Titre: Ce qu'on n'apprend pas dans l'Histoire de Poudlard
Auteur: Mimoo
Rating: K+
Disclaimer: Personnages, monde, etc. tout est à J.K Rowling
Résumé: Hermione a toujours trouvé les réponses à ses questions dans les livres, mais il y a certaines choses qu'on doit apprendre par soi-même. Jouer avec un Weasley par exemple...
Genre: Humour/Romance
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Ola ^^ Que tal ?... Oui je sais, j'ai été encore une fois très longue pour la parution de ce chapitre... Vraiment désolée.
Juste une réponse à AmyWeasley : Tu as mon accord évidemment, du moment que tu précises que c'est de moi :P
Merci à tous les gens qui ont encore commenté !
Bon, eh bien je rajoute dans mon disclaimer que la famille de Hermione (grand-mère, oncles et cousins) sont de mon invention, donc m'appartiennent entièrement sans pour autant que je ne gagne un centime pour leur invention ^^
Ce chapitre n'est pas franchement intéressant... Il est simplement transitif et j'espère que vous aurez plaisir à le lire quand même =(
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Chapitre 10 : Visite moldue
"Just My Imagination" - The Cranberries
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Bristol demeurait sous la neige et Hermione aurait pu profiter du paysage urbain magnifique si elle n'était pas collée au fond de son lit, un thermomètre dans la bouche et un thé fumant sur la table de chevet. Cinq jours qu'elle était chez sa grand-mère, cinq jours qu'elle dormait, toussait et gémissait seule dans sa chambre. Seule sa grand-mère acceptait de venir quelques fois pour lui apporter à manger ou discuter. Le reste du temps, sa famille s'occupait au rez-de-chaussée ou partait se promener.
Hermione ne leur en tenait pas rigueur, elle avait l'habitude. Et puis son oncle avaient deux enfants en bas âge et il ne valait mieux pas que Hermione s'approche d'eux.
L'environnement moldu dans lequel elle avait baigné toute son enfance ne lui avait pas manqué, au contraire. La brune se sentait à l'étroit ici et certainement pas à sa place. Conformément à ce qu'elle avait élaboré avec ses parents, Hermione avait laissé Pattenrond à Ron -qui du garçon ou du chat récupérerait-elle vivant ?- et avait interdit à ses amis d'essayer de la joindre par hibou. Depuis cinq jours elle n'avait donc plus de nouvelles du monde magique.
Prise d'une quinte de toux assez virulente Hermione se redressa dans son lit pour éviter de s'étrangler. Elle se racla la gorge, grimaça et s'empara de sa tasse de thé. Son front restait brûlant, le thermomètre qu'elle venait d'enlever indiquait qu'elle était encore bien malade. Évidemment... Elle avait déjà raté le réveillon alors pourquoi participer au nouvel an ? Autant passer directement à la case « rentrée à Poudlard ». La brune soupira âprement et darda ses pupilles sur sa malle -habilement transformée en valise basique-. Fred avait dit que ses cadeaux étaient là-dedans mais elle n'avait ni la force ni l'envie de voir ce qu'on lui avait offert cette année. Elle aurait le temps après.
Au moment de partir du Terrier Hermione avait donné à Ginny la responsabilité de distribuer les cadeaux qu'elle n'avait pas pu donner. C'était la première fois qu'elle ne voyait pas la réaction et le visage de ses amis face à la magie de Noël. C'était étrange et elle ne s'était pas attendue à ce que ça lui manque autant. Même malade elle aurait préféré être en compagnie de Ron et Harry. Fred, non, parce que Fred était à l'origine de sa grippe et de ses maux en général. Juste Harry et Ron, comme pendant leurs trois premières années. Ah non, la première aussi, elle était rentrée. Seulement en ce temps là sa grand-mère ne radotait pas, son oncle et sa tante l'aimaient bien et il n'y avait pas ces deux marmots baveux et capricieux.
Dans sa valise il devait y avoir ses manuels scolaires néanmoins si sa grand-mère tombait dessus qu'est-ce qu'elle dirait ? Milles herbes et champignons magiques, voilà un titre qui ne faisait pas très moldu.
Hermione grogna sur sa couche. Elle ne pouvait donc ni se lever, ni communiquer avec ses amis, encore moins travailler. La jeune fille se laissa retomber sur son oreiller, les larmes aux yeux de colère et d'impatience. Elle ramena ses genoux contre elle, frappa silencieusement le matelas de son poing et râla finalement à voix haute. Son irritation était à son comble lorsque la porte de sa chambre s'entrouvrit sur une femme d'un âge avancé, droite et fière.
« Ah, tu es réveillée !, clama Edlyn Granger d'une voix fluette et pimpante.
-Mamie », soupira Hermione dans un mélange de sanglot et de soulagement.
Sa grand-mère ne prit pas la peine de fermer dans son dos, elle se dirigea directement vers sa petite-fille qu'elle couvrit d'un regard bienveillant quoiqu'un peu autoritaire. Tout le monde disait toujours que Hermione était son portrait craché. La soif d'apprendre, l'art de se perdre dans les méandres d'une bibliothèque pendant des heures, le talent de vite s'énerver pour aussi vite se calmer, le ton posé mais équivoque face à une situation qui ne lui plaisait pas. Si Hermione ressemblait physiquement à sa grand-mère maternelle, elle avait tout le caractère de son aïeule paternelle et tout le monde s'accordait pour le lui dire. Enfin, c'était avant.
Edlyn s'installa sur le bord du lit qu'elle prit le temps de border tranquillement. Hermione se mordit la lèvre pour s'empêcher de hurler qu'elle voulait qu'on la laisse sortir parce qu'elle allait un peu mieux.
« Tu t'ennuies, constata simplement et avec un amusement palpable sa grand-mère en lui caressant le front.
-Un peu, mentit Hermione en détournant les yeux.
-Que dirais-tu de descendre quelques heures avec moi ? Nous pourrions jouer aux échecs. »
Les yeux de l'adolescente étincelèrent un court instant avant de s'assombrir. Hermione joua avec les couvertures qui la recouvraient, embêtée.
« Si Jason et Emily tombent malades, Oncle Drew va me tuer, marmonna-t-elle devant le regard interrogatif de sa grand-mère.
