Nous arrivions enfin au rez-de-chaussé quand j'entendis un cri puis des centaines de bruits de pas d'agents de sécurité courant vers nous. Seulement moi et Kyoya. Mes amis avaient dû passer sans qu'ils ne s'en rendent compte. Ou alors ils ne les intéressaient pas. Quoi qu'il en soit, Kyoya et moi étions dans un sacré pétrin.
Je jetais un regard à mon vieux rival. On était encerclé. On n'avait que deux possibilités : se résigner et nous retrouver tous les deux dans la pièce où j'ai trouvé Kyoya jusqu'à une date indéterminée ou tenter de s'enfuir avant. Kyoya me rendit mon regard. Cette fois, j'ai parfaitement compris qu'on était exactement sur la même longueur d'onde. Je lui empoignais fermement le bras et me mis à courir. Comme il n'y avait aucun espace de passage, je fonçais dans le tas. Ils nous ont envoyés leurs toupies en pleine figure. Je me protégeais de mes bras et de mes mains. D'un coup d'œil en arrière, je vis Kyoya faire de même. En passant je donnais des coups de poings et des coups de pieds à tout le monde et Kyoya aussi malgré sa grande faiblesse. Je ne sais pas trop comment on a fait mais on était presque sorti quand Kyoya m'arrêta.
-Attends ! On ne peut pas y aller maintenant !, me dit-il.
-Quoi ? Mais pourquoi ?
-Parce qu'ils ont Benkei.
-Hein ? Mais pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
-Je pensai que tu le savais. , répliqua-t-il en haussant les épaules. Il était avec moi quand ils m'ont eu.
-Mais on a fait toutes les pièces du bâtiment pour te chercher ! Et on n'a pas vu Benkei.
-Je parie que t'a pas été voir aux sous-sols.
-Il y a des sous-sols ?
Kyoya leva les yeux aux ciels en entendant ma remarque, visiblement exaspéré. Mais son exaspération était le cadet de mes soucis parce que nos poursuivants étaient en train de gagner du terrain pour nous encercler à nouveau. Cette fois, c'est Kyoya qui me prit le bras pour me faire courir dans les couloirs du rez-de-chaussée à la recherche du passage qui nous donneraient accès aux sous-sols. Il avait de la ressource, aucun doute là-dessus. Ou alors c'était l'adrénaline qui le maintenait. Quoi qu'il en soit, on finit par trouver la porte vers les sous-sols. Les agents de sécurité étaient encore sur nos pas. On ouvrit brusquement la porte. A l'intérieur, il y avait un petit escalier en colimaçon s'enfonçant dans les ténèbres. J'avais l'impression d'aller tout droit dans un piège. Si on descendait tous les deux, ils seraient trop facile pour les hommes de Ziggourat de nous piéger et nous n'aurions aucune échappatoire. Alors je dis à Kyoya :
-Va chercher Benkei ! Je vais faire une diversion pendant ce temps.
Il opina avec compréhension et détermination et s'enfonça dans le noir. J'avais un très mauvais pressentiment et j'espérais de tout cœur qu'il reviendrait rapidement avec Benkei. Mais je n'avais pas le temps de m'attarder. Je me remis à courir dans le vaste rez-de-chaussée. Je devais tenir jusqu'à ce que Kyoya remonte. Les agents étaient de plus en plus nombreux à me suivre. J'étais partagé entre la peur qu'ils ne m'attrapent et la satisfaction de voir qu'ils n'avaient pas été chercher Kyoya.
Soudain, des alarmes se mirent à sonner en tous sens et j'entendis distinctement une voix s'exclamer dans son micro :« Code Feu ! A toutes les unités ! Code Feu ! ».
Je ne savais pas du tout ce que ça signifiait. Je continuais simplement de courir au hasard dans les couloirs. Je me rendis rapidement compte que je tournais en rond et je finissais par me repérer. J'étais essoufflé de ma course et mes jambes me faisaient très mal mais je continuais malgré tout. Combien de temps faudrait-il à Kyoya pour ramener Benkei ? Et pourrais-je tenir jusque-là ? Et puis une grenade explosa à côté de moi. Je sursautais et repartit de plus belle. Il y en eut une autre. Et encore une autre. Bientôt, c'était une pluie de grenades qui me tombait dessus. Je slalomais et prenait des virages serrés pour les éviter. Aller Kyoya ! Qu'est-ce que tu attends ? Je ne tiendrais plus très longtemps comme ça !, pensais-je.
Les agents de sécurité lançaient quelques fois des grenades pour provoquer des éboulements de murs et m'empêcher de passer. Apparemment, ça ne les gênait pas de casser leur propre bâtiment. Je continuais de courir. Quand je passais pour la 5ème fois devant la porte derrière laquelle Kyoya avait disparu, je vis une grenade s'écraser dessus. Ce devait être la grenade de trop car à l'instant où l'explosion se fit entendre, je vis le plafond se fissurer et des blocs de pierre s'y détacher de toutes part. Le bâtiment était en train de s'écrouler sur lui-même. Pris de panique, les agents de sécurité m'oublièrent complètement pour sortir le plus vite possible du bâtiment. Quant à moi, ma première réaction fut d'aller chercher Kyoya rapidement. Mais quand j'ouvris la porte qui menait au sous-sol, je constatais avec effroi que les escaliers étaient devenus totalement impraticables à cause des débris de pierre et de plâtre qui le bouchaient. Je pestai une énième fois sur la disparition de mon Pegasus sans lequel je ne pouvais pas bouger tous ces gravas. Le plafond continuait de s'effondrer, je n'avais plus beaucoup de temps. J'espérais de tout cœur que Kyoya et Benkei étaient en sécurité aux sous-sols et, ne pouvant rien faire pour eux dans l'immédiat, je courrais vers la sortie.
Je sortis une seconde avant que le bâtiment ne s'effondre totalement dans un gigantesque nuage de poussière accompagné d'un fracas assourdissant. Je fus propulsé à terre et contraint de me protéger la tête de mes bras comme je le pouvais.
