The Rise and Fall
Les blas-blas de Xérès : Coucou tout le monde ! Aujourd'hui, dans ce nouveau chapitre de The Rise and Fall, un petit clin d'œil à tous les Sherlockians qui errent l'âme en peine en attendant l'arrivée de la saison 3 sur la BBC. Le verrez-vous ? Oh, ce n'est pas grand-chose, hein … juste un tout petit clin d'œil de rien du tout …
Je m'excuse par avance de ce chapitre très bref, mais j'ai déjà eu du mal à l'écrire aussi court soit-il. Si vous cherchez quelqu'un à blâmer pour ça, blâmez l'une de mes chefs de projet qui m'a donné à faire en 5 jours un job qui aurait normalement nécessité 8 journées de travail. Donc voilà on applaudit Mme Chef de Projet pour m'avoir anéanti le cerveau cette semaine. (*applaudissements*)
Merci à mes nouveaux followers (Robarelta, xDarcky), ainsi qu'à Erza Robin, dragomione33, noumiex3, Elena Grape, XDrayXMioneX, Etoilemment, faerycyn, Petitestef, Amethyste-chan, Pluwy, Triskelle sparrow, Passion fugace, Babar, Honni et Aodren pour leurs reviews.
RAR :
Elena Grape : pour tout te dire j'ai hésité longuement … Devais-je ou non révéler Rogue ? Mais pour le moment, Hermione en a assez bavé et il était temps de faire évoluer la situation de Draco. Je n'ai pas dit pour autant que nos héros n'allaient pas encore en voir de toutes les couleurs, mais l'histoire va prendre un second tournant ! Merci pour ta review :)
Pluwy : Si tu n'écris pas souvent des reviews, alors celle-ci n'en est que plus précieuse ! :) En plus de ça, elle est pertinente et me rassure sur ma capacité à ne pas « bâcler » certains personnages, comme tu le dis. C'est vrai que j'ai toujours peur d'en oublier un ou deux (c'est d'ailleurs le cas pour Pansy, qui fait de brèves apparition mais que je vais essayer de développer un peu plus ensuite, car mine de rien, elle aura aussi un petit rôle à jouer plus tard !) J'ai également toujours pensé que la vision de Rowling vis-à-vis des Mangemorts était simpliste (avec elle, on est méchant ou gentil, mais pas les deux, un sujet que j'avais également traité avec La Voix des Morts). Cette fois-ci j'ai vraiment voulu coller au maximum à l'esprit Malfoy tout en montrant que seuls les imbéciles ne peuvent pas changer d'avis (même si le processus est long et fastidieux pour certains !) et j'ai aussi voulu montrer que certaines personnes lambda (Théo) peuvent révéler leurs côtés les plus sombres dès qu'on leur donne un chouia de pouvoir ou d'impunité (théorie vérifiée avec les viols et les tortures en temps de guerres, d'occupation ou autres). En ce qui concerne Rogue, je voulais coller au maximum à l'image que Rowling avait de lui car son rôle d'espion va être décisif dans cette fic et il faut l'avouer, l'excuse Lily Potter fonctionne bien. En tous les cas, merci pour ta review, j'espère que la suite continuera de te plaire ! A bientôt !
Loufoca-Granger : rooh bah non, si je pète la gueule du grand méchant maintenant, je n'aurai plus rien à raconter ensuite ! lol. Quant au polynectar, oui oui c'est foireux mais c'est justement ça qui est drôle … enfin, drôle, je me comprends ! XD
Petitestef : la chasse au Théo, ça va pas être pour tout de suite, mais je retiens l'idée ! lol. Plus sérieusement, non, Théo n'est pas allé courir dans les jupes de Voldy, j'aimerais vraiment qu'il se détache de son maître et fasse cavalier seul, qu'il devienne vraiment vraiment dangereux pour les deux camps, mais ce sera progressif et pour l'instant on n'en est pas encore là ! Pour tes autres questions, les réponses sont juste en-dessous ! :) Merci pour ta review ! Bisous
Chapitre 10 : Human again
« Alors ? », demanda Blaise à voix basse, tandis que Draco et lui descendaient les escaliers en direction des cachots. « Comment est-ce que tu comptes t'y prendre pour dissimuler l'absence de Granger ? »
« On va la remplacer, c'est tout », répondit Draco comme si c'était une évidence.
