Chapitre 10-L'ange et le seigneur du temps

Sommaire: Ce paragraphe parle surtout du Docteur (il s'agit tout de même d'un crossovers Docteur who/supernatural même si je le considère plutôt comme un crossover Doctor who/Torchwood/Supernatural).

Warning: Un soupçon de Destiel

Une semaine plus tard, les survivants s'étaient adaptés à leur nouvel environnement. Jacob allait mieux, mais William le vieux médecin avait succombé à la maladie. Castiel ne l'avait pas ramené parce que c'était son heure. Les Winchester lui en voulaient et ils n'était pas les seuls, les survivants de leur groupe aussi.

Castiel était à l'extérieur et regardait le ciel. Il ne comprenait pas pourquoi les humains étaient si prompts à lui en vouloir. Il faisait de son mieux, mais on aurait dit qu'ils ne voyaient que ses erreurs et pas ses bons coups. Il avait sauvé Malik, libérer Gabriel, détruit un groupe de démons qui connaissait leur emplacement et empêcher le Veilleur de s'enfuir. Ce n'était pas suffisant. Tout ce que Dean et Sam avaient retenu, était qu'il n'avait pu sauver William. Il sentait la colère gronder en lui. La colère était un sentiment qu'il connaissait hélas plutôt bien. Donner des coups de bottes sur les amoncellements de neige l'apaisa quelque peu, mais pas suffisamment.

Il se demandait si Gabriel n'avait pas raison de dire que les humains étaient ingrats et égoïstes. Qu'ils ne pensaient qu'à eux-mêmes et à assouvir leur instinct de destruction. La même question revenait sans cesse dans son esprit : Pourquoi Père les aimait-il autant ? Il avait envie de fuir, tout tenter pour libérer ses frères et revenir au paradis pour y rester. Il n'avait rien à gagner à sauver les humains. Il préférait sauver les animaux. Ils n'étaient pas reconnaissants, mais au moins ils ne le blâmaient pas s'il avait oublié l'un des leurs quelques parts. Les animaux ne pouvaient pas être reconnaissants. Ils n'avaient pas cette capacité en eux, contrairement aux humains.

« Père je suis désolé de vous décevoir, mais ils ne méritent pas mon aide. Mes frères ont raison. Je le ferai si tel est votre désir, mais plus par compassion. »

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Il sentit une présence s'infiltrer dans ses pensées. Il ne la bloqua pas, attendant. C'était le Veilleur. Il ne disait rien. Il ne lui envoyait que des souvenirs, ses souvenirs : Cette jeune fille absorbant l'énergie du vortex pour libérer la Terre d'une invasion extra-terrestre. Martha parcourant la Terre malgré le froid et la faim pour prêcher les paroles du Docteur et aider l'humanité à le libérer. Jack sacrifiant son petit fils pour que des millions d'enfants puissent vivre. Cette femme rousse qui avait sauvé un monde étranger de l'esclavage causé par sa propre espèce : les humains. Plusieurs souvenirs du même genre, mais à plus petite échelle. Il avait accepté d'affaiblir le mur dans sa tête pour lui montrer ces images. Pour lui rappeler qu'il y avait aussi du bon chez les humains. Castiel en était très touché. Il se rappelait Jack qui l'avait considéré comme un ami dès son arrivée. Sam qui lui avait offert son aide lorsque les Léviathans le brûlaient de l'intérieur. Pourquoi n'avait-il aucun souvenir de ce genre à propos de Dean ? D'autres souvenirs du Veilleur lui parvenaient. Un peu plus erratiques. Tous à propos de Martha. Ce fut bientôt chaotique et il sentit une douleur aigue dans sa tête. Ce n'était pas sa douleur, mais celle du Docteur. Son mur s'écroulait. Il se téléporta à ses côtés alors qu'il hurlait de douleur. Il était assit sur un des lits de la clinique pendant que Martha lui faisait ses examens de santé habituels.

