Coucou, alors là moins d'une semaine entre deux chapitres, je viens de battre mon record

Merci à ceux qui continuent à lire et à commenter cette fic. Merci beaucoup à vampirefell et Holmes11 pour leurs reviews.

Pour répondre à Holmes11 : je suis contente que cette fic te plaise. Si tu aimes le suspense, réjouis-toi car je n'en ai pas encore fini avec nos Maraudeurs XD. C'est vrai que Remus se montre très lunatique (sans jeu de mots) lors de sa conversation avec Sirius. En fait, il donne l'impression de se calmer brusquement et de pardonner à son ami ce qu'il lui a fait mais ce n'est qu'une façade. Remus est bel et bien fâché contre Sirius (ce qu'on ne peut lui reprocher vu ce qu'il endure) mais plutôt que de lui crier dessus (je pense que ce n'est pas son style), il préfère agir au lieu de s'énerver (d'où sa détermination à mettre en œuvre le rituel).

Voilà une réponse qui m'a permis de faire un petit rappel de ce qu'il y avait dans le chapitre précédent (même s'il a été posté récemment). Dans celui-ci un nouveau personnage de l'univers d'HP va faire son apparition, je vous laisse découvrir de qui il s'agit.

Je ne vais pas laisser traîner plus longtemps le suspense, bonne lecture ! Ne vous laissez pas effrayer par le titre du chapitre lol!


Chapitre 10 : Romance au clair de lune

James se précipita aussitôt sur les deux garçons.

- Sirius ! Remus ! glapit-il paniqué sans savoir lequel des deux secouer d'abord. Est-ce que ça va ?

Peter sortit de sa cachette et accourut à son tour. Les deux adolescents inertes retrouvèrent très vite leurs esprits et se redressèrent en même temps, l'air un peu sonnés.

- Alors ça a marché ? questionna Peter qui ne tenait plus en place.

Remus et Sirius échangèrent un long regard et la réponse survint aussitôt : leurs visages se décomposèrent au même instant. Le rituel avait échoué. Ni James, ni Peter ne surent que dire pour les réconforter.

- On trouvera bien un autre moyen, assura James dans ses petits souliers.

Personne ne lui répondit. Incapable de s'exprimer à la suite de cet échec cuisant, Remus et Sirius allèrent aussitôt se réfugier dans leurs lits et tirèrent les rideaux pour ne pas être dérangés. James et Peter se regardèrent désemparés, eurent tous les deux un long soupir puis se résolurent à ranger prestement les bougies et le matériel utilisé pour le rituel avant d'aller se coucher à leur tour. Cette histoire n'était pas finie.

oOoOoOo

Bien loin de tout cela, dans la tour de Serdaigle, Jane Hathaway avait du mal à trouver le sommeil. Elle se repassait le film de sa journée avec un bonheur sans pareil, le cœur partagé entre la douceur des merveilleux instants qu'elle avait passé en compagnie de Remus, le meilleur garçon du monde, et la nostalgie que tout fût déjà terminé. Quand le reverrait-elle ? La prochaine sortie à Pré-au-Lard n'aurait pas lieu avant plusieurs mois. Et au fond peut-être que tout cela n'était qu'un rêve. Peut-être ne voulait-il pas donner suite à cette simple sortie. Peut-être se trompait-elle totalement lorsqu'elle espérait qu'ils allaient sortir ensemble.

Pourtant il l'avait embrassée. Embrassée. Ce n'était pas rien, surtout de la part de quelqu'un d'aussi réservé que Remus Lupin. Certes il avait l'air changé ces derniers temps mais il restait le discret et timide garçon qu'elle observait souvent à la bibliothèque malgré elle quand elle travaillait.

Quand il lui avait proposé de sortir la veille, elle n'en avait pas cru sa chance. Et même à présent que le rendez-vous s'était joliment achevé, elle n'en revenait toujours pas. Elle avait déjà connu des garçons : un petit ami l'année passé, un garçon de sa classe qui la traitait plus bas que terre à présent, et un amour d'été, un ami d'enfance qui essayait de la récupérer à chaque grandes vacances.