-Qu'il essaie pour voir ! Allez viens. Prends ta couverture. Je vais te préparer un bon bol de chocolat et une petite partie d'échecs te réveillera les neurones. »
Hermione se sentit pousser des ailes et pour le coup elle eut vraiment l'impression d'être guérie. Cependant à peine fit-elle quelques pas en suivant Eldyn que déjà sa tête se rappela à sa bonne mémoire sans compter son nez bouché qu'elle allait vite devoir moucher d'une façon peu élégante. Heureusement d'un côté qu'elle n'était plus au Terrier. Fred se serait tellement moqué d'elle s'il l'avait vu dans cet état. George et lui se seraient amusés à imiter sa voix rauque de canard -elle n'arrivait plus qu'à dire « Bonzour, ze suis Herbione Granger »- ou bien à rire de ses vertiges qui la faisaient mollement tanguer.
Pour descendre le petit escalier de la maison Hermione dû se tenir de toutes ses maigres forces à la rambarde. De petits cris d'enfant lui parvinrent quand elle posa enfin son pied sur le palier, une bonne odeur de gâteaux chauds arrivait à percer la barrière imposée dans ses narines par le rhume et la chaleur des radiateurs irradia tout autour. La jeune fille profita pleinement de ce petit instant de douceur. Enfin elle se sentait vivre. Sa grand-mère revint vers elle et lui prit gentiment le bras. Hermione se laissa faire, resserrant sa main libre sur la couverture dont elle s'était enroulée. Edlyn la conduisit au grand salon et deux gnomes moldus fondirent sur la brune.
« Hermione ! »
Hermione eut un sourire radieux et passa sa main sur les cheveux ras du petit garçon de cinq ans en train de tendre les bras vers elle. Plus timide, sa petite sœur de trois ans fourra son pouce dans sa bouche et la regarda avec crainte.
« Tiens, te voilà toi. »
Un homme grand et maigre quitta un fauteuil pour s'avancer jusqu'à elle à son tour. Hermione baissa la tête après avoir essayer un sourire.
« Elle n'est plus malade ? », s'enquit l'adulte à présent devant elle.
Dans un geste presque trop protecteur il avait pris les deux enfants contre lui et empêchait le petit Jason de se coller à nouveau contre sa cousine plus âgée. Un sifflement agacé tira Hermione de ses pensées et elle leva les yeux sur sa grand-mère qui faisait claquer sa langue contre son palais. Edlyn chassa son fils aîné du passage, prit Hermione par les épaules et l'entraîna jusqu'au deuxième fauteuil de la pièce.
« Bien sûr qu'elle est encore malade ! Mais ce n'est pas en l'isolant dans un coin à respirer ses microbes que tu vas améliorer son état. Viens ma chérie, assis-toi ici. »
Edlyn se tourna vers son fils une fois sa petite-fille installée dans le fauteuil, bien au chaud et première spectatrice de la scène. Son oncle était devenu un tantinet rouge, de colère. C'était rare que la grand-mère ouvre la bouche et quand elle le faisait c'était toujours pour dire la vérité -ce qui ne plaisait pas.
« Jason est robuste pour son âge, je pense qu'il peut approcher de sa cousine sans en mourir. Quant à Emily si tu crois que tu la protèges en l'empêchant de vivre...
-Mais Maman, protesta Andrew Granger sans avoir le temps de poursuivre.
-Chut ! Je veux entendre les mouches voler, elles sont bien plus intéressantes que tes plaintes. Emy-jolie, viens avec Mamie, on va faire du chocolat pour Mimione. »
Hermione rosit à l'entente du surnom qu'elle n'avait plus entendu depuis un bon moment. Néanmoins elle intercepta le coup d'œil froid de son oncle et perdit un peu de sa bonne humeur. Si c'était pour se faire fustiger elle aurait peut-être dû rester dans sa chambre. Andrew revint s'asseoir à sa place, maugréant dans sa barbe de façon inaudible. Jason profita de sa nouvelle liberté pour accourir auprès de la brune.
Ses petites mains d'enfant se posèrent sur les genoux de la jeune fille recouverts de la couverture. Il s'assura avec un sérieux adorable que sa cousine était bien au chaud avant de lui adresser un merveilleux sourire.
« J'ai été malade avant aussi, se mit-il à raconter et Hermione remarqua que son oncle grognait d'avantage maintenant, même que Maman a appelé le médecin. Mais maintenant ça va mieux et toi aussi ça ira mieux. Je m'occupe de toi !
-Merci, c'est gentil.
-Papa est en colère... »
Le petit bonhomme venait de se mettre sur la pointe des pieds pour lui parler discrètement à l'oreille. Hermione, malgré sa fatigue et le mal de tête, se tint attentive comme si le secret qu'elle allait entendre était une chose très importante. Du moins pour elle car à en voir le minois de Jason, sa confidence valait tout l'or du monde moldu.
« Il s'est fait attaquer par un gros oiseau hier soir. Mamie a dit c'était un hibou », affirma-t-il en opinant gravement.
Hermione sursauta et ouvrit de grands yeux.
« Un hibou ? », répéta-t-elle sans doute un peu trop fort.
Son oncle se tourna vers elle, mauvais.
« Oui, un hibou. Ce stupide volatile m'a foncé dessus quand j'ai sortit les poubelles, cracha-t-il en croisant les bras sur son torse.
-Est-ce qu'il a laissé quelque chose ? »
L'adolescente se mordit la lèvre, se giflant mentalement pour sa bévue.
« Laissé ? Que veux-tu qu'il laisse ?, se moqua Andrew en levant les yeux au ciel. On parle d'un hibou Hermione, pas d'un pigeon voyageur. M'enfin... Mamie t'a dit pour l'appel ? »
Elle secoua négativement la tête. Son oncle paraissait plus en colère encore.
« Une amie à toi a téléphoné avant-hier. Elle a raccroché quand je lui ai dit que tu étais dans ta chambre, rajouta-t-il en voyant Hermione ouvrir la bouche pour le questionner. D'une politesse rare, ironisa-t-il ensuite.
-Elle a dit qui c'était ?, interrogea sa nièce qui préféra ignorer la remarque.
-Non, par contre elle a demandé cette adresse. Quelqu'un derrière elle n'arrêtait pas de parler de planage ou quelque chose comme ça, c'était insupportable. Je suppose qu'elle était de ton école ? »
Hermione acquiesça pensivement. Il n'y avait qu'une fille dans son entourage qui pouvait l'appeler ici et se montrer « impolie » au regard des moldus : Ginny. En revanche pourquoi parler de transplange ? Les Weasley comptaient-ils venir la chercher ici avant de prendre le train ? Du moment qu'ils n'utilisaient pas la poudre de cheminette... Elle doutait fortement qu'Andrew se remettrait d'une telle visite, encore moins sa grand-mère.
« Mimione ? »
La jeune fille s'en retourna à Jason. Le petit garçon scrutait ses pieds, songeur.
« Tu as beaucoup d'amis là-bas ?