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Martha avait reculé, se demandant ce qu'elle avait bien pu faire de si horrible pour qu'il hurle autant. Castiel était apparu comme s'il avait senti que quelque chose se passait. Ce qui était probablement le cas. Il hurla pendant de longues minutes, puis se leva pour courir aux toilettes.

« C'est ma faute. Je m'en occupe, » lui dit Castiel.

Il alla le rejoindre.

Le Docteur hurlait encore puis, ses cris se transformèrent en ce qui lui semblait être des sanglots qui durèrent un bon moment également. Elle se décida à aller voir une fois qu'il semblait s'être calmé. Il était appuyé contre l'ange qui s'était accroupit à ses côtés pour le serrer contre lui. Un geste avec lequel il avait toujours semblé mal à l'aise. Le Docteur était trempé de sueur et toujours souffrant, mais beaucoup plus faibles à présent.

« Le mur dans sa tête commence à s'écrouler. Il se souvient de vous, » lui dit l'ange.

Elle s'agenouilla devant le Docteur, ébranlée.

« Docteur, je suis désolée, dit-elle en lui prenant la main.

- Martha, ça fait mal, » lui dit-il.

Elle ne pu retenir ses larmes en l'entendant enfin parler.

« Je suis tellement désolée. Docteur.

- Je veux dormi, » dit-il incapable d'arrêter de gémir de douleur.

D'un geste doux, Castiel l'endormi et le déposa sur un des lits de la clinique.

« Pourquoi êtes-vous désolée ? lui demanda l'ange.

- Je ne sais pas. Il me voit tout les jours. Ça lui rappelle nos aventures, j'imagine.

- Ce n'est pas de votre faute. Vous n'êtes d'aucune façon liée aux souvenirs qu'il a voulu mettre derrière ce mur. Il a vécu bien des choses depuis votre dernière rencontre.

- Je sais. Est-ce qu'il est correct ?

- Je l'ai endormi pour quelques heures, mais j'ignore dans quel état il sera à son réveil. Peut-être hystérique ou très calme. Il est possible qu'il continue à être Legolas un moment. Je ne sais vraiment pas.

- Pouvez-vous rester près de lui ? Le surveiller.

- Je peux l'amener à sa chambre puisque vous avez du travail. Je vais rester près de lui.

- Merci Castiel. »

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Castiel demeura à ses côtés et arrivait facilement à capter ses pensées vu son état. Il n'allait pas être calme à son réveil, il en était certain. Il devait fréquemment poser sa main sur la tête du Seigneur du Temps pour calmer un peu le flot ininterrompu de ses émotions violentes. Il y avait de la peur, de l'horreur, de la terreur et de la panique. Les souvenirs qui lui parvenaient maintenant n'avaient plus rien à voir avec Martha. Ils étaient beaucoup plus sombres : l'apocalypse, la perte de ses amis, la torture que lui avait fait subir les Léviathans. Et surtout, cette fameuse culpabilité qu'il retrouvait également en Dean, en Jack et à l'intérieur de lui-même.

L'un de ces souvenirs des plus terrifiants était la mort elle-même. Celle à laquelle Gabriel l'avait arraché contre son gré, par deux fois. La deuxième fois il l'avait sorti du paradis pour le ramener dans ce corps agonisant sur la Terre. Le Docteur lui en voulait pour ça, même s'il ne s'en apercevait peut-être pas. Les Winchester aussi avaient été arrachés du paradis. Pour une raison que Castiel ne comprenait pas, le Seigneur du Temps en était profondément bouleversé, contrairement aux deux frères. Il avait résisté de tout son être, pour ne pas être ramené à la vie, mais Gabriel était plus fort que lui.