Blaise pinça les lèvres et fronça les sourcils. « Parce que tu crois que personne ne remarquera qu'un autre prisonnier a disparu ? Sans compter qu'ils ne vont pas être des masses à se porter volontaires pour remplacer la meilleure amie de l'Indésirable n°1… »
Mais Draco ne répondit pas. Au contraire, il accéléra le pas et bientôt, ils se retrouvèrent dans la fraîcheur moite et malodorante du sous-sol. Blaise commençait à s'impatienter. C'était encore et toujours un plan bien foireux et ils fonçaient tête baissée dedans.
« Il commence franchement à me les briser, Rogue », grommela-t-il en fourrant les mains dans ses poches. « Faites ci, faites ça… C'est nous qui prenons tous les risques pour que Monsieur conserve sa couverture. »
« Ferme-la un peu », siffla le blond, agacé. « Je réfléchis. »
Blaise roula des yeux mais se tut. Après quelques dizaines de secondes, Draco se remit en mouvement et se dirigea vers le fond du couloir, la cellule la plus spacieuse où l'on entassait les prisonniers sans grand intérêt politique. Une quinzaine de personnes s'y partageaient vingt mètres carré, dans le plus grand dénuement.
« Ils ne le verront même pas, si on en choisit un parmi ceux-là… », marmonna Draco plus pour lui-même que pour Blaise, tout en considérant la porte de la cellule avec un air pensif.
Blaise secoua la tête. « Oui mais qui te dit que l'un des autres n'ira pas tout raconter au premier Mangemort qui passera, pour négocier sa libération ? »
« Ça aussi, j'y ai pensé, figure-toi … », gronda Draco en le fusillant du regard. « On a qu'à tous leur effacer la mémoire des dernières heures. Quant à celui qu'on choisira … »
Il ne termina pas sa phrase, la fin étant bien trop évidente et sinistre.
« Tu veux qu'on lance une quinzaine d'Oubliettes à la suite ? On va être épuisés ! », protesta Blaise.
« On est deux, c'est faisable », répondit le blond avec fermeté.
« Ou alors on pourrait être trois. Granger est un génie en sortilèges, on a qu'à aller lui demander-
« On ne demandera RIEN à Granger », s'emporta Draco en le fusillant du regard. « Elle n'est pas en état. »
Blaise referma la bouche et soupira.
« De toutes façons, c'est provisoire », reprit le blond en baissant d'un ton. « Le temps que les autres s'organisent et qu'on trouve un moyen de la sortir d'ici. Et cette fois, on y arrivera », ajouta-t-il en voyant l'expression dubitative de Blaise.
« Je n'aime pas franchement l'idée que tout repose sur Potter et ses amis, mais je suppose qu'on n'a pas vraiment le choix… », marmonna Blaise en sortant sa baguette. « Je propose qu'on les stupéfixe d'abord. Ce serait mieux, non ? »
Draco acquiesça et sortit sa baguette à son tour. Ils se dressèrent sur la pointe des pieds pour voir à travers le regard de la porte en bois. Ils glissèrent leurs baguettes entre les petits barreaux et en quelques minutes, ils avaient stupéfixé l'ensemble des prisonniers. Les premiers étaient endormis et s'étaient fait prendre par surprise, mais les cinq derniers s'étaient réveillés et avaient tentés d'éviter les sortilèges, en vain cependant. Draco ouvrit la porte de la cellule et pointa sa baguette devant lui, au cas où l'un des prisonniers serait toujours en état de les attaquer. Mais rien ne bougea. Il fit signe à Blaise et les deux garçons se penchèrent sur le premier corps étendu dans la pièce. L'un prit les bras, l'autre les jambes et ils s'efforcèrent de l'extirper de la pièce pour le poser mollement dans le couloir. Puis ils revinrent à l'intérieur de la cellule. Il était temps d'effacer quelques mémoires.