-Eh bien, quelques uns, répondit Hermione un peu étonnée.
-Ils sont importants pour toi ? »
Il se redressa, tristounet.
« Parce que Papa il dit souvent que tu viens pas nous voir parce que tu as plus important à faire que rester avec une famille comme nous. »
Hermione sentit son cœur se serrer. C'était comme ça maintenant, sa famille la dénigrait par jalousie ou par simple constat. La petite Hermione qui amusait tant de monde et pouvait converser de n'importe quel sujet avec n'importe qui s'était muée en étrangère qui vivait à des milliers de miles de Bristol et des quartiers de son enfance. Elle rendait visite à ses parents le plus possible mais sa grand-mère et ses oncles et tantes n'avaient pas ce privilège. Et puis il y avait eut tant de problèmes ces trois dernières années dans le monde magique que Hermione n'avait pas pu se permettre de revenir ici. Non seulement elle devait aider Harry, les protéger Ron et lui de leurs propres imbécilités, mais aussi préserver sa famille et ses anciens amis moldus. Quand on saurait que Hermione Granger était la meilleure amie de Harry Potter et qu'elle était une sang-de-bourbe, qui Voldemort viendrait-il voir ? Ses parents, sa famille.
La jeune fille sortit un bras de son amas de couverture et le tendit jusqu'à pouvoir toucher la joue ronde de son cousin.
L'oncle Andrew avait été son oncle préféré pendant des années. Il se moquait un peu d'elle, elle lui répliquait par des théories philosophiques ou des statistiques trouvées dans des livres et il vantait les mérites et l'intelligence de cette petite fille haute comme trois pommes. A présent il parlait d'elle comme on parlerait d'une personne dérangeante.
La sonnette de la porte d'entrée vint briser le silence pesant qui s'était installé. Jason et Hermione sursautèrent tous deux avant de sourire et Andrew recommença à râler de plus bel contre ces individus sans bienséance qui frappaient à leur porte à toute heure de la journée.
« Drew ! La porte ! », lui hurla Edlyn de la cuisine.
Hermione faillit céder au fou-rire quand son oncle se leva en rouspétant de plus en plus.
Comme un adolescent en pleine crise, Andrew gagna le hall d'entrée en traînant des pieds, bougonnant contre la vieille pie qui lui servait de mère et faisait de lui son esclave. Hermione échangea un sourire de plus avec Jason et entendit la porte s'ouvrir.
« Bonjour monsieur ! Désolé de vous déranger mais je venais rendre visite à Hermione. Elle est ici ? »
Les yeux de Jason s'écarquillèrent quand il vit sa cousine se lever d'un bond, tituber et finir par filer en direction de la cuisine tant bien que mal. Hermione avait la nausée, la panique l'envahissait et elle présentait qu'elle devait fuir le plus vite possible.
« Ma chérie qu'est-ce qu'il se passe ?, l'interrompit Edlyn dans sa fuite désespérée vers la porte menant au jardin.
-Je... Je... Il... », bégaya la jeune Gryffondor qui entendit la porte d'entrée se refermer et des éclats de voix retentirent dans le hall.
La petite Emily suçait toujours son pouce. Elle regardait paisiblement son aînée faire de grands gestes, la fièvre troublant son regard et le rhume envahissant son nez en l'irritant. Edlyn délaissa la casserole de lait qu'elle faisait chauffer, inquiète.
« Tu veux que j'appelle un médecin ? »
Hermione devint livide et s'agita encore plus. Ils ne comprenaient pas, tous, que l'heure était grave ! Ils ne voyaient pas qu'il fallait fuir immédiatement ?
Dans le salon deux silhouettes se dessinèrent. La brune qui s'était retournée pour vérifier qu'elle n'était pas suivie se précipita derrière la table de la cuisine et s'agenouilla avant de filer se cacher dessous sans un mot d'explication à sa grand-mère qui resta abasourdie, louche en main. Cachée par une chaise et la nappe, Hermione reprit peu à peu son souffle et darda ses pupilles sur l'embrasure de la porte. De là elle voyait parfaitement son oncle que Jason avait rejoint et... et Fred.
« Où est-ce qu'elle est passée ? »
Perplexe, Andrew contemplait le fauteuil vide. Jason dirigea alors son petit doigt vers la cuisine, Hermione se recroquevilla en réprimant un gémissement apeuré.
Ainsi c'était ça l'appel de Ginny. Fred était derrière tout ça. Et il avait transplané ici, il l'avait retrouvée, il allait continuer à lui pourrir l'existence jusque dans sa famille. Pire, elle ne pourrait pas rester planquée là toute la journée jusqu'à ce qu'il parte. Elle était toujours malade... Et si jamais il utilisait la magie ? Si jamais il lui prenait l'idée de transplaner à partir du salon directement ? Le ministère de la magie devrait intervenir et Arthur Weasley aurait peut-être des ennuis ! Non. Non. Fred n'était pas si bête. Hermione tenta de se rassurer comme elle le pouvait alors qu'elle sentait son nez couler pathétiquement.
Manquait plus que ça.
« Maman ! »
Toujours stupéfaite, Edlyn mit un certain temps avant de réagir à l'appel. Andrew et Fred étaient presque arrivés à la porte quand elle sortit de sa surprise.
« Oh, un invité ? », demanda-t-elle d'un ton exagérément jovial.
Hermione comprit que sa grand-mère avait deviné que ce nouveau venu y était pour beaucoup dans le comportement de sa descendance. Avait-elle deviné le pourquoi de la chose ? Sûrement pas, au moins éviterait-elle de trahir sa petite-fille.
« Oui, il est venu voir Hermione, expliqua platement Andrew en haussant un sourcil, Mais la gamine a disparu. »
A cet instant précis Emily Granger, habituellement muette comme une tombe, sortit son pouce de sa petite bouche, s'avança jusqu'à la table, s'accroupit et fixa de deux grands yeux ébahis sa cousine habilement dissimulée. Hermione secoua la tête. Elle articula quelques mots sans émettre le moindre son, suppliant la petite fille de ne pas ouvrir la bouche.
« 'Ione ! »
Les épaules de la jeune sorcière s'affaissèrent. Pour une fois que sa cousine arrivait à prononcer un mot en sa présence...
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A son souvenir il n'y avait jamais eut de situations aussi étranges à l'intérieur de cette maison. Même pas le soir où Oncle Jack s'était travestit pour danser sur du Village People.