Le Docteur vivait difficilement cette frustration, cette impuissance. Les Winchester avaient été ravis d'être revenus et n'en gardait aucune séquelle psychologique. Même s'ils se souvenaient de l'expérience. Le Docteur aussi, mais Castiel pensait que dans son cas, il aurait été préférable qu'il oublie. Il ne pouvait rien faire, mais Gabriel oui. Il lui devait bien ça. Contrairement aux humains, les Seigneurs du Temps avaient énormément de difficulté à accepter la vie après la mort, le surnaturel et tout ce qui avait une dimension spirituelle. Ils ne croyaient même pas en leur propre âme ! La réaction du Docteur n'était peut-être pas si étonnante.

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Martha était inquiète. Il n'avait eu aucune réaction durant toute la semaine, alors qu'elle l'examinait tous les jours. Il avait sa propre chambre comme tout les rescapés. Il s'agissait de très petites pièces ne contenant qu'un lit simple, une commode et une table de chevet. Au moins, tous pouvaient avoir un peu d'intimité. La première nuit qu'ils avaient passée dans leur chambre, Gwen avait été surprise de constater que, durant la nuit, ils s'étaient regroupés. Aucun de ces nouveaux survivants n'était resté seul dans sa chambre ! Par ce phénomène Gwen pouvait voir qui s'entendait mieux avec qui. Comme elle s'y attendait, le Docteur avait rejoint les frères Winchester. Tout les trois dans la minuscule chambre de Sam.

Ces gens avaient préféré dormir par terre, mais avec d'autres que dans un lit, mais seul. Même chose la deuxième nuit. C'était seulement à la troisième que certains étaient restés seul comme Dean, laissant Samy seul avec le Docteur, mais Martha n'était pas en mesure de savoir s'ils couchaient toujours ensemble. Gwen et Jack avaient sûrement essayé d'écouter et lui auraient dit s'ils avaient entendu quelque chose.

Les murs n'étaient pas ce qu'il y a de plus isolé, tous savaient pour Zoé et Dean le quatrième soir. Les cinq anciens rescapés aussi dormaient dans ces petites chambres. Martha et Gwen avait une plus grande chambre ayant toutes les deux un conjoint. Jack aussi puisqu'il était le patron de Torchwoodsa chambre était également son bureau. Toute l'équipe avait une meilleure chambre que les survivants. Il faudra aussi en trouver une pour les Winchester, puisqu'ils étaient maintenant membre de l'équipe.

Après avoir examiné ses quelques patients, elle rejoignit Jack dans le garage avec Dean. Il l'initiait à la mécanique de véhicules extra-terrestres ou futuristes. Sam était là également, par simple curiosité. Elle leur expliqua ce qui s'était passé avec le Docteur et qu'à cause de cela, il redevenait la priorité numéro un. Personne ne savait comment il allait réagir en se réveillant, pas même Castiel qui était présentement à ses côtés.

Lorsqu'elle remonta, il hurlait, mais sans chercher à fuir ou à attaquer quelqu'un. Il ne faisait que hurler en se tenant la tête. Martha avait jadis préparé un analgésique compatible avec les Seigneurs du Temps. Le Docteur lui-même lui avait donné la recette. Elle l'avait toujours, mais devait le préparer, ce qui lui prit une bonne heure. Il n'avait cessé de hurler durant tout ce temps. Une fois qu'elle lui injecta, il se calma, mais ne s'endormit pas. Il tremblait.

« Il faut qu'il mange, lui dit l'ange. Ils l'aidèrent à sortir de la chambre et le firent manger, mais il était incapable d'avaler plus de trois bouchées sans le rejeter. Il se libéra de leur emprise et se mit à parcourir la pièce frénétiquement en criant trois noms : Amy, Rory et River. Il cherchait ces personnes et allait traverser tout le complexe et même en sortir s'ils ne l'arrêtaient pas. Bien que ça ne lui plaisait guère, Martha décida de le placer en isolement, pour sa propre sécurité.