Ils se mirent donc au travail en se concentrant sur une période de temps relativement courte, pour ne pas s'épuiser trop vite. Et même si les prisonniers finissaient par reprendre leurs esprits et remarquer la disparition de l'un des leurs, rares étaient les Mangemorts qui prenaient la peine d'entrer pour leur parler. N'ayant aucune information susceptible de les intéresser, ils étaient généralement des otages capturés pour faire plier des familles ou faire chanter des personnages importants. La plupart étaient d'ailleurs des femmes et des adolescents. Les chances que quelqu'un leur accorde un tant soit peu d'attention étaient minimes. Une fois les mémoires effacées, les deux garçons prirent quelques dizaines de secondes pour se reposer. Malgré la fraîcheur qui régnait en maître dans les cachots, une mince pellicule de sueur recouvrait leurs fronts et ils avaient le souffle court.
« C'est bon, on en a oublié aucun ? », souffla Blaise en fermant les yeux pour calmer ses vertiges.
« C'est bon », répondit Draco en essuyant son visage sur la manche de sa chemise. « Mais il reste encore le plus difficile. »
Ils sortirent de la cellule et regardèrent un instant le corps qu'ils avaient déposé dans le couloir quelque temps plus tôt. C'était une femme d'âge moyen, maigre et décharnée. Elle avait de longs cheveux noirs et sales, et ne portait qu'une robe de sorcier usée jusqu'à la corde, couleur violine. Ses ongles étaient tous de tailles différentes, usés, noircis et cassants. Depuis quand est-elle là ?, se demanda Draco avec un frisson.
« On y va ? », demanda Blaise, qui semblait également ressentir une certaine pitié pour cette femme à l'allure si misérable.
Draco hocha la tête et ils se penchèrent pour la soulever de nouveau et la porter en silence jusqu'à la cellule d'Hermione. Une fois à l'intérieur, Draco fit son possible pour ignorer les traces de sang sur la pierre, là où il avait vu Nott couché sur la Gryffondor un peu plus tôt. Ils déposèrent la femme sur le sol et se regardèrent en silence.
« J'ai l'impression d'être un énorme connard », souffla Blaise avec une expression piteuse. « Je n'arrive pas à croire qu'on va réduire le cerveau de cette femme à l'état de yaourt… »
« Il le faut, elle ne doit absolument pas se souvenir de qui elle est », lui rappela Draco. « On est en guerre, il y a des dommages collatéraux, c'est comme ça. »
« Et selon toi, ça excuse tout ? », gronda Blaise, agacé par le manque d'empathie de son ami.
« Tu préfèrerais qu'on remonte chercher Granger, qu'on lui dise que t'as eu des scrupules et qu'il faut qu'elle retourne dans sa cellule ? », s'énerva le blond.
« Bien sûr que non ! », protesta l'Italien en passant une main dans ses cheveux. « Mais cette femme … elle a peut-être un mari, des enfants, des gens qui l'aiment, putain… On n'a pas le droit de-
Draco se jeta sur son ami, le saisit par le col et le plaqua contre un mur. Blaise écarquilla les yeux, surpris par cet assaut soudain.
« Regarde dans quel état elle est, merde ! », siffla-t-il avec colère en pointant du doigt la femme inerte sur le sol. « Elle n'en a plus pour longtemps. Qu'on se serve d'elle ou pas, ses chances de sortir d'ici vivante sont minces. Alors qu'est-ce que ça change, dis-moi ? Si elle a une famille, ils doivent sûrement la considérer comme morte à l'heure qu'il est. »
Blaise le fusilla du regard. « Je suis sûr que ça leur ferait une belle jambe à ses gosses, de savoir que leur mère a été utilisée pour le 'bien de tous'. Ouais Draco, ils vont sûrement adorer ça », cracha le brun en repoussant l'autre Serpentard.
Draco fronça les sourcils. « Alors, je t'en prie, va annoncer à Granger que finalement on ne va pas l'aider. Et tant que t'y es, tu pourras aller dire à Nott que son jouet est de nouveau disponible, je suis persuadé qu'il en sera ravi. »
Blaise pâlit et secoua la tête.