« Alors comme ça, vous êtes dans la même école ? »
Sourire rayonnant -et moqueur- aux lèvres, Fred dirigea son regard sur l'oncle de Hermione. Cette dernière, assise à côté du rouquin sur ordre de sa grand-mère, serrait les poings en réprimant son envie de meurtre. Elle avait eut le droit à la totale. D'abord sa cousine qui la trahissait, elle qui essayait de sauver les apparences en se sortant de sous la table au plus vite -se forçant à féliciter Emily de l'avoir trouvée et à dire que c'était à elle de compter maintenant-, Fred qui éclatait de son rire si envoutant et reconnaissable, fondait sur elle en deux pas rapides et l'embrassait à pleine bouche devant les yeux pétrifiés de son oncle et de sa grand-mère.
« En fait plus maintenant, je tiens une petite boutique, déclara Fred joyeusement.
-Une boutique ? Mais tu as quel âge mon garçon ? », s'étonna l'oncle Andrew.
Quand Fred leur dirait qu'il possédait une boutique de farces et attrapes... Hermione gigota sur sa chaise, mal à l'aise. Sa grand-mère qui observait consciencieusement le jeune homme lui fit passer son bol de chocolat et un comprimé.
« J'ai dix-huit ans. Enfin, dix-neuf bientôt. »
Hermione oublia de retenir un petit rire moqueur en voyant le frère de Ginny faire le paon.
« Bientôt, bientôt, encore quatre mois quand même, pouffa-t-elle.
-Au moins ça me laisse un an de plus que toi quoiqu'il arrive, répliqua Fred toujours aussi guilleret.
-Oui mais pour ce qui est du mental...
-Ah, j'oubliais que tu avais l'esprit d'une femme de quarante ans.
-Et toi celui d'un gosse de dix ans. »
Le jeune homme lui tira la langue, croisa les bras sur la table et soutint son regard, mutin. Hermione soupira en détournant les yeux. Pas besoin d'afficher sa mauvaise mine plus longtemps.
«Je pourrais être vexé si tu arrivais à parler comme il faut, fit remarquer Fred, mais en fait tu me fais tellement penser au professeur Flitwick que j'arrive pas à me concentrer. La taille en moins évidemment. Et le nez plus rouge... La voix plus grave aussi, mais sinon...
-Oh tais-toi !, siffla Hermione en lui tournant définitivement le dos. Je suis malade à cause de toi je te rappelles. »
Jason et Emily, affairés à déguster une part de gâteau, fixaient les deux jeunes gens dont leur cousine avec le plus grand intérêt. Andrew, lui, paraissait avoir subit un immense choc comme en témoignait sa mâchoire grande ouverte. Il n'y avait qu'Edlyn pour sourire légèrement.
Fred tendit la main par-dessus l'épaule de son ancienne camarade qui continuait de lui montrer son dos. Hermione regarda du coin de l'œil les doigts du jeune homme.
« Je m'excuse, soupira-t-il, je te promets de ne plus t'amener dehors comme ça. »
La brune accepta d'osciller sur sa chaise, Fred agita sa main comme s'il attendait qu'elle la lui serre pour signer la paix entre eux. Hermione fronça ses sourcils.
« Il n'y a pas que ça, persiffla-t-elle.
-Ah ? Qu'est-ce que j'ai fait d'autre encore ?
-Quand tu es parti tu as embarqué ma couette ! C'est Ginny qui m'a recouverte le matin. »
Fred leva la tête, pensif. A vrai dire la nuit où il était allé rejoindre la brune il ne se souvenait même plus être partit. Pourtant il se rappelait que son frère avait ordonné qu'il revienne dans sa chambre avant le lever du jour au risque que leur mère ne le fusille sur place en le voyant dans un lit féminin -celui de Hermione qui plus était. Vers les cinq heures du matin il s'était donc réveillé grâce à George venu le chercher et... Et effectivement il avait transplané directement du lit en emportant la couverture.
« Tu étais déjà malade de toute façon », finit-il par faire remarquer.
Hermione rejeta la main qu'il lui tendait toujours d'un geste blasé.
Andrew s'éclaircit la gorge assez bruyamment et les deux jeunes sorciers se tournèrent vers lui. Hermione rougit en se rendant compte qu'elle avait agit comme si Fred et elle avaient été seuls dans la pièce. Le jeune homme en revanche ne paraissait pas plus affecté que ça. Edlyn plissa ses yeux mais n'ouvrit pas la bouche.
« Vous tenez une boutique ou vous en dirigez la firme ? », reprit l'oncle de Hermione qui préféra ignorer ce que sous-entendait « Tu as embarqué ma couette ».
Fred ne comprit pas le sens de la question.
« Je la tiens, et je dirige la firme avec mon frère. Seulement ce n'est pas vraiment une firme. Nous n'avons qu'une seule boutique et nous comptons nous en tenir là, précisa-t-il avant d'ajouter: Ou bien peut-être que nous achèterons un prochain local.
-Surprenant, laissa échapper Andrew, Mais vous êtes anglais ? »
Le rouquin opina.
« Un problème d'héritage je suppose ? », insista son oncle et Hermione commença à manquer d'oxygène.
Elle n'avait pas dit grand-chose de sa famille à ses amis. Si elle avait eut le temps de glisser un « Y savent pas pour la magie » avant qu'Edlyn ne les fassent s'asseoir à table, Fred ne savait toutefois pas ce qu'ils étaient sensés être. A savoir une certaine élite britannique étudiant à l'étranger, dans un pensionnat de renommée internationale. Encore une idée lumineuse de son père qui n'avait pas trouvé mieux sous prétexte que son frère l'énervait au moment il comptait expliquer que sa fille unique allait entrer dans un pensionnat loin de Bristol.
« Héritage ? », tiqua Fred qui risqua un regard vers Hermione.
La brune se mordillait frénétiquement l'ongle du pouce, fiévreuse. Andrew se pencha, intéressé.
« A moins que vous n'ayez été un boursier vous aussi ?
-Boursier ?, répéta le rouquin piqué de curiosité pour ce que pouvait être un « boursier » moldu.
-Fred n'était pas boursier, seulement il a prit son indépendance plus tôt et il avait ses propres projets depuis le début de sa scolarité », éclata Hermione sans pouvoir s'en empêcher.
Elle éternua de suite après et Edlyn lui tendit un mouchoir sans quitter Fred des yeux. Le rouquin continuait à sourire cependant la meilleure amie de son frère voyait l'étincelle d'incrédulité qui brillait dans ses yeux et son envie de comprendre ce qu'il se passait. Il ne restait plus beaucoup de temps avant qu'il ne craque à son tour et pose toute sorte de questions qui paraîtraient loufoques pour des oreilles moldues.