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Il passa trois jours à hurler ainsi sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit pour l'aider. Comme il ne gardait rien, Martha le mit sous perfusion et Castiel l'endormait régulièrement pour quelques heures. L'ange était à ses côtés 24 heures sur 24. En apparence, il ne faisait rien, mais en réalité il communiquait régulièrement avec lui par télépathie. Martha surveillait son état physique qui se détériorait. Jack et Dean l'avaient vu une fois. Ils étaient incapables de le voir dans cet état. Ils étaient partis chasser des démons un peu trop près de leurs frontières. Sam lui avait rendu visite tous les jours. Comme Castiel, il arrivait à communiquer par télépathie avec lui. Beaucoup moins que l'ange, mais assez pour le rassurer et le réconforter.

Le quatrième jour, il était plutôt amorphe et ne semblait même pas les reconnaître. Plus tard ce jour là, Jack vint le voir et le Docteur l'embrassa. Il ne résista pas au baiser bien sûr, mais quand le Docteur poussa l'étreinte plus loin, il trouva cela inhabituel. Il en avait grandement envie, c'était la réalisation de son plus grand fantasme, mais il l'arrêta. Il accepta tout de même de le serrer contre lui et son cher Docteur fondit en larmes dans ses bras. Jack faillit faire de même, ça le bouleversait de le voir ainsi. Quand Castiel reprit son poste auprès du Docteur, un peu plus tard, le Docteur l'embrassa et Castiel le repoussa gentiment. Il n'était pas dans un état normal. Il lui offrit toutefois une sorte de bénédiction qui l'aida à se sentir mieux et à être plus détendu, sans toutefois l'endormir.

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Dean s'était levé vers cinq heures. Il avait faim. Il était habitué de se lever tôt. Il se dirigea à la cuisine et il y trouva le Seigneur du Temps qui mangeait seul. Il sentit quelque chose d'étrange en le voyant. Cass n'était pas là, mais contrairement à lui, l'ange ne l'avait pas abandonné une seule seconde, tout le long de sa maladie. Dean ne pouvait faire autrement que de se sentir égoïste. Gabriel avait raison, il était incapable de protéger quelqu'un en dehors de Sam. Il n'était pas très fier de lui-même. Cass avait fait leur boulot presque à lui seul.

« Bonjour... Docteur, » dit-il, pas encore habitué de l'appeler ainsi.

Dans sa tête, il était toujours Legolas, l'extra-terrestre muet. Il eut un choc en l'entendant parler.

« Bonjour Dean. Est-ce que tu en veux ? demanda-t-il en lui montrant ce qu'il mangeait.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Des bâtonnets de poissons panés et de la crème anglaise. »

Dean fit la grimace.

« Goûte, » offrit-il.

Dean obéit, incertain et un peu étonné de la gentillesse de cet inconnu à son égard.

« C'est pas si mauvais » avoua-t-il finalement.

Le Docteur lui sourit et continua son repas.

« Approche, » lui dit-il.

Dean s'installa à la table et observa le Seigneur du Temps. Physiquement il ressemblait à Legolas. Il avait l'air un peu plus mal en point avec son teint pâle et ses yeux cernés. Malgré son 24 heures de repos, il avait encore l'air épuisé. Ce n'était plus la même personne. Il ne savait pas comment réagir en sa présence.

« Le nœud papillon c'est pourquoi ? lui demanda Dean, voulant alléger l'atmosphère.

- Parce que c'est cool. »

Dean préféra ne pas passer de commentaire et se fit un café.

« Aimes-tu toujours le thé ? lui demanda-t-il.

- Oui. »

Dean lui fit un thé en même temps que son café et s'assit avec lui.

« Merci.

- C'est étrange de t'entendre parler, lui avoua Dean.

- Oui. Bientôt tu vas vouloir que je me taise.

- Pas pour le moment. Tu as l'air d'aller mieux ?

- Ça ne peut pas vraiment être pire que ces derniers jours.

- Oui, j'imagine. Je n'ai pas vraiment … été à la hauteur. Je veux dire...

- Je ne t'en veux pas, » lui dit-il ayant compris où il voulait en venir.

Dean ne su quoi répondre, mal à l'aise le Docteur poursuivit :

« Tu m'as accepté dans ton groupe et amené ici.

