier en fait, et je ne perdais pas de vue que le neuf, c'était son anniversaire... Ses dix-huit ans en plus ! Nous allons tous nous retrouver demain, sans Hiroto bien sûr, pour parler de la fête surprise que nous organisions... Tout ça me triturait les méninges, et j'avais hâte de m'y mettre ! Faire un beau cadeau à celui que j'aimais me remplirait tellement de joie !

En attendant, le tournage se poursuivait. Je relisais mon script, tout en regardant Hiroto de temps à autre. Le stress commençait à m'envahir ; la prochaine scène, était celle du premier baiser de notre couple dans le film... Il faut avoir à l'esprit que les scènes ne sont pas tournées dans l'ordre ! Et ce qui me faisait d'autant plus stresser, c'était qu'Hiroto et moi n'avions pas osés répéter cette scène à deux ! Il y avait de quoi aussi ! Je l'avais embrassé à la séance photo, mais ce fut tellement chaste... Ici, on était censé se donner un baiser, puis un autre, pour finir sur quelque chose de langoureux ! Et comme chaque scène de film avait toujours plusieurs prises, car il fallait des angles différents, on était bon pour le faire plusieurs fois ! Je sais que ce n'est rien comparé à ce que nous devrons faire plus tard, mais quand même ! Je n'arrêtais pas de bouger, à la fois impatiente et complètement paniquée !
Les minutes passèrent, et j'entendis alors la phrase que j'attendais, qui signifiait que ça y était, on devait commencer la scène :
- COUPEZ ! C'est bon, on l'a enfin ! Continu comme ça Hiroto, c'est comme ça que je vois le personnage, tu as bien compris ?
- Oui, je n'avais pas saisi, mais c'est bon maintenant !
- Parfait ! DIX MINUTES DE PAUSE POUR TOUS !
Des cris de joie se firent entendre de toute l'équipe qui s'activait non-stop depuis un moment, et tout le monde sortit de la pièce pour sans doute aller prendre une café ou un encas. Nous n'étions plus qu'à deux du coup. Je me levais pour rejoindre Hiroto. Il fallait que j'ose lui demander qu'on révise, au moins les textes... Je doute qu'on se mette à s'embrasser pour s'entraîner ! « Dommage... » me siffla ma conscience.
J'arrivais face à lui. Il était déjà la tête plongée dans son scénario. Au contraire de ce que l'on peut penser, Hiroto est vraiment un bourreau de travai...
- Hiroto ?
Il releva la tête, puis rougis en voyant que c'était moi. Je me doutais que c'était à cause de la scène qui arrivait...
- Oui ?
- Je... on a pas révisé la scène qui arrive, alors ça me gêne un peu, et si on pouvait... enfin au moins les textes...
Ma voix mourut sur la fin, et je lançais des coups d'oeil à droite et à gauche, sans savoir vraiment pourquoi. C'était tellement gênant ! Je vis qu'il l'était au moins autant que moi, avant qu'il ne réponde :
- Oh, bien sûr, évidemment, ahah... Il faut... toujours réviser !
- Oui...
On resta là sans un mot, et je le contemplais, attendant qu'il commence, étant le premier à parler. Il se rapprocha de moi, puis sans que je puisse réagir, il m'attrapa par la taille, et ses lèvres se posèrent sur les miennes. Une fois, deux fois, je fermais les yeux, trois fois, et ouvrait la bouche alors qu'il glissait sa langue avec la mienne. Je ne me posais pas de questions, comme pourquoi faisait-il ça, et mes mains vinrent se poser d'elles-même sur son torse, aggripants son haut. J'essaya de suivre le rythme qu'il imposait, mais je ne pu que me laisser bercer par le baiser, incapable de résister. Je cru même que mes jambes allaient me lâcher, tellement je fus assaillie de sentiments, qui explosèrent un à un dans ma poitrine.
Lorsqu'il se retira, je cru grogner de frustration, mais me retint. On ne se touchait plus, face à face, nous regardant essouflés.
- Que- qu'est-ce que tu fais ? parvins-je à lui demander, malgré ma voix qui tremblait un peu.