« Et vos parents n'ont rien dit ? C'est quelle sorte de boutique que vous tenez là ? »
Fred commençait à s'impatienter. Lui était venu pour voir Hermione, s'assurer qu'elle allait bien, lui donner quelque chose et discuter un peu avant de repartir. Désormais il se trouvait au centre de l'attention et même si ce n'était pas pour lui déplaire il n'en connaissait pas assez sur les moldus pour être sûr de ne pas faire de gaffe. Et puis il y avait ce ton qu'avait l'oncle de Hermione pour parler de leur école, un ton qu'il n'appréciait pas. Lorsque ce type regardait sa nièce, Fred ne voyait que du mépris ou de l'envie.
Percy avait eut le même regard avant de trahir sa famille alors que celle-ci était au centre de la conviction d'un monde plus sûr et aimant pour les Weasley. Il comprenait mieux le propre comportement coincé de Hermione si elle avait vécu onze ans avec ce moldu là.
« Une boutique de tabac du monde entier. Surtout des cigares rares cubains. On vend un peu d'alcool aussi, et pendant les fêtes on s'est arrangé pour avoir un étalage de caviar », assura-t-il en se remémorant ce qu'avait raconté son père à propos de la mode alimentaire des moldus riches.
Hermione ouvrit de grands yeux. Se pouvait-il que Fred ait compris les pensées de son oncle ? Se pouvait-il qu'il ait seulement assimilé que son oncle le croyait riche héritier d'un ponte de l'industrie ? Elle l'observa discrètement et se calma. Non. Fred n'avait rien compris. Mais Fred n'appréciait pas Andrew, alors Fred jouait et se moquait... Pourtant Hermione n'arrivait pas à trouver ça déplorable.
« Tu as fini ton petit interrogatoire ? »
Tous avisèrent Edlyn qui s'était levée, menaçante.
« Va donc t'occuper de tes enfants, je voudrais parler un peu à Fred et Hermione », ordonna la petite vieille et Andrew se renfrogna avant d'obéir.
Jason délaissa à contrecœur sa cousine qu'il embrassa jalousement sur la joue en mitraillant Fred de ses yeux noirs -Fred tira de nouveau la langue alors que Hermione lui donnait un coup de pied sous la table- et Andrew prit Emily dans ses bras. Tous trois quittèrent la pièce sans un mot de plus et Edlyn se mit à chantonner en allant refermer la porte derrière eux. Hermione se raidit imperceptiblement. Sa grand-mère n'avait jamais été menaçante pourtant elle pressentait que quelque chose allait se passer.
Effectivement Edlyn se rassit à sa place et recommença à fixer Fred d'un air doux. Le jeune homme répondit sans ciller.
« En réalité, quel genre de boutique tenez-vous ? »
Si la question et la perspicacité de sa grand-mère surprirent Hermione, au contraire elles ne firent qu'amuser d'avantage Fred qui se rapprocha de la table en arborant une expression de connivence.
« Farces et attrapes, avoua-t-il d'un ton espiègle.
-Et ça vous prend souvent ces effusions quand vous rendez visite à votre petite-amie ?
-Ah ça -il ne tilta même pas aux derniers mots et coula un regard innocent à Hermione rouge de honte- j'en avais envie et j'en profite, d'ici quelques temps elle retournera à Poudl-aïe ! »
La brune venait de lui donner un violent coup de coude. Elle évita les yeux de sa grand-mère et se racla la gorge. Au moins, Fred avait compris le message. Ses parents et elle n'avaient jamais donné le nom du pensionnat où elle était sensée étudier. S'ils le faisaient, Andrew ou même Edlyn seraient bien capable d'aller se renseigner et grillerait ainsi la couverture de la brune.
« Je disais, reprit ce dernier en se massant les côtes, J'en profite puisqu'après je ne la reverrai pas avant un petit moment quand elle aura repris les cours.
-C'est bien, il faut profiter, concéda Edlyn en feignant de ne pas voir sa petite-fille se crisper à l'idée de devoir bientôt se séparer du jeune homme. Du thé ? »
Le fils de Molly et Arthur accepta volontiers et analysa la pièce en profondeur. Il y avait plusieurs objets étranges dont il ignorait le mode d'emploi et le but de l'utilisation. Si George avait été là ils auraient tout embarqué discrètement pour tout démonter, ensorceler ou copier. Le jeune homme adressa un sourire brillant à Hermione. Peut-être qu'il pourrait lui soutirer quelques informations et même l'amener à vandaliser la maison. Après tout sa grand-mère et son oncle -qu'il ne pouvait toujours pas supporter- ne devaient pas avoir besoin de tout dans cette baraque.
Hermione se retint de rire. Elle pouvait lire dans le regard intéressé de Fred comme dans un livre ouvert et elle le connaissait assez maintenant pour deviner ce qu'il pouvait penser. Edlyn coupa leur échange visuel, déposant une tasse sous le nez de son invité.
« Merci, pépia ce dernier.
-Vous m'intriguez Fred, affirma alors la vieille dame et le sourire du rouquin se fit plus malin.
-C'est ce qui fait mon caractère, l'intrigue.
-Vous êtes plus âgé que ma petite-fille... »
Petite-fille qui se sentie soudain exclue de la conversation, ce qui n'était pas pour lui plaire.
« … donc deviez être dans une classe supérieure. »
S'il y avait une question sous l'affirmation, Fred fut le seul à la cerner alors que Hermione sourcillait en peinant à comprendre, sa tête dodelinant légèrement au rythme de sa respiration saccadée. Un autre cachet ne lui ferait pas de mal.
« Hermione est la meilleure amie de mon petit-frère, ils sont dans la même année. Ça m'a permit de faire sa connaissance », répondit le jeune homme en toute honnêteté.
La brune se remémora alors sa rencontre avec les infernaux mais néanmoins géniaux jumeaux Weasley, peu après la cérémonie de répartition qui avait scellé son appartenance à Gryffondor. Fred et George, alors âgés de treize ans, ricanaient et se moquaient de leur frère cadet à trois places d'elle et elle n'avait pas été surprise de voir qu'ils montraient Ron du doigt, le petit rouquin qu'elle avait rencontré dans le Poudlard Express. Par la suite, elle ne savait plus trop comment elle en était arrivée à les fréquenter de plus en plus souvent. Sûrement parce que les Weasley étaient une famille unie et qu'au-delà des moqueries il ne se passait pas un jour sans que Fred, ou même Percy à l'époque, ne vienne demander à Ron s'il allait bien tout en adressant quelques mots à Harry et Hermione.