- Oui, après t'avoir tiré dessus et seulement parce que les visions de Samy m'ont convaincu.

- Non, parce que tu te souciais de moi. Tu es moins mauvais que tu ne crois, Dean Winchester.

- C'est la première fois que quelqu'un me dit un truc du genre. Même quand tu parles tu es bizarre. Il va falloir que j'apprenne à te connaître.

- Tu me connais déjà.

- Pas depuis que tu es revenu toi-même.

- Plus que tu crois. »

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Dean remarqua la boîte de bâtonnets de poissons vide sur le comptoir et il en restait une bonne dizaine dans le bol du Docteur.

« Tu les as tous fait ? demanda-t-il.

- Il n'y en avait pas beaucoup.

- Combien t'en a mangé ?

- Je ne sais pas. Trop, je suppose, devina-t-il en remarquant le regard désapprobateur de Dean.

- Tu as raison. Je te connais plutôt bien, approuva-t-il en lui enleva son bol.

- Hé donne-moi ça !

- Je pense que tu n'as plus très faim.

- J'en ai besoin.

- Pourquoi ?

- Ça me rappelle Amelia Pond.

- Et tu crois que t'empiffrer de poissons panés à t'en rendre malade va la ramener ? On a tous perdu des amis Docteur, pas juste toi. Ne te mets pas à pleurer je ne suis pas à l'aise avec ça. Je ne sais pas comment c'est sur ta planète, mais sur Terre les mecs se ressaisissent.

- Pourquoi ? » demanda-t-il.

Il ne cherchait même pas à essuyer ses larmes.

« Parce que c'est comme ça. C'est tout.

- C'est ridicule.

- Très bien. Tu as le droit de pleurnicher comme une fillette si tu veux, mais arrête de te goinfrer.

- J'ai la nausée, avoua-t-il.

- Et bien, ça ne m'étonne pas du tout. Cette Amy Pond est-ce qu'elle était humaine ? » demanda Dean.

Il se rappelait le monstre que Sam avait voulu protégé, mais que lui avait tué.

« Bien sûr.

- Sûr ? Celle que j'ai connu avait l'air humaine, mais ne l'était pas. Décris-moi la. »

Le Docteur lui décrivit son amie et Dean constata, avec soulagement, qu'il ne s'agissait pas de la même personne.

Sans que Dean lui demande, il lui parla d'elle et de son mari Rory. Même s'il lui manquait quelques parties dans ses souvenirs. Par exemple, il se rappelait l'avoir déçu, mais ne se souvenait plus pourquoi. Cela avait un lien avec sa fille qu'elle cherchait. Il se souvenait aussi que Rory avait disparu et était revenu, mais il ne se rappelait plus de l'ordre des événements. Dean se dit que retrouver la mémoire lorsqu'on a voyagé dans le temps et l'espace toute sa vie et rencontré les gens dans le mauvais ordre ne devait pas être évident. Il ne voudrait pas être dans sa tête.

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Lorsqu'il partit, ne se sentant pas bien, Dean jeta le reste des poissons. Il se demandait s'il était assez cinglé pour venir les chercher dans la poubelle. Il fit du café pour tous, attendant Jack, Martha, Mickey et Sam pour une courte réunion au sujet du Docteur, encore une fois. Castiel apparut à ses côtés.

« Où est-il ? demanda-t-il à Dean.

- Il est aux toilettes. Il a trop mangé de poissons panés.

- Je vais aller le voir. Dean le retient.

- Cass, il n'y a pas grand chose que tu peux faire, honnêtement.

- Lui retirer ses nausées.

- Non, laisse-le. À force de se rendre malade il va finir par comprendre. Puis c'est pas juste ! quand moi ou Samy avions trop bu, tu ne dépensais pas ton énergie pour nous enlever notre lendemain de veille.

- Je l'ai fait une fois.