Avec Remus, c'était différent. Elle avait passé de longues heures à le dévorer des yeux, planquée derrière ses livres, à espérer en secret attirer son attention tout en sachant pertinemment qu'elle n'était pas assez belle pour l'éblouir et que tant bien même elle aurait été une Vélane, Remus ne serait jamais venu lui parler. Il était trop timide. C'était pour ça qu'il la fascinait tant sans doute. A plusieurs reprises, elle l'avait vu chercher des livres entre les étagères et s'était arrangée l'air de rien pour les trouver avant lui et les lui apporter, saisissant ainsi un prétexte pour lui parler.

Ils avaient partagé des travaux ensemble, avaient appris à faire connaissance, superficiellement bien sûr mais Jane avait adoré ces moments à la bibliothèque avec lui. Il était si gentil, si serviable et si studieux. Il n'hésitait pas à lui expliquer la leçon à plusieurs reprises si elle ne comprenait pas. Il avait une voix douce et un sourire qui aurait mis n'importe qui en confiance. Les sentiments étaient venus presque aussitôt. Comment aurait-il pu ne pas en être autrement ? Comment aurait-il pu ne pas lui plaire ? Il avait tout pour lui.

Elle en était là dans ses pensées lorsqu'elle entendit un bruit qui la fit tressaillir légèrement. Dans le silence de la nuit le moindre son était décuplé et elle crut entendre un pas très discret dans la pièce. Elle crut que c'était une de ses camarades de chambre qui s'était levée pour une raison quelconque lorsqu'à sa grande stupeur, elle vit le rideau de son baldaquin bouger. Un méfait du vent ? Non il y avait une main humaine, qui avait saisi le rideau par un pan et qui le tirait délicatement pour laisser apparaître…

- Remus ?

De stupeur, Jane se redressa d'un bond dans son lit. Sirius vint s'asseoir auprès d'elle et lui fit signe de baisser d'un ton pour ne pas réveiller ses condisciples de dortoir.

- Comment est-tu entré ici ? chuchota Jane qui n'en croyait pas ses yeux.

- Par la fenêtre, avoua Sirius dans un souffle, je n'arrivais pas à dormir. Il fallait que je te parle.

Il était venu la voir en passant par la fenêtre ? Même si cela paraissait peu probable, c'était tellement romantique. Sous le charme, Jane voulut se jeter dans ses bras mais le jeune homme la repoussa.

- Qu'est-ce qu'il y a ? fit-elle horrifiée.

- C'est de ça dont je suis venu te parler, murmura Sirius en cherchant minutieusement ses mots, de notre sortie à Pré-au-Lard.

- J'ai fait quelque chose de mal ? s'inquiéta l'adolescente qui redoutait le pire. Je t'ai mis en colère.

- Non pas du tout, rétorqua aussitôt Sirius d'une voix douce, c'est moi… je t'ai manqué de respect.

- Pardon ?

- Ce baiser… n'aurait jamais dû avoir lieu, dit-il avec embarras, c'était mal de ma part de te prendre ainsi au dépourvu… et ça ne me ressemble pas.

Jane se sentit soulagée. Pendant un instant, elle avait vraiment craint d'avoir commis une erreur sans le vouloir mais en réalité c'était Remus qui venait faire son mea culpa. Elle l'en aima davantage.

- C'est vrai que c'était… un peu inattendu de ta part, admit-elle, mais ça m'a plu. Enfin je veux dire… que ça ne m'a pas dérangé.

Elle commença à rougir de gêne et Sirius, qui jusqu'à maintenant, avait joué les hommes-araignées avec la ferme intention de mettre un terme à son ébauche d'histoire avec Jane, perdit d'un seul coup tous ses moyens. Elle était quand même très mignonne. Ce n'était pas pour rien qu'il avait fini par l'embrasser. D'ailleurs il aurait volontiers recommencé s'il n'était pas venu rompre.

- Remus, dit Jane d'une voix à peine plus élevée qu'un murmure en lui caressant le visage, j'ai passé une excellente journée avec toi.