Et puis il y avait eut l'arrivée de Ginny, l'affaire de la Chambre des Secrets qui les avait tous encore plus rapprochés. Quand Hermione se replongeait dans ses souvenirs, quels qu'ils fussent, elle y voyait toujours les jumeaux dans un recoin d'une pièce ou d'un couloir. Quand elle parlait à Harry et Ron ils n'étaient jamais bien loin, lorsqu'elle s'asseyait près de Ginny, ils étaient tout près.
Peut-être que si les Weasley n'étaient pas aussi proches elle aurait pu éviter de tomber amoureuse de Fred... Hermione s'affaissa sur sa chaise, accablée. Au fond, si, si elle regrettait de l'aimer. Ou plutôt elle regrettait les circonstances qui faisait qu'elle l'aimait. Aimer un Weasley n'était jamais bien facile -la preuve pour Harry avec Ginny- mais quand en plus ce Weasley ne croyait pas aux sentiments plus forts que l'amour pour une famille ou des amis, ça relevait de la mission suicide. Elle finirait par se tuer si Fred continuait de jouer avec elle comme ça.
« Hermione ne nous parle pas de sa vie à l'école, je n'avais même pas connaissance qu'elle avait un meilleur ami, fit remarquer Edlyn et la brune se redressa, mal à l'aise.
-En fait elle en a deux !, raconta Fred facétieusement, Et je suis moi-même surpris qu'elle ait pu être aussi amie avec mon frère. Pour ainsi dire, Ron est un imbécile.
-Il prend exemple sur toi, intervint Hermione qui n'appréciait plus du tout d'être reléguée au rôle de sujet sans pouvoir avoir son mot à dire.
-C'est pour ça que tu m'aimes non ? »
Et voilà. Encore une fois il lui rabattait le clapet avant qu'elle ait pu ajouter quelque chose. Hermione fit mine de bouder à nouveau. Edlyn les observa tour à tour, songeuse.
« Maintenant que vous êtes revenu en Angleterre, ça doit être difficile pour vous. »
Hermione tira mentalement la sonnette d'alarme. Fred haussa un sourcil.
« Difficile ?
-Oui, Edlyn le contempla avec inquisition, Vu le nombre de miles qu'il y a entre l'école et l'Angleterre... Après tout vous ne vous verrez que pour les vacances. »
Fred faillit répliquer qu'il y avait certains week-end au cours desquels Hermione pouvait sortir et qu'après tout il pouvait transplaner à tout moment mais se réprima à temps. A ce qu'il comprenait, Hermione était sensée étudier à l'étranger. Génial, il ne parlait qu'anglais... Ah, grâce à Fleur il avait appris quelques mots de français - « Bonjour, je suis Fred ! » et « Voulez-vous coucher avec moi ? » - et puis George et lui s'étaient mis au japonais mais Hermione ne devait certainement pas avoir poussé le boursouflet jusqu'à dire qu'elle était inscrite dans un pensionnat à Tokyo.
« Ma famille, commença-t-il en choisissant scrupuleusement ses mots, est en bon terme avec le directeur de l'école. Du coup je retourne parfois à Pou... là-bas. »
Edlyn ratifia cette réponse d'un signe de tête puis soupira. Elle se tourna cette fois vers Hermione qui n'en menait pas large, souffrant d'un stress important que même en période d'examens elle ne ressentait pas.
« J'espère que tes parents sont au courant pour vous deux, parce qu'Andrew va s'empresser d'annoncer à toute la famille que tu es fiancée à un grand héritier. »
Fred s'étrangla avec la gorgée de thé qu'il venait d'ingurgiter, Hermione blanchit aussi vite que la lumière.
« Je ne suis pas fiancée avec lui ! », s'écria-t-elle vivement.
Sa grand-mère balaya cette affirmation d'un geste de la main aérien.
« Moi je le sais, pour ce qui est de ton imbécile d'oncle c'est une autre histoire. Voyez-vous, mon fils doit être du même genre que votre frère », rajouta-t-elle à l'attention de Fred.
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Lorsque Hermione pu enfin sortir de la cuisine en compagnie du rouquin elle remarqua qu'Andrew n'était plus dans la maison. Jason grimaça un vague « papa est partit faire des courses » avant de venir se suspendre à son bras non sans adresser un nouveau regard venimeux à Fred. Celui-ci ne s'en offusqua pas, bien au contraire, amusé de voir qu'un petit garçon haut comme six gnomes puisse faire de lui un rival. Juste pour l'embêter il s'empara d'ailleurs de la main de Hermione et l'attira contre lui en éjectant le pauvre Jason sur le canapé d'un petit geste de la jambe.
Dix minutes plus tard le bambin s'occupait de sa petite-sœur en lançant des œillades meurtrières à l'envahisseur et Hermione essayait de se calmer alors que Fred fouillait une à une les poches de son pantalon.
« Ah, voilà. »
La brune lui accorda un coup d'œil avant de renifler de façon tellement peu élégante qu'elle se demandait encore comment elle avait fait pour ne pas mourir de honte.
Fred lui tendit d'abord un petit flacon rempli d'un liquide rouge écarlate. Hermione l'avisa avec suspicion. Le garçon n'avait quand même pas fait tout ce chemin pour lui montrer sa nouvelle invention ?
« C'est de Maman », indiqua-t-il par la suite en constatant qu'elle répugnait à récupérer ce qu'il lui donnait.
Il s'assura que les cousins de sa compagne de jeu étaient trop loin pour l'entendre et que la grand-mère était toujours dans la cuisine avant d'ajouter :
« Même si tu ne la prends pas, Maman dit qu'elle se sentirait plus rassurée de savoir que tu as un peu de potion avec toi au cas où. D'ailleurs vu ton état je te conseillerai d'en prendre.
-On verra », éluda Hermione qui glissa la fiole dans sa manche, touchée par l'attention de Molly.
Elle se promit toutefois d'en boire une gorgée dès le soir venu si elle ne se sentait pas mieux d'ici là. Fred lui tendit alors son autre main, tête penchée sur le côté, adorable, mignon, peut-être même un peu sexy, séduisant, charmeur, et toute sorte d'autres adjectifs que la brune ne put s'empêcher de penser.
Les jumeaux s'étaient toujours distingués des autres garçons Weasley par leur aura attractive. Bill et Charlie étaient plutôt beaux garçons, Percy se montrait moins charmeur mais pas laid non plus et Ron était mignon quand il râlait. Mais les jumeaux c'était autre chose. En leur présence on avait envie de plaire, de jouer avec eux -sans quoi elle n'aurait certainement pas accepté la proposition de Fred-. On voulait être la cible de leurs farces tant qu'elles n'étaient pas méchantes, rire en même temps qu'eux ou encore se faire charmer. Contrairement aux autres on ressentait le besoin d'aller vers eux alors qu'ils n'étaient pas les plus beaux ni les plus populaires élèves de Poudlard.