- Oui, on avait des démons au derrière. On a une réunion à propos de lui alors reste. Tes conseils pourraient nous être utiles.

- Bon d'accord. Je vais rester, conclut l'ange.

- Sam m'a dit que le Docteur t'avait embrassé.

- Oui.

- Tu as trouvé ça comment ?

- C'était très agréable, mais Jack aussi m'a embrassé.

- Et c'était ?

-Bien aussi, mais moins que le Veilleur.

- J'ai essayé de te faire perdre ta virginité angélique avec des femmes, mais j'ai peut-être eu tort. Peut-être que tu aime les hommes.

- Je trouve que ça n'a pas d'importance.

- Pour un baiser peut-être, mais si tu veux aller plus loin, ça en a.

- Vraiment ? Jack m'a dit que non.

- Évidemment qu'il va dire ça. Il veut coucher avec toi !

- Je sais. Il m'a dit qu'il voulait m'initier, mais avait besoin de ta permission.

- De ma permission ! Vous êtes deux adultes consentants. Je ne vois pas en quoi il a besoin de ma permission. Enfin, consentant de son côté. Toi, je ne sais pas trop. Veux-tu qu'il t'initie ?

- Je préférerais que ce soit toi, mais sinon je vais accepter l'offre de Jack, avoua l'ange, tout à fait honnête et sans le moindre malaise. Dean, pour sa part, en était bouche-bée et très gêné.

- Je peux te faire vivre le même extase que Sam avec le Seigneur du Temps. Les anges peuvent faire ça avec les humains, sans les blesser. Gabriel me la dit. Je peux te montrer ce que je veux dire par un baiser, continua-t-il, sans comprendre que ce n'était pas le genre de sujet qu'on abordait à la légère.

- Cass, je ne sais pas. Je ne suis pas intéressé par les mecs.

- Ne pense pas à mon véhicule et ferme tes yeux. Imagine moi, mon vrai moi, sans mon véhicule. Je vais t'envoyer une image télépathique de ma vraie apparence. Regarde-moi comme je suis, mais n'ouvre pas les yeux. »

Dean eut une image furtive d'un être lumineux et il sourit. Il s'agissait vraiment de Castiel. Son Cass. Cela lui semblait aller de soi et il le trouvait merveilleux. Il sentit la lumière de Cass le frôler, toucher à son âme. C'était une sensation incroyable. Il aurait aimé sentir cette lumière de plus prêt. Se noyer dedans tellement elle était magnifique, mais tout cessa. C'est à ce moment qu'il s'aperçut que Castiel l'avait embrassé sur les lèvres. Il ne savait que penser, encore moins quoi dire. Ce qu'il avait vécu durant ce bref instant était unique.

Heureusement, il fut sauvé d'une éventuelle discussion embarrassante par l'arrivée de Mickey et Martha. Puis de Sam et enfin de Jack.

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Ils se dirigèrent vers la salle de conférence. Le but était de déterminer s'ils devaient parler au Docteur de sa mission ou d'attendre un peu. Les trois anciens membres de Torchwoodn'avaient pas de souvenirs récents du Docteur. Ils l'avaient connu lors d'une régénération précédente qui remontait à deux cents ans environs, sur sa ligne de temps à lui. Castiel et Gabriel avaient constaté ce fait. Dean et Sam l'avaient connu très récemment, mais il n'était pas exactement dans son état normal. Ils devaient donc mettre en parallèle leurs connaissances à son sujet. Jack et Sam avaient déjà échangé des informations à son sujet, mais pas les autres. Dean ne reconnaissait pas Legolas dans le Docteur qu'ils décrivaient et c'était réciproque du côté de Martha et Jack. Étrangement, Mickey qui était celui qui avait le moins voyagé avec le Docteur, était le moins étonné.

