Chapitre Dix
Siler me fit un rapport dix minutes plus tard pour dire que tout était OK. Avec cette nouvelle, je suis capable de restaurer le système assez rapidement. Je dois effectivement mentionner l'utilisation des back-ups à Hammond, mais étant donné que l'invasion alien, la tentative d'invasion, l'attaque, ou ce que vous voulez, est déjà arrivée, il n'est pas contrarié. Il est juste heureux que presque tout soit réparable et, bien que quatre d'entre nous allions passer la nuit à l'infirmerie, les blessures étaient relativement mineures.
Jack ne fait la sieste que pendant une heure et je me rends compte après coup que son comportement grincheux pouvait s'expliquer par un besoin impérieux d'une sieste. Néanmoins, il montre rapidement des signes d'ennui absolu avec ce que je fais, mais il semble relativement satisfait de simplement me regarder. Je lui souris. Au moins je sais que son obsession de moi est réelle et complètement naturelle. Je crois que Daniel avait raison à propos de nous étant des âmes sœurs, non pas que je répéterais moi-même une telle théorie non scientifique à Jack.
« Tu t'ennuies, John ? »
Il hoche gravement la tête.
« J'ai encore beaucoup de travail à faire. Veux-tu aller jouer pendant que je travaille ? » J'espère qu'il ira avec Teal'c de son plein gré.
Il secoue la tête tout aussi gravement.
« Alors tu auras à t'ennuyer jusqu'à ce que j'ai terminé. »
Il boude. C'est adorable. Pas nécessairement plus que quand il boude quand il est adulte, mais d'une manière totalement différente. « Je veux jouer avec toi. »
Je me tourne vers Teal'c qui est assis tranquillement à côté de moi, pour une raison ou une autre fasciné par un manuel périmé de l'Air Force qu'il a trouvé. « Hé, Teal'c ? »
Teal'c lève lentement la tête, comme si ce qu'il lit est le roman le plus captivant jamais écrit. C'est à peine s'il arrive à détacher les yeux du manuel pour me répondre. « Oui, Major Carter ? »
« Daniel a des marqueurs dans son labo. Pourriez-vous aller les chercher et un bloc pour que le colonel joue avec ? » Peut-être que Jack ne pose pas autant de problème à trois ans que moi, mais un enfant qui s'ennuie est un enfant qui s'ennuie. Il est préférable de l'occuper.
Teal'c acquiesce, posant à contrecœur le manuel qu'il lisait. Quand je me retourne vers Jack, il regarde fixement Teal'c, essayant d'imiter le célèbre haussement de sourcil. Je glousse en le regardant, simplement parce que je le peux. Il me regarde, son visage se fendant d'un grand sourire.
Je n'ai jamais été attirée par les enfants, vraiment. Les enfants ont une imagination folle, et pas vraiment utile contrairement à mes propres folies, et je n'arrive jamais vraiment à comprendre ce qu'ils racontent. J'ai toujours été un membre efficace et productif de la société, du moins depuis que j'ai atteint l'âge de raison, et j'ai toujours pensé qu'avoir un enfant ne ferait que me ralentir. Mais l'adoration dans les yeux de Jack en ce moment, la façon dont je le sens se blottir dans mes bras, eh bien, ça me donne envie d'avoir un bébé à moi. Je serre étroitement Jack dans mes bras, aimant la façon dont ses bras se serrent en réponse.
Teal'c revient, me tendant les marqueurs et des feuilles volantes. « Je n'ai pas pu localiser de bloc de papier ne contenant pas les notations de Daniel Jackson. J'ai pensé sage d'en trouver d'autres. »
« Bonne idée. » Car Daniel n'aurait pas été trop dérangé que Jack dessine partout sur ses notes irremplaçables. C'est ça. Et Walter ne plaisantait pas, non plus, à propos des zèbres en tutu.
J'installe Jack sur un autre fauteuil, le laissant s'amuser pendant que je commence à lancer les diagnostiques, vérifiant une nouvelle fois que tout est fonctionnel. Il dessine une série d'avions, ou ce qu'il clame être des avions, et annonce qu'il va être pilote un jour. Et dire que je pensais que j'étais la seule à savoir ce que je voulais faire pour vivre quand j'avais trois ans et me retrouvais à le faire pour de vrai.