- Moi aussi, assura Sirius ce qui était parfaitement vrai, tu es une fille adorable… mais je ne peux pas… je suis…

Et voilà, les mots lui manquaient à présent. Il avait pourtant soigneusement préparé son discours dans son lit avant de se décider à venir. Tout lui échappait. Pourquoi était-ce si difficile de dire : « Il ne faut plus qu'on se voie. » ? Ce n'était que quelques mots… mais si lourds de conséquences. Sirius ne ressentait pas vraiment de sentiments pour la jeune fille, il la connaissait à peine. Mais justement, après avoir entamé une si belle ébauche de relation, s'il l'envoyait promener à cet instant juste après le rendez-vous, juste après le baiser, il était certain de faire passer Remus pour un véritable goujat et un lâche par-dessus le marché.

- Si tu trouves que ça va trop vite, je comprendrais, assura Jane qui paniquait à présent.

De ses cheveux émanait toujours cet agréable parfum de fleur, tellement subtil que seul un odorat de lycan pouvait le percevoir avec une telle distinction. Sirius, qui n'y était pas encore accoutumé, sentit sa tête lui tourner dangereusement.

- On peut aller plus doucement, poursuivait-elle, on peut juste se voir et discu…

Trop tard. Complètement envoûté par sa voix pleine d'émotion, ses cheveux défaits qui coulaient sur ses épaules dénudées en une cascade d'ébène, Sirius ne put résister une seconde de plus et l'embrassa à nouveau. Comme la première fois, Jane parut un instant effarée mais elle ne mit guère de temps à reprendre ses esprits et à lui rendre son étreinte. Si Sirius était complètement ailleurs, elle non plus ne savait plus très bien où elle en était mais elle ne voulait surtout pas que cet instant s'arrête.

Cela dura quelques secondes, quelques secondes délicieuses pour les deux adolescents puis Sirius finit par retrouver un semblant d'esprit et s'écarta vivement de la jeune fille, qui prit peur et recula à son tour.

- Remus, balbutia-t-elle en passant ses mains sur son visage pour essayer de remettre ses idées en place.

Sirius était pâle comme la mort.

- Non, bredouilla-t-il pour lui-même en essayant lui aussi de se raisonner, je ne suis pas venu pour ça… je ne peux pas…

Il secoua la tête et reporta son attention sur Jane, dont les yeux brillaient de larmes.

- Désolé, dit-il en se redressant vivement pour quitter la chambre, je dois partir.

- Remus attends ! s'écria Jane beaucoup plus fort qu'elle ne l'aurait dû.

Mais Sirius écarta le rideau et se glissa hors du lit puis hors de la chambre par la fenêtre avant que Jane ait pu faire quoi que ce soit pour le retenir.

Celle-ci resta assise dans son lit quelques instants à observer la fenêtre par laquelle le jeune homme s'était littéralement envolé puis se recoucha. La vague d'émotions qui venait de déferler sur elle l'avait vidée de ses forces à tel point qu'elle n'eut même pas l'énergie de se relever pour aller jeter un œil à la fenêtre. Elle se rendormit presque instantanément… contrairement à sa camarade de dortoir, qui resta de longues secondes à regarder la fenêtre depuis son lit, le plus reculé de la chambre.

oOoOoOo

Le lendemain matin, Sirius se sentit affreusement mal à l'aise. Après la tentative infructueuse pour rétablir la situation, Remus était devenu particulièrement à fleur de peau aussi Sirius sentit-il qu'il valait mieux ne pas lui confesser qu'il était encore parti en vadrouille la veille.

Même s'il n'avait eu que de bonnes intentions vis-à-vis de Jane, il se doutait qu'aucun de ses amis n'approuverait cette nouvelle initiative. Pour ne pas créer de tensions supplémentaires au sein du groupe, il prit le parti de faire profil bas. Il n'adressa pas un pied de nez à Rogue lorsqu'il passa près de lui dans la Grande Salle, ne se fit pas remarquer pendant le petit-déjeuner et avait même essayé de se peigner proprement comme le faisait Remus à son habitude. Ce dernier apprécia l'effort.

- Alors c'est quoi le programme aujourd'hui ? demanda Peter entre deux bouchées de pancakes à la marmelade.

- Cours de sortilège, cours de botanique et cours de défense contre les forces du mal, énuméra James qui était encore fatigué de sa nuit.

- Je sais ce qu'on a comme cours, répliqua Peter, je parlais du reste. On ne cherche plus à savoir ce que manigancent les Serpentards ? Ni comment rendre à Remus et Sirius leurs corps respectifs ?