Quand Jack affirma qu'ils devaient trouver un lien entre les deux Docteurs, Mickey n'eut pas de difficulté à répondre. Pour lui c'était simple : personne ne connaissait vraiment le Docteur. Il avait plus de mille ans maintenant et avait voyagé dans le temps et l'espace, rencontrant des millions de gens. Il leur disait ce qu'il avait envie de leur dire et Mickey se souvenait qu'il avait toujours gardé une grande partie de sa vie secrète. Notamment sa vie amoureuse (et sexuelle au grand désarroi de Jack). Les Winchester, eux, voyaient l'autre côté de la médaille. Ils n'avaient aucune connaissance du Seigneur du Temps mystérieux, charismatique et invincible. Du sauveur de la Terre et de l'univers que les anciens compagnons avaient connu. Ils connaissaient seulement un extra-terrestre amnésique et brisé. Quelqu'un qui luttait pour sa survie physique et psychologique, dans un monde dévasté qu'il n'avait pu sauver. Avant de parler de mission, ils s'étaient entendus sur le fait qu'ils devaient l'aider à faire un pont entre ces deux côtés de lui.

Après leur réunion, Jack demanda à l'ange de le faire venir, mais Dean s'y opposa.

« Seulement s'il a terminé de vomir tous ces bâtonnets de poissons panés qu'il a bouffé plus tôt ce matin.

- Il est malade ? s'étonna Martha.

- Vous parlez de lui donner comme mission de sauver la Terre alors qu'il n'est même pas capable de contrôler sa petite personne.

- Je vais voir comment il va, » offrit Castiel en disparaissant.

Il revint avec le Docteur qui ne semblait pas trop mal en point, malgré tout.

« Veux-tu des poissons panés ? lui demanda Dean, pour le narguer.

-Il en reste ? Répondit-il, intéressé.

- Tu es pitoyable, se découragea Dean.

- Thé ? lui offrit Jack, il acquiesça.

- Au moins une chose qui n'a pas changé. Vous vous souvenez de moi Docteur ? tenta Mickey

- Mickey l'idiot.

- Oui. C'est comme ça que vous m'appeliez dans le temps. Le Docteur le serra contre lui.

- Ne le laisse pas d'embrasser. Il vient d'être malade, » l'avertit Dean.

Le Docteur l'ignora et embrassa Mickey, mais sur le front. Puis, il alla enlacer tout le monde avant de s'asseoir entre les deux frères Winchester. Un détail que Mickey ne manqua pas de remarquer.

« Sa sale habitude d'enlacer tout le monde. Il l'avait déjà avec vous ou bien c'est nouveau ? demanda Dean.

- Il l'avait déjà et ce n'est pas une sale habitude. Moi j'aime ça, l'avertit Jack.

- Moi aussi, avoua Castiel.

- Cass, t'es sensé être de mon côté, lui reprocha Dean.

- Je ne comprends pas en quoi cela consiste à être avec ou contre toi, demanda l'ange innocemment.

- Laisse faire. »

Jack apporta le thé au Docteur et remarqua ses vêtements pour la première fois. Il ne l'avait vu qu'en haillons ou en pyjama.

« Super cool les bretelles. J'adore ! avoua-t-il.

- Et le nœud papillon ?

- Il vous va bien. Je vous trouve très beau, Docteur, avoua Jack en lui faisant un sourire charmeur.

Il savait qu'avec cette nouvelle régénération il avait peut-être une chance, pour une fois. De plus, le Docteur ne lui avait pas dit d'arrêter de flirter. Ça, c'était du nouveau. Il lui sourit sans répondre et Jack poursuivit :

« On est réuni ensemble pour faire de nouveau connaissance avec vous Docteur. Deux siècles ce sont écoulés pour vous, d'après ce que j'ai compris.

- Oui, j'ai 1156 ans.

- régénération...

- Je suis le onzième.

- Vous pouvez nous parlez un peu de vous ? Des choses qu'on ne sait pas. Vous vous êtes régénéré. Alors, il y a sûrement des changements, » tenta délicatement Jack.

Il le savait fragile et voulait à tout prix éviter les souvenirs.