« C'est bien ce que je pensais », marmonna Draco en se détournant. « Maintenant arrête de pleurnicher et aide moi. On va lui en lancer deux simultanément. Cette copie d'Hermione doit devenir un légume. On dira que le viol lui a fait perdre l'esprit. Ça peut coller et avec un peu de chance, le Maître fera payer à Nott cette perte d'informations précieuses. »
Les deux garçons prirent une grande inspiration et pointèrent leurs baguettes sur la femme stupéfixée. Lentement, les sortilèges extirpèrent les souvenirs, les sensations, les sentiments, et tout ce qui avait été un jour Zelda Reichenbach, 45 ans, épouse du nouveau rédacteur en chef de la Gazette du Sorcier, disparut sans laisser de traces. Au bout d'un quart d'heure d'acharnement, épuisés, les deux garçons laissèrent retomber leurs baguettes. Blaise saignait du nez et la sueur qui gouttait sur son visage se mêlait et diluait son sang sur son menton. Draco n'était pas en meilleure posture. La main sur l'œil gauche, il avait l'impression qu'on lui enfonçait un pic à glace dans le cerveau. Lui aussi transpirait abondamment. Le sortilège avait nécessité toute leur énergie et les avait vampirisés jusqu'à la moelle.
« Quand je pense qu'au ministère, ils ont parfois dû effacer la mémoire de dizaines de moldus … mais comment font-ils ? », marmonna Blaise en s'essuyant sur un pan de sa chemise.
« Ils ne sont pas deux, en tous cas », fit Draco en grimaçant. Puis il sortit le flacon de Polynectar de sa poche et le déboucha.
« Bon, on lui fait boire ce truc et on se tire d'ici… », grommela-t-il avant de se figer soudain. Puis il se frappa le front du plat de la main. « Quels cons ! On a oublié de prendre un bout de Granger avant de partir. »
Blaise ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire, à l'idée de littéralement emporter « un bout de Granger », puis pointa Draco du doigt. « C'est bon, on a ce qu'il faut… » Il s'approcha de son ami et retira délicatement quelque chose sur sa chemise. Draco baissa les yeux. Quelques longs cheveux collés de sang s'étaient agrippés au tissu.
« Est-ce qu'on est sûrs qu'ils appartiennent bien à Granger ? », demanda Draco bêtement.
« J'en sais rien », se moqua Blaise, « tu as porté beaucoup d'autres filles blessées dans tes bras récemment ? »
Draco poussa un soupir agacé et arracha les cheveux des doigts de Blaise pour les introduire par le goulot de la fiole. Puis il la reboucha et l'agita pour mélanger la substance brune, qui se teinta immédiatement de reflets rougeâtres. « Foutus Gryffondor », marmonna Draco avec un sourire en coin. « Même dans le polynectar, ils s'arrangent pour y mettre leurs couleurs. »
Blaise gloussa puis une pensée lui vint à l'esprit. « Combien de temps vont durer les effets, à ton avis ? Parce que ça risque de poser problème si quelqu'un se pointe et qu'elle ne ressemble plus à Hermione. »
Draco pinça les lèvres et tenta de se souvenir du chapitre portant sur le Polynectar. La question lui avait été posée aux B.U.S.E, il ne pouvait pas l'avoir oublié … « Dans les bouquins, ils disaient que l'effet peut varier de dix minutes à douze heures en fonction des compétences du sorcier qui le prépare », répondit-il avec une moue incertaine.
« Une chance que Rogue soit professeur de Potions, alors… », fit Blaise avec une certaine hésitation. Les deux garçons se regardèrent en silence.
« Je propose qu'on revienne vérifier si tout va bien dans six heures », décréta Malfoy tandis que l'Italien hochait la tête précipitamment.
« Ouais, excellente idée ! Le jour sera à peine levé et je doute qu'ils soient assez motivés pour descendre ici aussi tôt le matin, surtout après la soirée qu'on vient tous de passer… », fit Blaise avec une pointe d'amertume.
« Tiens lui la bouche ouverte, je vais verser », reprit le blond en se baissant sur le corps de la femme. Blaise obtempéra et entreprit d'écarter les mâchoires tétanisées, non sans mal. Draco versa aussitôt un tiers de la fiole entre les dents jaunies de la prisonnière. Quelques secondes plus tard, la peau du visage de celle-ci se mit à bouillonner, ses jambes rétrécirent, ses hanches s'amincirent et ses cheveux s'éclaircirent pour laisser place à une tignasse brune ébouriffée. En moins d'une minute, les deux garçons se retrouvèrent avec une copie conforme d'Hermione Granger … à deux trois détails près.