Je portais ma main à ma gorge, et toussa un peu discrètement, essayant de retrouver une voix normale. Hiroto me regarda, sans comprendre apparemment.
- Je... mais, tu ne voulais pas révis- oh !
Il sembla comprendre quelque chose, qui vint prendre place aussi dans mon cerveau un instant après. Je crois... qu'il ne m'avait pas compris tout à l'heure quand je lui demandais de répéter, il avait dû comprendre que je voulais voir TOUTE la scène, alors que je parlais seulement du texte. Mais il n'avait pensé qu'à CETTE partie...
- Je suis désolé, reprit-il, je n'avais pas compris que- enfin...
- Ne t'en fais pas ! le coupais-je, je n'ai sans doute pas été très claire, alors, voilà, je comprends ta, euh, méprise...
Il y eu un blanc entre nous, et je décida de changer de sujet, enfin, de nous mettre vraiment aux répétitions :
- Passons, on saura ce que c'est au moins, non ? Bon bref ! On le révise vraiment ce texte ?
Il me regarda un instant, puis s'empressa de me répondre positivement, voulant sans doute autant que moi dissiper la gêne qui s'était installé. On se mit à répéter, au fur et à mesure que les personnes de l'équipe technique revenaient au fur et à mesure.

Nous nous promenions sous la lune qui éclairait faiblement le parc où nous nous promenions. Le temps était doux, et il m'invita à se poser à ses côtés sur un banc. Je rougis, mais le faible éclairage cacha ce fait. Je m'installa, et observa le ciel, où toutes les étoiles étaient visibles par centaines.
Soudain, il prit ma main, et je sursautais, mais ne fit rien pour la retirer. Doucement, il éleva la voix, et parla :
- Nami, tu sais, je voulais vraiment te dire quelque chose, ce soir...
- Oui ? répondis-je, curieuse.
- On se connaît depuis deux mois à peine, mais, tu sais, j'ai l'impression de t'avoir toujours connu, comme si tu étais là pour moi quoi qu'il arrive. Et tu l'as véritablement été. Tu m'as beaucoup changé, je ne veux plus être le petit prétentieux égoïste que j'ai pu être dans le passé, et ça c'est grâce à toi...
Je ne répondis rien, émue alors que nous nous regardions les yeux dans les yeux. Il se pencha alors vers moi, et déposa doucement ses lèvres contre les miennes.
« Je t'aime », me dit-il, avant de déposer un deuxième baiser.
Malgré ce que je m'étais promis, j'étais éprise de cet homme. Alors qu'il se décalait, je posa très délicatement mes lèvres sur les siennes, à mon tour. Je ne lui répondis rien, mais fut persuadée qu'il pouvait savoir tout ce qu'il voulait à travers mes yeux. Il me réembrassa, mais cette fois-ci, il passa sa langue à travers mes lèvres, et je ne pu que passer mes bras autour de son cou, incapable de participer à cette échange qui me coupait tout mes moyens...
- COUPEZ ! C'était la bonne, bravo les cocos !
Hiroto et moi nous détachâmes, rougissant encore une fois tout deux. Après un essai infructueux, et deux autres prises de vue, nous en avions fini avec cette scène, et accessoirement avec cette semaine de tournage !
Je me levais, et remercia tout ceux qui avaient bossé aujourd'hui. Arrivée à la productrice, je discuta un peu avec elle, de tout et de rien, son film bien évidemment, mais aussi ce qu'elle allait faire maintenant... J'appris qu'elle avait une fille qu'elle s'apprêtait à aller rechercher chez sa nourrice.. C'était une personne bien, je ne m'étais pas trompée, très agréable, bien que sévère dans le travail. Elle partit, et je me dirigeais vers ma loge, qui était elle très agréable. Une petite pièce rien qu'à moi, qui n'était pas trop faste, au contraire de ce que j'avais l'habitude. Je me déshabillais, puis mettais soigneusement mon costume d'aujourd'hui sur un cintre. J'allais me revêtir lorsque la porte s'ouvrit.
- Hey, Kilari, je voulais te demander...