Hermione s'arracha de ces pensées à contrecœur et haussa un sourcil. Fred retourna alors sa paume vers le ciel et ses doigts s'ouvrirent lentement, laissant voir une boite rectangulaire.
« Tiens, lui intima-t-il et la jeune fille s'exécuta.
-Qu'est-ce que c'est ?, demanda-t-elle tout de même avec méfiance.
-La nouvelle invention du magasin. Enfin, le prototype. »
Ce qui ne la rassurait pas d'avantage. Fred éclata de rire en la voyant si prudente.
« Rien ne va te sauter à la figure et tu crois vraiment que je te donnerai quelque chose de dangereux ou de trop magique en présence de moldus ? »
Il désigna Jason qui avait relevé la tête en entendant le rire du jeune homme. Hermione acquiesça, sourcils froncés. Fred était une tête brûlée mais pas au point de vouloir faire face au ministère de la magie en cas de déraillement. Elle ouvrit donc la boite avec moins de précaution et resta stupéfaite devant le petit engin à mi-chemin entre un de ces nouveaux téléphones portables moldus qu'on voyait à la télévision et un minuscule hibou ressemblant à s'y méprendre à Coquecigrue. La tête plumée cependant n'était pas vivante et restait figée.
Fred lui prit l'appareil des mains avant qu'elle n'ait eut le temps de l'observer plus en détails et, extrêmement fier, le brandit devant son nez.
« Ceci est le tout nouveau Coqtable !, déclara-t-il, pimpant.
-Le quoi ?, s'ahurit Hermione en resserrant la couverture sur son corps.
-Le Coqtable. Avec George on a travaillé des nuits dessus et toi et moi sommes les seuls détenteurs du prototype. On en est les testeurs en quelque sorte. »
Il lui refourra son invention dans les bras et Hermione effleura un clavier alphabétique sur le ventre du hibou en plastique.
« On s'est inspiré des félétones moldus.
-Téléphones, rectifia la brune machinalement.
-C'est la même chose. Donc ! A la place de ce que vous appelez récan...
-Écran.
-Tu comptes m'interrompre longtemps ? », s'arrêta-t-il en feignant d'être irrité.
Hermione haussa une épaule, taquine.
« A la place de ce vous appelez écran, articula Fred par la suite, on a ensorcelé le téléphone de façon à ce que quand tu aies fini de taper ton message et que tu l'aies envoyé, il apparaisse magiquement et directement sous le nez de ton destinataire. Comme ceci... »
Il sortit un autre Coqtable de sa poche, tapota quelques touches et Hermione sursauta lorsque le sien se mit à vibrer et qu'une toute petite enveloppe s'extirpa du bec du hibou venant de se réveiller. L'enveloppe, bien réelle à son grand étonnement, s'ouvrit dans les airs et un message s'afficha devant elle.
De: Fred
A: Prototype 2
Fred est un génie !
Hermione leva l'index et effleura le message qui s'évapora dans la seconde. Dans un autre sursaut elle s'assura que Jason et Emily ne regardaient pas dans cette direction puis s'en retourna à Fred. Elle savait déjà que George et lui étaient de purs génies malgré l'emploi de leur intelligence à des fins moins honorables mais elle ne s'était pas attendue à tant de leur part.
« C'est plus rapide que de s'envoyer un hibou et quand on n'a pas de cheminée à disposition ou qu'on ne peut pas transplaner, c'est bien plus facile pour délivrer un message », poursuivit Fred qui rangea son Coqtable et continua à sourire.
La brune ne put que hocher la tête, estomaquée. Elle retirait tout ce qu'elle avait pu dire à propos de jumeaux immatures et stupides ces six dernières années.
« Mais comme c'est notre première invention de ce genre, qui mêle technologie moldue et sortilèges magiques, on ne sait pas si le Coqtable peut être utilisé sur du long terme ou si on doit le considérer comme un jouet éphémère. C'est là que tu rentres en jeu ! »
Il lui décocha un clin d'œil, elle y répondit d'un sourire plus sincère que tous ceux qu'elle avait pu faire depuis qu'il était arrivé chez sa grand-mère.
« Je commence à en avoir marre de devoir attendre trois heures avant que mon hibou revienne avec ta réponse alors le Coqtable peut s'avérer bien pratique. Et puis tu peux considérer ça comme un devoir. Si un détail te chiffonnes à propos de l'utilisation de ce téléphone magique ou si tu souhaites apporter une amélioration tu la notes quelque part et George et moi on en discutera. »
Son plaidoyer était parfait et bien mené. Hermione était même persuadée que les jumeaux avaient dû y travailler soigneusement avant de laisser Fred venir la voir. Elle était désormais ravie d'avoir affaire à une nouvelle expérience instructive loin des dangers et des menaces qui pesaient sur son monde d'adoption et encore plus enchantée d'avoir un nouveau moyen de communication qui lui permettrait de parler à Fred plus souvent. Ce fut d'ailleurs avec honte qu'elle pensa à ce second privilège.
Comment voulait-il qu'elle cesse de l'aimer si à chaque fois il revenait en souriant et en lui donnant l'opportunité de rester avec lui plus encore ? Ah oui, il ne pouvait pas vouloir qu'elle arrête de l'aimer puisqu'il ne le savait pas.
« Je t'ai mis le manuel d'utilisation dans la boite de messagerie, indiqua le jeune homme sans remarquer le trouble de la brune, et puis tu peux modifier plein de trucs. Enfin, je te laisse le découvrir par toi-même... Je vais devoir rentrer ou George va me tuer. »
Le cœur de Hermione se souleva à l'idée d'être à nouveau seule dans cette famille alors que Fred allait pouvoir retrouver son jumeau et peut-être dîner au Terrier en compagnie de Harry, Ron et Ginny. Sans doute était-ce dû à sa mauvaise grippe toujours fut-il qu'une grosse larme dégoulina soudain sur la joue de la jeune fille et qu'elle n'eut guère le temps de l'essuyer avant que Fred ne la voit.
Les yeux du rouquin s'écarquillèrent de surprise et Hermione tenta vainement de se débarrasser de cette goutte salée en ricanant nerveusement.
« Désolée, souffla-t-elle une fois le visage de nouveau sec.
-Quelque chose ne va pas ? »
Fred s'était rapproché d'elle discrètement, la brune secoua la tête en espérant qu'il ne la trouve pas plus faible et affligeante qu'elle ne l'était déjà. De toute façon comment pourrait-il comprendre qu'elle puisse être triste et envieuse par rapport à lui ? Après tout elle était en famille elle aussi et c'était horrible de penser du mal des siens... Seulement Andrew n'était plus cet oncle qui la taquinait et Edlyn s'occupait d'avantage des petits que de sa petite-fille aînée. Ceci en plus de son sentiment de ne pas être à sa place... Mais Fred ne comprendrait pas.