« Merde, elle est intacte … », réalisa Draco en se passant une main sur le visage. Mais quand ce cauchemar allait-il bien se terminer ?
« Quoi ? », marmonna Blaise qui avait à nouveau pâli. Puis il vit les mains non blessées, les pommettes ni gonflées ni rougies, les lèvres non fendues … « Oh, non, non, non, non, il est hors de question que … »
Les deux garçons échangèrent un regard. Malheureusement, ils ne pouvaient pas laisser passer de telles incohérences. Si Nott, Lucius ou n'importe qui d'autre voyaient « Hermione » entière, ils se douteraient que quelque chose clochait.
« Bon, c'est parti … », marmonna Draco en retroussant ses manches.
A ses côtés, Blaise poussa un long soupir déchirant. « Je te jure, Malfoy… si l'Ordre ne nous donne pas une foutue médaille quand tout ça sera fini, je fais un scandale. »
~o~
Hermione enfouit douillettement son visage dans une serviette éponge trouvée sur une étagère pour le tamponner délicatement. Puis elle essora ses cheveux, et enfin essuya son corps rougi d'avoir été frotté avec tant de force. Après s'être mouillée d'eau chaude, elle avait prélevé une poignée entière de savon liquide posé sur le rebord de l'immense baignoire et avait entrepris de nettoyer la moindre petite parcelle de son corps. Autour d'elle, l'eau avait tour à tour pris des teintes rosées, puis noires. Dégoûtée, elle avait vidé deux fois la baignoire avant de retrouver une eau claire et propre. Après ça, elle s'était sentie un peu mieux. Comme si elle avait regagné un semblant d'humanité. L'impression de ne plus être un animal enfermé au chenil. Elle grimaça en sentant les plaies de son visage et de ses cuisses la brûler. Le contact de l'eau et du savon avait ravivé la douleur, la rendant plus cuisante que jamais. Le bout de ses doigts lui faisait également souffrir le martyre.
Serrant la serviette autour d'elle, elle chercha de quoi s'habiller. Il était hors de question qu'elle remette ses haillons ou qu'elle pioche au hasard dans le tas de vêtements sales de Malfoy. Elle avait besoin de quelque chose de propre. Elle passa la tête hors de la salle de bains et scruta la chambre. Les garçons n'était toujours pas revenus. Elle se dirigea vers la commode et fouilla les tiroirs à la recherche de vêtements convenables. Elle enfila une chemise et grimaça en sentant la douceur satinée du tissu contre sa peau. Cet enfoiré de Malfoy ne se refusait décidément rien. Elle ouvrit un autre tiroir et tomba sur les sous-vêtements. Hermione fronça le nez. Elle avait besoin de sous-vêtements … c'était une évidence. Mais ceux de Malfoy ? Non, impossible. Oui mais ne pas porter de sous-vêtements ? Impensable.
Hermione souffla avec exaspération. Elle avança une main timide et prit le premier boxer qu'elle trouva. Elle le regarda un instant, révulsée à l'idée de partager quelque chose d'aussi intime avec le Serpentard. Une chemise passait encore. Mais un boxer ? Grimaçant de plus belle, Hermione l'enfila. Trop grand. Elle soupira de nouveau. Bon, quelque chose pour couvrir ses jambes, maintenant. Un jean serait également trop grand et inconfortable. Un pyjama, peut-être ? Généralement, les pyjamas contenaient des élastiques à la taille, ils pourraient mieux s'ajuster à sa maigreur. Elle reprit son exploration et trouva bientôt de quoi faire son bonheur. Un pantalon de pyjama en coton noir. Parfait. Hermione repartit dans la salle de bain pour terminer de coiffer sa tignasse humide et passa devant un miroir. Elle observa un instant son reflet et fronça le nez. Les vêtements de Malfoy paraissaient si grands sur elle. Elle avait l'air ridicule, dans cette tenue dépareillée, mais au moins elle était propre et c'était tout ce qu'elle demandait. Elle fouilla la salle de bains à la recherche d'un peigne et finit par en trouver un. Elle coiffa ses boucles en poussant de petits cris de douleur. D'énormes nœuds avaient tissé leur toile dans ses cheveux et elle dut s'en arracher plusieurs épaisses mèches pour qu'ils retrouvent une allure à peu près correcte.