- Tu devrais parler encore plus fort, conseilla Remus blasé, je crois qu'il y a quelqu'un à Londres qui ne t'a pas entendu.

- Je n'ai pas le temps de jouer les enquêteurs ou autre, répliqua vivement James en faisant tourner son lard fumé dans son assiette, j'ai un entraînement de quidditch après les cours. Il va certainement durer toute la soirée.

- Je vous rejoindrai dès que j'aurais fini ma retenue, déclara Sirius.

- Ah oui c'est vrai que c'est ce soir, se souvint tout à coup Remus, dommage ! J'espérais que tu viennes avec moi à la bibliothèque après les cours pour faire de nouvelles recherches.

- Vous vous en tirerez mieux sans moi, répliqua vivement Sirius, vu ce que j'ai trouvé la dernière fois.

- Ce n'était peut-être pas une si mauvaise trouvaille, riposta gentiment Peter, vous vous êtes peut-être seulement planté en exécutant le rituel.

- Pas question de recommencer ! prévint James d'un ton sévère. J'ai toléré ça une fois et c'était une fois de trop. On s'y prendra différemment que par la magie noire.

- Ce n'était pas de la magie noire.

- Bien sûr que si.

- Oublions ça ! intervint Sirius avec impatience. On va trouver autre chose.

A cet instant, des centaines de hiboux entrèrent dans la Grande Salle pour livrer leurs paquets, exécutant au passage un véritable ballet aérien. L'un d'entre eux, un des hiboux de l'école, descendit en piquet sur le quatuor et lâcha une lettre au centre de leur table, que Sirius réceptionna grâce à son habileté de loup. En outre, elle lui était adressée.

- Ce sont les Sherman, dit-il après avoir parcouru rapidement la lettre des yeux qu'il posa ensuite sur Remus, ils te rappellent qu'il y a une répétition ce soir à 20h.

- Ils peuvent toujours m'attendre, répondit Remus d'un ton grave, je me suis ridiculisé une fois pour toi. Maintenant, trouve une excuse !

- Tu t'en es bien sorti, assura Sirius, sinon ils auraient déjà envoyé des lettres d'insulte voire des beuglantes.

Remus resta fermement campé sur ses positions. Sirius aurait bien insisté davantage mais il remarqua au même moment ses cousines Bellatrix et Narcissa traverser la salle et s'asseoir chacune de part et d'autre de Rogue. Elles eurent à peine le temps de lui adresser quelques mots que celui-ci se leva d'un bond et quitta la salle d'un pas déterminé, le visage fermé. Sirius n'eut même pas le temps de tendre l'oreille pour écouter leur échange. Il entendit simplement Bellatrix insulter copieusement ce « sale pourceau odieux ».

- Le cours de sortilège va commencer, lança tout à coup James, ramenant son ami sur terre. On devrait y aller.

Les quatre garçons quittèrent la salle à leur tour sans un mot mais alors qu'ils franchirent les lourdes portes de bois, une jeune fille que Sirius ne connaissait pas l'intercepta au vol et lui chuchota à l'oreille.

- C'est très dangereux de jouer avec le cœur et l'esprit.

Sirius crut que son sang allait se glacer dans les veines. Il voulut lui demander de s'expliquer mais la jeune fille disparut dans la foule aussi vite qu'elle était apparue.

- Tu viens ? l'appela James.

Cette interpellation le tira aussitôt de sa rêverie. Encore tout retourné, il suivit ses amis jusqu'en cours de sortilège.

oOoOoOo

Jane Hathaway partageait son dortoir avec quatre autres filles. Trois d'entre elles étaient d'excellentes amies avec lesquelles elle prenait quelques-uns de ses repas et auprès desquelles elle s'asseyait à tous les cours qu'elle n'avait pas en commun avec les Gryffondors. Même si elle les abandonnait de temps à autre pour passer du temps avec Lily et Mary, qui étaient ses meilleures amies, les trois Serdaigle ne manquaient jamais de l'inviter à toutes leurs soirées papotage dans le dortoir.