Je me retournais vers la personne, qui n'était autre que Hiroto. On resta figé comme ça quelque secondes, se contemplant tout deux d'un étonnement qui ne fut pas réactif. « Sous-vêtements – Hiroto regarde » furent les mots qui parvinrent lentement à mon esprit.
Soudainement, je poussais un petit cri en même temps que lui faisait de même et se retournait, les joues en feu.
- Je suis désolé, j'aurais dû frapper, je suis désolé, je suis désolé... répétait-il sans cesse.
J'attrapais mon T-shirt en même temps que je lui répondais que ce n'était pas grave. Il me répondit encore une fois qu'il s'excusait, et je finis de mettre mon short.
- C'est bon, tu peux te retourner...
Ce qu'il fit, non sans avoir jeté un petit coup d'oeil dans ma direction avant pour s'assurer de mes dires.
- Encore pardon...
- Je te redis que ce n'est rien ! Passons, tu voulais me demander quelque chose ?
- Euh, non, enfin oui !
Je ris, me foutant un peu de lui. Il grogna, puis repris :
- C'était simplement pour te dire qu'au prochain jour de tournage, même si ce n'est que dans une semaine et demi du coup, le programme des scènes changera ; je ne serais pas là vu que tu feras toute tes scènes avec tes « amies » et ton grand-père, et inversement le lendemain. Madame Hiwamori vient de me l'apprendre, elle était pressée et m'a dit de te transmettre le message du coup.
- C'est gentil d'être venu, tu aurais pu le faire simplement par mail aussi...
- Ouais, je t'aurais pas dérangé comme ça...
Me rendant compte de ma gaffe, je dépêcha de rattraper ça :
- Arrête, tu me dérange pas, au contraire, je préfère que tu viennes me le dire en face, surtout que, avec ce qu'on joue, c'est assez...
- Ambiguë ? compléta-t-il.
- Voilà !
Il ouvrit la bouche, mais fut interrompu par madame Kumoi qui débarqua en trombe dans la loge. Elle nous passons un savon sur le fait qu'à force de parler, nous traînions et qu'il fallait encore qu'elle nous raccompagne.
Je me sentis quelque peu coupable, le fait qu'elle aussi rentrait tard tous les soirs, encore plus que moi, me venant en mémoire.
On s'excusa tous les deux, et on la suivit sans un mot.

Elle me déposa directement devant ma maison, et je dis au revoir à mon agent et au brun qui devait encore être déposé.
Je soupira d'aise, contente de cette journée et de ce qui s'y était passé. J'entrais chez moi, trouvant mon père devant les fourneaux comme habituellement. Il me salua et sourit joyeusement.
- Ton frère est bien arrivé, me dit-il, il t'envoie tout son amour, et m'a dit de te dire de ne pas oublier. De ne pas oublier quoi ?
Celui-là alors...
- Rien papa, laisse, c'est entre lui et moi !
- Vous me laissez en dehors du coup alors, moi, votre déjà trop vieux papa ?
Je ris, amusée de l'expression malheureuse de petit garçon qu'il affichait.
- Mais non, tu n'es pas vieux ! C'est juste que ça c'est entre nous, comme toi et moi, on a des trucs que Subaru ne sait pas forcément, et qui restera juste entre mon père adoré et moi !
Il rit un peu aussi, et déposa un baiser tendre sur mon front. Je lui en fis un sur la joue, avant de monter me doucher et me mettre en pijama.
Nouant ma robe de chambre, je descendis manger. Aujourd'hui, mon père avait mijoté un bon ragoût de boeuf. ( Ndl : perso j'aime pas xD) que je savourais. Je le félicitais, puis l'aidais à débarrasser.
Je repris tranquillement le chemin de ma chambre, et m'assit sur mon lit qui rebondit sous moi. Jetant un coup d'oeil fatigué sur ma chambre, mon regard se posa sur mon sac d'école. Et là je fus frappée d'horreur.
« Mes devoirs ! Seigneur, oh pourquoi ? Pourquoi ?! »
J'étais bonne pour me coucher beaucoup plus tard que prévu...