Elle voulut reculer pour se voir un peu mieux dans la glace et son pied gauche s'enfonça sur une pointe en métal. Hermione fit un bond en avant et se mordit la lèvre pour ne pas hurler de douleur. Elle baissa les yeux et vit qu'elle venait de marcher sur une boucle de ceinture.
« Merde, c'est pas vrai, Malfoy », jura-t-elle en se massant le pied. « Tu pourrais ranger tes affaires… »
Elle se baissa pour ramasser la ceinture, l'enroula et la posa sur une étagère. Voilà qui était mieux. Puis son regard se posa sur le reste du capharnaüm. Bon, tant que j'y suis …
~o~
Lorsque les deux garçons poussèrent la porte de la chambre de Draco, exténués et à la limite de l'hypoglycémie, ils trouvèrent Granger assise en tailleur sur le lit et plongée dans un livre. Draco était sur le point de la traiter de rat de bibliothèque, lorsque son attention fut attirée par quelque chose. Ou plutôt l'absence de quelque chose. Plus rien ne traînait, tout était en ordre. La garce …
« Où sont mes affaires, Granger ? », s'énerva-t-il tandis que Blaise refermait précipitamment la porte derrière eux et lançait un sort d'insonorisation en prévision de l'orage à venir. « Je t'avais dit de ne toucher à rien ! »
« Je n'ai rien touché, Malfoy », fit Hermione sans lever le nez de son livre. « J'ai rangé. Et tu as dit 'ne touche à rien, ne casse rien'. Tu n'as pas dit 'ne range rien'. »
Blaise laissa échapper un petit rire las et se laissa tomber sur le sofa, désormais débarrassé de son tas de vêtements sales.
« Tes affaires sont dans le panier à linge sale dans la salle de bains », reprit Hermione en lui jetant un regard mauvais. Draco la regarda avec un air surpris, la bouche ouverte. « Oui, Malfoy, tu AS un panier à linge sale. J'ai mis du temps à mettre la main dessus mais j'y suis arrivée. Surtout ne me remercie pas. »
Le blond referma la bouche et se renfrogna. Puis …
« Tu as pris mes vêtements ? », s'écria Draco avec colère. Il se rua sur son lit pour voir de plus près quelle chemise cette petite effrontée avait eu l'audace d'emprunter. Pas la plus moche, bien entendu… Une senteur bien connue vint également lui chatouiller les narines. « Et tu as utilisé mon savon ? »
Hermione lui adressa un regard courroucé. « Oui, Malfoy. Désolée de ne pas être venue avec mes propres affaires de toilette. Mais promis, la prochaine fois que je me ferai capturer par une bande de détraqués à capuches noires, j'y penserai ! », rétorqua-t-elle avec animosité.
« Ça suffit, tous les deux », s'esclaffa Blaise en plaçant un coussin contre l'accoudoir du sofa. « Je ne sais même pas où tu trouves encore l'énergie pour t'énerver comme ça, Draco. Mais moi j'ai besoin de me refaire une santé. Bonne nuit… »
Draco et Hermione échangèrent des regards furieux. Puis le blond soupira. « Blaise a raison, on est morts. Bonne nuit, Granger… » Il se laissa tomber à plat ventre sur son lit, sans prendre le temps d'enlever ses vêtements trempés de sueur et de sang. Hermione remarqua que ses poings étaient également meurtris, comme lorsqu'il l'avait frappée les premiers jours. Elle décida d'ignorer ce détail, préférant ne pas savoir ce qu'ils avaient fait pendant qu'elle se lavait. Elle referma son livre (Potions et antidotes oubliés, par Phineas Bourne), le posa sur la table de nuit et s'allongea à son tour, le plus loin possible de Malfoy. Mais le sommeil ne venait pas. Etait-ce l'angoisse, l'image du visage de Nott à quelques centimètres du sien, la douleur dans son bas-ventre, celle de ses doigts ? Elle n'aurait su le dire. Elle ferma les yeux et tenta de se détendre.