La cinquième fille ne bénéficiait pas de ce privilège. C'était une adolescente discrète que tout le monde trouvait un peu bizarre et de ce fait refusait de fréquenter. Elle avait de gros yeux exorbités derrière d'épaisses lunettes, des cheveux épars et un teint pâle. Elle aurait pu être mignonne sans cette manie de fixer les gens de ses yeux protubérants avec un air effarouché comme si elle voyait des choses qui leur échappaient complètement.

Elle se prénommait Sybille Trelawney.

Ce matin-là, Sybille se réveilla très tôt comme à son habitude et arriva la première dans la Grande Salle. En général, elle prenait son petit-déjeuner à une vitesse vertigineuse et s'éclipsait avant même que les autres élèves n'arrivent afin de n'être pas prise par la foule. Elle détestait la foule, c'était mauvais pour son Troisième Œil.

Ce jour-là cependant, elle se força à rester plus longtemps car elle avait à discuter avec Jane Hathaway à propos de ce garçon qu'elle avait vu se glisser dans leur chambre en pleine nuit. Elle avait eu le temps de voir son visage juste avant qu'il ne saute pas la fenêtre. Effarée, elle avait attendu quelques instants puis n'entendant aucun bruit dans le coin de Jane, elle en avait conclu que la jeune fille s'était rendormie et s'était précipitée à la fenêtre. Elle n'avait vu que le mur et le vide vertigineux. Comment avait-il pu sauter sans se rompre le cou ? Cela semblait impossible. Sybille aimait les mystères.

- Est-ce que je peux te dire un mot Hathaway ? demanda-t-elle un peu plus tard à Jane lorsque ses quatre camarades de dortoir se furent assises à la table des Serdaigle pour le petit-déjeuner.

Jane, qui lui tournait le dos, sursauta tant elle ne s'y attendait pas et fit volte-face. Les yeux de chouette de Sybille lui donnaient un air à la fois grotesque et effrayant. Sitôt qu'elles la virent, les trois autres filles se mirent à ricaner. Elles étaient les premières à rire d'elle, par vengeance pour les moqueries dont elles-mêmes avaient été victimes à cause de leur voisinage avec cette voyante de pacotille.

Parce qu'elle était la descendante de Cassandra Trelawney, une célèbre voyante, Sybille se croyait dotée des mêmes dons, ce qui à l'évidence n'était pas le cas. Ainsi elle passait de longues heures assise sur son lit à essayer de lire dans sa boule de cristal, examinait toujours longuement les feuilles de thé lorsqu'elle avait fini d'en boire et abordait régulièrement les gens, même de parfaits inconnus pour leur prédire un avenir souvent peu joyeux.

Les quatre filles qui partageaient son dortoir avaient frôlé la mort environ une cinquantaine de fois depuis leur arrivée à Poudlard à en croire la grande augure. Si lors de leur première année, ses prédictions les avaient un peu effrayées, elles avaient appris avec le temps à ne plus y prêter attention.

Dans un premier temps, Jane fut tentée de l'envoyer paître mais elle était encore toute heureuse de la visite surprise de Remus pendant la nuit et de ce fait se sentait d'humeur à être insupportablement bonne avec autrui. Elle s'excusa donc un moment auprès de ses amies et se leva pour suivre Sybille un peu à l'écart.

- Je t'écoute, l'encouragea Jane en croisant les bras.

Elle se préparait déjà à une introduction de cinq minutes. Comme tous les devins, Sybille ne disait jamais les choses clairement. Même si elle n'avait qu'un message de trois mots à transmettre, elle se sentait obligée de l'enjoliver pour lui donner un caractère mystique. Lorsque Sybille commença à parler d'oiseaux volant au dessus de la tour d'astronomie en dessinant une forme de croix dans le ciel, Jane songea qu'elle n'était finalement pas d'humeur à endurer ces fadaises.

- Viens-en à l'essentiel s'il te plaît ! lança-t-elle en levant une main pour la couper dans son élan mystique.

Sybille, qui commençait effectivement à entrer en transe comme cela lui arrivait chaque fois qu'elle sortait une phrase comprenant une subordonnée ou autre élément grammaticalement complexe du même type, s'interrompit, la mine un peu vexée.

- N'ai pas peur des signes ! lança-t-elle d'une voix menaçante sans perdre pour autant son accent un peu voilé, qui était à l'évidence du théâtre.