« Bien, John, j'ai presque fini ici. Nous pourrons aller jouer dans une minute. »
Jack saute sur son fauteuil. « Yay ! »
La voix de Daniel se fait entendre derrière moi. « Comment se fait-il que vous ayez obtenu la permission de partir ? Janet insiste pour que je passe la nuit ici. »
Je me tourne pour lui faire face, assez amusée de voir qu'il n'a pas réussi à éviter la crème blanche contre les brûlures, car elle est généreusement badigeonnée sur son visage. « Ce n'est pas que j'ai obtenu la permission, mais plutôt que je ne l'ai pas demandée. Si je ne reviens pas dormir à l'infirmerie cette nuit, Janet me fera chercher par tout le personnel de la montagne. » Je regarde le front de Daniel se rider et me rend compte qu'il n'écoute pas.
« Est-ce que ce sont mes marqueurs ? » Il en ramasse un que Jack a laissé tomber par terre et retire le bouchon pour révéler la pointe écrasée. « Sam ? »
Je jette un coup d'œil à Teal'c. Il me regarde pendant une milliseconde puis retourne à son manuel. Je hausse les épaules. « Je ne sais pas d'où ils viennent. » Car, techniquement, je ne suis pas absolument sûre qu'ils viennent de son bureau donc ce n'est pas exactement un mensonge. Malheureusement, je ne suis pas très douée à tromper intentionnellement les gens.
« Je les utilise pour représenter avec précision les artefacts et les structures que nous ne pouvons pas bouger ou qui ne se photographient pas bien. C'est une partie importante de mon matériel de référencement. »
« Danny, vous pleurnichez. »
« J'ai une blessure à la tête. »
« Moi aussi. Je vous en achèterai de nouveaux. Prenez un siège. » Il commence à donner des signes d'instabilité sur ses pieds, mais je suppose que cela a beaucoup à avoir avec le fait qu'il ne cesse de se baisser pour ramasser les marqueurs abandonnés un par un.
Il fait un rapide tour d'horizon. « Où ? »
Effectivement, il n'y a plus de siège disponible. Je suis sur le point de suggérer qu'il prenne le mien puisque je prévois de partir, mais Jack saute de son fauteuil et regarde Daniel.
« Assis ici. » Nous sommes sidérés alors que Jack grimpe sur mes genoux une fois de plus. Il me montre son dernier gribouillage. « J'ai fait ça pour toi ! »
Je ne peux même pas faire ooh et aah sur le chef-d'œuvre artistique. Je suis trop impressionnée par sa récente incursion dans le domaine de l'altruisme. « John, c'était très gentil à toi de donner ton fauteuil à Daniel. »
Jack me surprend encore une fois en se tournant et tendant ses bras vers Daniel. Aussi stupéfait que moi, Daniel laisse un Jack soudain affectueux le serrer dans ses bras, « Merci, Danny. »
Daniel lève les yeux sur moi. Je hausse les épaules. Ca doit être la blessure à la tête. Il regarde à nouveau Jack. « De quoi ? »
« Tu as sauvé Sam. » Jack me tend à nouveau les bras et j'en suis heureuse. Je n'aime pas la jalousie qui a éclaté à la pensée d'être remplacée.
Daniel semble confus tout comme moi et nous nous tournons silencieusement vers Teal'c. Tea'lc n'a même pas à lever les yeux pour savoir que nous attendons une réponse de sa part. « Daniel Jackson a poussé le Major Carter et le jeune O'Neill hors de la trajectoire durant l'attaque. »
Je vérifie avec Jack qui hoche énergiquement la tête. « Alors effectivement, merci, Daniel. » Ca explique effectivement pourquoi Jack et moi n'étions pas plus grièvement blessés. Je jette un coup d'œil à l'écran de l'ordinateur, lequel affiche le succès du dernier test que j'ai fait. « Sur ce, les garçons, Jack et moi partons. »
Jack glisse par terre pendant que je regroupe mes dossiers et ses dessins. Il est déjà à la porte menant au couloir, impatient de s'amuser. Je suis impatiente moi-même, mais le colossal mal de tête m'empêche de sauter comme Jack.
« Pas si vite, Major. » La voix de Hammond flotte jusqu'au bas des marches, devançant son corps.
Je fais une grimace à Jack dont le visage triste regarde maintenant la personne qu'il préfère le moins sur Terre s'approcher de nous. Je crois que je pourrais pleurer.
« J'aimerais avoir les membres de SG1 pour un bref débriefing relatif aux évènements de ce jour. »
Je veux vraiment dire quelque chose d'intelligent, de grossier et de sarcastique, mais rien ne me vient à l'esprit. Je souris simplement. « A vos ordres, monsieur. »
Jack frappe du pied, plante ses mains sur ses hanches, et dévisage le général. « Oh pour l'amour du ciel ! »