Et se retrouver ainsi, à plat sur le dos, dans cette position maudite … Le visage de Nott, déformé par une expression de plaisir sadique, apparut sur l'écran de ses paupières et avec un sursaut, elle les rouvrit, tandis que de nouvelles larmes menaçaient de s'échapper de ses canaux lacrymaux. Ne pas y penser, ne pas y penser … Comment ne pas y penser ? Elle laissa échapper un gémissement de désespoir et entendit Blaise bouger sur le sofa. Elle jeta un œil dans sa direction et vit qu'il la regardait. Son expression empreinte de pitié donna envie à Hermione de hurler. Avait-elle l'air donc si misérable ? Elle se détourna mais de l'autre côté, à sa droite, les yeux gris de Malfoy étaient eux aussi braqués sur elle. Même expression de pitié, à la différence que celle de Malfoy contenait aussi une rage non dissimulée. Pourquoi est-il en colère contre moi ?, se demanda Hermione, se trompant totalement sur la signification de cette expression.
« Désolée, Malfoy », balbutia-t-elle en séchant précipitamment ses larmes. « Je vais essayer de faire moins de bruit … »
L'expression de Malfoy passa de la rage à l'étonnement, puis il esquissa un rictus. « Espèce d'imbécile », marmonna-t-il en se retournant sur le côté. Il tendit un bras et Hermione eut un mouvement de recul mais il l'attira fermement contre lui. « Tu peux pleurer autant que tu veux. Promis, ça ne nous empêchera pas de dormir … », lâcha-t-il d'un ton bourru.
Blaise sourit faiblement dans l'obscurité.
Hermione ne sut jamais si c'était l'épuisement ou le contact réconfortant de deux bras autour d'elle ou les regards pleins de pitié que lui jetaient les deux garçons, mais elle sentit alors une incontrôlable envie de se laisser aller. Elle laissa libre cours à ses larmes, son dos secoué de violents sanglots et serra inconsciemment l'un des bras de Malfoy contre elle. Après plusieurs dizaines de minutes et à bout de forces, roulée en boule contre le Serpentard, elle sombra dans un sommeil sans rêves.
~o~
A des centaines de kilomètres de là, dans la chaumière aux coquillages, Harry Potter faisait le point au coin du feu. Incapable de dormir, il avait fini par quitter la chambre qu'il partageait avec Ron et les jumeaux pour s'isoler au salon. Les ronflements des trois rouquins l'empêchaient de se concentrer et il avait besoin de silence. Armé d'une plume et d'un rouleau de parchemin, il décida de dresser une liste. Il eut un pincement au cœur en se rappelant que c'était Hermione qui lui avait donné le goût des listes. Coucher des idées sur papier, les ordonner, les classer bien sagement, il devait avouer que ça le détendait même s'il n'aurait jamais osé l'avouer devant Ron ou qui que ce soit d'autre, d'ailleurs. Hermione … Que pouvait-elle bien faire en ce moment ? A quoi pouvait-elle bien penser ? De toutes les choses que Harry craignait en ce bas monde, celle qu'il aurait mise en première position était de perdre Hermione. Ou pire : qu'Hermione croie qu'il l'avait laissée tomber. Ce qui serait encore plus douloureux que de la perdre.
La plume se posa sur le parchemin et crissa lorsqu'il traça les premières lettres.
Journal de Tom Jedusor : détruit.
Puis il barra d'un grand trait le mot « journal » et en éprouva une intense satisfaction. C'était déjà un de moins et toujours ça de gagné. Il reprit sa liste.
Bague de Gaunt : détruite.
Il soupira en repensant à la main noircie et pourrissante d'Albus Dumbledore. Cette maudite bague l'avait affaibli. Harry détestait repenser aux derniers mois de la vie du vieux directeur de Poudlard. Il aurait préféré garder de lui une image de vieil homme facétieux au regard bleu étincelant et au sourire bienveillant. Mais toujours cette image de main racornie et de traits fatigués finissait par l'emporter. Il barra le mot « bague » et esquissa un pauvre sourire. Et de deux.
Médaillon de Salazar Serpentard : détruit.