Hermione inspira profondément, s'efforça de paraître impassible et agita le Coqtable sous leurs nez.
« Merci pour ça, je m'en servirai une fois revenue à Poudlard », élabora-t-elle d'un ton dégagé en omettant sciemment de répondre à la question du jeune homme.
Ce dernier parut dubitatif.
« 'Mione, tu peux t'en servir dès ce soir si tu veux, murmura-t-il, tu peux aussi me dire si quelque chose te tracasse. D'accord on joue mais je reste ton ami.
-Si tu veux m'aider, supprime donc ce contrat entre nous, railla-t-elle en se félicitant d'être si souriante dans un moment pareil.
-Ah ça jamais ! Et tu dois toujours larguer Finnigan à la rentrée, je compte sur toi. »
Hermione soupira mais n'objecta pas, c'était peine perdue avec un des jumeaux. La porte d'entrée s'ouvrit bruyamment, son oncle devait être rentré. La jeune fille vit soudain Fred amorcer un mouvement pour se lever et son cœur fit une violente embardée.
Si cette fois Hermione parvint à retenir ses larmes, elle ne contrôla pas ses gestes. Son bras se leva vivement et sa petite main agrippa le pull du rouquin. Elle baissa la tête, penaude, ne souhaitant pas vraiment voir la réaction de Fred, et attendit en entendant des bruits de pas venir vers le salon. Fred s'était immobilisé et elle se demandait ce qu'il pouvait bien penser à présent. Peut-être devrait-elle dire en riant qu'elle ne se sentait pas bien, qu'il fallait excuser son comportement ?
Fred hésita, partagé entre l'envie de prendre immédiatement Hermione contre lui et la laisser pleurer ou fuir d'ici le plus vite possible justement pour ne pas la voir pleurer. Il avait les mêmes sentiments quand il s'agissait de Ginny. Voir une fille pleurer l'insupportait, surtout lorsqu'il en était proche. Pourquoi 'Mione pleurait-elle ? Pourquoi ne parlait-elle pas ? Qu'est-ce qu'elle avait ? Qu'est-ce qu'il se passait ? Il était tellement impuissant que c'en était rageant. Fred devinait que cette situation n'était pas sans rapport avec la famille de la brune, il avait bien vu les tensions et la distance entre tout ce beau monde, et si le problème venait bien de là il ne savait pas ce qu'il pouvait faire pour elle. Il n'allait quand même pas transplaner immédiatement au Terrier avec Hermione sur une supposition et devant des moldus !
Le jeune homme observa les cheveux de la brune et grimaça lorsqu'il remarqua que deux gouttes salées venaient d'échouer sur la couverture dont elle s'était enroulée. S'il s'agissait de Ginny, il resterait. Alors il resta.
« Tu as jeté un coup d'œil à tes cadeaux de noël ? »
Hermione redressa la tête et se mordit la lèvre inférieure. Elle lui fit comprendre que non dans un regard tout en sentant les larmes dévaler le long de ses joues. A travers cet épais rideau de pluie abondante elle eut tout le loisir de voir le rouquin se réinstaller tout contre elle, lui passer un bras autour des épaules pour la rapprocher de lui et sourire gaiement.
« Ron ne s'est pas foulé, pour changer. Celui de Ginny devrait te plaire et Harry s'est montré très original je trouve. Quant à George et moi, je te laisse l'heureuse surprise. En ce qui concerne Maman tu dois bien t'en douter. Tu sais que recevoir un pull tricoté de sa part c'est signer ton entrée définitive dans la famille Weasley ? Après tout Harry et toi, c'est comme si vous étiez de la fratrie. La porte te sera toujours ouverte. »
L'adolescente comprit qu'il avait en quelque sorte deviné le pourquoi de tant de pathétique et, touchée, enfouit son minois humide contre le torse du rouquin. C'était la deuxième fois de sa vie qu'elle se montrait ainsi vulnérable face à lui. Plus elle grandissait plus elle devenait expressive. Où était passée la forte et insupportable miss-je-sais-tout ?
« Si tu veux revenir à la maison... », reprit Fred et sa main caressa l'avant-bras de la jeune fille.
Andrew entra dans la pièce à cet instant et Fred l'avisa un court instant avant d'avoir un gigantesque sourire.
« Je suis désolé mais je crois que je vais vous emprunter Hermione pour la fin de ces vacances. Ma famille avait organisé une grande fête pour le nouvel an et j'aimerais bien pouvoir profiter de 'Mione un peu plus longtemps ! »
Jason lâcha un feutre et Andew sourcilla, mécontent.
« Elle..., commença-t-il avant d'être coupé par l'arrivée d'Edlyn.
-Je suppose que Hermione sera beaucoup plus heureuse près de vous qu'ici !, déclara joyeusement la vieille dame.
-Mais...
-Drew, tu obliges Hermione à rester dans sa chambre, c'est comme si elle n'était même pas là. Et puis ce soir avec toute la famille qui va débarquer, Mimione risque de se sentir encore plus mal... Emily, ma puce, on ne dessine pas sur les murs de Mamie. »
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A suivre...
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Hou que c'est impoli de kidnapper une jeune fille sans défense ! XD
Oui, bon, Hermione n'est pas sans défense et malheureuse, mais à la place de sa grand-mère j'aurai pas voulu qu'on m'enlève ma petite-fille comme ça... M'enfin, comme vous l'aurez remarqué Edlyn est assez spéciale comme mamie ^^
Pour ce chapitre je me suis un peu lâchée, il est beaucoup plus long que d'habitude et j'avais prévu de rallonger plus lentement :/ J'espère juste que ça ne vous a pas dérangé mais je tiens à souligner que les prochains chapitres feront sans doute cette taille en moyenne. Un chapitre donc concentré sur la vie moldue de Hermione. Si vous faites bien attention, vous constaterez que de « meilleure amie de mon frère » Hermione est passée à « partenaire de jeu » et à présent « personne assez importante pour que je la protège » dans le cœur de Fred xD On va ramer encore un petit peu et elle deviendra la « number two après Alicia » /o\ (En fait je ne plaisante qu'à moitié).
Prochain chapitre: Happy New Year au Terrier; Une visite dans le lit de Fred; Retrouvailles avec Neville et Seamus; Fred pète une durite et correspondance via le Coqtable !
A bientôt les gens ^^