- Passons directement à l'analyse si tu veux bien, soupira Jane avec patience, de quoi est-ce que tu veux me parler au juste ?

Sybille se décida à parler plus clairement.

- J'ai vu le garçon se glisser cette nuit dans ton lit.

Jane se figea tout à coup comme une machine dont les fusibles auraient sauté. Elle semblait totalement en panne ce qui expliquait sa soudaine ressemblance avec une statue. En une seconde, Jane regretta amèrement d'avoir demandé à Sybille de parler clairement. Des insinuations agrémentées de circonvolutions auraient été moins gênantes.

- Tu as dû rêver, marmonna Jane en rougissant.

- Je l'ai vu s'enfuir par la fenêtre comme un oiseau, dit Sybille en dardant ses gros yeux sur la jeune fille pour la fixer avec une telle intensité que celle-ci se sentit ployer.

La première pensée de Jane fut de sortir sa baguette magique pour lui lancer un sortilège d'amnésie. Faire venir un garçon dans un dortoir pour fille était passible d'exclusion. Si Sybille racontait cela à quelqu'un, c'en était fait d'elle.

- Tu en as parlé à quelqu'un ? demanda-t-elle à voix basse.

- Pourquoi ? fit Sybille sincèrement étonnée. Si je fais ça, tu auras des ennuis. Ce n'est pas mon intention de te mettre dans l'embarras.

Jane resta stupéfaite. Sybille avait pourtant toutes les raisons du monde de vouloir lui pourrir la vie. Après tout, elle ne s'était pas gênée pour rire d'elle comme les autres filles.

- Ah merci, marmonna Jane un peu perdue, dans ce cas pourquoi tu viens m'en parler ? Si c'est pour me dire de ne plus recommencer, je ne l'ai pas invité… Je n'aurais jamais osé.

- Tu dois te méfier de lui, coupa Sybille d'un ton sentencieux, il n'est pas celui que tu vois.

- Quoi ? fit Jane en fronçant les sourcils.

N'avait-elle pas plutôt voulu dire « il n'est pas celui que tu crois » ? Le regard de Sybille exprimait une telle gravité qu'il était impossible de ne pas la prendre au sérieux, ou du moins de ne pas lui accorder le bénéfice du doute.

- Peut-on vraiment faire confiance à quelqu'un qui s'envole par la fenêtre ? dit-elle dans un souffle.

Et sur ces mots, elle se retira sans même attendre de réponse. D'ailleurs Jane ne répondit rien, elle était trop sidérée pour dire quoi que ce soit. Elle ne put que regarder quelques instants le point sur lequel s'était trouvée Sybille quelques secondes plus tôt en fronçant de plus belle ses sourcils d'un air sceptique. Finalement elle se souvint que ces étranges paroles venaient d'être prononcées par Sybille Trelawney. A cette pensée, elle retrouva aussitôt ses esprits, haussa les épaules pour elle-même puis retourna rejoindre ses copines à table.

Allons bon, Trelawney n'était qu'une petite cinglée. Elle n'allait pas gâcher son bonheur naissant avec Remus à cause d'elle. Peut-être était-ce une forme de vengeance pour toutes les railleries dont elle avait été accablée. Jane décida de ne plus y prêter attention.

Pour se changer les idées, elle sortit son emploi du temps et vérifia les cours qui l'attendait. Elle le savait pertinemment mais elle avait envie de le voir, comme pour s'assurer que le planning n'avait pas changé entre temps. Fort heureusement non. Elle avait bien cours de botanique à 10h, un cours commun avec la maison de Gryffondor. D'ordinaire, elle attendait toujours ces cours avec impatience pour retrouver Lily et Mary mais ce jour-là, c'était un autre qu'il lui tardait de revoir.


Ah Jane, si elle savait qui se cache derrière son cher Remus…

Bon Remus et Sirius sont retombés à la case départ. Vous ne pensiez tout de même pas que ça serait si facile ? XD. Et puis il y a d'autres mystères à résoudre (concernant les Serpentards par exemple). Non non cette fic n'est pas terminée, j'ai encore quelques idées tordues pour torturer Remus et Sirius. J'espère que ça vous plaira.

Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? A la semaine prochaine !