Harry repensa sombrement à l'image d'Hermione et lui insultant et rabaissant Ron dans la forêt de Dean. Ron n'avait cependant pas failli à la tâche. Malgré toutes les horreurs que le médaillon avait vomies, malgré leur dispute encore fraîche et la rancœur qu'ils nourrissaient encore l'un envers l'autre, Ron avait tout balayé d'un coup d'épée et Harry avait retrouvé son meilleur ami, plus fidèle que jamais. Il revit ensuite le sourire d'Hermione lorsqu'elle les avait vus revenir à la tente, trempés, frigorifiés mais heureux. Ses larmes de joie lorsqu'elle s'était jetée au cou de Ron. Harry décida qu'il devait revoir ce visage. A quoi bon se battre, sinon ? Il raya le mot « médaillon ». La liste se corsait à présent.
Coupe de Pouffsouffle : coffre des Lestrange, Gringotts.
Diadème de Serdaigle : salle sur demande, Poudlard.
Nagini ?
Harry pinça les lèvres. La théorie que Dumbledore avait partagée avec lui plusieurs mois plus tôt, selon laquelle le serpent pourrait être lui aussi un Horcruxe, lui semblait de plus en plus crédible. Mais une autre, insidieuse, destructrice s'imposait de plus en plus dans ses pensées. Inconsciemment il effleura la cicatrice sur son front.
« Il manquait toujours à Voldemort un Horcruxe pour arriver au nombre de six lorsqu'il est entré dans la maison de tes parents avec l'intention de te tuer. Il semble avoir réservé à la création de ses Horcruxes des victimes dont la mort avait une signification particulière. Tu aurais certainement été l'une d'elles. »
Et s'il était devenu lui-même un Horcruxe ? Harry secoua la tête. Non, il refusait de l'envisager. Après leur dispute et le départ de Ron, Harry avait confié à Hermione ses craintes à ce sujet. Elle avait balayé sa théorie d'un regard féroce et lui avait interdit d'y penser. Mais Harry avait vu à son regard qu'elle aussi y avait réfléchi. D'un accord tacite, ils avaient décidé de ne plus aborder le sujet et Harry avait rangé cette idée dans un coin de son esprit. Mais voilà qu'elle revenait, s'immisçait dans les méandres de son cerveau et s'y creusait une place de plus en plus grande.
La plume se posa une dernière fois sur le parchemin pour y tracer trois lettres.
Moi
Une boule se forma dans sa gorge et Harry Potter serra le poing sur la feuille de parchemin. Puis il la jeta dans les flammes et la regarda se consumer lentement. Ron ne devait pas tomber sur cette feuille. Hermione était la seule à savoir et pour l'instant, il fallait que cela reste ainsi. Dès qu'ils auraient récupéré leur amie, ils détruiraient les derniers Horcruxes restants et se débarrasseraient de Voldemort. La paix serait rétablie et Ron et Hermione pourraient vivre heureux.
Assis au coin du feu, dans la chaumière aux coquillages, Harry Potter était à mille lieues de se douter que quelqu'un d'autre que lui avait également le même plan. Et ce dont il se doutait encore moins était qu'il s'agissait de Théodore Nott.
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Ouiiii oui, je saiiiiis le chapitre est hyper court mais j'ai eu énormément de travail la semaine dernière et pas une seule minute à moi. Cela risque d'être également un peu le cas la semaine prochaine, car mon carnet de commandes s'est rempli à une vitesse grand V ce mois-ci et je suis débordée de boulot jusqu'à la fin du mois ! Mais promis, je posterai quand même un chapitre par semaine, je m'y engage solennellement.
Bref, parlons peu, parlons bien, qui a vu le tout petit clin d'œil à Sherlock ? Et que pensez-vous de l'évolution du Dramione ? Il ne s'est pas passé grand-chose d'autre dans ce chapitre et j'en suis désolée, mais dans le prochain on aura un peu plus de Harry, de Ron, d'Ordre du Phoenix et de plans de sauvetage. Et à venir également, plus de Nott (toujours plus méchant, toujours plus détestable, toujours plus dangereux, mouah ah ah) J'aurais bien aimé en mettre dans ce chapitre-ci, mais après la semaine que j'ai passée, j'ai le cerveau en compote ! Encore mille pardons.
Gros bisous.
Xérès !