« J'aime les nœuds papillons maintenant, parce que c'est cool, dit-il.

- Et les bretelles, je vois, » ajouta Jack.

Il s'aperçut qu'en fait, il ne savait pas trop quoi lui dire. Heureusement, Mickey poursuivit.

« Vous avez eu des nouveaux compagnons ?

- Amy et Rory, » répondit-il sans plus.

Son regard était sombre. Il était difficile de trouver un sujet de conversation avec lui qui n'était pas triste. Alors que les anciens de Torchwood essayaient d'éviter les sujets tristes, Sam Winchester l'amena droit vers ceux là.

- Tu les as perdus, devina-t-il. Il acquiesça.

- Je suis désolé. »

Le Docteur regarda Mickey intrigué :

« Tu n'étais pas avec Rose ?

- Ça fait longtemps que c'est terminé. Je suis avec Martha. Vous ne vous rappelez pas ? Rose est dans un monde parallèle avec votre clone, » expliqua Mickey.

Le Docteur le regarda perplexe, cherchant dans ses souvenirs.

« Ne forcez pas. Vos souvenirs commencent à peine à revenir. Cela va prendre un certain temps, lui dit Castiel.

- Oui. Surtout quand on a plus de mille ans, ajouta Dean.

- Pourquoi je n'ai pas eu de fête à mon millième anniversaire ? Qu'est-ce que je faisais ce jour là ? Je ne me rappelle pas.

- C'est quand ton anniversaire. On va te fêter si tu veux, suggéra Dean.

- Il n'est pas né sur Terre, Dean. Comment veux-tu trouver sa date de naissance ? lui rappela Sam.

- Oui, c'est un peu compliqué.

- On peut faire un calcul. Combien de mois y a-t-il sur Gallifrey, Docteur ? demanda Jack

- Nous avons des saisons. Cinq saisons, mais pas des mois. Je suis né dans la cinquième. La saison des tempêtes.

- Ça vous va très bien ça ! rit Martha.

- Et pendant que Gallifrey est en période de tempêtes la Terre est où ?

- Au nord, vous êtes en hiver je crois... à peu près à ce temps-ci.

- Mon anniversaire est le 24 janvier. On a juste à célébrer le tien en même temps, offrit Dean.

- Ou choisissez une date, on va vous fêter si vous voulez, dit Martha.

Mais on mettra pas 1000 bougies ! le prévint Sam.

- Le 11 février, décida-t-il.

- Je vais inscrire ça au calendrier c'est certain. J'ai quelque chose pour vous Docteur, dit Jack.

Il lui remit le tournevis sonique qu'il avait trouvé dans les tunnels. Par son attitude, Jack compris qu'il le reconnaissait.

- Merci.

- Vous vous en êtes fabriqué un par vous même. C'est assez exceptionnel, mais je vous redonne tout de même l'original.

- Deux tournevis sonique, c'est pratique, avoua Mickey.

- Inutile, conclut le Docteur. Il regarda celui qu'il avait fait et le remis à Sam Winchester.

- Tu me le donne ? s'étonna ce dernier.

- Pour vous deux, rectifia-t-il.

- Merci.

- J'ai mal à la tête, avoua le Docteur.

- La réunion est terminée. Vous pouvez aller vous reposer, lui répondit Jack.

- Se reposer ? Il vient de dormir 24 heures, lui fit remarquer Dean.

- Je veux juste prendre l'air, expliqua le Docteur.

- Cass, dit Dean.

- Je ne vais pas m'enfuir. Où voulez-vous que j'aille, de toute façon ? Je veux juste sortir, ajouta-t-il ayant deviné leurs pensées.

-Tu es sûr qu'on peut le laisser ? demanda Sam à Castiel, une fois le Docteur parti.

- Je le surveille, les rassura l'ange.

- Vous n'avez pas confiance, devina Jack.

- Il cherche à repérer le TARDIS.

- Donc, il veut fuir, devina Martha.

- Oui, » approuva Castiel.